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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Pré-au-Lard ~¤~ :: Rues de Pré-au-Lard
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Honeydukes
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Keira Sanders
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Re: Honeydukes

Message par : Keira Sanders, Sam 16 Avr - 23:46


Ce matin, elle s'était réveillée un peu en retard. Pas grave, pas d'école aujourd'hui. Elle pouvait se permettre une petite grasse matinée de temps à autres. Parfois, le corps en avait besoin. Et le corps est maître. Le corps décide. Le corps impose ses limites. Elle préférait quand même se lever tôt. D'habitude, elle se levait à l'aube pour bien profiter de la journée. A l'aube, la plupart des gens dormaient encore. C'était son moment de tranquillité de la journée. Aujourd'hui, elle en serait privée. Tant pis. C'était pas la fin du monde.

Assise seule près du lac, elle se demandait qu'est-ce qu'elle allait faire aujourd'hui. Pas envie de travailler ses cours. Faut dire qu'elle n'en avait pas souvent envie. Elle le faisait quand cela était nécessaire, voilà tout. Là, elle pouvait se reposer, alors elle ne se faisait pas prier. Keira sortit de sa poche un paquet entamé de Fizwizbiz. Elle goba un bonbon, puis deux, puis trois. Le paquet ne tarda pas à être vide. Frustrée, elle le balança dans l'herbe en soupirant. La flemme d'aller en acheter d'autres. Le problème avec les sucreries, c'est l'addiction. Elles te stimulent les sens pour t'amener à en manger plus, toujours plus, jusqu'à ce que tu n'en puisse plus. Allez, au moins, elle avait trouvé quelque chose à faire de sa journée. Elle se releva, murmura un Accio pour ramasser le plastique après une petite poussée de conscience envers l'environnement, et partit en direction de Pré-Au-Lard.

Elle poussa la porte de chez Honeydukes, boutique qu'elle connaissait bien. Elle y avait été tant de fois, et pourtant, elle découvrait de nouvelles sucreries à chaque visite tellement le choix y était large. Il y en avait pour tous les goûts. De toutes les couleurs. Des milliers de bonbons, magiques ou non. Il n'y avait pas grand monde dans la boutique. Une dizaine de personnes, tout au plus. Elle se dirigea vers son présentoir préféré : celui vendant les Fizwizbiz et les Bulles Baveuses. Elle commença a se servir. Non loin de là, elle remarqua un homme planté au milieu de la boutique. Ce qui paraissait étrange, c'est qu'il ne faisait rien. Enfin si, il regardait les autres. On aurait presque dit qu'il s'était perdu ou endormi sur place. Keira fronça les sourcils en le regardant, et sous l'inattention, elle renversa les paquets qu'elle venait de remplir. Oups... murmura-t-elle. Elle s'accroupi afin de les ramasser en espérant passer inaperçue, puis retourna le regard vers la cause de sa maladresse. Toujours au même endroit. Cette fois, la Serpentard remarqua des pinceaux qui dépassaient de son sac. Elle n'en croyait pas ses yeux. C'était plutôt rare de croiser un sorcier peintre. Cela ne devait tout simplement pas faire partie des activités préférées dans le monde magique. Elle n'avait pas l'habitude de parler. Elle n'est pas timide, mais elle parle rarement en premier. En plus, il a l'air bizarre et plus vieux de quelques années. Il n'a plus l'air d'être élève à Poudlard. Mais elle ne pouvait pas laisser passer une occasion de rencontrer un autre peintre à ses heures perdues - ou non.

- Tu peins ? Tu utilises quoi, comme peinture ?

Elle se rendit compte qu'elle avait oublier les salutations. Trop tard. Peut-être qu'il ne ferait pas attention.
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Leo Keats Gold
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Re: Honeydukes

Message par : Leo Keats Gold, Jeu 28 Avr - 14:55


RP unique - Autorisation de Keira - Suite de ce RP


Ollivander's ? Check, ça avait été l'plus facile. Gare ? Check. Place ? Fait. Pieddodu ? Pris quelques libertés en agrandissant l'affiche, mais contrat respecté. Il n'me restait plus trop d'endroits où aller dans c'bourg là. P'têtrealler à Waddiwasi après avoir fait Honeydukes.... Il ne me resterait qu'une seule affiche après, mais une idée germait déjà dans mon esprit, ça allait promettre, vraiment. MAis d'abord finir c'que l'on a commencé. Pré-Au-Lard. J'laissais les tavernes à quelqu'un d'autre, nul doute qu'un autre larbin des Manges Noirs s'en chargerait, moi, j'gérais les boutiques... Et ma dernière idée, bien que celle-ci se trouve à Londres.

Direction Honeydukes, je n'ai pour l'instant croisé aucune âme qui vive, rien, tout est calme, et j'peux tout entreprendre sans soucis à craindre.La boutique d'confiseries. Lieu de perdition pour les gamins. Si Annie aime les sucettes à l'anis, c'est son choix nom d'une pipe... Justement en parlant d'pipe... J'étais affreusement en manque ces temps-ci... De tabac, évidemment, bande de pervers ♥, mais pas la clope n'semblait pas très répandu ici, rien à acheté, juste consommer.

L'affiche fut vite posée, et moi reparti vers d'autres lieux attendant ma décoration.

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Alicia Wind
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Re: Honeydukes

Message par : Alicia Wind, Jeu 28 Avr - 19:16


Post Unique en réponse au RP de Leo et autorisation de Keira pour poster à sa suite

Sabotage (2)

Soupirant, Alicia remontait péniblement la grande allée de Pré-au-Lard pour retourner au château. L'affiche sur la porte de la poste magique l'inquiétait beaucoup : que préparait les Mangemorts ? Avaient-ils beaucoup de partisans ? Que faire pour protéger les élèves ? C'était surtout ça le soucis de la jeune femme : la protection de ses élèves. L'idée qu'il leur arrive quelque chose était insoutenable pour elle et lors de l'obtention de son poste, l'Animagus s'était jurée de les protéger, coûte que coûte. Elle ne les connaissait pas personnellement mais son côté protecteur faisait toujours surface qu'elle pensait à eux.

L'Hermine se dépêchait donc de rentrer au château pour faire un tour de garde dans les cours, histoire de voir si tout allait bien. Après cela, un bon chocolat chaud et ZOU, au lit ! Néanmoins, avant cela, il fallait régler un dernier petit détail... Et oui, en passant devant Honeydukes, la jeune femme explosa de colère en s'apercevant que la même affiche qu'à la poste trônait sur la devanture. D'un geste rageur, elle dégaina sa baguette et informula une nouvelle un #Flambios :


Énervée plus que de raison devant l'ampleur des choses, Licia finit par atteindre le château et partit en direction des couloirs. Le premier élève dehors, c'est deux heures de colle direct !
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Trevor Le Dragon
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Re: Honeydukes

Message par : Trevor Le Dragon, Dim 1 Mai - 3:47


Altercation auditive. Un être lui parlait, faisait parvenir à ses oreilles des syllabes enchaînées avec fluidité. Douce voix fluette, timbre féminin, jeune mélodie : Trevor fut captivé un instant, happé par celle qui l’avait dérangé. Il posa son regard curieux sur la nouvelle-venue. Grain velouté, teint lisse et mélodieux. Yeux timides, visage paisible. Elle était jolie, elle était élève.

Trevor esquissa un petit sourire, amenant son sac contre son ventre. Il l’ouvrit pour en montrer le contenu à la jeune fille. C’était un atelier complet à l’intérieur d’un sac en toile. Comme quoi la magie pouvait être utile, parfois. Pinceaux, toiles, palettes, tubes de peinture : tous les effets personnels de l’artiste résidaient ici. On pouvait de même apercevoir quelques chevalets, des objets étranges et des cahiers aux pages recouvertes de dessins.

Pas de bonjour, pas de bonsoir. Directes paroles vers un sujet bien précis. Elle savait de quoi elle voulait parler, elle posait donc une question qui allait les amener tous les deux à échanger des mots qui lui était liés. Pas d’autre choix. Tant mieux, se disait Trevor, de cette façon, pas besoin de la déchiffrer pour savoir ce qu’elle voulait.

« Je suis peintre, en effet. » Autre sourire, étirement des lèvres. Il pointa l’intérieur de son sac : « Acrylique, aquarelle, à l’huile… J’ai un peu de tout là-dedans ! »

Odeur sucrée. Trevor détourna le regard, observa de nouveau. Plus de jolie jeune fille, plus de sac trop lourd rendu léger par la magie. Juste cette odeur sucrée dont il cherchait la provenance, la source. Regard balayant la boutique, se posant finalement sur le visage de celle qui l’avait dérangé. Haleine sucrée. Elle sentait les bonbons.
Il effaça ce détail. Se concentra de nouveau sur ce début de conversation.

« Peignez-vous aussi ? »

Politesse presque étrange. L’Artiste paraissait normal : il parlait, respirait, observait. Peignait dans sa tête. Peignait le visage de la fille, les bonbons aux alentours, les autres clients en avant. Il paraissait normal, presque. Les yeux un peu fous, les gestes un peu tremblants. Il cherchait sa dose, cherchait sa drogue, aurait pu avaler n’importe quel pot de peinture. Il lui fallait peindre à cette espèce de junky coloré. Il lui fallait créer, et vite. Alors, suffit le dialogue : prends juste la pose et laisse-moi t’peindre tranquille.


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Keira Sanders
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Re: Honeydukes

Message par : Keira Sanders, Dim 1 Mai - 16:38


L'artiste inconnu lui souria. Il ouvrit son sac ramené devant lui, et la chinoise s'approcha et pencha la tête au dessus pour regarder curieusement à l'intérieur. C'était un véritable fiasco, là-dedans. Y'avait jeté un sort d'aggrandissement. Très utile et ingénieux. Elle se demanda si le sort pouvait tromper aussi le poids du sac, mais n'osa pas le soupeser par politesse pour le jeune homme. Il était peintre. De profession ? Un peu bizarre. Pas courant. Pas courant dans le monde des moldus, encore moins dans le monde des sorciers. Elle se sentait intriguée par lui. Elle se sentit un peu mal à l'aise en l'entendant la vouvoyer, alors qu'elle l'avait tutoyé un peu plus tôt. Idiote, il a l'air d'avoir des années de plus que toi. T'aurais du y penser.

- Oui, oui je vois ça. Je ne peins qu'à l'huile. C'est un loisir. To-.. Je veux dire, vous, c'est votre métier ?

Elle ne pouvait s'empêcher de le trouver un peu bizarre. Sa posture était bizarre. Un peu crispée. La façon dont il était planté au milieu d'une boutique fréquentée d'enfants était bizarre. Non pas que son attitude auprès de ceux-ci était louche, c'était juste sa présence en elle-même, là façon dont il restait debout en plein milieu, sans se servir comme les autres clients. Pas assez vieux pour avoir un gosse, il n'accompagnait personne. La façon dont ses yeux passaient de visage en visage, de bonbon en bonbon. De son habituelle spontanéité sans retenue, elle l'interroga. Question qui pourrait sembler étrange et indiscrète.

- Vous faîtes quoi ici ?

Au mieux, il comprendrait la question, au pire, il serait un peu vexé. Ce serait pas la première fois qu'un être se trouverait froissé par le manque de retenue de la brune, tant pis.  Elle le regarda, attendant de déceler sa réaction. Elle remarqua ses yeux. Yeux pas communs non plus. Un bleu chatoyant, un bleu turquoise qui contrastait merveilleusement avec ses cheveux clairs. Jamais elle n'avait rencontré de pareils iris. Au fond d'elle, quelque chose lui soufflait l'espoir de ne pas l'avoir vexé.
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Re: Honeydukes

Message par : Trevor Le Dragon, Ven 20 Mai - 1:48


C'était son métier ? Métier... Peut-être, peut-être pas. Peut-être bien. Il n'y avait jamais vraiment pensé. Il n'avait pas encore assimilé cette notion étrange, cette notion d'adulte. Cette notion mature. Il vivait comme ça venait, il vivait comme il peignait : il improvisait, dessinait couche sur couche. Il comprenait pas tout ce qu'il se passait, tout ce qui lui faisait face. Il se prenait tout dans la gueule, des fois. Et ça faisait mal, parce qu'il comprenait pas. L'Enfant était toujours là. L'Enfant s'en allait pas. Il restait collé à lui comme à ses bonbecs, comme à son doudou, comme à ses jouets en cubes. Jouets en cubes qui formaient des lettres. Et lui, il prenait les cubes et les plaçait dans le plus bel ordre.
F
Pour Foutage de gueule. La vie c'était de la m*rde, en vrai. Y'avait pas de princesses, ni de fées qui volaient et qui lançaient des paillettes.
U
Pour Univers. L'univers c'était grand, c'était beau. C'était là qu'il s'échappait quand il en avait marre.
C
Pour Coeur de palmier. Il avait un coeur de palmier. Tendre et doux au toucher. Doux sur la langue. Un coeur à bouffer.
K
Pour Kamikaze. Parce qu'il se sentait un peu comme ça. Sacrifié de la vie. Prêt à crever.

« Si par "métier" vous faites référence à l'argent, alors oui. Peindre est mon métier. »

Sourire de côté. Sourire amical, et sincère, qu'il n'offrait qu'aux vrais gens. Aux gens qui existaient. Aux gens qui entraient, par hasard ou par force, dans sa vie, dans sa tête. Il souriait normalement, pour une fois. Avec ses dents, avec ses fossettes, avec ses yeux qui pétillent. Il l'observa parler, il écouta chacun de ses mots, il lui donnait toute sont attention. Tu fous quoi ici, Trevor ? Bonne question. Il observa les alentours, il observa son sac, il observa la jeune fille.

« Je... ne... sais pas du tout, en fait.
Je pense... que j'étais venu peindre... et...
J'ai perdu l'Artiste ! Il est plus là ! Il est parti ! »


Affolé, son regard se perdit dans le vide. Il chercha la voix dans sa tête, il l'appela, il secoua son esprit, le tourna dans tous les sens. Aucune trace de l'Artiste. Il l'avait laissé ici, avec la jeune fille et son sac de peinture.

« Bon, et bien. Puisque l'Artiste s'est barré...
Enchanté ! Je suis Trevor Le Dragon ! »


Une petite révérence s'ensuivit : un pied en arrière, la tête baissée et un tourniquet de la main. Au loin, dans sa tête, l'Artiste observait. Un vague sourire éclaircissait son air, alors qu'il se limait paresseusement les ongles. Aller Trevor, fait pas ton peureux. « Je suis pas peureux », sur un air enfantin.


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Keira Sanders
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Re: Honeydukes

Message par : Keira Sanders, Ven 20 Mai - 22:32


Ça relevait de l'évidence que par métier, la brune faisait référence à l'oseille. Que voulait-il que ce soit d'autre ? Métier, c'était pas un de ces mots pénibles qui ont trois sens différents, t'obligeant à jongler mentalement pour savoir de quoi il était question. Au contraire, il rentrait dans la meilleure catégorie : celle des mots qui n'ont qu'un sens. Qui ne peuvent pas être mécompris, mal interprétés. Un peu comme chien. En lisant ces cinq lettres, c'est le quadrupède qui se dessine dans votre imagination - et vous ne lui tracez pas d'ailes ou d'yeux composés. Pour métier, c'était pareil. Ainsi, Keira fut un peu surprise de la formulation que cet homme-là s'était appliqué à employer.

Le voilà qui lui montre un sourire. Tout frais, tout ensoleillé. L'est mignon, l'a du charme. Ses iris peu communs pétillants d'intérêt posés sur elle, la p'tite qui se forçait à soutenir ce regard pendant qu'elle crachait sa question. Il regarde autour de lui, il a l'air perdu. Perdu comme un gosse qui se serait séparé de ses parents en voyant cette explosion de couleurs acidulées par les vitrines. C'était assez étrange de se tenir en face d'un tel Monsieur. Les trois poils qui ne demandaient qu'à sortir prendre l'air au niveau de son menton, que le peintre s'obstinait certainement à couper, et sa carrure large lui indiquaient un jeune homme, mais Keira avait l'impression que le cerveau de ce type-là avait oublié de suivre le rythme endiablé du cycle de la vie. Qu'il était resté dans le passé, câlinant un viel ourson, loin des soucis d'adulte.

« J'ai perdu l'Artiste ! Il est plus là ! Il est parti ! » La brune leva un sourcil si haut qu'il aurait pu se cogner contre le ciel azuré. Il fallait bien qu'elle s'efforce de ne pas montrer de telle réaction, mais... Oui, plus il ouvrait la bouche, plus il paraissait bizarre. Elle aurait pu s'enfuir. Subtilement, bien sûr. Lui glisser un doux au revoir, se forcer à lui rendre un petit sourire, et annoncer qu'elle devait y aller. Échapper au malaise dans lequel la situation présente la plongeait. Mais cela aurait été bien trop simple. En réalité, la jeune fille ressentait une sorte d'attraction pour l'homme aux yeux vifs. Comme s'il était un aimant, et elle, un vulgaire trombone qui traînait par là. C'était pas le genre d'attraction qui te sifflait à l'oreille la beauté de ses lèvres, non ; cela s'apparentait plutôt à une curiosité excessive. Fallait dire qu'on croisait pas tous les jours un type comme celui-ci.

Puis il se présenta, d'une manière mécanique qui frôlait le grotesque. Comme un petit pantin. Trevor, c'était donc comme ça qu'on l'appelait. Trevor Le Dragon. Était-ce un nom, au moins ? Dans l'esprit de la brune, cela ressemblait à un pseudonyme. Ouais, ça devait être un pseudonyme d'artiste. C'était chose courante, dans ce milieu-là. Surtout chez les artistes femmes, allez savoir pourquoi. Cela venait sans doute du fait que le genre avait longtemps été sous-estimé au cours de l'histoire.

« Je m'appelle Keira. ...Enchantée.
Je... euh ... »


C'était pas dans ses habitudes, de pas arriver à cracher ses mots. D'ordinaire, ils remontaient depuis ses entrailles, faisant l'exact trajet que faisait de la bile fraîche qui ne demandait qu'à sortir, picotaient, brûlaient sa langue. Et étaient expédiés vers d'autres oreilles. Pas besoin de les mâcher, non. Ils sortaient comme ils étaient, crus, et c'était le meilleur. Là, elle ne savait pas ce qui la prenait. Allez, dis-le donc.

« Je voulais dire que c'était dommage que... l'artiste nous ait quitté. J'aurai bien voulu admirer c'que vos grandes mains produisent. »

Elle souriait un peu, de façon distraite, en regardant ses pieds. Elle avait l'impression de devenir écarlate là-dessous.
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Re: Honeydukes

Message par : Trevor Le Dragon, Lun 20 Juin - 0:55


Les traits frais de la prénommée Keira faisaient penser aux cerisiers dans les jardins japonais. Ses mots étaient douces fleurs roses tremblantes sous les mains du vent. Ses cheveux noirs tombaient sur ses épaules comme les feuilles tombaient des arbres en automne. Pour la première fois depuis son apparition, Trevor observait la jeune pour de vrai. Il y avait quelque chose, là dans ses yeux. Une sorte de détermination, une curiosité et une vivacité étonnante qui faisait se dresser les cheveux sur la tête. Une grande puissance animait la petite sorcière, Trevor le sentait. Une puissance électrique et infatiguable.

Elle veut voir l’artiste, elle l’appelle et réveille ses oreilles. Mais il renonce à la tentation qui lui tenaille les entrailles. Il renonce à sa place et laisse Trevor seul, entre ses pensées abandonnées et son regard affolé. La place entre ses deux oreilles bouillonne et surchauffe. Il ne voulait pas être seul, même si c’est ce qu’il aimait clamer. Il était habitué à l’Artiste et à ses interventions, il était habitué à le laisser aller et attendre derrière, les bras croisés. Il était habitué à obéir la tête baissée. C’est déstabilisant, tout comme le regard de la jeune Keira.

« Je… je peux essayer… de faire quelque chose..? »

L’intonation d’une question résonnait entre ses mots. Elle n’était pas destinée à Keira, mais plutôt à lui. Plutôt à lui-même. Je peux essayer, dis ? Essayer de me copier, emprunter mes mains et ma tête juste pour un instant. Faible hochement de tête de la part de l’Artiste. Tu peux essayer. Réconciliation entre deux personnalités. Elles se serrent la main, petit mouvement de tête respectueux. Un faible sourire reprit place sur le visage de Trevor qui en avait été dénué pendant ces quelques instants. Il attrapa un crayon dans son petit sac, puis un morceau de papier froissé.

Le sorcier s’assit par terre, désormais à la bonne hauteur, à la bonne hauteur de Keira. Il croisa ses jambes, s’assit comme quand il était petit. Il posa son sac à côté et son papier sur son genou pour commencer ses coups de crayon. Un gosse assit dans une boutique sucrée. C’est ce qu’il était.

Les traits au crayon de papier formaient bientôt une ombre. L’ombre d’un visage aux traits doux comme les cerisiers japonais. Un visage encadré par des cheveux-feuilles-d’automne. Un visage aux yeux aux iris puissants. Le visage de Keira sur une feuille de papier. Il essayait tant bien que mal de mettre tout ce qu’il avait observé à l’intérieur de ce dessin. Il essayait de faire éclore des fleurs roses sur les joues du modèle. Il essayait, il essayait et l’Artiste l’observait essayer. La respiration calme des deux personnalités s’accordait avec le rythme des coups de crayon. Calme artiste, piégé dans son monde. Il pointe le papier.

« Regardez, là. Vous voyez les fleurs sur votre nez ?
Et les feuilles dorées dans vos cheveux ?
Et les éclairs dans vos yeux ?
Vous les voyez, hein ? Dites-moi que vous les voyez. »


Parce que lui les voyait. Même s’il n’en n’y avait pas. Il les voyait et les avait créé, lui. Sans L’Artiste. Il avait essayé et les voyait. Il les voyait. Clairement dans sa tête. Les traits se traduisaient en fleurs, en feuilles, en éclairs. Pour la première fois, l’Artiste s’était mélangé à Trevor. Les deux personnalités s’étaient réconciliées.


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Re: Honeydukes

Message par : Keira Sanders, Ven 24 Juin - 23:20


Le sorcier s'assit par terre comme un enfant. Un enfant perdu au milieu d'une boutique de sucreries. Perdu au milieu des couleurs acidulées dans les vitrines et dans ce sac sans fond. Sans fond, tout comme la profondeur de ses yeux turquoises. Yeux qui brillent de mille paillettes, yeux dont les reflets montrent une grande gentillesse. Ce monsieur-là a beau avoir l'air un peu perdu et attardé, ses yeux ne trahissent aucune mauvaise intention. Fenêtres de l'âme, de l'esprit. Le seul élément d'un corps capable de trahir même le plus doué manipulateur. Même Keira. Il suffisait de savoir lire. Un genre de lecture un peu particulière que l'on apprend avec l'âge et avec le temps. Mais ces yeux-là reflètent une quantité étrange d'honnêteté et de désir de bien faire.

Il sort un crayon de papier. Outil banal, donné. Un truc que tout le monde peut s'offrir mais qui peut créer des merveilles. Transcender le réel et l'aplatir sur un papier ou bien représenter l'imaginaire. Mouvements légers du poignet, mouvements saccadés. Il caresse le papier de la pointe de son crayon, son crayon qui laisse entendre ses petits rires étouffés causés par les chatouilles sur son corps nu. Keira se demande s'il voit son crayon comme une personne. Après tout, il y a de quoi. Un crayon, c'est un peu comme une extension d'un bras. On s'en sert, on le chérit ou ou le laisse négligemment traîner au fond d'un tiroir avant de culpabiliser. On le taille - on le déshabille. On y pose ses doigts, ses lèvres. L'artiste et son crayon. Rapport intime. Physique.

Elle ne s'en est pas rendue compte, mais elle s'est accroupie devant Le Dragon. Captivée, elle regarde ses mains agir. Elle ne regarde pas le papier. Pas tout de suite. C'est pour après. Quand l'artiste donnera son feu vert. La danse qu'il produit avec son crayon et son papier est peut-être intime. C'est un peu comme une bulle. On n'y force pas l'entrée. On la laisse tranquille, et on attend d'y être invité.

D'un geste du doigt, elle comprit que l'invitation était arrivée. Elle se décale sur le côté, ne se rendant pas compte qu'elle se déplaçait en canard et qu'elle avait l'air absolument ridicule - en plus d'être accroupie aux milieux de bonbons avec un inconnu. Elle ne se rend compte de rien du tout. Pour elle, ce qui se trouve autour s'est envolé dès que l'arme de graphite est sortie du sac. Un peu comme un portoloin qui aurait amené les deux peintres dans une autre dimension pour quelques minutes privilégiées.

« Regardez, là. Vous voyez les fleurs sur votre nez ?
Et les feuilles dorées dans vos cheveux ?
Et les éclairs dans vos yeux ?
Vous les voyez, hein ? Dites-moi que vous les voyez. »


Un coup d’œil. Son visage est là, sur le papier. Elle le reconnait immédiatement. Les traits sont à la fois brouillon et précis. Aiguisés. Les courbes de son visage sont reproduites comme si le blond avait sorti son outil à mesurer. Elle agrippe le calepin, l'approche. Observe de plus près. Les détails. Ce n'est qu'une esquisse. Mais une esquisse parfaite. Par contre, pour les feuilles dorées dans ses cheveux, elle repassera plus tard. Un daltonien, peut-être, celui-là.

« Oh... Oui ? »
, se risque-t-elle à répondre. Bien sûr qu'elle ne voit pas tout ça. Mais elle comprend. C'est dans la tête. Ce sont des images propres à sa tête, à son esprit. Et lui seul peut les voir prendre vie. Keira, elle, a bien d'autres images propres à elle à partager.

« Je ne vous ait pas encore vu peindre, mais rien qu'en regardant ceci, je peux dire que comparée à vous je ne suis qu'une peintre du dimanche. » En fait, à l'éclat dans les yeux de l'homme, Keira sait que dès qu'il allait se mettre à jongler avec ses couleurs, le monde allait devenir merveilleux. Elle ne doit pas louper ça. Alors elle se risque à glisser une invitation.

« Est-ce que cela vous dirait de sortir d'ici ? Nous pourrions nous installer dans la rue. Et... Pourquoi pas partager une toile ? » Partager une toile ? Elle n'a jamais fait ça. Mais le principe lui plait. Il en sortirait le fruit de l'imagination de Trevor et de Keira. Un truc unique, un truc aux styles mélangés. Et puis elle n'a pas son matériel sur elle. Elle compte donc vraiment sur l'âme charitable de ces yeux pleins de bonté et de bizarrerie.

Pour illustrer ses paroles, elle glisse un petit sourire aimable et excité à l'homme, puis se dirige vers le comptoir pour payer ses bonbons avant de sortir de la boutique, espérant être suivie de très près. Paillettes. Elle aussi a des paillettes dans les yeux. C'est la première fois depuis... longtemps. Depuis trop longtemps pour qu'elle puisse s'en souvenir. Quelque chose en elle s'est réveillé. L'intérêt d'autrui. Le vrai.
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Re: Honeydukes

Message par : Trevor Le Dragon, Ven 22 Juil - 20:57


Le dessin ou le vrai être lui parle, il ne le sait pas, plus. Il écoute tout simplement, les yeux au fond de ses pensées, comme révulsés pour mieux voir l’intérieur de son crâne. Là où les engrenages s’enclenchent et grincent pour guider ses mains, ses pas, son crayon. Il écoute comme un aveugle, comme si seule l’ouïe lui restait. Il écoute comme si les mots qu’il entendait pouvaient former des chansons envoûtantes et de précieuses mélodies. Il reste un moment ici, à écouter ce qui semblait être la voix de la jeune fille. Puis elle s’évanouit et les bruits de la boutique s’insèrent en lui jusqu’à ses tympans. Qui rebondissent et frémissent sous les mains de tous ces sons. Les sous-titres viennent alors s'inscrire dans sa tête. Les bruits se traduisent en mots, pour venir former une invitation.

Le terme partager ne lui était pas forcément familier. L’Artiste était quelqu’un d’indépendant qui ne chérissait pas le travail en groupe. Il suivit pourtant la nouvelle connaissance en dehors de la boutique. Quelque chose en elle l’avait intrigué, il était comme un insecte aux ailes fines qui s’envolait vers une lampe à huile. S’il s’approchait trop, il allait vite finir cramer. Un dragon porte pourtant des écailles. Un dragon fait brûler, il ne brûle pas. Sauf dans ce cas. La petite était maligne, lui ne l’était pas. Elle pouvait très bien se jouer de lui, lui faire faire milles et une conneries, mais il voulait simplement un ami. Un ami peintre, comme lui. Le terme partager n’avait pas un goût si mauvais.

Dehors, le soleil brûlait, mais la chaleur qu’il dégageait était atténuée par le vent qu’il soufflait. Les nuages semblaient faire une course dans l’immensité du ciel. Celui en forme de chien arriva tête la première contre un autre. Accident entre bulles de coton. Un autre en forme de baleine accouru derrière et les doubla, accédant à la première place. La ligne d’arrivée était encore bien loin, Trevor quitta des yeux ce spectacle pour rejoindre Keira au milieu du chemin. Il y déposa un chevalet qu’il avait sorti de son sac enchanté, puis une toile le rejoint, puis des pots de peinture et des pinceaux.

« Partageons cette toile,
Laissons-la décider qui de nous deux elle voudra charmer.
Trois, deux, un,
Partez ! »

Ce n’était pas une course, comme celle qui se déroulait au-dessus de leurs têtes. C’était une preuve. La preuve qu’ils s’étaient rencontrés et qu’il se rencontreraient encore. Un pacte, une poignée de main solide et vraie.

Trevor s’affaira donc à son travail de peintre. Il commença par tendre un crayon de bois à la jeune fille. Les croquis se devaient de ressembler le plus possible à l’oeuvre finale. L’Artiste ne se lançait jamais dans un travail sans avoir auparavant esquissé tout son plan. Surprit, il allait être, si la jeune fille ne faisait pas de même. Surprit et impressionné. Lui qui avait peur de tout rater, rencontrer quelqu’un qui ne pouvait ressentir cela devenait automatiquement des plus impressionnants. Mais il ne l’était pas encore, surprit. Peut-être un peu impressionné par le fort caractère que la jeune fille dégageait, mais pas surprit. Pas encore.

Tout doucement, il commence. Un trait de crayon après l’autre. Il hésite à plusieurs reprises, il ne sait pas vraiment comment partager une toile. Alors il s’occupe du côté gauche, avec sa main droite. Il essaye de ne pas empiéter à droite, de laisser à Keira le champs qu’elle allait cultiver. Il fait de son mieux pour ne pas être perturbé par ce terme inconnu. Partager prenait tout son sens, maintenant. Découper la toile pour en donner un morceau à quelqu’un. Découper les fibres de ses composants, la détruire pour la repeindre et cacher sa cicatrice. Ça prenait tout son sens, mais ça ne voulait plus rien dire. C’était juste des phrases enchaînées l’une après l’autre, dans une vaine tentative de vouloir raconter ce qui se passait. Personne ne le savait, ce qui se passait. Ça se passait dans la tête de l’Artiste, c’était privé, secret, caché. Ça ne s’écrivait pas sur du papier, ça ne se racontait pas à haute voix. Ça s’observait de loin, comme de près. Ça ne se violait pas.

« J’ai peur de mal partager, Keira.
On fait comme ça, hein ?
Comme ça c’est bien ? »

Comme ça, la toile séparée en deux moitiés que Trevor s’était appliqué à départager.
Comme ça, c’est bien ?


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Keira Sanders
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Re: Honeydukes

Message par : Keira Sanders, Sam 30 Juil - 14:10


Si quelqu'un avait un jour dit à la brune que croiser les yeux d'un bel inconnu au milieu d'une boutique aux mille saveurs aurait suffit à réveiller ce petit truc en elle, elle ne l'aurait pas cru. Si dans sa boule de cristal il avait lu qu'un simple regard salé comme la mer aurait suscité l'intérêt de la belle, elle lui aurait dit que c'était un artefact menteur : elle ne s'intéressait qu'à elle. Elle-même, elle seule. Elle considérait juste la médiocrité de tout ce petit monde beaucoup trop étouffante. Être dans la moyenne, ça la faisait suffoquer et la prenait de nausées. Elle voulait être plus. Alors, naturellement, la sorcière avait appris à afficher une neutralité hors normes pour ses équivalents - bien qu'elle refusera toujours de décrire ses camarades comme ses égaux. Elle ne s'encombrait pas avec les faibles, les insignifiants, les ordinaires. Elle ne s'encombrait avec personne : elle créait quelques liens simples, comme des amitiés superficielles. Mais jamais Keira ne s'était réellement intéressée aux petits trucs qui font qu'une personne est elle-même, ou à ce qu'elle savait faire et qui elle était au fond.


Alors, jamais elle n'aurait cru que des yeux comme la mer auraient suffit.


Quand elle pensait à la mer en voyant ces yeux-là, elle ne se référait pas à cette qui bordait le grand archipel où elle se trouvait. L'eau y était bien trop fraîche et foncée. Comme si elle était plus sale, plus impure. Non, c'étaient plutôt reflets de l'eau aux couleurs vibrantes de ces îles tropicales où elle ne mettrait jamais les pieds. Là où ça sentait à la fois le sel et le sucre. Le doux, et l'amer. Le soleil, et la pluie. C'était une façon adéquate de décrire ces yeux qui l'avaient suivie hors de la boutique.


Keira esquissa un sourire aimable alors que chevalets, toile, pots et pinceaux sortirent du sac enchanté comme si c'était la caverne aux mille merveilles. Les mots qui sortaient de sa bouche en apparence mature étaient moitié homme, moitié enfant. C'était perturbant, un peu déroutant de se trouver à côté d'un tel personnage. Elle ne comprenait pas ce qu'il se passait dans sa tête, elle qui pourtant était dotée d'un certain talent pour cerner les gens. Peut-être que, malgré son métier, ce sorcier-là ne faisait pas partie de la médiocrité, après tout ?


Elle attrapa timidement le crayon de papier, mais elle ne savait pas quoi en faire. Plantée sur ses deux pieds à regarder l'artiste commencer un croquis. Elle ne savait pas comment faire, elle avait besoin de temps. Réfléchir à ce qu'elle voudrait transmettre sur cette toile. Quelles genres de couleurs, quelles genres d'émotions. Une scène courante ou bien farfelue ? Par ailleurs, elle fut amusée de voir que Trevor avait pris le côté gauche de la toile. Y'avait-il un détail qui avait laissé deviner que la fille aux cheveux d'encre était gauchère ? Décidément, tout était pour la surprendre.


Toujours rien. Elle n'avait pas bougé. Elle observait seulement, bouche entrouverte, pensive. Et puis la petite voix se fit entendre à nouveau, la petite voix d'un gosse maladroit mais bourré de bonnes intentions. « Oui, » répondit-elle simplement, sur le ton d'une mère de famille qui essaie de rassurer son dernier né. « Si cela vous va ainsi. »


Alors, elle tendit le bras pour tracer un trait brusque de son côté de la toile, comme un trait d'horizon. Celui qui sépare et marie pourtant deux milieux différents en couleurs, en états et en viscosité. Et aussi en senteurs. Ce simple trait lui suffisait. Elle n'aurait pas besoin de plus de repères pour le moment. Elle avait la scène dans la tête, dans la rétine. Il ne restait plus qu'à faire obéir ses doigts pour suivre le mouvement de son imagination. Elle attrapa un pinceau, lui caressa les poils du bout du majeur. Les poils étaient doux, probablement synthétiques. Le manche en bois semblait solide - assez solide pour être agrippé avec la conviction et la force dont faisait preuve la jeune fille. Ce n'était pas son pinceau, et ça la perturbait un peu, mais elle ne s'arrêterait pas pour un si bête obstacle. Elle plongea alors les poils doux dans un pot de peinture ocre, et recouvrit le quart du bas de la toile de cette couleur qui rappelait l'or. Une première couche.
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Trevor Le Dragon
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Re: Honeydukes

Message par : Trevor Le Dragon, Ven 19 Aoû - 17:58


- Kinda counted on you being a friend
Can I give it up or give it away -

- I didn't want to anymore -



Une première couche de peinture. Comme la première couche que l’on enfile autour des cuisses d’un bébé. La naissance d’une oeuvre ne venant non pas de la matrice, mais des pinceaux qui prolongeaient les bras des deux peintres. On hésite avant de poser les premières gouttes de peinture, puis on se lance. C’est comme les mots sur une feuille de papier. Un a un, on construit sans s’en rendre vraiment compte. Mot à mot on relie les phrases et elles forment tout d’un coup un certain sens. Comme une amitié qu’on monte, selon les instructions du livret, parce qu’on ne veut pas qu’elle s’effondre. On veut d’elle qu’elle soit une belle et solide étagère, pas une petite table faite à l’arrache. Sans qu’on le veuille pourtant, des fois on trouve cette étagère bancale malgré sa perfection. On ne veut plus écouter et on s’enferme dans son monde à soi avec une chanson qui tourne.

Parfois on veut abandonner cette étagère, la céder à quelqu’un d’autre, parce qu’on ne s’en croit pas digne. Ou qu’on a tout simplement pas le courage et la force de la réparer. Qu’on en a marre de devoir toujours s’attacher à quelqu’un. Parfois on préfère avoir des amis imaginaires, parce qu’on est lâche. Alors on laisse l’étagère tanguer dangereusement et tomber en morceaux. La toile se construisait petit à petit sous les yeux des deux artistes. Trevor n'avait pas envie que cette oeuvre tombe comme une étagère. Il n'avait pas envie d'être celui qui oublierait le visage de l'autre. Il n'avait pas envie d'être celui qui allait abandonner. Il ne voulait pas abandonner cette étagère.

Il donna son coeur au tableau, toutes ses pensées et chacune de ses idées. Son bout de toile était entièrement sien. Le bout de la toile de la jeune fille ne l'était pas. Chacun son côté, c'est comme ça qu'on construit une étagère. Mais un grain de sel par-ci par-là était nécessaire. Alors il ajouta une goutte de rose à droite sur le pinceau qu'il avait prêté. Il ajouta son point de vue à celui de Keira, puis revint s'occuper du sien. C'était comme ça qu'on construisait une étagère solide. Pas complètement séparé, mais pas complètement entremêlé. Il n'aimait pas qu'on le colle de toute façon. Il était dragon libre de voler sans personne sur le dos. Il avait le droit de s'envoler seul s'il en avait envie. Il avait le droit de se boucher les oreilles s’il voulait. Il avait le droit d’abandonner aussi, de tout laisser derrière puis de revenir construire plus tard.

Il avait le droit.

Pourtant il s’attacha à cette étagère. Avec des chaînes pour ne pas la laisser s’effondrer. Il ne savait pas où aller de toute façon. Il replia ses ailes tout contre son dos et regarda les nuages tristement. Il ne voulait pas être lâche cette fois, il allait rester auprès de leur oeuvre et de la jeune fille au yeux reflétant les cerisiers tropicaux. Il allait continuer de donner vie à son portrait et à l’image qu’ils peignaient ensemble. Il n’allait pas s’enfuir et fermer ses yeux cette fois. Le poids allait peut-être l’enterrer sous terre, mais il savait nager. Nager dans la terre, c’était ce qu’on apprenait aux cadavres. C’était l’eau pour les enfants et la terre pour les squelettes. Noyer les enfants, enterrer les morts. Il n’allait pas abandonner cette étagère.


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Re: Honeydukes

Message par : Keira Sanders, Sam 20 Aoû - 19:25


Elle continuait à recouvrir le bas de sa couleur dorée qu'elle appréciait tant. Ça évoquait la valeur, cette couleur or. Pas une valeur extraordinaire, mais tout de même assez pour être précieuse pour les pupilles de certains ; car la préciosité, c'était tellement relatif, comme notion. Certains, comme la famille de la Serpentard, s'attachaient plus aux choses matérielles. On pouvait les toucher, les appréhender, les exhiber aux yeux de tous, et ça coûtait cher : c'était ça, la vraie valeur. Pour d'autres, c'étaient ces choses comme la fumée, celles qu'on ne peut pas attraper. Les sentiments, les relations, la beauté de l'âme. La petite Sanders, elle, ne saurait pas se situer. Qu'est-ce qui était précieux à ses yeux ?

Elle n'avait pas grand chose, dans la vie. Un peu de richesse, assez pour lui offrir une vie confortable et loin des soucis, assez pour se faire largement plaisir, et elle aimait ce confort. Elle ne s'imaginait pas vivre sans. Mais non, elle n'avait pas le sentiment d'y tenir comme un maman tient à son nouveau né. Pas de parents très aimants non plus. Elle entretenait une relation détâchée avec ceux-ci ; s'ils disparaissaient, elle ne serait pas tant embêtée que ça. Elle ne connaissait pas l'amour, ni la douceur d'une amitié dont le lien ne pouvait être brisé. Derrière une arrogance apparente se cachait en fait un grand vide. Un creux, un canyon. Ce genre de sentiment de vide qui faisait mal physiquement, qui se faisait ressentir dans le corps tant il était présent et accablant. Cette sensation de ne pas se trouver. Et le trou, elle ne savait pas comment le combler. C'était presque comme si rien ne le pouvait. Elle était là, avec sa pelle, à jeter de la terre dedans pour le nourrir, mais il avalait tout. C'était un trou sans fin. Une punition divine.

Un peu de rose se posa sur son pinceau, elle esquissa un sourire amusé et intrigué à la fois mais se retrouva bientôt à hausser les épaules pour continuer. Marier le rose à l'or. Ça faisait une jolie nuance au beau milieu de tout ça. Une tâche étrangère au milieu de la valeur que Keira ne trouvait pas en elle. Ses yeux se perdirent un peu dessus, et elle regarda son partenaire d'un air interrogateur. Peut-être qu'elle était envahissante. Elle s'était imposée, après tout. Il lui avait dit ne pas savoir partager. Peut-être qu'il aurait été mieux, tout seul. Qu'elle aurait du le laisser au milieu de ces bonbons acidulés. Peut-être que sa présence sur la toile était indésirable. Elle était un petit parasite. Un petit parasite emprisonné dans une bulle. Pas beaucoup réussissaient à y entrer, dans cette bulle : elle contrôle les entrées, laisse son inconscient donner le privilège à qui il veut. Temporairement, elle se sentait bien. Elle se trouvait à s'apprécier sans se limiter à son apparence physique, elle avait l'impression que tout ce qu'elle détestait disparaissait. Mais un peu plus tard, on se rendait compte qu'elle était perturbée. Peut-être par cette sensation de creux en elle, elle ne savait pas. Elle avait donc finalement fait fuir ou elle-même chassé de son petit monde ceux qui y étaient entrés. Ils n'étaient pas suffisants. Pas comme elle le voulait. Ils n'étaient pas assez pour combler le trou, et elle se sentait toujours trop collante, toujours trop vide, toujours pas assez. Elle ne l'admettra pas, mais ça lui faisait mal à l'intérieur. Elle avait le coeur lourd, et elle était effrayée sans même en avoir conscience.

Pourtant, tout ce qu'elle voulait, c'était réussir à ne plus laisser ses démons invisibles prendre le dessus ; mais ça semblait impossible, tant que le néant habitait ses entrailles. Elle voulait laisser entrer une poignée de personnes dans la bulle. Elle voulait qu'ils y restent, sans qu'elle n'aie besoin de les retenir parce qu'elle avait peur qu'ils partent. Le Dragon et ses yeux turquoises, elle ne savait pas. Elle ne pouvait pas dire si elle pouvait le laisser entrer sans danger. Peut-être qu'il en avait déjà marre de sa présence, et elle ne voulait pas ouvrir son monde pour si peu, parce que ce n'était pas facile. Alors elle le regardait avec des yeux troublés, elle ressemblait à une gamine perdue, une gamine haute comme trois pommes. Sur le plan relationnel, c'était ce qu'elle était - elle avait juste tellement à apprendre. Elle était confuse, elle se demandait si elle voulait se donner une nouvelle chance de vivre et de ressentir. Bien sûr, qu'elle le souhaitait - mais elle redoutait la chute qui s'en suivrait. Parce que tout n'était que hauts et bas, avec elle. Pas de juste milieu. Soit en était trop en vie, soit on ne l'était pas assez. Soit on était tout, soit on était rien. Et être rien, ça picotait le coeur. Ça l'écrasait aussi parfois.

Elle ne voulait pas être rien.

Elle avait envie de lui demander, si elle l'envahissait. Si elle piétinait son espace. S'il préférait qu'elle s'en aille, et ne plus la revoir. Mais la réponse lui faisait peur. Elle ne voulait pas être jetée ; alors elle tenta d'ignorer ses pensées intrusives, comme si c'était si simple. Comme si elles allaient se sentir tristes et partir. Elle refoula tout ça, et attrapa un peu de vert clair pour venir l'étaler de façon difforme et brouillon sur la toile. Elle peignait en silence, trop occupée à tenter de faire taire son esprit pour parler.

Bientôt, sa moitié fut recouverte. Ça ne ressemblait pas à grand chose. C'était même pas très beau. Elle se sentait déçue d'elle-même, comme si elle ne pouvait jamais rien faire de bien. Comme si tout ce qu'elle avait fait précédemment était horrible. Même ces paysages plutôt réussis, pourtant. Sur le moment, elle ne pouvait que voir l'échec qui lui piquait les yeux. Elle se tourna vers l'artiste, qui semblait être en train de finir. « Ce n'était pas ce que je voulais faire. Tout s'est mélangé dans ma tête. » Elle regarda du côté de l'autre. C'était comme le sien. Indistinct. Ça ressemblait à rien. Et pourtant, ça avait quelque chose de beau que son propre côté n'avait pas. Elle se mit à admirer l'homme, comme l'enfant de maternelle admirait sa maîtresse d'école. Elle voulait qu'il entre dans la bulle, parce qu'elle pensait qu'il serait assez.

Mais elle ne savait pas comment faire. Elle ne voulait pas paraître détestable, mais s'il voyait la véritable Keira ? Tous ces traits de caractères auxquels on donne un sens péjoratif, tous ces défauts. Elle ne voulait pas que ça arrive, alors elle se construisait mentalement une personnalité plus douce. Elle était toujours fidèle à elle-même, mais elle s'adaptait. Parce que c'était ce qu'elle avait toujours fait. Au lieu de laisser les autres s'adapter à elle, c'était elle qui faisait les changements, en attendant que tout tombe en miettes sous ses yeux déconfits. Pour le moment, elle préférait partir ; retourner s'isoler au château, loin des regards.

Mais ce Trevor, elle voulait le rencontrer à nouveau. Elle aurait été incapable de dire à quel moment son cerveau a décidé de lui donner une nouvelle chance de se laisser vivre, mais il l'avait fait. Sûrement un caprice. Elle le regretterait éventuellement. « Je... dois y aller, j'ai un devoir à rendre. Je n'étais pas censée m'attarder, juste acheter des bonbons... Mais merci. » C'était un merci sincère, qui venait du cœur. Oui, elle en avait, un cœur. Gros comme un ballon. Il était juste caché la plupart du temps. « J'espère qu'on se reverra. Je me souviendrais de votre nom, » ajouta-t-elle. C'était pour signifier qu'elle saurait le retrouver, s'il le voulait aussi. Elle tourna les talons, et prit le chemin d'une démarche un peu chancelante.

Fin du RP
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Re: Honeydukes

Message par : Mathilde Yawnez, Sam 24 Sep - 17:43


RP avec Liskuvo



Aujourd'hui, les élèves de Poudlard étaient en sortie à Pré au Lard, tout cela est vrai puisque cela rime. Je profitais donc de cette sortie pour passer chez Honeydukes, j'avais économisé pendant plusieurs mois pour faire un razzia dans la boutique. Donc par cette matinée glaciale, emmitouflée dans une cape bleue claire avec une attache en argent, je pousse la porte de la célèbre boutique du célèbre village de Pré au Lard.
A l'intérieur, je suis étonnée de voir que pour une fois il n'y a pas trop de monde. Ca me fais assez plaisir car je vais pouvoir profiter à fond de ma matinée.
Je tâte ma bourse à ma ceinture. Elle est assez remplie, mais je ne vais quand même pas tout dépenser!
Je m'approche donc des étales. Et là limite si je ne me mets pas à saliver! Tout donne envie et j'ai l'impression que mon argent ne va pas faire longs feux.
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Re: Honeydukes

Message par : Liskuvo Kalsi, Mar 4 Oct - 20:27


RP avec Mathilde
HRPG:
 

Petite sortie à Pré-au-Lard pour Liskuvo en compagnie de tous les élèves de l'école, une journée vraiment sympa qui venait de commencer, le problème c'était que Liskuvo n'avait pas encore eu le temps de se faire des amis et restait donc seul dans les rues depuis le début de la journée. Après s'être offert à manger aux Trois balais et il rendit vers la très célèbre boutique de HoneyDukes. En entrant il respira une odeur particulière, c'était une sorte de sucre ajoutée à une odeur de poubelle, tout l'esprit de Honeydukes c'était génial ! Il y avait quelques élèves dans la boutique mais sans plus, c'était agréable et réchauffant par rapport à l'air frais du dehors.   Alors que Liskuvo allait chercher ses sucreries il vit une fille, qui paraissait plutôt jeune et qui avait l'air seule elle aussi. C'était le moment de rencontrer quelqu'un et de se faire des amis. Il s'approcha d'elle et lui dit timidement :

"Salut moi c'est Liskuvo, je suis à Poufsouffle et je suis nouveau à Poudlard, et toi comment t'appelles-tu ?


Dernière édition par Liskuvo Kalsi le Sam 15 Avr - 18:08, édité 2 fois
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Re: Honeydukes

Message par : Mathilde Yawnez, Mer 12 Oct - 15:17


Je regardais attentivement chaque marchandises, le fait qu'il n'y ai personnes m'arrangeait car je pouvait ne pas piétiner sur place... Les chocogrenouilles m'apparurent assez vite, je décidai de prendre trois. Je vérifia que j'eusse assez dans ma bourse avant de garder les trois boîtes avec moi.
La clochette de la boutique sonna trois fois. La dernière fois je vis un garçon assez grand plus vieux que moi sans doute arriver, il s'approcha timidement de moi et me dit encore une fois timidement:
-"Salut moi c'est Liskuvo, je suis à Poufsouffle et je suis nouveau à Poudlard, et toi comment t'appelles-tu ?
J'appréciais les personnes faisant le premier pas, c'étaient celles qui avaient le plus de courage, c'est donc ce que je pensait de ce Liskuvo. Mais une question vint titiller mon esprit.
-Bonjour Liksuvo, euh Liskovu euh non excuses moi tu as un prénom peu commun Liskuvo. C'est ça? Moi je me nomme Mathilde.
Je lui tends une main avant d'enchaîner.
-T'es nouveau à Poudlard? Mais t'es plus vieux que moi! Comment ça se fait?
Pendant ce temps je tripote la bannière de cuir de ma bourse.
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