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Contrées lointaines
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Malena Kane
Serdaigle
Serdaigle

Re: Contrées lointaines

Message par : Malena Kane, Mer 01 Mar 2017, 01:22


Douce guillotine



I divide
in the sky
in the seams
between the beams


quelqu’un lui a mis un coup de point
un coup de cœur
un coup de détresse
et un œil au beurre noir s’est formé
et le ciel
si grand si flou
qui fuit
est devenu tout violet

y a rien autour de toi
sauf cet immeuble en face de toi
grand platane en acier
sur lequel brille, en lettres brillantes,
ce mot, cet unique mot :
Alone,
comme une pensée matérialisée
en toutes lettres
avec une flèche en bleue
mélancolique
qui rit
comme pour te rappeler
au cas où tu aurais oublié
- mais tu n’as pas oublié-
que tu es
Alone


Calm Now
le vent est une musique
qui vient des profondeurs
bien au fond
ces profondeurs qu’on n’ose aller déterrer
qu’on n’ose approcher
ces profondeurs qui nourrissent
ce vide cosmique
que tu as avalé tout cru
ou qui s’est enfoncé dans ta gorge quand tu dormais
rêvais

un vide cosmique
qui parfois, souvent,
quand ton esprit se laisse emporter par les trains
mélancoliques,
remontent lentement
le long de ton œsophage
pour t’étouffer
t’achever

au fond de ton ventre
un vide énorme
une faim insatiable
un gros vide de toi
de lui, d’elle,
ce garçon, cette fille,
cet-te androgyne
ce ille, ce yel
Toc, Toc ?
Qui est là ?
Seulement toi avec toi
Ou toi sans toi
le vide
le néant
le monde devenu invisible
silencieux

et le temps passe
comme cette longue procession de nuages
des êtres des formes difformes
éclatées comme l’est ton identité
explosée en des milliers de
constellations
qui se sont perdues ici et là
accrochées à d’autres âmes que tu as rencontré
à qui tu as tout donné
à qui tu t’es tout-e donné-e
sans réserve
toi, ton âme, toi
sans rien demander en retour
- peut-être bien un peu de tendresse,
juste un peu
ou un retour de lumière que tu essayes
de leur incendier à coup de sourire
à coup de caresse sur l’âme
à coup de briquet

parce que toi
tu y crois
mais

tu y crois si fortement
que l’absence de reflet dans le regard d’autrui
te consume.

oh,

entre les nuages,
une étoile seulement
entre des morceaux de toi
une étoile seulement
qui brille fort
qui apparaît, disparaît
mais, Mal,
elle a toujours été là
toujours
camouflée derrière un brouillard
qui t’empêche de l’attraper,
mais
qui en même temps
te montre le chemin

oh,

un avion à réaction
une idée à 100 à l’heure
qui s’échappe
et tu divagues dans le ciel
t’es comme un corps
qu’on mène en bateau sur les vagues
qu’on fait danser
jusqu’à l’oubli
jusqu’à ce que tu t’oublis

t’es pas violent-e au fond
même si t’es colère
t’es qu’un morceau de barbe à papa
qu’on grignote petit à petit,

mais

que restera-t-il de toi
quand t'auras tout donné à manger ?

et la fumée de ta cigarette
courbe l’échine.

y a cette autre personne
vagabonde,
pas loin de toi
coincé dans le même sujet que toi

il a des airs d’accordéon connus
un soir de tempête
sauf qu’aujourd’hui
il ne joue pas
il joue sans musique
il joue sans notes

sauf que
le silence, lui aussi,
chante l’âme

et son âme
c’est une âme incandescente,
lacérée,
qui saigne
qui pleure
qui se cambre sous la douleur
qui se cambre
qui recherche
un coin de douceur

alors
tu te rapproches
- salut l’accordéoniste
Dis
- si on retrouve ta musique
Tu
- joueras pour que je puisse atteindre cette étoile, là-haut,
Là-loin ?

avant que la tempête ne revienne
car c'est calme pour le moment
t'es comme une note des musiques
ou la voix d'un chanteur, chanteuse
une voix sur un fil
qui déroule le crépuscule

puis arrive le vibrato
et après le dernier souffle de son
c'est la chute
vers les profondeurs

inside me.

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Leo Keats Gold
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Re: Contrées lointaines

Message par : Leo Keats Gold, Mer 01 Mar 2017, 06:27


For you
Star's shepherd



Des bras en allumettes.
Au fond de la nuit, qui grattent les mirettes.
Le bout des doigts comme une cigarette.
Incandescence des âmes dans un ballet nocturne
-désarticulé par le poids de l’ennui.

Comme un rien, comme un vent, une brise de soir d’ivoire. Les ombres chinoises s’emportent. -Hurry, hurry, hurry, before i go insane- Comme des volets qui claquent. Un rythme invisible derrière la peau des du bout des jambes. Bam. Bam. Bam. Bam. -I wanna be sedated-La tête tourne comme un manège. Les notes glissent le long de la nuque. Gouttes d’un jour, gouttes d’espoir dorés qui s’échappent en bulle. S’élèvent jusqu’aux cieux. Planète circoncise d’un morceau d’âme arraché par le dos. Les gouttes s’épaississent. Elles noircissent. Reste d’un bout de Narcisse agonisant au bout des ongles.

Flaques humaines a-tachées à l’herbe
Trop verte pour être tuée
Trop belle pour être réelle.

La vie n’est plus admise dans un cerveau malade. Qui cueillait des pâquerettes, brandies comme oriflammes. Qui faisait des feuilles d’or le plus beau des trésors. Pour qui le beau est parti par bateau il y a longtemps déjà.

Ici-bas
You’re on earth, there’s no cure for that –There is no cure for life.


Il y a une ombre là-bas. Qui ne danse pas comme les autres. Qui n’entend pas ton requiem. Ses pas ne rythment pas le même. Une envie irresistible de glisser entre les dents qu’une étoile n’a pas le droit de marcher. D’approcher. Que sa place est là-haut.
Avec les autres soup-rirs.

Les cauchemars se meuvent à son approche. Des lèvres coulent des mots invisibles. Inaudibles. –I can’t control my fingers, I can’t control my bones. Hurry, hurry, hurry, before I go insane-Automate judaïque qui écarte les falaises oppressantes de quelques foulées de chevilles. Tes yeux cherchent le bâton salvateur qu’il te faudra trouver toi-même. Force omnisciente des âmes troublées. Les doigts fins enserrent les mains.
-I can’t control my brain-

Les gouttes de clef de Sol continuent de monter s’incendier en volutes. Argentées. Les yeux se perdent dans les méandres des vallées oculaires de l’âme étoilée. Pupilles-vallées survolées tant qu’effleurées.
salut l’accordéoniste

Goût de chair carbonisée qui se meut sur les lèvres asséchées, comme une perle de mémoire d’un jour où tu souriais. Tu ne sais plus quand. Tu ne sais plus comment.
Dis-moi.
si on retrouve ta musique
Demande-moi si je
joueras pour que je puisse atteindre cette étoile, là-haut.

Hochement de tête presque assurées alors que les pensées font leur route.
Etoile perdue,  écrasées par ses moutons gris
-pluvieux.
Œil plus vieux
Que l’infini connu que tu as déjà pu voir
Dans un miroir-batârd
De l’âme.

Retrouver une musicalité, le chant des veines, les sourires du métro avant que les fils ne se dénudent sans préavis, sans pudeur aucune. Sans respect des yeux cachés.
Mots glissent,
Langue maudite.

Dis
Je crois
Qu’il faudrait
Que tu danses assez bien
S’il te plait
Pour voler toi-même.
Que tu me rendes mes yeux.
Si je t’aide, tu m’emmèneras voir le monde de là-haut ?
Ça doit être sacrément beau.

L’art de voler encore comme un oiseau accroché à une étoile. Des ailes oubliées auxx bords de la route qu’on a dû piétiner.
Mais tu sais
Si t’es perdu ici
Je peux toujours essayer
De t’en faire de nouvelles.


Tu sais, étoile d'un soir, au fond,

I don’t wanna be sedated.
Je crois qu'on peut s'aider ce soir
Be useful just to be.
Dans un élan de désespoir essayer
Something
Faire comme si on était encore un peu
Someone
Alors si je t'aide ne joue pas à Icare
Please
Les ailes tu sais, c'est pas si simple à réparer.
Don"t let me.




Merci de ne pas prendre le sujet
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Malena Kane
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Re: Contrées lointaines

Message par : Malena Kane, Jeu 11 Mai 2017, 01:19





Puis le temps s’est comme arrêté.

Je l’ai vu sauter sur une note de piano comme on saute sur un trampoline.  Sauf qu’il n’est jamais retombé.
Il est resté en l’air,
telle une plume qui roule sur le dos sur le vent,
comme un corps qui se noie lentement,
qui se laisse prendre par
l’immensité de la mer
dans laquelle il se perd,
s’oublie.
un corps qui se noie lentement.

L’accordéoniste a dit vouloir te faire danser
mais entre les plis de son instrument,
tu as entendu autre chose,
une mélodie cachée
un langage invisible que vous seul pouvez comprendre.
Dis, dis, dis
qu’il disait,
qu’il faudrait
de manière très polie
s’il te plait
Que tu lui rendes ces yeux.
Ça doit être sacrément beau.

T’as envie de lui dire que ces yeux, ol les a encore
Qu’ol ne les a pas perdus même si ol le croit.

C’est comme quand on mange du réglisse et qu’on veut manger quelque chose après. La chose d’après n’a plus de goût. Mais pourtant le gout de la chose d’après est bel et bien là. Juste en dessous le réglisse. Suffit de chercher, de gratter un peu.


C’est comme ces âmes qui croient que leur passé leur a tout pris
Leur joie de vivre
Leur capacité d’aimer
Leur capacité d’être aimé
Leur capacité de faire confiance
Leur capacité d’espérer
Leur espoir.
Rien n’a disparu.
C’est caché sous un film plastique noir.
Faut soulever.
Car rien n’a disparu.
Rien
.


Sans bouger les lèvres et sans lo regarder tu lui as souris. Ce genre de sourire que toi seul-e sait faire Malena. Ça avait quelque chose de tendre mais aussi d’insolent. Comme si tu avais compris le monde. Comme si tu ne faisais qu’un avec lui, que tu en saisissais tous les mystères. La nuit fait souvent cet effet. On est capable d’emprunter les vagues sur notre surf bricolé avec des bouts de rêves cassés, un peu beaucoup de mélancolie et de la colle glu qu’on goûte à l’école primaire. On est capable de glisser sur le corps irrégulier de cette mer, comme un bic médium s’aventure sur la feuille blanche piégée d’émotions cachée dans des recoins que l’inspiration dissimule ; comme les mains qui caresse la peau chaude d'une femme, d'un homme et qui s'électrise à chaque contact...
et, et
ça crée des étincelles
et, et
on se sent le roi du monde, ce monde dans l’ombre du Monde. Ce monde qu’on aura oublié au petit matin, qu’on regrettera, qu’on retrouvera.
Je tombe.

T’as lâché ma main.
J’ai encore la marque enflammée de ta paume contre la mienne, elle brûle. Me brûle. Malena. MAL ! MAL ! T’as lâché ma main pour prendre celle de l’Accordéoniste et ensemble vous avez commencé à grimper. Avec le mot escalier-nuage, vous avez construit des marches pour monter, monter vers la Lune.

Tu sais.
J’ai souvent rêvé d’aller voir la Lune.
En vain.
Toi, tu peux y aller.
Tu en as les droits.
Tu es un être vivant personnage.
Et les lois de l’impossible
n’ont aucune emprise sur ton corps et sur ton âme.

Moi, je suis un rêveur
et à force de rêver je m’écorche
parce que les rêves sont  
des couteaux
des épines
des dents
de l’amour qui blesse
des violons lancinant lacérant
des larmes qui ne tombent pas
du courage que je n’ai pas
des yeux qui incendient le cœur comme un fer à repasser
des souvenirs qu’on essaye d’rattraper
une présence invisible, incinérée par le temps
une écharde dans la mécanique qui empêche de fonctionner correctement
bref
une addiction.

Je vous ai regardé monter
vous éloigner
doucement doucement doucement
mètre par mètre
doucement doucement doucement
je n’entends presque plus ta respiration
un fil fragile

Je vous ai regardé me perdre de vue
vous qui brillez
comme des étoiles à des années lumières
un avion qui trace
ou peut-être n’était-ce que le rougeoiement de ta cigarette.
Pourquoi avais-je l’impression qu’il s’agissait de mon cœur ?
Mon cœur qui s’éloigne
Qui s’éteint
S’étouffe dans le vaste monde.

Vous êtes loin maintenant
je suis tout seul.

Je crois t’avoir entendu lui dire en regardant la lune qui s’approchait
tu penses que les crevasses sur sa peau, c’est des fumeurs qui sont venus écraser leur cigarette ? 
et c’est tout, plus rien.

Je me demande comment c’est le monde vu d’en haut
Je me demande ce que tu vois
Ce que tu ressens Mal.

Je ne suis qu’un rêveur.
Qui fait semblant. Qui regarde dehors. C’est la nuit et les rues sont désertes. Tu es un être vivant-personnage et tu as tous les droits. Alors à cet instant précis où tu vois le monde entier, à quoi tu penses Malena ?
Dis-le-moi
Parce que je n’en ai aucune idée.

Mais, va.
Allez-vous sauver.
Moi, je m'enfonce dans le silence
et je vous regarde.  
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Leo Keats Gold
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Re: Contrées lointaines

Message par : Leo Keats Gold, Sam 27 Mai 2017, 16:51


Pour tout le Bruit que ça a fait.


Y a toujours quelques gouttes de miel pré-fabriqué au charbon qui s'écoule par sa nuque, percée de toutes part par les aiguilles rouillées qui maintenaient des vertèbres. L'échine grisée par la lune à l'heure où fête dernière berçait le monde de ses deux bras atmosphèrlancoliques.

Comme un berceau électrique
Et les pleurs incontrôlables de la mer.e
Devant la perdition du fil.s
Involontairement figé.


Je me suis réveillé.e au milieu de la nuit, le coeur étranglé, saisi par le malaise. Je n'ai pas pu m'enfuir tu sais, pas cette fois. Je n'ai pu que l'écouter. Le silencieux vacarme de l'angoisse.
Le bruit qui ne fait pas de bruit.

Et sais-tu ce que j'ai entendu ?
Rien, le vide. Et puis doucement,
Comme on enlève un pansement,
Comme un chuchotement
Le cri d'agonie d'une âme qu'on assassine.

Dis, cueilleu.r.se d'étoiles,
Est-ce que toi aussi tu l'entends
Dans le creux de la nuit ?


Peut-être même que tu le vois. Je ne sais pas si ce n'est pas mieux au final, de ne plus rien voir. Si malgré les filtres de bonbons que mes yeux ont enfilés, ils supporteront encore la vue de cette mélasse noire qui s'accroche à la peau. Si l'envie de l'arracher avec les ongles m'envahira de nouveau.
Si je saurais encore faire.

Arrêtez le monde,
Je voudrais descendre.


Et puis au milieu de la nuit, il y a eu un deuxième croissant de lune. Un peu tendre, un peu insolent. Un peu comme cet ourson en peluche que l'on a eborgné sans le vouloir enfant, devenu pirate par la force des choses. Tendre et emplie de cette insolence delicieuse qu'affichent les esprits libres.

Il y a eu un deuxième croissant de lune
Et c'est à moi qu'il a souri.
Comme un souffle chaud
Comme un de ces échantillons de vie qu'on ne trouve pas en pharmacie.


Une lune magnifique qui donnait envie d'aller l'accrocher là haut, avec toutes les ampoules du monde. Celles qu'on essaie de cueillir avec les yeux et les souvenirs une fois le corps blotti dans la nuit.

Alors j'ai hoché la tête. Deux fois. Comme un pantin. J'avais envie, moi aussi, d'aller voir les étoiles là-haut. De tout bazarder. Parce que le ciel n'a pas besoin d'être rangé. C'est un électron libre.
Un endroit de tous les possibles.
Où je pourrais apprendre à voler, encore une fois.
Comme un oiseau.
Renaître dans l'explosion des planètes suspendues dont tu aurais coupé les fils avec tes grands ciseaux crantés.
Je veux danser là haut
Comme je dansais avant.

Et c'est presque en courant. En flottant, que vous vous éloignez. Que vous partez là où la réalité vicieuse n'a plus d'emprise. Où les rêveurs fous s'épanouissent. Là où tout écrivain aimerait pouvoir se plonger. Et oublier qu'on l'attend dans un monde qui n'est pas pour les grands enfants.

Et au creux de la nuit,
Seuls les trois mots résonnent.
Dans la pièce aux quatre murs de l'imagination
Comme un écho fugace.

Réveillons les étoiles.
Elles ont assez dormi.

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Megan K. Hayajân
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Re: Contrées lointaines

Message par : Megan K. Hayajân, Dim 18 Juin 2017, 21:25


[RP Privé avec Finrod]
autorisation forcée de Leo jtm

____________________


Pause. Inspiration. Contempler les toits. Expiration.
Pause. Le vide qui appelle, les ailes qui s'élancent. C'est l'envolée.
Pause. Londres qui s'efface, le week-end qui s'installe.
Nous partons où aujourd'hui ?

Depuis trois semaines, plus exactement depuis mon retour des contrées amérindiennes, je ne vivais plus que pour ça. Ces instants de répit où je quittais la terre britannique à la recherche de jeunes enfants en difficulté. La mission que je m'étais auto-attribuée était simple : trouver les petits sorciers en herbe, leur indiquer leur nature, convaincre leur parents et trouver l'école la plus proche pour les y envoyer à leur adolescence. Les rassurer. La plupart venaient de contrées éloignées et très souvent peuplées de moldus. Les enfants n'avaient jamais encore entendu parler de la magie comme nous la connaissons et la découvrait souvent brutalement, déclenchant la peur et la colère. Je m'employais à les aider à se contrôler en attendant le jour fatidique où ils pourraient rejoindre un collège de sorcellerie.

Sans savoir où le vent me portait, je glissais entre les courants et planais sur les ascendants. Il n'y avait rien de plus vivifiant que cette liberté totale. L'horizon était ma seule limite. Je goûtais la solitude avec le plus grand des plaisirs. Rien ne venait troubler ma tranquilité et les années passés à pratiquer le vol de longues distances me permettais de m'économiser au maximum et de posséder une belle endurance. Le vendredi soir, je m'endormais quelque part dans le sud de la France. A l'aube, je traversais l'océan atlantique et survolais une partie de l'amérique du sud. A la nuit tombante, j'arrivais au Vénézuela. Je reprenais forme humaine. Mes premiers pas après avoir passé si longtemps sous ma forme animale étaient toujours délicats, un peu instables, souvent peu naturels. C'est dans ma lancée que l'habitude revenait, et que, comme les jeunes enfants, je trouvais mon équilibre.

J'étais perdue dans la campagne. J'étais saisie par le décalage horaire et me perdais dans les jours. Samedi soir ou bien dimanche soir ? Peut-être même de retour au vendredi ? Je traversais une plaine rase à l'herbe sèche et jaune, vide. Ni routes, ni habitation. Ma quête ne faisait que commencer. J'arpentais les pentes depuis une heure déjà quand une fumée épaisse et noire attira mon attention. J'accélérais le rythme, entendant des cris. Peur ? Douleur ? Etait-ce l'appel de la magie ?

Les flammes léchaient les murs d'une maison bancale qui menaçait de s'écrouler. Je restais tétanisée. Malgré le mois passé devant le feu de camps améridien, je craignais encore la fumée et sa mère brûlante comme la peste. L'incendie prenait de l'ampleur, les volutes d'épaisse fumée noire tournoyant autour de la bicoque qui, à l'odeur, devait être faite de bois. Je sortais ma baguette, parvenant à faire un pas. Je me sortais de ma torpeur paralysante.

- #Aguamenti !

Le sortilège me parait presque risible mais le jet d'eau est puissant, et, décrivant des cercles autour de la maison, je parviens à maîtriser les flammes. Je suis déconcentrée par un bruit strident. Je le connais bien, ce bruit. Les pleurs d'un bébé. Je glisse ma baguette dans ma poche et cherche le nourrisson. Je me laisse guider par mon instinct et mon ouïe. A travers la broussaille, couvert de cendres, un petit ange s'agite, emmailloté dans ses langes.

Quand je le prends dans mes bras, il s'accroche à mon haut et pleure dans mon cou. Son petit corps tremble : il est sous le choc. Où sont ses parents ? Ne lâchant pas le petit, je décide d'aller voir si je ne repère pas les traces d'un membre de sa famille. L'odeur me prévient avant ma vue, mais je ne peux pas me faire d'espoir. Les restes sont explicites. Néanmoins, pas de trace de cheminée ou de combustible. Rien que le bois de la maison. Qu'est-ce qui a pu déclencher ce feu ?

- Allons voir à l'intérieur, les gars ! crie une voix masculine.

Je pose un doigt sur la bouche du petit qui a arrêté de pleurer. La voix ne me semblait pas amicale. Récupérant ma baguette, je ferme les yeux et me concentre sur le vide et le soleil. #Spero Patronum, j'informule. Le corbeau prends forme, tissé de lumière.

- Trouve Finrod Elensar. Dis lui que je suis au Venezuela, près de la frontière de l'etat de Barinas. Je suis a proximité des plages que l'on surnomme Playas del Diablo. Il y a un desert derrière. Dis lui de me trouver grace a la fumée, je vais lancer des étincelles. Dis lui que quoi qu'il soit entrain de faire, ça n'a aucune importance. Je suis en danger. Et il y a un enfant innocent avec moi.

Après ce murmure messager, l'oiseau de lumière s'éteint et vole vers son destinataire. Le boss a intérêt à être réactif. Je jette mes premières étincelles rouges.

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Finrod Elensar
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Re: Contrées lointaines

Message par : Finrod Elensar, Ven 23 Juin 2017, 17:24


Une départ pour de nouvelles vies

PV Valentina Boccini



Zzzzz
Zzzzz

Sommeil profond.


Nu, dans une grand lit. Seul, pour profiter cette étendue moelleuse. Une nuit chaude, un été loin de la pluie grisonnante habituelle de Londres. Des draps éparpillés ne couvrant pas grand chose du mètre quatre-vingt sept de l'ancien Serpentard. La fenêtre entre-ouverte, laissant l'air passer, espérant un courant d'air pour rafraîchir l'atmosphère lourde de la pièce accentuée par celle de la ville, car c'était dans son appartement que se trouvait Finrod.

Après avoir fait la crêpe pendant quelques minutes, le Fourchelang avait réussi à rejoindre Morphée. Mais il semblait qu'une personne avait décidé de l'en tirer. Croyant d'abord à un rêve d'une magnifique beauté, d'une couleur si éclatante, aveuglante. Mais un message répété. Comme une alarme. Qui oblige à comprendre ce qu'il se passe. À réfléchir à toute vitesse, à saisir l'essentiel. C'est difficile. Danger ! Tina ! Qu'est-ce qu'il faut comprendre ? Il doit aider qui, pourquoi ? S'est-elle faite capturée ? D'une main hasardeuse, il cherche sa baguette, toujours posée sur sa table de nuit, prête à l'emploi. Il s'assit sur le bord du lit, frotta ses yeux, pour les aider à s'habituer à la lumière dans sa chambre. Un patronus comprit-il enfin.

Il ne lui fallu pas longtemps pour se lever, chercher une tenue, entièrement noire. Et comprendre qu'il devait quitter son domicile sans trop tarder. Le masque, au cas où mais dans un sac. Pas question de débarquer dans une situation où tout allait être déballé sans le vouloir, où les plus noirs secrets seraient dévoilés... Il est prêt. Pour une aussi longue distance, il ne doit pas prendre beaucoup de choses, il ne prend rien d'autre que sa baguette d'ailleurs. Le Venezuela, qu'est-elle aller faire là-bas ? Concentration, il ne faut pas se louper... Un, deux, ... TROIS ! CRAC !

La tête tourne, difficile de comprendre si le transplanage a bien fonctionné. Il semblerait... Le corps entier du presque géant est là. Il se tâte pour s'assurer que ce soit le cas. La chaleur du lieu et le paysage lui indiquent qu'il n'est plus à Londres. Le patronus n'est plus là. Finrod respire un grand coup, pour se remettre les idées en place et scrute l'horizon. À la recherche "de la fumée",
rien... Enfin. Si, là-bas. De la fumée noire s'élève. Qu'a-t-elle fait ? Il ne devrait pas tarder à le découvrir. Il transplane à nouveau. Crac.


Il tousse. La fumée atteint rapidement ses poumons. Par réflexe, il se couvre la bouche avec son bras droit qui tient sa baguette, pour se protéger. Finrod découvre le désastre, une odeur désagréable, et c'était un mot faible. Ses yeux cherchent la silhouette de la jeune femme qui l'a appelée, elle est vivante, il le sait. Après tout, elle était pleine de ressources.

- TINA ! Hurle-t-il. Le Fourchelang est sur la défensive, ne sachant pas sur qui ou quoi il pouvait bien tomber. Il informula même un Protego, au cas où.
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Megan K. Hayajân
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Re: Contrées lointaines

Message par : Megan K. Hayajân, Ven 23 Juin 2017, 22:37


____________________


Tu trembles, Tina, calme toi.
Facile à dire, quand on ne craint rien.
Enfant de la providence.

Providence qui voulait que ma route est il y a deux ans croisée celle d'un homme droit et fiable. La voix - quelque peu lointaine - de Finrod résonnait à mes oreilles. Je restais calfeutrée dans l'angle, cherchant un moyen de contourner la ruine sans que les moldus ne s'en aperçoive. Un bref regard vers eux et ma théorie est confirmée : ils sont trois et sont armés. Une baguette face à trois pistolets... même en étant une jeteuse de sorts hors pair, je ne pouvais pas concurrencer avec ces technologies moldues... ou alors il faudrait que je les rende fous par une illusion effrayante... Avant cela, je lançais de nouveau des étincelles rouges violacées, appelant à l'aide Fin. Si il me trouvait, nous serions deux. Trois bras. Car dans le creux de mon coude gauche, coincé entre ma cage thoracique et le haut de mon bras, le bébé dormait. Dormait.

Le sommeil des nourrissons est toujours le plus profond. Alors même que les voix des hommes fouillant dans les décombres se rapprochent, Je vois la silhouette du géant se dresser dans le cadre de la porte arrière, en contre-jour.

- Ah, là c'est cette foutue débile d'Idalyne. Si elle nous avait laissé le gosse du diable, elle aurait pas brûlé.

Je parviens à rejoindre Finrod sans que les violents fermiers vénézuéliens ne voient mon ombre ou ma silhouette. Je me sens complètement bloquée - hors de question d'abandonner le bébé sans trouver les restes de sa famille. Mais la part furieuse de moi, la part animale et en rage, refuse de partir de cette maison sans avoir fait sauter les têtes de ces monstres de leurs corps. Au sens littéral.

- Ces trois fermiers ont fait brûler ce taudis pour tuer ce gosse qui serait capable de magie d'après eux. C'est impossible à cet âge, je sais. Mais imagine si c'était le cas ?  Les parents sont morts carbonisés - d'où l'odeur. Aide moi à les détruire, je n'ai qu'un bras.

Je murmurais pourtant : cela ne suffit pas. Les fermiers entendirent un souffle.

- Qu'est-ce que c'est ? jappa un fermier.

Je devais mettre le petit à l'abris ! Je n'allais pas me battre avec un bébé dans les bras, bordel ! Laissant Finrod sur le devant de la scène, je me glissais à l'arrière, commençant à informuler toutes sortes d'incantations de protection, incluant un repousse-moldu primaire. Les sorts prenaient du temps et de l'énergie, et j’espérais que les mugissements que j'entendais de l'intérieur était bon signe pour le Maî... pour Fin.
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Finrod Elensar
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Re: Contrées lointaines

Message par : Finrod Elensar, Mer 28 Juin 2017, 10:20


Il n'avait pas fallu longtemps pour que Finrod se retrouve en pleine action. Valentina sortit de nulle part, faisant presque sursauter le presque-géant qui pointa sa baguette dans sa direction. Heureusement pour elle, il n'avait pas le réflexe de lancer un sortilège sur tout ce qui bougeait. Il ne dit mot mais ses yeux suivirent la jeune femme qui arrivait vers lui pour se placer derrière lui. Il remarqua ce qu'elle tenait en ses bras. Il y avait parfois, chez certaines personnes, un besoin viscérale de protéger les plus faibles et Tina en faisait partie. C'était louable mais pouvait attirer tellement d'ennuis, il suffisait de voir dans quelle situation elle s'était mise.

Avançant à la rencontre de ces incapables sans-magies, de ses meurtriers, Finrod restait méfiant. Pas question de se laisser avoir par le nombre, même s'ils ne pourraient très probablement rien faire face au Fourchelang et à la sorcière, même si elle n'avait qu'un bras de disponible. Le but n'était pas de s'enfuir, Finrod avait en tête de les tuer. Comment, il ne le savait pas encore ?. Un bruit attira son attention. Des voix se firent entendre. L'odeur nauséabonde prenait possession de l'air ambiant accompagné de fumé noire. Mais cela n'empêcha pas les trois fermiers de se retrouver face à l'ancien Serpentard.

- Qui c'est celui-là ? C'est quoi cette tenue ? Dit un des membres du trio. Les trois avaient la peau basanée, l'un avait une moustache, les deux autres une barbe de trois jours. Leur tenue était du strict minimum, loin d'être des plus propres.

Sans dire quoique ce soit, Finrod leva sa baguette et murmura un Sectumsempra sur l'un. Du sang jaillit, beaucoup de sang. L'homme tomba à genoux, son regard trahissait l'incompréhension. La vie s'échappait de son corps. Le sorcier avait bien dosé son attaque pour qu'elle ne lui soit pas fatale. Qu'il souffre, qu'il endure mille souffrances avant de mourir. Les deux autres comprirent un peu plus rapidement mais pas suffisamment pour fuir, car c'était, semble-t-il, leur objectif. Un Diffindo Maxima sortit de la baguette et une tête tomba. Quelques secondes suffirent pour que le Fourchelang emprisonne le survivant d'un Incarcerem. Celui-ci était pour Tina. Il le fit léviter jusqu'à son amie et le laissa tomber à côté d'elle.

- Amuse-toi. Mais dis moi ce que tu fais ici et ce que tu comptes faire de ce bébé. Cela oscillait entre ordre et demande. Une habitude de diriger.

La fatigue du voyage était encore un peu plus présente dans tout le corps du presque géant. Mais pas question de se reposer. Pourquoi la jeune femme était-elle aussi loin de la Grande-Bretagne et de ses enjeux capitaux ?
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Re: Contrées lointaines

Message par : Megan K. Hayajân, Jeu 29 Juin 2017, 23:51


____________________

Je reste debout dans le néant.
Il n'y a jamais eu que ça, le néant.
Et puis cet enfant.


Ce n'était pas un cadeau de la providence, plutôt une ébullition de la vie, un crachat sur le destin. Moi qui n'ai jamais su aimer. On ne m'a jamais apprit, jamais montré ce qu'était l'amour. La manipulation, oh, ça oui, la violence. La haine et les coups dans le dos, les trahisons. On m'a apprit à survivre, à me battre. Mais on ne m'a jamais enseigné à m'éprendre de quelqu'un. J'ai ce trop plein d'affection, cette vague de tendresse que je condamne ardemment qui menace de me submerger. Je suis Tina ! Dénuée de douceur, meurtrière et torturée, par nature pleine de colère et inhumaine. Bercée par l'illusion de ma propre infaillibilité, en quête d'une voie pour l'immortalité, démon dans les ténèbres... En proie à ma seule faiblesse. Dans le creux de mon bras.

L'enfance. L'innocence. Ce que l'on m'a volé sans jamais me le rendre. Je l'ai vue, cette innocence, l'ai caressée avant que l'on ne me montre que jamais je ne pourrais l'avoir pour moi-seule. C'était trop beau, trop parfait pour un être plein de noirceur. Déjà, on me conditionnait à devenir un monstre. Mais ce visage, blottit contre ma poitrine, ces traits épanouis et pleins de paix, ne m'inspirait qu'une infinie tendresse. J'étais capable d'aimer, mais à quel prix pour mes pauvres victimes ? J'avais poussé William à l'insensibilité, mis Azphel en danger de mort par ma simple présence. Alors un enfant.

Finrod est là, vaillant protecteur, et m'amène bientôt un jouet bien en vie. Mon visage se tords, mon sourire se dessine. Faire souffrir cet être, qui, homonyme des souvenirs de mon passé, voulait détruire l'innocence... n'est-ce pas sublime. La baguette se lève, le corps aussi, arqué dans une douleur glorieuse, crachant sang et frayeur, dégoût de lui-même et regrets sans doute sincères. Mais il est trop tard. Pour moi, pour lui. Trop tard. Un rire craché sur la flamme et il flambe, oui, comme il l'a fait subir, flambe en torche humaine puis retombe en cadavre. La peine est à la hauteur du crime. Cruelle.

-Mais dis moi ce que tu fais ici et ce que tu comptes faire de ce bébé.
-Merci. D'être venu.

Je ne réponds pas à ses questions, je ne connais pas toutes les réponses. Que faire du bébé ? Si ce que les paysans disaient était vrai, c'était un enfant sorcier. Bien trop tôt, cependant, pour en être sur. Pouvais-je parier sur la parole de ces assassins ? Et de la même manière, pouvais-je faire semblant d'ignorer cette information ? Sorcier ou non, il s'agissait d'un enfant, à en juger par la taille, âgé de moins d'un mois. Tendre et innocent.

- Je traque les enfants sorciers maltraités par des moldus pour les aider. Depuis des semaines. Et là... merci. C'était juste... Oh, Fin, il est si jeune ! la voix qui s'étrangle. Je suis une femme... je... ne peux pas... l'abandonner, comme ça, à son sort...

Les yeux clos, l'enfant semble ignorer le dilemme que je combat en mon sein.

- Il n'a plus rien. L'abandonner, c'est le tuer.
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Re: Contrées lointaines

Message par : Finrod Elensar, Sam 08 Juil 2017, 16:26


Silencieux mais le dégoût dessiné sur son visage, Finrod regarde la sorcière se délecter de la souffrance qu'elle inflige à l'homme qui lui a ramené. Oh non, il ne le regrette et ce n'est pas qu'elle ôte la vie qui le répugne, c'est bien l'odeur qui s'en dégage. Un fumet étrange et agressif, imprégnant les narines du presque-géant voire même ses habits d'un noir d'une nuit sans lune ni étoile. Le corps calciné, inerte, repose devant le Fourchelang. De loin, la scène aurait pu sembler être une femme voulant sauver son enfant offrait en sacrifice un homme à un autre d'une taille peu commune. La réalité était autre.

Le jeune homme n'était pas habitué à ce qu'on ne réponde pas à ses questions surtout les membres de cet Ordre. Le sourcil fin de Finrod s'arqua, trahissant de l'étonnement face à cette esquive de Tina. Qu'avait-elle en tête à présent ? Il avait toujours sa baguette dans la main et invoqua un repousse-moldu. Pas que cela le dérangeait d'en tuer encore quelques-uns mais il voulait être tranquille, sentant que quelque chose se tramait. La jeune femme parla enfin.

Un aspect inconnu de Tina se révélait petit à petit à Finrod. Il s'accroupit, s'appuyant sur ses pieds, mais ne s'asseyant pas pour autant. Ses yeux jonglaient entre l'enfant et sa protectrice. Il avança même sa main, gentiment, vers le bébé. La définition même de l'innocence oui. Ce temps pour Finrod était révolu depuis bien longtemps. Il ne se souvenait plus ce que c'était d'être innocent. La vision de la guerre, de la mort et du sang était bien trop présente. Non, il avait bien trop conscience des choses. C'était impossible pour lui de revenir à une telle condition mais en avait-il au moins envie ? Ce n'était pas certain.

- Tu te lances dans une cause difficile, Tina. Elle est noble mais loin d'être évidente... Te sens-tu... Il se tait, ne sait pas s'il faut le lui demander. Est-ce que cela servirait d'ailleurs ? Avait-elle déjà pris une décision ? "Capable ? Capable de t'en occuper, avec la vie que tu mènes ?" Cette fois-ci, le regard de Finrod se pose sur la sorcière mais ne retourne pas sur l'enfant, il est lourd de sens, lui faisant comprendre dans quelle situation elle pouvait mettre l'enfant si elle décidait de s'en charger. Ce n'était pas impossible, mais risqué.

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Re: Contrées lointaines

Message par : Megan K. Hayajân, Ven 14 Juil 2017, 00:51


____________________

Et en quelques secondes, tout s'écroule
tout reconstruire, encore, toujours
perdre le fil, retrouver la voix
pour revenir enfin, forte et stabilisée.


Parce qu'un simple cri, une voix de crécelle qui pleure pour un peu de tendresse froisse le silence et fait pendre ma raison. Je suis immobile, tenant dans le creux de mon bras ce bout d'ange et de vie, abattue par le changement, refroidie par la tension, ébranlée par l'innocence. Tenir debout m'est un effort, mais bouger ne me semble pas raisonnable. Je contemple le nez retroussé, les quelques fins cheveux bruns, les larmes fines aux coins des yeux clos, le visage d'amour de ce bébé qui n'est pas le mien. Je ne veux pas d'enfant, ou alors j'en voulais. Rien que de le voir, j'ai peur d'échouer. Puis-je abandonner cet être fragile, pour peu qu'il soit sorcier ? Et même s'il ne l'était pas, l'orphelinat; vraiment ? J'ai grandis sans amour et j'ai tué mon modèle pour n'avoir jamais su affectionner. Faire vivre ce même enfer à ce môme était au dessus de mes forces.

Je relevais les yeux vers Fin, implorant en silence une aide ou un conseil. Quelque chose à quoi me raccrocher, une voix à écouter, un chemin à suivre. Mais si le Serpent était d'ordinaire très doué pour donner des ordres, il se tenait pantois et ne semblait pas d'avantage comprendre ce que l'on attendait de moi. J'étais donc seule face à un dilemme qui n'en était pas un. Je deviendrais la protectrice de ce bébé jusqu'à ce qu'il puisse voler de ses propres ailes et rejoindre une école - de magie, ou non. J'allais me porter comme cocon, me soumettre à la dure loi de la vie de mère. Seule. Comme toujours. Seule.

- Tu te lances dans une cause difficile, Tina. Elle est noble mais loin d'être évidente... Te sens-tu... Capable ? Capable de t'en occuper, avec la vie que tu mènes ?
- Je me suis déjà occupée d'enfants. je réponds du tac-au-tac, un peu chamboulée, tout en sachant très bien qu'il ne parlait pas de cela.

Je me balance sur mes pieds, berçant un peu le nourrisson, hésitant à employer certains mots. Mon monde était fait d'obscur, d'illégalité et de whisky. La consommation, c'était facile à contrôler, ou tout du moins je m'en sentais capable. Mais mon univers de noirceur, ma cape de violence et mon masque d'indépendance, pouvais-je y renoncer ? Car entraîner un gosse blanc comme neige dans mon coeur de requin serait pure folie. Bien que mes frères et soeurs seraient incapables de lui faire du mal, mes ennemis, et ils étaient nombreux, sauraient tirer partie de cette affection nouvelle.

Ah, affection, que dis-je, je n'en aurais jamais pour quelqu'un d'autre que moi ! Il n'y a que moi, alors je dois reposer l'enfant et partir à Bastion, ronger l'os de mon imbécilité.
Le regard qui se baisse, qui croise celui du petit.
Affection pour la candeur, ce n'est pas une personne, je ne suis pas en tords. Juste un peu brisée.

- Si je garde l'enfant, je partirais. Il sait ce que je veux dire par là. Il sait mieux que moi, peut-être. Tu pourrais tout garder, Fin, mais je ne peux pas... renoncer à préserver l'innocence. Je me bat depuis notre première rencontre et ton coup de baguette fatidique pour un monde juste. je raille. Mais quelle justice si cet enfant qui n'a jamais commis d'autre crime que de vivre est condamné, comme moi, à une vie sans amour ?

Je baisse lamentablement la tête.

- J'ai juré. Je jure à nouveau. Ma vie passe après. Pas celle des nouveaux-nés immaculés et angéliques.
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Re: Contrées lointaines

Message par : Finrod Elensar, Sam 22 Juil 2017, 16:27


Les enfants... Des êtres totalement inconnus pour Finrod. Il n'en a pas, est enfant unique, n'a pas d'ami qui en a. Sa cousine a perdu le sien. Sa vie était trop violente, trop exigeante, elle le lui a retiré. Peut-être est-ce mieux ainsi ? Loin des sorties nocturnes, des sortilèges mortelles et de la dévotion pour une cause tellement grande ?

Ah si. Alhena en a. Mais il ne les connaît pas bien. Non, les enfants et Finrod, c'est une histoire qui sera jamais écrite. Oh, oui il est gay, mais de nos jours c'est un détail pour fonder une famille. Le XXIIe siècle a permis des progrès (espérons !). Non, il a simplement peur. Il craint d'attirer ces définitions de l'innocence sur un sombre chemin, des êtres qu'il aime... Trop proche du vide,
trop proche de la mort.


- Je comprends... Lâche-t-il, comme un souffle. Il se relève, du haut de son mètre quatre-vingt sept. Il regarde au loin, tant bien que mal malgré la fumée qu'il avait oublié.

Petit à petit, l'idée fait son chemin... Ainsi que ses conséquences. Elle devrait partir. Et c'est alors qu'il sent monter en lui, de la colère. Pas forcément contre Tina, pas forcément contre ce gosse. Mais le combat n'est pas terminé ! Il ne faut pas qu'elle quitte, elle ne le doit pas ! La main droite du Fourchelang se resserre autour de sa baguette. Que faire ? Tuer l'enfant et ramener Tina au pays ? C'était certain qu'elle partirait de toute façon, lui assurer qu'il ne craindra rien s'il grandissait à... Non, évidement que non.

- Quand est-ce que tu pars ? Car même si elle avait précisé en disant "si", il sentait que la jeune femme se décidait un peu plus chaque seconde en compagnie de cet enfant, qu'elle tenait comme la pierre la plus précieuse qu'elle n'ait jamais trouvée. Finrod avait réussi à se calmer. Comprenant les priorités des autres. Les siennes étaient tellement claires et précises.
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Re: Contrées lointaines

Message par : Megan K. Hayajân, Ven 11 Aoû 2017, 22:06


____________________

Passe le temps du mirage
et dans l'oeuf éclot ce que jamais je n'ai eu
l'amour


Et en moi dans les limbes quelque chose se casse / le corbeau hurle et ses ailes se tâchent. Serait-ce du blanc que j’aperçois sur le noir ? La rédemption serait-elle donc possible ? Je vole un bout de mon être et l'offre en pâture à mes démons - pas une fois mais milles,
pour me débarrasser des doutes, pour cracher sur ma haine. J'ai tué, détruis, pillé et torturé. Je suis une raclure, un être infâme coincé dans un corps trop joli pour une personne aussi laide. J'ai damné ma conscience pour trouver de quoi être libre à nouveau. J'ai défiguré le destin pour le tailladé d'un os nouveau, d'un morceau de moelle plus adapté à ce que je me dictais à moi-même. Je m’influençais dans le mal en prétendant je ne sais quelle folie. Et tout cela ne venait que de moi. Que de moi.

Maintenant, je le comprends. Du moins, je cesse de le nier. Je cesse d'hésiter, aussi, quand je vois dans le regard de Finrod un éclat un peu triste. Il a comprit avant moi que ma décision était déjà prise et ce depuis longtemps. Mon corps démoniaque se faisait déjà cocon - pour un enfant. Mon fils.

- Je suppose qu'on dira que tu étais là pour l'accouchement, ce sera une bonne blague entre nous. Quelque chose comme un parrain des ténèbres - rire déçu. Laisse moi un mois, Fin. Je plie tout et je te rends ce que je te dois. Ma promesse avec.  

Je me torture les doigts, tenant instinctivement le petit plus serré. Quel prénom pour cet ange tombé de nulle part ? Quelque chose qui sonne comme le paradis. Aeden. oui.

- Je vais rentrer. Tu veux bien m'accompagner une dernière fois ?
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Re: Contrées lointaines

Message par : Finrod Elensar, Mer 16 Aoû 2017, 21:45


Il sent que ses pensées se bousculent. Une nouvelle vie avec un être si pure s'offre à elle. Devrait-il lui en vouloir ? Lui qui est entouré de Ténèbres depuis si longtemps, dont le cœur est s'assèche chaque jour un peu plus ? Une folie dévorante qu'il a libéré, un voile rouge symbolisant son véritable lui, sortant du plus profond de son être... Pouvait-il comprendre que ses alliés puissent renoncer ?

Une once d'humanité était encore là, quelque part. Bien sûr qu'il la laisserait partir sans heurt. Il baisse les yeux sur ces deux êtres liés pour la vie. Que plus rien ne séparerait, même pas lui. Elle parle, la jeune femme arrive à faire sourire ce sorcier.
Oui il était là. Présent lorsque leurs chemins se séparèrent, mais pour combien de temps ? Les Ombres ne laissent pas partir leurs alliées si facilement.


- Oui, un mois me semble bien. Il avait omis de répondre en tant que "parrain des ténèbres". Pouvoir forcer un sorcier dès sa plus tendre enfance à embrasser les Ténèbres, oui cela pouvait faire une arme puissante mais Finrod savait que Tina ne laisserait pas, elle serait prête à défier l'autorité de Finrod, autant en rester là et se quitter bon ami, après tout,
qui sait ce qu'il se passera dans un futur plus ou moins proche.


- Où comptes-tu aller ? Dit-il en tendant sa main vers la jeune femme pour l'aider à se relever, pas qu'elle en est vraiment besoin mais plus comme pour montrer qu'ils resteraient fidèles l'un à l'autre. La question avait aussi pour but de viser plus loin que l'instant présent. Car "rentrer" n'avait pas beaucoup de signification au vue de leur passé et de leur présent commun.

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Re: Contrées lointaines

Message par : Megan K. Hayajân, Jeu 07 Sep 2017, 16:11


____________________

et renversée
tu disparais
plus loin que jamais, plus loin que le néant


Où aller ? Quelle terre d'asile gagner ? Il me faut une planète tranquille, une île sur laquelle m'échouer. Un endroit vide d'humains où dans la nature et le nid que je construirais de mes mains, je pourrais élever cet enfant. Je connais bien quelques lieux - mais un nom plus que les autres me trotte en tête. St Martin's. Précisément. Perdu dans les îles britanniques d'un archipel presque inconnu, un îlot de 2àà habitants presque exclusivement moldu s'élève. C'est ici que je creuserais ma bulle pour oxygéner le petit. Mais avant cela, tant de choses restent incertaines ! Comment poser le masque, lui que j'aime tant ? Comment délaisser 28, mon amie, mon exutoire ? Dire adieu
à mes frères ? Je me sens ballottée entre le coeur et la raison.

- Pour le moment, à Londres. Puis je connais une île anonyme, presque inconnue. Je trouverais là bas. je réponds d'une voix blanche.

Puis, je tends la main libre qu'il me reste à Finrod. N'est-elle pas belle, cette image ? Moi, partagée entre mes deux rives ? Une main tenant le fils, l'autre la liberté ? Je suis tiraillée entre l'enfant et le mangemort, mais mon choix est celui de la femme plus que de la sorcière. Quand le titan d'ombre prends mes doigts dans les siens, je transplane. C'est un petit adieu, une note un peu triste. Je me sens vidée par cette nouvelle vie qui s'offre en faisait mourir l'ancienne. Je ne serais plus jamais seule.
Fin du rp
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Re: Contrées lointaines

Message par : Leo Keats Gold, Lun 11 Sep 2017, 15:27


Isolde
musique




J'ai peur de dormir. Comme tous les soirs, toutes les nuits, j'ai peur de ce que je vais trouver. Et pourtant ça fait longtemps, qu'elles ne sont pas venues tout visiter. Tout casser. Mais je ne peux pas m'en empêcher. J'arrive pas à la retenir, cette petite boule dans le creux dans la gorge. Ce sac de nœuds sous les côtes. L'appréhension. alors j'ai bu encore. Pas trop, avant de glisser sous les draps. Et de comme un enfant, y glisser la tête. Pour ne rien pouvoir voir. Ne plus rien sentir. Pour que les images cessent de défiler. J'ai fermé les yeux, en respirant profondément. J'avais peur au fond je crois, que ça m'assaille tout de suite. Que lesmains m'enserrent la gorge. Mais ce soir il n'y a rien
Que le vent dans les feuilles à l'extérieur.
Que la branche du pommier qui se berce devant la fenêtre.
Que les volets qui vacillent,
Et la conscience qui suit.

1,2,3,
ce ne sont pas les moutons,
ni le mouvement de ma respiration,
ce sont juste secondes où
l'existence ne me broie pas.
Le Rideau tombe sur le chambre sombre.

~~~~~~~~~~~

Tu as peur Shae. Ça ne t'arrive pas souvent, tu te caches sous des rires, des danses et des faux-semblants. Tu te caches derrière ta liberté. Mais tu as peur, parce qu'il n'y a plus personne pour contempler. Il n'y a plus que l'herbe des collines, et les falaises
de calcaire surplombant la mer. Pas une bâtisse à l'horizon, que le ciel et la terre. L'odeur de l'herbe qui te chatouille les narines, et la poussière que le vent porte qui t'enveloppe un peu, comme dans un cocon-tendre où tu voudrais dormir. Tout est un peu trop silencieux, seule la Nature domine, et c'est peut-être ce qu'il te plait. À croire qu'il n'y a plus que toi et l'infini des Highlands. La brise fraîche et marine qui caresse l'épiderme, et pourtant son froid ne te gagne pas. Et pourtant la peur s'en va.
Sans que tu ne saches réellement pourquoi.

Il y a un chêne au loin. Un très vieux chêne dont tes yeux peinent à dessiner les contours. Et pourtant tu le vois déjà très bien, tu l'imagines cartographié par son âge, avec des branches grandes comme des torches embrasées, et une balançoire accrochée à  la plus vieille des branches. À celle qui a tout vu. C'est l'avantage d'être ici si seul·e. Celui de pouvoir tout inventer, tout créer, parce que personne ne viendra rien vérifier. Alors tu laisses tout aller, et tu façonnes. Pour que la lande prenne ta forme. Pour qu'elle s'adapte à tes caprices, à tes sourires qui mordent et à tes rires qui chantent lea vie.
Tu te retourne et iel est là. L'arbre immense, dont les branches donnent l'impression de s'enticher des nuées. Tu bondis sur la planches alors que tes mains s'entichent des deux cordes. Toi aussi t'as envie de te balancer.
Toi aussi tu veux les côtoyer,
Qu'ils te prennent pour l'un d'eux,
Les oiseaux,
T'as envie de voler,
De tout découvrir
T'as envie de savoir
De tout voir.
lors il te suffit d'un bond en arrière,
Et d'un autre en avant
pour que le balancier face son effet,
Pour que la planche se mette à trembler
À t'élever lentement
Vers l'antre du géant.

Tu n'as plus peur Shae, dans un autre monde, tes mains ont cessé de trembler, le souffle s'est apaisé. Parce qu'ici tu ris, tu regardes autour de toi, comme si plus rien ne comptait. Parce que personne ne t'a dit quoi faire, ni quoi décider. Dans la lande sublime et silence, toi tu penses, au vide, à rien, à l'envie de sauter de la falaise, parce que l'eau te rattrapera, parce qu'il n'y a plus rien pour t'atteindre. Parce que tu as envie de voir
Si tu réussis à voler.
Et pour le savoir tu ne peux qu'essayer.

Alors la balançoire continue ses effets. Et toi tu t'équilibres, tu fermes les yeux. Et lâche une main. Et l'autre. Jusqu'à les tendre, comme un oiseau. LEs yeux toujours clos, tu écoutes tes sensations, ton corps, le balancement régulier.
Il n'y a rien d'anormal dans ton monde Shae.
De là où je suis,
On jurerait que tu as décollé.

Un.e
envie
étrange
d'oubli de la
réalité insupportable,
du monde lointain qui ne menait à rien.
un monde que tu crée Shae, que tu façonnes, à ta façon, comme tu l'aimerais.
Il n'y a rien qui puisse mal s'y passer.                  
Tes ailes se déploient                                            
Par dessus,                                                          
Le vide                                                                
qui                                                                      
te tend les bras,                                                    
qui                                                                                   
t'accueille                                                            
en                                                                        
son                                                                      
sein                                                                      
sans                                                                    
que                                                                      
tu                                                                        
n'oses                                                                  
y sauter.                                                              
L'oiseau                                                                                                                                       
se                                                                  
laisse                                                                      
jamais                                                                  
tomber                                                                    
ni                                                                          
capturer.                                                                
Aucune                                                                  
main                                                                      
ne                                                                            
saura                                                                      
jamais                                                                    
t'attraper                                                                  
de                                                              
nouveau                                                                                                        
comme/ On crut un jour que voler et rire suffirait à nous sauver, comme des enfants, le bâton en forteresse.
ils/                                                                           
l'ont
fait.
Alors ris Shae, parce que ça doit bien faire quelques années que tu n'as pas ris comme ça. Que tu n'as pas chantonné, que tu n'as plus essayé de t'envoler. Ris, ça réveillera ton monde. Ca fera venir les gens. Ris Shae, tu n'as plus rien à perdre. Ris comme si plus rien ne comptait, comme si ta vie en dépendait.
Ris Shae,
ça me réchauffe.    


the bird never broke his wing
because he asked for it
 
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 Contrées lointaines

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