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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Académie de Poudlard ~¤~ :: Les couloirs
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Une classe déserte
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Kalén Bloom
Poufsouffle
Poufsouffle

Re: Une classe déserte

Message par : Kalén Bloom, Mar 29 Aoû - 0:34


En scrutant le regard de la jeune fille devant elle, Kalén y décela un éclat discret de culpabilité.
Regrettait-elle les paroles qu'elle avait prononcés quelques instants plus tôt ?

Cette jeune personne l'intriguait beaucoup. Elle sentait chez elle une certaine douleur maquillée par un masque qui pouvait se montrer désobligeant. Comme l'animal blessé agressant quiconque s'approcherait.
Mais pourtant, la froideur de l'adolescente envers Kalén semblait quelque peu retombée. Piquée par la curiosité, la jeune sorcière profita de cette accalmie pour s'intéresser d'un peu plus près à sa camarade.
Cette dernière venait d'ailleurs de prendre place à ses côtés. C'était étonnant. Mais pas désagréable. Si elle avait décidé de s'assoir, c'était sûrement qu'elle supportait - sans forcément parler d'apprécier - la compagnie de la petite.
C'était une personne intrigante pour Kalén. Ni trop lisse, ni trop tourmentée pour être inaccessible.  


D'ailleurs, une fois de plus, la remarque de la verte et argent surpris la petite blairelle :

"C'est fou ce qu'on peut être stupide, parfois. Tu ne trouves pas ? Je n'ai jamais compris pourquoi on finissait toujours par regretter nos paroles, nos actes. Ni même pourquoi on s'inquiète de notre sort, des conséquences de ce que nous faisons. C'est dans notre nature et c'est pourquoi je déteste tout le monde."

Elle avait dit cela avec un air étrange, comme si quelque souvenir venait de lui revenir en mémoire à cet instant.
Kalén ne répondit pas tout de suite, pesant ses mots et réfléchissant à sa réponse.

"Je ne te trouve pas stupide. Les mots dépassent parfois la pensée, c'est le propre de l'émotion. Mais c'est ça qui rend les choses plus excitantes, tu ne crois pas ? Ça n'aurait pas été pareil si tu étais rentrée dans la salle en me sautant dessus et en criant que tu voulais devenir mon amie. Ça m'aurait plus effrayé qu'autre chose..."

Elle savait que sa réponse pouvait sonner d'une étrange manière aux oreilles de la Serpent. Le mot "amie", calé là, comme si de rien n'était, ne demeurait pourtant pas là par hasard.
Oh, Kalén n'attendait pas que les deux jeunes filles deviennent amies dans l'heure qui suivrait, non ! Elle ne savait même pas si cela arriverait un jour, et ce n'était d'ailleurs pas sa préoccupation du moment.

Non, Kalén voulait voir comment la jeune fille à ses côtés réagirait lorsqu'elle l'entendrait prononcer ce mot. Elle voulait voir quel type de personne était la verte et argent. Bien qu'elle commença déjà à cerner la demoiselle, cette dernière restait très surprenante pour la petite jaune et noir. Quand à détester tout le monde... La petite s'était souvent demandée si c'était elle qui n'aimait pas les gens, ou bien les autres qui ne pouvaient pas la supporter.
Jusqu'à ce début de semaine, la jeune fille aurait plutôt penché pour la première option, mais la rencontre avec un certain élève de sa maison l'avait amené à envisager le contraire.
A dire vrai, ça n'avait pas réellement été une rencontre... Plutôt un échange assez banal en cours, qui avait pourtant ouvert à Kalén de nouvelles perspectives.

Cette fois, ses mots dépassèrent la barrière de ses lèvres sans qu'elle n'ait pris le temps de les analyser avant :

"Quant à détester tout le monde... Je crois que c'est le seul sentiment que je suis certaine d'avoir éprouvé au cours de ces dernières années. Peut-être à tord finalement, je m'en rends compte un peu mieux aujourd'hui..."

Le sujet passa bientôt à la Métamorphose. Les étoiles revinrent peupler le regard de Kalén à l'évocation de ce mot, et son attention se reporta sur le livre.
Sa camarade lui avoua qu'elle n'aimait pas la Métamorphose plus qu'une autre matière. Lorsqu'elle lui retourna la question, la blairelle répondit :

"J'aime énormément ce cours. Je ne sais pas encore si je m'en sors bien, il n'y a pas eu d'évaluation, mais c'est un sujet qui me passionne."

Il y eut une courte pause, et la petite reprit, ouvrant au passage le grimoire au hasard, et tombant directement sur un sujet portant sur l'Animagie :

"Quelle est le sujet qui te plait, toi ?"

Elle avait dit "sujet" en toute connaissance de cause, faisant exprès de ne pas employer le mot "matière". Même si les cours étaient très importants pour elle, Kalén se doutait bien qu'il n'en était pas de même pour tout le monde. Les autres avaient d'autres sujets d'intérêt, tout aussi passionnant que ceux abordés en classe, et Kalén souhaitait en apprendre plus sur eux.
Désignant d'un signe de tête la page ouverte du livre devant elle - exposant la transformation d'un sorcier en tourterelle -, la jeune fille enchaîna :

"Qu'est-ce-que tu pense de ça ? Tu n'aimerais pas pouvoir te transformer en animal ? Tu t'es déjà imaginé quel pourrait être ton totem si tu devenais une Animagus ?"

Cette fois, Kalén était lancée. Sans en faire trop ni en exagérant l'exubérance, elle s'était quelque peu déliée et se sentait plus à l'aise d'interpeler l'adolescente sur ses goûts. Un sourire intéressé avait éclairé son visage à présent balayé des dernières larmes, et son regard pétillait en prévision des réponses de la fascinante demoiselle.
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Elhiya Ellis
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Re: Une classe déserte

Message par : Elhiya Ellis, Ven 6 Oct - 10:36



Glisser sur les ondes - Respire



Ouvert à ce qui veulent, participants attendus :
Ulysse Daiklan, Lorelaï Peony, Temperence Black

Restrictions du Rp:
 


La nuit avait couvert le château de sa capeline ébène depuis plusieurs heures et toujours quelques ombres se baladaient dans les couloirs, discrètes, muettes. Certaines disparaissaient au détour d’un escalier quand d’autres, plus téméraires, poussaient des portes grinçantes, trahissant le secret de leur présence. Des opales ensommeillées observaient silencieusement ce curieux balai nocturne, absentes, simples spectatrices ayant perdu le désir d’y participer. Plantée assise sur le rebord de la rambarde, les pieds se balançant dans le vide, Elhiya attendait que la terrasse de la tour d’astronomie se libère enfin. Quelques reflets argentés dans ses cheveux répondaient à la lune blafarde qui surplombait son monde d’un air supérieur. Seule compagnie acceptable ces derniers soir. Seule présence capable d’accueillir les pensées les plus contradictoires comme les regards les plus perdus sans poser de question.

Mais ce soir, sa place de prédilection lui avait été volée. Flanquant l’adolescente encapuchonnée dans un lieu de passage, en plein courant d’air, à la merci de « bonsoir » de convenance si un être nocturne venait se perdre dans le coin, forçant les politesses, alimentant l’agacement. Comme s’il n’était déjà pas assez présent grâce à la brise qui s’engouffrait désagréablement sous ses cheveux, amenant quelques frissons et quelques feuilles mortes perdues. Valse ridicule d’automne d’une nature mourante, criant silencieusement à qui voulait bien l’écouter. Morose situation, tout comme ses humeurs.

Ses doigts avaient fini par récupérer un bout d’arbre en perdition, le dépiautant en sentence de lui avoir atterrit sur le nez, laissant les confettis tomber plus bas, entrainant dans leur chute quelques autres morceaux de verdure fanés. Nouvelle bourrasque, nouveaux intrus accrochés dans ses longs cheveux dorés, dont un à la couleur noire. Les arbres avaient rarement ce genre de parure, la curiosité s’était éveillée devant le petit morceau de papier chiffonné. Elhiya l’avait ouvert soigneusement, ses lèvres ourlant un léger sourire en parcourant les mots couchés à l’encre carmine. Le texte lui rappelait un doux souvenir quasi oublié, quelques notes de musiques fredonnés, quelques paroles psalmodiées dans son grenier aménagé avec son amie d’enfance, quelques tendres moments aux gouts d’enfance moldu. Agréables instants volés à ce monde magique et ridicule.

Une invitation semblait se découper sur un des deux mots qui brillait quand on y glissait le doigt. Amusée, Elhiya avait reposé les pieds sur la terre ferme, se laissant glisser sur le bon côté de la rambarde, et effleurait plusieurs fois le premier mot qui finit par prendre une autre forme. Le Flyer de papier, se plia, devenant oiseau, arrachant un léger sourire moqueur à la blonde. De l’origami, encore… Utilisation trop courante pour un message caché, mais mignon quand même. Devant le battement d’aile de papier, la blondinette avait engagé le pas, suivant l’animal fragile, se faufilant dans les couloirs d’un pas discret, s’arrêtant devant une porte d’apparence close. De la lumière très faible semblait arriver à se faufiler sous le vantail, vacillante, hésitante… Lueur de bougie.

Le volatil avait fini par se consumer, finissant en cendre, sa mission étant terminée, laissant la blonde hésitante. Rien n’était précisé sur ce bout de papier, si ce n’était plus ou moins l’abandon de leur couleur de Poudlard. Chose qui ne pouvait que lui plaire. D’autant plus que son uniforme scolaire avait été troqué dès la fin des cours contre un sweat à capuche noire au motif chat et un jean slim noir troué et effiloché au genoux droit et cuisse gauche. Tenue idéale en somme pour ce genre de chose. Nouant ses cheveux dorés en queue de cheval pour qu’aucun ne dépassent de sa capuche, Elhiya scrutait la poignée de porte. Longue inspiration, et la blonde se lança, et pénétra dans les lieux qui n’étaient autre qu’une salle de classe abandonnée.

Une table en bois flaquée sur le côté accueillait des gobelets, des thermos, des bouteilles de jus de fruits, ainsi que des assiettes de biscuits et autres délices caractéristiques des animations prévues par l’école. Des elfes de maisons s’afféraient à installer des bougies sur le sol, un d’entre eux lui en confia une, l’intimant à aller attendre que d’autres « participants » arrivent. Elhiya avait allumé sa bougie et regardait le reste des flyers abandonnés sur la table, ne remarquant pas, dans un coin, du matériel moldu hifi
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Ulysse Daiklan
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Re: Une classe déserte

Message par : Ulysse Daiklan, Sam 7 Oct - 1:47





Mon cœur lourd trainait dans les rues, porté par mes pieds traçant leur propre route. Les pensées mélancoliques m’assaillent sur Violet, cherchant la réminiscence de ces sentiments pour une autre. Ma tête baissé tombe sur un papier couché sous les pluies diluviennes. Du sang d'encre à peine à peine visible, plongé dans l’eau, dilué dans l'âme, effusé dans l'air. Mes doigt récupèrent d’eux même l’invitation à laquelle je compte me rendre.

Mon écharpe entourant ma mâchoire, une capuche sur la tête seul mon regard s’échappe, sur la buée des fenêtres. Et j’ai envie d’écrire, une lettre pour ma Violet, aux parfums de l’encre que j’ai choisis. Je lui parlerais de mes rêves composés du vestige de ses lèvres, quelques chrysanthèmes sur la pierre glacée par le temps froid d'un joyeux noël.

Moi qui me prenais pour un inattaquable, cherchez l'erreur. Et je vous jure qu’on la cherche cette erreur, quand on a le cœur exposé, explosé au quatre coins du globe. Quelque chose auquel on ne s’attends pas. Qui vous prend aux tripes comme ce claquement d’une porte poussée par un courant d’air. Je ressens de l’amour et pourtant de la tristesse. Les couples autour de moi semble s’effriter doucement pour se briser, je me sentirais presque coupable d’être… Bien ? J’en ai parlé, et on m’a dit que c'est le phénomène des vents contraires. Un phénomène ou quand on est heureux, les dieux nous disent de pleurer, pleurer comme la risée du ciel. Des dieux omniprésents et tellement absent laissant l'homme sans nouvelle.

Je marche dans les couloirs, vers le point de rendez-vous. Des airs dans la tête que, j'ai crié sur tous les toits en me les rappelant à la vision du tracte. Paroles chantées, hurlées sous la pluie, jusqu'à perdre haleine. Jusqu'à prendre le froid, celui qui vous prend la gorge, modifie la voix. Le feu de ma gorge ne comble pas le conflit de mon cœur, un questionnement qui reviens et qu'aucun feu n'apaise.

Arrivé à la salle une seule autre personne est présente, un « Salut » méconnaissable s’échappe de ma bouche. Son jean troué et son sweat chat sont d’accord avec mon pantalon noir, mon pull assortis, la capuche cachant en partie l’écharpe jaune sombre qui entoure mon cou jusqu’au nez. Je ne sais trop que faire, situation usuelle sur cette terre. Mon regard se pose sur les cassettes et mon esprit s’envole. En une seconde j'ai traîné sur les boulevards, loué les chambres d'hôtel, parti dans des casino, dans ses bras tout au chaud. Mon corps de dirige tout seul vers la chaîne Hifi, appuyant sur les boutons mécaniquement. Les notes raisonnent tout doucement, dans l’attente d’autres personnes pour débuter. Je suis mal à l’aise, j’aimerais qu’elle soit là, lui dire : Il y a des moments où je te revois, au bord cette grotte au clair de lune, entourés seulement de silence et d’écumes. Oh si elle était là, pour écouter avec moi, je prendrais sa main sans un regard aux autres. Juste pour tournoyer à nos débuts, pour finir par danser, chanter, debout sur les chaises.

Chaise où je suis assis, cherchez l'erreur. Tombant sur la chaise comme notre corps s’écroulant quand on a le cœur exposé. Les vieilles chansons du groupe moldu raisonnent dans ma tête, ma raison semble exploser aux quatre coins du globe. Des gens ici, indéfinissable, qui ne se connaissent même pas. Nous différents de tout, se connaissant de rien, rassemblés sur un seul point. C'est le phénomène des vents contraires, entourant une musique pouvant vous faire pleurer. Et vous le ferez, vous allez pleurer. Parce que c’est ce que veulent les dieux, qu’on soit la risée du ciel. Quelque part là-haut ils nous observent. Et je n’ai aucune idée, de qui pourrait arriver. Aujourd’hui encore je suis l’ignorant, l'homme sans nouvelle, qui ne sait rien mais qui est là. Sans raison particulière. Juste pour une mélodie trop souvent écoutée. Juste parce qu’un inconnu l’a invité.

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Lorelaï Peony
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Re: Une classe déserte

Message par : Lorelaï Peony, Mar 10 Oct - 1:42




Assise en haut de sa tour, surplombant le néant de la nuit pleinement tombée, elle tire sur ce qui lui reste de cigarette. Les étoiles éclairaient le château de leurs lueurs éternels, tels des fantômes millénaires au sempiternel retour. La fumée emplit ses poumons d'une chaleur obscure qui la ravive mille fois au rythme de son inspiration.expiration.inspiration. Le papier qu'alliancent ses doigts se consume au rythme sourd du temps pesant qui passe impassible et lent. Alors que l'immuable veilleuse éclaire son souffle dans des nuages au goût cendré, ses doigts glacés se réchauffent doucement au contact du poison, et sa nuque se refroidit inlassablement sous les caresses sclérosées du vent d'octobre. Le silence plein qui recouvre l'étendue ténébreuse assure pour un instant la névralgie qui l'habite, qui la possède, obnubilante et enivrante. Le vide qui s'étend sous sa peau la berce et l'anime comme le souvenir permanent d'un avenir fauché à l'aube tandis que la profondeur nocturne l'entoure telle la présence vide de celui qu'elle n'aura jamais pu aimer.

La poitrine soudée à la barre froide qui la maintient dans le monde vivant, elle se laisse envoûter par la funèbre délivrance. Un geste, un mouvement, un instant, qui l'accompagnerait dans un fascinant plongeon irrévocable. Une dernière bouffée lui brûle la gorge, lui brûle la peau. Elle écrase le papier chaud sur sa cuisse nue comme elle tente de réveiller la lointaine réminiscence de la rosière qu'elle perdit au détour d'un regard céruléen. La douleur l'aiguise et l'arme au combat inéluctable qu'annoncera l'aurore.

Elle s'offre au gouffre sacré, à la nuit mordante comme elle se lève et s'appuie contre la rambarde tremblante de la tour. La barre froide et rugueuse a laissé sa marque rouge sur sa peau trop blanche. Elle ouvre le bras et embrasse la bise dans un geste qui laisse s'échouer la lumière rouge de son poison au pied éloigné de sa transcendante bâtisse.

Elle ferme les yeux, plongeant son visage mouillé dans l'évanescent souvenir de celui qu'elle a trop peu aimé. De l'être qu'elle aurait tant aimé aimer. Des bras qu'elle aurait tant aimer serrer, serrer comme son cœur à cet instant trop vide, vide de lui. Elle tente de rattraper les dernières bribes de leur baiser échangé dans l'intimité de la foule. De leurs corps qui s'étreignent, de leurs souffles qui s'épousent et s’entremêlent au rythme de la vie qui s'exprime dans leurs entrailles. Elle tente de retenir celui qui l'abandonna avant qu'elle n'ait pu lui dévoiler l'allégresse qu'il cachait en lui, qu'ils cachaient en eux.

Elle franchit la limite qui la sépare de l'abysse. Ses mains labiles et délicates la retiennent encore pour quelques instants. Elle observe du haut de son désespoir la distance qui la l'éloigne de la délivrance. Elle attend, elle recherche le dernier frisson qui larguerait son être meurtri.

Et pourtant, au contact intime de l'abîme, elle sent silencieusement la vie la reconquérir.

Ses larmes préparent le froid qui gagne son visage, et se glissent jusqu'à sa poitrine tremblante. Elle exhale, ses membres tremblants menacent de lâcher comme elle sent monter en elle un soupçon, une hésitation, un souffle nouveau.

Tressaillement. Soubresaut. Vague de peur. Vague de vie. Elle se colle à la barre froide et mouillée comme un naufragé s'accroche à l'air qui gonfle ses poumons. Elle se jette péniblement sur la pierre froide qui l’accueille et la soutient. Qui absorbe ses larmes. Qui absorbe son souffle. Son souffle qui cogne. Qui cogne. Haut le cœur. Elle se noie dans ses larmes et sa peine. Sa colère de n'être pas partie. Elle aussi.

Elle agrippe la pierre. Elle martèle le marbre froid de sa lâcheté, de sa souffrance.

Elle se tourne enfin. Son dos glacé, ankylosé, ne réagit plus à la froidure du sol.

Elle regarde longuement le plafond poussiéreux.

Le temps passe et l'entoure.

Le temps passe et l'apaise.

Le temps passe et la calme.

L'air emplit à nouveau ses poumons. La vie reprend place en son corps. Elle laisse couler les dernières larmes qui se libèrent de l'emprise de sa gorge.

Elle s'assied.

La fraîcheur des dalles envahit ses jambes et l'oblige à se lever.

Elle ramasse son vieux gilet et se dirige enfin vers les marches qui l'accompagneront vers la réalité comme elles l'ont guidées en ce moment chimérique.

Marche après marche, elle regagne le règne  des vivants et se glisse dans la peau de celle qu'elle devra désormais représenter aux yeux des Hommes.

A ces pieds néanmoins, elle remarque un parchemin qu'elle ramasse aussitôt. Quelques mots, une invitation à rejoindre un cercle de passionnés de musique.

Un sourire se dessine timidement sur ses lèvres, quand Lorelaï lit le nom du groupe moldu qui a bercé son enfance.

Serait-ce un signe?

Un regard vers l'astre nocturne qui lui rend son sourire.

Elle prend la direction du local où l'attendent déjà plusieurs élèves cachés sous des couches de tissus.

Avant d'entrer, elle enfile son pull dont la capuche lui servira de masque. Sortant sa baguette, elle échange également sa chevelure blonde contre un noir de jais criant.
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Temperence Black
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Re: Une classe déserte

Message par : Temperence Black, Sam 14 Oct - 12:15



Bienvenue dans la Kyosphère

With Elhiya Ellis, Ulysse Daiklan, Lorelaï Peony



Je regarde.
A droite.
A gauche.
Devant.
Derrière.
Je ne vois rien, pas de place dans cette salle commune pour les verts et argents. Il n’y a pas un seul espace de libre pour que je puisse m‘installer tranquillement et penser à ce que je suis, ce que je vais, où je vais. Il y a cette fille assise sur le canapé que j’utilise tous les jours depuis mon arrivée dans ce château emplit de magie. Mon royaume assiégé.

C’est ma place ici normalement pas la siège, elle a annexé mon canapé et me voilà totalement désarmée face à ce manque de tact. Je ne sais pas où aller, je ne sais pas où me diriger alors je fuis de cette salle trop pleine pour mes oreilles, trop bruyante pour mon repos car si je ne dors pas et que mes nuits sont rythmées par l’insomnie, j’aime prendre un instant pour me reposer. Je ne dors pas non mais je m’isole dans mon coin, là où elle squatte avec innocence cette place qui m’attire car elle est un peu en retrait, je me suis constituée prisonnière de ce fauteuil tout comme certains s’étaient appropriés leur place dans cette salle commune émeraude.

Alors pars. Je sors de cette salle et je me promène, j’ère avec l’ennui qui ne peut voir la vie qu’en grosse coupure car il ne peut voir chaque moment de la vie. Ce n’est qu’un sale gosse, qu’une émotion enfant de la luxure. C’est ce foutu ressentit lorsque l’autre disparaît après une bonne partie du moins c’est ce qui est écrit dans les livres. Je me balade et j’avance. Sans but, sans chemin déjà tracé. Ce n’est pas simple parfois, d’avancer comme cela à l’aveugle et de laisser le hasard semer les miettes de la discord sur mon passage juste avant que je ne le foule où juste après, la vie est cruelle mais l’ennuie, lui, il est mortel. Il fait que nous avançons juste sans vraiment nous en rendre compte car le paysage qu’il déroule sous nos yeux est morne et identique.

Je passe devant une salle ouverte, je rentre à l’intérieur sans prendre le temps de m’annoncer où même de savoir si je peux y rentrer. Que peut-il se cacher ici de toutes manières ? Deux personnes qui s’unissent sous la clameur des premières étoiles de cette nuit fraîche ? La réunion d’un groupe super secret ? Un élève qui perd la boule et qui pense que les cours vont commencer dans cinq minutes ?

Je ris. Il en faut peu pour m’amuser parfois mais c’est comme cela et puis c’est tout. Quand l’ennui ronge le temps qui me reste à vivre, je fais en sorte de ressentir une émotion en espérant que cet éclat fera en sorte de passer le temps le temps plus vite, de faire couler le sable plus vite dans ce foutu sablier que j’aimerai pouvoir exploser contre le sol mais je sais que si je fais ça, je meurs. Mon temps de vie sera éparpillé contre le sol et rien ni personne ne pourrait remettre chaque grain de sable constituant les minutes dans la boite en verre qu’est le sablier de ma vie.

Je suis là, dans la salle et il n’y a rien, pas de bruit i de vie. Je vois juste ce prospectus que j’attrape, je ne sais pas ce que c’est mais ça parle de retrouver des gens mais que c’est secret et que les identités doivent rester masquées alors d’un coup de baguette je me transforme.

Mes longues mèches brunes deviennent blondes, presque blanche. Mon visage change légèrement de forme et le bleu de mes yeux devient plus clair. Je suis devenue méconnaissable, rien ne ressemble à celle que j’étais avant du moins sur mon visage, pour mon corps c’est plus délicat mais qui, dans ce château outre Ian, connait mon corps ? Lui il l’a vu se déhancher avec toute la sensualité féminine qu’elle possède, il l’a vu ivre et finir dans ses bras pour terminer une soirée d’oubli dans le plaisir de la luxure avec cette fille belle comme le jour, douce comme le mielle et aussi pétillante que le champagne…

Mes vêtements, je les transforme aussi, comme cela, je suis sûre que personne ne reconnaîtra mon style. J’hésite, j’ai presque envie de me vêtir de l’uniforme d’une autre maison mais non, j’opte pour un truc que j’ai vu dans un magazine moldu il y a quelques temps. La tenue me va bien, elle est simple et amusante, elle tranche avec mes robes ou mes tenues habituelles. Je suis contente de mon coup alors je prends le prospectus dans la main puis là, malheur. La feuille explose entre mes doigts, tout ce que je touche brûle puis, contre toute attente, il devient un oiseau qui semble possédé. Il s’envole et il part avec légèreté vers cet inconnu que je me hâte de suivre.

La voici la vie, la briseuse d’ennui avec son cœur de gitane qui se déhanche sur le rythme de ces musiques venues d’ailleurs. Elle frappe dans les mains, ses pieds nus foulent le sol et elle s’envole et brille comme le plus beau des diamants rouges. Son sang d’apache réchauffe les cœurs, les hommes et les corps. Elle est fille de petite vertu cette malicieuse vie.

Je suis l’oiseau. Je marche dans ses battements d’ailes, c’est mon road trip de l’inconnu, c’est la belle dame, la marquise de sade qui devient une poubelle blanche mais après tout, n’est ce pa ce qu’elle est réellement la vie ? Une jolie dame aussi riche que crésus qui joue à la bohémienne avec le cœur des gens ?

Elle est là et c’est elle qui dicte ma vie car sans elle je ne suis pas et si je ne la suis pas je meurs. Elle m’a tout pris, mon présent, mon passé et mon futur. Elle m’a fait faire plus de chose que je ne pourrais le dire. Elle m’a fait avaler le champagne, consommer la boue et recracher la poussière. J’en vois de toutes les couleurs sauf quand elle devient fainéante et qu’elle laisse sa place à son frère l’ennuie qui, lui, nous brise les parties mais que l’on salue avec joie lorsque nous sommes fatigués ou en quête de repos car la vie maligne nous a trop épuisé pour l’instant.

J’avance dans ces couloirs sauf que cette fois, j’ai un but. Je veux aller voir ce qui se cache derrière cette réunion interdite. Je veux découvre ce que cache ce petit oiseau de papier qui file à toute vitesse, comme si Bonnie fumait Clyde en partant seule sur une mobylette, emportant avec le cash tandis que Clyde, lui, n’aurait que ses jambes pour suivre cette fille sauvage.

J’arrive.
L’oiseau rentre.
La porte ouverte.
La lumière attirante.
Le silence présent.
Les âmes silencieuses.
J’entre.
Je passe le pas de la porte et, sans réellement dire bonjour pus qu’en acquiesçant un signe de la tête qui fait vibrer ma coupe blonde, je prends place sur une chaise. Je regarde à peine les gens. Je ne sais pas ce que je fais ici mais c’est la vie, c’est le destin qui a dit que je devais être là pour faire je ne sais quoi et cela m’excite, cela m’amuse. C’est bon de faire ça, c’est comme sauter en avec une personne accrochée à nous. On sait qu’on a le parachute, on sait qu’il va s’ouvrir à un moment mais ce moment on ne le connait pas. On n’a pas accès à cette tirette qui fait que la toile se délivre pour faire en sorte de laisser le vent nous porter sur son dos comme un cheval lancé au galop.

Assise sur ma chaise, je regarde. Je laisse la vie me guider maintenant. Je ne suis qu’une aveugle de toutes manière, c’est elle qui va choisir de la suite de cette aventure qui commence alors que la nuit règne tranquillement sur le bâtiment magique.

Si tu savais… Si tu savais comme je t’aime douce vie qui me fait vibrer avec son cœur de gitane…

Temperence~Tenue~Musique

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Elhiya Ellis
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Re: Une classe déserte

Message par : Elhiya Ellis, Dim 15 Oct - 11:53



paroles utilisées:
 


La porte d’entrée déversait dans l’indifférence des travailleurs quelques visiteurs, perdus ou conscient de fouler le sol poussiéreux de leurs jeunes pas. Ça n’avait pas d’importance, rien en avait réellement dans cette mascarade ridicule dans laquelle on leur avait composé un rôle. Elle, verre de jus à la main, les opales ternies s’étaient perdues dans un vacillement de flammes hypnotisantes. Quelques notes de musiques s’étaient élevées, sur un son ancien, jamais oublié, toujours enfoui dans un coin de sa mémoire. Retroussement de commissures de lèvres amusées, alors que la blonde rassemblait faiblement ses idées.

Qu’attendait-on d’eux ici ? Rien. Rien si ce n’était se cacher dans une capuche colorée, laisser les notes d’espoirs, les images qui saturaient les guider. Pour une fois on leur offrait la possibilité de rester bloquer dans ce monde risible, perdu entre l’enfer et le ciel… Juste un jour de plus, mais un jour bien réel .. Le séant avait trouvé place sur le plancher souillé de taches de cire, dessinant un sourire moqueur sur les joues rebondies de la blondinette. Rien n’était lisse et pur, il y’avait toujours des flaques et des éclaboussures, des épreuves d’apprentissages, des bras qui se cassaient dans la sueur et la sciure. Rien, jamais ne gardait son innocence, même pas un par terre malmené pendant des siècles par des étudiants insouciants….

Pulpe des doigts jouant avec la chaleur timide qui léchait ses doigts sans arriver à éveiller la douceur ou la peine. Trop de chose en tête en train de danser en ce moment, il y’avait parfois des comebacks, parfois des ruptures, entre sa conscience et elle, deux poids deux mesures comme toujours. Dans son cœur c’était la débâcle, elle qui aimait tant la vie, ça la tuait doucement de composer avec ce qu’on attendait d’elle. Des larmes retenues, brulantes, suffocantes, quotidiennes, étouffées silencieusement, occultant ces noms couchés à l’encre ancienne sur un registre dont l’héritage la faisait trembler. 300 noms différents, 300 lésions, ceux qu’elle ne voyait pas, ceux qui aboyaient, ceux qu’ils avaient écrasés, ceux qui exultaient et dans tout ça... Quelques âmes pures…Tant de vie brisées sur lesquelles ses mains frêles devaient siéger, remplissant de son écriture ronde un nouveau monde dans son cahier où tant de pages étaient remplies de ratures.

Cette vie qu’on lui avait confiée était ridicule. Dans la rue il y’avait des petites frappes, des lions des vrais durs, des coups d’état et parfois des investitures, des pièges, des arnaques, et au milieu quelques âmes encore pures.. Grotesque cinéma, dans lequel ils étaient tous des acteurs inconscient..  Comme cette pauvre petite bougie dansant faiblement alors qu’elle venait la titiller discrètement, sa flammèche luttait encore et toujours, persuadée de pouvoir faire plier son agresseur. Risible espoir… C’était comme tout, dans la vie, il y’avait les claques et le côté obscur, un cahier à tant de pages remplies de ratures, les simples preuves que rien ne pouvait suivre le court qu’on avait désiré. Alors garder les pieds collés au tarmac pour ne voir que l’azur perdait tout son sens, quand Lucidité prenait enfin sa place et prenait un malin plaisir à rappeler que ce n’était toujours qu’un jour de plus entre l’enfer et le ciel, créant le point de contact et le point de rupture… Conscience malmenée, naïveté bafouillée et torturée..

Dans la rue le manque de tact et les injures ne devenaient plus que justificatifs à se perdre dans ces farces et ces graines du futur, couvrant de sang la cellule de son esprit. Les rideaux s’étaient refermés sur Conscience bâillonnée plusieurs fois, alors qu’on la voyait sourire du seul endroit où elle brillait réellement. Il avait fallu du temps, des nuits, des soirs où la lune était pleine pour que la blondinette concède enfin qu’il y’avait le temps des grands soirs et le temps des blessures, un double jeu à adopter pour vivre, survivre, avancer, avoir l’impression d’être là où il fallait être… Accepter de se noyer dans les bras de Vénus, de tromper de mystifier, de laisser l’amour devenir schizophrène, de peindre deux photo d’elle-même, une si douce, si fausse, de celle qu’on voulait qu’elle soit, et l’autre avec un trou de cigarette, au visage brulé, et terni. Ce qu’on ne voulait pas qu’elle soit...

Et pourtant, capuche visée sur la tête, les mains jouant avec le feu éphémère Elhiya savait parfaitement que les seuls moments où elle brillait sans peine, était uniquement ceux où la lune ronde d’argent les toisait tous si froidement. La larme à la barre de bois, l’immensité lui permettait d’être elle, entièrement, pleinement, sans costume et sans masque… Cette nuit aussi très certainement.. Ses prunelles bleues ne cherchaient pas ses compagnons de fortunes, la sociabilité n’avait jamais été vraiment son fort, il fallait faire des efforts, des concessions, mentir, sourire…. Tellement pas ce qui la définissait.
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Lorelaï Peony
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Re: Une classe déserte

Message par : Lorelaï Peony, Mar 17 Oct - 14:28


HRP:
 

Lorelaï ouvrit la porte, encapuchonnée, des mèches noires sortants de son gilet. Elle n'était reconnaissable que par la couleur de ses yeux. Mais qui retient la couleur de l'iris d'une personne? On passe devant, on la remarque parfois, on ne la retient jamais.

Des bougies étaient disposées sur le sol, les quelques personnes présentent semblaient rêver de courants d'airs, d'espaces clos avec vue sur la mer, de silence radio et d'océan solaire. Elle se reconnue tout de suite en eux.

Des étrangers. Des étrangers connus. Des étrangers dont la peine résonnait en elle, apaisant la sienne. Eux savaient ce qu'elle endurait.

Elle l'avait perdu. Depuis, elle ne s'aimait plus.

Depuis, elle voyait son nom écrit en grand, partout sur les murs.  Elle sentait ses mains sur son corps qui brûlait. Qui brûlait incessamment.

Et pourtant, elle en était sûre, elle ne pouvait refermer la blessure.

Lorelaï s’assit par terre, et se réchauffa à la lumière des bougies. Elle était prête à tout pour se sentir mieux. Prête au pire comme au meilleur. Elle sentait qu'entourée d'autres émo, elle pourrait atteindre un bien-être qu'elle n'arrivait plus à percevoir. Sans plus réfélchir. Elle brisa le silence qui régnait dans la pièce.
- Je te vends mon âme, fais de moi ce que tu veux, seulement... en échange donne moi la chance d'être mieux.

Une jeune femme entra dans la salle. Vêtue de bleu.
Lorelaï se tourna vers elle et lui tint ces paroles,
- Je l'ai perdu, depuis, je ne m'aime plus.

Peut-être quelqu'un dans cette salle pourrait refermer sa blessure?

Elle n'avait jamais beaucoup pleuré dans sa vie. Mais aujourd'hui, elle ne voulait plus de larmes de synthèse, elle était à la recherche du vrai et du cher, seulement de choses fragiles mais surtout nécessaires. Essentielles.
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Re: Une classe déserte

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 Une classe déserte

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