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[Habitation] 52 Eden's Road
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Jacob G. Kenway
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Re: [Habitation] 52 Eden's Road

Message par : Jacob G. Kenway, Jeu 07 Jan 2016, 21:05




Formation d'Animagie
PV Amy Steiner


C'est avec sa petite langue fourchue de reptile qu'Amy lui montra son enjouement à tenter cette capacité qui finalement se trouvait être primordiale pour le mode de vie de l'animal dont elle venait de prendre la forme pour la première fois. En observant le petit caméléon, Jake comprit que toutes les craintes qui quelques instants auparavant semblaient oppresser sa nouvelle protégée, s'étaient incliné devant le curieux plaisir qu'elle prenait à découvrir les sensations et joies qu'apportaient l'animagie. Posé sur un meuble du salon du Kenway, le petit animal se positionna devant un cadre photo qui y était posé. Il y eut quelques petites secondes où l'ancien Serdaigle gardait un petit sourire simple sur le visage, impatient de voir jusqu'où s'étendaient les capacités de la jeune Steiner. Elle trembla un instant et disparue progressivement, lui permettant de voir la photographie qu'elle imitait.

Il s'agissait d'une photo de lui et d'Angel jouant naïvement dans le jardin familial. Jake eut un autre sourire mais la tristesse omniprésente se fit sentir à nouveau, comme si elle lui repprochait de l'avoir oublié l'espace d'une minute. Comme si elle lui en voulait de l'avoir délaissé pour la fierté qu'il ressentait à l'égard de cette gamine. Et maintenant, il devenait celui qui se retrouvait pris au piège par ses propres émotions. Une fois, juste une seule petite fois. Il refoula tous ces maux, constatant que les ignorer ne marchait pas si bien. Et il la sentit à l'intérieur, cette immense boule, ce poid qui pesait et dérangeait. Une véritable grenade ingérée afin qu'elle puisse tout faire sauter de l'intérieur. Le mentor prit un sourire plus large, un sourire qui se voulait franc, avant de soulever la petite créature dont les yeux allaient dans tous les sens possiblent.

Il la posa dans ses vêtements et à cause de l'embarras que son retour à forme humaine pouvait causer, Amy et lui se regardèrent un petit instant droit dans les yeux. Elle finit par comprendre sans qu'il n'ait à dire le moindre mot. Le sorcier vit le caméléon se tortiller dans tous les sens afin de trouver une position comfortable dans la pile de vêtement où il avait été posé puis il finit par cesser toute forme d'agitation. De nouveau il y eut un petit moment où la mage semblait se concentrer. C'était sa première transformation et donc la première fois qu'elle retrouvait a forme humaine mais pourtant elle avait tout de même une certaine maîtrise dans ce qu'elle faisait, elle s'appliquait dans ses moindres gestes. Si bien que lors de son passage du reptile à la belle jeune fille qu'elle était, elle réussit à s'installer dans ses habits juste avant de retrouver brusquement sa forme normale. Avec un sourire qui montait jusqu'aux oreilles elle s'exclama:

    « Waouh ! C'était génial ! J'étais minuscule, mais je voyais et j'entendais tout ! J'ai pu m'accrocher à une surface ; je pourrais peut-être grimper aux murs ? Et puis je me suis camouflée ! »


Se concentrant sur toute la joie qu'elle dégageait, Jake finit à son tour par la partager avec elle. Ayant toujours apporté une certaine importance à la reconnaissance et l'estime qu'une personne pouvait avoir pour elle même, il n'hésita pas une seule seconde à lui dire :

    « Je suis fier de toi Amy. T'as vu que t'as pu le faire ! Je n'étais même pas sûr que tu sois capable de te camoufler et pourtant ? Tu m'en as mis plein les yeux. » Il l'enlaça amicalement. Après avoir laché son étreinte il lui continua : « Tu peux passer quand tu veux à la maison pour t’entraîner à tout ça... Je me suis jamais demandé si un cet animal savait monter aux murs... Par contre il faudra faire attention pour ton retour à la forme humaine, tu as été assez vive lors des derniers moments de ta transformation. Mais ça n'est rien. Je suis prêt à parier que maintenant, tu es prête à te laisser tenter par mes cookies et une boisson chaude... »
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Jacob G. Kenway
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Re: [Habitation] 52 Eden's Road

Message par : Jacob G. Kenway, Mer 02 Aoû 2017, 22:24






ENCLOS ROYAL




Soir d'hiver, à quelques semaines des fêtes. Je n’étais pas à ma première lune, mais mon père avait fait de cette transformation, mon véritable baptême. Je lui en avais parlé à lui et au reste de ma famille bien sûr. A ce moment là, il s’agissait des seules personnes  au courant de ma situation car j’estimais que nulle autre personne n'avait besoin de savoir quel mal coulait dans mes veines. Nulle autre personne ne méritait d’avoir accès à ce qui paradoxalement semblait être ma plus grande faiblesse. Bien sûr, je ne leur avais pas révélé que cette transformation était le résultat imprévu de ce qui ne devait être qu’un aller simple vers ce que Rabelais appelait le Grand Peut-Être.  Même si la perception que je me faisais du monde commençait à changer, je me suis contenter de leur dire que c’était le fruit de mon imprudence. Que j'avais de la chance d'être encore en vie.

De la chance... Seul mon père semblait voir au delà des mots que je prononçais. Lui, avait toujours tout deviné. Et il a su deviner ce que je ne montrais pas. L'étude qu'il fait des personnes qui l'entourent m'a toujours mené à  me demander s'il était  légilimens.  Il m'a prit à part, plus tard lors de cette soirée, avant de me faire cracher le morceaux. Je me suis mis à sangloter, comme un enfant prenant conscience de la cruauté  de la vie qu’il découvrait. Pendant quelques mois, ma vie ne s’était résumé qu'à cela. Je me demande encore comment est-ce que je pouvais me permettre de pleurer, d'où est-ce que je pouvais puiser ces larmes. Ce soir là,  je me sentais parfaitement ridicule. C'était la première fois que je pleurais devant mon père depuis très longtemps. Lui et moi nous n’avions jamais été réellement proche, nous ne témoignions jamais l’affection que nous portions l’un pour l’autre. On s'aimait, mais on ne se le disait jamais. L'évidence était là. Pourtant, tandis que je pleurais, il m'avait prit dans ses bras, comme il le faisait lorsque je trébuchais gamin.

Ce geste m’avait suffit, et m’avait inciter à lui parler de ce que je ressentais: la pression de ces démons qui m’opprimaient; la crainte du silence qui précédait le sommeil; la peur de l'abandon; l'appréhension perpétuelle du cycle de la lune et mon drôle de rituel pour que celle-ci ait le moins d'effet possible sur ma personne. De ces cocktails de médicaments, de ces injections de tue-loup sous sa forme la plus pure. Des tas de précautions qui perdaient en intensité à chaque transformation. Il plongea son regard dans le mien, cherchant quelque chose au delà du blanc de mes yeux. C'est avec la même fermeté qu'il a toujours eu, qu'il m'avait dit:

Petit con. Tu t’y prends mal. Je serai présent lors de ta prochaine transformation. Mais à partir de demain, nous avons du pain sur la planche.

Je n’avais pas idée de ce à quoi il faisait allusion, et pour un bref moment je lui en voulais. Car il se permettait de juger la façon dont je m’occupais de ma souffrance. Mais il avait raison, tout ça n’était que connerie. Je le savais déjà, je pense, car je voulais avoir confiance en lui. Et pour cette même raison, je n’avais rien dit, l’idée de sa présence suffisait à m’apaiser. Je me sentais déjà plus léger sans le fardeau du silence.

Ce soir là, lorsque je suis rentré chez moi, Morphée prit moins de temps pour m'étreindre. Cela était peut-être dû au fait que pleurer avait usé de toute mon énergie. Quoi qu'il en fut, j'étais déjà réveillé lorsqu'au petit matin, mon père vint sonner à ma porte. On se salua, avec plus de retenue que notre échange de la veille, et il m'expliqua ce qu'il comptait faire. Le but était de me créer un lieu où je pourrais me transformer, sans m’exiler une fois par mois, je serais chez moi. Selon lui, ça m'aiderait d'une manière ou d'une autre... pourtant je ne voyais pas en quoi. Mais nous nous sommes dirigé vers l'arrière de la maison de l'autre côté du coin piscine, un endroit dissimulé par les quelques arbres qui s'élevaient. Sans même me demander quoi que ce soit, mon père sortit sa baguette et visa le sol, en face de lui. Bombarda

Avant la nuit tombée, nous aurons bâti le refuge au mal qui t’afflige, un refuge où tu seras libre d’être toi. Si tes démons crient en toi, tu te dois de les laisser se déchaîner le long de la nuit qui leur est attribuée.

Ses mots font sens, et je m’exécute : à mon tour je lève la baguette, tremblante entre mes doigts, dans la direction qu'il indiquait avant de jeter à sa suite ce même sort prononcé. Au signal nous fîmes exploser le sol, afin de nous frayer un passage sous terre. La magie aidant, nous passâmes la plus grande partie de la matinée à fabriquer cette pièce souterraine. Explosion sur explosion,  vers, cafards et cloportes prenaient la fuite face à nous envahisseurs. Lorsque la sombre ouverture l’eut permit, nous sommes entrés. Le silence a continué de raisonner quelques minutes de plus, jusqu’à ce que mon père le rompe.

Il ne nous reste plus qu’à attendre notre invitée la lune.

Nous l’attendîmes.


***


Dans un silence religieux, j’ai regardé le soleil s’écraser contre les maisons du faubourg, comme ces grains de poussières contre ma main. Et lorsque ces toits faits d’ardoises l’eut dévoré, l’angoisse qui se terrait en mon sein exulta. Je tourne la tête vers l’alcôve aménagée dans ce gouffre difforme. Glissant mes doigts le long des plaques marbrées, je caresse les pierres qui délimitait un royaume de lumière qui chaque mois me condamne à l’exil. Mon père me prit dans ses bras avant de reculer, prêt à accomplir la tâche qu’aucun autre n’aurait pu réaliser. J’accepte mon sort et me recueille à genoux.

Décidé, mon père lève sa baguette et l’agite, signal du commencement d’une sombre symphonie. Au rythme de son bois d’épicéa, les murs de la crevasse se mirent à trembler jusqu’à libérer d’immenses blocs de pierres. Celles-ci sur un tempo mécanique dansèrent jusque l’entrée de l’alcôve. La désolation que je percevais dans les yeux gris de mon père n’altérait en rien sa conviction. Mon père avait contribué à ma création, et ce soir là, il contribuait à ma seconde naissance. Chacune des pierres trouva la place qui lui avait été attribuée, fermant ainsi la seule issue menant hors de l’alcôve. Me concentrant sur les battements de mon cœur, seuls éléments troublant le microcosme auquel je me suis offert, j’attends sagement que l’astre d’argent daigne me consacrer.

Je l’ai vue, au fond de moi. Elle était fine comme la mort mais belle comme la rosée. Elle avait su me trouver dans le silence de la nuit et les ténèbres de mon cœur. Pâle comme l’hiver, ses cheveux étaient semblables à la marguerite que l’on offrait lors d’un premier rendez-vous. Elle s’approcha de moi et de sa main glaciale, brisa l’urne de mon inconscient. Le sourire qu’elle avait aux lèvres déchirait son visage maigre, mais le plus commun des mortels se perdaient dans ses immenses yeux couleurs de jais. Avec le charme de l’Inconnu, elle inclina ma tête et me couronna d’un baiser avant de disparaître.

L’amour de cette reine s’est mis à couler dans mes veines en faisant danser les parois de celles-ci sur son passage. Mon coeur, percussion dans ce ballet morbide, s’accordait à la mélodie qui vibrait dans mes os jusqu’à ce qu’ils se brisent. Je me suis courbé tandis que mes secrets réprimés se déchaînaient en moi. Ils se faufilaient dans mes nerfs, et se logeaient dans les fibres qui constituaient mes muscles, et le plus chanceux se faufilait entre les pores de ma peau pour me couvrir d’un manteau nouveau. Mes poumons brûlaient d’un feu impur. Levant la tête, j’ai hurlé sa gloire tandis que ce cri me fracassais la mâchoire pour la reformer à l’image qu’elle avait choisi. Ainsi, sur mes pattes allongées je me suis redressé, prêt à régner sur mon royaume d’obscurité.

J’étais loin d’imaginer cependant que j’aurais immédiatement du faire face à des envahisseurs. Grognant de toute mon âme, j’ai laissé cette voix suave murmurer à mon oreille le sort réservé à ces formes indistinctes. Cours dépression, car le vide que tu as répandu en moi cède la place à la rage et à la faim. Je me suis jeté sur celle-ci en voulant lui ouvrir le ventre de mes griffes qui déçues frappèrent uniquement l’air. Tu peux crier, deuil car je m’apprête à mettre fin à ton égoïsme. En deux bonds j’ai traversé le noir sans fin de mon domaine pour lui faire face, mais il avait déjà disparu quand mes crocs coulant de salive s’apprêtait à se refermer sur lui. Détrompe-toi amour perdu, la douceur de ma violence  te remplace enfin. Elle apparût alors, resplendissante et sereine dans la noirceur du néant, Merit reine de de mon coeur et de mon passé se tenait devant moi. Je n’avais pas eu de seconde pensée, ni d’hésitation j’ai refermé ma gueule sur sa tête pour décapiter son corps que je fabulais.

Mais l’air ne suffisait à combler la fin et la douce voix qui murmurait à mon oreille exigeait sacrifice. J’ai alors cherché moyen de sortir. Je me suis mis à tourner en rond dans mon palais pour délimiter celui-ci de mes griffes en espérant trouver faille qui me libérerait, en vain. Pris d’une panique belliqueuse j’ai commencé à les frapper mais rien ne changeait. Les heures passèrent et je continuais à frapper les murs, pris au piège dans cet enclos royal.


Dernière édition par Jake G. Kenway le Sam 12 Aoû 2017, 23:28, édité 1 fois
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Re: [Habitation] 52 Eden's Road

Message par : Jacob G. Kenway, Sam 12 Aoû 2017, 22:55




LA FRAGILITE D’UNE VIE
ft. Agrat Ghilsofi



Ma colère qui fusait dans une sphère de flamme. Les ronces de mon dégoût qui tentaient en vain d’attraper les jambes de l’assaillant. La dominance de mes insultes trahies par mon besoin de réponses. L’innocence en danger. Le souffle de ma démence qui me murmure de la venger.  Les images de l’altercation se bousculent encore dans ma tête tandis que dans mes bras le corps de l’oiseau de nuit tremblait, inconscient. Les flammes m’enveloppent et l’instant d’après je me retrouve dans mon salon. D’un sifflement je plonge la pièce dans une lumière salvatrice et réveille mon chien qui couchait près de mon canapé d’angle.

Je me précipite et pose mon invitée évanouie sur celui-ci. J’ajuste un oreiller sous ses cheveux de noisettes et je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec mon fantôme du passé. Nous avions probablement le même âge qu’elle le jour où l’on s’est connu pour la première fois. Elle était saoule et inconsciente, comme elle et c’est comme cela qu’il s’était rendu compte que Merit prendrait de la place dans sa vie, et au-delà de sa mort.

Je remonte une couverture sur le corps presque dénudé de cette ondine, dont la seule erreur fut d’errer au lit du marrée de la cruauté des hommes. Peu importe l’imagination lyrique auquel je m’efforce d’attacher cette victime allongée, je ne peux m’empêcher de l’associer à celle que j’ai perdue. La couette qui l’enveloppe semble être impuissante sur le contact glacial de la peur. Je prends sa température du dos de ma main et au fond de moi se bouscule des émotions que l’on ne devrait ressentir pour une inconnue, encore moins pour une collégienne. Des sensations qui m’effraient, j’ai un mouvement de recul. Je m’efforce à comprendre que ce ne sont pas des émotions, juste des illusions qui seront chassées par la certitude du réveil. Cette réflexion me rassure. D’un mouvement de baguette j’enclenche un mécanisme dans ma cuisine pour chauffer de l’eau.

Assis auprès de sa tête, je dégage son visage angélique des mèches encombrantes. D’une voix doucement maladroite je fredonne une chanson d’un autre temps, le coeur attendri par la fragilité d’une vie.




Dernière édition par Jake G. Kenway le Mer 16 Aoû 2017, 21:43, édité 1 fois
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Re: [Habitation] 52 Eden's Road

Message par : Agrat Ghilsofi, Mar 15 Aoû 2017, 19:46


Dolore ! La dernière vision qu'Agrat avait eu avant de s'évanouir était le macadam. Froid, peut-être, mais concret. A présent, elle était dans un état second. Inconsciente, comme si son âme avait quitté son corps pour rejoindre l'invisible. Elle était au fin fond des ténèbres les plus sombres, dans des abîmes dont elle ne pouvait s'échapper. C'était comme un rêve, plutôt un cauchemar ; évanescent. C'était lorsqu'elle allait se réveiller qu'elle rechutait dans les décombres de brouillards opaques. C'était épais, beaucoup trop pour qu'elle puisse se rappeler de quoi que ce soit. Mais il y avait ce sentiment malsain qui persistait. Elle se débattait pour s'échapper de cette dimension brumeuse qui lui était trop floue pour qu'elle s'y sente à l'aise. Elle avait besoin de choses claires, elle voulait comprendre pourquoi son cœur était lourd, qu'est-ce qui lui pesait tant ? Elle ne pouvait pas se laisser aller aux ombres, ni naviguer dans les ténèbres avec ce poids qui lui faisait pression. Que s'était-il passé ? C'était terrible. Elle le savait. Mais... Assez ! Elle nageait dans des profondeurs plus noires encore que la nuit noire mais un son lui parvenait. Une voix, tremblante. Un chant. De plus en plus fort. De plus en plus près. Une lueur d'espoir ? Elle devait se réveiller alors elle s'agrippa de toute ses forces à cette seule chose qui lui venait d'un monde rationnel. « ...I don't want to wake up on my own anymore... »

Ses paupières s'ouvrirent instantanément. Un rapide coup d’œil au plafond et aux alentours pour comprendre qu'elle se trouvait quelque part qui lui était étranger. Malgré son absence, elle n'avait rien perdu de sa vivacité. Elle se redressa puis se retourna vers la source de la voix. Tout cela de manière très rapide. Dès lors qu'elle croisa son regard, tout lui revint, sous forme de courtes séquences juxtaposées. Elle comprenait à présent son sentiment d'insécurité et de peur. Ses agresseurs, le terrorim, ce secoureur et sa quête, les coups, le sang, haine viscérale. Tout rejaillit en elle, comme un feu d'artifice. Elle bondit sur ses jambes, épouvantée et recula pas à pas, les paumes ouvertes et les bras tendus vers l'inconnu, pour appréhender chacun de ses potentiels gestes. Ça devait être chez lui, ici. Il avait dû la ramener après le carnage pour lui éviter d'autre mésaventures. Mais, qui sait, peut être qu'il n'était pas mieux qu'eux, peut-être qu'il était même pire. Peut-être qu'il l'avait emmené chez lui pour mieux profiter d'elle, pour supprimer la possibilité d'une évasion de sa part. Il était finalement plus vicieux qu'eux. Ça allait être beaucoup plus facile pour lui. Les deux autres l'avaient fatigués à mourir, elle ne se débattrait même plus si ça recommençait, elle le savait. Ses pensées se disloquaient, complètement désarticulées. La peur avait toujours de l'emprise sur elle. Elle en devenait folle et paranoïaque. Ses tremblements reprirent, tout d'abord visibles dans ses mains et bras tendus, puis ils se diffusèrent dans tout son corps à une vitesse folle ; ses jambes semblaient pouvoir lâcher à n'importe quel moment. Tandis que ces cheveux longs et emmêlés lui collaient au front et entraient dans sa bouche pour lui donner un aspect misérable, elle cherchait un appui derrière elle, sans se retourner, pour éviter de s'effondrer.

C'est ainsi qu'elle se heurta à une table basse et qu'un vase se brisa à ses pieds dans un grand fracas qui la fit sursauter. Rapidement, elle se baissa pour ramasser un bout de verre qu'elle pointa sur l'homme, en guise d'arme, malgré la distance qui les séparait. Ça ne l'empêcherait certainement pas de s'approcher, mais elle n'avait pas sa baguette, là, dans l'immédiat ; c'était donc un semblant de moyen pour se rassurer. Et elle le savait. « Je veux rentrer ! » hurla t-elle, pleine de hargne. « Je veux rentrer ! » répéta-t-elle, toujours sur ce ton qu'elle espérait menaçant. Consciente de sa position d'infériorité, elle ne pointait plus le bout de verre sur lui, mais l'orientait vers son avant-bras où des veines saillaient étrangement. Elle lui posait un dilemme ; elle ne pouvait lui faire de mal, elle s'en ferait à elle même pour le faire obéir. S'il était aussi bien intentionné qu'il le laissait prétendre, il ne la laisserait pas faire. Il allait réagir, elle le savait, parce que sinon, elle le ferait.

Ce ne fut que maintenant qu'elle remarquait sa tenue, ou plutôt, son absence de tenue. Elle était en sous-vêtements, chose qui, concrètement, ne la dérangeait pas tant que ça. Cet ensemble noir et raffiné était certainement la dernière chose qui pouvait lui donner un peu de charme, là, maintenant. Ils compensaient ses hématomes d'un violet sombre qui ornaient sa peau, un peu partout. Elle se souvenait de l'agresseur qui avait découpé ses vêtements. « Je veux rentrer chez moi... » Elle tenta une dernière fois, cette fois-ci d'une intonation plus calme, plus intime. C'était un appel au secours. Elle répétait cette phrase tout en sachant qu'elle ne désirait pas vraiment cela. Non, elle ne désirait vraiment pas rentrer chez elle. Mais ce qu'elle voulait dire par là, c'était qu'elle désirait être quelque part où elle se sentirait en sécurité. Chez moi..., tu es chez toi, partout où tu acceptes que tu l'es, tu es chez toi partout où ton cœur l'est. Son cœur n'était pas chez ses parents. Elle ne pouvait pas débarquer à pas d'heure, dans cet état lamentable et dans un état d'esprit encore plus lamentable. Elle ne supporterait pas leurs interrogations, elle ne désirerait pas leur rendre des comptes, ni voir qu'ils n'y croiraient pas. En fin de compte, elle préférait rester ici. Après tout, ça ne pouvait être pire. Quelque chose s'était brisé en elle. Non, décidément, ça ne pouvait être pire.
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Jacob G. Kenway
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Re: [Habitation] 52 Eden's Road

Message par : Jacob G. Kenway, Lun 21 Aoû 2017, 17:26



LA FRAGILITE D’UNE VIE
ft. Agrat Ghilsofi



Le timbre irrégulier de ma voix imparfaite s’est alors mis à flotter dans la maison durant de longues minutes. Le calme qui envahissait la pièce et la perception faussée que j’avais de ma sombre berceuse, commençait à envoûter mes paupières déjà lourde. I’m tired & I… I want to go to bed. Il existe un moment entre le sommeil et l’éveil où l’on perd conscience des deux états. Seule demeure la certitude de l’innocence du néant. Et entre deux vers, je me suis senti comme attiré par cette vérité. Ma colère qui fusait dans une sphère de flamme. Je combats vaillamment le sommeil, craignant le réveil de l’ondine. L’eau fut trouble et je perçois du mouvement dans les profondeurs de son cauchemar aqueux.

Il était évident qu’elle avait besoin d’espace, qu’elle puisse prendre ses repères dans ce territoire inconnu, alors je recule. Ses yeux s’ouvrent et j’ose espérer que la lumière que laissent filtrer ses pupilles éclaire les ténèbres du soir. J’ai d’abord cru que j’avais raison : qu’elle n’avait rien de celle que j’avais perdu. Certes elle est jeune, certes elle est jolie et certes je repousse ces mêmes pensées qui m’avaient parcouru l’esprit, mais haque personne se sublime dans son unicité ; la sienne se faisait sentir comme la discrète odeur échappée d’une fleur de nénuphar. Elle émerge de ses eaux et m’observe apeurée, prête à prendre la fuite dans un nuage de brume, prête à se noyer dans la terreur où elle baignait. A mon tour je bondis et je l’observe ne sachant quoi dire, car je ne suis pas bon à cela. Qu’il est affreux de voir les gens souffrir et ne pouvoir faire quoi que ce soit. Elle tends les paumes vers moi, impuissante. J’avais tord. A mon tour je les lève vers elle pour témoigner de ma bienveillance. Mais ma bienveillance se fait synonyme d’impuissance. Ma bienveillance ne suffit pas, je dois lui dire quelque chose, qu’elle comprenne que tout va bien, qu’elle comprenne que même si je ne la connais pas, je suis là, elle n’a rien à craindre ici.  Ma bienveillance a des limites que j’aimerais affranchir.

Un vase se brise dans un éclat de peur. Elle a le réflexe d’une victime prête à affronter un démon  et  saisit une lame de porcelaine.

Je veux rentrer.

Si son cri était acéré il déchirerait mes rideaux en deux ; et s’il en avait la force, détruirait ma maison pour la rebâtir en sept jours. Mon coeur se tord sous cette pensée blasphématoire.

Elle se répète encore. Mon coeur se rate d’une pulsation et mon cerveau manque d’air. Lorsque la situation m’échappe, j’aime imaginer que je laisse le temps en suspens ; que les actions et mes pensées se superposent pour couvrir un maximum de terrain. Ainsi, je saurais qu’il suffirait que je mette mes mains bien en évidence, que je dise à l’ondine que je ne lui veux aucun mal. Je lui expliquerais la situation, où est-ce qu’elle se trouve, car les gens sérieux aiment la précision. Je m’approcherais doucement d’elle et prendrais la lame de ses mains. “Tu n'as pas besoin de ça pour te faire entendre. Tout ira bien.” lui aurais-je dit. Ceci ou quelque chose y ressemblant. Je lui aurais dit une phrase pleine de tact qui témoignerait de ma sollicitude. Alors, cette ondine cesserait de divaguer et verrait qu’elle n’avait rien à craindre du pécheur qui l’avait sauvé.

Mais je ne suis pas capable d’une telle prouesse ; et la vie, qu’on ne peut apprivoiser, ne me permet un tel scénario. Le temps court à toute hâte et je trébuche à sa poursuite. Je dis la première chose qui me passe par la tête, sans surprise il s’agit d’une bêtise.

Et bien je t’en prie, prends la porte.

Je réprime une grimace, baisse calmement les bras, insuffle d’une longue respiration et profite de ce court laps de temps pour réfléchir à ce que je pouvais ajouter à cette absurdité. Une fille menaçait de mettre fin à ses jours, et ceci était tout ce que j’avais à lui dire. Je m’en veux. Pourtant, je me laisse être emporté par cette phrase. Mes mots étaient sortis comme des cartes et je m’apprêtais à jouer au poker avec un génie de l’eau. Bluff.  Je feins l’agacement, me laisse tomber sur mon canapé et rajoute à son égard :

Vas y, je ne te retiens pas. C’était cool ce soir. Marche quarante cinq minutes vers l’ouest tu devrais retrouver une station d’auto-bus. Le premier devrait passer dans quatre heure, il te ramènera en ville et tu pourras rentrer d’où tu viens. Par contre, essaie de te couvrir un minimum, j’ai accomplie ma part du job en te sauvant de ces monstres là, mais tu n’auras pas de soucis à t’occuper d’autres mecs. Tu seras plus en sécurité, dehors, dans le froid et presque nue.

Je me lève sans rajouter quoi que ce soit. Comme un artiste sur scènes je laisse mes pieds me guider sur les planches de mon parquet vers la cuisine. Wolf me suit. Du placard mural, je sors deux tasses et je les remplie d’eau chaude, sors une boîte de sachet de camomilles. Lâche le porcelaine, je peux encore le réparer. De retour dans le salon, je lui tends une tasse et continue, avec le sourire rassurant que j’aurais aimé offrir dès la première fois :

Ou alors tu peux prendre le risque de passer la nuit ici, près du feu en buvant une camomille un peu trop chaude après avoir pris un bain et enfilé des vêtements secs qui ne t’iront probablement pas. C’est à toi de voir.
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Re: [Habitation] 52 Eden's Road

Message par : Agrat Ghilsofi, Mar 29 Aoû 2017, 02:17


Ses pieds venaient juste de rencontrer le sol ; elle venait tout juste d’atterrir sur terre. Oui, ses mots l'avaient ramenés à la réalité, elle qui vivait depuis plusieurs heures dans un monde chimérique. “Et bien je t’en prie, prends la porte.” Ces paroles étaient tellement proches de la réalité de la vie  qu'elle en était assommée. Il venait de mettre fin à des doutes qui la torturaient depuis bien longtemps. Le sang semblait reprendre sa circulation. Elle souffla, comme libérée de ce poids énorme. Non, il ne la retenait pas, et il lui faisait savoir. En vérité, ces assomptions la rassurèrent mieux que n'importe quel acte qui se voudrait secoureur. Il aurait pût venir à ses côtés, lui prendre le porcelaine des mains, lui chuchoter des mots d'amour à l'oreille et la prendre par la taille qu'elle ne serait pas aussi tranquillisée. Mais ces mots, eux, étaient tellement spontanés, tellement vrais qu'ils lui firent du bien. Ce n'était pas ce à quoi elle s'attendait, mais pourquoi deviner les actions d'une personne qui nous est totalement inconnue ? La surprise qu'il soit aussi terre-à-terre. Tout cela prouvait une intention qui ne pouvait être que bonne. Bien plus bonne que tout ce à quoi elle s'attendait. Non, elle n'avait plus une once de doute. Il était foncièrement bon, avec elle du moins, pour l'instant au moins.

Agrat n'avait pas bougé d'un millimètre qu'il retrouvait son canapé. Lentement, ses indications s'immiscèrent dans son cerveau. Elle hochait la tête, le regard fixe, planté dans le sien ; attentive. Quarante cinq minutes de marche vers l’ouest, une station d’auto-bus, dans quatre heure, en ville puis rentrer. Décidément, il ne pouvait être plus concret. La suite de ses propos la firent sourire, à croire qu'elle retrouvait un semblant de bonne humeur. Elle tentait tout de même de camoufler ses sautes d'humeur. se couvrir un minimum... presque nue ; elle l'était. C'était clair qu'en lingerie fine elle serait plus en sécurité dehors, il n'avait point tort. Ici au moins, il n'y avait que lui. Dehors, c'était rempli de loups. Elle baissa encore une fois son regard sur son corps amoché. Ce genre de sous-vêtements qui ne sont là que pour décorer, qui ne soutiennent rien, juste un ornement qui ne cache pas grand chose. Décidément, il avait raison. Mais cela à part, ça restait inconcevable. Avant même d'arriver quelque part elle tomberait de fatigue. Attendre quatre heures un bus ? Très peu pour elle, et qui sait quels phénomènes elle aura à affronter. Non, vraiment, ce n'était pas possible mais de toute manière elle n'avait jamais réellement eu le désir de rentrer. Elle se sentait un poil chez elle ici ; son cœur un poil plus attendri. Enfin, elle daigna parler. « J'aurai pas la foi ». Une chose était sure, il avait écarté d'elle tout désir de fuite, ou même de départ.

Le brun fit un détour dans la cuisine, il en revint avec deux tasses qu'elle devinait être du thé. Un chien le suit à la trace ; elle vient tout juste de le remarquer. Acceptant la boisson, elle laisse tomber le porcelaine à ses pieds et se décide à bouger. Son cerveau ne reprenait que réellement maintenant. Sa proposition était assez plaisante, en fin de compte ; un bain, des vêtements secs, une compagnie chaleureuse et une bonne nuit de sommeil. Elle retrouva le canapé où elle gisait inconsciente quelque instants plus tôt, la chaleur de la tasse entre ses paumes réchauffait tout son corps ; elle frissonna. Elle s'imaginait être moins repoussante maintenant qu'elle avait repris son calme, c'est donc sans honte qu'elle pouvait chercher son regard. Elle ne comptait pas le remercier pour son intervention de tout à l'heure, parce qu'elle n'acceptait pas encore l'idée quelle serait foutue sans lui. Mais elle murmura un « Merci » à peine audible pour le thé, et pour le refuge. Elle osa une petite gorgée de thé ; de la camomille. Le liquide était chaud mais pas assez pour la brûler. Parfait. N'empêche, c'était vraiment les choses les plus simples qui étaient les meilleures. Agrat oubliait souvent cela, mais en cet instant rien ne pouvait lui faire autant de bien que ce thé.

Mieux. Oui, elle se sentait un peu mieux. Mais les flash-back continuaient de se suivre dans son esprit, elle revoyait les scènes, une par une, encore et encore. Rien n'y faisait, elle savait d'ores et déjà que ces visions la hanteraient longtemps, elle réalisait déjà le degré du traumatisme qu'elle avait subie. Et parmi ces scènes et ses paroles, quelques-unes en particulier attiraient son intention. Maintenant qu'elle y pensait, des interrogations prirent place juste derrière sa langue. Un nom... quel nom ? Une femme, un prénom. Trou noir, elle secoua la tête, frustrée de ne pouvoir se souvenir. Seul un nom de lieu... Stonehenge. Vas-y, demande lui, tu ne peux résister à ta curiosité et tu sais qu'il est en quête de réponses, comme toi. Non, tu ne pourras lui apporter de réponses, mais peut-être qu'il voudra bien en parler. Après tout, tu as remarqué sa plaie, ses saignements continus. Peut-être qu'il voudra partager, se soulager. « Qu'est ce qu'il s'est passé à Stonehenge ? » Elle reprit une gorgée silencieuse. Camomille qui ravit ses papilles.
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Jacob G. Kenway
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Re: [Habitation] 52 Eden's Road

Message par : Jacob G. Kenway, Sam 16 Sep 2017, 18:19


LA FRAGILITE D’UNE VIE
ft. Agrat Ghilsofi



Quinte Flush. La demoiselle n’a pas la foi. Bien évidemment que non. C’est avec un sourire narquois que je hoche de la tête. Good girl. Récompensant sa preuve de bon sens, je lui offre la camomille que j’avais préparé, ainsi que mon sourire bienveillant. Je la sonde du regard. Elle ne s’est pas encore entièrement remise de ses états, mais c'est en bonne voie. J’entends le tintement du morceau de porcelaine, qu’elle a laissé glissé entre ses doigts et elle s’avance. Je me surprends à constater qu’elle occupe l’espace, comme une comédienne ayant passé sa vie sur scène. Mes yeux posés sur ses pieds trempés je suis sa trajectoire autour de ma table basse jusqu’à ce qu’elle s’asseye. Je lève le regard et parcours sa peau en quête d’une quelconque blessure qui nécessite d’être pris en charge dans les plus brefs délais. À première vue, les douleurs physiques semblent être moindres, je distingue des bleus, mais ça n’est probablement rien comparé à ce qu’il a du se passer dans sa tête. Mes yeux croisent les siens et je lève un sourcil.

Mes doigts font tourner ma baguette et à défaut de pouvoir réparer ce qui a été brisé en elle ce soir, je reconstitue mon porcelaine. Juste assez pour tout consolider, mais pas suffisamment pour effacer les fêlures ; que je me souvienne de cet événement, que je n’aie pas à prétendre comme si ce vase n’avait jamais touché le sol et ne s’est jamais brisé.

Nous retrouvons nos places initiales. Elle se trouve assise dans le coin de mon canapé d’angle et je m’assieds près d’elle. Il y a un silence, le feu crépite, je l’observe silencieusement boire sa camomille. Je constate le calme qui ‘installe progressivement. Le crépitement du bois dans la cheminée indique le début de la nouvelle scène de cet acte.

“  Qu'est ce qu'il s'est passé à Stonehenge ? ”


Je ne réagis pas. Pendant quelques secondes je pense. Je repense à tout ce qu’il s’est passé, tout ce qui aurait pu arriver, tout ce qu’il ne s’était probablement pas produit et ce qu’il n’aurait jamais pu se faire. Quelques secondes je me perds dans cette confusion. Je baisse la tête. Mon air sérieux façonné dans le marbre me donne à mon tour une allure de comédien antique. Dans l’Antiquité, malgré leurs formes statiques, les masques de la tragédie grecque étaient façonnés de sortes à ce que le public, même à plusieurs mètres puissent discerner différentes émotions. Il suffisait que le comédien lève la tête pour que le théâtre se mette à rire avec lui ; il suffisait que le comédien l’incline en avant pour que la catharsis commence. Je me sens comme eux. Pourtant, de tous les sentiments et regrets qui s’agitent en moi, cette perte est ce que j’ai de plus vrai.

J’y ai perdu quelqu’un.

Je me tais, elle n’a pas besoin d’en savoir plus. Il y a encore un silence, la pluie se met à tomber au dehors, je vois les gouttes contre la vitre entre deux rideaux. Une belle goutte qui chute du haut jusqu’en bas, elle a la chance de s’être arrêtée momentanément.

On m’a enlevé quelqu’un.  Une… amie était sur la trace de sorciers très dangereux. Ceux qui sèment actuellement le chaos dans toute la Grande-Bretagne. Elle était sur la piste de l’un d’entre eux. C’est tout ce que je sais. Ca, à quoi ressemblait son corps sans vie, et ce que je réserve à quiconque responsable de sa mort. 

Mes yeux sont perdus dans les flammes qui dévorent les bûches dans mon foyer. Et je contemple ce qui semble être le seul salut dont pourront profiter les victimes de mon ressentiment.
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Jacob G. Kenway
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Re: [Habitation] 52 Eden's Road

Message par : Jacob G. Kenway, Ven 02 Fév 2018, 01:31



LE SOUFFLE DE L’ESPRIT
RP unique



Inspire. Prends l’air dans tes narines, qu’elles emplissent tes poumons. Qu’ils poussent ton diaphragme et soulève ton vente.

Un soir de plus où Jacob ère dans le brouillard de son enclos. Comme une forteresse, un refuge ou se déchaîne la sérénité. Il reste, seul avec lui même et les démons qui dansent dans la confusion de son inconscience. C’est une valse de tout temps, où l’Homme tente de reprendre le contrôle de son corps. Une valse à deux cavaliers qui mènent une dansent où l’omega cherche à renverser l’alpha. Une valse épuisante. La bête traîne son propre cadavre dans ce caveau apprivoisé, le corps bien trop fatigué pour battre les terreurs promises.

Retiens. Garde cet air quelques secondes à l’intérieur, souviens toi que c’est frais, que c’est neuf, que ça purge, que ça sauve.

Il est encore temps. Il peut encore prendre conscience du maintenant. Peut-il voir ? Il est prisonnier de son propre corps. Il ne peut rien faire si ce n’est courir et se prendre les murs dressés par ce qu’il peine à comprendre. Ce qu’il n’a pas besoin de comprendre. Ce dont il n’a pas besoin de fuir. Il pourrait prendre place, s’asseoir, s’installer. Ne rien affronter tout laisser arriver. Il le sent venir, et est conscient qu’il ne peut pas l’arrêter, il est idiot de vouloir le faire.

Relâche. Souffle doucement. Et laisse toi aller. Que l’air qui s’écoule de ta bouche emporte avec lui les démons qui te pèsent.

Il faudrait qu’il comprenne. Ils n’ont pas à le peser. Il pourrait vivre avec eux, au dessus d’eux. Passer du temps avec lui même dans le moment du maintenant, sans pour autant leur nourrir des inquiétudes qu’ils attendent. Tout va bien. Tout est bien. Il apprend enfin à vivre, il est temps de faire la paix avec soi même. Il lui faut lâcher prise, se laisser être balayé par le souffle de l’esprit.

Inspire. Retiens. Relâche.
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Jacob G. Kenway
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Re: [Habitation] 52 Eden's Road

Message par : Jacob G. Kenway, Mer 07 Mar 2018, 19:35



PRENEZ & MANGEZ
feat. Lydie Nouël




Je frappe à la porte, ouvre moi ton coeur, croise mon regard et tombe dans l’inconnu. De mes épaules je te porterai et je t’emmènerai, au fond de cette grotte. Il y fera noir et tu contempleras les démons qui sommeillent en moi. Sauras-tu nous sauver ?


DEBUT DE SOIREE DE LA PLEINE LUNE NUMERO SEIZE
Chopin Fantaisie F mineure Op 49



Une lumière chaude et tamisée se faufile à travers l’ouverture de l’enclos royal. Des rideaux déchirés s’agitaient et réverbéraient les rayons du Dieu Soleil, telle une faible flamme luttant pour sa propre survie. Auprès de ceux-ci, trônant sur un autel de marbre, se trouvait le corps inanimé du femme. Son corps, que Jacob avait au préalable lavé de ses propres mains avec une délicieuse délicatesse, était maintenant revêtu d’une robe blanche immaculée. Cette robe il l’avait recousu de nombreuses fois et seules quelques tâches d’un blanc brisé laissait deviner qu’elle avait déjà été portée et déshonorée.

Au pied de cet autel profane, étaient disposés comme une étoile deux sabres en argent et une lance d’obsidienne. Il est écrit que tu ne tueras point. Et c’est pour cela que, pris d’une empathie liturgique, le Lycanthrope n’avait jamais su se résoudre à mettre fin à la vie de ses proies.  Il offrait toujours à celles qu’il enlevait, une chance de rester en vie. Posée sur ces armes, reposait une unique dahlia qu’il avait cueilli le matin même. Il s’agissait là d’une offrande. Offrande faite à l’offrande qu’elle était. Elle servait de témoignage à la gratitude qu’il éprouvait. Une reconnaissance sans fin ornées de pétales au couleur du sang qui allait être versé.

Jacob est à moitié nu. Il ne porte qu’un pantalon et fait les cents-pas. L’air est doux, le sol froid. Ses orteils glissent contre les carreaux  de pierres que son père et lui avaient installé presque un an plus tôt. Les carreaux qui pourtant étaient lisses tant ils avaient été polis lors de la construction du sous-terrain, étaient aujourd’hui rêches de part les griffes de son alter ego. Les minutes passent. L’enclos s’assombrit. Les couleurs chaudes qui enveloppait la grotte laisse peu à peu place à une palette de myrtille et de lila.

Le coeur battant de plus en plus fort. Le pieux maudit s’anime d’une anxieuse affection pour la venue de son amante. Plus que quelques minutes. Il sort de l’arrière de son pantalon, sa baguette en bois de chêne rouge. D’une main délicate et d’une sensualité enchanteresse, il l’agite en direction de la belle endormie. Ce n’est que lorsqu’il prononça la formule Enervatum qu’il ne considéra réellement la jeune femme qu’il avait mené ici. Il observe ses cheveux roux, ses traits délicats et dépourvus de quelconque artifice. Il voit les tâches de rousseurs et l’innocence de ses lèvres. Elle était d’une beauté banale. Ce qui la rendait pure. Dans une autre vie, elle aurait pu lui plaire.

La femme reprend conscience.

« Merci pour ce sacrifice. »

Derrière lui, Dame Lune descendait délicatement les marches de l’enclos. Son corps semblaient être pris d’impatience mais pourtant, chacun de ses pas flottaient dans l’air comme une seconde qui ne commençait et ne finissait jamais. Elle vint à lui, le pris par la taille. Ses doigts osseux s’enroulaient autour de sa main droite. Jacob ferma les yeux et sa baguette lui glissa entre les mains. Elle posa un baiser au creux de son dogts et celui-ci se convulsa. Il retint un hurlement. Il commençait à habituer à ce toucher et commençait enfin à y trouver plus de plaisir que de douleur. Elle lui souffla dans le cou, et Jacob inspira fortement. De ses mains elle lui grafignait les côtes qui se brisèrent sous son toucher. Des larmes coulaient sur les joues du lycanthrope. Il tombe au sol. Elle essuya les yeux de sa main. Pris d’un mal intense, ils virèrent au blanc et ses vaisseaux éclatèrent un à un pour inonder ses pupilles d’argent.

Elle voyait sa peine et voulait le protéger du mal. Elle savourait sa haine et voulait l’élever hors du danger. Alors elle enveloppa son corps de ses cheveux couleurs de la cendre et le garda contre elle. Elle le sentait grossir à chaque inspiration. Elle l’écrasait de ses bras frêles tant elle voulait faire parti de lui. Finalement, elle s’agrippa à son dos pour prendre la place qui lui appartenait. Elle creusa son torse de sa main et agrippa son coeur. Le loup ne su supporter cette douleur. Il hurla dans une terreur orgasmique.
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Lydie Nouël
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Re: [Habitation] 52 Eden's Road

Message par : Lydie Nouël, Ven 16 Mar 2018, 13:52


Elle respire brusquement, la seconde partie d’une inspiration qui lui a été arrachée, comme une pause imposée. Des effluves humides s’infiltrent dans ses narines, des idées et couleurs qui varient, ne laissant la possibilité au cerveau de toutes les analyser en même temps. Son odorat ne lui est pas suffisant, elle ne reconnait pas son environnement. Pas assez d’information, elle ne reconnait rien, ne peut faire rentrer l'endroit dans une case particulière. Une situation inédite dont elle ne pourra évaluer les dangers sans faire appel à chacun de ses sens. Elle a oublié les instants avant son endormissement, c’est commun, quotidien. Pourtant cette fois-là, c’est différent. Son corps ne repose pas sur une couchette souple, mais sur la pierre dure et froide, lissée et polie. Les vêtements qu’elle porte sont d’une telle légèreté qu’elle se sent comme nue, au sol. Cruellement vulnérable.

- Merci pour ce sacrifice.

Ces mots, avant tout des signaux sonores, parviennent à son oreille avec presque un néant de retard d’écart. Avant même qu’elle n’en comprenne le sens, cette soudaine manifestation la frappe, d’un choc brutal et impitoyable, elle manque un battement de vie. Comme un sursaut réprimé qui trouble son équilibre interne tout entier. Une seconde de silence, puis ses organes s’affolent, tous en même temps. Son cœur bat trop fort, l’air dans ses poumons lui paraît désoxygéné, elle en a soif destructrice. Les extrémités de ses membres tressautent invisiblement sous l’effet de l’adrénaline. Et, par-dessus le reste, le cerveau qui n’est plus capable de rien comprendre, un chaos interne qui l’empêche de trouver chronologie à ses pensées. C’est l’instinct de survie qui tient son corps, le cerveau ne pouvant plus écouter ou formuler des intentions. Mais tout cela est imperceptible. Une panique stoïque.

Un simple réflexe, c’est ce qui la fait émerger pour de vrai, ce qui la sauve de ce cercle vicieux mental. Ses yeux s’ouvrent et découvre un mystère plus grand. Une lumière macabre l'éblouit presque et l'écœure. La vision la ramène sur terre, dans une réalité où la panique est proscrite. Elle sert les dents et les poings, tente d’enterrer la peur et tout ce qui la paralyse, une émotion si vive et puissante. Alors que sa conscience n’a détecté le danger que grâce à l’inhabituel, son instinct, lui, avait déjà compris. Le danger était de mort, elle le savait, maintenant. Rassembler son courage, ne pas rester sans bouger.  

Pas le temps de formuler, de toute façon elle n’a pas besoin de donner des ordres à son corps, il agit presque sans sa volonté. Il n’est pas blessé, simplement engourdi, ça ne durerait pas. D’abord une tête relevée, vers la source de lumière, ou bien la source d’ombre. Les yeux suivent la chute de la baguette dont le bruit est le dernier qu’elle entendra avant que celui de la souffrance pure ne lui glace l’esprit.

Sa bouche est entrouverte, elle observe les derniers instants de l’homme sans les comprendre. Pourquoi pleure-t-il ? Que peut-elle faire pour l’aider ? Est-il son ennemi ? Que lui veut-il ? Elle voudrait croiser son regard, mais il n’est déjà plus là. Tout ce qu’elle y rencontrera, ce sera de la violence sauvage. Elle comprend subitement la nature de la lumière blanche envoutante qui s’échappe de l’interstice derrière la créature.

Son sang ne fait qu’un tour, la relève sur ses pieds, au moment exact où l’autre tombe à genou. Elle ne peut en détacher les yeux, elle sait qu’elle devrait fuir mais continue de chercher à comprendre l’identité de l’homme, ses intentions. La tête grandissante bascule subitement en arrière et en est relâché un hurlement brut, inhumain. Les poils de l’échine de la rouquine s’hérissent. Elle attrape la première chose qui lui passe sous la main. Une arme ? Elle pointe la lance vers la créature, déterminée à frapper la première.  

Il y avait alors une nuance. Ce n’était pas qu’elle préférait mourir en se battant, mais simplement qu’elle avait décidé qu’elle ne mourrait pas, et pour cela il fallait qu’elle se batte.
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Jacob G. Kenway
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Re: [Habitation] 52 Eden's Road

Message par : Jacob G. Kenway, Lun 04 Juin 2018, 01:52



PRENEZ & MANGEZ
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L’instinct ne suffit plus au talent, voici un instant définit par les résultats d’un plaisir trop longtemps délaissé. Je te l’offre. Pour le plaisir du jeu, le temps que l’on tue, les liens que l’on noue. Voici la suite de notre funeste rendez-vous.  


PETITE MORT–  


La gueule hurle le plaisir d’un saint parasite.

Jacob ne hait plus. Enrobé dans les bras de sa maîtresse fidèle, il laisse son coeur être manipulé selon son bon vouloir. Il laisse son coeur être malaxé au rythme des craquements de ses doigts osseux. L’homme a fermé les yeux. Jacob n’est plus. Il ne reste que la bête. Ses poils se dressent dans un frisson qui se délimite par la forme d’un corps inexistant, plaqué sur un dos courbé dans une effroyable colère. Il observe son tribut, la considère.L’oreille gauche de l’animal frétille comme une feuille sur laquelle on souffle des mots défendus. Ses babines se retroussent. Sa dent est tranchante et sa mâchoire, saillante.

L’offrande se tient sur les pattes arrières comme ces autres, et lui fait face. Dans le creux de l’oreille, Dame Lune lui fait une confession ancestrale, que l’offrande partageait le sang de son frère Soleil avec qui elle fantasme d’une beauté incestueuse. Ses cheveux montrent qu’elle est née dans les flammes du courage, mais car elle a déjà été lavée par le feu, sa chaire n’en serait que plus bonne. La vierge à la lance d’obsidienne n’était pas prête à se donner à lui. S’il la voulait, il se devait de la prendre, comme Dame Lune elle-même l’avait pris sans s’annoncer. Il lui fallait la manger.

Alors, il fait un pas. Ses narines se dilatent. Il se délecte de cette odeur de fumé courageux. Si l’absurde est non-sens, l’image d’un mets agitant de ses bras frêles, des couverts était d’une ironie onctueuse. Puis subitement il court vers l’offrande. Il court, l’effraie. S’arrête subitement. Il joue, tourne autour d’elle, la provoque et feinte. L’animal fait un appel, il recule, ne parvient à se décider sur une façon d’approcher, faire la court.

Ca manque de vrai. D’authentique. Jamais auparavant ne s’était-il amusé avec sa proie. Dame Lune n’en n’est pas satisfaite, je n’en suis pas satisfait. Il y a quelque chose de sadiquement humain dans cette approche qui ne ressemble en rien à l’évolution qui avait été convenu pour cet homme et son alter ego. Il semblerait qu’il y ait comme une association spontanée, une sorte d’entente entre le lui et son lupus ; qu’ils se rejoignent dans un plaisir de drague et traque. Elle resserre donc la main encore plus fort sur son coeur, elle étouffe le moteur, le serre et le presse en espérant expier l’huile menant à la compréhension de soi. Une compréhension qui signerait la fin d’un chapitre, la fin d’une illusion, et d’une belle métaphore filée, ponctuée les pulsions de plumes nocturnes.

Dis-moi Dame Lune, y a-t-il en toi une crainte à l’idée que moi, auteur, je me lasse de ton image ? A cette supposition, que moi créateur, je suis libre de décider de t’enlever à ton amant? Qu’as-tu à me dire, à me montrer ? Donne-moi de quoi te garder.

Jacob dort d’un sommeil agité. La sérénité des bras de sa maîtresse prend une saveur qu’il ne sait encore apprécier. Elle ferme le poing, et il est pris d’une détente malsaine. Assez jouer. Il saute sur le côté de la gamine, saisit la lance et  désarme la rouquine d’un sourire bestialement lubrique. Lorsque le loup grogne, c’est le spectre lunaire qui grogne à travers lui. Dame Lune n’est plus jalouse : c’est la meilleure carte qui lui reste à jouer. Le lycanthrope se jette sur le visage de la demoiselle, mais ce sont ses cheveux qu’il prend dans sa gueule. Il les prend, les tire au plus fort. Il exerce traction jusqu’à ce qu’elle soit au sol, à ses pieds, les arrache. Il offre un sourire, ouvre la gueule, va l’avaler cru.
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Re: [Habitation] 52 Eden's Road

Message par : Lydie Nouël, Sam 23 Juin 2018, 22:22


Les courtes secondes de flou, la mère calme qui se retire, préparant à déferler son cataclysme. L'avant- le pré- l'anté-action, qui sera le premier à lancer le rythme de la chanson, imposera sa mélodie. Moment où elle sait qu'il faut agir, opportunité à saisir. Mais, ne sachant se décider, elle n'ose engager. Un instant d'hésitation: se battre uniquement en dernier recours. Se faire menaçante, déterminée, comme si l'on allait frapper. Une danse qu'elle est seule à mener. L'autre ne semble en saisir la subtilité.

Elle oublie alors que son adversaire n'est plus homme, mais créature. Il ne maîtrise plus l'art de l'empathie. Ses regards ni ses mots ne peuvent l'atteindre. Elle s'en sentirait désolée, si l'adrénaline de la survie n'avait pas mis en suspens ses propres émotions, n'avait pas plongé dans l'obscurité son cortex cérébral, laissant le contrôle le plus total au primitif reptilien. Elle aussi, elle perdait de son humanité. Réduite au statut de proie, soumise et condamnée.

L'adversaire en joue, elle perd rapidement son avantage d'armement. Il lui l'arrache de ses griffes avec une facilité qui la glace d'effroi. Une  aisance qui lui donne un indice sur sa force : surréelle, mortelle. A partir de cet instant où elle réalise sa fatale faiblesse, tout s'enchaîne trop rapidement pour Lydie. Elle n'a rien fait pour empêcher le prédateur de fondre sur elle, encore moins pour entraver la tentative de désarmement. Elle voit mais ne réagit pas, lorsque sa chevelure est jetée dans la gueule du loup. Une puissance monstrueuse qui l'a fait instantanément basculer au sol. Le choc lourd entre sa colonne et le marbre déclenche une décharge d'une violence insupportable, qui remonte ses connections nerveuses jusqu'à son cerveau.

Douleur.

Son souffle en est coupé. Sa bouche ouverte est vide d'un air qui ne parvient à trouver son chemin. Une inspiration sans fin ni retour. Ses mains s'agitent et tâtent au sol une prise, un sauveur. Trop vite, le fourmillement du manque d'oxygène atteint ses membres, lui fait tourner de l'oeil. Un regard qu'elle s'efforce de fixer sur la bête, qui l'amène à découvrir avec horreur des mèches de cheveux  roux coincés dans ses dents acérées, prêtes à déchirer les tissus des organes de la jeune femme.

Il n'y a pas d'ordre dans les actions qui suivent, une simultanéité parfaite qui la sauve du fauve. Sa main frôle un objet familier, l'exception à son immatérialisme, la seule dépendance qu'elle ait jamais eu envers un objet. La respiration lui revient, son inspiration trouve une fin, ou un début brutal, après une pause qui faillit la faire sombrer. Une vague d'énergie, un regard exorbité, elle roule sur quelques mètres sur le côté.

Au sol, elle pointe la baguette sur son agresseur. Elle sait ce qui lui manque, ce qui lui fait défaut depuis le début de la partie. Ses facultés d'adaptation ne sont pas assez développées, elle subit, impuissante, semble avoir oublié tous ses entraînements, pourtant censé l'avoir préparée au danger. Il lui faut du temps, quelques secondes, le temps de se décider sur une stratégie, un parti pris, une idée, reprendre ses esprits. Elle n'en aurait pas beaucoup. Cessant d'en perdre, elle décide de suivre son intuition, lance son sort.  

Aresto Momentum!


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Jacob G. Kenway
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Re: [Habitation] 52 Eden's Road

Message par : Jacob G. Kenway, Dim 24 Juin 2018, 18:06



PRENEZ & MANGEZ
feat. Lydie Nouël



Complainte férale. Figure symbolique ou métaphore onirique, l’image de ce spectre animée des clairs de Lune se débat une ultime fois pour sauver l’emprise qu’elle a sur mon jeu. Dans cet hurlement que La Bête a poussé, c’est son envie de survivre qu’elle exprimait. Cette salive qui s’échappait dans un souffle chaud de colère, n’était que la froide sueur de ce trauma imaginaire menacé. Le loup ouvre grand les dents, et la main droite de Dame Lune ferme avec force la gueule acérée. Elle n’attend que le supplice du sacrifice.  Vite. Elle est à court...

De temps. Silence. La Bête hébétée se fige. Les voilà projetés à l’ère du non-être. Chaos. Nos personnages semblent se trouver sous la coupe d’Ovide, racontant les métamorphoses du monde sur lequel les hommes régissent. Les grecques percevaient le chaos comme une profondeur de béante où le tout était rien, et le rien était tout. Il précédait les dieux, les concepts et lois physiques. Kronos ne vivait qu’à travers ce coeur qui battait le temps. La créature était piégée dans une existence où chacune de ces secondes suivait une danse alambiquée.  Dame Lune, qui dans un dernier espoir de plume peut emprunter le nom de Nyx, déesse primordiale de la nuit, était à la merci de la Femme. Une femme tellement maligne qu’elle su la prendre à la racine même de sa légende. Douce vision d’une défaite amère.

Ovide avait une fois de plus écrit l’incapacité de l'animal.  Qui les dieux prient-ils lorsqu’ils s’arment d’impuissance ? La Chance ou le Destin ? Tout dépend de l’histoire que nous voulons raconter. Les grecques semblent vouloir associer la chance au jeu, tandis que le destin à la tragédie. Quelle est l’histoire que nous voulons raconter ici ? J’aime à croire que dans cet instant de faiblesse et de panique transcendante, Dame Lune s’est mis à implorer l’auteur qui fait écho à sa situation.

« Ovide, guide nous hors de la faille. Libère-nous. Métamorphose mon cabot, qu’il devienne lui aussi, ton Lion à la gueule parée du sang de Thisbé. »

Qu’il est beau d’imaginer cette figure malicieuse et supposément immortelle, dépendre du mortel. Qu’il est beau de savoir que ce concept pourrait mourir de mes mains, ou de la tienne.

La créature remarque que la danse se fait plus harmonieuse. Les secondes se pausent, le temps se place. Les chaînes invisibles du titan Kronos se délient peu à peu.
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