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St. James's Park et ses environs
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Asclépius Underlinden
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Re: St. James's Park et ses environs

Message par : Asclépius Underlinden, Ven 10 Juin - 21:36


Suivant le mouvement qu’il avait initié, le Serpentard montra le chemin à l’Auror, afin qu’il puisse accéder à la cave d’Albert, puis au reste de sa maison. Ce n’était, certes, pas le moyen le plus civilisé pour inviter quelqu’un à prendre le thé (surtout quelqu’un comme l’héritier Madverier), mais c’était un moyen sûr pour éviter une rencontre avec la très redoutée Lady Zetkins
Et, en tant que Serpentard quasiment accompli, Asclépius ne rechignait jamais à utiliser les moyens nécessaires, à l’accomplissement d’une fin profitable pour lui-même. Tant que la fin visée allait de pair avec ses intérêts, elle était juste. Ce n’était, finalement, pas très compliqué à comprendre.

« - Faites attention à la marche, elle est un peu branlante, murmura-t-il avant d’entrer pleinement dans la cave d’Albert »

Le mobilier n’avait pas changé de place, depuis qu’il avait quitté l’endroit, pour se rendre à St James Park. Derrière la porte du fond, se trouvait le laboratoire de potion, contenant tout le matériel nécessaire à la réalisation de quelques philtres, et expérimentations diverses… C’était là, qu’Asclépius passait la plupart de son temps, quand il n’était pas occupé à investir la bibliothèque, ou un salon de thé. L’on pouvait d’ailleurs, discerner certaines affaires du jeune homme comme ses plumes, son encre, ou son carnet de potions.
Mais avant de passer cette porte, se trouvait la cave en elle-même, reliée à la bâtisse par un vieil escalier de pierre… Pierres que l’on retrouvait dans la cour intérieure également, le sol de la cave étant fait de bois, qui avait la particularité toute singulière, de craquer sous les semelles des chaussures de bonne qualité.

Sous l’escalier, se trouvait un placard, où s’amoncelait des objets divers, qui n’avaient pas trouvés d’usages dans les étages supérieures (comme les accessoires de Quidditch du maître des lieux) ; près de la petite porte par laquelle ils étaient entrés, se trouvait un vieux secrétaire en acajou, finement taillé, aux pieds d’hippogriffe, et qui semblaient bien plus vieux que le bâtiment en lui-même. Non loin du secrétaire et de sa chaise assortie, plusieurs bibliothèques, garnies de livres divers, ou d’objets hétéroclites ; sur le mur d’en face, des masques africains, des étagères garnies de petites statuettes, des meubles à vins, et des tableaux, dont l’un qui attirait particulièrement l’œil : celui d’une belle jeune femme qui jouait du clavecin, et qui avait un air de famille avec Asclépius… Un bel air de famille, puisqu’il s’agissait de sa tante, la mère d’Albert : Mnémosya Underlinden, sœur cadette de Siegfried Underlinden.
Ces informations étaient disponibles, grâce à un parchemin, joint au cadre du tableau, qui donnait en détail toutes les propriétés de l’objet, en plus de le décrire avec une précision digne d’un Magenmage en formation… Mais peut-être, devrait-on plutôt parler d’une liasse de parchemins, puisqu’était joint à l’objet, toutes les informations nécessaires à sa possession légale… Et il en était de même pour le moindre objet présent dans cette cave… Y compris pour les ingrédients de potions, et les quelques toiles d’araignées, qui auraient pu échapper à la vigilance de Stimky, l’elfe de la maison.

Où que l’on pose l’œil, l’on ne pouvait décidemment pas manquer l’acte d’achat, ou la date de fabrication, les propriétés de l’objet, etc…
C’était, en somme, un véritable enfer administratif pour tout membre du corps ministériel.

Mais l’on ne pouvait certainement pas reprocher à Abelricht Sertorius Underlinden, de vouloir s’opposer avec ferveur à l’intrusion d’un membre de la police magique dans son domicile… Ou peut-être que si… ? Qu’importe, puisque rien d’illégal ne trainait dans les parages. Et si jamais, quelqu’un souhaiterait fouiller un peu plus en profondeur… Il devrait se heurter à l’amoncèlement infini de la paperasse.
Réjouissant, n’est-il pas ?

Face à cette vision, Asclépius ne put que soupirer : il connaissait l’antipathie d’Albert, viscérale pour tout ce qui avait trait à l’autorité ministérielle… Mais s’il s’était attendu à cela… Au moins, il faisait preuve d’originalité…

Sans montrer davantage de surprise, le jeune homme se fraya un chemin jusqu’à l’escalier, où il invita son invité à le suivre : non pas qu’il soit pressé… Mais il était toujours un peu mal à l’aise, lorsqu’il se retrouvait à portée du regard de sa tante… Même s’il ne s’agissait que d’un tableau…
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Re: St. James's Park et ses environs

Message par : Asclépius Underlinden, Dim 24 Juil - 16:47


La gorge sèche et le regard aussi perdu qu’un lapereau sous les roues d’un carrosse, le jeune Serpentard demeurait interdit face au brutal réveil du portrait de famille.
Et flûte de zut.

Il savait que c’était une mauvaise idée de passer par ici… Mais il pensait la vieille endormie…
Ne se fatiguait-elle donc jamais ?

Les sourcils froncés, et toujours muet, le jeune homme redescendit les quelques marches qu’il avait gravit, pour se diriger en direction du portrait de l’illustre ancêtre. Avisant une fiole d’un liquide clair non loin, il la déboucha, humecta ses doigts du liquide, et lança ensuite les gouttes en direction du portrait.

« - Il suffit vieille folle ; les morts n’ont pas leur mot à dire dans les affaires des vivants. »

Le regard sévère sur son ancêtre, le jeune Underlinden observa les gouttes d’élixir désagréger peu à peu le portrait, jusqu’à ce que ce dernier ne soit plus qu’un amas de pigments de peinture qui aurait coulé suite à une inondation.
L’aristocrate reposa le flacon de potion à l’emplacement duquel il l’avait pris, le reboucha, puis se tourna vers son invité, un air passablement contrit sur le visage.

« - Je vous prie de bien vouloir excuser cette intervention de mon illustre ancêtre : Hestia Underlinden. La maison dans lequel nous nous trouvons lui appartient, c’est elle qui l’a bâtie. Et lors de notre exil, nous n’avons pas réussi à décrocher son portrait… L’on pourrait presque croire parfois que sa magie a fusionnée avec celle de ce lieu… Le garçon se tut, et un courant d’air siffla dans la bâtisse, ressemblant à s’y méprendre à un hurlement strident. Je pense que notre exil de quatre siècles n’a pas arrangé son caractère déjà… Difficile, malgré son époque. Pour l’anecdote, Hestia Underlinden était l’héritière de notre famille, et en a pris la tête à la mort du précédent chef de famille. Elle avait une fille aînée, qui devait lui succéder, Briséis Hestia Underlinden. Cependant, Hestia apprit que sa fille avait une aventure avec un sorcier de pauvre naissance. Elle a donc étouffée le scandale en reniant sa fille, et en l’enfermant jusqu’à la fin de ses jours dans un couvent. Pensif, l’étudiant observa le portrait un instant avant d’hausser légèrement les épaules, puis de revenir vers son interlocuteur. De mon avis de « simplet », je dirais que mon illustre ancêtre, Hestia, ne s’est jamais remise de la perte de sa fille. Ce doit d’ailleurs être pour cela qu’elle ne tolère que la présence des filles, et encore. Je crois que la seule personne capable de raisonner un tant soit peu ce portrait est Proserpine, malgré le fait qu’elle ne soit pas une Underlinden. »

Esquissant un vague sourire, Asclépius finit par se détourner des lieux, pour reprendre l’ascension des marches, invitant Arcturus à lui emboîter le pas : c’est que c’était bien sympathique de visiter les sous-sols de l’antique bâtisse, mais le thé se prenait généralement au salon.
Une fois les marches gravies, le plus Underlinden des deux Serpentard ouvrit une petite porte en bois blanc, et arriva dans un couloir doucement éclairé, dont les murs étaient ornés de tableaux faussement impassibles, et de tapisseries. Le jeune homme guida son invité jusqu’à un petit salon composé de canapés et fauteuils réunis autour d’une table basse et d’une cheminée. Le tapis sur lequel trônait la table semblait particulièrement ouvragé. La pièce était plus éclairée que le couloir, grâce aux grandes portes-fenêtres en fer blanc qui encadrait la cheminée ; les portes menant à un jardin d’Hiver.

L’elfe de la maison, dévoué au maître des lieux, Albericht, apparut dans un « Pop » caractéristique, et s’inclina jusqu’à ce que son nez pointu touche le sol avant de prendre la parole : « - Bonjour jeune maître, bienvenue chez maître Albericht, jeune maître. Le maître vous rejoindra bientôt pour le thé, jeune maître. Stimky va servir au jeune maître et à son invité le thé en attendant le maître, jeune maître. »
Asclépius se contenta d’acquiescer et l’elfe disparut un instant, avant de réapparaître, faisant voler un plateau contenant une théière fumante, quatre tasses de thé en porcelaine ouvragée, ainsi que quelques gâteaux et biscuits se mariant parfaitement à la nature du thé du jour : un thé rouge de Chine.

« - Je vous en prie, prenez place, dit le jeunot, mon cousin ne devrait pas tarder à arriver. Son travail a tendance à l’accaparer entièrement. »

A l’instant où l’aristocrate finissait sa phrase, un bruit sourd, semblable à celui de la chute d’un objet contondant et particulièrement massif sur le sol se fit entendre. Un peu de fumée d’une belle couleur outremer s’échappa du chandelier au-dessus de leur tête, et un juron de charretier se fit entendre.
Puis, le silence.
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Re: St. James's Park et ses environs

Message par : Asclépius Underlinden, Mer 7 Sep - 12:45


Dans la pénombre, le serpentin esquissa un sourire : il aimait bien les vieilles histoires : autant celles qu’on racontait, que celles qu’on lisait. Son ami venait de lui en raconter une : celle de Bravoure Madverier. Comme quoi, les vieilles acariâtres sont le fardeau de tous… Ou alors, est-ce juste un topos des vieilles familles de sang-pur ? Par exemple : nous ne sommes pas considérés comme une véritable famille de sang-pur si nous ne possédons pas notre propre elfe, notre tapisserie familiale consanguine et notre vieille acariâtre ?
C’était une question qu’Asclépius n’avait pas à se poser, puisque sa famille remplissait parfaitement tous ces critères… Poussant parfois également le vice jusqu’au zèle. On ne choisit pas sa famille, qu’il disait, l’autre.

Il tâcha de conserver un air impassible en avisant le nuage de fumée et le juron de charretier qui suivit : mais ses mimiques faciales hésitaient entre l’amusement et la gêne. Pas gagné tout ça.

Des pas dans le couloir, pas trop précipités, un peu aériens, ce n’était pas trop compliqué de savoir de qui provenaient ces enjambées, lorsque l’on était familier de cette bâtisse…
De nouveau, un silence pesant. Asclépius bu un peu de thé.

Puis, le bruit d’une conversation, un peu plus loin : les mêmes pas qui reviennent, une porte qui se pousse, un fauteuil poussé également par une jeune femme aux boucles de cuivre,
C’était Albericht et Proserpine.

Albert, toujours le sourire aux lèvres, le regard intelligent et pétillant d’une certaine malice qu’il ne cherchait pas même à cacher. Albert, dans son fauteuil qui tantôt roule, tantôt vole. Albert, qu’un « accident » douteux a coincé dans cette chaise. Albert qui gère la boutique. Albert qui s’est affranchit du diktat familial. Albert qui n’a pas le sens des affaires. Albert qui a le sens de la création. Albert qui s’approche, son fauteuil glissant presque sur le parquet, en direction de l’invité.

« - Bien le bonjour : vous devez être Arcturus Madverier ? Je suis Abelricht Underlinden et voici ma camarade, Proserpine de Rougeoy. » Non, pas de « voici ma fiancée » ou « voici ma compagne » : Albert estimait bien trop Proserpine pour ne pas faire d’elle son égale.
Il tendit la main, afin de saluer : automatisme des politesses traditionnelles.

Puis, il prit place, sans sortir de son fauteuil. La jeune femme s’installa près du jeune serpentin, après avoir également poliment salué l'Auror et les tasses furent servies.

« - ça fait longtemps, que nous autres Underlinden, n’avons pas pris le thé avec un Madverier. Depuis nos grands-parents, apparemment. Commença Albert sur un ton badin. Vous résidez dans le coin, non ? »

Asclépius fit mine de prêter une grande attention au détail du mobilier. La conversation mondaine… Ce n’était vraiment pas le fort de son cousin.
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Re: St. James's Park et ses environs

Message par : Asclépius Underlinden, Jeu 15 Sep - 1:24



Affable, sourire malicieux, regard pétillant, mine intelligente… Voici Albert, dans son fauteuil volant, celui que la quête d’un savoir… Avait conduit dans cet état. Albert qui réplique, face au Madverier, par un clin d’œil, presque complice.

Proserpine de son côté, pas en reste, jamais, qui sourit en retour, à l’invité, avant de prendre la parole ; accent certain qui traduit des origines outre-mer, nobles, fières : « - Effectivement, vous êtes bien renseigné. Le plaisir est partagé jeune homme. » Sourire en coin, regard complice avec Albert, qui enchaîne les mondanités d’usage, évoquant le lignage, les grands-parents, le thé…
Asclépius qui savoure l’infusion des feuilles dans l’eau chaude… La jolie couleur rougeoyante, dans la porcelaine… C’est Proserpine, qui a choisi le thé, ce jour-ci. Tous les trois, les seuls habitants de cette maison, alternaient : Albert se moquait toujours du thé que choisissait Asclépius, Asclépius se moquait toujours du thé que choisissait Proserpine et Proserpine se moquait toujours du thé que choisissait Albert. Sorte de ronde de piques joueuses, qui, malgré tout, exprimaient à elles seules la sympathie que les trois personnages se portaient,
Peut-être.

« - Votre grand-père, c’est bien Fabius Madverier ? Il paraîtrait qu’il a rencontré le nôtre, au cours d’un voyage, en Europe de l’Est, où il se trouvait, Ladonius. Je peux me tromper : c’est vaste l’Europe de l’Est. Mais bon, j’avais tiqué, à l’entente de cette histoire, en apprenant que ledit Fabius était un Gryffondor. Ça me semblait un brin antinomique, avec Madverier Sourire amusé, presque nostalgique. J’avais 11 ans à l’époque, j’entais à Durmstrang, je trouvais ça amusant. »

Léger tressaillement, peu après… Non pas à cause du discours de son cousin… Son cher cousin… Qu’importe ce qu’il pouvait bien raconter, il s’en souciait si peu, puisqu’il était bien conscient du fait qu’il n’aurait jamais à en payer les conséquences. Insouciance bienheureuse d’un condamné à mort. C’était presque enviable, comme sort…
Presque.

Mais le tressaillement… Avait plutôt été apporté par des propos amicaux. Il ne doutait pas un instant que c’était amical, non… Pas un instant…
Et puis, il préférait prendre les devants, face au sourire narquois d’Albert et à la bienveillante camaraderie dont faisait preuve Arcturus à son égard :

« - Je vous remercie Arcturus, mais je n’ambitionne pas d’être un guide pour nos concitoyens. D’autres, comme vous, remplissent parfaitement ces caractéristiques et ces exigences : je ferais donc preuve de paresse en restant dans une tour d’ivoire, sitôt ma sortie de Poudlard officialisée. »

Rien à lire, dans son regard clair : ni détermination, ni mensonge… Seule une lueur d’amusement y dansait, dans l’autel des pupilles… Et peut-être un sourire en coin, sagement dissimulé par une maîtrise des expressions faciales…

Conserver une position dominante au sein de la société ? Evidemment. Pas question de faire une révolution de classes : pourquoi pas briser le Secret Magique, tant qu’on y est ?
Mais se mettre sur le devant de la scène, devoir assumer les responsabilités, bêtises et entêtement d’une population toujours en colère, jamais satisfaite… Très peu pour lui. Il n’en aurait tout simplement pas la patience… Ou les nerfs…

« - Ce n’est pas faux. C’était Albert, qui ricanait. Le simple fait de tenir une baguette le met dans tous ses états, comme s’il allait se mettre à pleurnicher, à la moindre palpitation de magie. »

Légère toux d'origine inconnue, puis reprise de la conversation par le précédent protagoniste.

« - Pour ce qui est de dériver, par contre, c’est on ne peut plus vrai. On devrait lancer une révolution, tiens, renverser le diktat en place… Vous devez en connaître un rayon, jeune homme, Deuxième fois, par rapport à cette dérive, avec votre métier. »

Retour mondain, vaguement banal, vaguement bancal… Air complice qui laisse présager une conversation pleine de tours et de détours et un Asclépius pensif, vague, lui aussi, mais concerné.
Paraît que l’engagement politique, ça commence tôt. Et c’est pas Proserpine qui ira le contredire sur ce sujet.
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Re: St. James's Park et ses environs

Message par : Asclépius Underlinden, Mar 4 Oct - 21:32



Un vague raclement de gorge se fit entendre dans la pièce devenue silencieuse, un instant. On ne sut trop qui en était à l’origine. Peut-être même était-ce Stimky, l’elfe, qui, passif, observait cette scène entre bonnes gens, sans se permettre de juger un seul instants les propos ou agissements de son maître.

« - Hola, tout doux ! C’était Albert qui laissait l’amusement transparaître dans ses nobles intonations de voix. Inutile de monter sur vos Abraxans, Madverier. Je ne fais que badiner : après tout, il est assez peu courant de croiser un lion à Redhill, vous en conviendrez vous-même.

Nul doute que si le jeune homme avait pu croiser les jambes d’un air affable, il l’aurait fait.

Nous avons nos propres Gryffondor, chez les Underlinden. Enfin, pour ceux qui sont allés à Poudlard : ce qui n’est pas arrivé depuis mauvaise lurette.

Un regard entendu entre les deux cousins.

Mais passons sur ce fait : les histoires de familles, c’est comme les epouvantards dans le placard ! On n’est jamais ravie que ça sorte, mais il arrive toujours un moment où l’on se retrouve devant le fait accompli ! »

L’hôte sourit et l’atmosphère semble se détendre.
A la fenêtre, une chouette, toute petite, entre et se dépose sur le bord. Proserpine s’excuse, se lève et va auprès de la chouette, lire le message qu’elle apporte.
Au tour du benjamin de prendre la parole :

« - Vous avez raison, Arcturus, mais ma simple présence dans la salle commune des Serpentard suffit à consolider la position de notre famille.

Un silence.

Quelque peu, tout du moins.

Une petite gorgée de thé.
Inutile de s’attarder trop longtemps sur l’aspect aventureux du fait de sortir de sa tour d’ivoire… Ses années d’études dans le noble institut de Poudlard ne cessait d’entretenir ce fait… Pour son plus grand plaisir.
C’est donc avec le sourire aux lèvres qu’il enchaîna sur la suite de la conversation.

Par contre, si je puis me permettre…

Mieux valait toujours enganté les précautions.

Je ne pense pas que l’incompétence de Mr. Sudworth soit due à son sang ou à sa maison.

Haussement de sourcil : tâcher lui aussi de prendre un air affable.

Ce serait bien trop l’excuser de ses actes, vous ne croyez pas ? Comme si le sang ou la maison pouvait pardonner des actes ? L’on ne choisit son sang, l’on choisit difficilement sa maison, mais l’on demeure libre de ses actes ou de ses pensées. »

Voilà, le morceau était lâché.
Un griffonnage sur le parchemin et la chouette repartait.



________________
HRPG

Navré pour ce retard !
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Re: St. James's Park et ses environs

Message par : Asclépius Underlinden, Lun 10 Oct - 21:13



Un envol de plumes, une fenêtre qui se referme et le jour qui tombe (comme on dit), petit à petit. C’était un mois de Mars plutôt frais : un peu trop pour laisser la fenêtre ouverte…
Mais quand nécessité fait loi, il faut bien l’ouvrir,
Comme on dit.

Albert haussa un sourcil et but un peu de thé. Il n’allait pas le cacher : tout ceci l’amusait un peu plus que ce qu’il avait espéré de cette rencontre…
C’était bien logique, puisqu’il n’avait rien espéré de cette rencontre : le nom de Madverier lui importait autant que Sudworth, Kholov ou Underlinden. C’était des noms sur des noms figés dans de l’encre, alors qu’une vie… Bah faut la vivre. Et pour cela, il faut se bouger, ne pas rester apathique.
C’était bien pour cela, qu’il se démenait de façon déraisonné et ignorait toute conséquence : en quoi devrait-il se sentir concerné, coupable et fautif ? Il ne serait peut-être pas là pour en subir les conséquences…

L’avantage de sa malédiction physique…

« - Eh bien, Madverier, vous semblez habité par la fougue de la jeunesse… Cet esprit malin qui agite les foules de jeunes esprits impétueux, comme le vôtre.
Une bonne chose, n’en doutez pas. Puissiez-vous conserver cet état d’esprit aussi longtemps que vous le pourrez.


Du sucre cristallisé que ces mots.

Mais, pardonnez-moi, il me semble avoir quelques difficultés à vous suivre… Vous conviendrez que dans ma situation, ce n’est guère évident.

Sourire narquois.

Pourquoi ne transformez-vous pas vos paroles en actes ? Si le Ministère est tel que vous le dépeignez… Pourquoi ne pas prendre votre baguette en main et poser votre séant sur le fauteuil du Ministre ? »

En conclusion, il arqua un sourcil, taquin, toujours.

Un soupire anonyme se fit entendre, puis un bruissement de cape.
C’était Proserpine, ce coup-ci, qui vêtue d’une cape sombre et stricte, semblait sur le point de partir :

« - Une urgence m’appelle : je vous laisse donc… Vous serez le bienvenu pour un dîner, un soir, M. Madverier. »

Un sourire aimable pour ponctuer ces brèves phrases prononcées en français et voici la camarade qui prend la poudre de cheminette et quitte la scène.
Plus que trois.

Albert la salua d’un signe militaire strict et bouffon à la fois, tandis qu’Asclépius se permit un sourire, avant de faire tourner la porcelaine entre ses doigts arachnéens.
Il hésita, jeta un coup d’œil à son cousin, son ami, puis revint à la famille avant d’emprunter la langue de Goethe le temps d’une discussion plus ou moins personnelle avec son cousin :

« - Je pense que ce sujet de discussion est… Assez peu à propos.
- Tu trouves ? Lui répondit-il en un allemand souriant. Je ne pense pas : l’on effleure la surface d’un personnage en découvrant ses opinions politiques, tu le sais.
- Certes.

Léger silence.

- Mais tu parleras politique une autre fois.

Un haussement d’épaules.

- Mais je t’en prie, Asinus, fais la conversation.

Un regard vaguement agacé, un autre provocateur.
Fin de la discussion. »

Le plus jeune de l’assemblée n’osa soupirer, ni se mordiller la lèvre en signe évident de nervosité. Il se laisserait aller une autre fois, probablement… Mais là, n’était pas le moment.
Détente, il paraîtrait…

« - Vous, Arcturus, avez toujours voulu être Auror ? Ou cela vous est-il venu après vos ASPIC ? »

Détente, donc, sujet un peu plus léger.
Comme… L’avenir, par exemple. En voilà un sujet, qu’il était léger !
Pas du tout anxiogène et synonyme d’incertitudes, de doutes et d’incompréhensions.
Du tout.
Parfait pour se détendre.
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Re: St. James's Park et ses environs

Message par : Asclépius Underlinden, Mer 2 Nov - 20:29


L.A. d'Arcturus

Au loin, le jour déclinait.
L’Underlinden se demandait par vague, en quoi sa présence était nécessaire sur les lieux… Mais ces remous intérieurs étaient bien rapidement refoulés dans les tourbes et bourbes de son esprit.

Leur entretient touchait à sa fin. Il avait effleuré de nombreux aspects… Sans pour autant s’être spécialement attardé sur l’un d’entre eux en particulier… Peut-être une prochaine fois auraient-ils l’occasion de discuter un peu plus de ce qui leur tenait à cœur ? Si toutefois, ils étaient d’humeur à discuter… Ce qui restait encore à prouver… M’enfin, lui, de son côté… Etait toujours d’humeur à discuter. Enfin, pas toujours… Mais il avait un côté bavasseur… Ou mondain. Qu’il avait cultivé. Ouais, mondain. Parce qu’il savait toujours comment faire la conversation dans les salons. C’était une qualité qu’il avait développé au fil des ans, et ne s’en lassait pas… Fallait juste remplacer le terreau et arroser de temps à autre et… Il s’était perdu dans son bourbier mental.
Encore.

Ça n’avait pas beaucoup surpris Albert, que leur invité de marque parle allemand. Enfin, non… Qu’il ait compris, ça ne l’avait pas trop surpris. Qu’il l’ait parlé, ça, c’était déjà un peu plus surprenant. Tout comme le conte qu’il leur avait… Conté ? Ça avait au moins le mérite de titiller l’occiput un instant. Un peu comme si le cervelet de l’Underlinden était chatouillé par une plume d’hippogriffe. C’était sensiblement la même chose. Même s’il n’avait, personnellement, jamais essayé de se caresser l’occiput avec une plume d’hippogriffe… Il se demandait même comment on pouvait bien faire… En ouvrant le crâne en deux, comme les indiens sioux ? Ou en faisant passer la plume par les oreilles ? C’était un vrai problème… Heureusement, la magie de la métaphore était là pour palier à ce problème de cohérence.
C’était bien fait, tout de même.

Comme le discours de l’Auror. Ça avait le mérite d’être pertinent. Ou percutant. Comme la plume, c’était quelque chose qui restait dans un coin. Ou une poussière qui se serait incrustée quelque part ? Oui, mais c’était moins… Enfin… Pas trop poétique ?
M’enfin, tant qu’on saisissait le sens de sa pensée, qu’importe les enluminures alambiquées et faussement poétiques… Non ?

Puis, ce fut l’heure de partir. Dommage. Il restait encore du thé… Et des gâteaux. Ils trouveraient bien un moyen de faire disparaître le tout… Mais c’était tout de même plus convivial de partager…
Surtout, que, bon… Pour une fois qu’ils avaient tous été réunis, ensemble, dans une même pièce, à partager une collation et une discussion… C’était quelque chose ! Parce que, d’habitude… Proserpine était à ses études, Albert à ses créations, Asclépius à ses potions. Et le reste, c’était bon pour Morgane. Ou Merlin. Ou n’importe qui d’autre de la mythologie : parce qu’il était dans un Lointain-Loin, inaccessible… Et où l’on n’a pas envie d’accéder.


Contrairement aux Madverier, les Underlinden avaient tendance à se laisser découdre. Un peu comme un morceau de tissu trop souvent utilisé pour masquer le trou d’une veste. Bah… C’était un peu ça, leur modèle familial.
Alors, quand son ami évoqua la possibilité d’une rencontre entre ces deux entités dévorantes que sont les Madverier et les Underlinden… ça lui avait titillé les tympans. Chatouillé, même, parce qu’il songeait que l’idée pouvait être assez plaisante à penser… Agréable à imaginer. Pis, il avait bien envie de voir à quoi ressemblaient les Madverier : Arcturus piquait sa curiosité avec une aiguille d’ivoire.

Albert, comme il était d’usage, convenable, convenant, lui rendit sa poignée de main, et son salut… Poussant les bonnes mœurs jusqu’à afficher sur son faciès de maladif, un sourire amusé. La présence du Serpentard sous son toit lavait distrait, plutôt sympathiquement. Il but le reste de sa tasse, et Asclépius se leva, afin de raccompagner son ami à la porte.
Madverier, Underlinden, des connexions dans les familles, une rencontre à venir…

Forcément, qu’il devait y avoir eu mélange, à un moment, ou à un autre… C’était bien connu que les familles de sang-purs (enfin, les vraies familles de sang-pur, à son avis… Les familles qu’il avait toujours connu, quoi, celles de la noblesse sorcière, donc), se reproduisaient toujours entre elles. Fallait pas aller voir du côté de la diversité non plus ! C’était quoi ce gros mot ?
Ce qui donnait donc des familles comme la sienne : peuplées de dégénérés et de tarés congénitaux. Mais au sang pur, et la baguette à la main. Alors, de quoi se plaint-on ?

Sur le perron, le gamin hésita, sur la façon de terminer la conversation. Faire une remarque sur l’accent de son ami, et son manque de souplesse dans le maniement de sa langue (presque) maternelle ? Ce ne serait pas très poli…
Il se contenta donc d’un signe de main un peu gauche, pour saluer son invité. Ce genre de langage, c’était universel, non ?

« - Au revoir Arcturus. Je vous remercie de votre venue aujourd’hui, et espère que nous aurons l’occasion de nous revoir, dans le futur…

Un temps.
Une hésitation.
Des pensées qui tournent : Madverier, Underlinden, rencontre, avenir…

Rentrez bien. »

Il conclu par un sourire poli, et referma la porte de même, avisant par le judas la haute silhouette de son camarade des donjons, qui repartait dans l’impasse.


___________
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Fin du RP
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Elenna Benson
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Re: St. James's Park et ses environs

Message par : Elenna Benson, Jeu 8 Déc - 5:41


Rp privé avec Jade Wilder


Il y a deux choses que je sais bien faire : l'amitié et le dessin.


I
l y avait bien longtemps que je n’avais pas sorti pour petit carnet. Pourtant, lorsque je laissais glisser les multiples pages entre mes doigts, différents croquis, dessins et autres schémas en tout genre. Depuis toute petite, ces quelques bouts de papiers avaient été mon moyen d’extérioriser, de rêver, d’oublier. J’avais ainsi découvert une passion et un petit coin d’idylle où je pouvais me plonger pour ne pas penser à mon quotidien. Jour et nuit, j’avais ouvert ce calepin durant mon enfance pour y dessiner ce qui me passait par la tête, mes joies et mes pleurs, mes angoisses et mes envies, mes craintes et mes forces. Lorsque j’ouvrais de nouveau ce carnet, j’y découvrais presque les mêmes choses que j’aurai pu y dessiner aujourd’hui.

D’ailleurs, cela faisait une éternité que je n’y avais pas dessiné et le bout de mes doigts commençait à me démanger. Heureusement, le Ministère de la Magie n’avait pas besoin de moi aujourd’hui et j’allais pouvoir souffler un peu. Depuis la conférence, les choses semblaient s’être calmées niveau action et boulot sur le terrain, mais mentalement, ce n’était pas la même chose. On nous demandait beaucoup chez les Aurors et les dossiers en cours se partageaient en plusieurs avis à chaque fois, à croire que nous n’avions pas tous le même point de vue. Mais bon, c’était aussi cela être une équipe composée de plusieurs individus non ? Bref, j’abandonnais mes responsabilités d’Auror et je redevenais la petite Elenna pour l’après-midi tout du moins.

Malgré le froid qui faisait rosir les joues et couler le nez, j’avais envie de profiter du soleil qui pointait le bout de son nez, presque aussi timide que les passants. Je sentais que les gens sortaient par obligation et non par envie, surtout chez les moldus. Après tout, pourquoi aller se geler les miches quand un bon feu de cheminée ou un lit douillet nous demandait de rester au chaud ? Ni une, ni deux, j’enfilais rapidement ma doudoune noire qui jurait avec mes cheveux de neige, une paire de bottes de la même couleur et pour terminer, mon petit bonnet tant aimé. J’avais l’impression d’être l’une de ses filles des magazines, celles qui avaient osé me voler l’idée du bonnet à pompon. Bon d’accord, je n’étais pas la créatrice de cette innovation qui existait depuis bien des siècles, mais il faut dire que j’étais celle qui le portait le mieux… Non ?

Les mains dans les poches, je marchais dans Londres à la recherche d’un coin tranquille où m’asseoir. Une petite rue me fit rapidement de l’œil alors je m’y engouffrais dans faire de chichi, découvrant une multitude de minuscules boutiques moldues, trônant devant un petit parc qui avait déjà perdu ses couleurs d’été, dénué de toutes les feuilles qui devaient se tenir là au printemps. Je pris alors place sur un banc gelé, m’asseyant du bout des fesses avant de me faire à sa fraîcheur. Quelques secondes passées et voilà que je m’installais déjà bien confortablement, les jambes en tailleur, sortant de mon sac en bandoulière mon petit carnet que je me remis à feuilleter. Un doux sourire se dessina sur mon visage lorsque j’y découvris des paysages enneigés, une pleine lune à son apogée, une petite loutre qui semblait flotter dans les airs mais aussi des scènes de ténèbres où une mince lumière semblait briller. J’avais toujours mis une note d’espoir dans mes dessins, mêmes les plus sombres.

Farfouillant un peu plus dans mon sac, j’en sortis un simple crayon à papier, tournant une énième fois la page de mon calepin pour commencer mon œuvre. Le bout du stylo au coin de ma bouche, j’observais quelques instants les gens autour pour trouver une idée. Non loin, j e voyais un chien jouer seul avec les feuilles mortes au sol avant de se mettre à tourner en rond pour mordre sa queue. J’avais trouvé mon futur chef-d’œuvre alors je repenchais la tête vers le papier, jetant de temps en temps quelques coups d’œil pour vérifier que mon modèle ne s’évanouissait pas dans les rues de la capitale anglaise.
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Jade Wilder
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Re: St. James's Park et ses environs

Message par : Jade Wilder, Mer 14 Déc - 1:03


L'hiver, quelle saison étrange.. En bonne méditerranéenne, Jade n'aimait que peu cette saison bizarre où le temps semblait se geler, où chaque belle chose était cachée par la glace et plus tard, un épais manteau blanc. Il faisait froid, trop froid pour sa peau laiteuse habituée aux rayons du soleil d'Italie. Et pourtant au coeur de ces habitudes bousculées, la blondinette y trouvait tout de même du positif. La neige ne s'était pas encore installée. Elle ne tarderait plus, c'était certain. Et alors peut-être qu'elle pourrait avouer aimer un peu l'hiver. Ces flocons donnaient à ce monde une impression de pureté, de calme irréel. Et que dire des fêtes de fin d'année.. Si elles avaient longtemps été une corvées pour elle, c'était tout autre désormais. L'adversité avait resserré ses liens avec sa famille, la seule qui lui restait et l'esprit de Noël prenait tout son sens chez les Wilder. Et puis, c'était l'occasion de se réunir enfin loin des tristes habitudes d'une vie bousculée.

Voilà qui justifiait sa présence, là, dans cette rue. Plus précisément dans un petit restaurant moldu qui avait ses évènements tradition, ses clients habitués et ses corvées à réaliser. Devinez dans quelle catégorie elle se trouvait, la blonde ?

En effet, Jade avait trouvé un petit travail depuis peu. Ce n'était pas grand chose, quelques heures durant le week-end et un peu plus pendant les vacances à venir, mais au moins elle mettait un peu d'argent de côté. L'Italienne voulait organiser un Noël mémorable, que son frère et sa soeur soient gâtés, qu'un beau sapin trône fièrement dans le salon trop étroit pour trois personnes. Elle voulait le meilleur pour eux. Et la seule manière d'y parvenir, c'était celle-là. Travailler encore et encore, ne jamais baisser les bras ou se laisser aller à la paresse. Il n'était pas toujours facile de trouver un travail à son âge, peu lui faisaient confiance, la voyant comme une gamine qui pourrait faire connerie sur connerie. Elle avait donc eu de la chance en trouvant ce petit job au restaurant. Tâches classiques à réaliser, la plonge, le rangement, le ménage.. Bref, tout ce que les propriétaires voulaient éviter à tout prix. Ils étaient plutôt gentils au moins ceux-là, Jade avait connu bien pire, mais ils préféraient se débarrasser de toutes ces tâches. Et pour ça, la demoiselle n'irait pas râler car ça lui offrait exactement ce dont elle avait besoin, ça l'arrangeait et eux aussi, que demander de plus ?

Malheureusement, tout ne peut pas rester toujours aussi idéal. Le restaurant avait été victime de son succès, les commandes n'avaient pas cessé une seule minute et Jade avait finalement été demandée en cuisine histoire d'aider un peu. Oh rien de très glorieux, en plus elle avait toujours adoré cuisiner, néanmoins sa fatigue déjà présente ne s'était pas arrangée avec cette petite surprise. Enchainer ensuite avec ses véritables tâches avait fini de l'épuiser, cependant la blondinette n'était pas du genre à se plaindre. Noël approchant, elle aurait peut-être une petite prime, qui sait ? Jade était ainsi, préférant ne voir que le positif, travaillant de son mieux pour améliorer la vie de sa famille, elle ne renonçait jamais. Voilà au moins une chose que ses parents avaient eu le temps de lui transmettre: la volonté. Chaque jour, elle se mettait au travail en étant persuadée qu'à un moment ou un autre, tout cela paierait. Il fallait y croire car ayant déjà renoncé à quelques reprises lors de ses pires moments, elle n'avait pu que constater la catastrophe qui pointait le bout de son nez. Ne jamais s'arrêter, faire de son mieux chaque jour et réussir, voilà ses objectifs plutôt inhabituels pour une adolescente de son âge. Elle aurait pu n'en avoir rien à faire, passer sa vie à sortir, faire la fête et passer son temps avec ses amis.. mais justement, du temps elle n'en avait pas. Cela désespérait grandement son frère d'ailleurs, mais quand on est têtu on ne se refait pas !

Un soupir s'échappa des lèvres rosées de l'Italienne alors qu'elle passait la main sur son front en sueur. Elle n'avait pas arrêté une seule seconde et enfin, l'heure de quitter les lieux se dessinait peu à peu. Encore quelques minutes qu'elle utilisa pour vider les poubelles qu'elle sortirait en partant. En quelques jours, elle avait pris ses habitudes qui lui permettaient de perdre moins de temps sur le long terme. Un dernier au revoir aux propriétaires et la porte arrière fut poussée, la confrontant au temps capricieux de Londres. Tremblant de froid, Jade s'emmitoufla dans ce qui lui servait de manteau. Il commençait à dater celui-là et ne protégeait plus beaucoup du froid, néanmoins elle n'avait pas les moyens de s'en racheter un pour le moment, ce n'était pas une priorité. Après tout, le froid ne la tuerait pas pour le peu qu'elle sortait.. Décidant tout de même de se dépêcher, la blairelle contourna le bâtiment pour rejoindre le local vers l'avant, histoire de se débarrasser des deux lourdes charges pesant sur ses bras. L'heure de rush passée, la rue redevenait plus tranquille, laissant place aux promeneurs habituels. Certains courraient même, l'adolescente ne les comprenaient pas. Bon il est vrai qu'à part quelques exceptions, la demoiselle n'était pas fan de sport mais quand même.. courir par un temps pareil.. Et puis de toute façon, les repas copieux des fêtes de fin d'année effaceraient tous les efforts alors.. autant ne rien faire du tout, nan ? Esquissant un léger sourire, Jade s'avança vers les bennes, posant l'une des poubelles pour pouvoir soulever le couvercle avant de les jeter toutes les deux. Décidément, il y avait un gâchis monstre, ça la déprimait parfois. M'enfin c'était ainsi, elle n'y pouvait pas grand chose !

Frottant ses mains engourdies par le froid, Jade quitta les lieux, sachant que le lendemain, la même chanson reprendrait ses accords variés. Qui sait ce que ce travail lui réservait, mais au moins la routine ne s'installait pas. Trouver des excuses en revanche commençait à être difficile, Jake ne cessant de poser des questions. Bien sûr, la plus jeune préférait ne rien lui dire sinon la même sérénade recommencerait. "Tu es trop jeune pour travailler, tu as d'autres choses à faire concentre toi sur tes études, c'est moi qui doit m'occuper de vous toi tu as autre chose à faire" et gnagnagna. L'adolescente adorait son grand-frère, mais celui-ci ne comprenait pas ce besoin qu'elle avait de s'émanciper, d'aller de l'avant et surtout, de ne pas le laisser avoir cette charge seule. Elle était parfaitement capable d'assumer tout ça, il finirait bien par le voir un jour !

Reprenant son chemin d'un pas pressé, espérant ainsi gagner un peu de chaleur, la blondinette se stoppa néanmoins après quelques pas seulement. Là-bas, pas loin sur un banc, les mèches plus blanches que blondes la frappèrent. Rêvait-elle ou avait-elle bien reconnu cette femme à qui elle n'avait que rarement parlé ? Deux fois plus exactement, on peut dire que la dernière avait quelque peu chamboulé la préfète. A vrai dire elle était toujours étonnée de croiser des sorciers et sorcières au coeur de Londres, pourtant ça n'était pas si étonnant. Le monde est petit comme on dit.

Jade n'était pas très douée pour parler. En fait, elle n'était pas douée pour communiquer en règle générale, il y avait tant de choses qui pouvaient la retenir. Pourtant, elle s'avança doucement vers la jeune femme, plus hésitante qu'autre chose mais au moins elle osait. La plupart du temps, contourner le problème - aka la personne reconnue - semblait plus simple, mais.. parfois elle abandonnait la simplicité. A vrai dire, cette femme avait quelque chose de spécial que la demoiselle ne saurait décrire. Une présence, une lumière toute spéciale qui donnait envie de s'approcher. Et ce dernier point n'était pas du tout dans les habitudes de Jade qui d'ailleurs, hésita avant de lancer quelques mots timides.

- Bonjour.. Je ne.. m'attendais pas à vous croiser par ici..

Vous, parce-que c'est ainsi. Et c'est plus facile que de trouver le mot juste. Madame, ça fait trop bizarre. Miss Benson, ça fait trop déplacé ? Quant au prénom de son interlocutrice, elle le connaissait mais c'était encore plus déplacé. Oui, elle réfléchissait trop. Lèvre mordillée, joues rosies autant par le froid que par l'hésitation. Les yeux ambrés posés un instant sur le carnet, sa volonté s'enfuit en courant.

- Pardon, je dérange peut-être..
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