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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Académie de Poudlard ~¤~ :: Les couloirs :: Infirmerie
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Le hall d'entrée
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Fergus Blake
Gryffondor
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Re: Le hall d'entrée
Fergus Blake, le  Mer 27 Déc 2017 - 18:29

PV Olivia Cordell
Suite de ce Rp.
Elle ne l'avait pas bien prise, ma plaisanterie, ça se voyait. Pourtant, sa réaction me faisait rire, et je m'efforçais de cacher le sourire en coin qui tentait tant bien que mal de se dessiner sur mes lèvres. Sa seule réponse fut de faire la moue, puis de resserrer son étreinte sur mon bras. C'était beaucoup moins confortable, mais si elle voulait me faire mal, c'était raté. Décidément, elle est facilement vexée... Elle semble d'ailleurs très fière de sa personne. Pourtant, je ne peux m'empêcher de trouver ça mignon. Pour combler l'insulte, Nick Quasi-Sans-Tête fit son apparition et passa bien au travers de la petite Serdaigle pour qui je servais de bâton de marche. Je ne pouvais plus cacher mon sourire, une chance qu'elle m'évitait maintenant du regard!

- Temps radieux pour une journée d’automne, ne trouvez-vous pas ?… Oh, veuillez m’excuser, mademoiselle.

Mademoiselle ne semblait définitivement pas bien aller. Tout d'un coup, elle ferma les yeux, la main devant la bouche. Elle semblait bien se concentrer alors que Nick, aveugle à tout ceci, me parlait du beau temps, de l'équipe de quidditch... Je l'écoutait à moitié, à vrai dire, l'état d'Olivia m'inquiétait un peu. Elle était très proche de moi, après tout, et je n'aurais pas apprécié me faire salir mes vêtements. Alors que j'allais dire à l'esprit que nous devrions vraiment continuer notre chemin, que je reprendrais cette conversation avec lui plus tard, je la vis s'agenouiller par terre. "BLEUAAargh !" Voilà. Le visage de Nick changea instantanément, mais moi je me penchai un peu pour m'assurer que la brune aille bien.

Elle tremblait. Elle semblait tout de suite moins fière. Elle survivait à tout ceci en évitant qui que ce soit du regard, sortant sa baguette de sa poche pour lancer un sort, nettoyant le dégât qu'elle venait de faire. Sans mon aide, elle se redressa, et je me relevai à côté d'elle. Alors qu'elle s'essuyait la bouche avec son mouchoir, Nick, visiblement désolé, s'avança.

- Et bien, ma chère, je regrette de vous être passé au travers, mais je ne pensais pas vous provoquer un tel effet…

Je souris.

-
Ne t'inquiètes pas, Nick, ce n'est pas ta faute. Elle se sentait déjà mal bien avant que tu arrives. Je passai mon bras autour des épaules d'Olivia. On se reparle, je vais l'aider à se rendre à l'infirmerie.

L'infirmerie n'était plus très loin. En fait, nous étions presque arrivés. J'avançai un peu, histoire de m'éloigner de Nick, qui continua simplement son chemin dans la direction opposée. Visiblement, il ne voulait pas empirer le cas de la jeune Serdaigle, et même si je lui ai dit que ce n'est pas de sa faute, il devait se douter qu'il n'avait pas vraiment aidé la pauvre Olivia à se rendre sans problème à destination. Lorsque je jugeai que nous étions assez éloignés, je passai doucement ma main dans son dos.

- Ça va? Veux-tu t'arrêter un moment, ou tu te sens capable de te rendre à l'infirmerie?

Je lui souriais pour la réconforter. Peut-être laisserait-elle un peu de côté son attitude de reine pendant un instant? Après tout, je ne veux que l'aider.
Olivia Cordell
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Re: Le hall d'entrée
Olivia Cordell, le  Ven 5 Jan 2018 - 0:02

Elle s’était attendue à de l’aversion de la part du Griffondor. N’importe qui aurait grimacé, écoeuré par le spectacle peu réjouissant d’Olivia vomissant ses tripes. Mais pas lui. Lorsqu’elle avait levé le museau, il l’avait accompagné dans sa démarche. De son bras, il lui avait amoureusement enveloppé les épaules, tel un oiseau couvant ses oeufs. La Serdaigle de son côté, enserrait à deux mains son mouchoir en coton, décontenancée par cette accolade affectueuse. Elle ignorait comment réagir, quoi dire. Devait-elle à nouveau le repousser, singer l’inaccessible ? Nom d’une chouette, pourquoi faisait-il soudainement si chaud et lourd ? Olivia épousa ses joues depuis ses paumes, sujette à de subites sueurs froides. Ses pommettes étaient embrasées. Etait-ce à cause d’un pic de fièvre ou… ou… est-ce parce qu’elle s’empourprait ? Elle retira derechef ses doigts de son visage au moment même ou Fergus saluait Nick-Quasi-Sans-Tête d’un adieu, prétextant que le binôme se rendait à l’infirmerie. Lorsqu’il réorienta son attention sur la brunette, elle fit de son mieux pour dissimuler son embarras coupable.

En silence, ils poursuivirent leur petit bonhomme de chemin. Le menton bas, Olivia effleurait sa lèvre inférieure à l’aide du majeur, fuyant provisoirement la vision de Blake. C’était un tic qu’elle cultivait lorsqu’elle était en proie à de furieuses cogitations. Surtout d’ordre émotionnel et sentimental. Mais cette atmosphère commençait à devenir un peu oppressante. Leurs pas martelaient le pavé du château, provoquant des répercussions sonores. On aurait dit des glas soulignant le grotesque de la situation. Plus elle méditait, et plus elle estimait cette pudeur ridicule. Bon, d’accord, c’était un garçon, et alors ? C’est pas comme si la moitié de la population de Poudlard était constitué d’hommes et de femmes. Olivia fusilla Fergus d’un coup d’oeil féroce, comme pour démentir sur son ressenti à un témoin invisible. Néanmoins, le Griffondor ne s’aperçut de rien. Se tordant le cou, il s’assura d’avoir distancé le fantôme avant de se focaliser sur Olivia. De sa main masculine, il lui caressa affectueusement l’épine dorsale, ce qui arracha à à la demoiselle, un soubresaut de délice qui lui souleva les clavicules.


- Ça va ? Veux-tu t'arrêter un moment, ou tu te sens capable de te rendre à l’infirmerie ?

Et sur ces belles paroles, il décocha un franc sourire qui anéantirent les barrières d’Olivia. Il était très mignon quand même. Pour être parfaitement honnête, elle n’avait jamais cherché à visualiser les adolescents de son âge comme… autre chose que de simples colocataires, camarades, semblables. Elle s’était toujours moquée jusqu’à présent de plaire, ou d’être aimée. Et ce jeune homme qui avait l’air si foncièrement gentil… Peut-être pourrait-elle envisager qu’il devienne plus qu’un… Olivia cilla des paupières, et secoua brièvement la tête. Ohla, ohla, on se calme. Ça y’est, un garçon lui témoigne un minimum d’interêt, et la voila déjà partie en besogne ! Inutile de s’emballer, il ne faisait preuve que d’un minimum de bienveillance envers une étudiante souffrante. Peut-être valait-il mieux se contenter de cela pour l’instant, et chercher plutôt à apprendre à le connaître, sans intentions derrière. Et qu’elle se manifeste aussi, parce qu’à force, il allait la prendre pour une demeurée à rester plantée là à ne rien dire.

- Merci, je vais mieux finalement, répondit-elle poliment, d’un air distrait.

La sorcière contempla d’un regard l’horizon révélé par une gorge arquée du château. Un ciel azur majestueux, sans l’ombre d’un cumulus, dominait le panorama. Au dehors, les oiseaux gazouillaient, les feuilles bruissaient, et le Calmar géant ridait la surface du lac par de grosses bulles d’oxygène. Olivia plongea les poings dans les poches de son manteau. Il lui restait quelques chocolats, pâtes d’amande, ainsi qu’un sandwich aux oeufs datant du petit-déjeuner. Hissant les tartines à hauteur d’yeux, Olivia agita le butin sous le nez de Fergus, dans une risette espiègle.


- Puisque nous en sommes arrivés là, que dirais-tu d’aller se balader dans le parc ? Elle lui saisit la poignée. J’ai de quoi appâter le monstre du marais.

Sans réellement attendre de réponse, Olivia le contraignit à la suivre, dévalant les quelques marches en marbre avant piétiner le sol. Elle s’agenouilla et entreprit de se déchausser pour goûter pleinement au velouté et à la fraîcheur du gazon entre ses orteils. Elle exulta un soupir de soulagement et invita Fergus à en faire autant. Ils ne tardèrent pas à atteindre le bassin, qui était redevenu serein. Avec élan, la sorcière émietta quelques bouts de pain par-ci, par-là. Bientôt, elle reconnut les longs tentacules du Calmar qui s’emparait de la nourriture. Elle et Fergus durent même reculer un temps soit peu puisque les appendices du céphalopode sillonnèrent dans leur direction pour leur entortiller les pieds. C’est que l’animal pouvait être taquin ! L’adolescence éleva ses prunelles olivâtres à l’encontre du Griffondor.

- Au fait, où comptais-tu aller, initialement ? Rendre des volumes à la bibliothèque ?
Arnaud Meula
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Re: Le hall d'entrée
Arnaud Meula, le  Mer 20 Juin 2018 - 14:15

RP Unique

Suite d'ici

La dernière étape pour moi était l'infirmerie, beaucoup d'élèves s'y rendent en général et peut-être que certains sont blessés par des personnes mal-intentionnés? Dans tout les cas cette affiche apportera chaleur et espoir à ceux qui décideront de joindre la cause et douleur ainsi que brulures à ceux qui voudront l'enlever et la détruire.

Je ne perds pas de temps sous la cape d'invisibilité, je me déplace rapidement mais silencieusement, la balle est dans mon cas et c'est à moi de prouver que je peux réussir une tache que l'on me confie. L'affiche affiché au mur, il ne manquait plus que l'habituel protection contre les mauvaises personnes. Un Fitilla devrait suffire pour celle-ci aussi, mon but n'est pas de tuer des gens, enfin... non. Je ne suis pas comme les mages noirs, mais pour eux... je serai capable de leurs faire beaucoup de choses afin de me venger de cette main en moins et des douleurs qui restent au fond de moi.





Hrp::
 
Lizzie Cojocaru
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Re: Le hall d'entrée
Lizzie Cojocaru, le  Mer 20 Juin 2018 - 23:33

Post unique en réaction à l'affiche (3/3)

Mon dernier arrêt était là où j’essayais de ne pas envoyer trop d’élèves, même s’il était arrivé qu’un élève ou deux y termine son cours. Ce n’était pas faute d’essayer de les protéger d’eux-mêmes, vous savez. C’est juste qu’ils ont cette terrible appétence pour la vie et le vol et l’envie, et si on les leur retire, si on les enferme, on ne fait que les priver de la réalité du monde. Il est là, le vrai crime ! Enfin bref. J’étais pas sûre qu’Amy apprécierait de me voir, après l’état dans lequel Alexeï avait fini l’autre fois, et surtout l’état dans lequel il était revenu aussitôt en cours. Ouais, okay, je suis une mauvaise enseignante.

Mais qu’importe. Aujourd’hui, je ne suis pas enseignante. Par les saints pouvoirs que me confèrent les fioles de Polynectar, je suis une Serpentard lambda. Ce qui veut dire que je peux changer le monde sans en avoir l’air. A nouveau, je vérifiais qu’il n’y avait personne autour de moi, y compris avec un petit révélateur de présence parce qu’il faut arrêter de s’exposer pour rien, et je me préparais à ajuster l’affiche. Je saurais pas trop vous dire ce que cela me faisait, de taguer ainsi le nom de mon colocataire autour du visage ainsi déformé. Non. Je ne le reconnaissais pas. Cependant, mon maître en était capable, et lui, je lui faisais une confiance aveugle. Alors comme les fois précédentes, je traçais des lettres rougeoyantes pour préciser l’identité et le rôle réel du visage qui dansait sur l’affiche.

Lorsque j’eus terminé, je reculais un petit peu pour admirer le travail ; oui. Cela allait faire parler. Les gens sauraient. Le monde changerait, un peu plus à chaque pas. J’étais un peu désolée que le lycanthrope se trouve pris ainsi entre les filets de l’histoire. J’aurais aimé qu’il soit un peu plus raisonnable, et que je puisse le compter parmi mes alliés. Que voulez-vous, on ne peut pas tout avoir. La priorité va à la chute du secret magique, et si cela nécessite d’aider des Aurors à choper des Phénix, je ne reculerai pas.

Bon. Il était temps de libérer les élèves, effacer leurs souvenirs, et retrouver mes habits normaux. Commençons par s'en retourner dans la salle où tout avait commencé...

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Shae L. Keats
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Re: Le hall d'entrée
Shae L. Keats, le  Mar 24 Juil 2018 - 1:19

PV Harmony


La nuit est tombée comme une chute à bicyclette.
Elle a râpé tous les cailloux tenu par le ciment comme le gravier écorche les genoux, elle a tout envahit de son silence assourdissant comme le vacarme des cris de l'enfant qui se répercute dans l'air, l'électrifie, crée l'urgence de l'instinct chez les individus alentours. l'urgence de cajoler le gosse, ou au contraire de l'étrangler pour le faire taire pour continuer sa nuit. Mais les bras-lunes p.maternel.les, eux, se sont refermés sur le petit corps encore transpirant du cauchemar dont les monstres subsistent encore dans le regard mi-terreur mi-anesthésié de la demi-portion aimée plus que de raison. L'urgence de l'emmener ailleurs pour ne pas réveiller la seconde qui à elles deux forme l'être tout entier de mon ombre mouvante. Je dessine de ma silhouette d'autres monstres sur le mur à la lueur des candélabres, plus doux ceux-ci, alors que j'essaie de trouver un endroit calme pour ne réveiller personne alors que le petit corps chaud sanglote encore. Délire fiévreux sans-doute, terreurs nocturnes. La tragédie étant de ne jamais pouvoir savoir ce qu'il se trame dans sa petite tête.

Vingt-Deux heures, n'ont pas encore sonnées, je croise encore quelques regards étonnés alors que je cherche le vide et le froid, pour calmer en toute intimité les formes imaginaires qui rampaient sous son lit, qui semblent encore en prise avec ses chevilles. Timothy comme seul rempart contre l'angoisse qui m'envahit aussi.
Puis le havre de paix sur les marches qui mènent vers l'infirmerie déserte, l'absence de mots, de voix, ils sembleraient qu'on soit à une heure où personne n'ait besoin de d'aide, ou encore le courage de le dire. Une de ces heures de silences où seules les couettes, et les silences sont lourds de sens et de larmes.
Je ne dis rien, je ne pense rien, j'ai juste ce corps contre ma poitrine que je berce encore et encore, les doigts qui caressent les joues du bambin qui n'en sera bientôt plus un, presque deux ans et demi, et l’enlèvement de ce dernier comme si c'était hier. Je me souviens encore, la nuit froide à l'arracher d'un berceau trop vide de tendresse, où on ne sait qui l'avait laissé dans l'espoir de le laisser trouver quelqu'un de mieux pour l'élever.
Je ne sais pas si je serai mieux, mais j'ai fait la promesse silencieuse à celui ou celle qui n'y est pas arrivé.e d'être là, quoiqu'il se passe. Ne pas laisser la brume manger ce gosse qui n'était pas destiné à être le mien, et qui est devenu cette part de moi à l'instant même où je l'ai vu.
Alors je berce doucement, son corps sur mes genoux, jusqu'à ce que la respiration ralentisse de nouveau, jusqu'à ce que le sommeil l'emporte de nouveau, il sera toujours temps de rentrer à l'appartement, mais plus tard, plus tard. Ce soir je profite des vieilles pierres, je me forge des souvenirs, d'autres souvenirs.
Plus chaleureux.

Il parait que la mémoire aide à sonner moins creux.se.

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Re: Le hall d'entrée
Harmony Lin, le  Jeu 26 Juil 2018 - 18:09

Musique

J'ai la sensation qu'un tourbillon m'absorbe dans un tunnel sombre où aucune sortie n'existe. Depuis qu'elle est partie, je n'arrive plus à respirer. Mon pilier, celle qui me soutenait dans la terrible épreuve que je traverse, est parti. Elle m'a laissée seule, en proie à mes démons et je ne fais que sombrer depuis.

Je me nourris à peine, j'ère dans le château, sans trouver la force de m'instruire sur mon sujet favori. Je n'ai même plus la force d'aller jusqu'à la Salle du Demande pour évacuer en musique toute la douleur qui me ronge. Je suis telle une morte-vivante qui se traînerait de cours en cours quand elle en aurait la force. Parfois, je reste simplement dans mon lit à me morfondre. Je sais que ce n'est pas bien mais je n'ai juste plus la force de me battre. Ils sont tous partis. Morts, ils m'ont été enlevés, ils sont partis d'eux-mêmes. Tous ceux qui sont proches de moi finissent par partir. Je dois être maudite.

Allongée dans l'infirmerie, je ne dors qu'à moitié, mon sommeil étant peuplé de cauchemars qui n'arrêtent jamais de tourner dans mon esprit. Je me suis évanouie dans un couloir aujourd'hui à cause du manque de sommeil et de nourriture je suppose. On m'a amené à l'infirmerie et je dois y rester pour la nuit. Mais impossible de réussir à trouver le repos. Comment le trouver quand une Bête est tapie derrière mon dos en permanence ? Quand je sais qu'au moindre signe de faiblesse, je risque d'être la raison pour laquelle je perds des personnes qui me sont chères ?

Je me redresse, m'assoit sur mon lit. Je tire le rideau qui est supposé me donner un peu d'intimité. Je suis seule ce soir alors il ne m'est d'aucune utilité. Puis je soupire longuement. J'hésite à me lever pour aller faire un tour mais la perspective de tomber à nouveau me fait rester là ou je suis. Mon regard se fait vide, mon cerveau s'éteint le temps de quelques secondes. Quelques secondes de répit.

Puis il se rallume et une fois de plus, les cauchemars reviennent. Et j'ai la sensation qu'une longue lame incandescente me transperce la poitrine. Me broie le cœur. J'ai mal...
Jade Wilder
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Re: Le hall d'entrée
Jade Wilder, le  Dim 23 Sep 2018 - 18:03

HRPG: Autorisation d'Harmony pour continuer le RP avec elle.



Poudlard de nuit, avec quelque chose d'étrange. Un sentiment mêlant mal-être et calme apaisant. Les deux n'allaient pourtant absolument pas ensemble mais c'était ainsi, tout se confondait, se mélangeait, transformant un simple lieu en théâtre. Drame ou poésie, cela n'était qu'un choix qu'exprimait l'esprit de chacun. Difficile de dire ce que Jade pouvait bien ressentir en cette nuit peu apaisante. Il était trop tard pour que ça soit normal de la trouver là. Les élèves normaux dormaient, ou s'apprêtaient à le faire, flânant dans leurs dortoirs plutôt que sûr les pavés glacés. Une nuance changeait tout, modifiait la situation à son aise: elle n'était pas normale, pas comme les autres. Rien d'exceptionnel, bien au contraire.

Comme souvent, ses démons la hantaient, lui offrant une insomnie presque trop habituelle pour être réellement gênante finalement. A force de temps, la blondinette s'y était faite. Elle avait apprit à vivre avec ses pensées trop envahissantes pour laisser place au sommeil jusqu'à parfois devoir parvenir à l'épuisement pour que Morphée veuille bien l'accueillir. Qui dit vivre avec, signifie aussi s'adapter. Rester des heures durant à penser en regardant le plafond n'était pas agréable. Pas pour la jeune fille, qui y voyait plus de la torture qu'autre chose. Elle avait besoin de faire quelque chose dans ces moments là, peu importe quoi du moment que ça l'éloignait un peu de tout ce qui n'allait pas. Des ombres qui secrètement, souhaitaient la dévorer sans qu'elle n'ait son mot à dire. Ou étaient-ce ses propres doutes ? Difficile de faire la différence quand dans tous les cas, ça la détruisait peu à peu, dévorait les faibles lueurs d'espoir qui subsistaient, vainement.

Non, les choses ne s'étaient pas vraiment arrangées. Bien sur elle était toujours à Poudlard, cela voulait dire que ses idées d'abandon s'étaient éloignées. Et pourtant, elles étaient plus proches chaque jour, lui faisant peur et l'attirant à la fois. C'était un choix qu'elle seule était capable de faire... sans en être réellement capable. Ajouter à toute cette histoire un sentiment d'incapacité lui donnait mal au coeur. Prisonnière d'elle-même, de ses doutes et de ses faiblesses, les cauchemars qui la hantaient semblaient presque amicaux face à cela. Rien n'avait changé, à part qu'elle essayait toujours de lutter, de trouver une raison de rester, une raison de se battre. Pas pour elle. Son cas semblait perdu, en tout cas à ses yeux déçus par la vie et ce qu'elle avait prétendu lui offrir par le passé. Désormais, plus rien n'était certain, même pas ce qu'elle semblait posséder encore à cet instant. Tout lui échappait. Les choses, les gens, et même ses propres sentiments. Rien ne pouvait plus la perdre que ce sentiment là, lorsque ses doigts fins ne se refermaient que sur le vide, serrant un poing frustré de ne rien avoir pour s'accrocher et résister face à une bourrasque de sentiments. Plus forts qu'elle et que sa volonté. Plus forts que tout.

Une chose, néanmoins, n'avait pas changé. Une chose peut-être bête, mais qui l'avait toujours caractérisée. Elle écoutait, beaucoup, se renseignait. Plus elle en savait, mieux Jade se sentait. Elle avait l'impression d'avoir des éléments qui pourraient peut-être la sauver. Ou qui l'aidaient à garder les pieds sur Terre et l'esprit un peu plus clair. C'était comme ça qu'elle gardait un oeil protecteur sur ceux qui avaient finalement percé les barrières. Trop de gens, à différentes échelles. Une affection qu'elle ne pouvait pas reconnaître sans avoir la sale impression de se mettre en dangers. Et de mettre en dangers les autres également... C'était ainsi qu'elle avait vu disparaître les mots apaisants sur Shela, qu'elle écoutait les compliments sur les cours de Lizzie ou la motivation d'Ulysse, au détour des couloirs. Incapable d'aller chercher ces informations par elle-même, elle grappillait ce qu'elle trouvait pour se rassurer.

Et plus rarement, pour agir. Comme en ce jour. L'insomnie n'était pas la seule raison pour laquelle Jade s'était levée et arpentait les couloirs. Dans le pire des cas, elle prétexterait une ronde préfectorale, le badge avait ses avantages. Une bonne excuse également, si elle ne parvenait pas à aller jusqu'au bout de son idée.

Vous voulez des explications ? Harmony. Cela faisait bien longtemps qu'elles ne s'étaient pas vraiment parlé toutes les deux. Pourtant, elles avaient vécu de jolis moments. Des moments de doute, des moments de partage, des moments de joie... Toutes sortes de moments. Et puis elles s'étaient perdues, petit à petit. Jade était douée pour ça, faire fuir les autres était un art incroyable chez elle. Probablement la seule chose pour laquelle elle possédait un véritable talent à ses yeux d'ailleurs. Toujours est-il que ce jour là, Harmony avait fait un malaise. La blondinette n'était pas présente à ce moment là, mais en avait très vite entendu parler. A partir de cet instant, deux choses s'étaient battues sans pitié dans son esprit. L'envie d'aller voir son ancienne amie, savoir comment elle allait, si elle pouvait l'aider d'une quelconque manière... et la peur. La honte aussi, de s'être montrée si peu présente pendant si longtemps. Ça n'avait rien de volontaire, non. Mais elle s'en voulait et ne savait jamais comment revenir une fois éloignée des gens. Comme si elle ne le méritait pas. Et souvent, la raison "C'est mieux comme ça" revenait à son esprit. Aucun des deux camps ne semblait vouloir céder sa place, transformant son emploi du temps de la journée en divers allers-retours incessants, entre ses cours et l'infirmerie où la Serdaigle avait sans doute été amenée. Ou peut-être pas. Peut-être qu'elle en était déjà sortie et que ses doutes n'avaient rien à faire là. Mais après des heures à tergiverser, Jade s'était rendue à l'évidence: elle ne trouverait pas le sommeil sans avoir trouvé des réponses. Sans avoir simplement vu Harmony, l'avoir vue bien. Lui parler n'était pas dans le plan, elle devait dormir désormais. Mais elle avait besoin d'être rassurée. La bleue avait toujours représenté une âme pure qu'il était important de protéger et elle avait faillit à sa mission. Elle n'avait pas été là. Aller la voir n'était pas une rédemption, mais quelque chose de tout simplement inexplicable. Peut-être qu'un jour, elle se comprendrait. C'était pas gagné. Ça n'avait d'ailleurs aucun intérêt à priori. Tout ce qui comptait alors, c'était de voir Harmony.

Alors, les pas légers de l'Italienne l'avaient enfin menée devant la porte de l'infirmerie. Tout était silencieux, presque trop, à vous en rendre malade sans même avoir franchit le pas de cette porte. Et là, la pulpe des doigts doucement posée sur le bois épais, encore elle hésitait. Ce n'était sans doute pas une bonne idée, la simple peur de croiser quelqu'un était repoussante. Pire encore, parler à Harmony. Se justifier. Expliquer pourquoi elle n'était plus si présente, si seulement elle le savait elle-même...

Un courage trouvé on ne sait où finit par l'obliger à pousser la porte. Lentement, très lentement, heureusement rien ne grinçait. Cela aurait rendu l'histoire bien plus creepy à raconter. Un peu comme l'infirmerie, plongée dans une obscurité justifiée étant donné l'heure avancée. Mais elle était également quasiment vide. Les lits n'étaient pas occupés, sauf un. Mais pas par une belle créature endormie, non, mais par une Serdaigle bien réveillée, quoique plutôt éteinte. Un regard suffisait à déceler que quelque chose n'allait pas. Nul besoin de mots. Sauf qu'à son grand malheur, elle allait devoir en exprimer, des mots. Pas le choix, puisque celle qu'elle venait visiter "incognito" n'avait rien de la belle au bois dormant. D'abord figée face à cette surprise, Jade sentit son coeur battre la chamade alors qu'elle faisait son possible pour retrouver ses esprits. La suite lui semblait déjà compliquée, malgré qu'elle n'ait encore rien dit. Bon sang, pourquoi était-elle venue...

- B-bonsoir Harmony...

Il fallait trouver des mots à présent. Des mots qui peut-être, aideraient à trouver des réponses. Ou pas, c'était difficile à savoir. Et puis, avouer qu'elle venait là pour prendre de ses nouvelles semblait tellement difficile... comme si ce n'était pas normal. Peur du jugement, d'une réplique. Harmo n'était pas comme ça, et pourtant. Crainte inconsidérée. Soupir et prendre son courage à deux mains avant de faire un pas.

Puis deux.
Puis trois.

Et d'aller s'asseoir sur le lit face à celui de cette adolescente qui semblait avoir bien grandit. Plus que dans ses souvenirs. Était-elle hors du temps à ce point là ? Sans doute. Assise sur le maigre matelas, la blondinette observa un instant celle qu'elle aimait tant, en secret. Non, elle ne pouvait pas fuir. Elle prétexterait une maladie, elle aussi, si besoin. Ne pas mettre les pieds dans le...

- Comment tu vas ?

... plat. Bof. Même pas une surprise. Mentir à Harmony n'était même pas envisageable, alors faire comme si elle n'était pas au courant reviendrait un peu au même au final. Hors de question donc, elle se débrouillerait ensuite.
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Re: Le hall d'entrée
Harmony Lin, le  Sam 13 Oct 2018 - 20:39

Même musique

Dans mon cœur tourbillonnent une multitude d'émotions. La sensation de perte que j'ai ressentie quand j'ai su que Megan était partie sans me dire au revoir, la douleur qui m'envahit et qui ne fait qu'un avec moi quand je me transforme, quand la Bête prend le dessus et surtout la culpabilité.

Les larmes commencent à emplir mes yeux tandis que je me souviens précisément du goût de sang de Lizzie dans ma bouche redevenue humaine après que la Bête ait prit le contrôle, quand j'ai eu la faiblesse de me laisser dominer par les émotions. Je me revois sous ma forme lupine la traquer et lui sauter dessus. Je me revois me délecter de son immobilité, de sa blessure faite par mes crocs, de son sang.

Comment pourrais-je dormir avec toutes ces images en tête ? Comment pourrais-je lui faire face ? Mon estomac noué depuis quelques jours déjà répond aisément à cette question. Mes cernes aussi. Mon état général parle de lui-même : je ne peux pas. C'est tout.

Je soupire, me tient la tête, ferme les yeux. J'essaye de faire disparaître toutes ces sensations mais rien y fait : je suis faible et j'ai perdue contre la Bête. Elle a gagné le combat, condamnant une personne à la même malédiction que moi, me condamnant à une éternelle culpabilité et à devoir vivre pour toujours avec l'idée que mon pire cauchemar s'est réalisé partiellement.

- B-bonsoir Harmony...

Un fantôme, une illusion, ou plutôt, le reflet d'une amie que je croyais avoir perdue ? Cela me semble faire des années depuis la dernière où nous nous sommes vues. Bien sûr, je la croise en cours et un sourire est échangé mais entendre sa voix... C'est quelque chose de trop rare, presque irréel.

Puis, c'est comme si je sortais d'un rêve. Je me souviens que si ce n'était pas réel, ce n'est pas elle que je verrais, ce n'est pas elle qui me hanterait. Alors je relève la tête et la dévisage, un peu sans la voir. Je suis là mais mon esprit n'est pas encore tout à fait là, hanté par la traque perpétuelle de la Bête.

- Bonsoir... Jade

C'est à son tour de soupirer. Est-ce à cause de mon ton plus qu'éteint ? Ou parce qu'elle ne veut pas être là peut être ? Mais que ferait-elle là si elle ne souhaitait pas me croiser ? Je suppose que quelques personnes ont du me voir m'évanouir... Elle fait un pas, puis deux, puis trois et se retrouve sur le lit d'à côté. Je me tourne vers elle, sortant peu à peu des brumes du cauchemar.

- Comment tu vas ?

Un rire un peu nerveux traverse mes lèvres avant que j'ai pu m'en empêcher. Comment je vais ? Honnêtement ? Mal. Pour m'être évanouie en plein milieu d'un couloir, il faut le faire quand même. J'ai peut être un peu abusé entre les repas que je sautais et le peu de sommeil que j'avais, tourmentée par les cauchemars.

Je détourne les yeux, n'osant pas la regarder en lui annonçant la triste vérité. Car je ne peux pas mentir, je le sais. Et mon état parle de lui-même, tout comme le fait que je sois réveillée au lieu d'être en train de me reposer. Un long frisson me parcoure le corps tandis que la vérité s'échappe de mes lèvres dans une phrase prononcée d'un ton si bas que quelqu'un ne tendant pas l'oreille vers moi ne pourrait pas l'entendre.

- Je ne vais pas très bien... Je suis ici parce que je me suis évanouie dans les couloirs plus tôt dans la journée...

Ce n'est sans doute pas ce qu'elle voulait entendre. Mais bon, pour une fois qu'on ose me poser la question, autant répondre non ? Je soupire, relève un peu mes yeux cernés et lui retourne la question, forçant un sourire sur mes lèvres.

- Et toi alors ? Comment tu vas ? Ça fait longtemps...

Bon but n'est pas de la faire culpabiliser, plutôt d’énoncer un fait. J'espère qu'elle ne le prendra pas comme ça... On verra bien. Peut être que cette rencontre peut m'apporter plus que ce que je ne pense ?


Dernière édition par Harmony Lin le Dim 6 Jan 2019 - 18:56, édité 1 fois
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Re: Le hall d'entrée
Jade Wilder, le  Mer 5 Déc 2018 - 11:47

Qu'il était amusant de voir à quel point on pouvait comprendre les réactions des autres lorsqu'on passe soi-même son temps à paraître. Facile de voir qu'un sourire n'est que faux-semblant, qu'un rire cache à peine son désarroi et qu'un regard aussi perdu que celui porté par Harmony ce soir là n'était que révélateur de quelque chose d'autre. Sans doute une chose que Jade ne pouvait qu'imaginer, à peine effleurer du doigt. Difficile néanmoins de se faire une idée précise quand le temps a passé et qu'on s'est perdu de vue. On ne peut que supposer, sans avoir ne serait-ce qu'un espoir de pouvoir aider.

Dans le cas présent, le désarroi d'Harmony la trahissait sans aucun doute possible. Jade l'avait connue si souriante, pleine de vie et de joie, inutile de dire à quel point c'était différent à cet instant. Qu'est-ce qui avait bien pu changer dans sa vie pour en arriver là ? Peut-être qu'en étant plus présente ces derniers mois, l'Italienne aurait su ce qui n'allait pas mais la vérité était toute autre. Elle n'avait pas été présente et constatait désormais les dégâts. Était-ce de sa faute ? Elle n'était pas assez égocentrique pour en arriver à cette pensée, néanmoins un petit vent de culpabilité se faisait sentir, déjà présent avant mais plus encore en face de la réalité, des faits avérés. Et surtout, en face de celle qui était son amie. Qui l'était toujours en soi, à ses yeux en tout cas. Mais peut-être que les choses avaient changé là aussi, elles changent toujours en un clin d'oeil alors ça l'étonnerait à peine. Prudente, la préfète essayait d'analyser la situation, au cas où celle-ci demande une fuite rapide. Mais non, c'était improbable, vous savez pourquoi ? D'abord, parce-qu'il s'agissait d'Harmony, tout simplement. Difficile de l'imaginer lui en vouloir au point de l'éviter, en tout cas elle espérait que ça n'arriverait pas. Et puis, nul doute qu'elle l'aurait déjà exprimé et la seule chose qui ressortait de son regard, c'était une perdition même pas cachée. Inquiétude plus prononcée soudain, pas pour leur relation en soi, mais pour l'état général de la plus jeune. Elle n'allait pas bien, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure. Et ça l'inquiétait beaucoup. La pâleur de sa peau, cet air perdu, presque hagard et éteint. Besoin de savoir, de comprendre et en soi, d'aider si elle en était capable. Ça, c'était la question... Une réponse était déjà attendue d'ailleurs et ne se fit pas vraiment tarder malgré qu'elle soit prononcée comme un secret avoué honteusement.

- Je ne vais pas très bien... Je suis ici parce que je me suis évanouie dans les couloirs plus tôt dans la journée...

Ça, elle le savait déjà. Sinon elle ne serait pas venue ce soir là, l'infirmerie n'avait généralement pas d'intérêt pour elle. Et pour cause, Jade ne se plaignait jamais, si elle était malade elle attendait que ça passe un point c'est tout. Et puis pour être honnête, les endroits se rapportant au domaine médical lui faisaient peur. Autant dire que c'était donc un devoir mais aussi un effort. Pour la bleue, ça valait le coup.

- Et toi alors ? Comment tu vas ? Ça fait longtemps...

Relever les yeux vers le visage d'Harmony pour y voir un sourire façade qu'elle connaissait si bien pour l'avoir pratiqué à tant de reprises. Au moins, elle tentait de sourire alors ça annonçait une bonne intention au moins. Par contre ses mots étaient poignants de vérité et pas du tout dans le bon sens. Cela faisait longtemps oui, beaucoup trop. Un temps qui est passé à une vitesse si étrange qu'il en est anormal, elle n'aurait même pas pu donner une durée exacte. Culpabilité, une nouvelle fois, de ne pas avoir été là. Pas que pour elle d'ailleurs, mais pour les rares personnes qui avaient pourtant réussit à apaiser la tempête régnant dans son coeur et dans sa tête. La Serdaigle n'échappait pas à la règle, voir à quel point elle avait grandit n'était qu'une preuve supplémentaire de tout ce qu'elle avait loupé. Léger soupir, peu camouflé celui-ci, avant qu'elle ne prenne l'oreiller posé sur le lit et le dispose de manière à ce qu'elle puisse s'adosser contre le dosseret sans se faire mal. L'intention était bien de rester un petit moment sur place alors...

- Je sais oui... C'est pour ça que je suis là, je suis inquiète pour toi.

Difficile d'être plus honnête. Bizarrement, les mots prenaient leurs aises, s'installaient sans peine dans la conversation sans se préoccuper de l'après, pour une fois. Ce qui comptait, juste pour cette fois, c'était comprendre ce qu'il se passait à l'instant T. Pourquoi allait-elle si mal, comment avait-elle pu en arriver là ? Peut-être que se poser ces questions était mal placé dans la situation qu'elles vivaient depuis un bon moment, ne plus voir quelqu'un pendant longtemps pour finalement clamer qu'on s'inquiète pour cette personne, cela pouvait paraitre improbable. Mais Jade fonctionnait de cette façon, s'effaçant à la moindre occasion et souvent à tord, mais jamais bien loin quand les choses deviennent trop compliquées. Drôle de façon de faire, mais c'était la sienne. Occulter les questions à son encontre étaient également une tradition, mais dans la situation, mieux valait qu'elle n'en arrive pas à ce point là hein. Alors, mordillant quelques instants sa lèvre, l'Italienne finit par hocher la tête.

- C'est une période très... compliquée. Et bizarre. Disons que je ne me sens pas vraiment à ma place ici.

Les yeux se perdent dans le vide, à la recherche de réponses sans véritable questions. Peut-être qu'il aurait fallu avoir des questions bien sûr, mais la situation était devenue trop compliquée pour que la blondinette sache exactement ce qu'elle recherchait. Pour l'heure, cela restait un doute sous-jacent déjà difficile à exprimer. Alors autant l'occulter vite fait n'est-ce pas ? L'exprimer était déjà bien difficile, ce n'était alors que dans un but d'échange équivalent, si elle repoussait toute confidence, comment espérer que son amie lui parle après ? D'ailleurs, la suite vint tout aussi automatiquement, avec des pupilles toujours perdues dans un autre Monde.

- Je sais qu'on ne s'est pas vraiment parlées depuis longtemps... trop longtemps... mais tu m'inquiètes et je vois bien que ça ne va pas. Et ne fais pas passer ça pour un manque de sucre ou de sommeil, c'est ce que je fais moi, je connais. Qu'est-ce qu'il se passe Harmony, tu as l'air... bouleversée.

Et le mot était faible. Pas les phrases en revanche, qui même à ses yeux paraissaient particulièrement fortes. Peut-être brutales, peut-être trop. Mais si cela en arrivait au point que la Serdaigle s'évanouisse dans les couloirs, un véritable intérêt était nécessaire... et le tact n'était pas son fort. Il ne l'avait jamais été malheureusement.
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Re: Le hall d'entrée
Harmony Lin, le  Dim 6 Jan 2019 - 19:22

Je suis trop fatiguée pour mentir, trop perdue pour chercher à faire semblant que je vais bien et que je sais parfaitement ou je vais. Parce que la vérité, c'est bien ça : je me suis rarement sentie aussi mal. Bien entendue, ce n'était pas la grande forme non plus après le décès de mon grand-père, mais j'avais une raison de me battre à l'époque. Maintenant, je suis la seule personne à blâmer, j'ai le rôle a la fois du témoin qui ne peut rien faire et du tueur. Et cette situation est insupportable.

Mais je ne suis pas la seule a ne pas avoir l'air dans mon assiette je pense. Jade ici présente n'a pas l'air beaucoup plus en forme que moi tandis qu'elle laisse échapper un soupir et s'installe un peu mieux, comme pour rester un moment de plus avec moi. Mon corps se tend quand elle s'approche et j'ai presque envie de lui hurler de reculer, tandis que des flashs de cette matinée avec Lizzie me reviennent en tête. Mais je lutte contre cette sensation de malaise grandissant et je fais taire mon estomac qui menace de se retourner tandis que j'écoute sa réponse.

- Je sais oui... C'est pour ça que je suis là, je suis inquiète pour toi.

Bon, déjà elle est au courant pour mon malaise. Ça ne m'étonne pas tellement en fait, en tant que Préfète et surtout... En tant que Jade.

Un nouveau silence s'installe, ni gênant, ni apaisant. C'est un silence, un simple silence qui laisse les pensées et les réflexions s'élever dans la pièce et dans les têtes de nos deux élèves qui auraient sans doute beaucoup de choses à se dire si les circonstances étaient différentes. Je ne suis pas pressée dans tous les cas, ce n'est pas comme si j'allais réussir à dormir et si j'avais autre chose à faire. Je préfère qu'elle soit là à discuter avec moi qu'être coincée avec mes pensées et ma culpabilité.

- C'est une période très... compliquée. Et bizarre. Disons que je ne me sens pas vraiment à ma place ici.

A qui le dis-tu ? Chaque seconde que je passe ici est une seconde qui met en danger les autres. Je devrais sans doute quitter cette école mais je ne sais pas encore pour quoi faire. Je suis pour l'instant complètement perdue et si j'ai la certitude de devoir bientôt partir, je ne sais pas ce que je ferai après. J'ai envie de faire de la Médicomagie mais tant que la Bête me tourmente, comment pourrais-je essayer d'aider les autres ? Je dois d'abord réussir à faire la paix avec elle et j'ai comme l'impression que ça ne sera pas si facile que ça.

- Je comprends ce que tu ressens.

Nouveau silence, la conversation semble en être rempli ce soir. Aucune des deux n'est vraiment à l'aise, dans cette infirmerie, avec toutes ces pensées qui gravitent dans la pièce, rarement exprimées. Ou en tout cas, la fille aux yeux bleus ne l'est pas vraiment.

J'ai laissé cette phrase s'échapper, comme un écho à mes pensées. Intérieurement, j'espère qu'elle ne me posera pas trop de questions mais en même temps, je sais que c'est peine perdue. La question reste maintenant de savoir si j'aurais la force de mentir ou non.

- Je sais qu'on ne s'est pas vraiment parlées depuis longtemps... trop longtemps... mais tu m'inquiètes et je vois bien que ça ne va pas. Et ne fais pas passer ça pour un manque de sucre ou de sommeil, c'est ce que je fais moi, je connais. Qu'est-ce qu'il se passe Harmony, tu as l'air... bouleversée.

C'est ce qu'elle fait elle ? Il faudrait que je lui demande pourquoi mais en même temps, je ne suis pas vraiment en position de force. Enfin peut être qu'en en dévoilant un peu sur moi, elle se confiera aussi ? Peut être que ça pourrait nous faire du bien à toutes les deux en fait. Je détourne pourtant les yeux, ne pouvant pas me permettre de croiser son regard alors que je sais ce que je pourrais y voir si elle connaissait toute la vérité.

Du dégoût.
De la haine.


Alors je me décide. Lui dire une semi-vérité. Ne pas mentir mais ne pas dire exactement ce qui s'est passé. Déjà trop de personnes sont au courant, cela commence à être dangereux pour moi. Je ne veux pas me faire attraper par le Ministère, qui sait ce qu'ils pourraient me faire ?

- J'ai fais quelque chose d'irréversible et d'impardonnable. Et ça me ronge de l'intérieur depuis. Je ne peux pas me pardonner et je ne le pourrais jamais. Je ne serais sans doute jamais pardonnée non plus mais même si c'était possible que je le sois, je ne suis pas sûre que ça serait ce que je voudrais... Et toi, pourquoi dois-tu faire passer quelque chose pour un manque de sucre ou de sommeil ? Qu'est ce qui te pèse ?

J'espère que nous pourrons parler à cœur ouvert. Le mien ne l'est pas complètement mais vous comprenez tous pourquoi, n'est-ce pas ? Je ne peux pas me le permettre. Je me mettrai en danger et elle avec. Je ne peux pas faire ça, c'est tout.

Cette culpabilité doit rester.
Pour que je ne fasse plus la même erreur.
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Re: Le hall d'entrée
Jade Wilder, le  Dim 24 Fév 2019 - 23:37

Drôle d'échange qui avait lieu en cette soirée. Jade se doutait que ça ne serait pas forcément facile, après tout elle n'avait pas vraiment parlé à Harmony depuis beaucoup trop longtemps. Qui était-elle pour se ramener comme une fleur en prétendant s'inquiéter ? Bon, elle ne mentait pas là-dessus, s'inquiétait vraiment et voulait vraiment des réponses dans le but d'aider celle qui était autrefois son amie. Mais se sentir légitime dans cette situation n'était pas des plus aisé.

Pourtant, elle continuait à poser des questions. Enfin, ce n'était pas vraiment des questions mais c'était plus ou moins tout comme, elle demandait des réponses, de quoi comprendre, de quoi agir peut-être. C'était déjà beaucoup. A la place de la Serdaigle, l'adolescente se serait probablement braquée, incapable de trop en révéler sur elle-même ou sur son passé. Dire que ces derniers temps, son futur lui faisait bien plus peur encore... Très ironique, décidément. Heureusement pour elle, Harmony ne se braquait pas, n'était pas aussi extrême que la blairelle aurait pu l'être. Normal, dès leur rencontre, la bleue s'était toujours montrée plus réfléchie, raisonnable. Pour elle, c'était naturel, alors que Jade était juste dans la retenue en permanence. C'est bien différent quand on y réfléchit vraiment. Elles étaient différentes de toute façon, ça n'était pas un secret. Pourtant, la préfète s'était très vite attachée à la petite bleue, sauvée au détour d'un couloir. Toujours pas d'explication pour ça, sans doute que sa douceur et son caractère avaient réussit à faire craqueler ce mur forgé depuis des années.

Seulement voilà, Harmony avait changé. Elle n'était plus aussi joyeuse qu'avant, ne ressemblait plus à l'enfant d'avant. Comme tout le monde, elle avait grandit, mais Jade était persuadée qu'il y avait autre chose. Elle connaissait la peur, la tristesse, savait les interpréter sur le visage d'autrui. Parfois elle se trompait mais le malaise de l'élève à ses côtés n'était qu'une preuve supplémentaire.

Alors, elle interrogeait et verrait bien ce que cela donnerait. S'inquiéter n'aurait été nécessaire que si elle avait un but purement curieux, ce qui n'était pas le cas. S'inquiéter autant n'était peut-être pas normal, ni légitime, mais c'était bien là et elle était incapable de l'ignorer voilà tout. Elle avait essayé, mais déjà sans le vouloir vraiment, difficile de s'en persuader ensuite hein. En revanche, ses propres confessions, même légères, ne demandaient pas à réponse. Parce-que parler d'elle n'était pas son but et que comme plus tôt, elle n'aimait pas faire ça. C'est un peu inconsciemment que l'adolescente avait révélé des petits bouts de mal-être, comme si c'était naturel d'en parler avec Harmony. Il fallait éviter, la situation ne s'y prêtait pas. Sauf que ces révélations avaient mené à une phrase. Une seule petite phrase qui en dit beaucoup.

- Je comprends ce que tu ressens.

Comment était-ce possible ? Comment une fille comme elle pouvait-elle ne pas se sentir à sa place dans l'école de magie ? Elle était douée, gentille, appréciée. Jade avait beau ne pas comprendre d'où pouvait venir le problème, elle savait aussi que les plus gros soucis étaient les plus cachés. Regardez, peu de gens savaient à quel point les attaques de Cara lui avaient fait mal. Elle qui osait si peu en parler, qui ne pouvait avouer s'être sentie aussi mal, qui prétendait que tout allait bien alors que pas du tout. Oh oui, elle savait. Et penser qu'Harmony pouvait vivre avec le poids d'un secret qui fait si mal ne lui plaisait pas. C'était une fille bien, pourquoi les choses les plus difficiles devaient arriver à ces personnes là ? Cette fois, la demoiselle avait bien envie de poser des questions, beaucoup trop de questions. Mais chaque chose en son temps. Car après le silence qui s'impose de lui-même, vient le temps des réponses.

- J'ai fais quelque chose d'irréversible et d'impardonnable. Et ça me ronge de l'intérieur depuis. Je ne peux pas me pardonner et je ne le pourrais jamais. Je ne serais sans doute jamais pardonnée non plus mais même si c'était possible que je le sois, je ne suis pas sûre que ça serait ce que je voudrais... Et toi, pourquoi dois-tu faire passer quelque chose pour un manque de sucre ou de sommeil ? Qu'est ce qui te pèse ?

Les mots ne venaient pas tout à fait naturellement et surtout, le regard d'Harmony la fuyait, c'était facile à voir, à sentir. Jade en avait tellement l'habitude que c'était difficile de lui cacher un réflexe de protection aussi primaire que la fuite du regard. Car de son côté, la préfète ne la quittait pas des yeux un seul instant. Sauf à la dernière phrase. Là le détournement fut immédiat, quand on vous dit que c'est un réflexe. D'ailleurs, elle préférait se concentrer sur la première partie du récit. Irréversible et impardonnable ? D'accord, elles s'étaient éloignées pendant longtemps mais au point que la Serdaigle devienne une criminelle ? Ça paraissait saugrenu. Non, le mot était mal choisi car ça n'avait rien d'amusant. Ça paraissait donc... totalement improbable ? Et puis même, d'accord les gens changent, mais la personne qu'elle avait en face d'elle ne ressemblait pas à un être abominable et malheureusement, la blondinette en avait connu dans sa vie. Quelque chose ne collait pas aux yeux de l'adolescente, mais quoi ? Harmony semblait avoir adopté la méthode "en dire, mais pas trop", ça marchait souvent, la plupart du temps. Jade faisait ça pour ne pas avoir à tout dire, elle se doutait donc que son amie ne voulait pas qu'elle insiste mais ça s'avérait difficile. Difficile d'ignorer et de la laisser juste souffrir. Impossible, en fait. La suite n'était pas plus claire, pardonnée, mais pardonnée de qui, de quoi ? Cet acte irréversible et impardonnable ? Les éléments se rejoignaient mais ne parvenaient pas à une logique qui soit suffisante.

Se faire violence et essayer de ne pas faire preuve d'insistance était difficile. C'était ce qu'elle faisait subir à ceux qui cherchaient à comprendre ses douleurs ? Eh bien, elle n'était pas fière là tout de suite. D'autant qu'elle n'était pas certaine de pouvoir insister, d'en avoir le droit. Alors seulement, elle finit par s'intéresser à la dernière phrase. A ce genre de question, qu'elle évite depuis des années déjà. Qu'est-ce qui pouvait bien la peser ? Beaucoup trop de choses, dont les trois quarts ne pouvaient être avoués. Même à Harmony ? Difficile de répondre. Jade avait beau tenir à elle, l'idée de lui parler de tout, de la peur, de la haine, de la solitude, donnait des frissons. Les douleurs font peur aux gens, ils les fuient. Partager la douleur était parfois plus difficile, mais allez savoir si c'était la bonne méthode. Si elle avait raison. Pour chaque personne qui en savait trop et se comptaient sur les doigts d'une main, la jeune fille s'était posé cette question sans parvenir à trouver une réponse. Alors...

- J'ai fais quelque chose d'irréversible et d'impardonnable.

Léger sourire, qu'elle voulait compatissant en reprenant les mots douleurs. Leur histoire n'était pas la même, Harmony n'avait pas connu le clown, les cris, le sang et le feu. Pas le même genre de culpabilité. Mais à cet instant, les deux élèves ne pouvaient plus se ressembler, c'était certain.

- Je me persuade comme je peux qu'on ne peut pas toujours tout contrôler, tout prévoir. Que la vie sera toujours imprévisible, qu'on le veuille ou non. Ça n'en est pas plus facile. Alors quand je suis fatiguée de tout ça, je prétend que je n'ai pas beaucoup dormi. Quand ça me montre plus faible, je dis que je n'ai pas eu le temps de manger. C'est toujours plus facile de ne pas dire les choses, ou de les dire à moitié, hein ?

Regard appuyé, qui ne se voulait pas insistant tout de même. Après tout, c'était exactement ce qu'avait fait Harmony juste avant et le pire, c'est que Jade ne pouvait en aucun cas lui en vouloir puisqu'elle faisait la même chose et qu'elle comprenait tout l'intérêt de le faire. Critiquer serait égoïste. Dire la vérité semblait tout de même plus futé.

- Je ne vois pas un monstre devant moi. Juste quelqu'un qui a beaucoup trop subit pour une seule personne, je crois. Une personne foncièrement belle pourtant, en tous points. Et la vie s'en prend toujours aux plus belles personnes.

Certitude absolue. Allez savoir pourquoi c'était fait ainsi, mais c'était bel et bien le cas.
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Re: Le hall d'entrée
Harmony Lin, le  Dim 3 Mar 2019 - 20:17

Les regards se cherchent puis se fuient. En une seconde, l'un se fixe sur l'autre personne tandis que le deuxième se détourne, comme une danse qui serait préparée à l'avance pour que le spectateur soit toujours en haleine et soit frustré de n'en avoir qu'un à la fois. Je me confis tout en détournant le regard, ne voulant ni voir des questions, ni du jugement dans les yeux de mon amie, et quand c'est à son tour de répondre, celle-ci ne peut pas non plus me regarder. Mais que s'est-il passé dans nos vies pour que nous fuyions comme ça ? Je sais ce qui s'est passé dans la mienne, mais qu'à-t-il donc pu lui arriver pour qu'elle devienne elle aussi l'ombre d'elle-même ?

C'est comme si
Peu à peu
Nous nous effacions du monde


Je lui ai donc retourné la question mais il n'y a que le silence qui me répond. Elle essaye peut être de trouver les mots justes ou de construire une semi-vérité tout comme moi je l'ai fais. Beaucoup de non-dits traînent dans cette pièce mais pourtant, ça ne me dérange pas tant que ça. Il faut du temps pour que tout puisse remonter, du temps pour que les esprits s'apaisent et reconnaissent que l'autre n'est pas un danger.

Et après quelques secondes, peut être plus, une phrase écho retentit dans le silence de l'infirmerie.

- J'ai fais quelque chose d'irréversible et d'impardonnable.

Un léger sourire s'affiche sur mon visage quand j'entend qu'elle me cite. Je me demande quand même ce qu'elle a pu faire elle aussi pour que cette phrase résonne en elle, mais je me sens tout de même moins... seule ? En entendant ces mots. Et je reste à l'écoute. Je me doute qu'elle n'a pas fini et si elle n'en disait pas plus, elle doit se douter que je lui poserai la question. Question que je n'avais pas envie qu'elle me pose mais qui finirait tout de même par s'échapper de mes lèvres si elle ne faisait que répéter ce que j'ai dis.

- Je me persuade comme je peux qu'on ne peut pas toujours tout contrôler, tout prévoir. Que la vie sera toujours imprévisible, qu'on le veuille ou non. Ça n'en est pas plus facile. Alors quand je suis fatiguée de tout ça, je prétend que je n'ai pas beaucoup dormi. Quand ça me montre plus faible, je dis que je n'ai pas eu le temps de manger. C'est toujours plus facile de ne pas dire les choses, ou de les dire à moitié, hein ?

Les yeux se croisent enfin, comme un échange silencieux accompagnant les paroles. Je ne sais que trop bien qu'on ne peut ni tout contrôler, ni tout prévoir et que la vie est imprévisible. Si j'avais pu prévoir la présence de ce Loup-Garou, si j'avais pu prévoir que ma vie basculerait, je ne serai pas sortie de ma chambre ce soir là. Et ses excuses, finalement, sont un bon moyen d'échapper au jugement des gens et à leurs questions gênantes. Futé.

J'acquiesce, montrant que je suis d'accord avec ses paroles, qu'elles résonnent en moi.

- Je ne vois pas un monstre devant moi. Juste quelqu'un qui a beaucoup trop subit pour une seule personne, je crois. Une personne foncièrement belle pourtant, en tous points. Et la vie s'en prend toujours aux plus belles personnes.

C'est parce que tu n'as pas vu mon autre forme, mon autre moi. Celui sanguinaire, qui ne demande qu'à blesser les personnes qui me sont proches. Oui j'ai subis, mais j'aurais du l'en empêcher. Je n'aurais pas du céder face à lui et me laisser emporter par la tristesse, la peur et la colère. Non, je ne suis pas belle. Je suis pourrie. Pourrie jusqu'à la moelle, jusqu'à mon esprit envahit par la Bête qui menace si souvent de prendre le contrôle. Et pourtant, je la laisse dire. Je ne compte pas me battre avec elle pour lui faire comprendre que je ne suis plus celle que j'étais. Je n'ai pas envie de me battre mais cela se voit, que je n'en crois pas un mot. De ce qu'elle dit en tout cas.

- Je pense que c'est surtout vrai pour toi. Toi aussi tu as beaucoup subi, ou tu en as l'air. Moi j'ai aussi fait subir. Mais nous sommes toutes les deux brisées on dirait. Brisées par quelque chose d'imprévisible, quelque chose qui ne pouvait pas être prévu, sinon nous aurions essayé d'y échapper je suppose. Ce soir, c'est moi qui suis à l'infirmerie parce que mon corps a été moins fort que le tien. Mais je pense que tu gagnerai à reprendre des forces aussi.

Pourquoi avoir dit ça ? Pourquoi avoir été aussi crue ? Aussi sincère dans des paroles qui, à n'en pas douter, vont lui faire du mal ? Je ne sais pas. Je ne saurais pas l'expliquer. Peut être la sensation qu'en étant vraie, tout ira mieux ? Qu'elle pourra entendre ces remarques et que cela provoquera un déclic en elle ? Je ne sais pas.
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Re: Le hall d'entrée
Jade Wilder, le  Mer 20 Mar 2019 - 20:11

Les critiques font peur aux gens. C'est compréhensible après tout, il n'est jamais agréable d'apprendre que ce qu'on fait ou ce qu'on dit est mal, devrait être corrigé. Surtout si on n'en a pas envie. Pourtant, Jade avait rapidement apprit à encaisser les critiques, ne pas trop s'en plaindre et les enfouir au fond d'elle. Parfois, elles étaient exploitées, modelées pour faire les choses mieux. La blondinette avait des défauts, comme tout le monde après tout. La plupart d'entre eux étaient conscients, elle connaissait leur existence. D'autres critiques étaient plus vicieuses puisque infondées ou encore touchant à des choses qui lui étaient insupportables. Mais malgré tout ça, les critiques n'étaient pas ce qu'elle craignait le plus.

Les compliments étaient pires.

Si simple de se dévaloriser. De préférer la modeste existence pour ne pas paraitre excessivement sûre de soi. Ne pas être sûre de soi dans tous les cas, mais l'image qu'on renvoie peut être si différente de celle que l'on est vraiment. Experte des masques d'apparence, l'Italienne ne pouvait que savoir très précisément à quel point on peut montrer quelque chose et se sentir tellement différent en apparence. Sourire quand on se sent si mal, dire que tout va bien alors qu'on a envie de pleurer, essayer de conserver une attitude habituelle quand on est énervé ou qu'on se sent si mal de voir quelqu'un d'affectionné s'en aller vers autrui. Continuer d'avancer quand on se sent tellement inintéressante... Lentement, fermer les paupières, écouter le silence, parce-que même sans déni de sa part, savoir parfaitement qu'Harmony ne croirait pas aux mots sincères. Elle aussi réfutait les compliments, parce-qu'ils pouvaient être tellement plus destructeurs que les critiques et que parfois, l'espoir qu'ils apportent fait plus de mal que de bien. La bleue n'y croirait pas, Jade en avait l'indestructible sentiment. Mais au fond, peut-être que les mots aideraient un peu ? Il fallait en garder l'espoir. Le but n'était de toute façon pas que de faire du bien, mais aussi de délier un peu les mots. Si cela pouvait aider, c'était une chose à prendre. Son amie ne lui dirait pas tout, c'était évident, mais peut-être suffisamment pour qu'elle se sente un peu mieux, qui sait.

- Je pense que c'est surtout vrai pour toi. Toi aussi tu as beaucoup subi, ou tu en as l'air. Moi j'ai aussi fait subir. Mais nous sommes toutes les deux brisées on dirait. Brisées par quelque chose d'imprévisible, quelque chose qui ne pouvait pas être prévu, sinon nous aurions essayé d'y échapper je suppose. Ce soir, c'est moi qui suis à l'infirmerie parce que mon corps a été moins fort que le tien. Mais je pense que tu gagnerai à reprendre des forces aussi.

Pas de réponse en ce qui concernait la bleue elle-même. Ce n'était même pas une surprise. Dommage cependant, espérons que ça n'ait pas fermé la discussion pour elle. D'autant qu'elle soulevait des choses... plutôt dérangeantes. Des choses que Jade n'abordait pas, auxquelles elle pensait beaucoup trop et qui ne lui plaisaient pas. Quelque chose qui ne pouvait pas être prévu... Voilà tout le problème. Et même en essayant d'y échapper, elle avait échoué. Cette impuissance, cet éternel sentiment qu'elle aurait dû faire autre chose, n'importe quoi... il était là depuis longtemps et ne partirait jamais. Vivre avec cette douleur au fond de la poitrine, c'était tellement difficile. Dire que depuis le temps, rien n'avait changé. Que si ça se reproduisait, elle serait probablement tout aussi incapable d'agir. Comme si ce qu'elle avait apprit, tenté, toutes ces heures à s'entrainer et à se préparer... ne servaient à rien. Amertume. Le regard de l'Italienne était plongé dans le vide désormais, se lançant mentalement des insultes plus variées et difficiles à supporter les unes que les autres. Ce n'était rien, par rapport à l'autre douleur. Mais dans un sens, ça soulageait un peu. Ou pas. Incertain.

Le plus dur dans les mots prononcés par Harmony, c'était sans doute les derniers. La dernière phrase. La jeune Serdaigle ne se rendait probablement pas compte de l'impact de ses mots. Peut-être un peu, mais certainement pas autant que ce qu'ils représentaient vraiment. Pourtant, elle avait raison. Jade se sentait basculer, tomber petit à petit. Jamais elle ne s'était sentie aussi fatiguée et constatation: personne n'était là pour la rattraper, soit parce-qu'elle s'était éloignée des gens, soit parce-qu'elle ne comptait pas assez pour ces mêmes personnes. Après tout, qui voudrait être là pour la rattraper, l'empêcher de se fracasser le crâne ? Personne, visiblement, et c'était mieux ainsi. Soupir, avant de hausser les épaules.

- Je n'ai pas le temps de reprendre des forces. Et je n'en ai pas le droit, même si je le voulais. Je suis assez forte, je crois. Et si je ne le suis pas eh bien... je me serais battue jusqu'au bout.

Auto-persuasion un peu. Très négative quant à son avenir également, puisqu'il y avait ce "et si" dérangeant pour n'importe qui. Jamais elle n'aurait prononcé ces mots si il y avait quelqu'un d'autre qu'Harmony dans l'infirmerie. C'était déjà étonnant qu'elle ose confier ces mots à qui que ce soit, même en se sentant proche de la bleue. Ce ne sont pas des mots qu'on peut sortir à la légère, les gens en font leurs conclusions, s'inquiètent et cherchent d'où viennent les problèmes. Creusent là où il ne faut pas. Harmony le faisait un peu d'ailleurs, mais elle au moins n'y voyait pas de mauvaises intentions. Juste du dialogue et qu'elle le veuille ou non, ça faisait du bien. Un peu. Même si ses problèmes ne pourraient jamais être résolus avec de simples paroles, elles avaient un côté réconfortant.

- Je suis désolée. De ne pas avoir été aussi présente que... je l'aurai dû.

Pourquoi cette bombe tout à coup ? Aucune idée. C'était un sujet sensible ça aussi, mais puisqu'elles étaient parties dans ce sens, autant y aller à corps perdu. Mais surtout, il fallait le dire. C'était quelque chose qui lui trottait dans la tête depuis trop longtemps pour qu'elle loupe cette occasion. Pour le coup, elle n'évitait plus, ses mots n'étaient pas fuyants alors son regard n'avait pas à l'être non plus. Ses mains étaient tout de même nerveuses, s'entremêlant sans contrôle.

- Peut-être que j'aurai pu être plus utile ce soir si je n'avais pas été aussi...

Difficile de savoir quel mot ajouter pour terminer cette phrase. Alors, elle resta en suspend, incapable de savoir si elle était plus désolée ou plus en colère. Contre elle-même, pour le dernier choix. Peut-être qu'en restant proche d'Harmony, elle n'aurait pas pu en savoir plus pour autant. Pas eu les cartes en main. Mais puisqu'il y avait cette possibilité, il était incroyablement facile de se blâmer.
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