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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Pré-au-Lard ~¤~ :: Rues de Pré-au-Lard
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A la nuit tombée...
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Peter McKinnon
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Re: A la nuit tombée...

Message par : Peter McKinnon, Mer 15 Juin 2016 - 21:29


La jeune femme tituba, se raccrocha à sa cape, la lâcha, recula, tituba encore. Peter ne pu s'empêcher de regarder, perplexe, ce pitoyable spectacle.
*Elle a l'air complètement ivre ... Enfin peut-être pas ... C'est une élève de Poudlard ? Si oui, c'est assez triste de se mettre dans cet état là. Et dire que quelqu'un d'autre de bien mal intentionné aurait pu lui tomber dessus, qu'est-ce qui se serait passé alors ? Je donne pas cher de la peau de ...*

- La ferme !

Peter fut brusquement interrompu dans ses pensées. Le jeune homme était à la fois interloqué et brusqué. Il faut dire qu'il n'avait pas l'habitude que l'on lui parle comme ça. Il ouvrit la bouche pour lui faire remarquer qu'il ne souhaitait que l'aider, mais il fut encore une fois interrompu par la dame :

- Désolée ... Désolée ... Tu devrais pas être là. Il est tard.

*Oui, enfin, si t'es une étudiante, toi non plus t'as pas grand chose à faire ici. Et qui plus est, je me demande qui est en état de faire des remarques à l'autre.*
Peter ne pu s'empêcher de jeter un rapide coup d'oeil à sa cape, là où elle l'avait agrippé. Peter n'avait pas grand chose et ce qu'il avait, il y tenait ! Du même coup, il jaugea la situation, cette fille n'était probablement pas dangereuse, elle n'était pas menaçante en tous cas. Il remit sa baguette dans la poche arrière de son pantalon. Il reporta alors son regard sur la pauvre fille qui, face à lui, avait manifestement des difficultés pour tenir en équilibre.
*Combien de bières au beurre il faut boire pour finir dans un état comme celui là ?*
Il s'était remis à fixer la dame au regard fuyant. A mieux regarder, elle ne devait pas être plus âgée que lui ou à peine plus. Pourtant son visage ne lui disait rien ...
Peter cherchait désespérément une formulation polie, qui ne brusquerait pas la jeune fille, elle devait être ivre ou en état de stress. Oui mais une formulation pour dire quoi ? Il était plus que tard maintenant et il fallait rentrer. Il ne savait pas qui était cette fille, ce qui lui était arrivé, ce qu'il pouvait faire pour lui venir en aide. Peter s'était mis à faire un macabre calcul pour savoir si il restait là ou si il allait enfin faire ce qu'il aurait du faire depuis un moment, se bouger le plus vite possible et réduire l'écart entre lui et son lit. Et puis l'évidence lui était apparue : une fille dans cet état n'aurait pas passé la nuit, pas avec tout ce que l'on racontait en ce moment sur le retour des heures sombres, pas par ce froid.
*D'ailleurs, il commence à faire de plus en plus froid, même pour la saison.*
Non, cette fille n'aurait pas passé la nuit, il en était persuadé. Et le lendemain, Pré-au-Lard se réveillerait sur le cadavre d'une jeune fille. Un corps sans vie aux portes d'une école réputée. Peter était certain qu'il y aurait une enquête. Et tôt ou tard on aurait su ... Su qu'un McKinnon, un serpentard, était passé par là et aurait pu la sauver. La honte sur sa famille. Le déshonneur sur sa maison. Il était obligé de l'aider !
Mécaniquement, Peter avança une main vers elle :

- Ecoute, je sais pas trop qui tu es, ni ce que tu fais là, mais tu serais surement mieux à l'intérieur. Je peux t'amener quelque part ? Comment est-ce que tu t'appelles ?

*Est-ce qu'elle sait seulement encore comment elle se prénomme, cet enfant ?*
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Hanko Kiebitz
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Re: à la nuit tombée

Message par : Hanko Kiebitz, Jeu 16 Juin 2016 - 17:45


J'avoue ne plus savoir où je suis. je suis arrivé à Poudlard, mais je suis passé inapercu. tant mieux. pas envie pour le moment de me faire des amis. Mes amis, c'est moi qui me les choisirai. il faut que j'étudie d'abord.
J'ai posé toutes mes affaires, mais j'ai gardé ma baguette. je ne sais pas pourquoi. je ne sais rien encore. après avoir tout posé, je me suis baladé dans, parc, et je me suis retrouvé je ne sais comment......ici. Bon, il s'agit de me repérer maintenant. ce serait dommage d'être mal vu dès la première soirée. espérons que je me retrouverai vite! je marche droit devant moi, quand tout d'un coup, j'entends des cris.

-La ferme

Hum. Sans doute un couple qui se dispute....non. c'est trop près et trop clair. ça vient de la rue. Je réfléchis. Je verrai bien après tout. ça doit se voir que je suis nouveau. Personne ne peut m'attaquer dans un village.....si? J'avance encore, d'un pas encore plus incertain qu'auparavant. Brusquement, devant moi, je vois deux silhouettes contre un mur. Je distingue dans l'obscurité des cheveux blonds et une autre silhouette plus massive. Une fille et un garçon.

-Désolée, désolée, tu ne devrais pas être là. il est tard.

Hum. La fille a vraiment l'air mal. Je pourrais l'aider. mais quelqu'un semble déjà s'en occuper. Non. je suis là, je dois l'aider. Qui sait? une personne n'est peut-être pas suffisante? j'entends la silhouette masucline dire quelque chose qu'un vent froid emporte de mes oreilles. Je m'approche.

-Euh......Bonjour.... C'est vous qui venez de crier comme ça?

Question débile. bien sûr que ce sont eux.

-Je peux vous aider? demandais-je d'un ton hésitant.



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Kohane Werner
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Re: A la nuit tombée...

Message par : Kohane Werner, Jeu 16 Juin 2016 - 20:54


Plonger son visage dans ses mains.
Désespérée.
Et v'là que même physiquement, je m'enfonce. Rentrer mon corps, rentrer dans une carapace qui n'existe plus. Qu'ils ont réussi à détruire. Bam. Un coup. De baguette. Des débris de verres. Des tables renversées. Un sort, deux sorts. Une boule au ventre alors que j'ai vu son masque dans la nuit.
Et c'était le début d'la fin.
La fin de tout.
La carapace que je croyais invincible s'est volatilisée. Pulvérisée.
On croit toujours que ça n'arrive qu'aux autres.
Jusqu'au moment où ça nous arrive, à nous aussi.
Et on se prend la réalité en pleine face.
Ca fait mal. Ca.

Je reste quelques secondes, le visage plongé dans mes mains.
Puis me redresse un peu.
Si je n'veux pas sombrer... faut garder la tête haute.
Malgré son air misérable.
Et tout l'reste.
Rester digne. D'être soi. Ne pas se faire honte. Et ne pas faire honte aux autres.
Rachel...
Ne pas lui faire honte. Avant, c'était elle qui pleurait, qui était dans tous ses états. Me demandait comment je faisais, pour rester aussi droite, aussi forte, après l'avoir vu, lui, l'homme masqué. A présent, c'est moi qui me recroqueville, cherche le repos sans jamais le trouver, crie sans jamais obtenir de réponse, m'agite pour rien du tout.
Rachel...
J'aimerais tellement que tu sois là !

Mais ce n'est pas tout.
Un inconnu.
Que je vois, du coin de l'oeil, à nouveau proche de moi.
T'approche pas.
Tu ferais mieux de décamper.
Si ce n'est pas un autre qui te fera mal, ce sera moi.
Je n'ai plus aucune prise sur ce que je fais. Ne peux même plus prévoir mes propres actes.
Etrangère à moi-même.
Voilà.

Cependant, en ce geste qu'il me semble n'avoir plus vu depuis des siècles, le jeune homme me tend la main.
Accueillant ?
Chaleureux ?
Dangereux...
Pour lui, pour moi...
Pas se fier
aux apparences.
Jamais.
Never.

- Ecoute, je sais pas trop qui tu es, ni ce que tu fais là, mais tu serais surement mieux à l'intérieur. Je peux t'amener quelque part ? Comment est-ce que tu t'appelles ?
Je laisse ses mots voguer.
Arriver à mes oreilles.
Remonter au cerveau.
Faire sens. Un à un. Phrase par phrase.
Regard détourné ; je ne le vois pas. Vois juste le bitume noire de nuit. Sombre à cette heure tardive. Juste le sol, juste le mur d'en face. Juste le ciel, juste la lune, les étoiles. L'univers qui nous regarde. Se moque. Pitoyable.

D'un geste lent, je tourne le visage vers le jeune homme.
La faible lueur nocturne me permet de distinguer quelque peu ses traits. Et de voir ses yeux. Lire ses interrogations.
J'ai envie de rire.
De mon propre état.
Ou pleurer.
Encore.
Pour la même raison.

J'ouvre la bouche pour parler. Aucun son n'en sort.
Je déglutis alors. Recommence.

-Je n'suis pas folle, je dis dans un murmure.
Mes yeux le fixent dans l'obscurité. J'ignore s'il peut sentir leur poids. Intensité. Je veux qu'il me croie. Je ne suis pas folle.
-Et je n'ai pas bu, j'ajoute, après un souffle.
"Pas ce soir", je pense avec amertume.

J'essaie de voir ce qu'il en pense. Un geste, une réponse. N'importe. Quoi.
Je ne suis pas folle.
Plusieurs personnes pourraient l'attester.
Rachel. Leo... bien qu'en le concernant, il n'est pas sûr qu'il puisse attester de quoi que ce soit. Il ne doit pas être dans un meilleur état que moi.
Etrangement, un petit râle semblable à un rire ironique s'échappe de ma gorge.
J'avais pensé ne pas pouvoir plonger comme Leo, dans les ténèbres. Et pourtant... voyez où j'en suis !
Je pouvais seulement essayer de me raccrocher à Rachel, seule figure qui ne s'effritait pas totalement. Même si, à chaque fois que je croyais pouvoir saisir son image, celle-ci paraissait me couler entre les doigts.
Je suis seule.
Juste seule.

Et ce même s'il me tend la main.
Avenant.
Je m'efforce de sourire.
Pas lui faire peur.
Ce n'est pas de moi, dont il doit avoir peur.
Même si... au fond... peut-être que si...

Le sourire parait comme une grimace.
Le coeur n'y est pas.

-Vraiment, Kholov va t'épingler sur son tableau de chasse si tu restes ici.
Ironie de la situation, encore. Je sais bien qu'il ne m'écoutera pas. On doit avoir à peu près le même âge. Et moi aussi, je suis dehors. Sans autorisation.
Soupir.
J'ai mal au crâne.
Trop couru.
Souffle court.
Epuisement après une journée de travail.
Lessivée.
Et toujours ce sentiment de m'enfoncer.

Je suis pleine de contradictions. Ne sais même plus dire ce que je veux.
Moi qui avais l'habitude d'être ferme et têtue !
Parfois, je me demande où sont passés ces jours heureux. Ces sourires, ces rires. Ces amours, ces amitiés. Le temps où tout allait bien, où tout rayonnait. Le temps... avant le stress, l'angoisse, l'agitation. Se reprendre, se contrôler, refuser de céder. Et puis... la goutte qui fait déborder le vase.
Avoir peur de soi.

Je veux qu'il s'en aille.
Je veux qu'il reste.

-Tu es qui ?
Malpolie. C'est lui, qui m'a interrogée en premier.
Mais pas le temps d'ajouter autre chose.
Une voix inconnue s'élève du chaos. De l'ombre. De la nuit. Ténèbres.


-Euh......Bonjour.... C'est vous qui venez de crier comme ça?


J'ai crié ?

Oui, tu as crié.
Tout à l'heure.
Tu crie au monde en espérant qu'on t'entende.
Et quand on t'entend, tu te planque.
Affligeante.


J'ai crié.
Et alors ?
Je me détourne du premier jeune homme pour regarder la seconde ombre s'approcher. J'le connais pas. Sais pas d'où il sort.
Il continue :
-Je peux vous aider ?

Non.

Pourquoi tu cries à l'aide, alors ?
Si ce n'est pas pour être aidée.


J'les connais pas.
Et les inconnus, maintenant...
J'ai trop fait confiance. Et je l'ai payé.
Prix fort.

Je veux me lever. Partez, partez.
Incapable de bouger.
Reste assise par terre.
Aucune force.
J'vais rester là, toute la nuit. A regarder le monde tourner. Sans moi. J'suis perdue.
Sombre attraction.

Je regarde à nouveau le deuxième inconnu. Certainement un étudiant, lui aussi. On est bien ! Si jamais Kholov se réveille avec le pressentiment que trois de ses élèves ont foutu le camp de l'école... bah son pressentiment sera plus que justifié.
On est bien... trois misérables.
Ils n'ont rien à voir avec moi.
Je n'ai pas à les emmener là-dedans, au plus profond du noir.
Là où résident les âmes meurtries.
Là où sont les corps disloqués.
Les esprits abattus.
J'ai plongé. Pas eux. En espérant que ça ne leur arrivera pas. Jamais.

Je secoue la tête en direction du nouveau venu.
-Toi non plus, tu n'devrais pas être là, je lui dis, d'un ton lent alors que mes yeux se perdent à nouveau en contemplation de la nuit toute entière.

Fermer les paupières. Peut-être que quand je les rouvrirai, je ne serais plus là. Ils ne seront plus là. L'autre nuit avec la fille que j'ai frappée n'aura jamais eu lieu. Et puis encore ce soir, avec l'ombre qui m'a attrapée au coin d'une rue de Pré-au-lard... Et cette toute première fois, aux Trois Balais, lorsque ce Mangemort a débarqué, menaçant, effrayant, qu'il m'a presque tuée, qu'il m'aurait tuée si West n'avait pas été là, s'il ne m'avait pas protégée, sauvée... Tout ça n'aura jamais eu lieu.

Tout est vrai.
Tout s'est passé.
En réalité.

Et tu es toujours assise dans cette rue.
Avec deux inconnus.
Tu ne sais même pas quelles sont leurs réelles pensées.
Ni s'il te veulent du mal.
Prête à te défendre, encore une fois.
Frapper. Blesser. Pourquoi pas tuer ?


Non. Pas ce soir. Je suis fatiguée.
Fatiguée de lutter contre toi, la voix.
Sans résultat.
Fatiguée d'être seule, me sentir partir.
Mais ce soir, je ne suis plus seule.
Peut-être que pour quelques heures, je pourrai avoir ce sentiment de stagner. Un peu. Pas encore plonger. Pas de suite.

Alors qu'ils restent.
Résignée.
En espérant que rien n'arrivera ici, dans cette rue.

-J'm'appelle Kohane, je dis en appuyant ma tête contre le mur.
Qu'ils répondent.
Qu'ils ne répondent pas.
Qu'il m'agressent.
Ou pas.
Je saurai survivre.
Parce que j'ai survécu jusqu'ici.
Et même si je sombre,
mon coeur
bat toujours.

Boum-boum-boum
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Peter McKinnon
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Re: A la nuit tombée...

Message par : Peter McKinnon, Jeu 16 Juin 2016 - 23:53


Alors qu'elle venait de lui affirmer qu'elle n'était ni folle, ni ivre, Peter nageait toujours en pleine perplexité. La dame était assise par terre ! Qui, en pleine possession de ses facultés mentales, pouvait bien trouver un intérêt à s'asseoir par terre en pleine nuit tout en refusant de répondre aux interrogations d'un individu qui, de toutes évidences, lui proposait de l'aide ?
*T'as toujours l'art d'attirer les malades !*

- Vraiment, Kholov va t'épingler sur son tableau de chasse si tu restes ici.

*Oui Ben t'es gentille copine, mais on verra ça une fois qu'on sera au Château. Allé, lève toi qu'on puisse y aller !*

- Tu es qui ?

*Ah ok, madame veut poser les questions ...  L'art d'attirer les malades, je te dis !*
Au moment où Peter allait se présenter et inciter la dame a enfin lever son postérieur et se bouger jusqu'au Château, il fut brusquement interrompu :

- Euh......Bonjour.... C'est vous qui venez de crier comme ça?

Peter se tourna alors vers l'inconnu, par réflexe, sa main droit se recula légèrement dans son dos jusqu'à se poser sur le manche de sa baguette qui dépassait de sa poche arrière.
*Ok l'inconnu, on va rester calme ...*
Alors que la belle se remettait à servir à l'inconnu le même ramassis de propos absurdes que par tout à l'heure, Peter observa l'inconnu. Il devait être aussi vaguement étudiant à Poudlard ou alors être sorti l'année passée. Son visage avait l'air vaguement familier à Peter, ce n'était pas forcément bon signe ... Alors que Peter récitait dans sa tête deux ou trois sortilèges de défense, juste au cas où, la belle se décida enfin à dire son nom :

- J'm'appelle Kohane.

*Diablement efficace celui-là, on a enfin un nom !*

- Ouais, et moi c'est Peter. Je serais sincèrement enchanté si on devait pas la ramener jusqu'à chez elle. Alors, qui que tu sois, tu vas soit passer tranquillement ta route où m'aider a regagner le Château avec elle, douceur et discrétion ...

Peter s'en voulait d'avoir pris un timbre de voix aussi agressif, mais il n'en pouvait rien, la main droite désormais crispée sur sa baguette, il flairait le moment où la soirée allait basculer pour lui ... pour elle ... peut-être bien pour eux trois ...
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Hanko Kiebitz
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Re: à la nuit tombée

Message par : Hanko Kiebitz, Sam 18 Juin 2016 - 6:44


Je m'approche encore.

- J'm'appelle Kohane.

- Ouais, et moi c'est Peter. Je serais sincèrement enchanté si on devait pas la ramener jusqu'à chez elle. Alors, qui que tu sois, tu vas soit passer tranquillement ta route où m'aider a regagner le Château avec elle, douceur et discrétion ...

Je sentis comme une agressivité dans son ton. reste calme. je suis sans doute aussi perdu que toi. Voire même plus. et décrispe cette main de ta baquette. Franchement, c'est stressant. après, je te comprends; se faire aborder dans la rue par un inconnu la nuit par les temps qui courent n'est pas forcément ce qu'il y a de plus rassurant...

Moi, c'est Hanko.

Et sans accorder plus d'attention à Peter, je me tournait vers Kohane. Oulala. Son visage était complètement défait. Pas défait en fait, ou plutôt tellement défait qu'il en devenait inexistant. Je m'agenouillais en face d'elle, et la regardait droit dans les yeux. Elle me rappelait moi quand......non. pas maintenant. Pas maintenant sinon tu vas craquer. devant de parfaits inconnus. Qu'est-ce quon t'a toujours dit? Ne montre jamais tes émotions, sers t'en pour aider les autres, sers toi de leur puissance pour leur résister. Et surtout Hanko, ça s'est moi qui le rajoute, ne pense plus à eux. ils on fait ton éducation, ils sont partis. ils t'aimaient, pas au point de rester. Sers toi de cette rage, retourne la contre le monde, et affronte le. Coup pour coup.

Pauvre créature qu'elle était...elle devait beaucoup souffrir...... Je sortis mon monocle de mon oeil, le nettoyais, le rangeais dans ma poche. Puis, après l'avoir regardée un moment, je la pris dans me bras. pas trop fort pour ne pas la briser, assez pour qu'elle sente la pression qui se voulait réconfortante. Pauvre créature......
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Kohane Werner
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Re: A la nuit tombée...

Message par : Kohane Werner, Jeu 7 Juil 2016 - 19:12


\Pardon de ce retard >< Vous avez le droit de me taper :fouet: mais pas trop fort parce qu'après, c'est moi qui fouette !/

Rêve. Rêve.
Ferme les yeux et songe.
Imagine.
Un lieu verdoyant. Lumière. Sourires tendres. Bulle de savon. Cocon de l'enfance.
Insouciance.
Imagine.
Une place pleine de couleurs vives. Rires. Joie.
Bonheur.
Ferme les yeux et juste... concentre-toi. Les images affluent toutes seules ensuite.
Rêve. Echappe toi.
Vogue.
Et souris.


Je ne peux pas. Je n'y arrive pas.
Impossible.
Si le rêve pouvait s'acheter, je m'en procurerais. Juste pour cette fois. Parce qu'avant, j'y arrivais sans peine. A présent, mes forces me quittent, j'échoue même à imaginer.

Alors demande-leur.
Demande-leur de te faire rêver.
De te vendre du rêve.
Juste le temps d'un soupir. D'un sourire.


Peter

Il s'appelle Peter.
Et ne semble pas apprécier le nouveau venu.
Pourquoi cette tension ?
J'écoute mais ne les regarde plus. Ne vois que le noir alors que le son de sa voix afflue. Il veut me ramener au château. En toute discrétion. Il ne faudrait pas que Kholov nous tombe dessus comme une énorme masse qui assomme et sonne du premier coup.

Je garde le silence, laisse les choses se tendre.
Qu'est-ce que je peux faire, de toutes les façons ?
Qu'est-ce que je peux dire ?
Malgré l'obscurité, je constate le poing crispé de Peter. Prêt à se défendre. Calme-toi, petit. Détends toi. Y'a rien. Y'aura rien. Pour le moment, il n'a rien fait, ne t'a pas approché. Alors desserre ton poing.

-Moi, c'est Hanko.

Sa voix m'oblige à reporter mon attention sur l'autre. Les étoiles qui parsèment le noir tissu de ciel font briller quelque chose sur son oeil. Froncement de sourcils. Des lunettes ? Non. Un seul verre. Monocle.
J'aimerais demander pourquoi.
Muette.
Plus de voix. Pas envie d'entrer en contact.
Taisons-nous. Et rêvons que le monde est meilleur. Que cette nuit n'est pas noire. Que rien n'existe sinon ceux que nous chérissons.
Rêvons, ça fait vivre.

Yeux dans le vague, je cherche une petite lueur dans le ciel. Luminosité qui m'arracherait aux ténèbres. Et vous viendriez avec moi. Ne plongez pas.
Soudain...
Rien ne va plus.

Tout le corps se tend. Se tend de sentir un corps étranger contre lui.
Ses bras, qui se referment.
Sentiments spontanés.
Rassurants.
Non.
Terrifiants.
Panique.
Non, non, non. Me touche pas ! Me touche pas !

Les bras qui enserrent. Protection.
Arrête !
La dernière personne à m'avoir prise ainsi dans ses bras, c'était Leo. Meurtrier, traître, amour brisé. Il m'a prise dans ses bras mais qui sait ce dont il aurait été capable. Un homme qui a pu tuer...
Tout se fond et se confond dans mon esprit. Amalgame. Hanko. Leo. Qui est qui, qui est où ?
Leo, je voulais l'aimer.
Je n'ai pas pu.
Hanko, je ne le connais pas.
Et pourtant, il me serre dans ses bras.

Vague de panique. Se dégager, vite. Je ne resterai pas prisonnière. Jamais !

Le repousser, vite, filer, se défiler.
Me touche pas.
Couler comme l'eau entre ses bras.

Se relever brutalement, tituber, trébucher, apeurée.
Le coeur tambourine et l'esprit te dit : t'es barge, ma pauvre.
Manquer te tomber, s'accrocher à Peter. Encore désolée pour ton manteau.
Equilibre.

Se refermer sur soi-même.
Reculer. Encore un pas. Remettre de la distance.

Respire, Kohane.
T'es vivante, t'as rien à craindre.
Respire.

Calme tes pulsations. Ca va. Tout. Va. Bien.
-Désolée.
Murmure. Imperceptible.
-Me touche pas.
Voix brisée.
Désamorcée.
Ereintée.

Tu deviens parano, ma pauvre.
Pourquoi tu sursautes ?
Pourquoi tu as peur ?
Tu étais si tactile...
Rappelle toi. C'est toi qui, dans une spontanéité enfantine, a serré Leo dans tes bras, ce soir-là, sous la tente.
Pourquoi tu t'effraies ?
Animal effarouché.


C'est pas une bonne idée. C'est pas une bonne...

Et si tu rentrais ?
Et si tu rêvais ?
Et si t'oubliais ?


Je n'y arrive pas. Mais eux, ils pourront. Allez-y sans moi. Je reste derrière. Je vous rattraperai, tôt ou tard.

Si le noir ne t'a pas saisie avant.
Couteau sous la gorge.


-Ecoutez.
Allez, parle, parle. Projette la voix.
-Vous n'avez qu'à rentrer ensemble au château.
Regarder le ciel. Quelle heure est-il ? Aucune idée.
Nuit ténébreuse.
-Vous en faites pas pour moi. J'm'en sortirai.

Tu mens.
Tu veux juste qu'ils te fassent rêver.
Evasion.
Oubli. Total.
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Re: A la nuit tombée...

Message par : Peter McKinnon, Mer 20 Juil 2016 - 2:35


Après la tentative d'Hanko, la jeune inconnue titube encore.
*Si ça continue, tu vas devoir te racheter un manteau ...*

- Vous n'avez qu'à rentrer ensemble au château.

*C'est ça pour qu'elle se fasse violer et que ta tête se retrouve dans la gazette demain matin !*

Peter se tourna alors vers le dernier arrivé :

- Hors de question qu'on la laisse là. C'est trop dangereux. Et moi je ne me le pardonnerais jamais !

Puis il se pencha vers le jeune étudiant afin que seul ce dernier puisse entendre ce qu'il lui murmurait :

- On va essayer une dernière fois de l'encadrer et puis si jamais ça foire, on essayera de la ramener au Château de façon un peu plus ferme ...

Peter s'avança alors vers la jeune élève de Gryffondor et lui tendit la main une nouvelle fois.

- Ecoute, tu n'as pas l'air bien. Je ne sais pas ce qui t'arrive. Mais je peux t'assurer d'une chose : tu vas rentrer au Château avec nous. S'il faut te porter et marcher les deux pieds dans la Mer**, je le ferai. Mais tu vas rentrer avec nous, car il est hors de question que tu reste ici toute seule.
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Re: A la nuit tombée...

Message par : Hanko Kiebitz, Sam 20 Aoû 2016 - 17:26


-Ecoutez. Vous n'avez qu'à rentrer ensemble au château. Vous en faites pas pour moi. J'm'en sortirai.

Bien sur. Par une nuit sis ombre. Non. Certainement pas. Le nouveau, Peter apparemment, se tourne vers moi:

- Hors de question qu'on la laisse là. C'est trop dangereux. Et moi je ne me le pardonnerais jamais ! On va essayer une dernière fois de l'encadrer et puis si jamais ça foire, on essayera de la ramener au Château de façon un peu plus ferme ...

Ok. moi ça me va. M'enfin, elle a l'air têtue quand même. Mais Bon sang, de quoi a t-elle si peur??? ça se voit qu'on est des élèves non? il se dirige vers Kohanne:

- Ecoute, tu n'as pas l'air bien. Je ne sais pas ce qui t'arrive. Mais je peux t'assurer d'une chose : tu vas rentrer au Château avec nous. S'il faut te porter et marcher les deux pieds dans la Mer**, je le ferai. Mais tu vas rentrer avec nous, car il est hors de question que tu reste ici toute seule.

Il prend l'initiative. bien. J'aurais pu le faire, mais au vu de l'échec de ma précédente tentative, je crois qu'il ne vaut mieux pas. je m'approche à mon tour, afin d'appuyer ce propos.

-Tu sais, on est élèves nous aussi..... Tu n'as aucne raison d'avoir peur de nous, on ne te veut que du bien.... Pourquoi est tu si effrayée? Tu devrais plutôt avoir peur de rester ici toute seule, que de voyager vers un lieu plus sur en notre compagnie...

Pourvu que ça marche.

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Re: A la nuit tombée...

Message par : Kohane Werner, Jeu 25 Aoû 2016 - 20:27


T'as envie d'te frapper.
D'être si contradictoire.
Tu veux qu'ils restent.
Mais pas rentrer.
Et s'il vous arrivait quelque chose...
Toi la responsable.

T'as envie qu'ils restent.
Et tu veux qu'ils partent.
Parce qu'ils ont rien à faire là.
Et qu'en même temps, s'ils sont arrivés ici, s'ils ont été poussés jusqu'à toi, y'a une raison.
Pourquoi pas en profiter ?


Peter parle.
J'l'entends. Sans plus. Je n'écoute pas. Pas trop.
Juste le minimum.
Il veut pas.
Hors de question, qu'il dit. Mais je ne t'en pose pas, des questions ! Mais tu fais c'que tu veux, toi. Moi, je reste. Parce que c'est la seule chose que je puisse faire pour fuir le sommeil.
Fuir ce monstre qui se tapit dans la noir, prêt à bondir.
Si j'le pouvais, j'travaillerais jusqu'à pas d'heure. Etre toujours en activité. Seulement pour repousser les griffes de la nuit.
Alors comme j'peux pas faire ça, je cours.
Parce que comme ça, le corps s'oxygène sans arrêt. Et reste en éveil. Ne pas tomber dans les crocs mortels du Noir.

Peter murmure quelque chose à l'adresse de son ami. Ou, à défaut d'être ami, compagnon du soir, compagnon de galère.
Nous sommes tous les trois compagnons de galère.
Et ensuite ?

Je reste immobile. Je crois retrouver ma stabilité.
Faut juste que je ne bouge pas.
Je ne bougerai pas.
Quoiqu'ils disent.
Si je bouge, je tangue.
Si je tangue, je tombe.
Et je ne veux plus tomber.
Attirée inéluctablement par le sol. Le bas. Fond.
Couler, crouler, sombrer. Qu'importe les verbes. Qu'on coule à pic ou qu'on croule sous le poids d'un monde qui déraille, le résultat est le même : c'est la descente. Aux Enfers.
J'aimerais un Orphée qui arriverait, me prendrait par la main et ma ramènerait, là-haut, à la Lumière. Un Orphée qui mènerait sa mission jusqu'au bout et ne se retournerait pas à quelques mètres de la Fin.
J'ai cru que cet Orphée était Leo.
Mais non. Il n'en a pas été capable. Car avant même que mes lèvres ne touchent les siennes, que mes bras enserrent son corps et que mes yeux retrouvent les siens, il appartenait déjà au royaume des Morts. Ou de ceux qui les mangent, ces morts.
Mangemort.
Il était déjà loin, avec eux, parmi eux, au milieu d'eux.
Et moi, je n'ai pas su le voir. Le sentir.

Alors maintenant, je ne crois plus en Orphée.
Je ne pense pas que ces deux élèves, quel qu'ils soient, puissent quelque chose pour moi.
S'ils me tendent la main, ils ne me remonteront pas. C'est eux, qui sombreront à ma suite.
C'est inéluctable.

Tendre la main.
Voilà d'ailleurs Peter qui avance ce geste. Commun.
Invitation.
Tu m'invites à quoi ? Se rétamer tous ensemble ? Ou entrer dans un ballet mortuaire ?

- Ecoute, tu n'as pas l'air bien. Je ne sais pas ce qui t'arrive. Mais je peux t'assurer d'une chose : tu vas rentrer au Château avec nous. S'il faut te porter et marcher les deux pieds dans la Mer**, je le ferai. Mais tu vas rentrer avec nous, car il est hors de question que tu reste ici toute seule.

Je l'écoute.
Oui. Avec attention. Cette fois. Je sais qu'il est décidé.
Il est peut-être même têtu. Et son pote qui s'y met, lui aussi.
Hanko et son monocle.
Hanko et son côté tactile qui m'a effrayée. Alors que, finalement, il ne semble pas si différent de moi. Ou du moins de ce que j'ai été.
Hanko, et ses belles paroles. Il semble vouloir apaiser le jeu. Me redonner confiance.
En quoi ? En qui ? Tout est traître.
Tout m'a trahi.
Meurtri.
Au plus profond de moi.
Il est des blessures dont on ne se relève pas. Ou difficilement.

-Tu sais, on est élèves nous aussi..... Tu n'as aucne raison d'avoir peur de nous, on ne te veut que du bien.... Pourquoi est tu si effrayée? Tu devrais plutôt avoir peur de rester ici toute seule, que de voyager vers un lieu plus sur en notre compagnie...

Belles paroles.
Qui se veulent rassurantes.
Aies confiance.
On est pareils. Tous les trois. Je ne pense pas que l'un ou l'autre dissimule une quelconque magie noire. Penchant pour la douleur, le sadisme, la destruction, la Mort.
Ils veulent juste... aider ?
Et pourtant...!

Je souris.
Tiens, ça vient tout seul.
Spontané.
Je leur souris. Pourquoi ? Je veux les remercier. Ils n'ont pas l'air bien méchants.
Alors je leur souris.

Ils disent des choses mais pas sûr qu'ils les comprennent bien.
Je les regarde dans la nuit. Par où commencer ?
-Pourquoi voulez-vous à tout prix rentrer au château ? Les deux pieds dans la Mer**, on les a depuis le début. Depuis qu'ils ont débarqué dans ce monde de fou !
Mon ton n'est plus plaintif.
Plus faible.
Enragé contre cette réalité qui est un vrai cauchemar.
-Le château est juste un get-apens où ils peuvent entrer et sortir comme ils veulent !
Ces affiches... you join or you die... preuve qu'ils ont des sbires partout puisque plusieurs d'entre elles se sont retrouvées placardées dans Poudlard.
-Aucun endroit n'est sûr. Le Dirlo de l'école ne peut absolument rien contre les ombres. Elles passent partout. A travers les murs. A travers les corps. Elles s'introduisent même dans nos rêves les plus profonds.
Pause. Les regarder. Toujours. Retrouver cette assurance motivée par la rage.
-Alors tout ce que je peux faire, c'est rester éveillée. Pour les tenir à distance. Vous comprenez ?

Silence.
Ils ne comprennent pas.
Je crois.
Ou peut-être que si, finalement.
Et s'ils veulent...

-Vous ne voulez pas me laisser seule, je reprends un ton plus bas, soit. Dans ce cas, vous n'avez qu'à déambuler avec moi. Chasser le sommeil à grands coups de pas dans l'vide. Pas dans la rue. Pourquoi pas un bar ? C'est vivant, à cette heure là.
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Re: A la nuit tombée...

Message par : Peter McKinnon, Ven 26 Aoû 2016 - 8:36


Hanko aussi avait essayé de la raisonner. De l'avis de Peter, celui-ci avait d'ailleurs été meilleur que lui. Il avait adopté un ton plus gentil, plus posé. En revanche, Peter n'arrivait pas à savoir si c'était parce que son comparse était réellement gentil ou qu'il paniquait nettement moins. Mais c'était le cadet de ses soucis, il fallait rentrer maintenant.

Et puis, l'inconnue leur a souri pour la première fois de la soirée. Et là, c'était désarmant. Peter n'avait jamais été un grand psychologue, et jusque là il avait mis l'animosité de l'étrangère sur le compte de l'alcool. Mais peut être allait enfin lui prouver qu'il avait tord. Et puis, elle ouvrit la bouche :

- Pourquoi voulez-vous à tout prix rentrer au château ? Les deux pieds dans la Mer**, on les a depuis le début. Depuis qu'ils ont débarqué dans ce monde de fou !

*Oh non, c'est pas vrai ?! Elle repart dans son trip ...*

Il ne comprenait pas comment il avait pu être aussi naïf que pour analyser ce sourire comme un signe encourageant. La voilà maintenant qui se livrait à la grande théorie du complot en plein milieu de Pré-au-Lard la nuit. Il fallait qu'ils rentrent, tous les trois, les rues n'étaient pas sûres ! Mais elle continuait de parler :

- Le château est juste un get-apens où ils peuvent entrer et sortir comme ils veulent !

*Oh non mais je vous jure ! Tous ces gens qui n'ont même pas lu l'Histoire de Poudlard et qui vous racontent n'importe quoi ! Et puis d'abord, qui ça "ils" ?*

- Aucun endroit n'est sûr. Le Dirlo de l'école ne peut absolument rien contre les ombres. Elles passent partout. A travers les murs. A travers les corps. Elles s'introduisent même dans nos rêves les plus profonds.

Alors que Peter avait cru un instant qu'elle parlait de mangemorts ou d'un ordre maléfique du genre, il se ravisa bien vite. Pour lui, elle était simplement en train de délirer là, devant leurs yeux et ils étaient beaucoup trop patients ...

- Alors tout ce que je peux faire, c'est rester éveillée. Pour les tenir à distance. Vous comprenez ?

*Ah ben ça ! Dans le genre tactique d'auto-défense moderne ça se pose là ! Ca doit tout expliquer : elle ne dort pas depuis des jours parce qu'elle cauchemarde et au final la voilà errante dans les rues en pleine nuit à ne plus savoir qui elle est !*

Il y eu un silence avant qu'elle reprenne et qu'elle leur fasse la proposition la plus incongrue de la soirée : elle était d'accord de ne pas rester seule et avec eux, mais en échange, ils ne rentraient pas au Château. Elle proposait même d'aller boire un verre !

*La pauvre, elle n'a plus le sens des réalités ...*

Peter se tourna vers Hanko. Il n'aimait pas ça. Ils risquaient quand même gros. Mais ils risquaient plus gros s'ils la laissaient seule. Lui, il était incapable de choisir, il était fatigué, il avait un peu froid. Mais d'un autre coté, toute cette histoire l'avait un peu réveillé. Il ne voulait pas la laisser seule et la retrouver morte le lendemain. Et s'ils allaient boire un verre, ils arriveraient peut-être à lui faire boire un tonic pour les nerfs et elle retrouverait ses esprits ! Il s'adressa à son comparse :

- Vas-y, décide. Moi je vous suis. Je veux juste pas qu'on la laisse seule. Et si on reste, faut qu'on soit rentré pour le petit-déjeuner !

Il avait essayé d'adopter un ton plus cordial avec Hanko, se sentant un peu coupable d'avoir été brusque avec lui un peu avant et sentant bien que la soirée n'était pas finie ...
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Re: à la nuit tombée

Message par : Hanko Kiebitz, Sam 27 Aoû 2016 - 23:28


Un sourire. ça y est. Elle se calme. Elle entend raison. Enfin je crois. ça fait du bien à voir, ce sourire. son ton est moins agressif, moins paniqué aussi.

- Pourquoi voulez-vous à tout prix rentrer au château ? Les deux pieds dans la Mer**, on les a depuis le début. Depuis qu'ils ont débarqué dans ce monde de fou ! Le château est juste un get-apens où ils peuvent entrer et sortir comme ils veulent! Aucun endroit n'est sûr. Le Dirlo de l'école ne peut absolument rien contre les ombres. Elles passent partout. A travers les murs. A travers les corps. Elles s'introduisent même dans nos rêves les plus profonds. Alors tout ce que je peux faire, c'est rester éveillée. Pour les tenir à distance. Vous comprenez ?

Quoi? C'est quoi cette histoire? De qui elle parle? Pourquoi? Elle a souri. Elle allait bien. Et d'un coup......ça. Mmmmmmm.....m'est avis qu'elle vient de nous livrer l'origine de sa déambulation nocturne. Mais ça l'effraie trop. Elle ne peut pas le formuler clairement.

-Vous ne voulez pas me laisser seule, soit. Dans ce cas, vous n'avez qu'à déambuler avec moi. Chasser le sommeil à grands coups de pas dans l'vide. Pas dans la rue. Pourquoi pas un bar ? C'est vivant, à cette heure là.


D'accord. Elle a besoin d'un remontant. Je pense que mon père l'approuverait. Un bon petit verre, ça fait jamais de mal, après tout....

- Vas-y, décide. Moi je vous suis. Je veux juste pas qu'on la laisse seule. Et si on reste, faut qu'on soit rentré pour le petit-déjeuner !

D'accord. la décision m'échoit. Bon. Génial. Je viens à peine de débarquer du ferry en provenance d'Allemagne que déjà tout le monde a besoin de moi. Même pas le temps de souffler. Bon. à moi d'encaisser. Mes parents m'ont formés à ça, après tout. Mer**!!!!! A peine débarqué, je sens que je vais déjà faire des conneries! Arf. Que faire? Suivre la règle édictée, ou la règle de l'honneur? ne sont-ce pas les mêmes voies? Argh. Tant pis. J'espère que Monsieur Kholov sera indulgent. Il avait l'air sec, quand même, à la répartition. Enfin, c'est un homme aussi non? Et s'il ne laissait rien passer? Hanko, stop. Agis. arrête de te poser des questions. fais ce que ton honneur te dicte. En plus, tu pourras faire un peu connaissance. Ces deux là n'ont pas l'air si méchants. Elle est juste perdue, et lui semble avoir mis de l'eau dans son vin. ils peuvent être très sympas, au fond. j'espère juste qu'on ne croisera pas des gens agressifs, ma baguette ne pourrait me servir que de poignard...enfin, vu comment Peter a saisi la sienne quand je suis arrivé, il n'y a pas trop de soucis à se faire...

-Bon.... On va te suivre. Guide nous vers un bar, si tu t'y sens en sécurité. Comme ça, tu pourras nous parler un peu de qui sont ces ""ils"", ce qu'ils veulent et pourquoi. Euh...... Par contre, je suis fauché, j'ai laissé mon argent dans ma valise, comptez par sur moi pour consommer......

Puis je me tourne vers Peter:

-Il est à quelle heure le petit-déjeuner au fait?
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Re: A la nuit tombée...

Message par : Kohane Werner, Mer 31 Aoû 2016 - 18:10


Personne n'aime être seul.
J'en suis sûre. A un moment ou à un autre, dans une vie, on a besoin de quelqu'un.
Une présence.
Une épaule.
Un sourire auquel se raccrocher.
Une main tendue à saisir.

Alors s'offrir la présence de deux élèves presque anonymes le temps d'une soirée... moi je dis pourquoi pas.
J'esquisse un sourire lorsque Peter parle du petit-déjeuner. Bien évidemment qu'on sera de retour pour le petit-déjeuner. Pas question de sécher les cours demain. Même si c'est pour s'endormir sur sa table. Et puisque ce sera l'heure de l'Histoire de la Magie, je suis persuadée que Lena saura sortir le fouet pour me garder en éveil. Très sincèrement, si je devais dormir, ce ne serait pas avec elle !

Finalement l'autre, Hanko, semble, lui aussi, partant.
Chasser le sommeil autour d'un verre, enveloppés des rires des autres, des exclamations et de la chaleur rassurante d'un bar. Café. Brasserie.
Parce que cet univers-là est devenu le mien depuis quelques mois. Je m'y sens bien. Tranquille. En sécurité. Comme dans un cocon.
A défaut de philtre de paix, c'est dans l'alcool que je vais plonger la tête la première pour calmer l'affolement du coeur.
Et peut-être que, tellement abrutie, je pourrai fermer l'oeil une ou deux heures et partir, suivre le sillon d'un sommeil sans rêve. Sommeil noir, sans forme, sans son, sans cri.
Juste
rien.

Hanko annonce qu'il est fauché.
Pas grave.
C'est moi qui les invite !
Après tout, c'est moi qui les entraîne là-dedans. Alors c'est la moindre des choses.

Je ne voulais pas de compagnie quand je les ai vus, au début.
Maintenant, je ne désire que ça : des gens. A regarder, à qui me raccrocher.
Des visages pas totalement malsains, mal tournés, sombres, à moitié plongés dans les ténèbres.
Ces deux compères n'ont pas l'air bien méchants. Je ne connais que leur nom. Rien de plus. Et c'est peut-être mieux comme ça. Si j'arrive à tenir une discussion cohérente, peut-être qu'il pourront m'apprendre des choses. N'importe quoi.
Comment sourire, pour de vrai. Par exemple.
Ou comment se dire que finalement, la vie n'est pas si pourrie.

-Bon, alors, vous suivez, je suppose, dis-je un faisant quelques pas.
Je sais où je vais. Où je veux les emmener.
Dans mon antre. Mon lieu. Inatteignable.
Ou presque.

[Fin du rp pour moi, suite ici]
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Re: A la nuit tombée...

Message par : Azaël Peverell, Lun 5 Sep 2016 - 1:02


RP privé avec Kohane Werner


Assis par terre en pleine nuit, au pied d'un mur dans une rue à peine fréquentée de Pré-au-Lard. Il ne savait même plus comment il avait fini là, une bouteille à la main, vidée aux trois quarts. Un vague souvenir qu'il était parti de Poudlard parce qu'il ne supportait plus l'ambiance du château. Parce qu'il ne supportait plus ses occupants. Parce qu'il ne se supportait plus lui-même. Un besoin d'air qui l'avait pris à la gorge, pour se répandre dans sa poitrine et dans tout son corps. Une nécessité de sortir, de ne pas dormir. De se changer les idées, et pour ça il avait picolé. Jusqu'à sentir le monde tourner. Jusqu'à ce qu'il puisse tourner avec lui, au moins une fois dans sa vie.

Il n'avait même pas réfléchi à la façon dont il allait rentrer. Parce qu'il s'en fichait. L'important c'était de sortir, après, il trouverait bien un moyen, une solution. Sauf que là, il n'était pas en état. Impossible de réfléchir à quoi que ce soit. Il avait voulu s'échapper, s'évader. Et c'était une franche réussite. Son esprit s'était rarement senti aussi bien, serein. Comme si finalement, c'était pas si mal la vie. Qu'il y avait quelques bons côtés. Comme boire à n'en plus pouvoir. Jusqu'à ce que l'alcool cesse de brûler la gorge et qu'il retourne l'estomac et toutes les tripes avec. Pas de sensation de froid. Même pas de fatigue. Juste un corps qui a du mal à bouger, qui le fait de façon mal assurée. D'habitude c'est l'inverse. L'esprit est malade et le corps en parfait état. Mais ce changement lui faisait du bien. Parce qu'à force de tout voir en noir, il ne savait même pas pourquoi il continuait à se battre pour exister.

Une nouvelle gorgée de liquide ambrée coule dans sa gorge avant qu'il ne se relève, en laissant pendre la bouteille au bout de son bras. Il se mit alors à marcher, en s'appuyant aux murs lorsqu'il manquait de tomber. Les rues étaient vides, complètement. Ou alors son esprit complètement embrouillé ne parvenait même pas à voir les gens qui l'entouraient. Il aimait la solitude plus que tout au monde d'habitude. Mais là… Elle lui pesait. Il avait envie de partager son moment de bien-être avec quelqu'un. Sauf qu'il n'avait personne. Il continua d'avancer, sans essayer de ne pas tanguer, et finit par s'arrêter. En plein milieu de la rue. Pour lever les yeux au ciel et voir les étoiles qui brillaient. Ses amies qui avaient toujours été là. Qu'elles étaient belles… Sûrement encore plus ce soir.

Il se laissa une nouvelle fois tomber au sol, sans chercher à se dégager du chemin. Et il s'allongea, bras et jambes écartées, bouteille toujours accrochée à ses doigts. Les yeux rivés vers le ciel, il commença à observer les étoiles, sans penser à rien. Juste à la beauté de la nuit qui l'enveloppait et à la douce chaleur de l'alcool qui le berçait. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Il était bien, alors il en profitait. Parce que le lendemain ce serait passé. Il recommencerait à penser.
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Re: A la nuit tombée...

Message par : Kohane Werner, Lun 12 Sep 2016 - 10:56


Les rires me poursuivent.
La chaleur aussi.
Les mines réjouies, les mines épanouies. Lueur dans le noir.
Les blagues, les sarcasmes, les remarques cinglantes et ironiques. Les tapes amicales, les défis de boisson, les rivalités qui s'intercalent et les amours qui se nouent doucement.
L'ambiance chaleureuse d'un bar. D'une taverne sans nom. Souvenir d'un verre dont on ne se rappelle plus la composition.
Une gorgée, deux gorgées. Trois.
Nouvelle commande.
Les bars sont devenus ma vie. Ma raison d'être. Mon refuge. Là où rien ne peut m'atteindre, où je peux tout oublier. Que ce soit dans l'alcool ou les rires. Le flot de paroles, les exclamations, les cris, les danses. Tout, tout est fait pour s'enivrer, se délivrer, se libérer. Se sentir vivant. Un peu plus que d'habitude. Sentir qu'on est là. Qu'on reste là. Qu'on sera là. Campé sur ses deux jambes. On est là. Tout simplement.

Les effluves de la boisson font tourner la temps. Gentiment. Délicieusement.
On tourbillonne dans un univers de sons et de couleurs chaudes.
C'est jaune, orange, blanc, lumière.
Ca éclate, c'est écarlate.
La bouteille nous tient la main et nous embarque dans cette danse folle. Guide nos pas, dirige nos jambes. Pas d'erreur, la chorégraphie est parfaitement sue.
Et on tourne, on tourne dans les bras de l'alcool. Tout se dérobe, tout s'en va, tout revient, se reconstruit, se réagence.
Fébrilité heureuse.
Avoir envie de rire.
Pour une fois, avoir envie de rire.
Ca fait si longtemps !

Les rires me poursuivent lorsque je sors. Il fait frais. Surtout, il fait nuit.
Je n'ai pas trop bu. Pas au point de faire n'importe quoi. Je n'ai pas de très bons souvenirs de la dernière fois que ça m'est arrivé.
Cependant, j'ai assez bu pour vouloir sourire. Rire. A la vie. A la lune. Aux étoiles. A la Nuit.
Vouloir danser sur ces deux jambes qui ont un peu de mal à trouver une prise solide sur le sol.
Vouloir hurler aux autres, aux démons, aux monstres que jamais, jamais ils ne m'auront.
Je me battrai. Jusqu'au bout.
A bout d'souffle, à bout d'vie, je serai toujours là.
Dents serrées à s'en faire éclater la mâchoire.
Je serai là.
A combattre.
Parce que c'est désormais la seule chose que je puisse faire.

Mes pas me mènent. Ils voguent. Tous seuls.
Même plus besoin de les guider.
Même plus besoin de penser.
Ca va de son propre chef.
J'ai plus besoin de penser. Ressasser. Je crois que c'est ça, le plus beau dans l'histoire. Mon esprit ne tourbillonne plus dans la peur, la crainte, la rage et la rancoeur.
Tout s'est envolé. Pfiou...
Tout est parti.
Il n'y a plus que moi, mon corps et ce qui vient. Ce qui arrive. Je n'anticipe pas, j'accepte tout. Je réagirai sur le moment. Au feeling. Tout peut arriver. Je m'en fiche.
Les pensées se sont éteintes et je regarde seulement venir.
Le monde tourne autour de moi ; je ne suis pas sûre de tourner avec lui. Peut-être que si... Je n'sais pas.
Qu'importe, j'avance.
Je mets un pied devant l'autre parce que marcher, ça fait se sentir vivant.
Parce que marcher est la seule chose que je puisse faire désormais.

Les pas résonne sur le macadam. Je les entends. Les apprécie. Comme de vieux amis, de vieux gardiens qui m'ont toujours suivie. Je respire leur présence. Je me shoote à leur son.
Ca claque, ça claque.
C'est bon.
Je pourrais presque fermer les yeux et marcher, seulement les entendre, ne plus voir. Seulement tendre l'oreille. Rester dans le noir complet. Telle une aveugle.
Je tends mon bras sur le côté, mes doigts effleurent le mur que je suis.
C'est désert ici.
La vie nocturne se trouve au centre du village. Pas là.
Et c'est ça qui est bien. Trouver le calme. Même si un esprit rationnel me dirait qu'ici, il y a bien plus à craindre qu'au centre. Sauf que ce soir, mon esprit n'est pas rationnel.
Je me laisse porter, transporter.
Juste ça.

Et soudain, mes pieds se prennent dans quelque chose. Je trébuche.
Le cri s'étouffe dans le gorge. Réflexe. Se réceptionner. Amortir la chute. Tomber au sol.
Qu'est-ce que c'est ?
Mes sens sont embrouillés mais je me relève doucement. Rien de cassé à priori.
Je relève la tête, les yeux.
Une ombre se détache sur le bitume.
Une étoile. Qui ne brille pas. Une étoile terne. Morte ?

A quatre pattes, je m'approche un peu plus.
La terre tangue un peu. Je ne me sens pas encore capable de me relever, me mettre debout. Bipède. Alors je me contente de ramper jusqu'au visage de l'ombre. Quatre pattes.
J'entends mon souffle court, le coeur encore sous le choc de la chute.
Je me penche au-dessus de l'étoile noire.
Qu'est-ce qu'il fout là ?

-Eh !

Lui tapoter doucement la joue. Etoile tombée du ciel. Qui s'est éteinte. C'est triste.
Mais non.
Je sens son souffle.
Y'a de la vie là-dedans. Un coeur qui bat et se bat. Se débat pour pomper le sang. L'expulser dans les veines. Le corps tout entier.
Y'a de la vie.
Je me sens rassurée.

Je m'assois alors en tailleur à côté de lui. Toujours incapable de me mettre debout.
-Eh, réveille-toi !
Ma voix perce le noir, la nuit, le silence.
Elle atteint le firmament.
Elle atteint l'étoile noire.
Du moins je l'espère.
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Re: A la nuit tombée...

Message par : Azaël Peverell, Mar 13 Sep 2016 - 21:46


Recouvert par le voile de la nuit. C'est comme ça qu'on finit quand on fuit. Un drap sombre qui se déplie pour se poser comme un linceul. Sauf qu'au lieu de se déposer sur le corps, c'est sur l'esprit. Sur l'âme. Abandonnée, abîmée, fractionnée, brisée. Mais pas ce soir. Ce soir il n'a pas envie d'être emporté ailleurs. Il a envie d'être là. Envie d'être en vie. Grâce à l'alcool qui a réussi à rassembler les morceaux, à les lier en un tout. Le puzzle est recomposé. Il manque juste une pièce. Celle qui permet qu'il soit complet. Celle qu'il n'a jamais su trouver. Celle qui permet de partager.

Ses yeux fouillent le ciel étoilé, comme pour la trouver. Parce qu'elle doit bien être quelque part. Les étoiles pourraient l'aider. Il faut juste savoir les écouter. Nouvelle gorgée. Pas facile de boire quand on est couché. Le liquide coule un peu le long de son menton, de ses joues. Mais il s'en fout. Parce que plus l'alcool fait effet, et plus il apprend à écouter. C'est ce qu'il se dit pour se rassurer. Mais peut être que c'est vrai. Ou alors il se ment à lui-même. C'est possible aussi. Mais ce n'est pas important. Parce que cette nuit, il a le droit. Il a tous les droits. Celui d'être complètement bourré. Celui d'être allongé au beau milieu de la chaussée. Même celui de s'amuser. Et celui de rêver.

Alors c'est ce qu'il fait, l'esprit au ralenti, embrumé. C'est bon de se sentir vivant. Ca faisait tellement longtemps. Et pour une fois, sa vie n'était pas trop en danger. Sauf si quelqu'un de malattentionné passait et décidait de le tuer. Mais ça ne pouvait pas arriver. C'est injuste d'exister, mais pas à ce point. Et au pire il mourrait en se sentant bien. En souriant légèrement. Peut être même qu'il ne s'en rendrait pas compte. Qui sait… Ne pas penser. Un luxe qu'il ne s'était pas autorisé depuis longtemps, et qu'il apprécie à sa juste valeur. Même si c'est seulement pour quelques heures. Mais soudain, il sent un choc au niveau de ses côtes. Pas bien méchant, juste de quoi le sortir de sa douce torpeur.

Le choc est suivi d'un petit cri étouffé. Mais ça ne vient pas de lui. Quelqu'un ne l'a pas vu et est tombé. S'est pris les pieds. Il aurait dû s'en douter en restant allongé là. On fait difficilement plus sombre comme endroit. Habituellement il l'aurait engueulé. Peut être même qu'il lui aurait fait passer un sale quart d'heure. Mais là, une autre pensée lui traversa l'esprit. Et si c'était la dernière pièce ? La seule qui lui manquait ?

-Eh !

Une voix de femme. Et elle lui tapote la joue. Il a donc l'air si mort que ça ? Il voudrait ouvrir la bouche pour lui dire d'arrêter mais n'y parvient pas. Finalement il a recommencé à penser plus tôt que prévu. Qui était-elle ? Qu'est ce qu'elle fichait là en pleine nuit ? Et pourquoi est-ce qu'elle n'était même pas inquiète de trouver un inconnu ivre mort sur le sol alors qu'il n'y avait personne d'autre aux alentours ? Aucune importance, Az'. T'es la pour profiter, non ? Alors profite. Prend ce qu'on te donne. Tu voulais quelqu'un pour partager, pour être heureux à deux, même si c'est juste pour quelques instants vite oubliés. Aller.

-Eh, réveille-toi !

Elle insiste. Mais au moins elle ne le touche plus. Encore quelques secondes à simplement fixer les étoiles, et il se redresse. Difficilement. La Terre tourne tellement. Plus qu'avant. Il la regarde, la dévisage, sans même chercher à s'en cacher. Il s'assoit alors en tailleur juste en face d'elle. Miroir parfait. Il brise le reflet en prenant une nouvelle rasade d'alcool parce qu'il a la gorge trop sèche pour parler.

- Je dors pas. Pas encore.


Un nouveau silence. Mais pas gênant. Juste présent. Le silence de la nuit, le silence de la vie. Celui qui donne du rythme, et plus de poids aux mots. Ses yeux n'ont toujours pas quitté ceux de l'inconnue. Elle venait de briser sa solitude, et il ne lui en voulait pas. Il pourrait presque la remercier, mais elle ne comprendrait pas. Et il n'a pas envie de la faire fuir. Pas tout de suite. Mais il ne sait pas comment réagir. Comment on fait pour partager quelque chose avec quelqu'un ? Comment ça marche ? Personne ne lui a jamais expliqué. C'est bien la première fois qu'il se retrouve comme ça. Avoir envie d'aller vers quelqu'un plutôt que de le repousser… Drôle d'idée. Mais faut bien tester. Alors il lui tend sa bouteille, même si il ne reste vraiment plus grand-chose.

- T'en veux ?
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Re: A la nuit tombée...

Message par : Kohane Werner, Dim 18 Sep 2016 - 14:43


Une, deux, trois secondes. Qui s'égrainent doucement dans la nuit.
Et enfin un mouvement.
L'axe horizontal est brisé. Voilà la colonne qui s'érige, se redresse. Se relève, lentement. Axis mundi. Axe entre la terre et la ciel, les Hommes et les dieux. La silhouette déchire le noir, déchire l'uniformité de la nuit.
Elle est là, assise désormais. A la même hauteur que moi.
La tête sous les étoiles, les jambes ancrés sur la terre, le parfait lien entre tous les éléments.

Immobilité. Maintenant.
On est deux. Sur le macadam. Désert.
On est deux. A se sentir tourner. Tournoyer.
A voir le monde faire sa ronde, à le regarder de l'extérieur, à être l'axe autour duquel il tourne. Alors peut-être est-ce lui et non nous qui est en mouvement. On se contente juste d'observer de notre poste fixe. Rien d'autre.
Ca fait du bien, en fait.
Se poser. Pas bouger. Voir les autres bouger pour soi. Autour de soi. Qu'ils nous oublient un peu. Qu'ils nous laissent donc en paix. S'enfermer au fin fond du fond d'une tanière, hiberner. Et que le reste nous foute la paix. Et que les gens se décident à nous lâcher la grappe. A cesser de nous tomber dessus sans raison.
S'enfermer dans une bulle, un cocon impénétrable.
Pour cela, l'alcool est le meilleur ami. Ses vapeurs construisent un mur invisible mais tellement résistant. Un mur qui occulte tout le reste. Qui cache ce qu'on ne veut pas voir et grossit ce qu'on désire trouver. Le refuge idéal pour ne plus se rendre compte. Déconnecté de la réalité. Un temps de paix. De repos. Que demander de mieux ?

Il y a toujours la légère euphorie qui nous donne ce sentiment oublié depuis longtemps. Celui de vouloir rire. Sourire. Danser.
Il y a la détente, effacement des craintes, des peurs les plus profondes. Effacement des cauchemars, des monstres, des démons. Seulement l'alcool. Qui nous tient la main. Rassurant. Comme un père bercerait son enfant.
C'est magique tout ça.

Et puis il y a les corps sur qui on tombe, sur qui on trébuche. Les frères, les soeurs. Eux aussi bercés par les doux bras de la bouteille. On se voit, on se reconnaît. On s'aime de cet amour fraternel. Sans poser d'questions. On est du même clan. On est une famille. Avoir un père commun rapproche.
Alors on s'approche. On se dévisage. On s'apprivoise.
On ranime les étoiles immobiles dans le soir.
On leur redonne un peu de lumière.
Et on brille ensemble dans le noir.

- Je dors pas. Pas encore.
Je regarde son ombre en face de la mienne. Sosie, frère d'alcool. Face à face, à regarder sa propre image dans celle de l'autre. A se contempler dans ses pupilles.
On est pareils.
La voix ne continue pas de déblatérer. Elle se tait. C'est bien. C'est mieux. C'est beau.
Le silence est réconfortant. Peu de mots pour dire beaucoup de choses.
Se comprendre par le rien, mais le minuscule. Pas besoin de grandes effusions de larmes et sentiments pour faire passer un message.
Ce soir, tout sera simple. Pas besoin d'se prendre la tête. Pas besoin de...
Juste se comprendre dans une simplicité enfantine. Celle qu'on a oubliée. Celle qu'on a effacée avec l'âge. Une spontanéité puérile qu'on cherche à retrouver. Retourner à l'âge d'or, l'âge de l'innocence, de la candeur, de la sobriété.
Ce soir, ce sera ça. Parce qu'on est frères, on est soeurs, on est frère et soeur.
Tout ira. Bien. Dans le silence.
Deux ombres en miroir qui se sentent liées. Par un lien invisible. Fraternité fantasmée. Bouteille pour seule attache. Effluves d'alcool en signe de reconnaissance.
Deux ombres qui se cherchent et pourtant, restent immobiles. Dans la nuit.
En temps. Pour se chercher. Se trouver. S'apprivoiser.

Puis le geste. Lui vers moi.
Il tend le lien. Le montre. L'exhibe. Ce lien qui nous unit, lui à moi, moi à lui. Ce lien qui nous rassemble dans le silence et l'inconnu. Il l'avance. Bouteille.
- T'en veux ?
Il propose. Partager. Peux pas refuser. C'est tellement beau.

Je souris dans le noir. Etire à mon tour le bras. Saisir l'objet. Sentir ses doigts sous les miens. Chaleur humaine. Sang fraternel.
Prendre la chose. Et boire. Il n'en reste qu'un fond. Qu'un infime fond. Réservé pour cette rencontre inattendue. Pour créer ce lien incongru.
J'avale d'une traite les dernières gouttes. Ca descend dans la gorge. Le liquide se répand doucement. La chaleur intérieure qui monte. Ca inonde les sens. Les joues se colorent un peu. Qu'importe. Dans le noir, on n'voit rien. Y'a pas d'couleur. Seulement des ombres. Qui se font face.

Je repose la bouteille au sol. Je dis merci. Mais intérieurement. Pas de mot. Ca ne fait rien. Ce doux lien qui se crée véhicule dans le silence les paroles. En toute simplicité.
Je lance ma tête en arrière. Vois la voûte céleste. Les étoiles qui illuminent. Scintille de leur présence rassurante.
Sourire.
Laisse échapper un soupir. Etre bien. Dans la nuit. Air frais sur les joues. Une présence en face. Un frère d'alcool pour chasser l'ennui. Pour chasser la peur. Parler d'autre chose que du monde qui déraille.
Flotter. Lui et moi. Dans cet univers qui nous est secret. Cet univers que seul les frères, les soeurs de la bouteille connaissent.
Se laisser guider. Par le monde et le néant.

Les étoiles brillent là-haut.
Tandis que nous savourons cet instant.
Et les mots sortent. Enfin.
-T'as jamais rêvé d'aller là-haut ? De les rejoindre et danser avec elles ?
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