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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Autres Lieux Magiques ~¤~ :: Grande-Bretagne
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Un port
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Azaël Peverell
Serpentard
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Re: Un port

Message par : Azaël Peverell, Mer 04 Oct 2017, 12:45


La main de ta soeur s'échappe de la tienne. Glisse doucement entre tes doigts pour ne leur laisser que le souvenir de sa chaleur. C'est toujours difficile, de revenir à la réalité. De ne plus sentir sa peau contre la tienne. Mais tu vois ce qu'elle fait. Tu vois ce qu'elle veut faire. C'est pour toucher les étoiles de l'eau. C'est pour renouer avec des membres de la famille qui ont été jusqu'ici oubliés. Tu te dois de la laisser faire. C'est important. Et surtout, tu te dois de l'accompagner dans cette quête familiale à ton tour. Exactement de la même manière. A plat ventre sur le ponton, bout des doigts effleurant la surface de la tamise dans quelques ondes qu se propagent. Les tiennes viennent à la rencontre des siennes. Elles se percutent bientôt, l'une passant à travers l'autre. Ou au dessus de l'autre ? Tu esquisses un sourire. Les étoiles se déforment doucement, semblent trembloter, comme si elles étaient apeurées. Et puis elles reviennent à la normale. Brillantes, lumineuses. Elles ont compris qu'elles n'avaient rien à craindre de vous. Que vous êtes de leur côté. Une famille unie.

Ta soeur a raison. Elles sont différentes de celles du ciel. Elles semblent plus fragiles, plus éphémères. Mais qu'est ce que cela change ? Même si elles ont peur, elles finissent toujours par revenir. Elles savent ce qui est important. Et elles refusent de vous abandonner également. Et c'est à vous de leur montrer que vous êtes bien là pour elles aussi. Que vous êtes prêts à les protéger, quoi qu'il arrive. Qu'elles peuvent compter sur vous. Tu tournes la tête vers ta soeur étoilée, avec un sourire. Le sourire qui signifie qu'il est grand temps de se jeter à l'eau. Qu'il ne faut pas attendre davantage. Qu'il vous faut profiter de la douce couverture que la nuit vous offre dès à présent. Qu'il faut vous laisser entraîner, et profiter de la famille tant qu'elle est là. Famille tremblotante mais présente. C'est à vous de renforcer le lien. Vous en êtes capables après tout. A deux, vous êtes capables de tout. Il suffit d'y croire. Et d'être ensemble.

- Elles ne se sentent pas assez en sécurité. Elles sont timides je crois. C'est à nous de faire le premier pas.

Tu te redresses, doucement. Tu continues de les observer, de toute ta hauteur. Et puis tu relèves la tête, vers celles qui peuplent le ciel, et que rien ne semble pouvoir atteindre. Si ce n'est vous. Mais ce n'est pas elles avec qui vous avez rendez-vous ce soir. Chacun son tour. Vous devez rencontrer toute la famille. Quel genre d'enfants ingrats seriez-vous si vous ne le faisiez pas ? Une profonde inspiration, comme pour te donner du courage. Tu tends la main à ta soeur étoilée, pour qu'elle puisse se lever à son tour si elle le désire. Parce que vous allez devoir effectuer un plongeon magnifique. Pour leur montrer que vous aussi, vous brillez. Tu retires ta veste. Et tes chaussures. C'est un signe de respect, c'est pour ne pas salir leur chez eux. L'une après l'autre, tu les lâches sur le ponton. Elles y claquent dans un bruit étouffé par la nuit. Tu fais légèrement craquer ta nuque. Il faut vraiment être prêt à sauter. Pour les rejoindre. Une question cependant demeure. Vous allez y aller ensemble, ça ne fait aucun doute. Mais pour être sûrs de les rejoindre, est ce que vous devez vous tenir par la main, même sous l'eau ?

- Il suffit de sauter tu crois ? Pas besoin de matériel cette fois ?

Et ta baguette alors ? Est-ce que tu dois l'amener aussi ? Tu te baisses pour la récupérer dans la poche de ta veste, et la fait tourner entre tes doigts. Tu ne sais pas trop comment t'y prendre. Parce que si vous leur faites peur, elles pourraient s'enfuir. Elles sont l'air si fragiles... Peut être qu'amener une baguette chez elle n'est pas une bonne idée. Et si elles la voyaient comme une arme ? Pourtant, c'est difficile de te dire que tu vas devoir laisser ta fidèle amie derrière toi, aussi facilement. Regard pour ta soeur astrale. Est ce qu'elle en sait plus que toi à propos de cette famille encore inconnue pour le moment ? Tu te poses sans doute trop de questions. Après tout, elle est là, à tes côtés. Il n'y a aucune raison pour que les choses se passent mal. Vous parvenez toujours à réaliser vos rêves lorsque vous êtes ensemble. Vous prenez la vie, et vous la rendez belle. Aussi belle qu'elle. Tu souris. Et ta baguette retourne dans la poche de ta veste. Tu n'as besoin de rien pour ce voyage. Rien d'autre que la main de ta soeur étoilée. Et un espoir qui ne meurt jamais.
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Kohane W. Underlinden
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Re: Un port

Message par : Kohane W. Underlinden, Dim 22 Oct 2017, 16:05




LA d'Aza accordé

Deux silhouettes allongées dans la nuit noire. Plat ventre sur le ponton en bois. Silhouettes isolées loin de tout, loin du monde. A voguer dans une dimension parallèle et bien plus belle -celle des étoiles. Nos doigts s'amusent de l'eau, créant des ondes qui agitent le voile, se croisent, se mêlent parfaitement comme nous nous complétons parfaitement, lui et moi, moi et lui.
Ce sont des ondes qui se reconnaissent entre elle, air de famille quelque part. Comme on a su se trouver cette nuit-là, à Pré-au-lard, les plissements provoqués dans l'eau savent reconnaître en l'autre cette famille commune.
Je les regarde jouer ensemble avec un sourire.
Alors que les étoiles de l'eau demeurent mais nous évitent.
Mes doigts ne parviennent pas à s'en saisir. Tout juste à les effleurer. Mais ce n'est pas assez. Je veux pouvoir les sentir comme il m'est donné de sentir la main de mon frère dans la mienne lorsque je m'en saisis. Je veux pouvoir les contempler de plus près comme nous avons pu courir, mon frère et moi, à leurs côtés toute une nuit.
Là, il ne s'agit pas de courir, décoller, voler. Parce que ce n'est plus le ciel qu'on vise. Sinon l'eau. Alors... il va falloir plonger, n'est-ce pas ? Plonger pour les rejoindre, danser dans leur univers aquatique, laisser couler le temps comme coule la Tamise dans son lit.
Oui.
Sauter.
Pour enfin réaliser.
Ce rêve qui peut nous animer.

Le visage de mon frère se tourne vers moi. Il a le sourire éclatant de beauté astrale. Le sourire brillant. Plein d'espoir.
A chaque fois que je vois ainsi son visage, je me rappelle.
Ensemble, tout est possible.
Même ce que les autres -soi-disant sains d'esprit- qualifient d'impossible.
Ils ont tort.
Ils ne savent juste pas comment les rendre possibles. Ils ne comprennent pas qu'il suffit de pas grand-chose. Juste être avec la bonne personne. Tenir la bonne main. Et ne pas la lâcher.
Je rends son sourire à mon frère tandis qu'il fait la très juste remarque que nos sœurs étoiles ne se sentent pas en sécurité. Je ne peux qu'être d'accord.
Alors, oui. C'est à nous. D'agir les premiers. Leur montrer qu'on est des leurs, qu'on est capables de les rejoindre et de danser avec elles.
Après tout, les étoiles du ciel, c'est nous aussi, qui avons fait le premier pas. C'est nous qui avons décollé vers elles ; non elles qui sont descendues vers nous. Ca les a mises en confiance. Et nous a permis de vivre la plus magnifique des nuits en leur compagnie.

Mon frère se relève. Je vois sa stature se redresser. Il semble prêt.
Toujours allongée sur le ponton, je roule sur le côté, me retrouve sur le dos, visage tourné vers le ciel et ces sœurs, là-bas, bien connues. Comme elles sont belles ! Mais, ce n'est pas vous qu'on va voir cette nuit.
La main tendue dans le noir.
L'appel à partir. Ensemble. Voguer. De nouveau. Sur des horizons différents de ceux qu'on côtoie tous les jours -ces horizons mornes, ternes, plats, déprimants.
Pas d'hésitation. Voilà que ma main se glisse dans celle de mon frère et je finis par être à mon tour debout, à nouveau.
Position verticale dans le nuit. Mes yeux tombent à nouveau sur l'eau.
Je sens l'exaltation monter. Excitation de découvrir un nouveau pan de la famille astrale. Et de pouvoir retrouver le sentiment de bien-être, de plénitude que j'ai connu lors de notre première rencontre, lors du choc des retrouvailles, mon frère, les étoiles, moi, nous, tous ensemble, cette nuit-là, à Pré-au-lard.
D'ailleurs, mon frère commence à se préparer. Je l'imite, retirant aussi mes chaussures, enlevant mon gros pull que j'ai l'habitude de mettre pour affronter la fraîcheur londonienne. Je n'ai pas envie de m'encombrer d'un truc si lourd. Puis il doit faire bon, chez les étoiles.
Je jette dans un coin les chaussures, les chaussettes, et le pull roulé en boule.
La voix de mon frère demande s'il suffit de sauter.

-Oui.

Murmure.

-On n'a besoin de rien. Les étoiles, c'est pas comme les nuages.

Je tourne vers lui un regard brillant.

-C'est comme la première fois, tu te rappelles, on n'avait rien mais on a réussi à voler parmi elles !



L'éclat du souvenir.
La lumière du bonheur qui a pu m'envahir cette nuit-là.
On peut y aller comme ça. Juste. En sautant. Ensemble, évidemment. Séparés, cela ne servirait à rien.
Mentalement, je vérifie que je suis dans la bonne tenue. Ah, oui, c'est vrai, la baguette. Elle vient ? Elle attend sur le ponton ?
Coup d'oeil à mon frère. Après un instant de réflexion, il décide de ne pas l'emmener. Il a sans doute raison. C'est pas très rassurant de débarquer chez les sœurs astrales, arme à la main. Si elles sont timides, elles vont avoir encore plus peur. Et ce n'est pas ce que nous voulons.
Alors je m'aligne sur sa décision. Je glisse ma baguette dans le pull roulé à côté des chaussures. Voilà. Je crois qu'on y est.

Ma main vient chercher puis trouver celle de mon frère. Mes doigts serrent les siens. Le contact rassurant. Qui dit qu'on va y arriver. Que tout est possible.
Je regarde un temps les étoiles de l'eau qui s'agitent. Sans doute qu'elles ont conscience de ce qu'on est en train de faire, de préparer.
Et qu'elles-mêmes se préparent à notre visite, à nous recevoir, nous rencontrer, retrouver chez nous cette familiarité attendue.
J'entends ma respiration. Mêlée à celle d'à-côté. Nous respirons sur ce même tempo qui nous unit. On pourrait compter ensemble. Et y aller d'un même bond.

1
Inspiration

-Tu es prêt ?

2
Expiration

-Elles nous attendent...

3
Inspiration

Saut
Main dans la main
Saut
Plongeon
Sans jamais se lâcher
Le décollage du ponton est parfait
J'en suis sûre
On a sauté
On est en train de sauter
Ou de retomber
Au milieu de l'eau
Décollage de deux âmes astrales
Main dans la main
Pour tout rendre possible.

Je n'entends pas le plouf provoqué par notre réception dans l'eau.
Tout ce que je sens dans un premier temps, c'est le froid qui s'empare de mon corps. Mêlé à la main familière toujours présente dans ma paume.
Puis, peu à peu, les sens paraissent s'estomper.
Le froid disparaît.
Et.
Elles sont là.
Elles sont belles.
Encore plus belles que lorsqu'on les regardait de là-haut !
Elles sont là. Elles ont arrêté de fuir. Bien au contraire : elles nous attendent. Elles veulent qu'on danse à leurs côtés toute la nuit durant. Jusqu'à ce que l'aube les chasse en attente de la nuit suivante.
Sourire. Aux lèvres. Et au cœur.
Sourire.
Bonheur.
Un coup de pied dans l'eau pour avancer. La main toujours liée à celle de mon frère.
Direction la magnifique famille. Pour un moment inoubliable passé ensemble.

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Re: Un port

Message par : Invité, Dim 22 Oct 2017, 17:21


L.A. Aza' & Koko
20 ans In-RP (se passe avant la signature de contrat de mariage)
[RP unique]

Passant d’une existence devenue mélancolique. Depuis un départ, puis encore un autre. Les fissures de l’abandon qui creusent des sillages d’acide dans un cœur bien trop découvert. Un cœur-ouvert, un cœur-collier. Un pancarte, même, au beau milieu du front, à la place d’un œil. Un cœur qu’on ne couvre pas d’un voile pudique, mais qu’on dévoile, au contraire, consciemment ou non. Une vulnérabilité intangible. Une faiblesse assumée. De tout ce qui peut constituer cet être imparfait. Adéquation d’un corps, d’un esprit, d’une âme, d’un cœur. De cet être défiguré par des actes humains, mais qui aspirent par ce qui n’est pas visible, ce qui n’est pas tangible, à une beauté métaphysique. Une explosion au creux de la lumière, comme la poussière dans un rayon de soleil.

Sortir de son service au Chaudron Baveur. Le gérant a fermé la porte, saluer les derniers passants et en ne voyant pas Azaël dans la Crèche, s’était inquiété. Il aurait dû s’y trouver. Il lui avait promis de goûter sa nouvelle recette de pancakes après tout. Et quand son pote trop d4rk lui promet quelque chose, bah il le fait. Vertu du Pyjamasque : on ne déroge pas à ses promesses.
Peut-être s’était-il trouvé une copine ? Une amoureuse ? Un passage ? Peut-être était-il chez sa sœur ? Peut-être… Pourquoi ne pas avoir prévenu alors ?

Des pas dans un Londres endormi. Seule la Lune veille. La Lune et les étoiles. Mélancolie dans cette âme lunaire. Se souvenir de sa dernière rencontre avec Kohane, quand ils étaient jeunes, fin de leur septième année scolaire. A attendre le Erlkönig, à voir le sombral et à se jurer mutuellement une alliance pour défaire la Machine. Cette pensée lui réchauffait toujours le cœur.
Il n’était pas tout seul.

Enfin, il se rendit au bord de l’eau. Impulsion marine, probablement. Goût du sel, très certainement. Le pays du sel et du vent fou. Il ne faisait pas bien chaud. Il n’y avait pas grand-monde. Des marchandises d’un côté, il poursuit son chemin, pavant ses pas d’une lumière solitaire et défaillante.
Quand, enfin, sur un port, il vit deux âmes. Des âmes jumelles et fraternelles, qui se tiennent la main. Elles sont lointaines, de dos, au bord de l’eau. Semblent presque proches. Semblent familières. Semblent tellement lointaines… Mais ce n’est pas un lointain physique.

Il appelle, mais sa bouche ne s’ouvre pas, sa main ne se tend pas non plus, ses yeux restent muet, quand il les sent partir. Ce n’est pas tant de les voir plonger dans l’eau qui lui fait penser cela. Il les sent partir. Comme si tous ses atomes se mettaient à trembler, à se heurter les uns les autres. Il ne comprend pas ce départ, n’est pas sûr de bien comprendre, d’avoir bien vu.
Un coup lui prend le cœur quand il ne les voit pas remonter à la surface et, sans plus réfléchir, il se défait de sa robe de sorcier, de ses bas et chaussures, demeurant dans sa nudité partielle de sous-vêtement. L’on voit sa cheville droite, tordues, d’hématomes jamais résorbés. Simple manifestation d’une douleur quotidienne. L’on voit les effets de l’acide sur son genou gauche, la peau qui se résorbe petit à petit, le temps à son œuvre pour masquer l’infamie. L’on voit l’index droit amputé, marque d’une libération de soi, d’une purge d’une douleur immatériel par la douleur concrète et pleine de conséquences. L’on voit une autre blessure, plus surprenante : une espèce de trou dans la cuisse droite. Une blessure d’arme à feu. L’on voit des grains de beauté épars, l’on voit la maigreur du corps d’épouvantail. L’on voit cette blancheur translucide, qui laisse se dessiner des veines de toutes sortes. L’on voit les muscles se tendre, se mettre en mouvements.

L’on voit la figure, irréelle, qui court, saute, plonge.
L’absolu de l’eau aspire tout son être à une profondeur. Couler dans un milieu subaquatique. Ne plus percevoir les sons, les perceptions. Liquide amniotique de la perdition.

Remous qui l’empêchent de discerner. Un mouvement de remontée, une aspiration, les oreilles qui éclate, le bruit du monde qu’on ne croyait pas si fort, puis la plongée, de nouveau, dans le silence du cœur des êtres.

Il les voit. Tous deux, se tenant la main. Yeux grands ouverts, sourire paisible. Le départ s’opère. Il les voit partir. Les sens. Non pas le corps, mais tout ce que peut contenir cette coquille de vitalité.

Son mouvement est brusque, comme deux serpents d’eau qui filent, ses bras attrapent, entourent les tailles. Deux coquilles. Ne plus sentir. Rien. Un soupçon, peut-être.
Se démener, avec toute sa vitalité, toute sa détermination. Pas pour le sauver lui, pour les sauver eux. Les sortir du liquide amniotique, de cette lumière rassurante des bas-fonds, de ces veilleuses que l’on perçoit en rideau salé au-dessus de soi. L’immatérialité constante et un soupçon d’ataraxie.
Amertume dans le cœur quand leurs trois têtes émergent à la surface. Son souffle est saccadé, pénible, il les tire tout de même par sa volonté et son adrénaline. Il ne se sent pas retenu, dans l’eau. Il se sent débarrassé du poids de son corps. C’est paisible. Tellement…

Il les tire, les ramène jusqu’au bord. Tête et torse hors de l’eau. Il tousse. Ses cheveux sont empêtrés d’algue. Ses cheveux sont d’algue. De la boue sur sa peau. Une anguille dans le sous-vêtement, qu’il rend bien vite aux eaux d’un geste las.

Encore, il les tire, les remets sur la terre ferme.

Il fait froid, en cette nuit. Encore davantage en étant sorti. Encore davantage en prenant conscience de ce qui vient de se produire. Corps parcouru de tremblements que la boue ne masque pas.

« - Vous… Vous… Vous… Vous êtes vraiment des imbéciles ! Rugosité de la voix. Des crétins ! Des abrutis ! Vous n’avez pas le droit de partir, pas le droit ! Je veux pas savoir pour les caresses de l’Intangible, le chant du Erlkönig, vous… Je vous déteste ! »

Acide de l’abandon, distillé dans le cœur. Ne pas réfléchir en fonction de sa raison, toujours secondaire dans ses réflexions, mais au contraire, réfléchir en fonction de son cœur, de ses perceptions métaphysiques. De ses sentiments cloués à un autel d’immatérialité.

Reprendre ses affaires,
Et dans un CRAC amer,
S'en aller.


__________
HRPG

Départ de Pius
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Azaël Peverell
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Re: Un port

Message par : Azaël Peverell, Mar 21 Nov 2017, 14:47


Besoin de rien pour rejoindre les étoiles. Elle a raison. Tu t'en souviens très bien. De cette fois à Pré-au-Lard. La première fois où vous avez été réunis. Où vous avez pu vous envoler, comme ça, par la simple force de votre union. C'était facile. La question ne se posait même pas. Vous saviez comment faire. C'était logique. Vous étiez ensemble. Complets pour la première fois. Vous étiez un et vous aviez rejoint votre famille étoilée. Tout s'est fait tout seul. Alors cette fois ce sera pareil. Hochement de tête. Sa main dans la tienne, tu ne peux qu'être prêt. Avec elle à tes côtés tu l'es toujours. Le décompte se fait naturellement. Dans vos têtes. Pas besoin de mots pour sauter à l'unisson.

Le froid te prend aussitôt. Il s'engouffre partout. Mais tu ne lâches pas la main de ta soeur. Il faut aller plus bas pour trouver les étoiles de l'eau. Il faut aller les chercher. A la pêche aux étoiles. Elles sont timides, alors c'est à vous d'y aller. De leur montrer qu'il n'y a rien à craindre de la famille. Que les réunions peuvent être sympas. Vous allez pouvoir nager ensemble. Tourner ensemble. Danser ensemble. Toujours main dans la main. S'enfoncer toujours plus dans l'obscurité des eaux. Difficile d'y voir. C'est assez trouble. Et troublant. Le haut et le bas se mélangent. Vous êtes partout et nulle part. Vous êtes ensemble. C'est facile. Pas besoin de reprendre de l'air. Vous êtes l'oxygène de l'autre. Nulle besoin d'avoir peur.

Toujours s'enfoncer, un peu plus. Faire des bulles. Etouffer. Mais être heureux. Ne pas remarquer. Simplement continuer. Voir les étoiles. Par manque d'oxygène uniquement, mais ne pas s'en rendre compte. Continuer. Sentir la main, la serrer fort. Et avancer parmi les siens. Jusqu'à l'abandon complet. Sans lutte. Dans le plus grand des calmes. Profiter, tout simplement. Mais quelque chose vient briser le rêve. La réunion de famille. Tire vers le haut, montre que c'est fini. Que ça ne peut durer plus longtemps. C'était la première rencontre, il faut savoir s'en aller quand il le faut. Respiration. Crachat d'eau, de vase. Epuration des poumons.

Sol dur. Ponton en bois. Tu tousses, tu craches. Il faut faire ressortir l'eau qui semble avoir imbibé ton corps. T'as pas l'habitude. Regard vers ta soeur étoilée. Elle est toujours là, c'est le principal. La réunion de famille est déjà finie, il faudra attendre la prochaine maintenant. Des mots sortent. Comme pour vous gronder. Tu ne comprends pas bien ce qu'il se passe. Tu frottes tes yeux pour voir de qui ça vient. Pourquoi on vous traite ainsi. Mais le crac a retenti. Disparu le mystérieux sauveur. Sûrement le majordome des étoiles. Vous les avez fatiguées à rester si longtemps. Il est retourné à leur service à présent. Messager des étoiles...

Tu t'assois à nouveau au bord de l'eau, regardes le reflet, puis ta soeur étoilée. Tu te sèches d'un coup de baguette, et en fais de même pour elle. Parce que la nuit est fraîche. Le vent souffle sur vos vêtements mouillés, il ne faudrait pas tomber malade après une si bonne soirée. Tu te rhabilles entièrement, lui tends ses vêtements aussi. Sourire entendu. Rêveur.

- On a réussi. Faudra retourner les voir un jour. On pourra peut être rester plus longtemps.

Faudrait peut être rentrer maintenant. Parce que la boue et la vase, ce n'est pas la chose la plus agréable, même lorsque c'est sec. Pourtant, tu resterais bien plus longtemps. Avec elle. Juste pour profiter toujours plus. Tu attends de voir sa décision. Quoi qu'il arrive, tu suivras ce qu'elle veut. Mettre fin à la soirée. Ou rester. Sans vraiment parler. Juste se compléter, comme vous l'avez toujours fait.
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Kohane W. Underlinden
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Re: Un port

Message par : Kohane W. Underlinden, Ven 15 Déc 2017, 21:38




LA d'Aza accordé

Suffit d'être deux
pour un peu de rêve,
cette poudre du bonheur
alors que les jambes propulsent en avant -plouf
Je sens soudain le froid
qui
me saisit le corps
comme des mains désagréables
mais, au-delà de ça,
il y a aussi la main de mon frère dans la mienne
qui procure la chaleur nécessaire à
contrebalancer le royaume glacé de l'eau
un mouvement, on avance, ensemble,
symbiose parfaite, lui et moi,
on progresse et on cherche les sœurs
-ou cousine, peut-être
étoilée
au début, c'est assez difficile parce qu'on dirait qu'une force veut
nous rappeler notre humanité
-froid et la cage thoracique qui a mal, les poumons qui
hurlent
je hais cette humanité à cet instant moi,
moi ce que je veux, c'est être étoilée
alors, qu'importe je
on
continue
et bientôt, ces premières désagréables sensations disparaissent
puis
les étoiles sont là, ouvre leurs bras
c'est un peu flou, au début
l'esprit qui coule comme l'eau entre les doigts
mais bientôt, ça ne coule plus car
nous sommes l'eau
et nous ne faisons plus qu'un avec ces merveilles éclatantes
la main de mon frère toujours dans la mienne
ces merveilles qui brillent
que je les aime
elles nous accueillent ; on va faire elles
je souris
j'oublie mon corps
je n'ai plus de corps
juste un esprit et des yeux qui dévorent
conscience de la présence de mon frère et des étoiles qui attirent
puis

c'est fini.
Soudain.
Brutal.
D'un coup.
Les étoiles nous ont renvoyés d'où on venait. Parce que quand j'émerge, toussant, un peu grelottant, nous sommes à l'air libre. Sur la berge. La tête me tourne un peu, je me sens perdue. J'ai pas vraiment compris ce qu'il s'est passé. Pourquoi. Et qui. La fulgurante sensation d'une présence autre bien vite disparue. Je sais pas...
Mon frère nous sèche tous les deux, ramène nos vêtements. Il s'agit maintenant de se mettre bien au chaud. Pour ne pas prendre le risque de tomber malade. Ce n'est pas ce que les étoiles voudraient, pour sûr.
J'observe son sourire sur ses lèvres. Alors que les miennes aussi s'élargissent. Complicité de l'expérience magique partagée. A présent ensemble, à y repenser, assis sur la berge. Je pose doucement ma tête sur son épaule, à la recherche de son contact brillant pour me dire que lui, au moins, est toujours là, même si les étoiles de l'eau ont voulu nous renvoyer chez nous.

-Oui, on y retournera une autre fois. C'était la première approche. Ensuite, on pourra sans doute rester plus longtemps.

Le sourire confiant aux lèvres. Je sais que ceci n'est qu'un début. Et qu'on a encore une bien longue voie à suivre en leur compagnie.
Je ferme les yeux quelques secondes, respirant l'air frais du dehors.
C'était vraiment... étrange et magnifique. Découvrir cette nouvelle branche de la famille. Mais ce que je ne parviens pas encore à m'expliquer, c'est pourquoi le sentiment d'une présence tierce lorsqu'elles nous ont renvoyés ? Peut-être que celui ou celle qui s'est chargé.e de nous ramener n'était pas étoile. D'où sa présence qui détonnait un peu. Dommage que je n'aie pas pu voir qui il.elle était... Parti.e trop vite !
Finalement, je relève la tête et me mets debout. Main tendue, reprendre celle de mon frère. Et ensemble, partir. Ne pas se lâcher sur ce chemin, tourner le dos à l'eau. See you soon !
Tandis que nos pas se perdent ensemble, côte à côte.
Sous la voûte nocturne des sœurs du ciel bien connues.



Fin du rp.
Merci pour tout !
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Lorelaï Peony
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Re: Un port

Message par : Lorelaï Peony, Jeu 03 Mai 2018, 23:37


Quand tu veux on y va


LA de Madame Ertz
PV avec Confetti


Un rendez-vous avec elle-même qu'elle n'avait pas prévu, qu'elle honora quand même. Un soir après avoir fermé la boutique, Lorelaï demanda à Madame Ertz si elle pouvait transplaner avec leur nouvel elfe de boutique. La patronne acquiesça de son charmant sourire habituel, et la jeune femme s'approcha de l'elfe, le prenant par la main,.
- Est-ce que tu pourrais m’emmener voir la mer. Peut importe où, du moment que c'est en Grande-Bretagne, dit-elle doucement.

Un craquement.

Le ventre serré. La nausée.

Ses pieds touchent le sable, ses genoux ensuite. Déséquilibre.

Se rattrapant de ses mains, Lorelaï lève la tête vers l'elfe.
- Merci, je préviendrais Madame Ertz quand j'aurais besoin que tu reviennes me chercher.

Un craquement.

Le silence. Lorelaï reste assise dans le sable, les jambes en tailleur. Elle sort de sa sacoche une bouteille de rhum et ses écouteurs.
Le lieu ne semble pas magique. Elle pourra écouter de la musique si elle le souhaite.

Mais pour l'instant. Les vagues.

Allers. Retours. Infini de l'eau. Qui éclate.

Le regard dans le vide, elle s’imprègne de chaque sensation.

Le sel dans ses narines jusqu'à le goûter.

Le sable sous ses doigts.

Les vagues dans ses oreilles.

Les yeux étourdis par le blanc soleil de Grande Bretagne.

Doucement, elle tourne le bouchon et incline la bouteille.

La première gorgée fait mal, trop forte. La seconde suit, plus douce. Le sucre s'étend sur son palais, tandis qu'elle attend l'étourdissement souligné par les mouettes qui crient. A gauche. A droite.

Un moment auprès de tout.

Elle relève les jambes, cale la bouteille dans le sable.

Sa tête à présent posé sur ses genoux, elle attend les larmes.

D'une longue attente. Maladive.

Les yeux fermés, elle pousse sur sa gorge. Elle essaye. Elle veut extérioriser ce poids qui pèse, qui entrave la voix.

Mais rien ne vient. Si ce n'est une nouvelle gorgée.

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Élius Askin
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Préfet(e)/Serpentard
Préfet(e)/Serpentard
Année à Poudlard : Sixième année

Spécialité(s) : Métamorphomage


Re: Un port

Message par : Élius Askin, Sam 05 Mai 2018, 16:31


L.A. mutuels pour tout le RP




L’enchevêtrement de vagues n'est finalement pas plus réconfortant que les jupons de Maman. Rien ne dégage ma cage thoracique fermée à double tour depuis que j'ai revu Arty. Le poupon maléfique aux chaussures dorées a fait disparaître la clé en même temps que son odeur de mandarine. J'suis venu noyer ma détresse dans les grands yeux désolés de la Mère. Elle a vu, à travers mes mots effrités, que j'allais pas bien. Y'a un buisson piquant qui m'empêche de déglutir correctement ces derniers jours. Portishead devrait me faire du bien qu'ses lèvres ont chuchoté. Ses grands airs salés lui avaient plusieurs fois redonné le souffle qui manquait dans le cabaret depuis mon départ.


Alors, je foule le sable humide d'un tiède printemps au rythme de l'eau léchant mes orteils. Mes iris couleur d'écume ne cherchent pas d'âme à embêter aujourd'hui. Juste un horizon sur lequel accrocher mes sensations nouvelles, les y abandonner, et retrouver mon inconscience. Parce que c'est vrai c'est quoi ça p*tain ? Shooter dans l'eau ni change rien, compresser mes tempes non plus, serrer les poings encore moins. Plus loin flotte la chevelure cendrée d'une libellule que je ne m'attendais pas à trouver ici. Ton visage, fragile coton usé par le vent du rivage ne se tourne pas vers moi quand j'approche. Les paupières closes, les oreilles occupées, tu ne ressens pas ma silhouette délavée s’asseoir à tes côtés, position mimée. Sous mon regard, une bouteille que j'attrape sans réfléchir. De l'agrume, j'n'ai plus que l'amertume qui enveloppe ma langue bientôt immergée de rhum.


Dernière édition par Élius Askin le Ven 11 Mai 2018, 22:41, édité 1 fois
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Re: Un port

Message par : Lorelaï Peony, Dim 06 Mai 2018, 02:17


La gorgée reposée. La tête bascule en arrière, les yeux fermés.

Se gorger de soleil tel un tournesol en mal de chaleur tendre.

Les paupières closes, lutter contre le réflexe. Tourner la tête finalement.

Un long soupir, quand elle regagne l'obscurité, tête entre les jambes.

D'une main distraite, elle tente de reprendre la bouteille. Mais n'atteint que le vide.

Surprise, elle tourne la tête.

Une sourire. Ces cheveux qui cachent un visage familier. Elle connait la silhouette assise à ses côtés.

Et pourtant, étrange sentiment. Ce n'est pas lui. Pas complètement. Pas entièrement.

Elle l'observe un instant. Électrochoc dans ses entrailles.

Brisure du serpentin.

Une larme qui se réveille, mouillant son œil doucement.

Le malheur des autres la touche encore. Elle n'a peut-être pas tout perdu.
- Élius... ? Hasarde-t-elle presque silencieusement.

Puis, posant délicatement sa main dans ses cheveux d'ébène, elle poursuit son mouvement jusqu'à coller son front à son épaule.
- Élius...

Dans un chuchotement.

Souvenirs furtifs de cette nuit d'automne sous les toits magiques du Chemin de Traverse... où l'enfant plume lui avait tendu une main d'allégresse qui l'avait menée dans les bras de celui qu'elle pleurait à présent.
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Re: Un port

Message par : Élius Askin, Lun 07 Mai 2018, 00:49






Maman, son chignon fatigué tombant sur de frêles épaules, et ses bras nus encerclant ma taille. J'ai inspiré fort pour repousser plus loin dans ma gorge un sanglot lorsqu'elle m'a pris dans ses bras. Suspendus à sa bouche camélia, quelques mots retenus, qu'elle a préféré déposer en un baiser sur mon front fiévreux. Père aussi a - presque - compris en nous voyant enlacés. Une de perdue, c'est dix de retrouvées, qu'il a balancé en passant sa main dans mon dos avant d'attraper l'étoffe qu'il était venu chercher dans les coulisses. Et maintenant, mes orteils enfoncés sous le sable chaud se crispent de retenir cette émotion qui veut s'échapper. J'ai reposé la bouteille après une seule gorgée. Plus rien ne peut entrer. Ça ne demande qu'à sortir.


Comme ce souffle, le menton tremblant, quand tu prononces une première fois mon prénom. Harponné à l'horizon, et mes molaires serrées sur l'intérieur de mes joues, même la brise effleurant mes mollets ressemble à une torture. Puis tu t'approches, murmure à nouveau, et mes iris s'embrument. Le contact provoque une vague incontrôlable que j'essaye de contenir en abattant mes paupières ; dernier rempart. Immédiatement, je sens filer deux perles tièdes sur mes joues jusqu'à mes lèvres entrouvertes. Pareil à la mer récitant, inlassable, sa rengaine contre mon oreille ; le sel envahit ma langue chargée de questions dont je n'ai pas eu les réponses. J'en suis en apnée, de ravaler cette peine aussi lourde que mes yeux chargés.
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Re: Un port

Message par : Lorelaï Peony, Lun 07 Mai 2018, 16:29


Pour toutes réponse, quelques larmes.

Qui roulent, qui perlent le long de ces joues blanches jusqu'à atteindre ses lèvres. En manque d'air.

Elle passe une main sur son dos, touche délicatement le jeune corps meurtri d'une blessure invisible.

Quelle peine pouvait plonger l'enfant plume dans une pareil tristesse.

La même que celle qui berce la blonde.

L'amour fait vivre. Rappelle la vie.

Évanescence chérie.

L'amour ampute.

De cette brisure qui ne permet plus d'avancer.

De cette lourdeur qui ancre dans le sable.

Stupeur.

Déchaînement statique de questions sans réponses.

Se détachant, elle reprend la bouteille, en absorbe une gorgée. Referme les yeux. Cascade brûlante dans sa gorge au goût de miel.

Elle lui tend le breuvage. Quand il n'y a plus rien à dire, il ne reste que les gestes et l'alcool.

Le manque soudain de la cigarette qui l'avait si souvent accompagnée. Et un sourire en direction du serpentin.

Puis, délicatement, la libellule déploye ses ailes.

D'une voix douce, Lorelaï chante pour réchauffer son cœur, et le sien.

« Il vit très bien sans elle
La ville n'a pas changé
Le matin il descend
Comme on donne à manger
A un petit enfant
Son ventre se rappelle

...

Il vit très bien ainsi
Comme dans un flocon
Qu'importe le flacon
Pourvu qu'il ait l'ivresse
Alors il se redresse
Peut-être a-t-il rêvé

...

II sait qu'elle reviendra
La chambre n'est pas faite
Comme quand elle était là
Brûlure de cigarette
Sur le meuble de bois
Peut-être a-t-il rêvé »



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Re: Un port

Message par : Élius Askin, Sam 12 Mai 2018, 18:31






La houle salée s'entête, soulève un grand bourdonnement. Plus rien d'autre n'existe derrière mes paupières qu'un essaim brûlant. Et dans mon dos, ton empreinte frissonnante s'enfonce. Immobile sur le rivage, la tristesse est venue m'ennoyer pour la première fois depuis l'absence de Maman. Goutte à goutte, l'acidité a sillonné jusqu'à une béance inexplorée. Poings liés derrière la nuque, coudes prostrés sur mes genoux pliés, seul quelques mèches s'agitent encore ; cahotées par le vent. Les vagues, incessantes bourrelles, flagellent mes tympans. D'abord au loin, puis se rapprochant, ton chant, flottant ; bouée à la mer, accoste ma gorge ligotée. Serpent charmé, j'me laisse lourdement tomber en arrière, et bercé par ta voix, ouvre mes barrières. Une pudeur inhabituelle et deux mains d'adolescent couvrent mon visage ruisselant, secoué du manque d'Arty, anémié de ses attentions. Ainsi, comme le sable sur ma peau, il a déposé son grain dans les rouages d'ma mécanique en papier. Traversant sans gêne la scène, écartant de rideau, envahissant les coulisses directement jusqu'à la plus petite faille du mur, pour fendre un coffre pourtant fort. Benbow avait raison, le théâtre aussi, et les clients me l'avaient dit : ça rend fragile. Parce que j'en fais quoi, maintenant, de ces larmes qui n'arrêtent plus de sortir de moi ?
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Re: Un port

Message par : Lorelaï Peony, Sam 12 Mai 2018, 23:06


Tu pleures.

Tu pleures petit confetti.

Et tes paillettes se déroulent le long de tes joues.

Mon chant t'accompagne. Et tu t'ouvres.

Les iris cachés par tes paumes, allongé.

L'envie de te suivre. Sécher ses larmes au soleil.

Dérouler les miennes. Mais je n'en ai plus. La gorge est sèche.

J'ai besoin d'eau. Besoin de fraîcheur. De vague.

Accoudée près de ton oreille, je te murmure « suis-moi »

Et d'une main j'attrape la tienne, mouillée.

De l'autre, notre breuvage.

Et je t'attire vers les flots calmes.

Je retire ma robe, j'avance.

L'eau froide monte le long de mes jambes frêles.

Réminiscences de ses caresses tant de fois rêvées.

De ses doigts traçant leur dessein.

Le froid de l'eau réveille les sanglots enfouis par le temps.

Jamais elle ne le sentira. Elle n'aura que les vagues pour la réconforter.

Deux doux ruisseaux se dessinent sur ses joues tandis qu'elle avance encore, recouvrant son ventre.

Elle se retourne enfin, tendant la main.

« Viens, laisse la mer te bercer »
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Re: Un port

Message par : Élius Askin, Ven 18 Mai 2018, 15:06






Entre les vagues fraiches et le ciel tiède se découpe ton dos de corail tranchant. Comme le flot s'enroule, j'ai reniflé la marée jusqu'à ma gorge, et l'ai crachée bruyamment sur le sable en te suivant. Aucun printemps n'est aussi long que cet avril, étendu à mes pieds abimés - onde gracile. Sous ta nuque de porcelaine se déroule une fine colonne de marbre blanc, escalier vertébrés dans lequel mes yeux chutent jusqu'à tes reins. Puis tu te retournes et déposes sur moi deux iris détrempées ; perles submergées par une pluie de douleur salée. De son cri strident, une mouette fend l'air bleu et ma contemplation, bouscule la brise contre mes joues humides et s'échappe plus loin que mes pensées ne sauraient aller aujourd'hui. En réponse à ta main tendue, j'enfonce pas-à-pas mes jambes dans les jupons de la mer bousculante. Passagères de tes espoirs fragiles, mes cuisses sanglées par le froid se couvrent de frissons. J'ai croisés sur mon torse nu, deux bras inconsolables, et tandis que l'eau a noyé mon short, atteint mon nombril, j'arrive à ta hauteur, bouche tremblante.


Je ne sais pas nager,
On ne m'a jamais appris.
Pas plus qu'aimer,
N'en soyez pas surpris.
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Re: Un port

Message par : Lorelaï Peony, Ven 18 Mai 2018, 23:21


Ce corps frêle de douleur se rapproche doucement.

Elle tend les bras, attrape les mains. Contact de peau à peau.

De peau à eau.

Il s'avance, elle accompagne.

Ce manque dans sa poitrine. Une lame à la tranchée insubmersible.

Une caresse jamais remplaçable.

Elle se laisse soutenir par la mer. Une sensation se réveille là où sa main passait si souvent.

Elle se laisse tomber dans ses bras, portée par la force de l'eau. Comme il la portait si souvent.

En lévitation dans l'eau, elle glisse de gauche à droite. Et sourit.

Cette peine Confetti, elle est aussi forte que la vie qu'il t'apportait


Ces mots que Granny avait murmuré à son oreille quelques mois plus tôt. L'amour elle connaissait. Le manque aussi.

Ce vide que tu sens, il est aussi grand que l'amour que vous avez partagé


Si tu as mal c'est que tu as aimé

L'amour c'est la vie

Vous vous êtes donné vie

Quelque soit la peine aujourd'hui, cette sensation est si précieuse

Elle en valait la peine


Penchée en arrière, les yeux fermés face au soleil.

Elle réchauffe son visage.

Elle réchauffe son corps.


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Re: Un port

Message par : Élius Askin, Mar 05 Juin 2018, 01:02






Comme l'écume, inlassablement ramenée par la mer s'enroule, je revois ses fossettes ponctuer nos échanges. Des souvenirs, rassemblés sur une image de papier mouillée, collée à mes poumons, obstruant ma respiration. Aspirer cette estampe à l'arrière-goût d'absence ne fait qu'accentuer le vide qu'il a laissé. Asphyxié, je ressens au creux de mes mains un souffle qui me ramène au ballotement des vagues froides contre mon ventre serré. Tu me lâches presque aussitôt, happée en arrière dans la crinoline mouvementée qui te fait sourire. J'ai envie moi aussi que la mer ingurgite ma peine. Mais tes paroles frappent soudain mon cœur à grands coups d'aiguilles. Chahuté par l'incessant va-et-vient du liquide, je rabats deux paumes sur mon torse meurtri. Difficile de tenir debout maintenant que l'eau est presque à hauteur des épaules. Et tu n'arrêtes plus, de planter cette vérité qui retourne les entrailles. Arrête, car je ne veux pas connaître ma pénitence. Les galets couverts de mousse glissent sous mes pieds incertains, résister devient inutile, il faudrait t'imiter ; accepter de se faire bousculer par la houle. Seulement je suis incapable de le comprendre.
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Re: Un port

Message par : Lorelaï Peony, Jeu 14 Juin 2018, 23:18


Tu semble figé.

Je penche la tête sur le côté.

Comme souvent, quelque chose me passe à côté, je ressens fort, mais parfois pas juste.

Alors je me rapproche, et me pose à tes côtés, face à la mer qui pourtant nous recouvre jusqu'au torse.

Je pose ma tête contre ton épaule, tente une ouverture entre tes bras pour placer mes doigts entre les tiens.

Et je ferme les yeux.

Serrant ta main, les yeux clos, et les pieds plantés dans le sable, aussi stable que possible, je me laisse basculée par les vagues.

Tu es en sécurité petit confetti. La mer est douce aujourd'hui. Laisse toi porter. Je suis là.

Le soleil sur la peau.

Ta peau dans ma main.

Le sable entre les orteils.

Et le bruit du vent dans les cheveux.

Laisse la mer porter ta peine.

Élius ?
Je demande.

Élius ?

Tu danses ?

J'ai bien l'impression que l'océan te propose une danse là.


Et je souris.
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