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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Londres ~¤~ :: Rues de Londres :: Hôpital Ste-Mangouste
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Ste-Mangouste
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Arty Wildsmith
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Re: Ste-Mangouste
Arty Wildsmith, le  Jeu 16 Aoû - 10:59

Les semelles retenues qu’à un fil sur le froid carrelage hospitalier. Fil secoué par les bras blancs qui viennent précipitamment lui confisquer Elly. Il avait eu ce mouvement protecteur, avait serré davantage la sorcière inconsciente contre lui, prêt à hurler de nouveau que non, hors de question qu’ils la touchent, ils ne sauraient pas comment faire, qu’il devait rester avec elle, présence qu’elle ne sentirait certainement pas mais rassurante. Finalement ses doigts ensanglantés avaient laissé partir sa sœur sur un brancard, le regard du gamin l’avait accompagnée longtemps, avait poussé les portes avec elle jusqu’à ce qu’il soit bousculé. Il fallait attendre plus loin, dans une salle prévue à cet effet. Ribambelle de questions dégringolent entre ses dents, mais c’est un silence assourdissant qui déborde de ses lèvres entrouvertes. Automate épouvanté il se contente de suivre le mouvement qu’on lui inculque, les yeux cramponnés à la porte qui avait vu disparaître Elly. Sa gorge se serre de l’inconnu qui se passe derrière et ces mots gravés sur son front : et si elle ne s’en sortait pas ?

Incapable de s’asseoir, de patienter les jambes croisées, le cerveau annihilé par la dernière Gazette des sorciers, le Louveteau tourne en rond, ses baskets godillent entre les pieds agacés de ceux qui parviennent à attendre sagement. Plusieurs fois, il interpelle les médicomages, mendie péniblement des nouvelles de sa sœur, toujours la même réponse qui lui martèle les oreilles. Attendez là, on vous préviendra. Il serre les poings, jure intérieurement que le prochain qui lui dirait ça se verrait récompensé d’un fabuleux crochet.
Jusqu’à ce qu’un jeune médicomage l’approche, les mains légèrement levées, comme on tente d’amadouer une bête agitée. Il n’était pas là pour Elly, et dans une autre occasion Arty lui aurait servi un sourire flagramment charmeur. Le jeune homme lui frôle les épaules, l’accompagne vers les toilettes les plus proches, se rafraîchir avait-il dit aux yeux exaspérés du jeune Auror. Des conseils, des mots murmurés d’une voix douce qui se veut tampon de cette situation catastrophique, patienter, se reposer.
Avait-il l’air si fou qu’on le croyait inapte à se laver les mains seul ? Avant que le miroir gigantesque ne lui crache le reflet de sa sale gueule à la figure. Les vestiges de la pleine Lune se pavanent sur les plis tracassés de son front, sous ses yeux désespérés. Ses mèches folles détournent le regard, honteuses de se présenter ainsi. Puis il y a les traces séchées du sang de sa sœur, il n’avait pas remarqué, ou avait oublié dans l’affolement de la découverte, que son visage avait été touché par ses mains affolées.  

Il se détourne à moitié, laissant le médicomage débutant lui passer sur les traits un papier humide. Il parle en même temps, tentant de le convaincre que oui, ça va aller, elle va s’en sortir. Immédiatement, le gamin harponne les rétines de l’autre. Qu’est-ce qu’il en savait lui ? Quand bien même il avait extrait Elly de la baignoire, en était-elle sortie pour autant ? Sûrement pas. Elle y était toujours d’ailleurs, certainement, recouverte des pensées qui l’avaient poussée à un tel geste. Le gamin secoue la tête, détourne sèchement la main qui veut s’occuper de lui. Il rue ses doigts sous un filet d’eau remarquablement froide. Frotte vigoureusement l’hémoglobine accumulée, jalonnée de culpabilité. Jamais il n’aurait du la laisser dans cet hôtel, seule. Sa responsabilité. Il aurait pu l’accueillir à la Cabane quelques jours semaines mois, il ne l’avait pas fait. C’est bon, y’en a plus. Il n’entend pas, pas vraiment, s’acharne sur l’absence de rouge, les entrailles qui fulminent d’avoir été si stupides. Jusqu’à ce que l’autre coupe l’eau, se saisisse de ses mains, l’attache d’un contact qu’il veut apaisant.

Il le conduit finalement dans la chambre de la jeune femme. Le cœur retourné, cognant sur les parois de la cage du gamin, se précipite au chevet de l’endormie, mais sans la secouer, il lui prend la main. D’autres médicomages débarquent lui expliquant la situation, il les renvoie, avait bien compris qu’elle ne se réveillerait probablement pas tout de suite. Mais elle était là, respirant presque paisiblement. Le Louveteau contourne le lit, s’assoit dans le fauteuil confortablement installé pour les visiteurs inquiets, dont le regard ne quittait pas le malade. Des heures durant, il finit par s’endormir la mâchoire lovée contre son poing.
C’est la porte refermée qui le réveille soudainement, sa tête manque de basculer, surprise. Aussitôt ses pupilles vérifient l’état d’Elly, ne comprennent pas, rien n’avait bougé. Les muscles tendus et le souffle en suspend, le gamin se lève, s’approche de sa sœur. Vérifier vraiment qu’elle respirait encore.

Une seconde de doute avant que la poitrine ne se lève doucement. Soulagé, Arty se hisse dans le lit d’hôpital, assis les jambes étendues, il dépose contre lui une Elly assoupie. Cette immobilité ne lui ressemblait pas, cette vulnérabilité non plus. Il passe dans les cheveux bruns de sa sœur des papouilles berçantes qui murmurent doucement à son oreille qu’il était là, qu’il ne bougerait pas.
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Re: Ste-Mangouste
Elly Wildsmith, le  Sam 18 Aoû - 22:53

La douleur a laissé place à une autre douleur, plus douce, plus tendre. Comme le froid d’un hiver agréable, qui mord les extrémités du corps. Douce morsure. C’est reposant, c’est ressourçant. Les paupières closes, l’ancienne auror voit défiler sa vie. C’est étrange cette sensation, elle aurait cru, lorsque la lame avait rencontré sa peau, qu’elle serait libérer de tout, que le rideau noir serait tombé. Non un happy end des livres d’enfants, juste une fin, ni plus, ni moins. Un néant qui ferme ses bras autour d’elle. Un vide qui l’attire, qui l’accroche, qui l’écorche aussi.

La Mort peut-être elle douloureuse ? Dans un subconscient endormi, dans cette demi-vie, elle ne sait pas l’affolement de son frère, elle ignore les tribulations de l’auror, elle ne comprend pas les mots des médicomages, ni leurs actes autour d’elle. Elle est juste un nouveau pantin entre leurs mains expertes. Lorsqu’elle avait pris cette décision, la brune était certaine de son choix, acculée par sa vie personnelle, elle ne voyait pas de solution plus légitime que celle-ci. Etait-ce normal de n’avoir d’autre choix ? Etait-il possible de ne voir aucune autre solution que celle de porter atteinte à sa vie ?

C’était doux, c’était bon. Mais la jeune femme, quelque part, sentait bien ses fils qui la retenaient à la vie, qui l’empêchait de sombrer totalement, comme si quelqu’un s’occupait d’elle. Comme si on l’empêche de sombrer totalement, comme si elle ne pouvait pas se laisser aller à ces ténèbres grandissantes. Les médicomages étaient restés longtemps auprès d’elle, et puis, les voix s’étaient arrêtées. Une certaine tranquillité retrouvée, des draps blancs qui recouvraient son corps, des bandages à ses poignets qui cachaient les endroits où la vie avait fuité. Où tout c’était enfui.

Et la respiration longue, douce, tranquille. La cage thoracique qui se soulevait doucement, qui redescendait lentement. Un rythme cardiaque lent, bien loin des tumultes intérieur de la jeune femme. Comment le vivra-t-elle lorsqu’elle ouvrira les yeux ? De voir, de savoir, que si elle était incapable de poursuivre sa vie, elle n’avait pas été capable de réussir sa mort. Serait-elle capable d’affronter un nouvel échec dans sa vie ? Le souffle ralentit, s’allège, la vie n’est plus très loin sous les paupières.
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Re: Ste-Mangouste
Arty Wildsmith, le  Sam 25 Aoû - 12:21

Il avait fini par s’assoupir de nouveau, papouiller avait ces vertus endormissantes en plus d’éloigner l’inquiétude. Ses doigts s’étaient perdus dans les mèches brunes de sa sœur, agitées doucement au rythme de sa lente respiration. Comme si tout ça n’était pas arrivé, que c’était trop loin, ailleurs, que ça ne pouvait plus les toucher. C’est l’entrée beaucoup trop fracassante du jeune médicomage qui lui avait lavé les mains qui le réveille d’un bond. La tête de la sorcière bringuebale doucement avant qu’Arty ne la remette correctement, en profitant pour s’extraire du lit sur lequel il s’était installé. Il laisse l’étudiant s’approcher, vérifiant d’un œil qu’il prétend sûrement expert si l’ancienne Auror se portait bien, compte tenu des événements bien évidemment. Les pupilles du Louveteau l’observent, suivent scrupuleusement ses mains qui parcourent le poignet, la gorge puis le front de sa sœur. Il n’est pas sans sentir que le médicomage est gêné, pour une raison qu’il ignore, peut-être avait-il l’habitude de visiteurs plus loquaces, moins sur la défensive et qui ne surveillaient pas chaque gestes entrepris. C’est votre petite-amie ? Mouvement de recul de la tête ahurie qui affiche immédiatement un air de hein ? Hors de question de laisser cette interrogation rendre la situation pire embrouillamini qu’elle ne l’était déjà. Violemment, il secoue ses mèches négativement, non non non, c’est ma sœur. Est-ce que c’était si honteux ? Sûrement pas, mais ça mettait dans les yeux du gamin des images qu’il ne voulait certainement pas regarder, d’ailleurs, par réflexe il se les débarbouille fébrilement.

L’Autre hoche la tête tandis que sa plume magique s’agite sur un bloc-note que le jeune Auror ne parvient pas à voir. A cet instant, la conscience responsable du gamin vient à papilloter furieusement, surgissant peut-être pour la première fois. Il n’était pas le petit-ami d’Elly, mais elle en avait un, du moins, avant. Il déglutit, ayant cette curieuse intuition – bien que tardive – qu’il devait prévenir l’entourage d’Elly de ce qu’il venait de se passer. Mais le voulait-elle ? Les baskets tracassées de la prise de décision s’activent pour tourbillonner dans la chambre, provoquant un haussement de sourcil surpris chez le médicomage dont les prunelles se mettent à le suivre. Informer Evan, ne pas l’informer, l’informer, ne pas l’informer. Ses mains envahissent ses boucles, créer des antennes qui puissent dissiper l’incertitude. Finalement, le jeune docteur magique articule des paroles qui n’abordent même pas les lobes du gamin, mais le ton étant d’une musicalité rassurante, il sait qu’il n’a pas à s’inquiéter. Sa blouse blanche flotte alors rapidement pour sortir de la pièce, Arty lui lance un coucou de la main fantomatique qui n’arrive que bien trop tard.
Gigantesque inspiration qui vient remplir des poumons absolument décidés, le gamin s’empare d’Odette pour formuler un #Spero Patronum tremblotant. Il ignore exactement ce qu’il devait dire, angoissé à l’idée d’être l’annonciateur de mauvaises nouvelles, ce n’est qu’un mince filet argenté qui s’échappe du bois. Quelques secondes supplémentaires de concentration, il respire de nouveau, jetant un regard vers une Elly qui n’avait toujours pas bougé. La formule s’exhale alors lentement de la bouche du gamin, oui, c’était la bonne chose à faire.

Le loup s’avance délicatement devant lui, attend de recevoir les mots bousculés d’Arty qui doit se reprendre, plusieurs fois, tenter d’énoncer clairement ce qu’il s’était passé, ne pas alarmer davantage le professeur de métamorphoses. Dire qu’Elly allait bien, où ils étaient, ce genre de détails auxquels il allait devoir se raccrocher pour ne pas trop paniquer. Le loup s’enfuit alors tandis que lui reste là, ses doigts s’emmêlent en regardant sa sœur allongée, inquiets à l'idée d’avoir fait une bêtise.
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Re: Ste-Mangouste
Evan, le  Ven 31 Aoû - 22:27




Les pentes de la Folie


Les yeux ouverts, fixant le plafond au-dessus de toi, un point vide où tes pensées s'échappaient dans un flot silencieux. Ta main gauche tendue comme pour attraper un objet invisible, un visage disparu, et ton épaule qui te lançait douloureusement t'arrachait de nombreux rictus de souffrance. Tu avais joué avec le feu, c'est le moins que tu pouvais dire, et si tu te refusais à alléger ta douleur avec un quelconque sortilège, c'était pour te rappeler ce que tu avais fait, avait failli faire, et ces stigmates que ton corps portait étaient un moindre mal pour avoir survécu à la Folie.

Il te faudrait probablement du temps pour retrouver correctement l'usage de ton bras gauche, et tes loups avaient du avoir la peur de leur vie, mais ils t'étaient restés fidèles jusqu'au bout, même devant la mort certaine qui était venue grignoter leur fourrure d'aube et de nuit. Deux semaines qui s'étaient écoulées sans que tu ne bouges vraiment de chez toi, dans une convalescence dont tu avais refusé de donner les détails, car une convalescence du cœur ne guérit jamais vraiment.

Deux semaines à te demander, sans cesse, les raisons des trop nombreux Pourquoi qui résonnaient dans ta vie, dans votre vie. Comment aviez-vous pu en arriver là ? Comment à l'aube de vous marier, vous étiez devenus deux inconnus ? Comment avais-tu sombré si profondément que tu avais failli ne pas en revenir ? Comment...

Tu fermais tes pensées, quand ton corps fut traversé d'une vague de douleurs t'arrachant les cotes et t'extirpant un long soupir. La magie noire laissait des traces indélébiles dans l'âme. Mais tu ne pouvais t'en prendre qu'à toi. Si elle était partie, si elle t'avait laissé, si chaque jour n'était plus que ténèbres et tourments, plus que larmes et regrets, si tu avais tant tué pour elle et que tu avais failli en mourir de ne plus l'avoir.

Tant de miroirs accrochés au panthéon de vos souvenirs, des escapades que le silence n'osait point offenser dans une nature féerique, d'un renard argenté à la découverte d'un loup dans les Pyrénées, des vapeurs d'un chalet au vertige d'une grande roue, des cris d'un piano qui vous accompagnait aux rires de pâtes ratées. Vestiges de sourires et fous rires, revenus avec force au moment de mourir...

Deux semaines...

Et les secondes depuis, qui s'écoulaient comme un refrain de rédemption aux questions qui se suspendaient comme des lampadaires dans la nuit, sans savoir toute la portée qu'elles auraient, défilaient avec l'envie de la revoir, de la retrouver. De croiser de nouveau les chemins alléchants qui la composent. De la mélodie délicieuse de sa voix aux notes fruitées de ses lèvres, de la danse sensuelle de ses doigts au rythme entrainant de ses rêves, des effluves de votre ténébreux passé à cet avenir ensoleillé trop vite éteint, des cris parfois trop ressassés aux portes d'un toujours possible Demain...

Trop d'interrogations subsistaient, sur sa vie actuelle, sur qui était le type qui l'avait emmenée dans la rue, et tu ne pouvais t'empêcher d'avoir des pensées de meurtres devant cet inconnu. Tu espérais qu'elle allait bien, qu'elle n'aie pas fait de bêtises, que personne ne se soit joué d'elle. Et si... Tu n'hésiterais pas, malgré ton masque désormais inexistant, malgré que tu ne sois plus que l'ombre de toi même, pour elle, tu ferais tout.

Ton quotidien était devenu horrible, devant supporter cette douleur physique que tu t'étais infligé, et celle mentale que de ne plus être au courant de ce qu'elle faisait, de l'absence de son parfum dans vos draps, de son regard dans le tien. Tout étais plus fade, insipide, triste. Mais tu avais touché le fond, si bas que tu aurais pu disparaître sans qu'elle le remarque, ou alors elle aurait vu la lettre que tu avais laissé puis finalement déchiré.

Tu te redressais lentement, non sans devoir affronter de nouvelles salves de douleurs qui te transpercèrent de toutes part. Sous tes gémissements, Aube et Crépuscule aux pieds du lit se redressèrent, visiblement soucieux de ton état alors qu'ils avaient failli mourir eux aussi, que tu avais failli les emmener dans les dédales morbides de ta Folie. Tu eus un énième pincement au cœur d'ailleurs, en regardant le loup blanc et une partie de son pelage encore saisi par ce jour de démence. Tu déglutis, souffle, soupire, c'était derrière toi.

Tu te relevais en t'appuyant sur ton bras droit, et sortais faire quelques pas, la salle de bain en direction. Le miroir te renvoya cette triste image, de ton corps en partie brûlé, de cicatrices encore fraîches, d'un homme qui, croyant avoir tout perdu, avait décidé d'oublier tout le reste. Ta mâchoire se crispe, douleur encore trop présente.

Tu ignorais l'heure qu'il était, et tu n'étais plus certain du jour exact parfois, si ce n'est que cela faisait deux semaines pile que tu avais sombré. Comme si tu étais un alcoolique qui comptait les jours après son arrêt. Mais est-ce que ta Folie avait réellement pris fin ? Nouveau soupir, tu devais penser à autre chose, à elle, à vous.

Aube et Crépuscule arrivèrent sur le pas de la porte, avec visiblement toujours cet air inquiet qui animait leur regard. Comme si avoir voulu les tuer avec toi les avait fait être encore plus dépendants de toi. Tu leur offris un maigre sourire, comme pour leur dire que ça allait, allant jusqu'à eux et encaissant la souffrance que de te baisser à leur hauteur pour leur octroyer une caresse chaleureuse à chacun.

Tu te relevais péniblement, prenant la direction de la cuisine, où restait encore en souvenir persistant, qui te hantait chaque jour de son empreinte aussi somptueuse que désormais funeste, ta demande en mariage. Tu allais au frigo, ouvrais la porte et récupérais un jus de fruit. Et c'est là qu'une silhouette argentée fit irruption dans la pièce, sous la forme d'un loup. C'était le patronus d'Arty.

Et la voix qui s'en éleva fut comme un coup d'épée en plein cœur, t'alertant qu'Elly était hospitalisée à Sainte Mangouste. Bouche bée, le corps transpercé par un frisson de peur, ta main se dessert et le contenant tombe sur le sol et se brise, rependant son liquide sur le carrelage froid et des morceaux de verre qui résonnèrent dans un fracas mélodieux. Le reste des mots s'éparpilla en bribes, "aller bien", tout s'envolait.

Tout se bousculait dans ta tête, mais tu pris immédiatement la direction de ta chambre sitôt le message fut-il évaporé, prenant soin d'esquiver les morceaux tranchants au sol, tes deux loups s'étant réfugié contre le mur près de la porte. La femme de ta vie était blessée, souffrante, peut-être mourante, et la seule pensée qui t'animait, au delà de la peur de la perdre qui te détruisait le peu que cela passait dans ta tête, c'était d'être là pour elle, près d'elle, prendre soin d'elle comme tu n'avais pas su le faire par le passé.

Tu n'étais pas revenu d'entre les morts pour qu'elle y aille elle ou la laisser de côté. Ayant du mal à marcher, tu forçais sur tes appuis en grimaçant d'une douleur contenue, et tu ouvrais ton armoire à la va vite pour en sortir une chemise blanche pour recouvrir ton torse. Tu t'habillais maladroitement de ta seule main droite, les boutons désordonnés, mais tu t'en foutais, là n'était pas l'important.

Tu prenais ta baguette le temps de nettoyer le sol à l'arrache, puis tu ne pris le temps de dire un au revoir à tes loups qui croisèrent ton regard grave, tu transplanais non loin de chez toi. Tes pieds nus se retrouvèrent sur un macadam vieillot d'une ruelle londonienne, non loin de la célèbre rue et du magasin qui donnait accès à l'hôpital sorcier. La mine que tu tirais était loin d'être joyeuse, et si ta chemise ne respirait pas le flambant neuf, avec tes boutons mal attachés et tes pieds nus qu'on aurait pu te prendre pour un clochard. Mais tu étais juste un fiancé aimant s'inquiétant pour sa compagne. Un fiancé...

Tu te perdais un instant devant la vitrine dans laquelle se reflétait le bitume derrière toi et les silhouettes ombragées des bâtiments émoussés par le temps. Tu respirais, te sentant traversé par un vent de peur et d'excitation, de la revoir là, après plusieurs semaines sans nouvelles, et tu craignais le pire tant le message d'Arty ne t'avait donné aucun détail, ou du moins tu n'avais été en état de l'écouter complètement.

« Je... Je viens voir Elly... Elly Wildsmith, hospitalisée ici... »

La voix inhabituelle, presque tremblante, le regard animé par une flamme qui semblait souffler entre la détresse et l'appréhension, tu n'étais pas serein. Les secondes te paraissaient interminables, quand enfin tu pu entrer derrière la vitrine, marchant aussi rapidement que ta condition te le permettait pour gagner le hall.

Cela faisait tellement longtemps que tu n'y avais pas mis les pieds que tu avais l'impression de n'être même jamais venu. Pour autant, pas le temps de t'attarder à lorgner le bâtiment. Tu allais jusqu'à l'accueil pour récupérer les informations nécessaires, la voix toujours enlevée dans une boule qui ne voulait se desserrer dans ta gorge.

Et c'est avec le corps parcouru de tremblements que tu pris la direction de la chambre mentionnée, celle où Elly serait. Ton cœur n'avait de cesse de faire des bonds faramineux, t'attendant à la trouver dans un état grave. Tu essayais de souffler, mais rien à faire, tes émotions refusaient de t'obéir, c'était toi qui leur obéissait. Tu ignores chaque membre du personnel médical que tu croises, n'ayant que son visage en tête, et le reflet toujours puissant et bien vif de son sourire étincelant.

Tu t'arrêtais une seconde devant la porte, comme te disant que tout pouvait encore basculer une fois derrière, pris par une peur panique que tout ce qu'il restait encore comme espoir entre vous se brise de mille éclats. Inspiration, expiration, tremblement. Main sur la poignée, ouverture lente.

Tes yeux s'arrêtèrent sur le lit, sur Elly, allongée les yeux fermés à l'intérieur, comme une poupée mécanisée dans le remonteur se serait arrêté, et qui attendrait de retrouver la clé pour de nouveau avancer. La vision te saisit violemment, tant des pensées de tristesses et regrets t'assaillent, d'être responsable, de ne pas avoir été là, qu'elle ne soit plus.

Ta jambe gauche flanche, et tu vacilles sur le côté, l'épaule heurtant l'ouverture de la porte, te rattrapant comme tu pouvais, deux larmes perlant à tes yeux cernés prêtes à filer sur tes joues creusées. Tu te redresses, découvre un Arty lui tenant la main, dont tu croises un regard qui semble lui aussi alarmé. Tu n'arrives pas à parler, passe une main devant ta bouche et avale difficilement le peu qu'il te restait de salive.

Tu refermes la porte, fléchi les genoux, souffle un bon coup. Une fois, deux fois, trois fois. Tu te relèves, grimace, et va vers le côté du lit où Arty n'est pas, lui lançant un regard qui exprimait à la fois de la gratitude et de la tristesse, mais tu n'arrivais pas à parler. Il fallait que tu la vois. Tes deux mains vont récupérer la sienne que tu serres avec tout l'amour que tu lui portais, et ton regard couve alors son visage d'ange à l'apparence endormie. Quelques mots pour Arty.

« Co... Je... Qu'est-ce qui lui est arrivé... ? Et comment ? Qu... Qu'est-ce qu'elle a exactement ? »

Ton regard imbibé de larmes se perd vers le garçon, et tu fuis le contact avec lui, rongé par une douleur bien plus grande que toutes les cicatrices sur ton corps. Tu détachais ta main gauche de la sienne pour balayer tes larmes d'un revers de la main, avant d'aller la poser sur sa joue à elle amoureusement, laissant ton pouce glisser sur sa peau avec une infime tendresse. Comme si ton monde se tenait là, se mettait en pause là, vivait et mourrait là. Dans ta tête tout se mélangeait, tout se suspendait, aux mots que le garçon allait te donner, et à ta belle au bois endormi...
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Re: Ste-Mangouste
Azaël Peverell, le  Dim 2 Sep - 12:41

C'est bizarre, ces moments où t'as l'impression que les choses s'améliorent. Parce que tu sais très bien que ça ne peut pas durer. Il y a toujours quelque chose pour te ramener brutalement sur Terre, pour te rappeler que non, le bonheur ne s'atteint pas si facilement, surtout lorsqu'on s'appelle Peverell. Le Patronus d'Arty fait irruption. Si un léger sourire d'étire sur tes lèvres devant cette nouvelle forme lupine de messager, il disparaît bien vite en entendant la voix de ton pote qui s'en échappe pour t'expliquer la situation. Yeux écarquillés, tu ne parviens pas à détacher ton regard du loup jusqu'à ce qu'il disparaisse.

Tu restes quelques secondes paralysé, incapable de faire le moindre geste, de prendre la moindre décision. Elly à l'hôpital... Elle qui a tant fait pour toi, qui ne t'a jamais laissé tomber malgré tes scènes et tes excès de colère fréquents. Une poigne semble étreindre ton coeur. Tu tiens à elle plus que tu ne l'avoueras jamais. Elle est l'une des premières à t'avoir fait confiance en dépit de ton caractère. La seule même. L'idée qu'il lui soit arrivé quelque chose de grave t'est insupportable. Une fois le choc passé, tu te rues à l'extérieur de la Cabane afin de sortir des protections magiques et transplanes.

Tu te retrouves juste devant l'entrée de l'höpital sorcier, en plein Londres moldu. T'es apparu au milieu des gens sans même en avoir quelque chose à faire. Ouais, t'es sorti de nulle part, et alors ? Tous ces moldus devraient ouvrir les yeux, et t'es clairement pas en état de réfléchir pour conserver ce foutu secret magique. T'es là pour voir Elly, il n'y a rien de plus important à ce moment là. Tu débarques dans l'hôpital, demandes la chambre et l'étage, et repart en courant pour arriver à son chevet. Tu pousses la porte de la chambre indiquée et y trouves Arty et Evan. T'aurais sûrement pu t'en douter.

Bizarrement, tu commences à douter de la légitimité de ta présence ici. L'un est son mec (on te prévient jamais des ruptures aussi, t'peux pas deviner qu'en fait non) et l'autre son petit frère. Toi, t'es juste... Le gosse insupportable qu'elle a décidé d'aider. T'as rien à foutre là. Mais tu ne bouges pas du pas de la porte. Si tu n'oses pas rentrer dans la pièce, tu n'oses pas non plus bouger. Ton regard a été attiré par le corps d'Elly allongé dans le lit. La peau pâle, les poignets bandés, l'air endormi. Sa pâleur te donne le tournis. Tu t'accroches un instant à l'encadrement de la porte. T'es arrivé peu de temps après Lival puisque tu as entendu sa question. Il ne sait pas ce qu'il s'est passé, exactement comme toi. Et tu ne parviens pas à quitter du regard ta patronne. Elle qui t'a toujours semblé si forte, la voir ainsi est d'autant plus difficile.
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Re: Ste-Mangouste
Elly Wildsmith, le  Lun 3 Sep - 10:40

Les paupières closes, fermées par les trop lourds cauchemars qui envahissaient sa vie, l’ancienne auror commençait à ressentir la douleur à ses poignets. Le tiraillement de ses chairs, l’air qu’elle inspire et expire dans un doux et lent mouvement. La conscience revient, doucement. Comme si elle venait de faire un sommeil long, profond. Empli, toujours, des rêves aux allures fantomatiques. Des éclats de voix qui parviennent à ses oreilles. Un mouvement de jambe dans le lit, et le cri d’un corps endolori qui se fait entendre, qui s’étouffe entre les lèvres fermées de la brune. Etait-ce si difficile de mourir ? Ou avait-elle seulement échoué, une fois de plus ?

Les paupières cillent, doucement, les yeux cherchent, hagard, la provenance des voix. L’éblouissante lumière empêche de voir, empêche de comprendre. Ce n’est pas la libération pourtant, elle en est certaine, et un long soupir s’échappe alors que ses yeux peinent à s’acclimater. L’échec faisait tellement partie intégrante de sa vie qu’elle n’avait même pas réussi à mourir. Voilà un bien triste constat. Dans le lit, le corps reprend consistance, les jambes s’affolent, comme si elles voulaient soudainement se lever, et partir, vite. Loin. Pour ne pas voir les regards, pour ne pas avoir à fournir d’explication.

Mais les yeux s’acclimatent, et les jambes ne bougent plus. Les poignets douloureux, le cœur envahit par une nausée difficilement contrôlable. Et la mémoire qui revient. Les lames de rasoirs, l’hôtel, la baignoire, le sang qui s’égrène sur le sol. Et puis, plus rien. Le blackout total. Déglutissement douloureux dans la gorge asséchée, des mots qui veulent s’extirper, mais rien qui ne se fait dans le bon sens. Alors les yeux cherchent, trouvent les silhouettes, devinent les visages. Arty, à côté. Sa face totalement ravagée – depuis combien de temps n’avait-il pas dormi ? Pas mieux pour Lival, d’ailleurs, que venait-il faire ici ? Les yeux papillonnent encore en signe d’incompréhension, avant de tomber sur Azaël, dans l’encadrement de la porte. Lui aussi avait un visage tiré par l’inquiétude, et à cette idée, les entrailles de la brune se nouèrent. Elle n’avait pas envie de voir leurs douleurs, leurs inquiétudes, de sentir leurs failles. Non, elle n’y avait d’ailleurs pas pensé, alors, tout en se relevant difficilement, elle murmura un « Vous devriez tous aller dormir ». Un toussotement qui suit les propos, arrachant à l’ancienne auror une grimace de douleur.
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Année à Poudlard : Quatrième année

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Re: Ste-Mangouste
Azénor P. Benbow, le  Jeu 11 Oct - 22:29

Arty, la dame elle a dit qu'il fallait que tu répondes alors hophop!
RP unique je ne fais que passer


Elle ne sourit plus comme avant, elle ne parle plus comme avant, elle ne ri plus, et puis ça ne va pas s'en aller hein, c'est pour toujours, c'est intemporel, c'est sa nouvelle vie qu'elle subit. Elle se sent seule, trop faible pour continuer parfois. Et ment en souriant la journée, et pleure le soir alors qu'elle sent encore son odeur sur son oreiller. Elle dort de son côté à lui, n'a pas touché à ses affaires. Et elle ne sourit plus au miroir, parce qu'elle n'y voit que son reflet à elle, elle n'aperçoit plus le sien qui s'approche pour lui embrasser le cou. Et c'est dur de vivre sans lui, c'est un coup de couteau a chaque respiration. Mais il y a ses enfants, son petit garçon et sa petite fille. Et elle le voit à travers eux, alors elle continue pour leur vies. Et puis un peu pour lui, parce qu'il ne voudrait pas la voir abandonner. Tien c'est vrai ça, qu'est-ce-que lui, aurait fait?


Ses talons claquent contre le sol de Sainte Mangouste. Là où elle l'a amené, là où elle l'a laissé, il y a déjà quatre mois. Quatre mois qu'elle vient le voir tous les soirs. Quatre mois qu'elle subit les sourires compatissants des médicomages qui ne peuvent rien y faire. Et leur répond vaguement au début, d'une plissure des lèvres. Mais maintenant elle ne les regarde même plus. Elle n'a d'yeux que pour lui. Et elle change de bouquet tous les deux soirs, elle en crée selon ses envies de manumage, avec le même index, à la même position, la même taille, mais jamais les mêmes couleurs. Comme à son habitude, elle pose son sac sur la chaise, son manteau sur la table, ou l'inverse, et puis elle s'installe tout doucement à sa gauche, et pose sa tête sur son épaule. Elle lui caresse les cheveux, lie ses doigts au siens, et elle lui raconte sa journée. Elle lui dit combien Cole et Skyline grandissent vite, et combien leur papa leur manque. Des fois ils viennent le voir, une fois par semaine au moins. Mais c'est dur pour eux, de voir papa endormi. Mais il entend, et il sait. Mais ne peux pas réagir. Et il voudrait, et il est toujours là, il respire. Pour eux.
Des fois, Azénor le badigeonne de mousse à raser pour tondre le trop plein de barbe, ds fois elle lui coupe les cheveux comme il le voudrait, et puis sinon, elle passe son temps à le regarder. Elle a du mal à savoir ce qui lui manque le plus, son sourire ou son regard. Un signe, n'importe quoi, qui prouverait qu'il réellement toujours là.


Elle lui chuchote sa vie dans l'oreille, combien il lui manque, combien elle voudrait qu'il se réveille, combien elle fait tout pour vivre sa vie toute seule, s'occuper du bar, de l'école, et de ses enfants. Elle lui raconte les changements à Poudlard, depuis que lui est partit. Il y a plein de nouveaux professeurs, d'autres ont préféré suivre des chemins différents. Leo est partit, Asclépius aussi, Cara elle l'a viré de ses fonctions pour la mettre Directrice de Serpentard, et c'était finalement pas une si mauvaise idée. Emily aussi a filé, comme Amy et Aidan. Alors y'a plein de nouveau, Elhyia, Eliott, Elly, Rikka oh et puis Lydie, sa Lydie. C'est sans doute la seule qui arrive à lui redonner un tant soit peu de vrai sourire ces temps-ci. Et il faut remplacer Aidan aussi, alors ils cherchent activement un nouveau professeur de défenses contre les forces du mal. Mais à chaque fois qu'elle y pense, elle se dit que personne ne sera jamais à la hauteur de ce que l'homme de sa vie a été, de ce qu'il apprenait aux élèves, de la passion qu'il donnait dans ses cours, de la justesse de ses mots de professeur, et de sa crédibilité, chose qui se perd à Poudlard. Et puis généralement après elle soupire, en disant qu'elle n'est pas là pour se plaindre de la vie au château. Alors elle se reprend, dit qu'elle se plait toujours autant à Poudlard, bien que le vide de sa vie soit indéniable, indélébile, et quotidien.


Elle passe quelques heures comme ça, allongée à côté de lui, à tenir sa main, comme tous les soirs. Et puis elle revient à la maison tard, et elle passe dans la chambre de sa fille pour lui faire un bisou sur le front, alors qu'elle est déjà bien-sûr endormie. Cole a l'autorisation exceptionnelle de quitter le château pour aller voir son papa, bien-sûr qu'il l'a. Alors quand l'occasion se présente, elle le ramène jusqu'à son dortoir de Serdaigle, après le couvre-feu, parce que mini-Benbow n'aime pas être vu dans le château avec sa maman. Et ça la fait sourire Azénor, parce qu'elle comprend.


Elle s'endort ensuite dans son lit, en guise de pyjama un tee-shirt à lui. Elle n'a pas oublié son odeur, elle n'a pas oublié sa voix, elle n'a pas oublié son amour. Et elle s'endort en pensant à lui, aux souvenirs qu'ils ont crée au fil des années. Et rarement paisible, elle a du mal à rêver.
Esteban R. Lefebvre
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Re: Ste-Mangouste
Esteban R. Lefebvre, le  Ven 4 Jan - 21:12

Pv Lïnwe

- Lâchez moi bande de psychopathes !!!
- AÏÏÏE !!!! M*rde !
- Quoi qu'est ce qu'il y a ?
- Il m'a mordu ! Je saign-

Pas le temps d'achever sa phrase qu'un coup de pied bien placé envoie le médicomage valser de l'autre côté de la pièce. Son collègue se fige quelques instants, les yeux exorbités. Dans un geste d'une lenteur démesurée, il s'empare de sa baguette. Le jeune homme à genoux sur le lit pouffe bruyamment, se moquant sans aucune retenue. Un petit stagiaire à Sainte Mangouste. 'Manquerait plus qu'il fasse dans son froc !

Noooon ! Vous devez rester allongé et-
Mais le malade est déjà dans le couloir, courant à toutes jambes, les fesses à l'air. Non mais, s'ils pensent qu'il va se laisser faire... Tout ça parce qu'il a encore une fois laissé ses émotions guider ses actions. Et voilà qu'il le prenne pur un fou.

Monsieur arrêtez ! Vous êtes sous les effets d'un filtre étrange !

Ah ? Esteban s'arrête en un dérapage contrôlé puis se retourne et darde un regard méfiant sur le médicomage qui s'approche essoufflé. Son sourcil arqué le défie de le convaincre sur ce supposé filtre. Pendant qu'il débute une argumentation, Esteban est soudain pris d'une pulsion irrépressible. Son reflet dans la vitre lui fait de l’œil et c'est à une vitesse presque inhumaine qu'il rejoint la fenêtre et colle ses lèvres à la surface froide. Hmmmmm. Quel bonheur, quel plaisir incroyable que d'embrasser l'amour de sa vie.

L'acte grotesque a stoppé le flot de paroles inutiles du jeune médicomage ; beaucoup trop surpris. Dans un geste désespéré de cesser ce cirque et soigner son patient, il tire fortement sur tout ce qu'il peut, tentant de le décoller de la vitre. Mais dans cette manœuvre, Esteban tombe brusquement par terre et se cogne la tête. Le pauvre stagiaire pousse un cri peu viril, affolé. Quelques personnes s'approchent, curieuses face à cette scène un peu inhabituelle dans ce service. Un moment désorienté, Esteban se redresse puis-

WAAAAAAWOUH !!! Oh ça y'est, mon rêve est devenu réalité ! Les yeux brillants presque par dévotion, le visage illuminé par un sourire éblouissant et tourné vers cette merveille du monde. - Tu es sorti du miroir mon amour.... Enfin ! Debout, toute son attention reportée sur celui qu'il considère comme la personnification de son âme sœur tant désirée, le métamorphomage pousse soudain des cris joyeux et se jette dans ses bras pour le serrer à l'en étouffer. - Il faut qu'on sorte d'ici... Souffle-t-il à l'oreille de son amour d'un ton conspirateur pendant que Dean -le stagiaire- dit bêtement: - Hum... Euh je crois qu'il a une altération de la mémoire.
Lïnwe Felagünd
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Re: Ste-Mangouste
Lïnwe Felagünd, le  Mer 9 Jan - 17:20

QUAND NARCISSE RENCONTRE SON DOUBLE
— PV. ESTEBAN.

Lïnwe est un peu perdu dans les étages. Il est venu voir sa sœur Elhëna, toujours dans ce coma littéralement amorphe. Son cœur est flasque comme un poisson mort au soleil sur la plage humide. — Ce repos éternel de faux conte de fées. Ici la mort plus que la vie. On ne croque plus dans les belles pommes rouges mais dans des pneus neige, pour éviter de déraper. Un affreux goût de désespoir, d'essence et de caoutchouc dans le bouche amère.

À la recherche de la cafétéria, il tente de se dessaouler par un café ou un bon thé. Il est un peu déçu des chocolats chauds de l'hôpital, ils ont une odeur de pauvreté et de produits entachés par la contre-nature. Des volutes de fumée qui s'étalent dans le nez comme la pollution des villes à la luxure gargantuesque. Le plaisir humain de détruire tout ce qui l'entoure. - Bref, il traverse un couloir d'un pas mal assuré. Était-ce au bout ? Là. Non. Passe devant un médicomage en stresse. Un autre plus âgé et un patient en tenue de zombie blanc.

On les différencie des visiteurs par leur uniforme blanc et affreusement laid. Ce gars n'a pas l'air si fou que ça, d'ailleurs. Le temps de se regarder dans une vitre et le voilà qui l'adule comme un Dieu. Comme si il était la réincarnation d'Apollon, ou de Gilderoy en personne. Les projets lockhartiens ont d'ailleurs abouti à l'échec et l'inexistence la plus totale. Chacun de ces traîtres ont déserté le mouvement, chose bien triste quand on y pense.

Il le tire par la manche, susurre des mots doux et des mots complices. Moi je crois qu'il est sacrément lucide ce type ! C'est bien normal s'il me trouve beau. C'est que sa peau imberbe en est pour quelque chose. Bonjour très cher. Certes, de grandes cernes et un visage émacié par la solitude et l'insomnie. Mais de beaux traits. Élégants et presque féminins tant ils sont fins. Un corps qui exprime la grandeur et l'esthétisme raffiné. Les cheveux de lait. Et ce regard brillant. — Se retourne vers les médecins. Pourquoi est-il ici ? Il n'y a rien d'anormal. Si ce n'est ses sourcils.

Esteban R. Lefebvre
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Re: Ste-Mangouste
Esteban R. Lefebvre, le  Dim 13 Jan - 21:42

Sa Majesté nage en plein délire ! Son idéal absolu se tient droit et fier, juste en face de lui. Il sent sa chaleur corporelle et se repeint de sa voix aux touches musicales. C'est décidé, il ne le lâchera plus jamais ! Quitte à fusionner avec lui, avec moi, avec nous... Tout se mélange dans sa tête. Le maelström d'émotions qui le submergent n'arrange rien à son état entre l'euphorie et l'hystérie.

Mais le Roi, que dis-je Hywel, non m*rde... Esteban ! se tend brusquement à l'entente du mot "type". C'est comme se recevoir une gifle, sans l'appui physique. Mais déjà, un sourire béat fleurit sur ses lèvres gercées. Oh oui, il est beau, car je le suis et je l'aime, il m'aime, je me m'aime répète-t-il intérieurement tel un mantra. Le "bonjour très cher" finit par l'achever. Accélération des battements du cœur, rougeur prononcée sur ses joues, retour des cris joyeux.

- Pourquoi est-il ici ?
- Ça ne se voit pas ? Bon assez rigolé, écartez-vous jeune homme et laissez-nous faire notre travail !

Esteban sent qu'on le tire. Une panique sans nom s'empare de lui et il hurle. Dans son monde flou et fantasmagorie, la présence de son âme  sœur s’efface peu à peu, il a beau courir aussi vite qu'il peut, rien à faire : la distance instaurée l'effraie.

Je ne suis pas fou ! Les mèches blanches sont ballottées dans tous les sens. À regret, il lâche son amour, mais attrape sa main pour se rassurer, fait face aux médicomages, occultant totalement la présence des personnes curieuses. - Ne me poussez pas à bout. Il y a eu un malentendu d'accord, car je n'ai rien à faire dans cet hôpital. Je ne suis pas malade et il n'y a aucun filtre dans cette histoire.

- Justement ! Les psychopathes ignorent qu'ils ont un problème et pensent que ce sont les autres qui sont malades.

Définitivement, Esteban hait ce stagiaire incompétent. Lui un psychopathe ? Et alors ? Du moment qu'il ne fait du mal à personne où est le problème ? Il se retient difficilement de lui sauter à la gorge. Son ventre se noue tout à coup, ses yeux s'humidifient, et bientôt les larmes dévalent sur ses joues. Satané émotivité !

Puis dans un souffle : - S'il te plait... Allons-nous-en.
Lïnwe Felagünd
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Re: Ste-Mangouste
Lïnwe Felagünd, le  Mer 6 Mar - 19:20

QUAND NARCISSE RENCONTRE SON DOUBLE
— PV. ESTEBAN.

L'heure est au doute et au désarroi. Les deux médicomages n'ont pas l'air très ouverts à la discussion. Ils ne sont ni aimables, ni serviables. Ils ne sont pas non plus emballés à l'idée de laisser ce pauvre type poursuivre son chemin. Si cela se trouve, et il en était persuadé vu sa réaction, ils l'avaient capturé dans la rue. Tout ça pour remplir les cases et optimiser les taux d'analyse dans le service. Les hôpitaux sont-ils tous autant vicieux que celui-ci ?

Et ta paranoïa
est-elle aussi vicieuse ?


— Calmez-vous. Une double phrase, pour quiconque veuille l'accepter car elle se vaut pour tous les sorciers dans le couloir. Et si les trois continuaient à faire autant de boucan, il y aurait forcément d'autres personnes qui viendraient voir ce qui se passe. Il fallait faire vite. Très vite. Et penser intelligemment. Lïnwe lança discrètement un Confundo→ sur l'infirmier le plus expérimenté des deux, histoire que ses bourdes influent sur le comportement de l'autre ; le stagiaire plus que médiocre.

Si quelqu'un apprenait ce qu'il venait d'arriver, il se retrouverait dans un pétrin monstrueux. Le plus âgé des deux médicomages se met à parler de choses inintelligibles dont seul un mort pourrait comprendre — oui, c'est lugubre. Son collègue comprend rapidement que quelque chose ne va pas. Un air presque suspect sur le visage il se tourne vers le Felagünd qui ne trouve pas plus brillante idée que d'acclamer quelques sottises, aussi grosses soient-elles ; passeront toujours en toute circonstance :

— Je crois qu'il fait un horrible malaise ! Un burn out, probablement. Ça se voit dans ses yeux ! Regardez. Il avait l'air si sincère, si altruiste, que le stagiaire fut choqué. Il fit s'asseoir le médicomage aussi expérimenté que confus, laissant le champ libre à Lïnwe et son adorateur de fuir vers le couloir opposé.

Grouille-toi, si tu veux pas finir dans une chambre scellée !

NOTE HRP : T'AS MON LA.
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