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Balade au clair de lune
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Heather Wells
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Re: Balade au clair de lune

Message par : Heather Wells, Sam 19 Sep 2015 - 16:08


La jeune femme n'était pas stupide, elle voyait bien que que le gamin était en train de s'enfiler tout le rhum, tout son rhum. Elle avait l'extrême générosité de le partager et voilà comment elle était récompensée ! Décidée à se remettre à égalité en termes de boisson, elle s'avala plusieurs gorgées. En plus, son sort n'avait rien touché, la dépression.

C'était désormais au tour de Lestrange de tirer. Au lieu de faire le civilisé, il lança un caillou comme un stupide moldu. Ce dernier rebondit plusieurs fois à la surface du lac avant d'y sombrer définitivement, sans ne rien toucher. Le petit Serdaigle espérait peut-être augmenter sa chance de toucher l'un de ses bateaux, ce qui était bête, c'était qu'aucun n'était sur sa trajectoire. Evidemment, elle aurait empêcher la pierre de rebondir plusieurs fois si ça avait été le cas.

Avalant une nouvelle gorgée de rhum qui lui brûla intégralement la gorge, elle lança hilare :

- T'as beau tricher, tu resteras toujours mauvais !

Elle envoya ensuite un bombarda au centre, légèrement sur la droite.
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Re: Balade au clair de lune

Message par : Ebenezer Lestrange, Lun 19 Oct 2015 - 23:02


- Raté ! qu'il avait chantonné en mode sale gosse, chose qu'il était.

Elle ne lui aurait pas piqué sa sucette bouteille et ne l'aurait pas traité de tricheur, elle les aurait peut-être eus ses petits bateaux de papier. Parce que la trajectoire du Bombarda n'avait pas été trop compliquée à deviner et un coup de baguette, une bribe de mots murmurée et hop ! Un petit navire du centre avait été droitisé. Résultat, zéro dommage. Pour fêter ça, il récupéra le rhum des mains de Wells.

A son tour, marre de lapider le lac, technique plus radicale. Au risque de déranger le calamar et de se faire noyer par son adversaire pour abus. Il balança donc un #Eolo Procella dans un coin, en haut, à gauche, évitant soigneusement ses bateaux. Il alla ensuite s'échouer, les pieds quasi dans l'eau. Il était bien mieux assis par terre pour faire consciencieusement baisser le niveau de la poisson des pirates. Il allait virer alcoolique s'il continuait comme ça. D'un côté, qui avait fourré cette bouteille dans ses mains de gamin ? Wells, en bonne adulte responsable. Dingue comment à chaque fois qu'il croisait Wells, il finissait torché. La dernière sauterie, ça avait commencé au whisky et ça avait fini en trou noir... Il n'aimait pas les trous de mémoire et fallait bien se trouver un sujet de discussion alors il se jeta à l'eau.

- Dites, vous vous en souvenez de la soirée à la TS ?

Nouvelle rasade de rhum.
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Re: Balade au clair de lune

Message par : Heather Wells, Mer 11 Nov 2015 - 1:31


Encore raté, et Lestrange la narguait en plus. Il récupéra alors le rhum qui ne tarda néanmoins pas à retourner dans ses mains. Ensuite, il lança un courant d'air sur les bateaux, ce qui en déplaça légèrement quelques uns. Heather fronça les sourcils, là, de suite, elle ne comprenait pas l'intérêt.

Alors que la jeune femme réfléchit à quelque endroit elle allait envoyer le bombarda, la gamin lui demanda si elle se souvenait de leur dernière soirée à la Tête de Sanglier. Elle aussi y repensait de temps en temps, se demandant bien ce qui avait put se passer à cette soirée, mais surtout combien de litre elle avait bu pour avoir un tel trou noir.

- Absolument pas, mais j'étais avec toi, donc pas besoin, ça devait pas être une excellente soirée...

Soudain, sans prévenir, l'Irlandaise se leva et poussa-tira le gamin jusqu'à la flotte.

- Ça t'apprendra à tricher, je sais que tu triches !
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Re: Balade au clair de lune

Message par : Ebenezer Lestrange, Dim 6 Déc 2015 - 17:23


Il méditait sur un sujet super sérieux, lui. Parce qu'ils s'étaient pris une sérieuse cuite et qu'il voulait sérieusement élucider le trou noir de cette affaire. D'ailleurs, il était même aigle et donc super sérieux par nature. Et devant tant de sériositude, Wells ne put s'empêcher de le pousser à l'eau. Elle n'avait visiblement pas atteint la majorité intellectuelle, elle stagnait même au stade embryonnaire. Puis la flotte était glacée alors il se retint de glapir au dernier moment et se contenta de lui lancer un regard haineux. Tout ça parce qu'il avait triché. C'était vraiment trop injuste alors il sortit du lac, algues verdâtres dans les cheveux, attrapa Wells et repartit en courant dans l'eau, l'embarquant au passage. C'était vraiment froid.

Puis, comme un gosse de trois ans et oubliant au passage qu'il avait en face de lui une garde-chasse qui pouvait le coller jusqu'à mort s'ensuive, il l'éclaboussa bien comme il faut avant de décider qu'il allait lui faire bouffer un des petits bateaux de papier hé, hé, reviens me chercher, je voudrais voyager. D'ailleurs, un navire vert voguait juste à côté de lui, rendu visible après collision avec les deux boulets intergalactiques qui avaient décidé de jouer à la bataille narvale... Il l'attrapa délicatement par le foc avant d'en faire une boule et de tenter de le fourrer dans la bouche de Wells en hurlant "Coulé !". Bon fallait peut-être qu'il se calme un peu sur le rhum. Peut-être. En attendant, il s'en reprendrait bien une p'tite goutte.

Retour sur le plancher des vaches, rasade de liquide ambré, on referme et plouf! Une bouteille à la mer pour que sa collègue alimente son alcoolisme. Puis, vu qu'il était galant et surtout un peu c*n parce qu'il avait abandonné sa bouteille, il retourna voir la garde-chasse dans la flotte. Glaglagla crièrent ses dents et il eut l'impression que celles de la sorcière appuyaient vivement leur déclaration. En plus, ils avaient presque plus de rhum.
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Re: Balade au clair de lune

Message par : Heather Wells, Lun 21 Déc 2015 - 23:51


Le Serdaigle s'explosa dans le, sans doute gelée à cette période de l'année, avec un splash bien satisfaisant. La jeune femme partit même d'un fou rire incontrôlable quand elle le vit ressortir à moitié recouvert d'algues vertes et gluantes. Par contre, elle rigola un tout petit peu moins quand il fonça droit sur elle, lui fit une plaquage mémorable et qu'ils finirent tous à la flotte.

La première chose à laquelle elle pensait désormais, c'était le froid qui envahissait son corps. La Garde chasse repoussa en arrière les cheveux qui collaient désormais sur son visage, puis jeta sur le rivage sa veste qui ne lui était plus d'aucune utilité. Alors qu'elle voulait nager pour rejoindre la terre, elle se fit éclaboussée par l'élève. Et pas qu'un peu en plus. C*nnard.

- Vas-y bouge Lestrange, tu fais chi*r p*tain !

Mais il ne sembla pas avoir bien saisit le message. Il se jeta soudainement sur lui et tenta de lui faire avaler Merlin savait quoi. Elle résista autant qu'elle put. Cependant, elle ne put s'empêcher d'avaler de l'eau par le nez et par la bouche, manquant de la faire s'étouffer. Il finit par la laisser tranquille et rejoindre le rivage tandis qu'elle put cracher tous ses poumons. Saleté de gosse.

Lui jeter la fin de rhum, était-ce une façon de tenter de se racheter ? Bonne idée, dommage que cela ne marchait pas. Voyant que le Serdaigle la rejoignit de nouveau, elle finit cul sec l'alcool. Ils avaient pas l'air stupides, là, comme ça, a flotouiller dans l'eau, congelés comme des glaçons. Ils claquaient des dents et avaient également les lèvres bleues.

- Vas-y j'ai froid, je vais me changer.

Elle sortit alors de l'eau, belle comme une sirène, ou tout du moins aussi belle qu'une sirène torchée, avant de récupérer sa veste et se rendre à grandes enjambées dans sa cabane. Elle se réfugia à l'intérieur, appréciant le feu de cheminée qui réchauffait son corps frigorifié. Sans vraiment se soucier de la fenêtre qui offrait la vue, elle se changea assez rapidement.

La rousse trébucha sur un truc qui traînait par terre, manquant de s'ouvrir un doigt de pied dessus. Elle reconnut bien vite ce qu'était ce morceau de métal a moitié détruit. Son croup avait dû fouiller ses affaires et les déplacer. Ramassant les morceaux elle les montra avec un sourire enjoué à l'élève après avoir ouvert sa fenêtre.
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Re: Balade au clair de lune

Message par : Ebenezer Lestrange, Jeu 7 Jan 2016 - 23:31


Quelle idée de rentrer se changer pour se réchauffer ! Ils auraient tout aussi bien pu se serrer comme les manchots en hiver et ça aurait été cool. Enfin, le rhum qu'il avait dans les artères trouvait ça cool, lui il savait pas trop ce qui se passer alors il suivit la rousse, sourire aux lèvres, chemise trempée et trou de mémoire pour le sort qui permettait de sécher les vêtements. Il flottait un peu. Le chaud de l'alcool versus l'eau glacée du lac. Elle cavalait, la garde-chasse et lui, ricanait à moitié. Ou alors c'était le froid qui lui faisait claquer des dents à l'image de la porte de la cabane de l'hideuse qui lui claqua sous le nez.

Il s'était posté à la fenêtre, attendant sagement il ne savait trop quoi. Peut être une bouteille de whisky pour pouvoir jouer les gangsters amerloques après avoir fait les pirates ? Et son regard parcourait l'herbe ennuyeuse au plus haut point avant de dériver vers l'intérieur de la sinistre masure. Il y avait un feu dedans, il aurait bien aimait se planter devant histoire de se réchauffer les fesses. Et il y avait Wells aussi. Une Wells cul-nu d'ailleurs et il avait une légère impression de déjà-vu. Alors il la contempla pendant que le goût du Plonk remontait le long de sa gorge. Battement de cils, froncement des sourcils, il y avait une tâche brune au bas du dos de la rousse. Dingue comment un seul bidule faisait remonter les souvenirs. Il colla. juste pour te faire plaisir

La fenêtre s'ouvrit brusquement, le faisant sursauter et Wells rhabillée lui montrer un truc. Alors il lui fit un sourire à la colgate, montra l'école du doigt et lui fit signe qu'il revenait bientôt.

- Au fait, ça y est, j'me souviens de la soirée, z'êtes pas trop mal fichue pour une vieille peau, lui déclara-t-il avant de filer vers Poudlard, tout joyeux.
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Mary Drake
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Re: Balade au clair de lune

Message par : Mary Drake, Dim 4 Déc 2016 - 20:15


J'suis un légume. T'savais pas ?!

( Pv with Kohane et Azaël )


N'ayez crainte, Ô gentes dames, Ô gents hommes ! Ne fuyez pas face à ma tête fatiguée, ma couleur étrange, mes yeux si rouges, et pas bruns. Ne prenez pas la fuite, ne retournez pas à vos humbles dortoirs, vos humbles salles de cours ! N'allez point prévenir les directeurs, les professeurs. Même si le couvre-feu ne tardera pas à arriver. Il n'est pas encore là. J'ai tout mon temps ! Voyons, il n'y a pas à s’inquiéter... Je ne suis qu'un vulgaire végétal, à l'échelle d'une rose... Non. Je suis moins gracieuse qu'une fleur. Disons juste, chers camarades, qu'il ne faut pas changer de côté à ma vue. Juste, me suivre et faire comme moi.

Je dois vous avouer que ma narratrice est une pomme de terre. Oui, je sais, rien de très distingué. La pauvre petite, elle est reléguée au rang de féculent. J'ai toujours eu de la peine pour elle. On naît comme on naît. Quant à moi, je n'ai pas encore d'idée précise en tête. Disons juste que je suis plus... Plus légumes. Faut dire que l'autre, là, elle n'aime pas trop ça. Elle ne sait pas ce qu'elle rate. M'enfin bon, ça fait une bouffeuse de moins. Je vais pas me plaindre, je suis déjà en voie de disparition. M'enfin bon, nous sommes dans une école et les gosses en général, ils n'aiment pas trop ça. En tant que légumagus, j'ai pas trop de soucis à me faire.

Quand je sors enfin de cette masse informe et dégoûtante que sont les couloirs, je prends une bouffée d'air frais. Je n'ai jamais trop aimé cela, d'autant plus que le soleil n'est pas au rendez-vous. L'hiver approche, ça devient difficile de pousser. Je lutte chaque jour, pourtant, aucunes feuilles ne veut sortir de ma peau. Je n'ai plus d'autres choix, il faut que je me bouge, sinon, jamais je ne serais prête pour le jour de Noël. J'irais bien chercher de l'engrais, mais ici, ils sont plus classiques. Un sort par ici, un autre par là. Je ne peux pas m'auto grandir. Si ?

J'avance jusqu'au lac, histoire de trouver un endroit assez humidifié. Une pelle traîne dans mon dos. A chaque obstacle qu'elle rencontre, elle s'amuse à faire un looping pour retomber dans un gros 'pouf' que l'on entend à une centaine de mètres. Je ne m'inquiète pas pour autant. Personne n'a eu l'audace de me suivre en pleine crise, j'en suis persuadé. A part une mouche énervée, je ne vois pas qui d'autre je pourrais croiser. Quelques lombrics, éventuellement. A part eux... J'vous attends, moi, mais bonne chance pour me retirer une fois que je serais partie. Aussi solide que l'épée d'Arthur, il va falloir de la force et du courage pour me sortir... De terre.

Une fois que l'endroit propice a été trouvé, je prends ma pelle et commence à creuser. Une botte de terre, deux bottes de terres, ça use, ça use... Pas marrant, je sais, pas besoin de me regarder avec des yeux comme ça. En plus, la sueur commence à s'accumuler sur mon visage. Je goutte, je m'arrose alors que je ne suis pas enracinée ! Mais ça ne va pas ça. Pas du tout même. J'essaie une première fois, tête la première, mais je suis trop grande. Je recommence donc ma dur labeur. Je n'y arrive toujours pas. Une carotte, une courge, un petit pois ! Je dois prendre racine, non d'un fruit sec !
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Azaël Peverell
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Re: Balade au clair de lune

Message par : Azaël Peverell, Jeu 8 Déc 2016 - 16:28


Le couvre-feu n'est pas encore tombé que t'es déjà dans un état avancé. Genre très très avancé. Peut être même un peu trop. A force de te dire que l'alcool c'est de l'eau, t'as fini par appliquer ça au mot. Depuis que t'as fini les cours aujourd'hui, tu te balades dans le parc en descendant une bouteille de rhum. Et le liquide a bien diminué. Il doit en rester à peu près trois gorgées. Autant dire que ton esprit est complètement embrumé, perdu dans les vapeurs de l'alcool. Et d'autres substances sous forme de cachets que tu as malencontreusement avalé. Le moldu à qui tu les as acheté t'as dit que ça permettait de s'envoler. Mais toi, t'as plus l'impression de t'enfoncer.

T'es tiré de tes pensées par un vacarme assourdissant qui vient d'un peu plus loin. Sans même chercher à comprendre ce que ça peut bien être, tu suis le bruit, d'un pas mal-assuré. C'est un genre de bruit métallique qui cogne et qui rebondit sans aucune douceur. Et ça tape autant dans ta tête que sur les obstacles. Le bruit te paraît décuplé, multiplié. Assourdissant. Faudrait qu'il s'arrête. Et justement, il finit par disparaître. Peut être qu'à présent, il te suffit de penser à une chose pour qu'elle se produise. Ce serait plutôt pratique. Mais tu comprends rapidement que ce n'est pas toi qui a fait cesser ce brouhaha.

En effet, tu te retrouves face à une Serdaigle qui creuse un trou. Avec une pelle. C'était sans doute cette pelle que tu entendais. Et tu la regardes faire, te demandant vaguement pourquoi elle ne fait pas ça par magie plutôt que se fatiguer de la sorte. Mais quand tu la vois essayer de faire rentrer sa tête dans le trou, là, tu perds vraiment le sens de la réalité. Tu t'imagines qu'elle est une toute nouvelle espèce d'arbre, et que si ses pieds ressortent assez, elle pourra pousser. Mais pour l'instant, la tête semble trop grosse pour le trou. Ton âme de jardinier se réveille alors en toi, et te pousse à aller la voir.

Un pas, deux pas, trois pas, et te voilà devant elle, à observer le trou d'un oeil expert. Ou plutôt d'un oeil complètement défoncé. Mais dans ce cas, ça revient sans doute à peu près au même. Tu sors alors ta baguette et élargit un peu le trou, tout en lui donnant de la profondeur. Et tu te jettes dedans tête la première. En faisant le poirier, s'il te plaît. Tu tiens droit quelques instants avant de sortir de ton trou pour éviter de manger trop de terre. Et tu te tournes vers ta camarade pour lâcher d'un ton très professionnel :

- Ça manque de sel minéraux ici. C'pas terrible pour la croissance.

Tu réfléchis quelques instants à ce que tu viens de dire. Tu mâchonnes un peu quelques grains de terre que tu n'as pas pu t'empêcher d'avaler d'un air distrait et tu hoches la tête. En tant que navet qui se respecte, tu préfères largement te planter ailleurs. T'as la face pleine de terre. Mais ça ne te dérange pas. C'est plutôt normal en fait. Tu rêves même d'y retourner, en bon petit navet que tu es. T'aurais peut être pas dû prendre les cachets. Ni t'arroser au rhum. C'est chimique tous ces trucs là, si ça se trouve tu vas te transformer en OGM.
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Re: Balade au clair de lune

Message par : Kohane Werner, Mar 27 Déc 2016 - 17:01





Tu sais qu't'en a de la chance, Klaus... de ne pas vivre dans ce monde de fous.
Un oeil de Moke qui guette
une mouche, un moucheron qui passerait à portée de main ou à portée de langue.
Un oeil qui se tourne vers moi tandis que je lui tapote le crâne de mon index, allongée sur mon lit.
Ouais, t'as franchement d'la chance.
Pas de réponse.
Le coup d'oeil n'a duré que quelques secondes.
Voilà qu'il se désintéresse déjà de moi.
C'est silence. Complet. Dans le dortoir. La plupart sont dans la salle commune, en train de finir de dîner dans la Grande Salle de travailler bien sagement à la bibliothèque. Le couvre-feu n'est pas encore là même s'il n'est pas loin.
Il n'y a que moi. Et Klaus. Lequel ne bouge pas, installé confortablement sur le lit, surveillant les moindres mouvements d'ailes dans les airs.
Pas un mot alors que je l'observe.
Tu n'aimerais pas prendre ma place pendant que je prends la tienne ? Juste un instant.
Silence radio.
Il s'en fout complètement, en fait !

-Eh ! Tu pourrais répondre au moins, non ?!

Le cri parti du coeur et de l'énervement. Les mots balancés tout haut, retombés dans le vide.
Il n'y a personne.
Seulement Klaus qui me lance un regard blasé au son de ma voix qui retentit dans le rien.
Puis il retourne à sa recherche d'insectes en tout genre.

Mon corps roule et tombe au sol.
C'est pas vrai.
Je me mets à parler à mon Moke. Et pire ! A attendre qu'il me réponde !
C'est quoi cette histoire ?
Surtout qu'il s'en fout royalement...

Je me relève rapidement, réajuste ma chemise.
J'en peux plus. Rester enfermée dans ce dortoir... c'est étouffant.
Besoin de sortir, courir, sauter.

Fuir.


Partir avant d'étouffer.
Se précipiter hors du dortoir, traverser la salle commune à grands pas.
J'entends quelques voix qui me disent que c'est bientôt le couvre-feu.
La ferme ! J'fais c'que j'veux ! Cette foutue règle de couvre-feu n'existe même plus dans mon esprit tellement j'ai pu la violer au cours de mes deux années à Poudlard. Alors pourquoi m'en soucierais-je aujourd'hui ?
J'ai besoin de marcher. Marcher. Comme toujours.
Fuir les draps et le lit, repousser le sommeil.
Déambuler.
Seulement
ça.



L'air frais me prend à la gorge.
M'enveloppe comme un vieil ami.
La clarté s'assombrit -ténèbres.
Tout se recouvre de ce film obscur qui cache les visages et ne donne à voir que les ombres. Découpées dans un paysage tout aussi noir dont on ne distingue que les contours.

Marcher, pas rapides.
Toujours ce sentiment d'être dans l'éternelle fuite.
Et pourtant... un jour... faudra bien que je me retourne. Plus vive, plus forte que jamais.
Se retourner et leur mettre mon poing dans le figure, à ces ombres.
Pour qu'elle ne reviennent plus me hanter. Ou qu'elles se plient à ma volonté.

Cependant, pour l'heure, je n'ai pas la force nécessaire pour ça.
Pour ce demi-tour vif et surprenant, ce coup qui doit partir sans avertir et cogner. Fort. Faire craquer les os sous sa puissance, expulser le sang par la plaie ouverte.
Ce soir, comme toujours, je cherche un autre échappatoire que le combat. L'affrontement.
Tant qu'on peut l'éviter, autant le faire.
Tant qu'on peut s'esquiver...

Si je le pouvais, je me métamorphoserais en fourmi -minuscule fourmi- et j'irai, parmi les hautes herbes du parc, loin de tout ça. M protéger, refaire ma bulle d'antan. Ma bulle de protection contre la folie humaine.
Bonne idée, non ?

Pff... stupide idée, oui.
Ca servirait à rien ; t'es déjà allée trop loin.
Parlons plutôt de ta propre folie. Au lieu de causer des autres.


Tss... encore cette fichue voix.
Elle s'était calmée. Elle avait même disparue.
Elle qui me culpabilisait sur ma propre violence.
Je croyais avoir réussi à la faire partir...

Mais je suis partie.

Bah non. Clairement non.
T'es encore là.
Sinon, comment je t'entendrais ?

Ah, ça ?
T'es fatiguée, c'est tout.
Tu t'imagines des trucs.


...

Ouais, Ok, je suis partie mais je suis revenue.
Juste pour voir comment t'allais.


Diagnostic ?

Bah... ça va pas mieux.
En plus, t'es fatiguée. Tu dors plus et tu marches. T'as vu tes cernes ?!
Pis si tu arrives encore à m'entendre... c'est que ça ne va clairement pas mieux.


...
Parce que te reviens comme ça, pour voir comment je vais ?
Mais à ton avis ?! Comment peut-on aller bien dans un monde qui tourne carré ou rectangle ?
Il y a... il y a toujours ce... cette rage aux tripes, tu sais. Qui me fait avancer. Alors peut-être que si, grâce à elle, ça va mieux, tu ne crois pas ?

Cette rage te fait avancer, certes. Tu dois apprendre à la contrôler, l'utiliser.
Mais ta santé mentale... bah... tu sais...


- Ça manque de sel minéraux ici. C'pas terrible pour la croissance.

Hein ?
C'est quoi le rapport entre ma santé mentale et les sels minéraux ?
Et la croissance...?

C'est pas moi qui ai dit ça.
Tu va vexer, si tu arrives à confondre ma voix si divine et douce avec celle-là !
Mais va donc voir ce que c'est. J'suis sûre que ça va t'intéresser.
En plus, tu le connais... tu la connais, cette voix.
T'es juste trop crevée pour t'en rendre compte.
Ah làlà, heureusement que je suis là ! Que ferais-tu, sans moi ?


J'me passerais bien de tes services, tu sais.



Malgré tout, j'avance en direction de la voix.
Parce que ça m'intrigue ; qui peut traîner encore par ici, alors que le couvre-feu approche à grands pas ? Quels sont les petits élèves assez courageux, fous ou perdus pour enfreindre le règlement du ruskov barbu ?
Un pas
deux pas
trois pas.

Je tombe sur deux silhouettes qui se détachent du voile opaque.
Deux silhouettes autour d'un trou assez grand pour contenir un corps.
Silence alors que j'arrive à leur hauteur.
Un coup d'oeil rapide. Je les reconnais bien vite.

Il y a elle, rencontrée à Godric's Hollow.
Reine du silence et du regard perçant.
Le coeur saignant, la plaie béante.
Une pelle à la main, ce soir. Rien que ça. Une pelle. Pour creuser sa tombe.

Et lui.
Plein d'étoiles et de terre qu'il semble finir de mâchouiller, d'avaler.
Lui.
Et ses ailes invisibles qui ne paraissent pas le porter ce soir.
Complètement parti, à l'ouest. Et cette herbe qu'il mâchouille devant ce trou à grandeur d'homme...

-Oh bon sang !

Murmure dans la nuit.
J'viens de comprendre un truc.
Au revoir fourmi, Moke et que sais-je encore !
Non
le mieux pour échapper au monde c'est de s'en cacher...
Sous terre.



Je dévisage un instant mes deux compagnons nocturnes.
Scrute leurs prunelles perdues dans le noir.
Vous aussi, vous avez eu la même idée ?
Je m'approche un peu plus du trou, m'assois, regarde.
Hum... l'emplacement n'est pas trop mal, non ? Un radis pourrait s'y enterrer pour des siècles et des siècles, vous croyez pas ?
J'ai pas envie d'pousser. J'ai pas envie qu'on me déterre et qu'on me mange.
Je veux juste être un embryon de radis lové dans son trou de terre.
Loin de tout, loin du monde.

Un sourire étrange se dessine sur mes lèvres.
Etre un radis pour échapper au monde des humains.
Non d'un concombre, en voilà une idée ! Encore mieux que la fourmi -elle travaille tout le temps- ou le Moke !
Ce trou paraît tellement... parfait ! Génial ! Tombé du ciel !

Attends une minute...
si ce trou est là...
et que eux aussi, sont là...
coïncidence ?

Mon attention se reporte à nouveau sur ces deux compagnons.
Une crise de folie ou de légume.
Et nous voilà ensemble, pour fuir un monde humain pas assez fruité... légumé... ça existe pas comme mot ? Ah... déception.

-Il y a déjà quelqu'un qui pousse dans ce trou ?

Histoire que je ne pique pas la place d'un de mes congénères.
Ca pourrait finir en bagarre. Puis en ratatouille, pot au feu, soupe.
Pas vraiment envie. Je suis juste un radis qui veut retrouver la bonne odeur de sa terre et se lover entre ses bras.

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Mary Drake
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Re: Balade au clair de lune

Message par : Mary Drake, Mer 28 Déc 2016 - 22:32


La terre s'accumule ; Une botte, deux bottes, et trois. La masse informe continue à grandir, pourtant. Le trou s'acharne à ne pas s'approfondir. J'approche ma tête du vide, histoire de comprendre ce qui ne va pas. Faut pas chercher très loin. Au fond, y'a de l'eau. Et dans le noir, l'eau peut avoir l'apparence de la terre. Mais je suis pas assez idiote pour confondre un liquide et un solide. Je s'rais déjà trempée si le truc qui passait derrière moi par la pelle était de l'eau. Sauf si ma transpiration était en fait ce qui s'trouve dans le lac pas très loin. Je ne suis qu'une légumagus écervelée. C'est sûrement cette patate de narratrice qui me fait perdre la tête. N'ayez crainte, j'aurais dû me taire. C'est carrément le moment pour paniquer. Pour couronner l'affaire, t'as un mec qui vient agrandir ce bassin d'eau pour ensuite faire un poirier à l'intérieur. Je sais pas comment il arrive à en ressortir. Même si cette affaire tient du surnaturel, j'le précise, il n'en sort pas indemne. Mâchouillant quelque chose, la tête pleine de terre mouillée. Il a une allure d'éléphant qui vient de se rouler dans la boue. Ça manque un peu de classe.

Ensuite, il me parle d'une affaire de sels minéraux. J'sais pas trop ce que c'est. J'ai jamais été branchée botanique, j'aime pas être étudiée alors. Toute façon, avec ce bazar manquant ou pas, vaut mieux pas pousser dedans. Déjà, c'était mon trou, que j'ai pris du temps à creuser, pas comme cet énergumène qui utilise sa baguette magique. Mais il s'est pris pour qui ? Les légumes, ils prennent du temps pour pousser, j'en suis la preuve. On n'utilise pas d'engrais ou quoi que ce soit de pas naturel, sinon on fini immangeable. Même les vers voudront plus de nous, mais on ferait quoi, sérieusement ? Quoi que, être dégueulasse, vivre éternellement... Mais pourrir. Beurk. J'ai pas besoin de ça. J'préfère mourir avec toute ma dignité, mangé dans un plat gastronomique. Faut réfléchir aussi, loin de moi l'envie d'être une crudité. Déjà, c'est qu'une déco et on peut finir dans une poubelle ou pire, dans la gueule d'une créature qui connaît pas la brosse à dents. Je réprime un frisson, prête à répondre à ce... A ce... A ce quoi d'ailleurs ?

Sauf que pour mes pauvres racines, y'a un bruit qui m'interrompt. De peur d'être un déchet abîmé, j'attrape la pelle et me mets en garde. Mon allure est très claire et veut tout dire. Si tu t'approches, je t'en fous un, de coup. On verra qui sera jeté à la poubelle héhé. Mouais. La silhouette s'approche. Commettre un légumocide, ce sera pour une autre fois. La fille qui vient de débarquer, jamais il ne me viendra l'idée de la frapper. J'la connais bien. Fin, on peut dire ça. On a déjà parlé avec nos yeux, y'a un moment. Et parfois, le silence en dit bien plus que les paroles. J'vous promets, c'est la vérité avec un grand W. Wérité. Yeah. C'était l'instant poétique qui ne casse pas trois pattes à un canard. J'ai pas envie de lui faire un câlin non plus, moi qui suis pleine de boue. Ce qui me chiffonne vraiment, c'est le fait que j'entende sa voix. J'aimais bien le mystère qui tournait autour, toussa toussa. Le pire et je dis bien le pire, c'est qu'elle demande si le trou, ce p*tain de trou, est pris ou pas. Non mais je rêve. Il a fait quoi au monde ce truc ? Il est temps de remettre les choses au clair là.... J'espère qu'elle parlait bien de celui-là. D'un autre côté, j'en vois pas d'autre qui peuvent contenir son enveloppe.

-Bon, y'a carotte sous roche, dis-je en ponctuant ma phrase d'une touche humoristique pas terrible. Déjà, faut arrêter de m'empêcher de me planter quelque part. J'AI creusé ce trou, et le fait est qu'avec ma chance, il est trempé. Mais si vous voulez mourir noyés, libre à vous de vous y enraciner. En plus, comme dirait, le... ce... Faut que tu me dises ce que t'es toi - regard vert le premier perturbateur - ça manque de sels minéraux. Votre magie, elle n'est pas géniale, y'a que moi qui ai une pelle. Allez, sociabilise un peu. Donc on trouve un endroit sympa, j'vous donne un peu ma pelle. Pis j'me plante et chacun son trou. Ou vous finissez comme des algues, comme vous voulez.
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Re: Balade au clair de lune

Message par : Azaël Peverell, Sam 7 Jan 2017 - 17:32


Tu mâchonnes toujours un peu de terre. Ou un peu de boue ? Tu te sens comme un peu humide. T'aimes bien l'humidité. Un peu c'est bien. Pour aider à pousser. Tout le monde a besoin d'eau pour grandir. Ou de rhum. Toi, t'es un navet alcoolisé et tout humidifié. Tu passes ta main (ou tes racines ? Je sais plus, même moi je suis perdue là) sur ton visage. Enfin... Sur ton truc de navet. Et tu te rends compte que t'es tout plein de boue. La terre est visqueuse ici. Presque liquide. T'aurais pu crever noyé. C'est franchement pas une bonne fin pour un navet. Décidément, ce trou est loin d'être parfait. Mauvais emplacement, mauvaise terre, et même pas d'engrais.

Et puis des pas se font entendre. S'approchent tout doucement. De toi. De l'autre légume. Et du trou. Ce trou inutile car complètement noyé. Ce trou qui ne pourrait accueillir aucun légume digne de ce nom. Ce trou qui a été créé, mais qui ne pourras jamais réellement exister. Parce qu'il ne pourra pas remplir sa fonction première de trou, à savoir accueillir des légumes, se reboucher, et les aider à pousser. Si t'étais pas un navet, mais un être pourvu de compassion, t'aurais sûrement eu de la peine pour ce trou qui existait pour rien. Un peu comme toi au fond. Tu t'en rendrais compte si t'étais pas persuadé d'être un navet.

-Il y a déjà quelqu'un qui pousse dans ce trou ?

Tiens, tu la connais cette voix. Tu regardes le nouveau légume qui vient d'arriver. Qui se trouve être ta soeur d'alcool. Tu la revois, et t'es encore complètement à l'ouest. A croire que ce sera toujours comme ça. La dernière fois, vous avez volé ensemble. Vers les étoiles. Vers le firmament. Vous avez tourné avec le monde, main dans la main, et tout allait bien. Parce que vous étiez tous les deux. Alors peut être que maintenant aussi, elle va tout changer. Que grâce à elle, tu vas pouvoir trouver le bon endroit pour planter tes racines. Ou juste les retrouver. Parce que t'es un peu paumé quand même. Pas facile d'être un navet déterré, ça complique pas mal les choses pour trouver sa place. Tu voudrais lui répondre. Lui dire que non, il est pas pris, parce que c'est un trou qui vaut pas le coup. Mais l'autre est plus rapide que toi. Elle parle beaucoup pour un légume. Elle doit être un légume très intelligent. Elle a peut être presque fini sa croissance.

-Bon, y'a carotte sous roche. Déjà, faut arrêter de m'empêcher de me planter quelque part. J'AI creusé ce trou, et le fait est qu'avec ma chance, il est trempé. Mais si vous voulez mourir noyés, libre à vous de vous y enraciner. En plus, comme dirait, le... ce... Faut que tu me dises ce que t'es toi, ça manque de sels minéraux. Votre magie, elle n'est pas géniale, y'a que moi qui ai une pelle. Donc on trouve un endroit sympa, j'vous donne un peu ma pelle. Pis j'me plante et chacun son trou. Ou vous finissez comme des algues, comme vous voulez.

Tu hausses les épaules. Elle a rien compris. T'as pas envie de l'empêcher de se planter, tu voulais juste l'aider. Surtout qu'apparemment, elle en avait besoin vu l'endroit qu'elle a choisi pour s'enterrer. Elle est quand même pas très douée. Peut être que les navets sont l'élite des légumes, et que t'es le seul à pouvoir réfléchir. Quoi que tu te demandes ce qu'elle est, ta soeur. Parce qu'elle est parfaite quand même. Alors elle doit savoir, un peu comme tous les légumes, qu'il faut pas se planter là.

- Moi j'suis un navet. Ca se voit quand même. Vous êtes quoi vous ?

Ouais, faut se tenir au courant. Histoire de faire un potager bien rangé si vous en venez à vous planter à côté. Pas de conflit de voisinage autorisé. Une fois les racines bien implantées, il n'est plus question de bouger jusqu'à la récolte. Alors vous allez devoir apprendre à vous comporter comme un joli potager. Tout le monde dans son trou, et les légumes seront bien gardés. Tu t'éloignes un peu de l'endroit où vous vous trouvez. Histoire de chercher un lieu propice pour votre croissance. Et tu désignes un petit carré de terre entre deux arbres, qui sera exposé au soleil de temps en temps, et qui est un peu plus éloigné du lac, pour ne pas vous noyer.

- Ici ça peut être bien non ?
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Re: Balade au clair de lune

Message par : Kohane Werner, Sam 14 Jan 2017 - 13:42





La nuit autour de la terre fait se confondre les couleurs et les matières.
Si bien que sur le coup, je ne remarque pas ce qui cloche dans ce fichu trou.
Bah quoi, c'est juste une tombe. Ou un carré de potager. Là où, bordel de m*rde, j'ai envie de me planter. M'enfouir. Me cacher. Pour ne plus jamais réapparaître aux yeux du monde.
Rentrer à nouveau dans une cavité protectrice
presque retrouver les eaux maternelles
et flotter à nouveau dans un nulle part sécurisant.
Mais qu'est-ce que je raconte ?
Un radis n'a pas besoin d'eaux maternelles pour grandir, grossir, se développer ! Simplement de terre. La Terre-Mère. Doucereuse et nourricière. Seulement ça.
Pourquoi est-ce que je pense encore en tant qu'être humain ?

Ca va plus
du tout
ça !


Faut que je m'enterre au plus vite.
Pour renouer les liens avec mes racines originelles.
Ma nature première
Le Radis !
Et qu'importe si certains la nient, cette nature, cette part de moi.
J'les em*erde tous autant qu'ils sont !
J'suis un radis, voilà tout.
Et nul ne saura m'empêcher de l'être.

Mais pour m'accomplir pleinement en tant que tel, me faut me planter.
Et ce trou
Ce fichu trou, là !
Pourquoi personne ne bouge ? Pourquoi personne ne plonge ?



Mes yeux glisse du potentiel futur habitat aux deux autres légumes.
Ces légumes que je connais -et que j'aime.
Mais là, il va falloir outre-passer ses sentiments. Parce que quand ça concerne la Terre, tout est différent. Ce facteur change considérablement la donne. Peut-être arriverons-nous à faire une colocation de légumes ? Une coplantation ? Un truc comme ça...
Mais si jamais ça n'est pas possible, ça risque de tout faire foirer.
Va falloir se battre pour sa parcelle de terrain.
Et je n'en ai pas envie.
Jamais je ne frapperai ma reine du silence au coeur palpitant, au coeur saignant.
Encore moins mon frère d'alcool dont les yeux sont toujours remplis d'étoiles -même si ce soir ses pupilles paraissent plutôt remplies d'étoiles en forme de légumes divers et variés. Un vrai potager en lui seul !

Tout a coup une voix s'élève.
Oh
C'est étrange.
De l'entendre parler, elle.
Elle dont j'ai ignoré jusqu'ici son doux ton. Ou presque. Seulement le merci à peine murmuré, à peine effleuré l'autre fois. Le merci qui s'est perdu sous la pluie, dispersé dans le parc de Godric's Hollow.
Le merci entendu sans vraiment l'avoir entendu.
Et ce soir, c'est sa voix pleine, entière que j'écoute.
Sa voix qui sonne étrange, moi qui étais habituée à son éternel silence.
Au milieu de la nuit, ses sons se répercutent.
Et le discours
s'allonge
s'allonge
s'allonge.

Elle nous fait comprendre que ce fichu trou, cible de toutes les attention est rempli d'eau !
Quoi ?
Y'a de l'eau là dedans ?
Boooh...
pas vrai, si ?
A ces mots, je tends le cou et tente de scruter le fond.
Mais la nuit entremêle tout et j'suis pas très sûre que ce soit vraiment liquide, là, là-bas.
Mon regarde se reporte sur mon frère d'alcool et je remarque qu'il ne mâche pas que de l'herbe ou de la terre. Y'a de la boue, aussi.
De la
boue...
Ah bah
oui, alors
y'a vraiment de l'eau au fond !



Une moue qui se dessine sur mon visage alors que le légume continue son discours.
Partir, déménager, aller se planter ailleurs ?
Hum...
Un instant de réflexion tandis que mes yeux se perdent dans la cavité ouverte au sein de la terre.
Après tout, puisqu'on peut pas se planter là et que moi je veux à tout prix me planter...
Bah déménager est la plus simple et plus logique solution, non ?
Mais ça veut dire qu'il faut se lever, qu'il faut bouger, qu'il faut aller trouver un Eldorado où planter ses racines. On va finir immigrés sur une terre qui, si ça se trouve, appartient à d'autres légumes. Des légumes moins sympas que nous qui nous jetteront dehors. Ou nous enfermeront dans un minuscule potager, loin de tout, un potager où il manquera encore plus de sels minéraux qu'ici et où l'eau viendra nous submerger deux fois par jour si bien que nous ne pourrons pas pousser.
Le tableau est terrible, dans mon esprit.
Mais ici, on ne peut clairement pas pousser.
Alors, qui tente rien n'a rien, n'est-ce pas ?

- Moi j'suis un navet. Ca se voit quand même. Vous êtes quoi vous ?

Un navet.
Oh, mon frère est un navet !
C'est beau, quand même. C'est parfait. Comme tout ce qu'il est. Tout ce qui touche à lui.
Rien n'est plus magnifique que cette pièce manquante qui m'est tombée du ciel l'autre fois.
Et même ce soir, des légumes plein la tête, il reste merveilleux.
Un navet qui brille dans le noir. Un navet étoilé ! Un navet qui doit s'enterrer pour mieux décoller.

-J'suis un radis. Juste un radis qui veut retrouver sa Terre-Mère.



Je vois soudain son ombre de navet bouger, s'éloigner.
Eh, tu vas où ?
Reste avec moi ! Avec nous !
Va pas de planter en nous abandonnant, quand même.
Mais non, il s'arrête. Ouf. Il ne s'est pas enraciné tout seul.
Il désigne un endroit entre deux arbres, assez éloigné du lac. Propose qu'on en fasse notre lieu d'habitation.

A mon tour, je me lève et le rejoins. Je scrute la nuit histoire de voir si le lieu est vraiment vide de tout légume. J'ai pas envie qu'un choux, qu'une citrouille, qu'un concombre ou que sais-je encore nous foute dehors sous prétexte que c'était son carré de terre avant d'être le notre et que, comme on est dans une société où la propriété privée existe bel et bien -même chez les légumes, les légumes communistes ont du mal à percer et pousser en ce moment, je crois- comme la propriété privée existe, donc, il ne nous reste plus qu'à déguerpir et acheter notre propre terrain !
Pas envie de telles embrouilles.
Alors je vérifie en amont, sait-on jamais.

Apparemment, tout me semble calme.
Pas d'autres légumes à l'horizon.
On devrait réussir à se creuser chacun son trou côte à côte, planter ses petites racines et attendre le jour pour s'abreuver de soleil. Attendre la pluie pour s'hydrater.
Faudrait peut-être quand même que quelqu'un vienne nous arroser, les jours où il n'aura pas plu pendant longtemps ?
On devrait peut-être laisser un mot à l'adresse du garde-chasse... ou du concierge...
Veuillez prendre soin de ces trois légumes récemment plantés dans le parc jusqu'à ce qu'ils arrivent à maturité. Cordialement. Les trois légumes.
Un truc comme ça...

Mais en fait, si ça se trouve, on s'en sortira bien tous seuls.
Pour l'heure, faut d'abord qu'on trouve le moyen de se planter. Bien comme il faut. Que nos racines trouvent leur place dans cette terre.

-J'crois qu'on peut se planter là.
Je tourne la tête vers le légume à la pelle.
-Dis, tu va nous prêter un peu de ton outil alors ? Parce que va falloir recreuser encore de nouveaux trous !

On va finir par en faire partout dans le parc, si ça se trouve.
Parce que peut-être qu'au fond de cette terre-ci, on va encore découvrir un truc nul qui fera obstacle à notre croissance.
En attendant, je commence à délimiter de mes pas un carré qui sera mon endroit à moi. Ma parcelle à moi. Là où mes pauvres racines trouveront leur bonheur.

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Re: Balade au clair de lune

Message par : Mary Drake, Sam 28 Jan 2017 - 23:26


Musique

Une fois ma longue tirade terminée, j'ai observé les deux légumes devant moi. Une moue dégoûtée a vite pris place sur mon visage immaculé. Je ne sais pas, mais ils ne sont pas assez propres sur eux. J'aime beaucoup la silencieuse devenue parlante, mais l'autre, emboué au possible, me dégoûte. Justement, en parlant de lui, il hausse les épaules puis dis comme si c'était la chose la plus normale du monde qu'il est un navet. Un Navet ! Vous avez bien lu, c'est, c'est écœurant ! Je sais bien que je dois faire preuve d'un peu d'ouverture d'esprit, mais quand même ! Allez, soyons positives. Malgré sa tête un peu trop allongée, et son costume beaucoup plus prétentieux qu'il doit l'être, je dois pas me voiler la face, il a quand même un tout petit peu la classe ! So, chut, ne le dites à personne, je passe pour quoi moi après ? J'me demande d'ailleurs comment il fait pour faire tenir ses cheveux aussi bien, mais Kohane la silencieuse - après une intense réflexion qui consiste à vérifier mes dires - annonce qu'elle est un radis. D'accord, mais un radis comment ? Noir, rose, rond, allongé ? Il en existe pleins des radis ! Ils sont débutants en matière de potager ou ? M'enfin, non, impossible, l'autre parlait de trucs scientifiques tantôt. Bon, à toi de répondre. Je regarde un point fixe en plein milieu du bois, attendant que ma patate de narratrice s'exprime - ce qu'elle a du mal à faire vu l'attente qui en découle. Ah, enfin ! Elle s'est décidé.

-Je suis une carotte. Une orange, pas une violette. C'est important de le préciser.

J'ai soudainement eu froid aux tiges et aux racines. J'ai essayé de me réchauffer, mais mes mains sont occupées par la pelle, des mains, qui, en soi, ne devaient pas exister. Il faut à tout prix que je me plante. Le plus vite sera le mieux. Si seulement ces stupides baguettes n'étaient pas cancérigènes pour les plantes, j'en aurai bien emprunté une. Ah mais brocoli ! Je jure sur ma foi de légume qu'une pensée pareil ne me passera plus ! Jamais au grand jamais ! Je regarde le ciel et implore mon dieu Chicon que cela ne se reproduira plus. Je suis quelqu'un de tout à fait sensé. Il n'y a pas de craintes à avoir envers moi. Je suis bonne élève, faut me croire. Les mains croisées dans mon dos, j'entame l'hymne national des carottes. La peur me ronge le ventre. Un ver est en moi. Il refait surface. J'ai peur. Il faut qu'il parte. Je ne veux pas finir à la poubelle, c'est important. Je doit être un mets raffiné. Ne pas avoir une vie ratée. On se concentre, on ne se met pas en PLS et on parle avec les autres. D'ailleurs, ils sont passés où ? Droite, gauche, gauche, incliné. Les voilà. Ouf, sauvée. Je cours pour les rejoindre et arrive juste à temps pour entendre le Navet proposé un nouvel endroit. Entre deux arbres, à une distance raisonnable de l'eau, ça me semble parfait. Il remonte dans mon estime.

La petite Radite vérifie à son tour le terrain -histoire d'être sûrs, sait-on jamais. Moi, ça me semble bien. Eh mais, qu'est-ce ? Après m'avoir demandé si je voulais bien prêter ma pelle, elle commence à définir son terrain. Et si je voulais m'y planter moi aussi ? Je secoue la tête, incrédule, puis reprends une nouvelle fois mes esprits. Souriante, j'hoche la tête. Ouais, c'est pas mal par ici. Je m'accroupis, pas de limaces, ou autres conneries de ce genre dans l'herbe. Je place délicatement mes racines à côté de moi en m'abaissant. Il est l'heure de trouver une bonne répartition de mon outil. Alors, voyons voir ce que ça donne. Soit, je fais mon trou, m'enterre avec, puis je fais mon égoïste. Ce n'est pas très judicieux, ils pourraient me brûler les feuilles. On oublie ça. Mmmm, j'aime pas l'idée de les laisser sans surveillance... Hum, oui, là, c'est bien ça !

-J'crois qu'on doit s'entraider. Puis, quand on a tous nos trous, on se plante en même temps. Et si quelqu'un est pas d'accord, il se fera brûler ses racines !

J'ai la flemme de photographier le dessin alors je montre un nounours pour son apparence:
 
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Re: Balade au clair de lune

Message par : Azaël Peverell, Sam 11 Fév 2017 - 0:10


Ta soeur est un radis. Tu es navet. Vous êtes frère et soeur. Vous êtes donc navet et radis. C'est beau. T'aimes bien l'idée en tous cas. Tu te dis un instant qu'elle est sans doute le plus beau représentant de son espèce. C'est vrai, elle est parfaite. Elle est donc un radis parfait. Et t'es à peu près sûr qu'aucun radis n'a jamais atteint un tel niveau de perfection. Et toi, t'es un navet chanceux, parce que tu vas pouvoir te planter à ses côtés. Vous puiserez votre énergie dans la Terre-Mère ensemble. Vous pousserez ensemble. Vous formerez un beau petit potager ensemble. Même que vous avez trouvé l'endroit.

La carotte vous rejoint. Elle, tu l'aimes moins. T'as pas grand chose à lui reprocher, attention. Tu lui en veux pas ni rien. C'est juste qu'elle se croit plus intelligente que vous. Sous prétexte qu'elle est orange, et pas violette, et qu'il faut le préciser. Non mais faut arrêter de vous prendre pour des idiots. Vous voyez bien qu'elle est orange cette carotte, vous avez des yeux ! Quoi que... C'est pas très normal pour des légumes ça. C'est peut être pour ça qu'elle a précisé. Elle fait peut être parti des légumes aveugles. Ça expliquerait pourquoi son premier trou était si mal placé.

En tous cas, tout l'monde a l'air d'accord pour se planter à l'endroit que t'as trouvé. Ta soeur radis commence même à compter sa parcelle en demandant si la carotte peut lui prêter sa pelle. Elle doit être pressée. Tu comprends, c'est pas facile pour un légume d'être hors de terre si longtemps. Ça devient vite pesant. Voir dangereux. Parce que légume déraciné équivaut bien trop souvent à légume délaissé, oublié, et finalement fané. Enfin pourri. Y'a que vos feuilles qui peuvent faner, pas vos fruits. Enfin... Pas vos légumes. Enfin... Ouais, vous avez compris l'idée quoi. Décidément, c'est pas évident d'être un navet.

La carotte propose de s'entraider pour creuser vos trous pour que tout le monde se plante en même temps. C'est sans doute le meilleur plan, alors tu acquiesces. Mouvement de feuilles haut bas. Ca veut dire oui en navet, c'est un patois. Tu commences à regarder l'endroit d'un peu plus près à ton tour, et tu désignes une place juste à côté de ta soeur radis étoilée. Parce que c'est là que tu veux te planter, à ses côtés. Comme ça, même en étant des légumes bien plantés et en sécurité, vous pourrez vous envoler.

- On fait comme ça, mais moi j'me plante là.

Et tu piques la pelle de la carotte sans vraiment lui demander. Après tout, t'es le légume le plus viril de la bande, c'est à toi de faire ton costaud. Alors tu commences à creuser, en montrant bien à quel point t'es un navet musclé et stylé. Même si t'es un peu boueux. Même si t'es un peu en mode OGM après tout ce que t'as avalé. T'es quand même sympa comme navet. Une pelletée, deux pelletées, trois pelletées... Surtout, ne pas s'arrêter tant que tout le monde ne peut pas se planter. Même si au pire elles prendraient le relais. Plus tu creuses, plus tu te dis que vous allez former un joli potager. Un super potager de Supers Légumes.
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Re: Balade au clair de lune

Message par : Kohane Werner, Dim 19 Mar 2017 - 11:01





La reine du silence est une carotte. Pas violette, qu'elle dit. Une carotte orange. Oh, pour moi, c'est du pareil au même. Sa couleur m'importe peu -j'fais pas u genre de racisme légumien. Savoir qu'elle est une carotte me suffit.
Nous avons donc un navet, un radis, une carotte à planter dans ce p'tit coin d'potager, ce p'tit coin d'bonheur légumier.

Mon regard balaie encore le terrain plongé dans le noir.
J'ai hâte de me mettre en oeuvre. Creuser. Et enfin voir si oui ou non on peut se planter ici, b*rdel ! Pour peu, mon petit corps de radis trépignerait d'impatience. Il sauterait, comme ça, pressé de pouvoir enfin se mettre au chaud dans les bras de la Terre-Mère. Puis, qui sait, une fois bien enterrée, peut-être que je pourrai voler. Comment ça, c'est contradictoire ? Bien sûr que non ! A votre avis, pourquoi on enterre les morts ? Pour qu'ils puissent plus facilement décoller et voler vers les étoiles. CQFD. Puis, de toutes les façons, mon frère navet-astral est là. Donc c'est forcément possible. Avec lui, tout est possible.
Alors, on se plante quand ?
Je me sens vide et nue là dans le froid nocturne.
Veux retrouver mon nid douillet de petit radis !



La carotte reine du silence plus si silencieuse reprend la parole.
Elle propose qu'on s'entraide. On creuse trois trous puis hop, au signal top départ, chacune se glisse dans sa maison. Et top début du chrono, on attend, on se prélasse, on pousse. On vole.
Je réfléchis à la proposition.
Mais mon frère est plus rapide ; il dit qu'il est d'accord.
Mon regard radicien fixe un instant son joli profil de navet -il brille encore et toujours. S'il a dit oui, je ne peux que suivre sa voie. Alors, je reportant mon attention sur la carotte -orange, pas violette !- je hoche la tête, muette. Pas envie de parler. Juste qu'elle sache que c'est OK pour moi aussi.
Ne reste plus qu'à creuser les trous.
Et on sera presque arrivés au but.

Sans demander son reste, mon frère saisit la pelle et se met à creuser.
Avec admiration, je l'observe faire. J'aime le voir en activité de légume, prêt à tout pour trouver la mère nourricière. D'ailleurs chaque poignée de terre que la pelle rejette ressemble à une myriade d'étoiles agglomérées, plongées dans le noir. C'est beau. Ca me fascine, pour dire vrai.
Ca creuse
Ca creuse
Ca creuse.
Mon frère navet est vraiment top dans le rôle.

Mes yeux glissent dans le noir jusqu'à la carotte, laquelle vient de se faire piquer sa pelle quand même.
Mais c'est pour la bonne cause.
J'suis sûre qu'elle le comprend. Qu'elle le comprendra. Après tout, c'est elle qui, tout à l'heure, a dit qu'elle nous prêterait un peu sa pelle. Donc mon frère ne fait que suivre les instructions.
Dans un tic et un tac rythmé par le regard de la lune, les pelletées s'accumulent, la terre s'amoncelle.
Ca va faire une jolie place de légume, ça.



Le temps s'écoule doucement dans la nuit.
Puis, au bout d'un moment, je me dis que mon frère n'arrête pas et que ses bras de navet -bien que costauds- doivent commencer à fatiguer. Bien sûr, il est un super-navet top et super fort. Il n'empêche, il faut savoir reconnaître les moments de faiblesse. C'est ça qui ajoute à la puissance légumière.
Alors mes petites racines me font avancer vers lui. Jusqu'à lui.
Je ne dis rien ; je sais qu'il me comprend sans mots. Comme la carotte, d'ailleurs. Mais ce n'est pas pareil. Ce n'est pas le même lien entre elle et moi, lui et moi. Deux liens différents pour des légumes différents. Mais des légumes que j'aime beaucoup, il va sans dire.
Enfin, qu'importe.
Là n'est ni la question ni le problème.

Je pose juste ma main sur celles, en pleine action, de mon frère.
Et, sans lui demander son avis -bien que je doute qu'il se fâche- je lui pique la pelle comme il l'a piquée précédemment à la carotte. Eh oui, me voilà désormais locataire (car non propriétaire) du sacro-saint objet pour tout légume qui se respecte. D'ailleurs, me dis qu'il faudrait que j'en aie un moi aussi en ma possession, non ? Ca sert toujours, une pelle.
Bref, j'entreprends de continuer le chantier commencé par le navet-étoilé-adoré et entreprends de creuser le deuxième trou.
Et un, et deux, et trois
Et un, et deux, et trois
Une pelletée
Deux pelletées
Trois pelletées
Est-ce que je rejette des étoiles moi aussi ? J'vois pas très bien, trop prise par ma tâche.
Lorsque les trois trous seront creusés, nous pourrons faire les chaises musicales version légume. On danse, on marche, on court autour de notre potager et quand le musique s'arrête, chacun se met dans le trou devant lequel il se trouve. Comme ça, pas de dispute quant à l'emplacement. Même si, bien évidemment, j'aurais souhaité le petit carré repéré précédemment. Cependant, la carotte n'avait pas semblé bien heureuse de mes délimitations de terrain...
Donc ce serait le mieux à faire, non ?
Sauf que... on n'a pas de musique.
Et que c'est quand même le plus important pour donner le top départ et top arrivée. Sinon, on va danser sans fin, attendant un signal de top arrivée qui n'existe pas. Et on ne se plantera jamais.

Tout en creusant, je prononce alors mes interrogations à voix haute :
-On fera comment pour la répartition du lieu d'habitation ? On tourne autour les yeux fermés et on loge dans le premier trou dans lequel on tombe ?
Des légumes tombés dans un trou, c'est comme les graines tombées dans la terre après que l'agriculteur les ait lancées.
C'est profondément légumien, j'trouve.

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Mary Drake
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Re: Balade au clair de lune

Message par : Mary Drake, Lun 27 Mar 2017 - 22:36


Bon, si on résume vite fait la situation, le fait que je sois orange ne dérange personne. Heureusement, sinon c'était la guerre, la guerre de terre. J'sais que au cas où, j'ai les patate pour m'aider. En plus elles se sont des féculents. Elles ont de la force. J'suis fière d'elles. Fin soit, y'a pas eu de problèmes. Si j'avais dit violet, peut-être qu'il y aurait eu des réclamations. Mais là, de l'orange, ça reste basique, presque enfantin. Alors ça va. Puis, suite à ma proposition, bah encore une fois je suis tranquille. Ils hochent la tête, le navet montre même l'endroit où il veut se placer. Soyez ensemble, même si moi aussi je veux être avec la reine du silence. J'ai envie de l'aider. Au pire je vais de l'autre côté. Comme ça on pourra la protéger. Je vais p'têtre voir un peu loin pour des idées légumières. Tout ce que l'on veut c'est la paix. J'sais pas. J'ai pas non plus envie de me mettre à l'écart. Histoire de surveiller le légume que j'aime moins. Enfin, si la raditte lui fait confiance, je vais pouvoir arriver à faire pareil. Enfin, je l'espère.

Après avoir donné une petite parole approbatrice, le navet me pique ma pelle. Je dis rien, j'ai pas envie de faire des bagarres. C'est ma faute, ça m'apprendra à être conciliante. Ridicule. Fin bon, maintenant qu'il est parti, je vais pas l'arrêter dans son élan. Plus tôt il sera planté, plus vite je le serai, plus vite je ne verrai plus sa face de navet. Purée de choux de Bruxelles, il est temps. En attendant, je peux compter les étoiles. Si je n'ai que ça à faire. Une, deux, trois. Ce ciel sombre est magnifique. Comme nous, les supers-légumes. Je le sais parce-que le simple fait d'en être un c'est juste trop trop bien. Tout le monde ne peut pas se vanter d'un être après tout. Déjà pour trouver lequel nous représentera, c'est foutu si ça vient pas du cœur. Bon après il reste les fruits mais disons qu'eux, c'est un peu la honte. C'est mal d'être raciste, je sais, excuse moi encore dieu Chicon. Avouez quand même qu'être un citron, c'est amer à avaler. Surtout que si on se prend un truc dans l’œil, on est bon pour pleurer comme un enfant de 5 piges qui coupe des oignions. Pauvres plantes, toujours associées aux larmes.

Trente, quarante, cinquante étoiles. La silencieuse s'empare de la pelle à son tour. C'est qu'elle passe dans toutes les mains celle-là. Qu'ils s'arrangent comme ils veulent. J'me ferais le dernier trou de toute façon. Je vais jeter un coup d'oeil, à celui des autres. Histoire d'être sûre qu'on ne se retrouve pas encore avec de l'eau sur la tête. J'ai plus assez de force, j'veux juste me retrouver tranquillement dans la terre tranquillement. C'est tout ce que je veux. Navette propose de faire du hasard. Enfin, tourner et se laisser tomber. J'aime pas trop, en plus y'a l'autre qui a clairement dit qu'il se planterait "là". Désolée reine du silence, ce ne sera pas pour cette fois. Mais y'a moyen de faire un compte à rebours comme ça on s'met en même temps et on passe la nuit chacun planté. C'est bien ça non ? Et puis, on se met dans le trou qu'on a creusé, ça me semble une évidence. Mais avant, faut que j'en aie un. Sinon bah c'est impossible. Quand je crois qu'elle a finit, je prends doucement ma pelle des mains et me met à l'ouvrage devant eux. On formera un petit triangle comme ça. Un botte, deux bottes, trois bottes. J'aime bien le bruit que ça fait. J'ai arrêté de compter les étoiles d'ailleurs. J'espère qu'elles m'en veulent pas. Au pire un jour quand j'exploserai je viendrai jusqu'à vous. Okay ? Bon du coup, j'ai terminé mon travail. J'espère qu'eux aussi, vu qu'aussitôt pensé, je balance ma pelle dans la nuit sombre et déclare très sérieusement :

-A trois on se lance ?

Pas que je sois pressée, mais l'appel de la terre est plus fort que tout. J'ai vraiment envie d'y aller. Je sautille d'impatience mais attends les compatriotes. C'est la moindre des choses on va dire.
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 Balade au clair de lune

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