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[Habitation] La Luce nelle Tenebre
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Valentina Boccini
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Re: [Habitation] La Luce nelle Tenebre

Message par : Valentina Boccini, Mar 21 Oct 2014 - 13:13


L´ambiance était pour le moins électrique. Le duel invisible se poursuivait, et je n'étais que le spectateur. Je regardais, j'appréhendais mais je n'irais pas plus loin qu'une remarque sacrastique destinée à épauler mon petit ami. Pourtant, j'avais peur. Les choses ne se passaient pas comme je voulais qu'elles se passent. Ça n'alalit pas, et je ne saurais dire si c'était la faute de Daniel ou de William. Si l'un était provoquant et intrusif, l'autre brillait d'arrogance et intérieurement, j'aurais profité qu'il fasse profil bas. J'étais cependant consciente que ce n'était pas et ce ne serait jamais dans les habitudes du Serpent. J'aurais du me douté que ce n'était pas une bonne idée du tout. Je me maudissais intérieurement.

Avec Will, j'avais vécu pleins de choses troublantes et excitantes à la fois. Je n'avais pas de regrets, aucun, jamais. Si ce n'est que c'était arrivé trop vite, d'un coup, et que je n'étais pas prête à ça. Je l'aimais malgré tout, et cette dispute silencieuse avec mon oncle me mettait hors de moi. Je serrais les dents, je pinçais les lèvres. Si je m'en mêlais, les deux allaient morfler. Ils ne s'en rendaient pad compte mais la colère, sourde, montait peu à peu en moi et menaçait à tout instant de me faire exploser. J'étais une bouteille sous pression. Quand le bouchon sauterait, l'acide giclerait. Je croisais les bras. Mon oncle avait lancé une perche à William et je ne savaiq pas ce qu'il allait répondre. Avourait il sans tressaillir ? Jouerait-il les gendes innocents ? Je ne tardais pas à avoir ma réponse...

"Pas, le moins, du monde."

Sa façon de détacher les mots devait paraître insolente aux yeux de Dan, car il se raidit lentement sur son fauteuil. Ses longs doigts de pianiste se crispèrent sur le verre qu'il porta une nouvelle fois à sa bouche. Sa lenteur était agaçante et j'avais la subite envie de le lui faire exploser dans la main. De voir le champagne goutter de son nez droit, perler sur les lèvres ourlées, et l'incompréhension scintiller dans ses abysses oculaires. Mais je ne le fis pas, pas la peine d'aggraver la situation déjà complexe. Cette rencontre était bien mal partie.

"Je veux dire, en effet je suis l'héritier de Victoria, comme l'atteste le manoir en ma possession ainsi que la somme des plus agréable ayant atterrit sur mon compte au moment de sa mort. Cependant non, je n'en ai absolument pas été touché. L'on peut à peine dire que je la connaissait. Je me suis rendu à son enterrement uniquement pas politesse, rien de plus. Enfin, étant donné la foule impressionnante qui était présente, c'est à dire uniquement Tina et moi, je crois que l'on aurait put ne même pas venir. J'ignore moi-même pourquoi elle m'a mis sur son testament, je ne l'ai rencontré qu'à une seule reprise et elle m'a inspiré une telle antipathie que je suis partie aussi vite. A croire que le simple fait que j'ai été envoyé à Serpentard ait suffit à faire de moi le fils prodigue. Donc, je pense que vous la connaissez bien mieux que moi si vous l'avez côtoyé. J'avoue être plus proche de ma famille maternelle."

Le mensonge était odieux mais tellement répété que tout simplement parfait. Il y avait quelque chose d'effrayant dans ses propos, comme si il menaçait Dan. Comme si, si il ne le croyait pas, il risquait d'en souffrir. Moi, je savais la vérité. Will avait empoisonné Victoria et l'avait laissée mourir. C'était un assassinat. Quand il me l'avait dit, j'étais restée de marbre. J'avais fait pire. Mon frère, puis cette femme. Et plus récemment les alliés de Jouvok... Quelque part, j'avais les mains couvertes de sang et je vivais pour mes victimes. C'était une belle idéologie. Cela me faisait me sentir un peu moins coupable, alors je continuais à croire en cela. L'idée était rassurante. J'avais pris leur vie pour mieux vivre la mienne. Ce geste égoïste me ressemblait bien, tiens. Je souriais, un peu gênée. Mentir à mon oncle était impossible pour moi, et je risquais de trahir Will. Du coup, je me levais, et gagnais la cuisine. Je posais les mains sur le plan de travail et éclatais en sanglots.

William me cachait quelque chose, j'en étais sure. C'était un secret lourd, un secret qui faisait que je n'en pouvais plus. J'avais envie de hurler, de me détruire, te tout brûler. Les larmes coulaient, silencieuses, sur mes joues. Je souffrais tellement de voir qu'il n'avait pas confiance en moi, malgré ses mots doux, ses promesses et ses sourires. Notre couple était au bord du précipice. L'un de nous finirait par y entrainer l'autre, et je luttais pour ne pas sauter d'hors et déjà. Je fixais le métal du plan de travail. Je restais immobile, tâchant de calmer les battements fous de mon coeur endoloris. Pouvais-je continuer à vivre comme ça ? Pouvais je tolérer tant de mystères ? J'avais beau serrer les dents, je n'en pouvais plus. Tout simplement. Je marchais, en fantôme, dans la cuisine qui ne m'appartenais plus. Je ne voyais que des éclats de lumière tandis que l'angoisse montait petit à petit. Ma respiration se faisait saccadée. La peau inondée, je m'effondrais contre la porte. Le noir, les abysses, la haine et la peur. Tout tournoyait. Foutu hypersensibilité. Je voyais le décor se faire lacérer par d'invisibles griffes et je restais stoïque, immobile et impuissante. Je nichais mon visage dans mes mains et implorais le dieu des Femmes de chasser mon angoisse.

Petit à petit, la lumière revint. Le monde semblait se stabiliser petit à petit, comme si le bateau regagnait le port, la tempête était finie. Les yeux rouges, je tentais péniblement de me relever. Je finis par y arriver et j'allais me passer un peu d'eau sur le miroir. Je pris la surface métallique de la plaque de cuisson pour me remaquiller et effacer les traces de ma crise d'angoisse. Seuls mes yeux, suintant de larmes, pouvaient laisser apparaitre mes hantises. Je ne dirais rien, c'était certain. J'attrapais une boite de chips, un alibi parfait. J'apportais le paquet sur la table et je m'asseyais à côté de William, gardant une dizaine de centimètres entre nous. J'étais troublée.


-Bien Monsieur West. Je vous crois. Parlons sérieusement maintenant. il eut un sourire. Je veux bien sur parler de mariage.

Je dus faire un effort monumental pour ne pas me sauver à nouveau. Si il y a quelques jours, cette idée m'aurais rendue folle de joie, je prenais conscience que tant que Will ne m'accorderait pas sa confiance, qu'il ne me dirait pas son secret, nous serions dans une impasse. Je gardais le silence, les yeux fixés sur mes genoux, les bras croisés, évitant le regard des deux hommes de ma vie. Je ne voulais parler ni à l'un ni a l'autre. Je voulais voir April, ou bien Dwayne. Je voulais voir mes protecteurs. Je voulais m'éloigner de ceux qui prenait un malin plaisir à me détruire.
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Re: [Habitation] La Luce nelle Tenebre

Message par : William West, Jeu 6 Nov 2014 - 18:11


Les choses se passaient mal. Bien plus mal que William ne l'avait prévu. Valentina se leva dès qu'il eut terminé sa phrase et sortit de la pièce sans un mot. Le serpent l'avait blessé, une fois de plus et encore une fois sans le vouloir n'y même s'en rendre compte. Que se passait-il donc ? Le regard d'émeraude du jeune homme fixa la porte, comme s'il essayait de voir au travers, de comprendre ce que Valentina pouvait ressentir à cet instant. La réponse était pourtant simple, jour après jour elle découvrait qu'il lui cachait nombre de choses, mensonges après mensonges elle découvrait qu'il était visiblement incapable de lui faire confiance. Will ferma les yeux un court instant, toujours sans les détourner de la porte, cherchant à se concentrer de nouveau. Lui cacher ce qu'il avait fait, ce qu'il était, ne lui faisait pas plaisir mais c'était nécessaire. Savoir tout cela ne ferait que la mettre en danger.

*A moins que tu ne te protège toi même William... De quoi as tu peur ? Qu'elle te trahisse ? Qu'elle soit incapable de garder ton secret ? Ouvre les yeux, ce n'est pas pour elle que tu as peur c'est pour toi. Comme si quelqu'un d'aussi égocentrique pouvait se soucier de qui que ce soit d'autre que lui-même...*

Durant un instant, lui-même n'était plus certain de rien. Le serpent finit toutefois par se ressaisir et ouvrir les yeux à nouveau, elle ne devait pas savoir, jamais. Quoi qu'il en coûte.

Le temps passait avec une lenteur atroce sans que le professeur ne lâche la porte des yeux, se demandant ce que Valentina pouvait être en train de faire, de plus en plus inquiet. La porte finit par s'ouvrir et Valentina émergea, un paquet de chips à la main. Comme si elle pouvait tromper quiconque avec un tel alibi. Nul besoin d'être legilimens pour savoir qu'elle avait pleurée. William serra les dents, se contenant. La voir dans cet état l'énervait plus que tout. Il valait mieux que Boccini se montre agréable.

-Bien Monsieur West. Je vous crois. Parlons sérieusement maintenant. Je veux bien sûr parler de mariage.

Cette fois-ci c'est Will qui faillit se lever et partir, fuir loin de cette conversation. L'oncle de Valentina ne pouvait pas être sérieux, cela ne faisait que quelques mois qu'elle et lui était ensemble, bien trop tôt pour parler mariage. Beaucoup, beaucoup trop tôt. A cet instant précis, William se serait sentit nettement plus en sécurité en train d'affronter une dizaine d'Aurors, deux dragons et pourquoi pas une manticore. Le tout en même temps bien entendu.

*Donc, tu te penserais plus en sécurité... Mort ? Ton idée du mariage est quelques peu effrayante.*

Bien sûr qu'elle l'était, ses parents étaient divorcés, ne s'adressaient plus la parole et il ignorait pourquoi. Comme apprécier l'idée du mariage après ça ? Le silence qui s'installait commençait à être pesant, Will devait répondre rapidement. Pour une fois, autant être franc.


"Tina et moi ne sommes ensemble que depuis quelques mois. Ce.. sujet... n'est pas à l'ordre du jour. Au contraire. Voilà, nous avons parlé, autre chose ?"

*Être franc ne veut pas dire être froid et hautain, Boccini va te détester maintenant c'est clair, bravo !*

La mâchoire du serpent était toujours aussi serré, sentir Valentina aussi tendu à ses côtés ne l'aidait pas à se détendre, au contraire.
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Re: [Habitation] La Luce nelle Tenebre

Message par : Valentina Boccini, Ven 5 Déc 2014 - 14:12




-The ends are never happy-


____________________


J'évitais leurs regards, repliée sur moi-même dans un coin du canapé crème. Mon coeur était lâché dans le vide, à mesure que je prenais conscience de ce que révélait le comportement de mon petit-ami -si je pouvais toujours le considérer comme tel-, j'appréhendais l'atterrissage, le fracas. Tête baissée, je tentais de contenir les larmes qui glissaient à nouveau le long de mes joues. J'étais à la fois triste et en colère. J'avais envie de mettre à la porte ces deux hommes qui me détruisaient et de monter me coucher pour pleurer tranquillement dans mon lit. Mais ouvrir la bouche serait laisser entendre ma voix chevrotante, montrer ma faiblesse. Je redressais la tête, la main crispée sur mon genou. Et mon oncle évoqua les mots qui faisaient peur. "Mariage". "Bébé". "Famille". Le verre que j'avais précédemment brisé se mit à crépiter. J'étais frustrée. Je ne voulais pas de tout ça, William non plus. Ça ne regardait en aucun cas mon oncle.

Je fixais mon regard dans les flammes de la cheminée. C'était beau, le feu. Je me détachais de cette conversation qui me faisait peur et je pensais au minuscule brasier contrôlé. C'était incroyable. Je voyais une danse sensuelle entre les flammes, femmes de feu qui tentaient de conquérir mon regard. Je trouvais dommage que ce ne soit pas des hommes. Le feu crachotait, soufflait, mais Will et Daniel ne semblait pas s'en être rendu compte. Mon esprit avait bloqué leurs voix, et j'oubliais jusque leur présence. Je me perdais dans ma contemplation, vision bien plus agréable que de voir mon copain et mon oncle se geler l'un l'autre. J'aimais voir se consumer le bois, feu mi-magique mi-moldu, comme Georgio m'avait appris à en créer. Ce que j'aimais, avec le feu, c'était ce côté inaccessible et pourtant si proche. On pouvait le voir, le sentir, mais pas le toucher. Il nous réchauffait mais pouvait nous brûler. C'était à double tranchant. Je fermais les yeux. J'étais tombée tellement bas. Je voulais redevenir celle que j'avais toujours été, mais c'était presque impossible. Je n'étais plus rien, plus personne que "la copine de West", ou "la prof se DCFM". J'aimais ces deux états mais cela empiétait sur mon esprit. Sur mon être. J'étais réduite à l'état d'objet par mes sentiments. Tous mes regrets, toute mon histoire surgissaient tandis que ma peine se propageait dans mon corps, dans mon coeur... Je voulais crier, hurler ma détresse mais que faire quand votre vie actuelle et votre vie passée se provoquait du regard ?

William avait du répondre quelque chose qui n'avait pas plus à Dan, parce que celui-ci me toisais les yeux brillant de colère. Je ne savais pas vraiment comment réagir. Alors pour le moment, je ne disais rien. Je sentais simplement mes nerfs s'embraser. Les flammes de la cheminée venaient d'atteindre mon coeur. J'ouvrais à nouveau les yeux, et étrangement, je voyais les choses tout à fait différemment. Je croisais les jambes, hautaine, et accrochais du regard les yeux noirs de mon père adoptif. C'était un nouveau duel, bien plus dur. C'était le choc des générations, l'homme contre la femme. Je ressemblais à son frère, à sa belle soeur, j'étais sa fille, il avait toujours cédé à chacun de mes caprices. Je savais manipuler la gente masculine grâce à lui. Prenant soin de ne pas toucher Will, à qui j'en voulais tout autant si ce n'est plus, je m'approchais du fauteuil de Dan et m'éloignais donc de mon angle de canapé. 

-Mais enfin, Valentina ! Un homme et une femme ne peuvent pas avoir de rapports si il ne sont pas mariés ! Tu romps toutes les tradi...

-Silence ! je le coupais.

Je reprenais toute ma force d'influence, l'éclat de mes yeux se durcissant comme à chaque fois que j'imposais à quelqu'un ma volonté. Mais là.. Là je n'imposais pas. J'ordonnais. Et cela coupa mon oncle en plein élan. Il en resta muet, la bouche entrouverte, mangée par la repousse de sa barbe blanche. Ses sourcils se froncèrent. La petite princesse réclamait son trône. J'étais là, fière, droite, à me confronter au patriarche des Boccini. Il avait toujours été clairement dit que ce ne serait pas Léon mais moi qui prendrait sa suite. Mon frère prendrait quelques richesses, puisque c'était ça qu'il aimait. Mais il était incapable de diriger. En imposant le silence à celui qui n'écoutait personne , je montrais mes capacités. J'aimais garder un as dans ma manche mais l'as s'était transformé en un jeu complet au fil des années.

-Que cela soit clair, Daniel. Il s'agit de ma vie et vous n'avez aucun droit de la régisser. Vous n'êtes plus le roi mais une simple tour dans le jeu de la vie. Échec et mat, mon oncle.

Je me laissais aller dans le canapé, réparant d'un geste mon verre que j'emplissais à nouveau de champagne, je repris ma place aux côtés de Will. Bien que je lui en veuille, il nous fallait montrer un front uni. Je posais donc ma main sur sa jambe, histoire de le détendre un peu. J'essayais de lui transmettre mon apaisement de toutes mes forces. Avec tout le respect que je lui portais, mon oncle ne pouvait rien contre nous. Il n'avait plus le pouvoir, plus la puissance pour s'en prendre à l'un de nous deux. Et si nous devions nous y mettre à deux, il ne serait plus rien.

-Vous avez fait votre temps.

Chaque mot était très clairement articulé. Car je ne parlais plus seulement de son droit de vetto sur ma vie mais plutôt du fait que le mien sur la sienne se mettait en place. À tout instant je pouvais le renverser, et les flammes m'aideraient, elles me l'avait susurré. Avec ou sans Will, puisque avec lui, je n'étais plus sure de rien. Seule, j'avais la force d'esprit de contrer tous les plans de ma famille pour en prendre le contrôle et m'emparer au passage de la mafia italienne. 

-Valentina..Il semblait avoir vieillit d'un coup. Soit.

Il s'écrasait, s'inclinait à mes pieds. C'était ça, ce que j'appelais de l'influence. J'étais la reine et lui le valet. Je réalisais encore mal ce que je venais de faire mais c'était plutôt une bonne chose. Dan reprit la parole. 

Si je peux me permettre, Mr. West, j'ai un conseil. N'oubliez jamais qui elle est.

Je levais la main exaspérée. Cette conversation avait assez durée, surtout que les propos de mon oncle n'avait plus de sens. Qui j'étais ? Valentina Boccini !  Sorcière, professeure, petite amie, mafieuse, tueuse... J'étais moi et c'est ça qui l'effrayait sans doute. 

Fin du Rp]
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Re: [Habitation] La Luce nelle Tenebre

Message par : Valentina Boccini, Mer 28 Jan 2015 - 17:04



-I will be the only girl on the earth if it´s my only chance for touch immortality-

-Post Unique-



Il y avait du noir, du blanc, des plumes, ma peau, ma chair, mes os, mon sang. Il y avait tout et n'importe quoi. Je voyais rouge, je voyais la chaleur qui palpitait, le froid qui rugissait. Le vent soufflait fort, il emportait le sable, les vagues, les feuilles, mes cheveux, mes larmes. Je me maintenait à la barrière mais la migraine me dévorait. La lettre était dans ma main. "Je viens demain." "Penses aux souvenirs de maman." "Je t'aime petite soeur. " "Baisers, Léon. " Léon. Demain. Souvenirs. Maman. Soeur. Soeur ? Depuis quand me considérait-il ainsi ? Mais je l'avais écouté. Le matin même, j'avais enfilé un pantalon slim en cuir, un chemisier corseté de la même couleur et des chaussures à talons tout aussi sombres. J'avais noué mes cheveux en une queue de cheval serrée, puis je m'étais maquillée légèrement avant de prendre le chemin du 12, Corvo Vialle, et de rentrer chez moi, la pensine de mon oncle soigneusement emballée dans ma cape. J'avais dormi dans le manoir familial, pour avoir accès à la Bibliothèque, et pour me familiariser avec les lieux. J'étais directement montée dans ma chambre, en me disant que c'était bien l'endroit où je serais le plus tranquille. La pensine était en lévitation, impatiente, sur les nerfs, j'ouvrais mon armoire. Accrochée sur un cintre, une petite veste en coton abritait dans sa poche le flacon que je cherchais. À l'intérieur, d'étranges filaments bleus et blancs tourbillonnaient. Je me tournais vers la bassine magique. J'allais entrer dans la tête de ma mère. J'allais tout découvrir. Tout. Tout. J'appréhendais. Ma vie se jouais presque. J'allais voir mon père sans doute. Sa mort... Mon frère. Sa mort... Ma tante. Sa mort... Ma mère... Que j'avais libéré il y a peu mais qui avait soit disant perdu la mémoire. J'allais savoir ce que j'avais toujours voulu savoir. Fébrile, je plongeais la tête dans les souvenirs d'une personne que je méprisais.

Les brumes formèrent autour de moi une soirée mondaine. Je ne m'y attendais pas et des mes premiers pas, je me fis traverser par l'ombre d'un homme au crâne dégarnis. "Hey ! Faites attention. " dis je dans le vide. Personne ne pouvait me voir. Personne ne pouvait m'entendre. Je la vis presque tout de suite. J'étais son portrait craché ou presque : elle était plus belle encore. Ses longs cheveux de platine coulaient dans son dos cambré et fin. Elle inspirait la grâce et la bourgeoisie que l'on aimait par chez nous. Son nez était plus mutin que le mien, mais ses lèvres étaient fines et ourlées, ses grands yeux brillaient de cette teinte bleu translucide, comme de diamants sous un ciel radieux. Poitrine généreuse, ventre plat, douceur dans la voix. Elle susurrait d'une voix de miel alors même qu'elle crachait son venin. "Fabio ? Vous avez oublié d'emmener les coupes en cristal ? ... ? Trop fragile ? Je ne veux pas savoir ! Amenez ces coupes ! ... ? Interdiction formelle de la part de mon père ? Mon père n'a plus de pouvoir ici. Je vous ordonne d'emmener les coupes. Si vous ne voulez perdre ni votre travail ni votre langue, je vous conseille de vous taire et d'obéir. " Le charme irrésistible d'une italienne.

Dans le fond de la salle, il était là. Chemise blanche, pantalon gris. Les cheveux cuivrés, presque blonds, qu'il rejeta en arrière d'une main. Des yeux noirs charbonneux, une barbiche à l'italienne, une taille impressionnante et une musculature visible malgré le tissu, le séduisant Paolo Boccini surveillait de loin la beauté d'Annabella Jill's, en compagnie de son frère un poil plus âgé, Daniel. "
Charmante, la petite Anna, hein Paolo ? ". Le cadet souriait à son frère. "Elle est magnifique en effet. ". Dan eut un sourire immense avant de poser une main sur la nuque de son frère et de traverser la foule. "C'est bien ce qu'il me semblait... ". En un rien de temps, Daniel et Paolo Boccini se trouvèrent face à Annabella et Camilla Jill's, les deux soeurs dont le père organisait la réception. Dan fit brièvement les présentations, et je vis le visage de ma mère se fermer aussi sûrement que le mien lorsqu'il était question de mariage. En effet, Camilla -ma tante, donc- évoquait ses récentes fiançailles. Anna ne croyait visiblement pas en l'amour. Et quand mon père lui demanda avec romantisme :  "M'accorderiez vous une danse ?  ", ma mère le jaugea du regard avant de répondre avec dédain :  "Non. ". Je n'en revenais pas. Sa froideur était telle que je sentis la fête perdre de son charme dans les yeux de Paolo, visiblement vexé. Il se détourna brusquement et quitta le groupuscule, son regard fuyant à la recherche du père de la demoiselle. Il le trouva bien vite et s'avança à sa rencontre.

J'étais étonnée. On ne m'avait jamais raconté cet épisode de la vie de couple de mes parents. Je n'en savais pas grand chose au final, mais peu à peu, l'idée de fouiller les souvenirs de ma mère me semblait effrayante. Mais î n'y avait pas d'autre alternative si je voulais déceler la faille dans l'Histoire. Si je voulais découvrir les mensonges et les trahisons de cette grande famille italienne. Je soupirais tandis que le décor changeait.

Un salon prestigieux, d'un style britannique qui collait à merveille avec mon grand-père paternel : Thomas, lui même anglais. Sa femme, Angela, était présente. Elle tenait à la main une théière de porcelaine française, celle qu'elle avait toujours préférée. Je sais qu'aujourd'hui encore, elle était en vie, mais j'avais perdu sa trace il y a de cela des années. Thomas Jill's était mort d'un cancer de l'estomac. Je le vis, affalé dans son fauteuil, déguster quelque viennoiserie. Mon visage, dans ce songe, esquissa une moue dégoûtée. Ma mère était là-aussi, une carte blanche dans la main. Sa bouche était entrouverte et ses cils perlaient de larmes. Quelque chose la contrariait. Je me décidais à approcher, et là, je la vis. Un invitation officielle au mariage ô combien attendu d'Annabella María Angela Jill's Adevara et de Paolo, Maxence, Filipe Boccini. Un râle étranglé jaillit de la gorge et elle lâcha le petit morceau cartonné, sous le choc. "Non... " souffla-t-elle. Je pinçais les lèvres. Un mariage arrangé, de toute évidence. J'avais moi-même échappé de peu à cette tradition infâme. Avec un certain Lorenzo Denaethor, qui c'était enfuit de Poudlard pour une raison obscure. Que le dieu des femmes le bénisse, mon oncle n'avait pas cherché à le remplacer. Je compatissais avec cette femme que je haïssais de toutes les fibres de mon être. "Paolo est un excellent parti. Sa famille est la plus riche de Florence. Ils tiennent une entreprise très... Sure. Je ne peux pas refuser. Tu seras très bien, là-bas, Anna. " Les larmes ravageaient les joues de ma mère qui regarda sur la table le petit coffret enrubanné. "C'est... ? "  "La bague de fiançailles. Paolo ne s'est pas foutu de toi. Regardes donc si elle te va, leur elfe doit passer pour savoir si des ajustement sont nécessaires. Tu te rends compte ? Les Boccini ont trente deux elfes à leur services, deux grooms, trois bonnes et un jardinier ! Tu ne manqueras jamais de rien... "

L'image se brouilla lorsque ma mère quitta la pièce en pleurs. Elle n'avait pas vingt ans. J'appréhendais d'autant plus la suite. J'avais toujours connu ma mère éperdument amoureuse de mon père, si amoureuse qu'à sa mort, elle s'était plongée dans un profond mutisme qui n'avait cessé que lorsque je l'avais retrouvée, dans la cave de l'entrepôt avec un Rurik, il y a... trois mois. Depuis, celui qui avait fait ça dormait profondément dans une cellule, sous ma villa. Quelques gouttes du mort vivant. À croire que je n'étais pas si mauvaise que ça en préparation de potions.

La nuit tombait. Le tableau avait changé une fois de plus, et il y avait beaucoup de monde. Des pétales de roses, des voiles blancs, des sourires attendris... Un mariage. Le mariage de mes parents, qui, main dans la main, sortait de l'Église, se dirigeant vers une superbe calèche tirée par deux sombrals. Ma mère avait les yeux gonflés de larmes mais elle tentait tout de même de sourire, son bras sous celui de son désormais mari qui me consternait par sa beauté.. Il me rappellait tellement quelqu'un... Georgio. Pas penser Georgio. Dans les brume de ce souvenir, je fermais brièvement les yeux avant de les rouvrir : Dan, une certaine Lisa dans les bras, souhaitait ses meilleurs voeux à mes parents. À en voir la bague dorée brillant à son doigt, Lisa était ma tante par alliance. Celle qui avait été tuée... Elle aussi... Mes parents entrèrent dans la calèche et la porte se referma... Mais je voulais voir ! Je couru donc jusqu'à ouvrir la portière... Et m'assoir sur la banquette, aux côtés de ma mère, qui faisait face à mon père, sur le siège d'en face. Elle le toisait avec fierté, le cou droit et la tête haute. Paolo tendit la main pour lui caresser la joue, mais Anna lui donna une petite tape sèche. "Vous ne me toucherez pas, Signore Boccini. Pas tant que je serais en état et en raison de vous repousser. " Il soupira et planta son regard dans le paysage. Sa lune de miel s'annonçait gaie...

Et après ? Cela ne m'aidait pas ! Qu'allait-il se passer pour que ma mère change ainsi d'avis. Trépignante, je vis le décor changer une fois de plus.

Maman riait aux éclats. Elle dansait avec Paolo. Elle posa ensuite le menton sur l'épaule de l'italien et je compris. Elle était tombée amoureuse sans s'y attendre, parce qu'il avait prit soins d'elle comme une princesse. Quand ils échangèrent un regard brûlant, je compris que beaucoup de choses allaient se passer ce soir là. Je restais là, à contempler ma mère dans les bras de mon père. Je crois que je pleurais. Après tout. Je n'avais aucun souvenir de leur amour. Maintenant j'en aurais.

L'attente est longue avant qu'enfin, un autre tableau ne se forme. Et celui-ci me laisse stupéfaite.

Il y a ma mère dans un couloir, le couloir du manoir. Elle est radieuse, et a une main sur son ventre. Elle cherche à capter l'attention de Paolo mais celui ci ne cesse de s'activer. Il est beau. Il a enfilé une veste noire sur une chemise et un jean. Il passe une cape à fermoir d'argent marqué d'un corbeau. Il attrape sa baguette sur le meuble de l'entrée et se tourne vers ma mère. "Dan a besoin de moi. Son patronus m'a trouvé. " Anna le rejoint rapidement. " Attends ! Je dois te parler. " Il secoue la tête. "Pas maintenant. Quand je reviendrais. " Elle s'accroche un peu plus. " C'est important. " Son regard noir s'assombrit plus encore si c'est possible. "La vie de mon frère à plus d'importance à mes yeux que celle du monde et de chacun de ses habitants. Tu attendras. " Ma sublime mère pesta contre le machisme des hommes italiens. Paolo dégagea son bras et sorti dehors. Le jardin était plongé dans la pénombre et l'horloge indiquait vingt deux heures. Le sorcier n'hésita cependant pas et traversa le terrain de la propriété jusqu'à franchir la porte. " Paolo !  " Mon père se retourna. " Je suis enceinte !" Mais, insensible, il avait déjà transplané.

Cette vie que je découvrais me donnais envie d'en savoir plus. C'était comme les pages d'un livre extraordinaire. Plus l'on lisait plus on voulait lire. Ce fût donc avec envie que je découvrais la scène suivante. 

Ma mère attends, inquiète, au bord de la fenêtre, quand dans l'obscurité du jardin, un Crac ! sonore se fait entendre et trois silhouettes jaillissent. Deux sont debouts et en porte une troisième. Anna se précipite sur la porte d'entrée qu'elle ouvre, tremblante. Le visage de Dan se dessine, et il sort du noir. Une balafre lui coupe la joue. Ses mains sont rouges de sang et il ordonne sèchement à Annabella de s'écarter. Il soulève une femme par les épaules, et Paolo, que je distingues, porte les jambes. Cette femme, je la connais pour l'avoir vu il y a de cela quelques instants seulement. Lisa. La femme de Daniel. Celui-ci a le visage fermé. La jeune femme a les yeux fermés, elle est couverte des sangs. Son bras est quasiment détaché de son corps. Désartibulation. Anna regarde Paolo. Elle gagne la salle à manger. D'un geste sec de la baguette, elle dégage tout ce qui se trouvait sur la table.  " Par ici. Allongez-la. Je vais voir ce que je peux faire. " Presque aussitôt, les deux frères apparaissent et pose le corps inanimé sur la table. Dan est inquiet. Paolo pose une main sur l'épaule de son ainé. "Calmes toi, mon frère. Anna fera son possible. Vient, je vais nettoyer ta joue et te servir un bon rhum. Nous en avons besoin. " Dan, à moitié conscient, hoche lentement la tête et suis son frère dans la cuisine. Maman reste là, à enchainer sort sur sort pour tenter de sauver Lisa. Mais elle sait que c'est peine perdue. Le souffle de ma tante disparait peu à peu et son pouls devient rapidement inexistant.  Elle est morte. Anna ferme les yeux. Une véritable Poufsouffle. Et pourtant elle a elle aussi porté le blason de Serpentard. Elle abandonne le désormais cadavre dans la salle à manger pour rejoindre son mari et son beau frère les yeux baissés. " Je suis désolée, Daniel." Mon oncle s'effondra sur la table. J'avais envie de l'aider. De toute famille, il était la personne de qui j'étais le plus proche. Mon père adoptif. " Lisa avait ceci dans la main.  " dit-elle en tendant un papier. Je ne l'avais même pas vu le prendre. Dessus, en lettres capitales, était écrit : UN PAR UN. Dan attrapa le papier et le lut. Ses eux brulaient de colère quand il siffla entre ses dents...  "Jouvok... " Paolo attrapa le bout de parchemin et en prit à son tour connaissance. "Anna. Tant que ce sal*pard vivra, je t'interdis de sortir du Manoir. En enverra les elfes ou bien Lucien chercher ce dont tu auras besoin. Maintenant monte te coucher. " Pour une fois obéissante, Anna quitta la salle. En apparence seulement. Elle resta cachée derrière la porte pour écouter la suite. "Un par un ? Qu'est ce que ça veut dire ?  " demanda Paolo. "Qu'il veut nous tuer tous. Père, toi, moi, ta femme, ton enfant à venir..." "Pardon ? " Dan ferma les yeux et les rouvrit. "Annabella porte un enfant. Elle ne cesse de protéger son ventre de ses mains." Mon oncle était réellement perspicace, ma foi. Ce qui me faisais surtout tiquer, c'est qu'ils connaissaient tous les deux Wieslaw Jouvok, qui dormait dans la cellule. Qu'ils connaissaient celui qui par la suite, tuerait mon père.. Et me forcerait à...  "Qu'allons-nous faire, Dan ? "  "Surveiller le manoir, à tours de rôle. Vas dormir, vas rassurer ton épouse. Je vais enterrer Lisa et en profiter pour surveiller les environs..." Je vis Anna se faufiler dans le couloir et disparaître dans l'escalier. La vision se brouilla avec elle.

Étonnant. Ma mère était donc enceinte de Georgio et Léon quand la femme de Dan était morte. Je l'ignorais. Et surtout, ils connaissaient l'assassin de la moitié des Boccini. Je voyais une image se former à nouveau. Le fait est que je devais prendre en compte une chose : Léon avait vu avant moi tout ce que je voyais. Il allait falloir que je me méfie.

Ma mère était enceinte, et pourtant deux jeunes garçons blonds jouaient près d'elle. Le bébé dans son ventre, c'était donc moi. Je souriais dans le vide avant d'observer. Ma mère préparait le thé. Elle gagna la salle à manger. Sur la table, le corps de Lisa avait disparut, mais treize personnes étaient assises autour. Anna envoya Léon et Georgio jouer dans le salon avant de s'asseoir à la quatorzième place. Elle ne faisait pas partie de ce groupement de personne, mais Paolo et Dan, oui... La mafia italienne des Boccini. Tout au bout de la table, Alberto Boccini présidait. Il leva la main et le bavardage de ses hommes cessa. Aujourd'hui, nous n'étions plus que six mafieux sous le règne de mon oncle. Règne qui arrivait à son terme... Ceci serait à moi...  "Bonsoir mes enfants." il marqua une pause.  "Comme vous le savez tous, Wieslaw Jouvok à frappé la mafia et dérobé la liste des quatre revendeurs. Nous allons rapidement la récupérer et éliminer ce gênant personnage. Daniel ? ""Hmm.. ?""Trouves nous son adresse. Paolo, tu garderas la base avec Alfrio et Marcello. Les autres, effectuez des rondes dans Florence. Jouvok reviendra. "


Tout se brouilla rapidement. Je parvenais à la fin. C'était le dernier souvenir... L'un des derniers... 

Moi. J'étais là. Je ne pleurais pas, j'étais consternée, apeurée, je ne comprenais rien. J'avais sept ans. J'étais assise sur le banc de l'Église. Maman pleurait. Dan pleurait. Alberto reposait dans l'un des quatre cercueils de bois. Dans celui de droite, Marcello Devano. Celui d'après ? Estena Devano. Le dernier ? Mon père. Dans l'attentat à la mafia, j'avais perdu mon grand père et mon père. Ce qui m'étonnais, c'est que je n'avais aucun souvenir de cet évènement. La douleur de tous me marquait. Mais plus encore, c'est le regard vide de ma mère et la qualité médiocre des souvenirs. Le monde s'effritait autour de moi. Et soudain...

Je fus éjectée sans ménagement de la pensine. Je m'étais alors relevée et j'étais descendue. Et maintenant, je prenais mon temps. Léon allait arriver d'une minute à l'autre. J'avais appris tant de choses sur mon père, mon oncle et ma mère.. J'allais avoir à dire, car j'avais plusieurs questions, et j'espérais que mon frère ainé en saurait assez pour y répondre. Sinon... Je jetais un coup d'oeil au manuel d'Albert l'Ancien, posé sur la bibliothèque. C'était aujourd'hui. Je le sentais. En attendant, j'allais préparer du café et apportais deux tasses et du lait sur la table. Nous allions avoir à monter tout un plan, ça allait être long et ennuyeux, mais j'étais déterminée.

On sonnait à la porte. Je me levais, comme une somnambule, encore perdue dans les nimbes du temps. Léon était là. Une bouteille de champagne dans la main, deux pizzas dans l'autre. Lui aussi avait prévu que les choses allaient durer. Sa barbe blonde blanchissait presque. Il avait désormais trente-deux ans et était plus séduisant que jamais. Pourtant, une brève vague de dégoût me toucha. Il ressemblait tant à mon Georgio, et pourtant, il ne lui arrivait pas à la cheville. Une bien pâle copie... 

-Bonjour, petite soeur.

J'eu un faible sourire. Et finalement, je lui répondis : 

-Bonjour, grand frère.

Le ton était donné : nous serions en bons termes jusqu'à l'achèvement de notre plan. Léon entra, et déposa sa cape sur le dossier du canapé. Presque aussitôt, Schiavo jaillit de l'ombre et récupéra le vêtement pour le mener dans le dressing en saluant mon frère à grand renfort de "Maître" et de révérences. Quand nous fûmes enfin seuls, je désignais la chaise de gauche à Léon et je pris celle d'en face, en nous servant à chacun une tasse de thé. Je gardais le champagne pour plus tard. 

-As-tu visionné ces souvenirs, ma soeur ?

Je hochais lentement la tête. Pour les avoir vu, je les avaient vu. Il eut un sourire triste. Pour la première fois de ma vie, mon frère ainé et moi étions d'accord. Nous allions travailler de notre plein gré ensemble. Pour le meilleur. 

-Et alors ? Ton avis ?   dit-il.

-Il nous faut prendre le contrôle de la mafia et lui rendre sa gloire. Notre oncle est un homme bien, mais il a fait son temps... Mais...

-Mais il ne lâchera pas son trône volontairement.  

Je restais interdite. C'était précisément ça oui. Comment ce faisait-il que mon frère finissait mes phrases, désormais ? Peu importe. D'une voix lente, j'articulais :

-Tant que Daniel Boccini vivra, nous serons impuissants.

Le sujet était donné, et notre projet fixé. Assassiner Dan. Maintenant tout le plan était à monter puisque rien ne devait laisser entendre que nous avions tous deux programmer ce que nous ferions passer pour un "accident". Et nous allions avoir besoin d'alliés. 

-Si seulement Georgio était là...   susurra Léon, le regard fixé sur le manuscrit d'Albert l'Ancien.

Il avait un air gourmand sur le visage. Je en pensais pas qu'il trouverait si vite mon petit secret. Dans tous les cas, une chose était certaine : nous allions tous trois être réunis.

-Petite soeur... À nous deux, nous en serions capable.

-Oh oui. Nous allons le faire, mon frère. Entremêlants nos puissances.

Nous eûmes un rire fou, et au fond de moi, mon corbeau jubilais. *Oh Tina ! Enfin ! Tu vas t'épuiser ! Je vais te voler ! * Qu'il était naïf... Nope, baby, je garde le contrôle de moi ! Je me levais donc, et allais chercher le manuscrit avant de le poser sur la table. Je l'avais lu auparavant. Il nous fallait de la place, une température relativement basse, une lumière douce et une formule. Un sortilège du Spiritisme, que l'on évitait bien de vous apprendre à Poudlard. Léon eut un regard envieux et caressa du bout des doigts la couverture du livre.

-Travailler en Angleterre est parfois pratique, Léon ! La magie est plus réponde, la magie noire aussi.

Il hocha la tête et se leva à son tour. Nous échangeâmes un regard complice avant que je ne prenne le livre. Je conduisais mon frère jusqu'à une planche de parquet qui révélait la poignée métallique d'une trappe. Il ne m'en fallut pas plus pour que je ne l'ouvre et que je ne révèle un escalier qui descendait dans les sous-sols de ma maison : ceux ci abritaient trois cellules. L'une était la prison de Jouvok, dans l'autre était cachée ma fortune, et la troisième me servait de laboratoire, si je pouvais employer ce terme. Et c'est là que je guidais Léon, après avoir formulé un #Lumos. Léon alluma les chandelles de la salle d'un geste de la baguette et la mienne s'éteignit aussitôt. Il était temps. J'ouvris le "grimoire" à la page de la formule. Je la fit lire à mon frère dont le visage se fendit d'un sourire 

-Valentina, je crois que tu es plus infâme encore que ton frère !

-Je t'aime aussi, mon frère !   ricanais-je, satisfaite.

J'aimais être comparée à Georgio. Et j'allais bientôt retrouver mon frère. Avant ça il nous fallait trouver en nous la puissance de jeter un sort si difficile. J'échangeais un regard avec Léon, qui avait sans doute bien plus d'endurance que moi, car plus d'expérience ? 

-Prêt ?  

-Mais certainement.

D'une voix forte, nous dîmes en choeur : #Brevis Temporis Resurectum. Je cru au début que nous avions échoué. Puis peu à peu, une brise froide souffla dans la cellule et l'image nette de mon ainé naquit du vide. Ses cheveux étaient blonds, un oeil noir, un oeil aussi bleu que les miens, un sourire tordu... Qu'il était beau. Je tendais la main mais je ne me heurtais qu'au vide...

-Georgio...

-Valentina... !

-Léon ! il soupira, exaspéré. Maintenant que nous avons fait les présentations, et si nous exposions nos projets à Georgio, Tina ?

Je fronçais les sourcils et administrais un coup dans l'estomac de mon frère qui grommela. Georgio regardait autour de lui, passablement étonné.

-Comment va notre oncle ?   demanda-t-il finalement.

J'échangeais un sublime sourire avec mon frère de chair et d'os. Il déclara, ironique à ne plus en pouvoir :

-Il va bien, c'est notre problème, justement !

-Et, malgré que Léon et moi sommes devenus des experts dans l'art de tuer, nous n'avons ni ton niveau ni ton expérience pour préparer des assassinats sans en être par la suite jugés coupables...

L'esprit de Georgio fronça les sourcils. Je n'avais jamais imaginé ce qui se passerait si jamais il refusait. Que ferions nous, Léon et moi ? Sincèrement, je l'ignorais. Mais nous mènerions notre plan à bien. La mafia devait passer sous notre contrôle si nous voulions garder le contrôle de l'Italie Sorcière... 

-Vous avez pensé au poison ? demanda-t-il.

Je souris. Je prenais ça pour un accord. Cependant il ne semblait pas plus enjoué que ça. En réalité, il semblait totalement vidé de ses expressions. C'était étrange de le voir comme ça. Une note salée envahis ma bouche. J'étais mélancolique. Georgio était de son vivant une personne de fort caractère, mais on lisait en lui comme dans un livre tant son visage était expressif. J'avais l'impression de me tenir devant la simple ombre de mon frère. Un élan de culpabilité m'envahis en pensant au fait que c'était moi qui lui avait volé sa vie...

-Bien sur. Mais nous voulions offrir une fin plus digne à celui qui nous a recueillit. Notre part de bienveillance, vois-tu.

Un fin sourire marqua le visage pâle de Georgio, et j'eu un instant une étrange chaleur dans le ventre.

-Tina, toi qui es si jolie. N'aurais-tu pas dans ta poche quelqu'un qui puisse tuer sans hésiter ton oncle ? Un ami, quelqu'un qui te dois quelque chose ?   soupira le défunt.

La première personne qui me vint à l'esprit fût William, mais je n'allais certainement pas m'abaisser à lui demander cela, bien que certaine qu'il prendrait un plaisir sadique à tuer Daniel. Le second nom ne mit pas longtemps à venir, cependant. Rurik Mkrovsk, mafieux russe et professeur à Poudlard, serait sans doute en mesure de nous aider.

-Je connais quelqu'un qui ferait l'affaire. je me tournais vers Léon, qui connaissait bien le professeur de Médicomagie. Mkrovsk.

Léon hocha lentement la tête. 

-Il le ferait certainement, mais pas gratuitement.

-Je pense qu'une alliance entre la mafia russe et la mafia italienne des Boccini lui plairait.

Georgio suivait nos échanges avec intérêt avant d'acquiescer. Nous savions tous trois que certains sacrifices seraient nécessaires pour mener à bien cette mission que nous nous étions donnée. 

-Mettez au point une intervention à laquelle Dan serait ravi de participer, et laissez votre ami le tuer. Il disparaitra dans la nature et vous le ramèneriez mort à la maison.  

-J'ai de quoi attirer Dan. Un certain Jouvok réside dans la cellule d'à côté... déclarais-je, un vague sourire aux lèvres. 

Léon ouvrit grands les yeux, me dévisageant avec étonnement. Je devais reconnaître que j'étais plutôt fière de moi : d'avoir retrouvé seule ce conn*rd, de l'avoir neutralisé puis de l'avoir séquestré. Seule ? Avec Rurik Mkrovsk. Et une fois de plus j'allais avoir à faire équipe avec le colosse. Nos relations étaient passablement neutres, disons que nous ne nous considérions plus comme des ennemis mais plus comme des allés, si ce terme convenait.

-Dans ce cas, vous pouvez préparer les faire pars de décès, Dan y passera.   

Nous rîmes tous. C'était bon d'être ensembles, de partager un moment. Mais je sentais peu à peu toutes mes forces s'épuiser. Sans que je ne puisse le retenir, l'image de Georgio crépita et disparu tandis que je toussais violemment. Du sang se mêlait à ma salive. Léon tanguait sur ses jambes mais me heurta de son épaule, à laquelle je m'accrochais avec force. Nous devions tenir le coup. Nous étions ensemble. Nous étions forts. Sans comprendre ce qui m'arrivait, je me retrouvais dans les bras de mon frère ainé qui me remonta en haut. Il ferma la trappe, replaça la lame de parquet et me guida jusqu'au canapé sur lequel je m'effondrais. Il revint quelques minutes plus tard avec une coupe de champagne dans chaque main. Il m'en tendit une et garda l'autre. Nous bûmes en silence avant que, blottie dans les bras de Léon et au chaud près de la cheminée, je ne m'endorme, un vague sourire apaisé au lèvres. D'ici un mois, je serais à la tête de ma famille. Il ne me resterait alors plus qu'à les contacter. J'étais étrangement sereine. Ils ne pourraient pas refuser.

*Tina, nous allons être invincibles.* Plus qu'invincibles. Nous allons être immortels. 

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Re: [Habitation] La Luce nelle Tenebre

Message par : Azphel, Mer 19 Aoû 2015 - 16:56


[PV Azphel / Valentina Boccini]

Le temps de l'infini.

* * *

¤ ¤ ♥ ¤ ¤ Le monde change. En perpétuel mouvement, il avance sans s'arrêter, sans regarder les dégâts derrière lui, les vies en vestiges qu'il laisse d'un commun accord avec le temps. Un changement continuel immuable.
Le temps emporte tout, détruit tout.
Dans ces débris ne peut survivre qu'un amour véritable, le seul sentiment qui, s'il est partagé, ne peut-être altéré par le temps et son mouvement destructeur.

¤ ¤ ¤Azphel en avait conscience. Il en était l'exemple. Son passé s'émiettait déjà très loin derrière lui, il n'en restait que des séquelles douloureuses dont il s'efforçait de dissocier tout sentimentalisme.
Ses amours avaient été emportées comme de simples bouts de papiers dans ce ravage temporel. Ses relations amicales en avait pâties elles aussi, ainsi que sa vie privée. Sa lycanthropie par contre, le temps ne lui avait pas retirée. Ce serait trop simple qu'un homme puisse vivre sans être tourmenté par sa folie.

¤ ¤ T ¤ ¤ Mais dans ces ténèbres permanentes qui précédaient chacun de ses pas, la vie avait déposé une lueur sur son chemin. Une étincelle sombre, mais fascinante, capable de raviver le cœur d'un mort et le motiver à se relever pour une seconde vie.
¤ ¤ ¤Tina s'opposait au mouvement destructeur,  à la perversion du temps qui s'acharne à enfoncer les gens plus bas que terre. Elle était passée en quelques semaines du stade de rencontre fortuite à celui de compagne évidente pour Azphel.
Tout les reliaient entre eux, de leur vénération pour la magie noire à leurs personnalités qui se rejoignaient sur de nombreux points. Leur attirance était psychologique, sentimentale et sexuelle, une attraction dévorante qu'aucun des deux n'avait réellement cherché à combattre. Ils avaient succombé l'un à l'autre, sans se soucier du temps qui passerait.

* * *

¤ ¤ ¤Deux jours plus tôt, le sorcier avait reçu la visite d'une chouette lapone alors qu'il déjeunait sur la terrasse de son manoir. Le gracieux animal s'était posé sur la petite table devant lui, sans s'alarmer de renverser son verre de jus d'orange à l'atterrissage. Azphel n'avait pas manifesté de colère envers la chouette, il savait pertinemment que si un oiseaux venait le trouver avec un rouleau de parchemin enroulé autour de la patte, c'est qu'il était forcément envoyé par quelqu'un qu'il connaissait.

¤ ¤ I ¤ ¤ C'était une lettre de Tina, sa belle italienne, qui passait sa vie entre les cours qu'elle dispensait à Poudlard et ses nombreuses connaissances.
Leur train de vie lui allait bien. Les deux sorciers n'avaient pas encore formulé l'envie de vivre ensemble, mais pour le moment ça ne dérangeait pas Azphel. Il ne voulait pas que Tina puisse se sentir privée de ses libertés alors il laissait le temps faire naturellement les choses entre eux.
¤ ¤ ¤Quelques jours rapides s'étaient seulement écoulés depuis leur escapade sombre et romantique à Buckingham Palace, une virée qu'il les avait intimement rapprochés sans qu'ils ne puissent  s'y opposer.
Le parchemin était imprégné du parfum de Tina, lui remémorant de nombreux souvenirs et son désir de l'italienne... C'est plongé dans des pensées tendres qu'il lut le mot qu'elle lui adressait:

" Az', il me tarde de te revoir... J'espère que Smeraldo (ça veut dire émeraude) n'a pas eue de mal à te trouver. J'ai une villa à Florence, dans laquelle je me repose quand je le peux. J'y serais dès demain matin, si tu peux venir m'y retrouver... Je crois que nous avons plein de choses à nous dire et à faire.
Je me languis encore des souvenirs du palais... Je sais que toi aussi. Renvois moi Smeraldo avec la confirmation que tu seras là. Tu me manques, reviens moi vite... "

Tendrement,
Tina."



L'adresse de la maison figurait au bas du parchemin.
¤ ¤ ¤Un sourire se matérialisa sur le visage du sorcier sans qu'il s'en rende compte. Il se rappelait Tina soumise à ses bras et à ses mouvement torrides, dans un garage de Buckingham... Il se rappelait l'avoir embrassée pour la première fois dans une armoire, alors que la Reine d'Angleterre était juste à côté d'eux, à demi nue sur un lit...
Smeraldo hulula pour capter les pensées d'Azphel. Le mage noir plongea son regard émeraude courroucé dans les yeux de la chouette. Elle lança un nouveau cri d'impatience.
- Ok, j'ai compris.

¤ ¤ N ¤ ¤ Azphel se leva et regagna son salon pour y chercher une plume et un encrier qu'il ramena sur la table extérieure, avec une écuelle d'eau et des graines qu'il avait piqué de la réserve de Kivol, son propre hibou. Il reprit le parchemin de Tina et griffonna au-dessous de son message :

"Je te rejoins dès demain, je serai là dans l'après-midi. Il me tarde déjà de retrouver tes bras et ton parfum... et il y a deux ou trois choses que je veux que tu saches sur moi. Tu me manques également, je te reviens vite.

Je t'embrasse,
Az."


¤ ¤ ¤C'était simple et un peu nul, mais il devinait que la sorcière serait trop ravie de savoir sa présence pour critiquer la formalité du mot.
Smeraldo lui avait mordillé la main avant de regagner les airs, geste qu'Azphel avait pris pour de l'affection. La bougre avait avalé toute son eau et s'était empiffrée des graines en moins de deux minutes. Le mage noir la regarda jusqu'à ce qu'elle ne fut plus qu'un point noir indéfinissable dans le ciel bleu.

* * *

¤ ¤ A ¤ ¤ Deux jours plus tard, il avait lustré sa moto volante et l'avait préparée pour son long voyage. Le sorcier n'aimait pas la poudre de cheminette et le transplanage comme les balais n'étaient pas réellement des passions. Sa moto en revanche, elle le faisait kiffer. Ses accélérations brutales, son moteur qui grondait et surtout la sensation jouissive d'être invulnérable quand il déchirait insolemment les nuages, tout là-haut dans le ciel.
¤ ¤ ¤Azphel avait parcouru les 1442 kilomètres séparant Londres et Florence en un peu moins de quatre heures. La vitesse ahurissante de l'engin en aurait rebuté plus d'un, mais au cœur des nuages elle se métamorphosait en une balade langoureuse.
Il fallait ajouter à cela qu'il avait fait deux escales, une dans la ville de Lille, dans le nord de la France, et la seconde à Lyon, sur la trajectoire France/Italie. Il s'y était arrêté une demi heure, le temps de pénétrer dans une épicerie, de se servir de deux bouteilles de vin blanc moelleux et d'en ressortir après avoir jeté un sortilège de confusion au propriétaire. Il se doutait que Tina devait posséder de bonne bouteilles de crus italiens, mais il ne voulait pas arriver les mains vides.
¤ ¤ ¤Sa vitesse moyenne sur le trajet avait dépassée les 400km/h, de quoi satisfaire sa soif d'adrénaline. De nombreux oiseaux l'avaient regardé pourfendre le ciel, un flot d'insultes pendant à leur bec. Les nuages s'étaient laisser transpercer sans opposer de résistance, acceptant la supériorité de la magie jusque sur l'immatériel.

¤ ¤ ♥ ¤ ¤ Florence s'était petit-à-petit dessinée au cœur de la Toscane, par ses toits couverts de tuiles orangées, ses façades de même couleur ou blanche ou beige, et ce charme typiquement italien qui s'en dégageait.  Azphel survola la cathédrale Santa Maria del Fiore et son style gothique/renaissance de toute beauté et il prolongea sa visite en passant sous le Ponte Vecchio qui enjambait l'Arno, déchaînant brutalement les remous du fleuve. Il le remonta sur plusieurs centaines de mètres avant de regagner les airs d'où il chercha la direction de la villa de Tina.

¤ ¤ ¤Il  avait mémorisé son adresse et il arriva en piqué devant le portail de la somptueuse demeure. Il coupa le moteur devant la grille blanche qui s'ouvrit sur elle même pour le laisser passer. Il pénétra à l'intérieur en tirant sa moto à bout de bras qu'il accompagna jusqu'à l'entrée en longeant une piscine de dimensions olympique, bordée par un parquet affublé de transat confortables et d'un mini bar et de l'autre côté une pelouse impeccable... La maison puait l'argent. C'était le genre de maison dont on hérite et qu'on ne peut pas vraiment se payer de nos jours. Elle était aussi moderne que sobre, blanche et parée de larges vitres qui devaient en faire un cocon douillet et très lumineux. D'apparence extérieure, elle reflétait exactement les goûts d'Azphel, ce qu'il avait déjà ressenti en découvrant l'appartement de l'italienne, et tout un tas d'autres choses moins ostentatoires chez elle.

¤ LOVE ¤ Il laissa la moto sur le côté de la maison, ôta son casque et récupéra les deux bouteilles de vin blanc sous le siège. Quand il s'approcha de l'entrée, Valentina descendait pieds nus les marches de marbre dans sa direction, un sourire sur ses lèvres pulpeuses, ses cheveux blonds platine flottants sur ses épaules pâles. Le naturel lui allait vraiment bien, elle était faite de cette beauté que les autres femmes espéraient secrètement, ce charme immédiat qui était capable de faire fondre le cœur de n'importe quel homme et d'attiser les jalousies de leur femme.
¤ ¤ ¤Le cœur d'Azphel se resserra, comme chaque fois qu'il la voyait. Il savait qu'il l'aimait, d'un amour qui avait grandi contre toutes les mises en garde qu'il s'était forgé.
La boule dans son ventre et les frissons qu'il ressentit en regardant la robe qu'elle portait caresser ses jambes lui faisait avouer ce qu'il pensait depuis longtemps : il était tombé amoureux de la belle italienne, éperdument.

Il l'a pris dans ses bras, glissant une main sur son dos nu et l'autre dans ses cheveux derrière la nuque.
- Je te suis revenu mon amour, lui dit-il, mais je ne t'avais pas vraiment quittée.

Le parfum de la sorcière se glissa dans ses narines, lui procurant un frisson d'excitation et de désir.

C'est à cet instant qu'Azphel sut. Il savait que le monde pouvait bien s'écrouler demain, que le temps pouvait choisir de s'acharner contre lui ; il resterait toujours quelque chose entre les deux sorciers que rien ne pourrait jamais détruire.
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Re: [Habitation] La Luce nelle Tenebre

Message par : Valentina Boccini, Mer 19 Aoû 2015 - 18:07



-Le temps de l'infini-
[RP Privé avec Azphel]
____________________


Nuit obscure. Des bribes de souvenirs qui s'enlacent, s'entrelacent, se délacent... des gémissements de terreur, des larmes salées involontaires. Les draps sont au sol, les ongles crispés sur mon corps de porcelaine. Le ciel est déchiré par un hurlement. Presque aussitôt, je me réveille. Je fixe un instant, tremblante, le plafonnier. Puis je me redresse, quitte sans plus attendre ce lit démoniaque. Poudlard est entrain de me rendre folle. Et pourtant, pourtant je ne peux pas partir. Je dois les protéger, tous. J'ouvre la porte à la volée, m'engouffre dans le salon, l'ai perdu. Mes pas me guident dans la cuisine, j'ouvre chaque placard jusqu'à trouver ce que je cherchais. Le livre est là. Sa couverture de cuir brun est terne sous les rayons de la lune. Les lettres dorées, elles, scintillent. Je souffle. Il est encore là. Je suis apaisée. Mais incapable de me rendormir.

Nous sommes samedi, jour de congé. J'ai décidé de retourner pour le week-end en Italie, dans ma villa, et ai pris soin d'inviter Azphel à me rejoindre. Sa réponse était arrivée la veille au soir et j'étais vraiment contente de savoir qu'il serait là. Les choses étaient allées très vite mais je ne pouvais pas nier l'importance qu'il avait à mes yeux. Le souvenir de ses mains fermes sur mon corps où de son regard d'émeraudes ne me quittais plus. Le désir de le retrouver était à son paroxysme. Néanmoins j'avais quelques petites choses à faire avant. Il était tout au plus cinq heures du matin. J'avais largement le temps de m'affairer puis de rentrer à Florence sur les coups de dix heures. Cherchant dans ma penderie une robe légère, je m'en parais avant de quitter mon appartement d'un pas rapide.

Les couloirs étaient bien entendu désert et je ne croisais personne lors de mon ascension. Les nombreuses marches qui menaient à la salle de Défense Contre les Forces du Mal ne me découragèrent pas et j'arrivais bien vite à destination. Je posais la mai sur la poignée de la classe et la porte s'ouvrit, béante, sur la pièce vide. Les bureaux étaient rangés et propres et le sol également. Les elfes de maisons étaient déjà passés pas là. Je grimpais la petite dizaine de marches qui me séparaient de mon bureau et je pu me retrouver dans l'espace confirmé où je rangeais mes livres. Mes bibliothèques se dressaient là. Je n'étais cependant pas là pour ça. Refermant la porte, je fis face aux deux tableaux qui se trouvaient là. Celui de gauche représentait un homme dans la fleur de l'âge, le regard noir et les cheveux or, portant une barbiche taillée en pointe. Il dormait profondément. En réalité, le portrait de droite lui ressemblait beaucoup, en plus jeune, et en plus vif. Georgio était réveillé. J'allais le questionner mais il ne m'en laissa pas l'occasion. Il pointa du doigt le rebord de la fenêtre et je vis dépasser un bout de parchemin. Je remerciais mon frère, caressais mélancoliquement la toile, et, allais récupérer le papier. Je me transformais presque aussitôt.

C'est donc sous la forme d'un corbeau aux ailes noires bleutées que je traversais le parc du château. Mes serres sombres renfermaient le petit bout de parchemin. Mon oeil bleuté surveillait les environs, mais si ce n'est les lumières dans l'habitacle de la Garde-Chasse, l'esplanade était calme et déserte. Le vent me portais, bientôt, je quittais Poudlard. J'avais prévu de voler jusqu'à quitter l'écosse puis de transplaner pour m'éviter la traversée de la France. C'est d'ailleurs ce que je fis, ne m'arrêtant qu'une fois pour boire dans une source claire.

Bien assez tôt, je gagnais l'Italie et sa Toscane splendide. J'étais enfin chez moi.

Les portes de ma villa s'ouvrirent en grand. Schiavo était déjà là. L'esclave m’accueillait avec un plateau d'argent et un verre de vin. Charmant. Son humeur s'était améliorée au fil des ans. Il allait fêter sa huitième année à mon service, tout de même. C'était un elfe-de-maison fidèle. Charli Proulx ne m'avait pas fait dépenser presque trente gallions pour rien. J'attrapais la coupe, caressais la tête de la créature et m"enfonçais dans mon salon d'été. Sous une véranda, ouverte à cette chaleur, il était confortable et pratique? J'y recevais régulièrement les dignitaires mafieux que je côtoyais. Je me posais tranquillement sur le sofa et sortais de nul part le parchemin que m'avais désigné Georgio. C'était une missive de mon second frère.

Tina,
Le transfert s'est bien passé. Prends soin de toi.
L.


C'était expéditif. C'était amplement suffisant. Puisque mon compagnon devait me rejoindre dans l'après-midi, je décidais d'aller prendre une bonne douche afin de me détendre et de chasser ces plans machiavéliques de ma tête. Je grimpais donc à l'étage et m'enfermais sous la douche à l'italienne. La Luce nelle Tenebre était en ce point bien plus confortable que mon duplex londonien. Tout avait été aménagé pour la détente... Tout, sauf les caves. Quand je quittais le jet chaud, j'étais calme. Je devais le rester en effet, si je voulais protéger Azphel d'ennuis supplémentaires dont il n'avait pas besoin. Malgré la force de nos sentiments, certains secrets devaient en rester et je supposais le même mode de pensées chez lui. Néanmoins, j'avais eut l'occasion de voir la marque des ténèbres décharnée sur son bras. Peut-être lui révélerais-je aujourd'hui que j'étais partisane du groupuscule... mais de toutes évidences les raisons de cette allégeance demeureraient secrètes.  Protéger était mon maître-mot.

Le grincement du portail me fit me retourner. Mon cœur battait à tout rompre. L'ouïe du corbeau en moi m'avait permis de savoir qui était là. Je me levais sans plus tarder, enfilais une tenue légère, et quittais rapidement la salle de bain pour redescendre dans le salon. Je le traversais et m'approchais du préau. En effet, il était là.

Je ne m'étais pas encore décidée à dire qui de ses yeux ou de son sourire me plaisait le plus. Dans tous les cas, Azphel était beau à en crever. Descendant les quelques marches de marbre à toute vitesse, je croisais son regard et moi, pourtant farouche, me laissais approcher par cet être au charme évident. Il m'avait envoûtée, piégée dans le jeu dangereux des sentiments et je m'étais perdue dans ses mots qui, sans cesses, me faisait crever d'amour et de tendresse. Sa main glissa sur ma peau d'albâtre et je frissonnais. Enfin, nous nous retrouvions.

- Je te suis revenu mon amour, mais je ne t'avais pas vraiment quittée.

Le faisant taire, je l'embrassais. Ses lèvres m'avaient manquées. La douceur de ses gestes m'apaisais plus que n'importe quelle douce brûlante. J'aimais sincèrement la façon dont il me regardait. Dont il me caressais. Rompant le charme de ce moment, j'attrapais sa main sans dire un mot et l'emmenais jusqu'au salon. Je me laissais choir dans le sofa, l'invitant à s'asseoir à mes côtés, ce qu'il fit. Je claquais des doigts, Schiavo, renfrogné et méfiant de voir un humain approcher sa maîtresse, apparut. Je lui commandais en italien quelque chose à boire. L'esclave remarqua avant moi les bouteilles apportées par Az, et après l'avoir remercié d'un nouveau baiser, infiniment tendre, j'ordonnais à l'elfe de s'en occuper.

- Je suis heureuse que tu sois là. Je me sens mieux. je souriais. Mon Italie est tout de même plus belle que l'Angleterre !

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Re: [Habitation] La Luce nelle Tenebre

Message par : Azphel, Lun 24 Aoû 2015 - 19:12


¤ ¤ T ¤ ¤ La tiédeur des lèvres de Valentina justifiait  à elle seule l'expérience unique d'un long baiser.
C'était bien plus qu'une caresse humide qui se formait alors, quand les lèvres tendres d'Azphel se joignaient aux siennes, c'était une communion de plaisir qui s'en dégageait ; les mêmes mouvements, la même cadence, et la chaleur commune insufflée par la passion qui en ressortait, finissaient de décrire leurs baisers comme des moments de partage intenses, incomparables, intemporels.
Un simple baiser de Tina suffisait à animer chaque centimètres du corps d'Azphel d'un désir malsain.

¤ ¤ ¤Leur étreinte se termina en un regard désireux. Se détacher de l'italienne lui procurait toujours un déchirement au coeur, et la promesse de retrouvailles futures garantie par ses yeux bleus limpides ne suffisaient pas à le débarrasser de ce manque soudain. Il se sentait comme un religieux perdant le ciel.
¤ ¤ ¤Le regard de Tina sur lui devait fortement s'accorder au sien, il brillait d'un amour de l'autre, et si les deux sorciers étaient d'apparence calmes et contrôlés, les sentiments qu'ils partageaient avaient brisé toute réserve qu'ils pouvaient avoir sur leur relation. Azphel redescendit sa main dans le bas du dos de l'italienne et la glissa dans la sienne lorsqu'elle le guida à l'intérieur de la maison. Les cheveux blonds de Tina chatouillaient ses épaules de craie et diffusaient dans leur mouvement son parfum enivrant qui persistait dans l'air derrière elle.

¤ ¤ I ¤ ¤ L'entrée donnait sur un salon à l'image de l'extérieur de la maison, vaste, éclairé et classieux. Deux canapés crèmes se confrontaient  au centre de la pièce, séparés par des tables basses noires, complétées par un imposant fauteuil et une cheminée murale impressionnante. De larges baies vitrées donnaient sur  la piscine et une sensation de bien être se dégageait de la salle, de même que la fragrance maintenant familière de Tina qui semblait remplir ici tout l'espace. Un piano décorait un angle du salon avec un vase posé dessus dans lequel patientaient des roses blanches pleines de vie.

Ils prirent place côte à côte sur un canapé et Tina claqua des doigts. Un elfe de maison arriva en adressant un regard soupçonneux à Azphel. D'ordinaire le sorcier n'aimait pas les elfes, mais il n'avait pas l'intention de se mettre à dos les serviteurs de Tina, alors il fit comme s'il ne voyait pas la méfiance de la créature à son égard. La belle commanda à l'efle quelque chose en italien alors qu'Azphel glissait sa main autour de son pied nu pour l'amener à lui.
¤ ¤ ¤L'elfe vit les bouteilles qu'Azphel avait posées à côté du canapé et il s'esclaffa de telle manière que le mage noir le pris pour un remerciement.

Tina lui offrit le retour éphémère de ses lèvres sucrés avant d'intimer à l'elfe de s'affairer à une tâche inconnue.

- Je suis heureuse que tu sois là. Je me sens mieux. Mon Italie est tout de même plus belle que l'Angleterre !

¤ ¤ N ¤ ¤ Il lui rendit son sourire. Ils se faisaient cet effet similaire de ressentir un bien être immédiat dès lors qu'ils étaient ensemble, l'amour, sans nul doute. Azphel massait lentement le pied et la cheville de Tina.
- Oui l'Italie est cent fois plus agréable que l'Angleterre, infiniment plus douce et jolie. Disant ses mots il avait laissé grimper ses doigts sur la cuisse de Tina, puis redescendre en de légères griffures avant de s'affairer à lui masser la plante du pied, douce façon de lui faire comprendre la métaphore entre la beauté de l'Italie et la sienne.

- J'ai apporté de quoi faire une ballade ce soir, dit-il en inclinant la tête en direction de la fenêtre derrière laquelle stationnait sa moto.
Ca te fait une sacrée maison ici, en plus de ton appartement, c'est un héritage de famille ?
Il posait la question le plus naturellement possible sans se montrer intrusif. L'italienne lui avait révélé ses liens avec la mafia sans toutefois en définir la teneur. Elle pouvait très bien avoir hérité d'un gros magot mais il était tout aussi probable que la villa ait une histoire plus sanglante.

¤ ¤ A ¤ ¤ Ce que Tina avait pu ou pouvait faire avec la mafia lui importait assez peu. En réalité, si, cela lui importait, en fait il espérait ne pas la savoir en danger, mais en lançant le sujet, il provoquait lui-même le risque de se donner des raisons de s'inquiéter pour elle.
Mais c'était là les bases d'un couple solide, la sincérité et l'union dans les difficultés. Il ne faisait aucun doute que les deux mages noirs auraient des secrets l'un pour l'autre, mais aucun qui ne mettrait en danger leur vie commune.
Azphel releva ses manches par habitude, dévoilant de nouveau sa marque mutilée. Tina n'en serait pas choquée il le savait.

¤ ¤ ¤Il attrapa la deuxième jambe de la sorcière pour masser ses deux pieds avec des gestes lents et précis, concentré pour lui procurer tout le plaisir qu'elle méritait.
¤ ¤ ¤Schiavo revint (entre les mots en italien, il avait retenu le nom de l'elfe) avec un plateau en argent dans les mains, rempli à craquer de petits four sucrés, des pâtisseries aux formes et couleurs succulentes, accompagnés par une bouteille de champagne fraîche et de deux coupes où crépitaient déjà spontanément des milliers de bulles joyeuses. L'elfe déposa le tout sur la table en les dévisageant. Son regard avait changé et il y avait une certaine surprise de voir sa maîtresse se faire masser par ce grand sorcier inconnu.
Tina le remercia et Schiavo s'éclipsa aussitôt, probablement pour aller méditer sur l'identité d'Azphel et ses intentions envers sa maîtresse.

Tina se servit en champagne et lui tendit l'autre coupe. Il laissa les jambes de l'italienne sur les siennes pour s'en emparer.
- A nous deux, à tout ce qui fait que notre relation est telle qu'elle est.
- - A notre trajectoire, que rien ne définit.

¤ ¤ ¤ ¤ ¤ Les coupes tintèrent mélodieusement et il en prit une longue gorgée avant de reposer machinalement ses deux mains sur les jambes de Tina. Les doigts d'Azphel s'affairaient maintenant autour de ses mollets avec des gestes délicats, paumes resserrées, qu'il agrémentait de griffures destinée à lui procurer des frissons de plaisir.

- C'est d'ici que t'es venue la passion des étoiles? demanda-t-il en regardant le ciel clair à travers les vitres.
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Re: [Habitation] La Luce nelle Tenebre

Message par : Valentina Boccini, Sam 29 Aoû 2015 - 18:34



-Le temps de l'infini-

____________________


A nouveau, je me sentais calme. Azphel était là, tout était bien. Pour l'espace de quelques heures, j'allais oublier tout ce qui nous entourait. Le château et ses tours effilées, la mafia et ses membres hostiles, les Mangemorts et leurs masques noirs, les Phénix et leurs ombres menaçantes, les élèves et leur foutue naïveté, les incapables qui dirigeaient le monde magique et toutes sortes de problèmes sans queues nu têtes dans lesquels j'étais propulsée par la force des choses. Quelques heures d'oublis et de détente dans un monde aliéné par la puissance et l’orgueil. Dans un monde fou d'ignorance. Dans un monde qui n'avait plus rien d'inhumain. Dans un monde qui n'en était plus un.

Son regard avait l'intensité et la douceur de l'émeraude. Plonger dedans équivalait à se noyer dans le temps. C'était à la fois déconcertant et apaisant, puisque rien ne pouvait m'arriver; Nous étions invincibles. Ses mains se posèrent sur mon corps et je commençais une chute sans fin dans le bonheur. Parallèlement, je me concentrais sur ses propos, ce qui étais, je devais bien le reconnaître, relativement complexe. Il causait de douceur et de beauté, de balade et d'autres plaisirs malsains de par leur tranquillité. Avais-je le droit de me reposer ? J'en doutais. Azphel, lui, était bien décidé à me détendre, puisqu'il me massait tendrement. Le contact peau contre peau m'électrisa.

Le champagne état excellent. Ce nectar divin picotait sur la langue et réchauffait la gorge -et parfois les esprits- avec une douceur glaciale. Rien à voir avec la tiédeur des bras de Az, et du confort du sofa. C'était presque too much. Une coupe de champagne, dans une superbe villa, en compagnie d'un homme aux charmes ravageurs, dans la plus belle ville d'Italie... J'avais beaucoup de chance, ce soir.

- Ca te fait une sacrée maison ici, en plus de ton appartement, c'est un héritage de famille ? demanda innocemment l'ex professeur.

Je resserrais ma prise sur la coupe, contractais la mâchoire, bandant les muscles. Rien que parce qu'il savait pour mon appartenance à la branche italienne de la Mafia, je devrais le tuer dans les petites cellules qui se trouvaient en bas. Ou pire, lui couper la langue, les membres et l'attacher la tête à l'envers par le buste pour qu'aucun nécromancien ne l'appelle. La seule chose qui me retenais était l'amour et le respect que je portais au sorcier. Léon n'aurait sans doute pas la même grâce.

- Tu es sur de vouloir savoir.. ? Malgré les risques que cela te fais encourir si jamais quelqu'un apprends que tu sais .. ?

Azphel me lança un regard de défi, un regard curieux. Le genre d’œillade qui signifie : parle et ne t'arrêtes pas. Je soupirais, me rapprochais un peu de lui. J'avalais une gorgé fraîche de champagne et entamait de dépeindre au Serpentard les brèves lignes de cette histoire de mafia.

- Très bien. Avant tout sache que c'est une histoire familiale. La branche mafieuse dont je fais partie a toujours été dirigée par les Boccini. Au décès de mon grand-père, mon oncle et père adoptif a prit la charge des "affaires de la famiglia". Mes deux frères et moi travaillions tous les trois pour lui. Au décès de mon aîné, j'ai prit sa place de "lieutenant", si je peux parler ainsi. je faisais fit des termes techniques pour abréger une histoire que je n'avais pas envie de raconter. En Mai dernier, mon oncle est mort en mission. J'ai prit sa place à la tête de cette branche de la mafia. Je lui laissais accuser le coup.

C'est vrai que dit comme cela, je passais pour un monstre. La moitié de ma famille était morte et moi j'en avais toujours tiré profit. Bien sûr, je taisais un détail majeur. C'était moi et moi seule qui avait tué mon frère et mon oncle. Le premier involontairement, le second, en lui brisant la nuque. Le peu d'humanité qu'il me restait risquait de s'éteindre un jour où l'autre, et ce jour là, je ne saurais dire ce qu'il allait advenir de notre couple.

Pensive, je caressais le tatouage sacrifié au malheur sur l'avant bras de mon amant. Il avait lui aussi ses secrets, cette marque des ténèbres décharnée en attestait. Cela ne me troublais pas le moins du monde puisque j'étais partisane du groupuscule. Pour des raisons qui n'appartenaient qu'à moi, certes, mais tout de même... Mes secrets étaient également terribles. Azphel saurait-il les accepter ? Étrangement je n'étais pas plus inquiète que cela. Même Dayne et West ignoraient ce petit point de ma vie. Ce que je ressentais pour Az étit d'une autre trempe.

- Au fait, mercredi, je vais avoir le droit aux funérailles de mon oncle. Tu viens ? Pas mal de mes connaissances seront réunies. Je venais d'annoncer ça comme l'on demande l'heure. Au moins, le ton était donné.

Je laissais ma main courir le long de l'avant bras du ténébreux sorcier, remonter le long de son épaule, griffer sa nuque. Il était tout à moi, désormais. Et le sentiment de sécurité qu'il me faisait ressentir était une véritable fontaine de Jouvence.

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Re: [Habitation] La Luce nelle Tenebre

Message par : Azphel, Dim 30 Aoû 2015 - 20:31


Le temps de l'infini.

* * *


¤ ¤ T ¤ ¤ Le corps de Valentina était parfait dans ses proportions, de ses pieds et chevilles menues à ses jambes exquises, en se prolongeant jusqu'à son corps affiné qui remémorait de par son souvenir des moments étouffants à Azphel. Les traits de son visage eux aussi frôlaient le divin ; elle était faite de ces atouts que Botticelli n'aurait pas renié pour ses peintures. Les contours de son nez, de ses lèvres charnues, ses sourcils foncés anguleux entourant ses deux yeux en amandes incrustés de perles azure,  ses cheveux blonds effarouchés, son teint blafard seyant, auraient inspirés à Michel-Ange mille coups de pinceau.
Il ne souffrait aucun doute qu'à la Renaissance l'italienne aurait engendré plus d'un chef-d'œuvre.

¤ ¤ ¤Elle était le sien et Azphel n'aurait pas souhaité être ailleurs que sur ce canapé confortable, Tina proche de lui, ses jambes entre ses mains pour un massage sensuel, en prime du champagne euphorisant à sa portée. L'italienne l'avait indubitablement charmé et sa présence lui rappelait à chaque fois le sens des réalités, des valeurs les plus importantes de la vie.
Dans ce monde chaotique qui les entourait, face à l'avenir incertain et au temps meurtrissant les vies de son effet rétrograde, s'unir à une personne qui partage des sentiments réels paraissait être la meilleure chose à faire pour le mage noir.

¤ ¤ I ¤ ¤ Elle était bien loin désormais, l'époque du Azphel insouciant qui voyait les femmes comme des satisfactions éphémères, de vulgaires consommables à déguster qui lui servait pour noyer les parts les plus sombres de son existence dans le plaisir charnel.
¤ ¤ ¤Tina l'exposait à visage découvert, elle le mettait à nu face à des sentiments réciproques. Elle s'emparait de lui et il ne se sentait pas la force de lutter. Dès la nuit qui avait suivit leur rencontre, il avait senti les ombres de ses frasques passées se désagréger lentement au profit d'un souffle chaud qui n'avait fait que grandir en lui depuis.
Il ne se projetait pas sans elle, leur avenir se dessinait devant ses yeux sur une grande fresque murale.

- Tu es sur de vouloir savoir.. ? Malgré les risques que cela te fais encourir si jamais quelqu'un apprends que tu sais .. ?

¤ ¤ ¤Le mage noir sortit de ses pensées, ses mains déambulant toujours sur les jambes de l'italienne, mémorisant ses formes, massant sa cheville tatouée de cinq cœurs.
¤ ¤ ¤Leurs regards se croisèrent, troublés. On pouvait y lire de l'amour à profusion et des doutes ; des choses à se dire sans mots précis à mettre dessus, et surtout l'envie de s'apprendre davantage, de comprendre mutuellement ce qu'il se passait entre eux deux, à quel point leurs sentiments étaient forts. Il laissa entendre d'un regard que quelque soit le contenu de son histoire, elle ne le ferait pas fuir loin d'elle pour autant. La professeur se rapprocha de lui et il glissa une main dans la sienne après avoir repris du champagne.

- Très bien. Avant tout sache que c'est une histoire familiale. La branche mafieuse dont je fais partie a toujours été dirigée par les Boccini. Au décès de mon grand-père, mon oncle et père adoptif a prit la charge des "affaires de la famiglia". Mes deux frères et moi travaillions tous les trois pour lui. Au décès de mon aîné, j'ai prit sa place de "lieutenant", si je peux parler ainsi. En Mai dernier, mon oncle est mort en mission. J'ai prit sa place à la tête de cette branche de la mafia.

¤ ¤ N ¤ ¤ Elle arrêta son explication en le regardant avec un mélange de protection et d'incertitude. Lui avait le regard vide et pensif. Ainsi donc elle faisait partie intégrante de la mafia, avant même d'être une sorcière. Cela pouvait expliquer beaucoup de choses, sa fascination pour la magie noire, mais également son absence de peur envers lui.
¤ ¤ ¤Tina n'était pas que de la main d'œuvre, elle était décisionnaire et gérait les affaires mafieuses avec surement bien plus d'implications en toile de fond qu'elle ne lui révèlerait aujourd'hui. Azphel estima rapidement le nombre de cadavres sur la route de sa compagne à quelques dizaines. Les morts dans leur passé s'amassaient dangereusement.
Méconnaissant encore la majeure partie de la vie de la sorcière, il pressentait que si un seul de leur passé ressurgissait, ils seraient très rapidement pris dans une spirale de violence sans retour possible.

¤ ¤ ¤Valentina était, au final, bien plus proche de lui qu'il ne l'avait pensé. Leur histoire était cependant très différente mais la grandeur de la magie noire et son attrait les avaient propulsés sur des chemins très sombres tous les deux, des chemins où le risque de se perdre était omniprésent.
Le sorcier continuait de glisser une main sur la jambe de sa compagne, l'autre caressant sa main en gestes doux.
¤ ¤ ¤Celle de Tina se posa sur sa marque des ténèbres, en dessinant les contours délicatement. Il viendrait un moment où ils en parleraient librement, sans aucune retenue, mais pour l'instant la sorcière ne poussait pas sa curiosité. Il plongea un regard assombri dans le sien, mais qui avait quelque chose d'apaisé, et l'embrassa tendrement.

¤ ¤ A ¤ ¤ Il les resservit en champagne et resta lové contre elle, leurs doigts cherchant les traces du temps sur leur corps, ces marques indélébiles qui témoignaient de leurs vies agitées. Il embrassa la cicatrice sur sa mâchoire avant de porter le bras nue de l'italienne à ses lèvres pour les déposer sur ses scarifications. Il ne voulait pas lui demander ce qui l'avait menée sur ce chemin pénible, pas aujourd'hui. Il voulait simplement qu'elle voit que ça n'avait aucune importance pour lui, qu'il l'acceptait comme elle était, pour tout ce qu'elle était. C'était la condition sine qua none pour que leur relation perdure.

- Au fait, mercredi, je vais avoir le droit aux funérailles de mon oncle. Tu viens ? Pas mal de mes connaissances seront réunies.

Tina avait posé la question avec un détachement certain. Il se passa quelques secondes avant qu'il ne réponde avec complaisance:
- Oui, bien sur, je serai-là avec toi.

¤ ¤ ♥ ¤ ¤ Si elle lui demandait c'est que sa présence était importante pour elle. De plus, pouvoir  rencontrer les connaissances de Valentina lui plaisait, c'était un pas supplémentaire dans leur couple et même si la cérémonie ne prêterait pas au sentimentalisme, il serait là-bas comme son compagnon. L'idée était définitivement séduisante.  
¤ ¤ ¤La main de Tina remonta le long de son bras, son épaule, sa nuque... provoquant en lui une aquarelle de frissons de plaisir et d'envie. Son contact évoquait de telles émotions en lui qu'il était incapable de se détacher d'elle ; il pouvait se perdre l'après-midi entière à ses cotés sans désirer autre chose que sa présence, tout le reste se transformant alors en un arrière-plan anecdotique.

- Je suppose que je rencontrerais pas mal de mafieux aussi, mais j'aime l'idée de croiser les gens qui comptent pour toi. Et je veux être là pour toi.
¤ ¤ ¤Il avait dit ça sans lever les yeux vers elle, comme si sortait seulement maintenant la fin de sa réponse de manière superflue. Il l'embrassa de nouveaux avant de boire dans sa coupe de champagne puis de passer un bras autour de ses épaules.

- Ma famille est bourgeoise au possible, dit-il de manière calme. Des aristos fanatiques de la magie noire qui se réunissent entre eux pour pratiquer dans l'insouciance la plus totale, qu'importe les risques et les conséquences.  Il regardait Tina de manière neutre et étalait sa vie comme un pinceau somnambule peindrait une toile. Je connaissais déjà mon orientation magique avant d'entrer à Poudlard. J'avais une sœur - Cyrielle. Elle avait un an de moins que moi et se montrait plus suspicieuse envers la magie noire que je ne l'étais, ce qui n'empêchait pas que l'on s'aimait beaucoup. L'hiver de sa cinquième année à Poudlard, elle rentrait passer ses vacances à la maison alors que décidais de rester à Poudlard, je n'en sais plus trop la raison. C'est la dernière fois que je l'ai vue. Elle est morte pendant une réunion de famille. Les yeux d'Azphel alternaient entre le regard profond de l'italienne et un point imaginaire sur la cheminée. Il avait senti sa voix trembler et marquait une pause volontaire pour retrouver de son assurance. Sa sœur demeurait, seize ans après sa mort, un sujet sensible.

- J'ai coupé les ponts avec ma famille avant la fin de ma sixième année. Cyrielle était la seule que j'aimais vraiment, la seule à qui il restait une part d'humanité dans cet entourage de cinglés. Mais j'ai complètement basculé dans la magie noire. Je pensais y trouver un moyen d'apaiser ma colère. Ce que j'ai fait, dit-il en mettant sa marque des ténèbres en avant. Mais je l'ai apaisée de manière très violente en tuant pas mal d'innocents. Je n'ai plus aucun contact avec ma famille depuis, mes rencontres les ont remplacées. Ses doigts caressaient les cheveux et le cou de l'italienne machinalement. Et si je devais les revoir, je pense que cela se passerait très mal.

¤ TINA♥ ¤ Ses dernières paroles étaient froides et son regard fuya celui de Tina pour prendre de minis éclairs au chocolat sur le plateau d'argent.
- Les cinq cœurs ont une signification ? demanda-t-il alors que ses yeux passaient sur la cheville de la sorcière.

Évoquer Cyrielle ne lui plaisait pas. Il préférait entrecouper la discussion en la détournant momentanément.

until the end
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Re: [Habitation] La Luce nelle Tenebre

Message par : Valentina Boccini, Sam 10 Oct 2015 - 15:07



-Le temps de l'infini-
[RP Privé avec Az ♥]

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Jamais je n'aurais pensé trouver ainsi le bonheur. Un amour exempt d'arrière-pensées. Oui, je l'aimais. Oui, il était la personne qui me maintenais sur le chemin de l'humanité. Oui, le perdre me brûlerais au plus profond de mon âme. Moi qui d'habitude ne m'attachais pas étais prisonnière de la force de son regard émeraude.  Malgré les confidences que je venais de lui faire – et encore, c'était  seulement la surface des histoires familiales, Azphel gardait sur moi cette oeillade amoureuse. Je n'étais pas, psychologiquement, une belle personne. Mais je m'offrais à lui, peu importe nos passés sombres et nos actions terribles.

Oui, le sorcier ignorait encore tant d'horreurs à mon sujet. Chacun de mes choix avait été fait dans un but purement égoïste, visant à me faire évoluer comme je l'entendais. Deux fois seulement, j'avais pensé en agissant à quelqu'un d'autre que moi. La première fois, en coupant les ponts avec ma filleule, je lui avait évité de devenir la cible de mes ennemis. La seconde fois, plus récente, j'étais devenue alliée des Mangemort, pour protéger l'une de leur jeunes recrues. Une des rares personnes qui pouvait prétendre compter pour moi. Az, maintenant, les détrônait tous. Il était devenu celui que je protégerais par toutes les manières possibles ; je l'avais déjà montré, tuer ne me faisait pas peur. Ma place actuelle dans la mafia avait dépendu du pire sacrifice de ma vie. Je l'avais fait. Pour mon plus grand bien.

Les terribles conséquences que j'avais affronté pour moi, je les combattrais mille fois pour Azphel. Et blottie ainsi contre lui, je me sentais prête à faire face à l'Italie entière s'il le fallait. Ses lèvres, douces, se posèrent sur les miennes. Se simple contact eut pour effet de me déconnecter de la réalité. C'est pourtant lui qui m'y raccrocha, en confirmant qu'il m'accompagnerait aux funérailles de Dan, mais également en commençant un récit d'une partie de sa vie.

Quiconque ne connaissant pas Azphel aurait pu penser qu'il parlait de la vie quelqu'un d'autre tant il essayait d'adopter un ton détaché. Pourtant, aux émotions qui faisaient frémir sa voix, aux éclairs qui traversaient parfois son regard, aux douces pressions de ses doigts qui s’accentuaient parfois, je compris rapidement que tout cela le touchait profondément, que les blessures du passé ne s'étaient jamais totalement résorbées. Sa voix, lancée dans se monologue, ne cessait de subir des variations. J'écoutais à peine les mots, son timbre suffisait à me faire garder le fil de son récit. Tout d'abord calme et fraîche, elle se fit douce et tendre en évoquant sa sœur. Dédaigneuse, quant-à sa famille. Et finalement, infiniment lourde de chagrin quand la mort de Cyrielle fût glissée dans sa tirade. La douleur de perdre un proche, un membre de sa famille, je connaissais. Le nom de Georgio, que mon alter ego à plumes soufflait dans mon esprit, fit se crisper tout mon être. Oui, moi aussi j'avais perdu ma raison de vivre. Finalement, son ton se fit dangereusement menaçant en évoquant la possibilité de revoir sa famille. Au moins, j'avais éliminé ce risque !

Le corbeau ricana langoureusement, m'enrobant de sa délicate folie.

- Les cinq cœurs ont une signification ?

De quoi parlait-il ? Mon regard suivit le sien, et je redécouvrit le tatouage, symbole d'un passé douloureux, que j'avais tracé moi même à mes dix-sept ans. Huit ans plus tard, j'en avais oublié l'existence. Cette habitude ignoble de ne jamais regarder plus bas que moi, jamais baisser la tête vers le sol. C'était pourtant ça qui m'avait rendue si forte.

-Oui. Pourquoi n'en auraient-ils pas ?

Un cœur fractionné en cinq morceaux était forcément porteur d'un message. L'expliquer était  une autre histoire, puisque les mots avaient toujours été pour moi le blocage le plus difficile à surmonter.

-On était cinq. Il y avait ma mère, qui n'est plus rien aujourd'hui. Il  avait mon père, mort à mes huit ans, détruit par sa faiblesse... Mon frère Georgio, que j'ai tué. Je l'ai tué.
Ma voix se brisa, je portais une main à ma gorge, baissais les yeux. Et Léon, le seul qui me reste. Moi  j'étais le cinquième maillons, mais la vie a essayé de me détruire.  Je plongeais à nouveau mon regard dans le sien, malicieuse. Elle a échoué.

Je devais éclaircir un point. Je me lovais plus encore contre lui, essayant de rassembler mon courage, mes idées, pour être le plus expéditive possible.

- J'aimai Georgio de tout mon coeur. Il était mon ainé, mon précepteur, mon confident. A la mort de mon père, il était devenu le seul homme en qui j'avais confiance. Alors quand je me suis embarquée dans une sale affaire, pour mon oncle, et que les choses ont dégénérées, il est venu. J'avais dix-sept ans. Je n'avais pas un tiers de ma puissance actuelle. Ni occlumencie, ni animagie, ni magie sans baguette, ni endurance, ni contrôle de moi. Mon frère est venu, oui, et nous nous sommes battus contre deux  sorciers. On en a tué un. L'autre m'a jeté un sortilège de mort et... je ne sais pas quel phénomène s'est produit, j'ai milles fois cherché à le reproduire, j'en suis aujourd'hui encore incapable... le sortilège a ricoché. Sur Georgio. Ma défense a tué mon frère. Il est mort sur le coup, avant même d'avoir touché le sol.   une larme inévitable coula en silence sur ma joue d'albâtre. Le pire c'est que mon oncle a applaudit ma prouesse. Et mon frère ne m'en veut même pas. Son tableau est dans mon bureau, à Poudlard. Plusieurs fois, j'ai usé de la nécromancie pour lui parler. J'ai tout essayé pour le ramener.

Oui, l'amour me fragilisait. J'étais capable des pires folies, des plus sombres erreurs. Je posais mon front sur son épaule, cherchais à recentrer mes pensées, à ne pas sombrer dans cette foutue spirale infernale qui m'absorbais quand je parlais de mon frère. Il ne me restait que Léon. Depuis quelques années, nous avions reprit contact. Il m'avait appris l'occlumencie, je lui avait appris la magie sans baguette. Nous avions assassiné notre oncle. Nous étions l'un pour l'autre, notre seul restant de famille.
La seule différence entre nous, c'était Azphel. J'avais trouvé l'amour. Je n'étais plus seule.

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Re: [Habitation] La Luce nelle Tenebre

Message par : Azphel, Mer 14 Oct 2015 - 16:40


[PV Tina]
Le temps de l'infini.
* * *

¤ ¤ V ¤ ¤ Tina usa de douceur et de patience lorsqu'il exposa les grandes lignes de sa famille et la perte de sa sœur, un détail qui n'en était pas un mais que l'italienne ne maintint pas en avant. Il l'en remercia intérieurement. Les grandes lignes, oui, c'est tout ce qui comptait pour le moment. C'était à la fois enrichissant et étrange de découvrir une partie de l'histoire de leur famille de cette façon, plusieurs mois après leur rencontre. Tout était si parfait en apparence pour Tina et Azphel qu'on aurait cru qu'ils se connaissaient depuis dix ans. Il n'en était rien, preuve supplémentaire que ce qui les liaient était au-delà du normal et de la définition commune de l'amour. Il y avait une profondeur sans égale qu'eux seuls étaient capable de toucher.

¤ ¤ ¤Les cœurs cachés sur la cheville de Tian avaient leur histoire lourde également, ils étaient passé heureux, présent douloureux et avenir incertain. Les désaccords familiaux en avait brisé un, la mort frappé un second, son frère.
¤ ¤ ¤L'étreinte d'Azphel se resserra autour des épaules de Valentina qui lui parurent plus frêles que jamais, lorsque sa voix expliqua mélancoliquement les circonstances de sa mort. Elle se sentait responsable de celle-ci, bien que le rebond d'un sort était totalement incontrôlable, Azphel le savait. Elle le savait, mais comment se dédouaner de la perte d'un être cher quand il est tué par notre baguette ?

¤ ¤ ¤ ¤ ¤ Il comprenait qu'elle ait essayé la nécromancie, lui-même s'était expertisé dans la branche en entrant chez les Mangemorts. Mais il n'avait jamais songé à tenter de ramener sa sœur par ce moyen. Il était trop jeune à l'époque, trop faible, et son échec l'aurait sans doute fragilisé encore plus.
Tina avait raison, avec l'âge, les sorciers se renforcent, l'expérience les imprègnent et ils finissent, pour les meilleurs, par tutoyer la toute puissance de la magie, jusqu'à frôler l'immortalité, jusqu'à défier la vraisemblance des lois physiques, pour les mener à un stade d'évolution que rien n'est capable d'entraver.

¤ ¤ ¤Si Azphel se considérait de ceux-ci, et y incluait Valentina, ils étaient cependant bien faibles en ce moment, à détailler les faits les plus douloureux de leur existence. Mais c'était là une autre force du couple Azphel/Valentina, cette grandeur qui sommeillait en permanence et qui leur permettrait de se relever sitôt la conversation finie.

Azphel essuya la larme qui s'asséchait sur la joue de Tina et l'embrassa tendrement.
- La nécromancie... est un art intéressant. Mais les échecs, nos échecs, me rappellent qu'un sorcier a beau jouir d'une puissance infinie, nous ne sommes rien face à la mort. La mort de Cyrielle a motivé la plupart de mes choix après Poudlard, je pense que c'est pareil pour toi ?

¤ ¤ ¤ ¤ ¤ Schiavo choisit ce moment pour réapparaître, laissant une ode de silence calmer les remous douloureux, pour remplir les coupes de champagne de sa maîtresse et son hôte et s'assurer qu'ils ne manquaient pas de petits fours à grignoter.
Azphel se demanda si l'elfe avait épié la conversation et trouvé le moment opportun pour apparaître et calmer sa maîtresse. Les deux sorciers se détachèrent l'un de l'autre, non sans garder leur doigts reliés. Il but de nouveau et adressa un sourire tendre à l'italienne. Il ne voulait pas prolonger son calvaire et la forcer à parler de sujets douloureux. Il connaissait l'histoire, cela lui suffisait amplement.

¤ ¤ ¤Tina avait peut-être été faible, comme il le croyait, mais elle était d'une force à toute épreuve. La mafia avait largement du contribuer à lui façonner cette image imperturbable qu'elle gardait d'ordinaire, mais elle s'était renforcée grâce à la magie, pour surmonter la difficulté des épreuves que la vie lui avait réservé. Azphel avait eu le même parcours, et si leurs familles ne se ressemblaient pas le moins du monde, leur vision de la magie avait servie le même but, à les parfaire chacun de leur côté.

- Il y a quelque chose que tu dois savoir sur moi, dit-il comme s'il venait d'y réfléchir. En réalité la pensée le travaillait depuis un moment et il jugea bon de s'en servir pour changer le sujet des morts dans leur famille. Je ne sais pas si cette particularité changera fondamentalement ou non notre relation, mais je suis un loup-garou, depuis un peu moins de six ans. J'ai été mordu par une femme qui m'a laissé à mon sort et j'ai cru définitivement disparaître, mais ça n'a pas été le cas. Si ça peut t'éviter de nombreuses questions, sache que je me suis isolé pendant cinq ans du monde magique pour apprendre à gérer ma lycanthropie. En fait, lorsque nous nous sommes rencontrés dans la forêt interdite, je venais tout juste de revenir en Angleterre.

Il s'en arrêta à cette simple explication, lui laissant le temps de bien imprégner l'idée. Les Loup-garou n'étaient pas souvent appréciés, et même s'il était convaincu que ça n'altérerait pas les sentiments de Tina à son égard, il ne pouvait s'empêcher de se questionner sur les pensées de l'italienne sur sa condition. Il avait appris à vivre avec maintenant, et heureusement, le plus contrariant ne se produisait qu'une fois par mois.
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Re: [Habitation] La Luce nelle Tenebre

Message par : Valentina Boccini, Dim 25 Oct 2015 - 18:12



-Le temps de l'infini-



____________________


Comment expliquer à Azphel que la mort de mon frère avait déclenché en moi un besoin que je tâchais par tous les miens de satisfaire ? Avoir vu son corps ne devenir qu'une coquille vide, son âme disparaître dans les volutes de brouillards de cette nuit de malheur, avait fait naître en moi le désir de toute une vie. L'immortalité était mon objectif suprême. Je ne supportais pas l'idée que la magie ne puisse rien faire contre ce malencontreux aléas de la nature; je cherchais encore une solution. Les ouvrages sur le sujet s'entassaient dans ma bibliothèque personnelle. Je  taisais aussi l'essentiel : j'avais réussi. J'avais ramené le temps de quelques minutes mon frère aîné à la vie. Je pouvais d'ailleurs le faire quand je le voulais.

Ce n'était pas cependant nécessaire de s'attarder sur ces attraits de ma vie. Et de la sienne d'ailleurs, puisque son parcours était également marqué du sceau de la mort. Je répondais d'un hochement positif de la tête à sa question. Oui. Georgio avait détourné mes choix par son simple souvenir. Je gardais un silence prudent, laissant un ange passer avant de boire à nouveau dans ma coupe de champagne, remplie par Schiavo qui avait fait un bref passage pour surveiller la conduite du sorcier qui touchait sa maîtresse. Je le chassais d'un regard noir.

- Il y a quelque chose que tu dois savoir sur moi.

Il y avait sans doute des centaines, des milliers de choses que j'ignorais sur le Serpentard et que je devrais savoir sur lui, mais ce détail semblait le toucher particulièrement. J'optais donc pour un regard curieux mais calme, et l'incitais ainsi à parler. Je n'en avais bien sur pas besoin, Az était partisan des longs monologues.

- Je ne sais pas si cette particularité changera fondamentalement ou non notre relation, mais je suis un loup-garou, depuis un peu moins de six ans. J'ai été mordu par une femme qui m'a laissé à mon sort et j'ai cru définitivement disparaître, mais ça n'a pas été le cas. Si ça peut t'éviter de nombreuses questions, sache que je me suis isolé pendant cinq ans du monde magique pour apprendre à gérer ma lycanthropie. En fait, lorsque nous nous sommes rencontrés dans la forêt interdite, je venais tout juste de revenir en Angleterre.

- Je sais, depuis Buckingham.

Ou plus exactement je l'avais sentis. Le premier soir, dans la forêt, son odeur lupine avait du être détournée par le vent contraire. Finalement, au palais, j'avais humé cette odeur que je connaissais fort bien et avait finit par l'assimiler à son état. Ma qualité d'animagus décuplais mes capacités olfactives. Côtoyer Dwayne, puis Pandora, Rurik et plus récemment Morgan m'avait familiarisée avec ce parfum surprenant. Je serrais ses doigts, pour lui montrer le peu d'importance que ce que je considérais comme un détail avait à mes yeux. A vrai dire, c'était un don comme un autre.

-Tu sais bien que ça ne change rien pour moi. Je suis bien à demi-corbeau !

*Bien plus qu'à demi...* Mais ça; je le garde pour moi. Faisant taire la voix mesquine du volatile dans ma tête, je me concentrais sur l'être que j'aimais, juste à côté de moi. Difficile de détacher mon regard de lui et pourtant c'était nécessaire, pour ma santé mentale, c'était même impératif. Ses eux avaient la sale capacité de lire en moi. Même si je l'aimais très sincèrement, lui avouer certaines choses étaient impossible. Ma folie, certaines de mes actions, quelques projets... Non pas qu'il n'aurait pas compris, mais il me fallait garder cela secret. C'était un besoin silencieux, comme une ombre dangereuse qui planait, menaçante, au dessus de ma tête. Une épée de Damoclès qui s'abattrait sur ma nuque au premier mot de travers. Jugeant inutile de prendre de tels risques, je souriais simplement.

- Je suis Occlumens. Je le suis devenue pour diverses raisons, protéger de trop nombreux secrets, me protéger de trop nombreuses personnes ...

Jouvok. Ce monstre qui avait été défigurée par mon contre-sort, le jour même du décès de mon frère. Ce monstre qui avait enlevé ma mère. Ce monstre qui avait tracé de la pointe de sa lame empoisonnée les mots gravés à jamais sur mon bras. Et William qui m'avait sauvée. William, justement, dont je devais me protéger. Son influence sur moi, les sentiments qui longtemps m'avais poussée dans les tréfonds de l'obscurité. Et finalement, moi-même. Ma pire ennemie, sans doute, mes vices cachés, mes peurs morbides, mes désirs violents. Me protéger de moi-même. Mission impossible...

Je buvais encore un peu de champagne avant de passer simplement sur les genoux de Az, face à lui, pour l'embrasser tendrement. Tout cela n'avait pas d'importance. On était là, forts et fous. Sans tout cela, nous n'aurions pas été nous. Aujourd'hui je ne voyais plus ma vie sans le brun ténébreux. Il était essentiel. Capital. Presque autant que pouvait l'être Léon.

- Azphel ?

Dire trois mots ne m'avais jamais semblé si dur.

- Je t'aime.

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Re: [Habitation] La Luce nelle Tenebre

Message par : Azphel, Lun 26 Oct 2015 - 17:25


PV Valentina
Le temps de l'infini.
* * *


- Je sais, depuis Buckingham. Tu sais bien que ça ne change rien pour moi. Je suis bien à demi-corbeau !

¤ ¤ T♥ ¤ ¤ Azphel sourit et regarda Tina de ses yeux profonds. Bien entendu qu'elle savait. Elle l'avait deviné. Une sorcière avec pareils talents ne pouvait que connaître la nature des gens qui lui faisaient face. Un demi corbeau, une facette qui lui collait magnifiquement bien. La pâleur de sa peau de crème se mariait avec les plumes noires de son alter-ego ailé. Tina était blancheur apparente pour noirceur d'âme. Ses plumes en dévoilaient l'origine, la liberté à laquelle elle était attachée. Peu de personnes pouvaient comprendre cela mais Azphel le ressentait de plus en plus à mesure que leurs moments partagés défilaient.
Une ange démonique aurait dit certain, un parangon de perfection pensait Azphel.

- Je suis Occlumens. Je le suis devenue pour diverses raisons, protéger de trop nombreux secrets, me protéger de trop nombreuses personnes ... lui dit-elle avec sincérité, le regard vacant dans des souvenirs visiblement lointain.

¤ ¤ ¤Devenir Occlumens ne se faisait jamais pour de bonnes raisons, il fallait l'admettre. On protégeait toujours quelque chose d'important, une personne, un passé ou un groupuscule. Azphel y voyait un des aspects les plus intéressants de la magie noire.
¤ ¤ ¤Ainsi sa belle se préservait des agressions magiques, tout comme lui. Ce n'était qu'un détail. Il ne se protégeait pas d'elle et il savait l'inverse vrai. Tina saurait ce qu'elle voudrait, ses yeux de glace le transperçait suffisamment pour lui faire avouer tout ce qu'elle souhaitait savoir.

- Je le suis aussi, dit-il simplement. Je le suis devenu pour protéger ce secret, expliqua-t-il en pointant sa marque. Mais pour toi mes secrets resteront ouverts si tu souhaites les connaître.

¤ ¤ I♥ ¤ ¤ Les mots ne surprirent pas Tina. Ils se comprenaient, bien plus loin que l'évidence. Ils se ressemblaient, bien au delà des apparences. Azphel avait la conviction qu'ils étaient faits l'un pour l'autre, qu'aucune autre femme ne serait jamais capable de lui apporter la moitié de ce que Tina lui offrait. Cet équilibre sentimental, ce déséquilibre complet dans la noirceur, cet attrait malsain qui les habitait tous les deux, la communion qui les animait pour accomplir ensemble les choses, bonnes comme terriblement mauvaises. Tina et Azphel étaient inarrêtables.
S'en prendre à l'un de ces deux sorcier confirmé relevait de la bravade, se poser sur leur chemin un acte de folie pure et désespéré.

¤ ¤ ¤Leur amour était folie. Il l'assumait, le ressentait et l'exhalait, le désirait par dessus tout. Il était prêt à se perdre pour les bras de l'italienne, parce qu'elle en valait la peine. Il commettrait les actes les plus fous pour ses sourires, si désarmant qu'ils le faisaient trembler. Il accomplirait des actes impardonnables pour ses lèvres pulpeuses si tendres et chaudes, habituées à lui faire perdre la raison et tout sentiment de contrôle dès lors qu'elles l'effleurait. Tina était devenue toute sa force. Elle serait sa plus grande faiblesse.

¤ ¤ N♥ ¤ ¤ Valentina trempa ses lèvres dans sa coupe et l'escalada ensuite pour venir face à lui. Il pouvait ressentir la chaleur de son corps et le feu intérieur qui l'habitait. Le parfum de la belle l'imprégnait encore et toujours de remous excitants, d'effluves tentatrices qui prenaient un malin plaisir à réveiller maintes émotions et désirs inavouables, maintes folies corporelles à assouvir. Ses yeux en amande à la profondeur océane le dévorèrent à petit feu, s'immisçant profondément dans ses prunelles émeraude, en violant les désirs les plus secrets.

- Azphel ?
Une seconde s'égrena, leurs regards se mélangeant.
- Je t'aime.

¤ ¤ ¤Les mots déclenchèrent un frisson d'une intensité rare, l'arrêt succinct de sa respiration, de son cœur qui se suspendit durant une seconde interminable. Ce n'était pas la première fois qu'on lui disait sincèrement "je t'aime", c'était la première fois qu'il y attachait de l'importance.
- Moi aussi je t'aime, Tina, lui répondit-il en cherchant des yeux toute la profondeur de son regard.
Il glissa sa main gauche dans le bas de son dos et la droite sous ses cheveux blonds, derrière la nuque, pour l'attirer à lui et l'embrasser... Lentement, tendrement... passionnément. Un baiser qui s'éternisa sur des notes humides et langoureuses, sans vouloir s'arrêter.

¤ ¤ A♥ ¤ ¤ Le sorcier passa ses mains sous la robe de l'italienne et l'enleva rapidement avant de déboutonner sa chemise. Il glissa ses lèvres dans le cou de Tina qu'il mordilla et lécha  lentement... avant de la soulever pour l'allonger sur le canapé et la surplomber de sa silhouette. Elle était magnifique dans sa lingerie noire, d'une beauté séductrice excessive, insolente, mais enivrante. Il se superposa à elle, rempli d'envies indécentes pour les occuper le restant de l'après-midi.
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Re: [Habitation] La Luce nelle Tenebre

Message par : Valentina Boccini, Mar 27 Oct 2015 - 23:33



-Le temps de l'infini-
[RP Privé avec Azphel]

____________________


Les choses allaient vite entre nous, trop peut-être, pour mon cœur encore brisé par les regrets du passé. Je n'avais pas oublié à quel point l'amour était à double-tranchant. A quel point tout pouvait basculer vite. A quel point ça faisait mal. Cette voix maudite me hantais depuis l'une de ces ruptures si dures qu'elle vous enfonce dans les abysses obscures de la folie et qu'elle vous empêche de relever la tête. Pieds et poings liés, c'est la force des autres qui vous élève. Dwayne. Jake. Licia. Et maintenant, Azphel... Azphel que j'aimais. Je le lui avais dit, difficile de faire demi tour à présent. C'était voulu. La garantie que je ne reculerais pas, pas avec lui.

Ses yeux me dirent "moi aussi" avant que ses lèvres ne le prononcent. Je souriais; satisfaite, tandis qu'il dérivait dans mon cou, avide. Son désir réchauffait le petit salon cosy, tandis que le mien montait peu à peu. Il était le genre d'homme à vous faire chavirer d'un regard, à vous plonger dans un océan de passion sans que vous ne cherchiez à résister. C'était sombrer ou crever de frustration. Je le suivais sans hésiter dans le péché.

Inutile de penser alors que son corps se superposait au mien, que ses mains se faisaient taquines et que ses baisers gagnaient en folie. je me perdais dans l'émeraude scintillante de ses yeux brûlants. Il était mien, j'étais sienne. Les choses étaient évidentes. Bien trop évidentes. De caresses en caresses, de baisers en baisers, nous nous plongions dans une fin d'après-midi de plaisir et de soupirs, marquée par l'amour inoxydable et la confiance délectable d'une relation encore nouvelle et pourtant déjà forte.

Le soleil se couchait derrière la colline, projetant ses ombres immenses sur mon salon, quand je me laissais retomber sur lui, épuisée, comblée, étourdie et ronronnante. Ses doigts glissaient encore tendrement dans mon dos alors qu'un silence léger s'installait. je lui adressais un regard mi-joueur mi-amoureux. Le résultat de longues étreintes passionnées et de milles "je t'aime" susurrés entre deux baisers langoureux... Le temps s'était arrêté pour nous, nous figeant dans cette bulle de bonheur que seul ceux qui s'aiment peuvent contempler. C'était le tintement lointain des cloches de Florence qui sonnait les dix neuf heures qui m'avait alertée.

Nos désirs désormais assouvis, j'allais pouvoir montrer une pièce de ma villa qui risquait de plaire au sorcier, ou plutôt au mage noir. Je me relevais, évoluant dans le salon en un déhanché subtil, montant les marches de l'escalier en un clin d'oeil. Arrivée à l'étage, et donc, dans ma chambre, je trouvais une tenue plus adaptée; des sous-vêtements sombres, un jean clair et un t-shirt un poil décolleté. Habillée, je récupérais dans le tiroir de ma table de nuit, la clef rouillée d'un évident cadenas mordant. Je redescendais, cueillais au passage Azphel qui s'était rhabillé (oui j'ai son LA) , et l'ntrainais avec moi dans ma cuisine. Nul n'était venu avec moi avant, à l'exception de Léon qui m'avait aidée à mettre en place l'ouverture. Déplaçant d'un geste de la main la table et les chaises, je dévoilais la trappe qui conduisait en bas. Je la soulevais et éclairais magiquement les chandeliers muraux. Un escalier de pierre étroit disparaissait sous la villa; je l'empruntais sans crainte.

-J'ai quelque chose à te montrer, chéri.

Je descendais les marches, et quand Az m'eu suivie, je m'engageais dans le couloir. Face à moi, trois portes, trois pièces. La première était une cellule, on pouvait même entendre les gémissements paniqués de Jouvok. Bien, Schiavo faisait bien son travail avec mon invité : le maintenir en vie. La seconde était encore vide, mais la troisième avait été aménagée en bibliothèque infernale. J'attrapais la clef que j'avais récupérée en haut et ouvrais la porte. La salle était de petite taille, pavée au sol comme aux murs. Ces derniers étaient tapissés d'étagères, contenant livres, fioles, objets diverses sortant tout droit de la boutique d'accessoires de magie noire et même de plus loin... Cet endroit était un temple de la Magie, noire surtout.

-Là, c'est le manuel d'Albert l'Ancien... je désignais un ouvrage manuscrit. ici, de la poudre de Nécromancien... Et là... C'est les restes de la coquille de l'oeuf de Speranza, mon python.

Je le laissais prendre la pleine mesure de cet endroit. Rien ne brisait le silence, ci se n'est les cris de détresse de mon prisonnier, qui savait bien que j'étais en bas et qui espérait libération. J'imaginais bien qu'Az puisse avoir des questions, et je me tournais vers lui avec un demi-sourire, lui montrant donc que j'étais toute ouïe.
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Re: [Habitation] La Luce nelle Tenebre

Message par : Azphel, Ven 30 Oct 2015 - 11:42


PV Tina
Le temps de l'infini.
* * *

¤ ¤ ♥ ¤ ¤Trop rapide, fuyant, le temps intemporel, ce moment d'amour improvisé, excité, des deux sombres sorciers intimement reliés, mêlés sur le canapé. Un salon pour décor, un dérisoire inconfort, brûlé de mille flammes acharnées, d'un feu de passion qui faisait de chaque surface, une matière à exploiter... Ode à l'amour, faire l'amour, à Tina ; relevait d'une affolante passion, d'un déni de raison...
Encore et Toujours, Maîtres mots de leur liaison qui se perdait éperdument sur les rives de l'infini. On se relevait de leurs ébats épuisés et clairement épris, avec un goût de reviens-y...

¤ ¤ ¤Tina restait nue sur Azphel, sa main dans son dos, les siennes à dévaler lentement les courbes éreintées de son corps suintant, en quelques caresses doucereuses, en chatouilles délicieuses. L'italienne, resplendissante, épuisée, expirait ses souffles conquis, aboutis, témoins de l'attirance qui les dévorait, forcée de s'exprimer en soupirs ralentis. La douceur de l'Italie embaumait leur amour d'une aura de séduction. D'un délicat parfum que les couples normaux ne font qu'effleurer, mais que les âmes sœur aimantes s'octroient d'évidence.
¤ ¤ ¤La sorcière se releva quand Florence sonna dix-neuf heures de manières arrogante, agaçante, les laissant constater des ombres élargies qui avaient pénétré la pièce, leur intimant avec insolence de se délier de leur amour insoutenable.
Il n'y avait que le temps qui pouvait arguer posséder pareil pouvoir sur eux.

¤ ¤ T ¤ ¤Sa belle dévala avec grâce son corps et se déhancha divinement jusqu'aux marches de pierres d'un escalier montant. Valentina n'était plus seulement son reflet, elle était sa moitié, sur tous les plans. Il prenait conscience qu'ils n'avaient pas cherchés à tomber amoureux l'un de l'autre, mais qu'ils l'avaient toujours été, sans même le savoir. Ils auraient pu ne jamais se rencontrer, cela n'aurait rien changé au fait qu'ils étaient déjà amoureux, victimes collatérales d'un malheureux jeu de piste, de la vie et du hasard. La forêt interdite n'avait fait que mettre sur un même chemin deux âmes condamnées à s'aimer, en symbiose depuis des années. Plutôt que de leur faire tourner le dos, ils s'étaient étrangement trouvés au moment où les deux en avaient réellement besoin.
¤ ¤ ¤Le destin diraient certains. Azphel n'avait pas de mot précis, pour leur amour comme pour Tina. Comme si Tina, dans son entière perfection, physique autant qu' idéologique, sa personnalité, sa force et ses faiblesses, les cicatrices sur ses bras, les meurtrissures de son cœur, pouvaient être définies par un simple mot ?  Quand la femme que l'on embrasse provoque des émotions à sens uniques, sans aucune contradiction, la banalité des mots ne suffit à la décrire.

¤ ¤ I ¤ ¤Tina était comme un tatouage sur la peau d'Azphel, une encre de laquelle il serait incapable de se défaire quand bien même il le souhaiterait, imprégnée dans sa peau, telle une blessure au fer rouge. Un sortilège de confusion ne l'aiderait à oublier l'inoubliable. À effacer de son regard émeraude la tendresse et l'embrasement du regard azur de sa compagne. Leur amour agissait tel un aimant, et le quotidien se devait de les maintenir raisonnablement écarté l'un de l'autre pour qu'ils puissent penser posément. Sinon, dès lors que les deux sorciers se retrouvaient, la magie opérait, plus rien ne les séparait. La communion intellectuelle était parfaite, leur rapprochement dans la magie et son utilisation éloquente. Dans l'Amour, le sexe, elle explosait. Deux âmes unies, jusque dans leurs pulsions et leurs désirs, parties ensemble fouiller les annexes du plaisir.

¤ ¤ ¤Il s'était rhabillé, pensivement, l'esprit focalisé sur l'avalanche, le chamboulement de sentiments, sur la personne qui transformait sa vie en un trépident roman. Tina redescendait pour un nouveau chapitre, la démarche toujours sensuelle, vêtue de manière plus décontractée, non moins sexy, agréablement décolletée, pour le régal des yeux, la joie sans égale de son sorcier. Il la suivit, un brin de curiosité dans le regard, de l'amour écrit sur ses lèvres et son sourire.
Terribilis Est Locus Iste ?
¤ ¤ ¤Rien ne lui ferait peur, rien à découvrir chez elle, rien la concernant, encore que, en l'admettant, la peur était bien réelle, mais de la perdre, elle. Il devait la taire, prendre sur lui, accepter que leur liaison unique demeurait dangereuse et en conséquence, relativement fébrile dans leur entourage. Un jour viendrait, l'un des deux serait pris dans de sales histoires, peut-être traîné dans la honte et la boue. Un jour viendrait, l'un d'eux serait blessé ou perdrait la vie.
On adore pas la magie noire à ce point sans être abhorré par la communauté. Azphel et Tina étaient suffisamment intelligents pour le savoir.

- J'ai quelque chose à te montrer, chéri.
¤ ¤ N ¤ ¤Le chéri sonnait bien, comme une symphonie de couple. Un mot doux réservé aux seuls élus de l'amour véritable. Un sentiment qui ne faisait désormais plus peur au sorcier. La partition se jouait, ils en étaient les acteurs, musiciens coordonnés pour une mélodie de piano, de guitare accordés.
¤ ¤ ¤La cuisine servait donc de cachette, puisque table et chaises s'écartèrent, et dévoilèrent discrète, une trappe sur le sol. Azphel suivait Tina sans poser de question, sans poser de réponses. Il le verrait quand il serait arrivé là où elle souhaitait l'emmener, et dévalait les marches avec une excitation certaine, éclairé par la lumière de chandeliers allumés d'un geste simple de la sorcière. Le colimaçon serpentait jusque sous la demeure, une descente où s'écrivait la fraîcheur, jusqu'à un sous sol clos où la lumière s'étouffait dans l'étreinte des murs.

¤ ¤ ¤Des cris sourds émanèrent de la porte la plus proche des deux sorciers, mais Tina continua, suggérant que ce n'était pas ce qu'elle avait à lui montrer. Le mage noir, curieux, laissa son regard toucher la porte, un tantinet surpris, complètement épris ; Tina se livrait, le délivrait, il n' avait à s'affoler. Une deuxième porte, aucun regard de l'Italienne, pas même l'ombre d'un mouvement, une pièce vide certainement. Troisième et dernière barricade souterraine, Tina s'arrêta devant. Elle ouvrit la porte, sans un regard, décidée, à révéler derrière elle un autre secret. Un noir secret. Une odeur de vieilles potions, de formules anciennes. Des étagères pleines à craquer remplies de potions et d'ouvrages, d'objets proscrits et insolites, de magie noire traversant les âges.

-Là, c'est le manuel d'Albert l'Ancien... Ici, de la poudre de Nécromancien... Et là... C'est les restes de la coquille de l'oeuf de Speranza, mon python.

¤ ¤ A ¤ ¤Azphel y pénétra, le regard pétillant, comme celui d'un enfant, dans les derniers jours de décembre, émerveillé découvrant, au pied de l'épineux arbre, un cadeau dissimulé. L'émerveillement s'immisça alors que le livre de l'Ancien acceptait sans réticence la caresse de ses mains profanes. Des tremblement dans son corps, des frissons, de l'excitation. À sa manière, Tina s'était bâtie un temple, qui ressemblait à s'y méprendre à ce que le sorcier avait cherché, les dernières années de sa vie, dans l'ombre, passées à arpenter le monde à la recherche de reliques, d'artefacts, des arcanes de la magie noire. Son désir pour Tina en augmentait, mélange de magie imprégnée, de partage fantasmé.

La fascination s'était invitée sur les traits du visage du sorcier, son regard, où se reflétait son émerveillement, se cacha dans le bleu des yeux de Tina, son refuge, sa raison, sans subterfuge, en parfaite coalition.

- La Nécromancie... Tu m'en avais parlé dans la forêt. J'ai moi même tenté différentes choses dans ma vie. Cette pièce... J'ai l'impression de la connaître, d'y trouver quelque chose que j'ai construit...

¤ ¤ ♥ ¤ ¤Il se rapprocha d'elle, enivré, délivré de toute peur. Sa main droite glissa sous le T-shirt de Tina, ses doigts retrouvant le bas de son dos, les frissons qui s'animèrent instantanément, ses mouvements lents explorant sa chute de reins, l'attirant, volontairement, assurément, à lui, pour un nouveau baiser, voluptueux, endiablé, terriblement passionné. Oui, il avait encore envie d'elle, Encore et Toujours, Maîtres mots de leur relation. Ses pupilles étaient dilatées, par un constant désir, qu'il se devait de retenir.

- Tu es parfaite mon amour, soufflait-il en s'écartant d'elle. Mais je m'interroge, depuis combien de temps entasses-tu tout ça ? Et qui est enfermé dans ton sous-sol ?

Le regard du sorcier était amusé, amoureux, intrigué, mais chaleureux.
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Re: [Habitation] La Luce nelle Tenebre

Message par : Valentina Boccini, Dim 20 Déc 2015 - 23:22


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You can ask anything. Flirter avec l'absolue perfection chaque jour n'était pas tâche aisée. Il dévorait la pièce des yeux, presque tremblant, passionné, vivant lui aussi pour contempler l'étendue de l'entière puissance de la magie. La découvrir, se l'approprier, la respecter, la porter à son paroxysme... à la manière d'un simple réceptacle, jouet de la grandeur aux desseins noirs et effrayants, démons aux richesses inavouables et inavouées, fantômes d'une ardeur que seul les vrais sorciers peuvent démasquer et faire fleurir à leur tour. Azphel et moi étions faits de cette pierre-là. Nous avions l'étoffe même de la grandeur.

Sa beauté, toute en clair obscure dans ce décor familier, me nouait le ventre. Le durcissement de ses traits par la pénombre le rendait mystérieux, presque dangereux, oscillant entre une splendeur rugissante et une discrétion sereine. Son nez droit, son oeil d'émeraude luisant de malice, sa bouche, ne demandant que mes lèvres, tandis qu'il découvrait mon antre, mon temple. Je me glissais jusqu'à lui, contractant l'abdomen pour ne pas le déshabiller ici-même et m'abandonner à nos étreintes dévorantes sur la pierre glaciale.

Un baiser. Intense, furieux, puis léger, tendre. Caresse discrète, lèvres douces et fermes qui se rencontrent, s'effleurent, dansent et puis se séparent, chagrines, pour mieux se retrouver plus tard. Iris heurtant l'iris, bleu dans le vert, nous restâmes ainsi avant que sa voix, fluide, ne heurte et n'emplisse le silence.

- Tu es parfaite mon amour. Je sais... Mais je m'interroge, depuis combien de temps entasses-tu tout ça ? Et qui est enfermé dans ton sous-sol ?

Je souriais, mystérieuse, attrapais sa main, tout contre mon dos, et l'entraînais à nouveau hors de la pièce, la verrouillant magiquement en marmonnant, puis le menait dans la cellule d'à côté. Je ne comptais pas ouvrir la porte, je le laissais simplement ouïr les cris et gémissements du misérable résidu de sorcier qui pourrissait là. J'avais presque, au fil du temps, oublié la présence de cette ordure. Mon oeil se fit méchant, mon sourire, en coin, révélateur.

- Ici, tu veux dire ? je désignais la porte d'un mouvement de la tête. Quelqu'un qui a osé s'en prendre aux miens.

Je dévoilais mon bras, où l'inscription m'injuriant apparaissait encore, rougeâtre, bien que moins visible. Sans William, j'aurais succombé de cette blessure, imbibée de poison. Le professeur de Potion de Poudlard m'avait sauvé la vie, ce jour là. Je ne comptais cependant pas raconté cet histoire à l'homme qui partageait ma vie.

- Je vis ici depuis quatre ans, et j'ai commencé mes... acquisitions vers l'âge de dix-sept ans, avant mon tour du monde. C'est une passion qui mérite que l'on s'y adonne.

Je remontais ensuite, lentement, tout en étant certaine que le ténébreux sorcier me suivrait. Les quelques marches enjambées, je reverouillais l'entrée de la cave, replaçais la table et laissais le directeur des serpentard m'embrasser. Nous fîmes une halte au salon, toujours étrangement silencieux, mais pourtant parfaitement apaisés, en harmonie parfaite. Rien d'autre que lui ne comptait en cet instant parfait.
Je répondais à ses caresses, à ses baisers. De fil en aiguille la chaleur remontait. Je le conduisais sans douter un instant à l'étage, dans ma chambre, et basculant à la fois sur le lit et dans un univers parallèle où le temps n'existait plus, nous sombrâmes sans réfléchir plus dans les dérives du plaisir, de l'amour et de la passion, emportés par l'éternité. Les draps de soies, témoins secret d'une attraction aussi sexuelle qu'amoureuse, ne retinrent pas longtemps les corps alanguis qui tanguait sur la mer du désir. C'est par terre, entremêlés, que nous profitions de cette délicieuse soirée, inépuisables, en communion, priant pour que rien ne cesse tout en sachant que nous arrachions, à chaque fois, des parcelles de l'infini.


[fin du rp]

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