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Le Grand Salon
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Peter McKinnon
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Re: Le Grand Salon

Message par : Peter McKinnon, Ven 04 Aoû 2017, 05:31




L'Occamy Doré

Anna Schomann



Les jours se suivaient et se ressemblaient décidément. A croire que le séjour en Grèce de Peter l'avait définitivement éloigné de toutes les considérations du monde physique. Et dire qu'il avait débarqué à Londres sans penser qu'il allait lui falloir trouver un moyen de manger tous les jours ... Oh, certes, il avait trempé dans deux ou trois magouilles sur le sol hellène ce qui l'avait considérablement enrichi, mais les temps en Angleterre étaient tellement sombres et l'avenir tellement incertain qu'il valait mieux garder ce pactole comme une garantie de manger autre chose que les pissenlits par la racine dans quelques mois ... Aussi, lorsque l'on avait proposé à l'ancien stagiaire de reprendre la gérance de l'Occamy Doré, il avait tout de suite accepté ! Au moins, cela avait le mérite de faire mettre du beurre dans les épinard par son elfe de maison !

Alors, ce soir-là, Peter déambulait dans les allées du cabaret en contemplant d'un oeil blasé les sorciers venus spécialement pour le spectacle du soir, sur la scène du Grand Salon. La lumière s'était légèrement tamisée à mesure que la nuit s'était approchée et désormais l'endroit était devenu le lieux propice aux rencontres interdites, aux petits trafics et aux exclamations en tous genres. Et lui était là, à scruter les besoins des uns et des autres, passant entre les tables, faisant mine d'accomplir ses devoirs de gérant mais étant en réalité à la recherche d'une distraction pour éclipser l'ennui et la monotonie ...

Ce fut alors que son regard se posa sur la tête d'une jeune sorcière qu'il n'avait plus vue depuis bien longtemps. C'était dans ce même bar que leur dernière rencontre s'était effectuée. Un sourire en coin, il alla donc s'enquérir de la demoiselle qui, n'étant pas accompagnée, était peut-être venue ici pour (l'aider à) tuer l'ennui. S'approchant prudemment, il se fendit d'un salut respectueux.

- Et moi qui pensait qu'il n'y avait d'anges qu'au paradis !


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Anna Schomann
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Re: Le Grand Salon

Message par : Anna Schomann, Sam 12 Aoû 2017, 17:34


Mes yeux lisaient attentivement les breuvages et autres mets présents sur la carte, impossible pour une stagiaire d'un autre établissement de ne pas faire la comparaison. On sentait la différence d'ambiance, le genre de clientèle que nos deux lieux de travail voulaient amener et ce, rien qu'en lisant de simples lettres sur un papier. Choix complexe, je laisserais alors cette décision à celui qui viendrait me parler d'ici quelques secondes. Levant la tête pour voir celui dont les pas se rapprochaient de moi, je constatai non sans surprise que mon espérance s'était réalisé. L'ancien préfet était là et par sa seule présence, je savais que ma soirée ne serait pas remplie de cette platitude dans laquelle je m'étais rangée.

Accueillant cette douce connaissance avec un sourire charmeur, ce dernier ne manquant pas de se transformer en éclat de rire quand le brun me parla. Sa phrase était un somptueux mélange de mauvais goût et de cliché, le tout amené avec la pire des délicatesses. Mais heureusement pour lui, la surprise avait au moins eu l'avantage de me faire rire. Je décidais de poser cette carte que je tenais encore sur le support où je l'avais trouvé. J'avançais de quelques pas vers Peter, encore riante de cette phrase d’accroche ironiquement originale. Trouvant ma place à quelques centimètres de lui, je plongeais mes yeux dans les siens.

« Si tu ne trouves pas mieux comme salutation, je crains que la soirée s'écourte plus vite que prévu. »

J'avais ajouté à ma réplique un clin d’œil joueur accompagné d'un léger rire, mais trêve de ridicule. Je laissais à présent mes deux mains se joindre dans mon dos et adopter un ton bien plus sérieux, mais néanmoins heureux.  

« Cela faisait longtemps, je suis ravie de te revoir. J'avoue avoir espéré te trouver ici. »
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Peter McKinnon
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Re: Le Grand Salon

Message par : Peter McKinnon, Mer 16 Aoû 2017, 07:36




L'Occamy Doré

Anna Schomann



La belle bleue et bronze s'était bien gentiment pliée au jeu des salutations, délaissant par là même la carte qu'elle avait empruntée, soirée arrosée en perspective ? Malgré son salut un rien grotesque, le fantasque gérant avait désormais le plaisir de se trouver à quelques centimètres de l'étudiante de dernière année qui ne semblait pas souhaiter qu'une trop grande distance physique ne les sépara ce soir-là. Un sourire malicieux sur les lèvres, il l'écouta se moquer avec raison de sa phrase d'accroche. Certes, ce genre de technique était à revoir, néanmoins cela avait le mérite d'être drôle, et l'humour était une arme à ne pas négliger lorsque l'on passait une soirée avec une demoiselle.

- Cela faisait longtemps, je suis ravie de te revoir. J'avoue avoir espéré te trouver ici.

Effectivement, leur dernière entrevue était tout sauf récente. Mais ils avaient pour eux de ne pas avoir tant changé physiquement que cela, ce qui confortait Peter dans l'idée qu'il y avait là une occasion passée à rattraper. Ainsi elle était là, manifestement seule, et semblait en avoir après lui. Eh bien, il fallait qu'il lui offre au moins un verre, si elle avait rendez-vous avec un tiers il pouvait au moins avoir la galanterie de ne pas la laisser éplucher la carte seule. Après un court « Je savais que l'on se reverrait », Peter pria la jeune fille de s'asseoir à une table libre à quelques encablures de l'entre du Grand Salon et qui présentait l'avantage d'avoir une vue imprenable sur la scène. Il s'y rendit prestement et tira poliment une chaise pour que la belle puisse s'asseoir. Il prit ensuite place en fasse d'elle.

- Et donc, avant que toutes ces occasions manquées ne remontent à la surface, peux-tu me dire ce que boivent les anges ?

*C'est pas vrai ... Et tu persistes et signes !*
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Re: Le Grand Salon

Message par : Anna Schomann, Mer 13 Sep 2017, 16:04


Oiseau égarée dans la cage dorée du Serpent, ces mots qu'il avait prononcés m'avaient fait tendrement sourire et sans rien répondre, je prenais place dans cette chaise qu'il avait délicatement tirée pour moi. Quel gentleman. Le voyant s'asseoir en face de moi, je ne savais dire si la déception se lisait sur mon visage, mais après les mots et la proximité dont nous avions fait preuve, je regrettais d'être si loin de lui. Je n'avais pas le moindre plan pour cette soirée, ni d'idée sur la manière dont je voulais qu'elle finisse. Le beau brun entama la conversation par une phrase au sous-entendu évident qui ne manqua pas de faire rosir mes joues. Seulement, il avait persisté dans cette voie qu'il savait bancale, mais appréciant sa présence j'allais me lancer dans un petit jeu. Je levais mes yeux vers le ciel pour ensuite quitter ma position assise.

« N'avais-je pas dit que ce genre de déclaration allait écourter la soirée ? »

Je passais derrière lui sans lui jeter un regard, mais espérant que le sien serait sur moi. J'appuyais alors mes coudes sur son dossier pour glisser ma tête vers son oreille, laissant par la même occasion quelques mèches de cheveux venir caresser son visage.

« C'est dommage que cette proximité me plaise... »

J'avais chuchoté, j'avais osé, mais j'ignorais la réaction que le vert allait avoir. Sans attendre, je repartais vers la chaise pour la tirer et cette fois me poser bien à côté de lui. Posant une main sur la table, je regardais enfin vers lui pour lui soumettre mon souhait, ce que mes lèvres voulaient goûter, pour l'instant.

« Je prendrais un Ruban Rouge. »

Je suis terriblement désolée pour tout ce temps !


Dernière édition par Anna Schomann le Lun 25 Sep 2017, 21:32, édité 1 fois
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Re: Le Grand Salon

Message par : Peter McKinnon, Mer 20 Sep 2017, 04:22




L'Occamy Doré

Anna Schomann



Il en faisait trop, comme toujours. Mais, probablement qu'au fond ça lui plaisait d'essayer toutes ces petites phrases ridicules et bateau. Il avait envie de s'amuser et rien ne disait que cela ne faisait pas rire la Serdaigle. Laquelle avait d'ailleurs bien voulu s'asseoir, malheureusement cela n'allait pas durer. Ca devait arriver, on ne pouvait pas gagner à tous les coups. A moins que le fait de se lever en jetant une interrogation aussi sèche ne fut que du bluff ? Le gérant des lieux, en tous cas, resta scotché sur sa chaise, un sourire fié sur les lèvres. Elle avait du caractère.

- C'est dommage que cette proximité me plaise...

Mais qu'était-ce ? Des murmures ! Un sourcil alla instinctivement se dresser sur le visage de l'ancien préfet, alors que quelques mèches de la jeune sorcière venaient lui caresser le visage et remplir ses poumons des embruns de son parfum. Le pâle rideau de cheveux ne resta pas là bien longtemps, c'était son tour à elle de s'amuser décidément. Elle attrapa alors le dossier de la chaise située juste à coté du maitre des lieux et la tira, comme pour montrer son indépendance, et se rassit sous le regard intrigué du vert.

- Je prendrais un Ruban Rouge.

En parfait gentlemen, Peter comptait bien faire des désirs de la belle des ordres. Néanmoins, il se trouvait face à deux ordres contradictoires. Partir chercher de quoi désaltérer la demoiselle ou rester afin de s'assurer qu'elle assouvisse son besoin de proximité ? Heureusement, être le maitre des lieux accordait quelques petits avantages non négligeables dont Peter ne se privait pas. Il frappa dans les mains en appelant son elfe de maison, Ralf, qui apparu aussitôt.

- Ah ! Ralf, on va avoir besoin d'un Ruban Rouge et d'un Boursouflet Fêtard. Tu peux t'en occuper ?

L'elfe acquiesça poliment et quitta la table, sans doute en direction du bar. Le sorcier de vingt-et-un ans reporta alors son attention sur l'élève qui s'était alors perdue jusqu'à lui. Et il lui glissa alors dans un sourire :

- Je m'en serais voulu de briser ainsi notre proximité, c'est plus simple comme cela.

Peter avait hâte que la jeune demoiselle dévoile un peu plus son jeu. Qu'était-elle venue chercher en réalité ? Du réconfort, un passe-temps, un souvenir ? Ils allaient tôt ou tard le savoir, car les effets de l'alcool allaient forcément accentuer la démarche enjôleuse de la sorcière. D'ailleurs, après un petit silence, Ralf se matérialisa à coté de la table avec leurs verres et leurs bouchées. Peter le remercia chaleureusement et, une fois qu'il fut parti avec le plateau, il leva son verre :

- A notre soirée ?
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Re: Le Grand Salon

Message par : Personnage, Mar 26 Sep 2017, 06:56


Kohane

Je ressentais dans ses regards, les tremblements de sa petite main logée dans la mienne, que ma Kohane chavirait un peu plus à chacun des mots que je prononçais. Pourtant je continuais mon exposé tragique, sans trembler, bien que je me méprisais intérieurement de parler de tout cela à ma fille chérie. Si je n'avais eu l'intime conviction que c'était là pour moi l'unique moyen de maintenir mon niveau de vie - et par là même le sien - je me serais mis une violente gifle pour me ramener à la raison.

Plus jeune, si mes parents avaient osé m'imposer un tel choix, je me serais sans aucun doute senti insulté et mal-aimé.
Le jeune serveur revint nous servir, ne capta ni mon regard, ni celui de Kohane qui perdait peu-à-peu de ses émotions. Sa joie de me voir en ce début d'après-midi s'était déjà envolée et je redoutais sa prise de parole quand je terminais de lui exposer le problème. J'étais déjà bien surpris qu'elle ne repusse ma main en ne se sauve en courant de l'Occamy. Sa réponse fut virulente et son visage si joli d'ordinaire se déforma sous la colère. Je gardais pourtant un calme certain dans le regard, tentant d'apaiser tous les mots de ma fille qui venaient me frapper en plein visage. Intérieurement, je savais que je devenais un père odieux, probablement indigne.

...Ca ne vous effleure pas l'esprit que j'avais peut-être d'autres plans pour mon futur ? Et puis... et puis... un mariage mais... avec qui ?!

Je ne lui répondais que d'un battement de cils et un regard imperturbable, même si j'étais intérieurement chamboulé par cette situation. Bien sûr, que j'avais imaginé autre chose pour ma fille ; évidemment, que je l'avais voulue libre comme l'air de ses choix... Je tentais d'assembler les mots dans mon esprit, pour repartir plus calmement, essayer de tirer de cette perspective quelque chose de positif. Mais je n'eus pas le temps d'essayer de la calmer qu'elle me questionna froidement. Sa question me laissa de marbre mais son ton glacial m'arracha le coeur :

-Quel intérêt retirerais-je d'un tel plan ?

Je me passais la langue sur les lèvres et détournais le regard un instant, le temps de savourer une gorgée du thé que le jeune ami de ma fille venait de nous apporter.

- Chérie... commençai-je doucement - il me semble ne plus l'avoir appelée comme cela depuis longtemps - tu as ton mot à dire... Je présume que tu n'aurais pas à épouser le premier venu, évidemment...
Il y a de nombreuses familles qui méritent d'être associées à notre nom... Mais toutes.... et bien... de notre milieu, tu comprends ? De grands noms, certainement... riches... Cela t'assurerais une vie paisible et sans besoin, peut-être même suffisamment faste pour que partes loin de tous ces problèmes plus tard...


Je refusais de lâcher la main de ma fille, mais je buvais de mon thé abondemment. Sa chaleur presque brûlante était comme une punition pour moi, pour ces paroles honteuses.

- Et moi, d'ici à ce que tu sois heureuse de ce choix, je continuerais d'être le père que j'ai toujours été.... À te gâter comme il se doit. Nous t'avons toujours laissé vivre ta vie comme tu l'entendais, rien ne changera après ça... Mais si tu es dans le besoin de quoi que soit, j'imagine que tu pourras nous demander tout ce que tu souhaites à ta mère et moi....

Sa mère étant l'opposé de ce qu'une épouse idéale devait être pour les grands-parents, j'imaginais bien que Kohane devait me mépriser à ce moment. Moi qui avais fait le choix d'épouser une femme issue de la classe moyenne, méprisant la bourgeoisie, mais pas son confort, je me retrouvais à offrir ma fille au bras d'un quelconque héritier éduqué par l'argent et la nécessité d'en engendrer.

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Anna Schomann
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Re: Le Grand Salon

Message par : Anna Schomann, Sam 30 Sep 2017, 19:07


Pour Peter

J'avais choisi le breuvage dont mes lèvres devraient se contenter pour le moment. Impatiente de voir si le brun allait laisser une jeune demoiselle seule à sa table pour aller chercher l'objet de ses désirs, je l’avais alors regardé dans les yeux, droite, comme si cette décision allait être fatidique. La réponse ne se fit pas trop attendre puisque je vis d'un simple claquement de main apparaître l'elfe qui serait notre serveur ce soir. Choix intéressant que celui-là, plongeant une nouvelle fois dans ce regard que j'appréciais grandement, je remerciai l'elfe d'un sourire tendre avant de le porter mon attention vers l’ancien Serpentard. Son verre dans sa main, j'imitais l'action en venant poser mes doigts autour du cocktail pour le lever à sa hauteur et répondre à cette “célébration”.

« Et à la nuit à venir. »

Ajoutant un clin d’œil joueur, je laissais glisser le breuvage à mes lèvres pour sentir le doux parfum de cette soirée. Comme dans mon souvenir, les boissons ici avaient toujours su régaler mes papilles, surtout si elles étaient bien accompagnées. Je posais alors le verre sur cette table pour enfin m'adresser à mon interlocuteur.

« Tu as du temps ce soir pour le passer avec moi ? Ce n’est pas une chose que je déplore, tu es gérant ici maintenant c’est ça ? »

Un simple sourire venant accompagner mes mots, je n’attendais pas une réponse particulière à ma question qui, en y repensant, se voulait un peu rhétorique. Savais-je au moins ce que je voulais de cette soirée, pas exactement. Je laissais simplement au temps la liberté de m’emmener où il le souhaitait, entre ses bras peut-être. Mon cœur s'accélérait légèrement plus les minutes avançaient et plus l’excellence de la boisson venait prendre contact avec mon sang. Les mots étaient une douce poésie, mais j’avais du mal à les poser sur mon état d’esprit. Le beau brun le pourrait sûrement, attendons alors.
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Kohane Werner
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Re: Le Grand Salon

Message par : Kohane Werner, Lun 09 Oct 2017, 13:43



   
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Thé. Pour réconfort. Dans une situation tendue. Entre deux coups de mots acérés. La rage qui monte. En parallèle de l'incompréhension.
La respiration tressautante, j'imite mon père lorsqu'il porte une première fois la tasse de boisson bouillante à ses lèvres. La chaleur m'envahit soudain. C'est à la fois réconfortant. Et douloureux. Presque violent.
En fait, je ne sais plus vraiment si cette violence ressentie dans mes tripes est due au thé. Ou aux paroles prononcées précédemment.
Je ne sais plus si les coups que j'ai l'impression de sentir au plus profond de mon ventre, ce deuxième cœur réceptacle de mille émotions, sont dus au côté bouillant de la boisson avalée rapidement ou à la perspective d'un avenir qui ne serait plus à moi. Plus complètement.
Mon père ne lâche pas ma main. Et, aussi étrange que cela puisse paraître, je ne cherche pas non plus à retirer la mienne. En fait, je ne la sens même plus. Comme anesthésiée. Je crois que je suis de pierre, désormais. Seules mes pensées tourbillonnent pour preuve que je suis toujours vivante. Mais ça, nul ne peut le voir. A part moi.
Le cœur battant à tout rompre. Je l'entends résonner tout autour de moi.
Boum-boum boum-boum
Il va de pair avec la colère qui tourbillonne. L'un et l'autre accordant leur rythme pour une symphonie sans fin.

La voix de mon père est comme assourdie par mes propres battements lorsqu'il reprend la parole. Chérie, premier mot, qui frappe l'esprit et les oreilles. L'appellation peu coutumière (bien que je n'aie jamais douté de son amour paternel). Comme s'il voulait adoucir les traits, arrondir l'angle des lettres qu'il assemble pour former des mots, puis des phrases, lesquelles auront une inévitable répercussion sur moi, ma vie, mon futur.
Chérie, donc.
Le mot porteur d'affection qui ne parvient cependant pas à calmer la rage de l'incompréhension. La flamme au creux des tripes qui lèche doucement tout l'intérieur du corps. Particulièrement le cœur -voilà un organe qu'elle apprécie grandement.
Chérie...
Et des propos un peu hésitants. Pourtant clairs. Oui. C'est un mariage d'intérêt avant tout. Amour ou pas amour, on s'en fout. Ca passe après. On voit plus tard. Une fois que les intérêts seront servis.
Mon dégoût monte de plus en plus. Dégoût de ce monde duquel, pourtant, mes parents avaient pris soin de nous éloigner. Dégoût de cette société qui réfléchit en terme de position et d'honneur, de nom et de fortune. Et qui livre ses gosses dans le simple but de satisfaire tout cela.
A mesure que j'écoute mon père, qui tente, tant bien que mal, de faire passer la pilule, je ne sais plus très bien contre qui j'en ai. Lui ? Ma mère ? Eux deux ? Mes grands-parents ? Ma famille ? Ou le monde dans son entier ?
Probablement tout à la fois. Tout en même temps.
Je hais ces constructions que nous impose le monde, ces castes, ces boîtes et ces valeurs. Et je hais ma famille pour accepter s'y soumettre, vouloir m'y soumettre aussi, accepter d'en faire partie sans jamais se poser de question, sans jamais chercher une autre voie.
Et peut-être que je me hais aussi moi-même de me sentir si submergée et petite, faible et insignifiante face à la gigantesque vague qui me tombe dessus.
De pierre et passive, je ne peux qu'écouter la voix de mon père. Qui continue de déblatérer. Assurant qu'il restera celui qu'il a toujours été. La figure paternelle aimante, toujours là, aux petits soins. Assurant même que je pourrai leur demander tout ce dont j'aurai besoin, à ma mère et lui !



Alors la pierre se fissure.
La statue sent de nouveau son corps. Elle peut de nouveau le contrôler, redevenir maîtresse de tout cela. En premier, ce sont les doigts non prisonniers qui bougent. Légère agitation de la main sous la table -le poing se serre, se desserre. Puis les sourcils qui frémissent. Enfin, les lèvres. Qui s'étirent en un sourire ironique. Et l'air de celle qui n'arrive pas à y croire.
Je regarde mon père encore quelques secondes sans rien dire.
Ame sous le choc.
Toujours le sourire ironique qui vire à l'incrédule.
Et le cœur. N'arrête pas. Sa course. Résonnant de plein pot dans les tympans.

-Mais j'ai besoin de rien, moi, je réplique dans un souffle. De rien sinon qu'on me laisse choisir seule mon destin.

La liberté, voilà ce dont j'ai besoin.
Voler, réellement, avec mes ailes propres.
Le reste, je me le procure déjà. Avec mon boulot aux Trois Balais, mes économies, un peu d'amour de la part de mes parents, un foyer londonien banal où je savais pouvoir revenir pendant les vacances... Tout était déjà si bien. Je n'ai pas besoin qu'on me donne plus. Mais je ne veux pas non plus qu'on me retire ce qui me tient le plus à cœur : cette indépendance que mes parents se sont toujours évertués à me donner.
Et là, sale coup de sort, c'est mon père en personne qui vient m'annoncer que cette indépendance est compromise, que ma liberté si chèrement défendue jusqu'ici est remise en question. C'est lui qui ose venir me demander de revenir vers les règles, vers les lois familiales, vers les petites cases bien trop étroites d'un monde dont je ne veux pas. Lui, qui, des années auparavant, a trouvé le courage de claquer la porte à tout ça ?

-Depuis quand tu as décidé de revenir dans ce monde si étriqué de ceux qui ne jurent que par leur ascension sociale ?

Murmure. A la fois de dégoût. Et de tristesse.
L'amertume d'un modèle qui s'écroule. D'un portrait qui se fissure. Ce portrait d'un homme que j'admirais. Que j'idéalisais sans doute aussi. Mais j'aimais son histoire. J'aimais la façon dont il avait décidé de faire sa vie. J'aimais la liberté qu'il portait en lui, le pied de nez qu'il avait fait à ses parents. Je souriais chaque fois que j'y pensais.
Aujourd'hui, il y a la déception et l'amertume de l'image qui se délite. Acidité. C'est lui qui est venu. Ca aurait pu être quelqu'un d'autre. Ma grand-mère aurait pu se charger de cela. Mais non. C'est lui qui a voulu venir -ou qu'on a envoyé.
Ca rajoute une nouvelle vague de colère. Noyée dans une rivière de larmes qui ne sortent pas. Je les sens juste ruisseler. Quelque part. Je sais pas trop où.
Ma main prisonnière se décide enfin à réagir. Et parvient à se soustraire à la poigne paternelle. Je la ramène vers moi. Ne touche plus à ma tasse de thé. Elle est encore à moitié pleine. Mais la boisson fumante ne me fait même plus envie.



-Vous me dégoûtez tous.

Je me lève brusquement. Un regard noir. Et quelques perles d'eau salée venues embuer le globe oculaire. Une légère grimace et un cœur gros.
Je fixe le paternel. Me dis qu'à cet instant précis, je le hais. Et qu'en même temps, je l'aime. Paradoxale sentiment !
Les poings. Se crispent. Se décrispent. Le vieux tic revient. Inconsciemment. Ce tic que j'ai pris lorsque je suis passée par ma période peur à outrance. Après les masques, après les coups, les larmes et le sang, le souffle de la mort sur la nuque et les cadavres anonymes. Ce tic de stress continue. Ma paranoïa d'autrefois.
Aujourd'hui, ce n'est pas ça qui se joue. Ce n'est pas une paranoïa sans nom. Mais une angoisse terrible. D'être face au mur. Sans plus de possibilités pour s'envoler. Prison de verre, la cage qui empêche l'oiseau de repartir. L'angoisse de devoir se soumettre.
Je m'étais promis de ne plus tomber !
De ne plus plier !
De ne plus ployer !
Mais là. Je ne sais pas. Comment je peux faire. Autrement.
Je me sens. Si rageuse. Et si faible. Encore plus rageuse parce que faible.

Abandonnant tasse et paternel, je contourne la table et commence à m'éloigner.
Toujours, les poings -crispés, décrispés.
Le pas raide. La tête bourdonnante. Le cœur sur le point d'exploser de mille et une émotions contradictoires, complémentaires, se battant entre elle, mic-mac indescriptible.
La pelote de laine qui s'emmêle. Et je n'ai ni la force ni le courage de la démêler de suite.
Je m'éloigne donc. De ce pas mécanique. Les yeux brouillés.
Puis.
Dernier sursaut.
Dernier volte-face.
Essuyer le début de larmes d'un revers de manche.
Et l'oeil toujours noir. Dur. Froid. Flamme de colère derrière. Ca bouillonne comme le thé dans la théière, puis dans la tasse, cette chaleur violente au creux des tripes.

-Je vais voir ce que je peux faire.

Simple phrase.
Ni un oui. Ni un non.
Je vais voir. Si c'est un oui. Si c'est un non. Si je saisis le courage de m'enfuir avant.
Je vais voir.
C'est mon dernier mot.
Me voilà déjà dans un premier processus de fuite. S'échapper de cet endroit, vouloir oublier le rendez-vous.
Je ne cherche même pas à saluer Peter en sortant. Je ne veux pas qu'il me parle. Je ne veux pas prendre ce risque. Je ne veux parler à personne. Je veux juste voir. Si j'arrive encore à voler. Ne serait-ce qu'une dernière fois.




Fin du Rp pour moi.
Merci pour tout, merci pour avoir accepté de tenir ce rôle !

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