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Les Balcons
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Vhagar Meraxès
Serpentard
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Re: Les Balcons

Message par : Vhagar Meraxès, Jeu 12 Jan 2017 - 5:40


RDV en la charmante compagnie de Jessy,
avec Célya

J'propose qu'on arrête les retards d'un mois, navré pour celui-ci :P

Le sourire aux lèvres, Vhagar regarda du coin de l'oeil la serveuse qui s'approchait de leur table, réalisant qu'il avait omis de répondre à la simple question de Jessy. Il attendit cependant un moment, le temps qu'elle fasse l'aller retour pour aller chercher leur boissons. La jolie brune ouvrit la parole en première, tombant dans la gentille fourberie du Nordique en commandant un Pink Lady, cocktail que l'animage n'avait tout simplement jamais eu l'occasion de goûter. Il soutint son regard qui trouva le sien, deux satisfait de la magouille. Il espérait tout de même ne pas l'avoir embarqué dans une dégustation trop hasardeuse et incertaine. Il aurait été fâcheux que le Pink Lady se révèle être un choix qui n'aurait pas été, en temps plus habituel, celui de mademoiselle Brown. A en estimer par son adorable visage, il estima à cinquante cinquante la chance pour qu'elle apprécie le breuvage, et cent pour cent la probabilité qu'elle prétende l'apprécier. Il se tourna à son tour vers la serveuse, en déclarant d'un ton plutôt sec mais respectueux son envie d'un Boursouflet fêtard. Il réalisa alors qu'il n'était pas tellement un amateur de gin. Vhagar avait plutôt l'habitude de boire des alcools moins distingués, ou des alcools purs, simplement. Un bon whiskey faisait la plupart du temps l'affaire. Il jeta un dernier coup d'oeil à la carte, voir si un meilleur choix ne se proposait pas au dernier moment. Mais à part un cocktail à base de rhum, dosé dans la cannelle qui n'était pas vraiment au goût du Scandinave, les autres cocktails étaient à base de champagne. Et bien que ce soit le genre de bulles hautement qualifiées pour animer les plus belles et romantiques des soirées, c'était un alcool que lui se forçait à boire pour les grandes occasions. Il laissa donc tomber la carte sur son bout de table, et adressa un sourire confirmant son choix à la serveuse.

Il décroisa alors son regard pour en venir à celui de Jessy. Ses beaux yeux en amandes captivaient complètement son attention, ainsi que les belles formes qui se soupçonnaient d'elle même sous son haut bleu marin. Bataille engagée pour ne pas y penser, et surtout pour ne pas trahir un quelconque intérêt strictement physique. C'était une femme très séduisante, mais il en fallait plus pour attraper un cœur de viking. Il profita néanmoins que son attention soit porté sur le grand salon en contrebas pour regarder discrètement et non sans désir les courbes justement prononcées et suggérées de la belle jeune femme. Son regard se releva en même temps qu'elle se redressa sur son siège, croisant de nouveau son regard, ce qui lui fit esquisser un sourire. Bien qu'il n'avait pas l'habitude de ce genre de situation, il se trouvait bien plus à l'aise qu'il n'aurait pu l'espérer, en fin de compte.

- Au fait, tu ne m'as pas répondu... concernant tes origines. Désolée si c'est indiscret, je voulais simplement en savoir plus sur toi. Mais il n'eut à peine de temps de réaliser sa perte d'attention pour lui répondre, et de lui répondre enfin, qu'elle se lança la première. Perso, je suis anglaise. Mais issue d'un peu de diversité, puisque ma mère est française et mon père a des origines américaines.

Décidément, toutes les meilleurs saveurs de trois grande puissances mondiales semblaient converger en un seul corps. Jessy venaient donc de plusieurs pays pas si différents, mais ça faisait une riche culture pour une si petite femme. Et encore, elle n'était pas si petite que ça pour une sorcière. Mais elle atteignait loin de là les quasi deux mètres du Nordique, qui écoutait la petite anecdote avec intérêt, avant de lui répondre simplement. A force de montrer confiance en soit et assurance, il finissait par l'être réellement, et était prêt à en dire plus. Il était fier de ses origines, mais n'en parlait pas dans un souhait de garder un parfait mystère sur lui-même. Moins les autres en savaient, mieux c'était. Et pourtant, le voilà qui commençait à se dévoiler.

- Mes parents sont... Il passa un doigt sur ses lèvres comme pour essuyer une goutte. Mais elles étaient pourtant parfaitement sèches. Ils étaient norvégiens. Je suis né à Stavanger, pas loin de la capitale, et j'y ai passé toute ma plus tendre enfance.

Drôlerie. L'expression de "toute sa plus tendre enfance" pouvait bien sied à celle vécu par le Nordique. Il était juste devenu homme à dix ans. D'une certaine manière. Ses souvenirs firent surface de nouveau, comme à chaque fois qu'il en parlait ou y faisait quelque chose en lien avec la scène de crime. Cependant cette fois, il gardait le visage plein d'intérêt et le regard charmé par la brune, passant outre les pensées dramatiques qui tournaient autour de son crâne. Restant de marbre, il s'approcha un peu de la table, sans bouger son siège, comblant quelques centimètres supplémentaires qui le séparait de son rendez-vous.

- Alors, j'ose espérer que tu es une amatrice du monde animalier ? en référence aux circonstances de leur rencontre.

Il renforça son sourire, et la contempla de ses yeux brillants d'un désir progressif. Il avait de manière quasi certaine trouvé le meilleur des points communs.
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Jessy Brown
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Re: Les Balcons

Message par : Jessy Brown, Sam 21 Jan 2017 - 18:22


Réponse au Viking

Pas de problème, et je suis d'accord ! ^^

Jessy, Jessy, Jessy... Pourquoi continue-tu de t'attarder sur tes origines ? Si tu as des liens avec d'autres contrées que le Royaume-Uni, tu les as tissés lorsque que tu les as visitées. Ils n'étaient pas innés, tu les as construits par toi-même, fragment après fragment. Ils ne proviennent sûrement pas des récits enjolivés que t'ont raconté tes parents. Aujourd'hui tu es tout cela, je croyais que tu l'avais réalisé : tu es une anglaise, citoyenne du monde. Alors à quoi bon t'embêter à faire ressurgir un passé illusoire ? Ça ne t'as jamais fait de bien. Seulement t'empêcher d'avancer. Tu ne sais pas d'où viennent ni qui sont ceux qui t'ont précédée, mais tu sais d'où tu viens et ce dont tu as hérité. Si tu veux rencontrer ton Patronus, libère-toi des plus lourdes chimères...

La voix de la conscience. Il n'était jamais très agréable de l'écouter. Jessy l'ignora royalement, reportant son attention sur Vhagar. De toute façon, c'était de lui qu'il était question. D'où pouvaient venir ce regard d'azur profond, cette coupe de cheveux blonds soyeux... et son corps, grand et fort, qui n'était pas sans rappeler celui de Finrod ? Euh... What? Bien sûr que non, elle ne pensait pas du tout au corps de son patron... Ou peut-être rapprochait-elle simplement les deux hommes du fait de leur grande taille. Hum-hum. À s'entourer de géants, il y avait de quoi se sentir petite et fragile, quand bien même on ne l'était pas. Objectivement, elle ne paraissait ni l'une, ni l'autre, ce soir. Se redressant encore pour s'en persuader, elle écouta la réponse de Vhagar qu'elle attendait depuis tout à l'heure.

Le jeune homme voulut lui parler de ses propres parents, mais ne parvint pas à s'exprimer justement. Passant un doigt sur ses lèvres d'une manière très sensuelle, il finit par lui déclarer qu'ils étaient norvégiens. Qu'ils l'étaient, au passé. Le visage de Jessy se décomposa quelque peu. S'il s'était repris de cette manière, cela ne pouvait signifier qu'une seule chose. Elle se sentit bête, tout à coup, d'avoir insisté pour lui poser cette question. Il avait sûrement voulu éviter le sujet. Décidément, elle n'était pas douée... Pourtant, Vhagar l'imperturbable continua sur sa lancée ; il lui expliqua qu'il était né et avait grandi à Stavanger, près de la capitale. Son charme étranger était donc celui du Nord. Elle aurait pu le deviner, mais il était vrai qu'elle ne s'était encore jamais rendue dans ces régions-là et n'avait pas eu l'occasion de rencontrer des nordiques. Chose faite à Londres, qui l'aurait cru ?

Pour le coup, elle ne savait plus quoi dire. Le jeune homme n'avait probablement pas envie de s'attarder sur le sujet. Jessy entrouvrit la bouche comme un poisson hors de l'eau, chercha ses mots, puis la referma. Elle se contenta de hocher lentement la tête et de lui adresser un regard compatissant. Pendant ce temps, Vhagar s'approchait légèrement d'elle. Les traits de son visage lui apparaissaient nettement, de même que son sourire lumineux... Son expression était si douce qu'elle réchauffait le cœur de la jeune sorcière. Ses yeux se perdaient dans ceux du jeune homme, qui avaient volé leur couleur à la voûte céleste du Nord. Il suffisait de se trouver en sa compagnie pour avoir l'impression de s'envoler loin. Elle ne ressentait pas ça souvent, c'était très agréable. Une question s’immisçait toutefois dans l’esprit de la brune. Savait-il qu'il produisait un tel effet sur les gens - sur elle ? Parfois, elle aimerait avoir des talents en legilimencie pour comprendre ce que les hommes comme lui pouvaient bien penser.

Pas le temps de s'interroger plus longtemps : le Norvégien changeait de sujet. Il voulait s'assurer qu'elle était amatrice du monde animalier, en se référant de toute évidence à son travail. Jessy ne put s'empêcher de sourire d'un air malicieux. Elle avait des choses à dire qui pourraient le faire déchanter ; mais le ferait-elle ? Elle avait déjà fait preuve de maladresse quelques instants plus tôt ; allait-elle recommencer ? La question avait le mérite d'être posée. Mais la réponse était plutôt évidente. Elle aimait plaisanter de temps à autres et ne se priverait pas de le faire en une si belle occasion. D'autant plus si elle pouvait détourner la situation d'une manière plus comique que tragique.

- Moi ? Pas du tout ! Pour tout te dire, je me suis retrouvée à travailler à la BAM par hasard. Un beau jour, j'y suis entrée dans l'espoir qu'on me serve du steak de hibou saignant, et le propriétaire a dû trouver l'idée intéressante : il a fini par me proposer un travail là-bas. J'ai accepté car je n'avais rien d'autre à faire...

La brune opina du chef, l'air sérieux, et guetta la réaction de Vhagar. Puis elle se mit à rire :

- Non, je plaisante !

À moitié... Il aurait simplement fallu replacer les faits dans leur contexte. Mais l'histoire aurait été un peu longue à raconter. Elle allait faire comme si tout cela sortait de son imagination débordante. Elle couva le blondinet du regard. Elle doutait qu'il trouve cette intervention amusante, mais elle, si. Sûrement parce qu'elle savait à quoi elle se référait. Elle espérait tout de même que ses paroles ne tomberaient pas en des oreilles indiscrètes. Elensar était dans la même pièce, d'après ce qu'elle avait vu en arrivant. Il aurait été embarrassant que sa première réponse parvienne jusqu'à lui. Heureusement, il n'y avait pas de raison pour que cela arrive.

- Bien sûr, c'est ma passion depuis longtemps. J'ai toujours travaillé avec les animaux. J'ai aussi pas mal voyagé dans l'idée de devenir magizoologiste. Mais il me reste beaucoup à voir et à apprendre. Par exemple, je ne suis jamais allée en Norvège, je devrais y songer. C'est un pays intéressant de bien des points de vue. D'ailleurs, en parlant de ça... Que fais-tu dans la vie, Vhag' ? Tu travailles aussi dans le domaine ? Ou tu as des affinités avec celui-ci ?

Elle déduisait de la tournure de sa question que le jeune homme était aussi un amateur du monde animalier. Autrement, elle ne savait pas du tout quels rapports il pouvait avoir avec les créatures. Il était simplement venu pour s'acheter une chouette, voilà bien une information qui n'en disait pas long. La plupart des sorciers avait leur propre compagnon ailé afin de transporter leur courrier. Même ceux qui n'aimaient guère les animaux en général. Tout ce qu'elle pouvait retirer de son passage à la Ménagerie Magique, c'était qu'il avait bon goût pour avoir choisi l'une de leurs plus belles chouettes épervières. Il avait aussi choisi de l'inviter, elle. Bon goût ? C'est toi qui le dis. Haha.
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Célya L. Shake
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Re: Les Balcons

Message par : Célya L. Shake, Sam 28 Jan 2017 - 12:22




L'Occamy Doré

Jessy Brown & Vhagar Meraxès




Sa curiosité devant être mise de côté pour l'heure, la jeune sorcière haussa les épaules à l'attention d'Alhena et se rendit auprès des deux clients qui avaient fait leur choix en matière de commande, un sourire poli aux lèvres. La jeune femme lui demanda un Pink Lady tandis que son compagnon avait choisi un Boursouflet fêtard. Hochant brièvement la tête, elle leur signala qu'elle ne tarderait pas à revenir avec leur boisson. La blonde fit donc demi-tour et descendit des Balcons pour se rendre au Bar où les cocktails allaient être préparés. Elle jeta néanmoins un regard derrière elle, en direction de son amie, la mine songeuse.

D'un geste expert, Célya s'attela ainsi à la préparation des boissons commandées. Le Pink Lady était un cocktail particulièrement sucré mais l'acidité de la framboise et l'amertume du pamplemousse donnaient un goût surprenant. La gérant aimait beaucoup ce cocktail, à l'inverse du Boursouflet fêtard qui était un peu fort. Léchant une goutte de raisin de blanc qui avait coulé sur son index, la jeune femme déposa les deux verres pleins sur un plateau et s'essuya les mains avant de préparer les toasts qui les accompagnaient. Deux bouchées au caviar pour le premier cocktail, trois de canard caramélisé et duxelles de pommes pour le second. Un vrai délice !

A peine moins de cinq minutes plus tard, Célya remontait aux Balcons avec son plateau. En chemin, elle croisa le gérant de la Boutique d'Animaux Magiques, qui n'avait pas l'air particulièrement heureux. Elle le regarda s'éloigna puis jeta un œil en direction de celui qui l'accompagnait. Faisant la moue, la blonde se dirigea vers la table de ses clients et les servit délicatement.

« Et voici le Pink Lady, accompagné de ses bouchées au caviar, dit-elle en déposant l'énoncé devant la jeune femme, et le Boursouflet fêtard pour monsieur, avec ses bouchées au canard caramélisé et duxelles de pommes, termina-t-elle en déposant la suite devant le jeune homme. Si vous avez besoin d'autre chose, n'hésitez pas à m'appeler. Bonne dégustation ! »



Commande:
 
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Re: Les Balcons

Message par : Vhagar Meraxès, Lun 13 Fév 2017 - 22:07


L'interrogation du Nordique lui paraissait pourtant être une question rhétorique. La manière dont elle lui avait rendu service plus tôt dans la journée lui en avait dit long sur sa relation avec la faune. En tout cas c'est ce qu'il avait cru comprendre. Pour le moment il resta assez perplexe et mal à l'aise vis à vis des dires de la jeune femme. Un steak de hibou ? Pendant un instant il s'imagina la belle Jessy avec sa chouette cuite au feu de bois dans une marmite. Et cette vision ne lui plaisait pas vraiment. Il la regarda d'un air presque inquiet. Mais il n'osa pas ajouter quoique ce soit. Peut-être face à la réaction de Vhagar qu'elle échappa un rire discret et ajouta une marque rassurante de blague. L'homme presque choqué et déçu d'il y a quelques secondes rendit un sourire amusé et un soupir. *Ouf, j'ai eu peur*.

- Eh bien, tu m'as bien eu ! J'ai faillit croire que tu avait croqué une aile de ma chouette avant de me la vendre !


Il se réinstalla confortablement sur son fauteuil. Il pouvait la regarder d'une main sur la table et l'autre sur la première main. Il écouta attentivement son vécu, haussant le sourcil en entendant le manquement à la carte des destinations de voyage. Bien que son jugement soit biaisé par sa propre nationalité, la Norvège était non seulement un superbe lieu de tourisme, mais aussi un bastion du gardiennage de dragons. Sa ville natale semblait pour lui le meilleur exemple, tant que son parrain avait reprit la main de l'établissement. Mais comme il n'y avait remis les pieds depuis des années, il n'en savait rien. Et il se proposa de bientôt s'y rendre. A force d'oublier ses origines, il finirait pas ne plus souhaiter y retourner.

- Je viens de faire ma rentrée chez les Aurors. Ca n'a clairement rien à voir dans le domaine, c'est sûr, mais la boutique d'animaux magiques ne recrute pas !


Il lui offrit un nouveau rire amusé. Même si une place se libérait, il préférait largement le grand air et les courses poursuites que la vente et l'import export. Même lorsqu'on parle d'animaux.

- Mon lien est plus héréditaire, disons. Mon père était gardien de dragons à Stavanger, donc j'ai toujours été fasciné par ces créatures. Et puis petit à petit c'est tout le bestiaire dont je me suis épris. Quand j'en aurais les moyens, j'espère pouvoir tenter l'expérience de dressage avec un dragon. On dit qu'on ne peut pas en domestiquer, moi je dis que personne ne s'en ait donné les bons moyens !

Au bon moment, lorsqu'il eut fini son discours, la serveuse arrivant avec un plateau bien garni. Elle déposa toute la commande en les annonçant, et Vhagar lui imita un hochement de tête pour la remercier. Il attendit qu'elle s'éloigne un peu pour lever son verre en direction de sa partenaire, portant un toast à cette belle rencontre. Il porta alors la coupe à ses lèvres, et se ravisa, ajoutant d'un ton humoristique un "Skoll" qui ne pouvait pas mieux tomber. Le cœur du Nordique perdait en rocaille, mais pour le moment cela était loin de lui faire défaut. Il prit de deux doigts épais mais habiles un des amuse gueule offerts par l'établissement, le tendant vers Jessy.

- A défaut d'avoir des steaks de hiboux, tu veux goûter celui-ci ?


Charmant endroit, charmant rafraîchissement, charmants mets, charmante compagnie. La soirée ou le charme fût à l'honneur.
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Jessy Brown
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Re: Les Balcons

Message par : Jessy Brown, Dim 16 Avr 2017 - 2:28


Un retard énorme : so sorry !


Jessy avait les yeux fixés sur Vhagar, tant pour l’admirer que pour guetter sa réaction à sa petite blague. Il avait l’air surpris, voire même inquiet. C’était très comique. Elle ne pouvait s’empêcher de sourire maintenant qu’elle avait vendu la mèche. Après qu’il eut compris qu’elle n’avait pas parlé sérieusement, il soupira de soulagement et lui annonça qu’il avait failli croire qu’elle s’en était pris à sa chouette avant de la lui vendre. Bien sûr, ce n’était pas le cas ; son volatile était en très bon état et il avait dû s’en rendre compte…

Lorsque la brune répondit plus sérieusement à sa question, ajoutant qu’elle n’était jamais allée en Norvège, elle remarqua un haussement de sourcil chez le beau blond. Peut-être aurait-il espéré qu’elle connaisse la région. Malheureusement, non, car même en entreprenant un tour du monde, il n’était pas aisé de passer par tous les pays - d’autant qu’elle devait souvent s’y établir pour plusieurs mois dans le cadre de ses études. Mais, avec lui, elle réalisait tout l’intérêt des pays nordiques et se disait qu’elle devrait s’y rendre un de ces jours.

Par la suite, elle l’interrogea sur son métier, pensant que lui aussi connaissait bien les créatures magiques. Elle l’avait déduit du respect apparent qu’il portait aux êtres de la Ménagerie, de la tournure de sa question. Seulement, elle eut l’impression de s’être trompée.

- Je viens de faire ma rentrée chez les Aurors. Ça n'a clairement rien à voir dans le domaine, c'est sûr, mais la boutique d'animaux magiques ne recrute pas !

L’Anglaise ouvrit de grands yeux surpris puis son rire se mêla à celui du Nordique. Elle le fixa et déclara avec enthousiasme :

- Tu es Auror ? L’un de mes amis l’était aussi. Il m’a dit que c’était un métier très difficile. C’est clair que ça n’a rien à voir avec la boutique !

Pas que gérer la boutique fût particulièrement aisé, au contraire… Mais ce n’était rien en comparaison des Aurors, de leur charge de travail en bureau comme à l’extérieur, ainsi que les risques qu’ils couraient. Matt ne travaillait plus là-bas mais avait eu l’occasion de lui décrire son emploi. Jessy respectait les gens du Ministère en général, sa mère en faisant partie, mais les Aurors étaient bien l’élite en laquelle il fallait avoir confiance en cette période troublée. Elle était impressionnée d’apprendre que Vhagar en faisait partie. C’était en tout cas compréhensible à la vue de sa carrure d’athlète. Il devait être très doué dans des domaines qui faisaient défaut à la jeune femme. Il revint tout de même au sujet précédent.

- Mon lien est plus héréditaire, disons. Mon père était gardien de dragons à Stavanger, donc j'ai toujours été fasciné par ces créatures. Et puis petit à petit c'est tout le bestiaire dont je me suis épris.

Le visage de la fourchelang s’adoucit et elle sourit, conservant son expression surprise. Il était vrai que la Norvège était aussi connue pour ses dragons. C’était dingue ! Le métier de son père devait être absolument fascinant. Vivre en plein air, au milieu d’un vaste espace, à garder des dragons, qui comptaient parmi les créatures les plus impressionnantes et dangereuses du monde. Vhagar ajouta d’ailleurs qu’il voudrait s’essayer au dressage de dragon lorsqu’il en aurait les moyens. C’est qu’il était motivé et n’avait pas froid aux yeux ! Le sourire de Jessy s’élargit. Elle-même, dans ses rêves les plus fous, s’était imaginée avec un dragon en plein Londres, dans le jardin de son manoir délaissé. Mais, en plus de ne pas avoir un espace adapté, de savoir que les règlements interdisaient la possession d’un dragon, et de se douter qu’il s’agissait d’une tâche impossible à réaliser seule, elle avait classé le dressage de dragon parmi les rêves que l’on fait la nuit. Désormais, elle se demandait si l’Auror en serait capable un jour. Elle ne saurait le prédire…

La serveuse aux boucles d’or choisit cet instant pour revenir avec les verres des deux jeunes gens. Elle plaça tout d’abord devant Jessy le Pink Lady ainsi que… des bouchées au caviar ? Elle avait dû mal lire la carte - elle ne s’était pas attendue à recevoir ces mets. Un accompagnement faisait toujours plaisir, mais c’était bien la première fois de sa vie qu’elle avait droit à cela. Son compagnon pour la soirée obtint quant à lui son Boursouflet Fêtard et des bouchées au nom fort alléchant. Elle remercia la serveuse d’un geste puis imita Vhagar en levant son verre rosé à son attention. Elle le porta ensuite à ses lèvres et put savourer une boisson préparée à la perfection.

Un instant plus tard, le beau jeune homme lui proposa de goûter son accompagnement non sans user d’une note d’humour. La demoiselle lui répondit d’un coup d’œil clairement amusé. À force de ressortir la même plaisanterie à tout le monde, elle allait se tailler une réputation allant à l’encontre de ses principes. Mais, pour l’instant, elle jugeait que cela ne lui portait nullement préjudice et elle aimait ne pas se prendre au sérieux de temps à autres. Elle se pencha donc légèrement pour récupérer le petit plat et le dégusta :

- Hum, délicieux !

Finalement, cela lui plaisait pas mal d’être invitée dans un cabaret haut-de-gamme. De plus, elle était contente de pouvoir passer un peu de temps avec Vhagar. Elle réalisait qu’il était un homme plein de ressources et que, même s’ils ne se ressemblaient pas physiquement, ils devaient avoir quelques points communs. Ne le quittant plus des yeux, elle le remercia et voulut lui proposer une part de sa part.

- Et que dirais-tu d’un peu de caviar ?

Elle lui tendit le toast décoré de petits œufs de poissons. Puis elle en goûta un elle-même. Que de découvertes gustatives, ce soir-là. Elle se rendit compte qu’elle n’appréciait pas spécialement ses amuse-gueules - trop salés. Mais elle n’allait pas jouer la fine bouche en étant invitée par Vhagar, ni réclamer d’autres de ses bouchées au canard et à la pomme. Elle but une nouvelle gorgée de Pink Lady et voulut reprendre la conversation où le blondinet l’avait laissée. Après tout, il ne lui avait pas annoncé une chose anodine - cela méritait bien un commentaire de l’apprentie magizoologiste.

- Alors tu envisages de dresser un dragon à toi seul ? Ça me paraît une entreprise difficile, en plus de demander beaucoup d’investissement. Mais franchement, si tu y arrives, préviens-moi ! J’aimerais bien voir ça. Courte pause et retour de son sourire. Quelles sont les races qui t’intéressent le plus... ? Le Norvégien à crête ?
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Vhagar Meraxès
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Re: Les Balcons

Message par : Vhagar Meraxès, Sam 29 Avr 2017 - 16:59


Au fur et à mesure que la soirée se déroulait, le Nordique se sentait de mieux en mieux. La bonne compagnie de Mlle Brown lui donnait un sourire qu'il avait rarement, et bien qu'il ai fait comprendre être un habitué de l'endroit, il trouvait en ce lieu inconnu un endroit de repos. Il n'y avait pas tant de monde, et c'était bien reposant. Son collègue Arcturus se retrouvait seul et quitta à son tour la salle, après l'inconnu plein de trucs sur le visage.

La belle brune semblait surprise d'apprendre qu'il entrait en formation au quartier général des Aurors. Elle soutint néanmoins le rire du Nordique après une blague qui n'était pas des plus drôles. Elle était décidément adorable, en plus d'être belle. Une telle réplique aurait dû lui valoir un bref moment de solitude, il se demandait lui-même pourquoi il avait rit. Il garda arboré un sourire incontrôlé vers Jessy, alors qu'elle parlait.

- Tu es Auror ? L’un de mes amis l’était aussi. Il m’a dit que c’était un métier très difficile. C’est clair que ça n’a rien à voir avec la boutique !

Un métier difficile. Il le savait, oui. Mais si elle savait. Le jeu auquel il jouait était aussi dangereux que le métier en lui-même. Profiter du système, exploiter ses capacités, pour faire de lui quelqu'un de plus grand. Il avait la bièraubeurre et l'argent de la bièraubeurre. Mais combien de temps cela durerait-il ? Et au final, il ne savait même pas de quel côté, elle, se rangeait. Comment pouvais-t-il envisager quelque chose si ce n'était pas le cas, si elle ne serait pas de son côté? La tendance qu'avait Vhagar a dériver du sujet initial lui faisait perdre la tête, et décupler son stress. Bravo le veau.

- Un métier difficile, oui. Le plus dur c'était la formation! J'ai eu comme formateur un vieux fou qui m'a téléporté dans une cheminée pleine de braises incandescentes! Vhagar attrapa sa coupe, la porta à ses lèvres et, la reposant sur la table, ajouta. Au final je lui ai quand même expliqué ma façon de penser. Clin d’œil amusé.


Rictus dessiné,
Regard perdu. Trêve.
Il prit un temps d'arrêt, aspiré
Par ses propres rêves...


...


Vhagar! Viens voir, marmot, j'ai une surprise pour toi! Une surprise? L'enfant de 5 ans couru dans le couloir jusqu'à se jeter au bras de son père. Kjeld lui adressa un merveilleux sourire, le prit contre lui, et disparu avec son fils dans des filets de néants. *Crac*. Atterrissage dans le bureau du gardien. La bouche grande ouverte d'émoi, Vhagar découvrit deux petits dragons sur le sol. Pas plus grands que deux chats, la même envergure qu'une moyenne chouette. Torvar entra à son tour dans la pièce. Le père Meraxès posa son fils émerveillé sur ses deux pieds, le tenant tout de même par les épaules.

- Ce ne sont pas des Norvégiens! Tu les as trouvé où ceux-là ? Demanda le grand frère qui s'approcha avec prudence du plus grand des deux.
- Celui-ci est un Vert gallois, je l'ai acheté à un collègue anglais. Si j'avais su je l'aurai amené avant qu'il n'éclose.

Vhagar s'assit sur le tapis. Le regard perdu dans celui de l'autre dragon, plus petit, mais bien plus beau. Il avait les écailles magnifiquement iridescentes. Les couleurs de l'arc-en-ciel, sans la lumière du soleil et l'humidité de la pluie. Ses écailles aussi nacrées brillaient. L'enfant se perdit dans le regard étrange du dragon. Comme si celui-ci était orné de pierres précieuses. Des yeux brillants de milles couleurs, couleurs qu'il avait l'impression de ne jamais avoir vu. C'était de manière évidente la plus belle créature qu'il avait eu la chance de pouvoir voir d'aussi près. La plus belle créature qu'il ne lui serait jamais donné de revoir. Le regard opalien du petit dragon se porta sur celui du petit Nordique. Il était de toute évidence moins agressif qu'un crêteux, surnom donné par l'aîné pour appeler les Norvégiens à crêtes, bien plus nombreux dans l'établissement de Kjeld.

-Il est magnifique papa. Je peux lui donner un nom?

-Bien sûr que tu peux, c'est une femelle. Il va falloir lui aménager un enclos, elle vie normalement beaucoup plus au Sud, dans des pays bien plus chauds. Tu voudras me donner un coup de main ?

- Oh oui! Je vais l'appeler Hnoss. Elle est tellement belle!


- C'est l'espèce réputée pour être les plus beaux dragons du monde, Vhagar. Bon choix.



...



Opale se changea en iris brune, Jessy semblait se régaler avec les toasts au canard. Pendant un moment Vhagar se rassura de savoir que ce n'était pas de la chouette, et rigola discrètement à cette pensée, sans la dire à haute voix. L'heure n'était plus au second degré. Il reprit une gorgée de... sa coupe. Il avait oublié le nom du Boursoufflet. En accord avec ses intérêts, il appréciait le cocktail, mais aurait shooté du pied dans la bête s'il la croisait.

- Et que dirais-tu d’un peu de caviar ?

Il sourit à la proposition sans vraiment y répondre, puisqu'elle lui tendait déjà le toast. Il l'attrapa de deux doigts le petit met, sans oublier de laisser une petite caresse à la généreuse Jessy, et croqua une bouchée. Il ne perdit pas son air souriant, mais mâcha longuement le caviar trop salé. C'était en toute honnêteté pas excellent, mais loin de lui l'idée de baisser l'optimisme qui régnait autour de cette table.

- Excellent !


Après un bref silence pendant lequel Vhagar repensait encore au petit dragon qui maintenant lui manquait plus qu'il n'aurait pu l'imaginer auparavant. Et puis petit, Vhagar avait pu la voir grandir pendant plus de quatre années. Elle n'était pas à sa plus grande taille, mais aujourd'hui Hnoss devait bien avoir atteint autant de mètres de long que d'années. Et elle avait vingts ans. Il était largement temps de rentrer à Stavanger. Il prendrait probablement le même bateau que son cousin.

- Alors tu envisages de dresser un dragon à toi seul ? Ça me paraît une entreprise difficile, en plus de demander beaucoup d’investissement. Mais franchement, si tu y arrives, préviens-moi ! J’aimerais bien voir ça.

Jessy devait avoir le dont de faire descendre les pieds sur terre. Elle avait raison, même si ça n'était pas clairement ce qu'elle disait. Dresser un dragon était tout bonnement impossible. Du moins autrement que par la force, et même. Des histoires à Poudlard racontaient que Gringotts l'avait fait. Lui n'y croyait guère. En tout cas, ça n'était alors certainement pas un Norvégien, ou encore moins un Magyar. Ceux-ci étaient certainement les plus impossibles à dompter. Ils étaient déjà suffisamment difficiles à contrôler. Avant qu'il ne lui réponde, elle enchaîna.

- Quelles sont les races qui t’intéressent le plus... ? Le Norvégien à crête ?


Le Nordique souriait comme un enfant amusé. Un Norvégien qui aimait les Norvégiens à Crêtes. Classique. Mais ça ne s'arrêtait pas vraiment là.

- Le Norvégien à crête, oui. C'est probablement l'espèce que je connais le mieux. Leur comportement est particulièrement étrange, c'est ce qui les rend aussi intéressants d'ailleurs. Je n'ai pas vu tant de dragons dans ma vie, mais j'ai vu celui qui me fascine le plus. Ça mérite son voyage en Australie. L'Opalœil des antipodes, ça te dit quelque chose?
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Re: Les Balcons

Message par : Keira Sanders, Lun 8 Mai 2017 - 15:08



Muse d'un soir
avec Aya Lennox
LA d'Aya

Il était un soir chaud, mais pas trop. Un soir où l'air était légèrement humide, et lourd, comme s'il résistait à être aspiré dans les narines des hôtes terriens. En bref, un soir de bonne saison ; un soir nuageux menaçant un orage d'éclater sur la capitale anglaise. Foulant le chemin de traverse de ses petits souliers à talonnettes, Keira songeait, regard perdu en l'air, qu'elle n'avait pas choisi le meilleur jour pour sortir de la torpeur du manoir. A cette heure, l'allée n'était pas autant bondée qu'en pleine journée, mais la demoiselle ne manqua pas de rentrer dans un jeune homme, qui lui cria de regarder devant elle au lieu d'admirer la Lune. Passant son chemin, elle le regarda d'un mauvais œil. « On ne la voit même pas, la Lune, avec ces nuages. Quel imbécile, » marmonna-t-elle. Peut-être pouvait-on l'accuser de manquer de second degré ; et pourtant, elle faisait seulement partie de ceux qui préféraient de correctes allégories à celles qui étaient vagues et passe-partout. Ses pas résonnaient sur les pavés. Elle aimait bien la mélodie qu'ils produisaient, accompagnés du tintement répétitif engendré par tout le bazar en tout genre qui occupait son sac. Seule, elle créait un petit orchestre auquel personne d'autre ne devait porter attention. Produire un tel bruit, aussi discret qu'il puisse être, lui aurait donné l'impression d'être observée, si la scène s'était déroulée en présence de plus de monde. Là, cependant, elle était paisible.

Elle ne tarda pas à arriver à sa destination, et à pousser les portes de l'Occamy Doré. L'ambiance dans le cabaret contrastait miraculeusement avec le calme qui régnait dehors. C'était comme plonger la tête dans un seau d'eau. La demoiselle, vêtue de l'une de ses habituelles robes à froufrous, s'avança au milieu de la pièce, et regardait les gens qui s'étaient perdus ici d'un air las. Elle ne comprenait pas ce qui les attirait. Pour elle, ce lieu ne signifiait que perdition. Vous vous demandez alors peut-être ce qu'elle faisait là ; eh bien, c'était exactement ceci qui l'avait attirée. L'espèce humaine en perdition. Ses semblables dans un milieu différent que le train train de l'école ou du manoir, ou des petits magasins. Elle était venue apporter son regard extérieur à la scène, seule dans son coin, et disparaître comme un fantôme. Ce soir, elle serait l'artiste invisible. Elle décida de prendre l'escalier en colimaçons pour arriver au niveau des balcons. Elle y serait réellement tranquille. Elle choisit un box libre, heurtée par les paillettes qui ornementaient les rideaux, déplaça une chaise, et s'y installa. Elle contempla la vue un instant, immobile. C'était parfait. Ici, on la voyait à peine, mais elle voyait presque tout le monde. Ici, elle avait le regard extérieur qu'elle avait souhaité. La brune attrapa son sac, enchanté pour contenir un petit châssis, quelques toiles, la plupart de ses pinceaux, et un bon nombre de tubes d'acrylique. Elle aimait cette peinture, pour la particularité qu'elle avait d'être vive. On retrouvait dans les œuvres qu'elle créait peu de couleurs ternes. C'était parfaitement adapté au thème de la soirée. Elle voulait qu'on en ait mal aux yeux.

Tout son petit matériel avait été installé au bord des balcons, sans se soucier de si cela dérangeait le personnel. Elle imposait sa petite loi, et si on lui tombait dessus, tant pis. Elle n'aurait qu'à plier bagages, ou se montrer convaincante. Son regard sautait de jeune sorcière en jeune sorcière, cherchant une cible, lorsqu'il s'arrêta sur une demoiselle qui dégageait une grâce naturelle. Blonde, elle arborait une tenue courte en soie, ornée d'une large ceinture pâle. Elle se mouvait dans le salon comme la maîtresse des lieux. C'était un délice pour ses pinceaux. Soudain, la brune ne vit plus qu'elle. Elle commença à esquisser ses formes dans une position gracieuse, au milieu du grand salon. Dans son esprit, elle l'imagina danser. Tournoyer. Elle peint alors un bras relevé en l'air, au dessus de sa tête, alors que l'autre s'étirait vers l'horizon. Portrayer ainsi une dame en mouvement - et qui plus était, dans un autre mouvement que celui de la toile - relevait du challenge. Le plus difficile allait être de s'attaquer à son visage : la distance et l'obscurité faisaient obstacle. Ainsi, elle laissa cet élément significatif de côté pour le moment, et d'un jaune vibrant, traça des cheveux mi-longs à sa muse du soir.
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Re: Les Balcons

Message par : Aya Lennox, Mar 9 Mai 2017 - 13:01




L'Occamy Doré

Keira Sanders


Les jeunes filles aux robes courtes et aux bas de soie, et au milieu des jeunes filles une autre se dresse, harpie tenace, gouvernant sur leur monde bien propret, bien coquet.

Maman ne m'a pas dit
Qu'on me ferait pleurer.

Maman ne m'a rien dit,
Elle a préféré se laisser crever.


Il y a ses ongles lisses, ses cheveux parfaitement brossés. Elle fait un effort et on la croit parée à la conversation décontractée. Elle ne veut pas faire partie de leur monde ; elle en est pourtant le parfait archétype.
Archange tristounet dans ses étoffes sinistres.

Elle stagne au milieu des autres. Son rôle le jour, c'est de leur sourire, menton haut et silhouette miséricordieuse.
Se prêter au jeu de la politesse et de leur bien-être qui lui importe si peu.

La veille pourtant, elle a exploré la ville à la poursuite de ses secrets. Elle a adopté ses huit pattes, transformation, abandon de soi de plus en plus facile et elle a pu, au moins durant un instant, ne pas se vanter. Ne pas faire semblant.
Elle a vu le monde à travers ses huit globes oculaires.
Elle a vu le monde monochrome au beau milieu des nuits, senti le frisson mécanique des silhouettes qui s'échappent dans les ruelles perdues.
Elle a inspiré la peur. Savouré le mauvais pressentiment qui parcourt l'échine, expirant son dernier souffle au creux d'un cou.

Elle sait pourtant qu'on ne la voit pas, à sa minuscule échelle.

Mais la certitude est. Demeure.
Vous ne m'y prendrez pas. Vous m'imaginez telle
mais je ne suis pas
la proie.

Elle se surprend toujours ailleurs, cligne des paupières dans un mouvement répétitif et halluciné. Il y a une cliente qui l'interpelle d'un claquement de doigts.
- Miss ? S'il vous plaît ?
- Excusez-moi. [confusion ; sourire venimeux de circonstances] Appelle-moi chienne, que je te lèche la pince. Vous souhaitez ?

A l'autre bout, le stagiaire est occupé. Le Grand Salon trouve son lot d'intrigués.
Et au-dessus de tous les autres, au-dessus du faux mondain qui s'agite, elle repère du coin de l’œil une silhouette occupée face à un chevalet.
Depuis quand... ?
Ses lèvres forment des syllabes inaudibles, ses sourcils se froncent légèrement. La commande de la vieille est prise, mais elle attendra un peu plus longtemps. C'est pas comme si le temps comptait vraiment.
Ses jambes lestes la mènent jusqu'aux escaliers et elle s'arrête à l'orée du rideau, doigts fins l'écartant légèrement.
La toile
constellée de détails qu'elle ignore ;
Convoités.
Dis-moi... Qu'as-tu vu qui mérite d'être partagé au monde entier ?
- Je ne savais pas que l'Occamy était un repère d'artistes.
Un sourire en coin, mysticisme incarné. Le tissu s'écarte autour d'elle et Aya dévore la jeune brune des yeux, curiosité incandescente dans ses mirettes opaques.
- Je ne veux pas vous déranger. Peindre n'est pas une occupation privilégiée par nos clients, mais je peux faire une exception.
Comment vous dire
que toutes vos aspirations, inspirations
m'intriguent ?
- Je vous sers quelque chose, ou vous voulez vous laisser le temps ?
De décider,
dessiner
___qui bon te semble.
Dis-moi, à quoi tu rêves ?
Quelle vision te joue des tours ?
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Re: Les Balcons

Message par : Keira Sanders, Mar 9 Mai 2017 - 20:19


Sanders était relaxée. C'était un fait surprenant, lorsqu'on prenait en considération le milieu dans lequel elle se trouvait en cette soirée. Ce genre de mondanités déguisées avaient toujours eu le don de la stresser. Ses pinceaux étaient la compagnie parfaite pour sauver l'ambiance. Dès qu'elle les saisissait, le monde se dérobait, et elle devenait simple spectatrice dans sa bulle, comme si le temps se mettait en pause. Parfois, elle s'en barbait. Notamment pendant les vacances d'été, où la peinture constituait l'essentiel de ses activités. Elle ne vivait tout simplement pas. Mettre pause sur une vie était sa façon de réagir au tourment. Certains s'adonnaient à de multiples abus en réponse au désespoir ; elle, elle s'en trouvait plus sage et taciturne que jamais. Elle n'était même pas consciente du mal qui l'habitait, dès qu'elle franchissait les grandes portes de ce manoir. Elle n'avait pas encore réalisé la négativité dans laquelle cette ombre la plongeait.

Quelques temps, la jeune femme disparut de son champs de vision. La brune se consolait alors à esquisser de vagues formes destinées à devenir un décor. Quel décor avait-elle choisit, pour cette belle muse ? Un palais ? Ou bien un opéra, ou le devant d'une scène ? Une telle créature ne devait pas traîner n'importe où. L'artiste décida que ce salon faisait un adéquat modèle, en fin de comptes. Il ne fallait pas qu'une scène trop abracadabrantesque vienne retirer l'éclat que la star du tableau apportait.

Une voix vint la déranger. Avant de se tourner, la jeune souffla discrètement : si elle s'était installée dans ce box isolé, c'était qu'elle comptait bien y être tranquille. Après avoir pivoté au possible, elle constata avec effroi et étonnement que sa muse du soir, en personne, se tenait devant elle. C'était l'occasion inespérée : de là, elle n'avait plus à deviner les subtilités de son visage. Ainsi, elle resta muette un instant, enregistrant mentalement ces yeux ténébreux, cette bouche épaisse et ce teint blanchâtre, avant d'adresser un désinvolte « je ne crois pas que cela le soit ; et pourtant, il y a ici de quoi puiser l'inspiration ». Elle leva un sourcil à la mention d'exception. Pour une fois, elle se sentait privilégiée. « Pourrais-je avoir l'une de ces boissons, le fraisier ? », demanda-t-elle poliment, un oeil sur la carte. Être réelle cliente justifiait alors le privilège qui lui était offert. Et puis, ainsi, elle reviendrait. Keira pourrait s'imprégner à nouveau de ces traits si charmants à dépeindre. Reprenant l'élan de son pinceau, elle s'empressa de commencer à tracer les traits de son visage, avant qu'ils ne deviennent qu'un souvenir trop flou.
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Re: Les Balcons

Message par : Jessy Brown, Dim 14 Mai 2017 - 4:40


Réponse à Vhagar

Alors que Jessy venait d'apprendre le métier de Vhagar, celui-ci ne tarda pas à lui apporter des précisions. Il convenait qu'être Auror était difficile, mais pour lui, le plus dur était la formation. La brune fut tout d'abord surprise de l'apprendre, elle qui pensait que les dangers devaient être plus nombreux en dehors du Ministère de la Magie. Puis elle songea que les entraînements avaient dû être poussés à l'extrême pour les préparer au mieux à ce qui pouvait les attendre. Cela lui parut tout de suite plus compréhensible. Elle sourit en l'entendant traiter son formateur de vieux fou puis ouvrit de nouveau de grands yeux étonnés lorsqu'il lui fit part de son anecdote. Ah oui, ils n'y vont pas de main morte. Le beau blond lui déclara qu'il avait quand même fini par lui expliquer sa façon de penser. Ça, elle n'en doutait pas car il ne semblait pas du genre à se laisser marcher sur les pieds.

Un sourire amusé posé sur les lèvres, Jessy se laissa porter pendant le reste de la soirée. Elle apprécia les plats qui leur furent apportés et son regard se détacha un instant du jeune homme qui l'accompagnait. Cela ne dura pas longtemps. Elle porta de nouveau son attention sur lui pour voir qu'il était un peu songeur. C'était du moins ce qu'il lui semblait. Son regard d'azur s'était perdu dans l'obscurité de l'établissement. Encore une fois, elle s'interrogea sur ce qu'il pouvait bien imaginer. Quelle curieuse elle faisait, sans s'en rendre compte, à vouloir outrepasser la plus grande barrière qui existait : celle des pensées. Il ne lui restait plus qu'à devenir legilimens pour pouvoir répondre à toutes ses questions. Ou apprendre qu'elle ne pouvait pas tout savoir.

Le Nordique évoqua alors son lien avec les dragons. Ses projets également. Ils interpelèrent la jeune femme qui ne manqua pas de donner son avis très terre-à-terre. Elle n'avait pas voulu briser les espoirs du jeune homme et avait donc pris des pincettes. Elle ne s'en était pas mal sortie, finalement, en insistant sur l'intérêt qu'elle y portait. Elle avait même terminé sur une note positive en lui demandant quelles races de dragon l'intéressaient. Elle était partie sur le Norvégien à crête, puisqu'il vivait dans son pays d'origine. L'expression la faisait sourire, d'ailleurs, et elle songeait qu'elle pouvait aussi bien l'appliquer au dragon qu'à Vhagar avec sa coiffure venue du Nord. Ce dernier lui confirma qu'il s'agissait sûrement du dragon qu'il connaissait le mieux. Avouant qu'il n'avait pas vu tant de cracheurs de feu que cela dans sa vie, il déclara qu'il avait tout de même vu celui qui le fascinait le plus : l'Opalœil des Antipodes.

- Oh, ça ! Bien sûr que ça me dit quelque chose. On dit qu'il s'agit du plus beau des dragons du monde. Elle sourit et le fixa d'un air rêveur. Je ne suis allée qu'une fois en Australie, et seulement pour quelques heures, pour une commande de billywigs. Je n'ai pas eu l'occasion d'en voir, malheureusement. Alors comme ça tu y es déjà allé ? Comment les as-tu trouvés ?

Elle ne demandait pas là de quelle façon il les avait trouvés, mais ce qu'il en avait pensé. Enfin, peu importait la façon dont il interprétait ses mots. Elle était curieuse d'en savoir plus. Pour sa part, elle avait particulièrement observé et étudié les dragons en Roumanie et au Royaume-Uni. En dehors, cela avait été possible dans certains pays, mais de manière moins approfondie. Dans tous les cas, les Cornelongues étaient loin d'être ses favoris car elle avait failli être embrochée par un spécimen de cette espèce. Quand elle y repensait... Elle avait eu de la chance qu'une voyageuse passe à ce moment-là en balai alors qu'elle était perdue dans la réserve naturelle. Plongée dans ses souvenirs, Jessy récupéra son verre et le porta à ses lèvres. Il serait déjà bientôt vide. Le reposant sur la table drapée de blanc afin de prolonger ce moment, elle releva les yeux vers Vhagar. C'était maintenant de ses souvenirs qu'elle voulait se nourrir, par ses yeux et ses récits qu'elle voulait voyager. Au moins le temps de cette soirée.
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Re: Les Balcons

Message par : Aya Lennox, Lun 15 Mai 2017 - 13:50




L'Occamy Doré

Keira Sanders


L'artiste semble étonnée et arrache un sourire au visage à la façade neutre.
Sa silhouette s'approche, elle voudrait voir et s'immiscer dans le tableau, en percevoir toutes les subtilités. Mais elle sait que création rime |hors du carcan des syllabes| avec intimité.
Sa langue roule sur le palais, ses yeux de jais griffonnent la toile avant de se reposer sur son visage, à elle.
Que vois-tu quand tu me vois ?
- Vous avez pour l'instant l'exclusivité.
Sans grimaces, et tout semble plus facile aujourd'hui. Elle leur parle et elle tente de les comprendre, les autres, tout autour. Se donner le temps de les connaître, de lire en eux.
Un hochement de tête et un battement de cils. S'éclipser. Je vous amène ça.

On lui a demandé, d'être quelque chose. Elle se souvient de sa place sur le sofa, toujours au milieu, pour la surveiller.
Les cheveux longs brossés, coiffés, martyrisés par ces griffes. Derrière, la voix qui hurle
P.A.R.A.Î.T.R.E et on la gronde quand elle s'est blessée avec des cailloux. Tous ces bouts de vous.

L’œil électrisé, la vieille tapote de ses griffes sur sa table, attend. Elle a oublié sa commande et se fera sermonner. Elle pensera à toutes ces fois où le menton a regardé vers le bas. Pardon, je suis désolée. Et nettoiera le tout à coups de sourires.
C'est comme ça qu'on apprend à jouer.
Surenchérir et ignorer les coups de couteau.

Elle traverse la salle, effleurement de plume au beau milieu des tables agitées ; on s'habitue de plus en plus au monde quand on traîne au milieu et qu'on attend.
Savent-ils tous quel est cet endroit ?
- Cela vous fera huit Mornilles, Miss.
Elle s'arrête, un œil à la toile, aux pinceaux éparpillés et à la texture des couleurs qui attendent d'être réinventées.
- Je peux vous demander...
Le rauque de la voix s'étire, palais scindé sous la question.
- Qu'est-ce qui a attiré votre attention ?


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Re: Les Balcons

Message par : Keira Sanders, Lun 15 Mai 2017 - 22:59


Ayaya

L'artiste fut à demi surprise d'être la seule de son genre que la jeune femme avait vue dans l'établissement. En fait, c'était pour elle un véritable compliment. Oui, ça lui ressemblait bien, d'être la seule. A chaque fois qu'elle était la seule, elle s'éloignait de la banalité qu'elle fuyait depuis toujours. Des règles imposées quant à la vie en société, ces règles qui dictent une conduite à adopter pour être bien vue, et dont Keira en avait marre. Un sourire satisfait naquit alors sur son visage.

La muse éclipsée, elle put tranquillement peindre ce visage sans se sentir oppressée dans le dos et craindre d'être surprise en plein acte - car, peindre une personne sans son autorisation pouvait être une forme de vol, après tout. Si certaines personnes pouvaient trouver la surprise agréable, d'autres seraient capable de s'indigner ou s'émouvoir aux larmes. De belle larmes de colère. La brune ne comprenait pas pourquoi : elle ne prenait pas n'importe qui pour modèle. D'ailleurs, elle peignait rarement les humains... tout simplement parce que ne trouvait de modèle qui suscitait son intérêt. Pour éveiller la curiosité de la demoiselle, il fallait avoir quelque chose de spécial. Cette petite étincelle qu'on ne pouvait expliquer.

La serveuse, ou peu importe son métier, avait cette étincelle. Elle se demandait quel prénom elle pouvait porter. Elle se mit à attribuer à ces courbes des noms fantasmagoriques. Tous plus farfelus les uns que les autres : Léopoldine, Térébentine, Théoduline. Ou Mercure, pour ces iris sombres. C'était à croire que le monde entier possédait les goûts étranges de la mère qui l'avait secondement nommée Plectrude. Ne pas savoir à quel nom elle répondait vraiment ajoutait une touche de délicieux mystère à la muse. Aussitôt, Keira se jura de ne jamais le lui demander. Pour elle, ce serait Mercure.

Et peindre Mercure n'était pas tâche aisée : comment rendre grâce à des traits si délicats ? A une soie si pastel ? La dame ne tarda pas à revenir, accompagnée du rafraîchissement demandé. La peintre, souriante, sortit la somme demandée d'une poche, et la déposa sur le côté, pinceau toujours à la main. La question qui lui était posée l'intrigua. Parlait-elle de l'endroit, ou d'elle-même ? Avait-elle déjà reconnu ses traits, sur cette toile ? Si tel était, la réaction était timide. La chinoise décida d'opter pour la première option. C'était plus safe, songeait-elle ; cela éviterait à ce que sa muse du soir ne pense qu'elle était tombée éperdument amoureuse d'elle en un regard. En soi, les sentiments étaient comparables. Dans les deux cas, il y avait coup de foudre. Seulement, celui-ci n'était qu'éphémère, et n'était qu'admiration de courbes et de lignes bien tracées par la nature.

« Bien... Je pense seulement qu'un tel endroit est parfait pour trouver de pauvres âmes en quête d'elles-mêmes, vous ne trouvez pas ? », répondit-elle vaguement. « Ou des silhouettes féminines hors du commun, pour peu d'avoir de la chance », continua-t-elle, tournant le regard vers son tableau. La blancheur de la peau de la serveuse criait sur la toile.
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Re: Les Balcons

Message par : Aya Lennox, Jeu 25 Mai 2017 - 16:21




L'Occamy Doré

Keira Sanders


Pauvres âmes en quête d'elles-mêmes.
Oui, pauvres petites choses perdues, perdues au beau milieu des autres, et au beau milieu des autres elles s'étirent, tentent de se faire remarquer mais rien n'y fait. Les pauvres petites choses perdues le resteront. Et rien ne changera grand chose à ça, encore moins le mouvement de la foule qui surplombe les solitaires.

Mesdames, Messieurs, laissez-moi prendre vos manteaux et vous rappelez que vous êtes tous pareils. Tous destinés aux mêmes discours, aux mêmes compliments, aux mêmes faux-semblants. Vous n'êtes pas un plus, vous n'êtes pas une entité. Je ne vous souris pas parce que je vous aime. Je vous souris parce que vous n'attendez que ça.
Et vous pensez que ça ne se voit pas.
Que vous attendez juste qu'on vous offre votre semblant d'humanité. Parce que vous avez fait un effort, parce que vous vous êtes bougés et avez décidé de vous mêler au monotone. Vous espériez juste faire partie du tableau.
Vous plongez corps et âme dans votre propre c.nnerie, et ça vous fait pleurer.

Elle n'a pas remarqué, pas remarqué du tout mais elle s'est arrêtée de vivre, de respirer, et l'ascension vers ce qu'elle a quitté n'en est que plus rude. Les cils volumineux battent de l'air, retrouvent la douce lumière, suivent le mouvement des alentours. Hébétée.
Ça lui arrive trop souvent. Ces retours à la réalité. La toile s'étire devant sa rétine, elle s'attrape les mains comme la gamine qui aimerait poser sa question. Ceux qui voient l'impressionneront toujours.
- Ce doit être plaisant, d'être la Muse de quelqu'un.
Elle regarde un instant ses pattes agiles, laisse son regard voguer plus loin que les balcons et ses longs cheveux caresser son dos.
- Voir le regard s'élargir et devenir un chef-d’œuvre aux yeux de quelqu'un. Toutes ces femmes, qui ont inspiré ces grandes œuvres. Ces visages méconnus que l'on croise dans les plus grands portraits, qu'on devine dans les plus belles proses.
Oui, et soudain la vocation est toute neuve et devient pourtant évidente, attirante. Un jour au moins, devenir la raison de quelque chose.
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Re: Les Balcons

Message par : Keira Sanders, Jeu 25 Mai 2017 - 19:53


Plaisant d'être la muse de quelqu'un. Voilà ce qu'elle en pensait. Intérieurement, Keira se délectait de ses paroles. Au moins, cela signifiait que la demoiselle ne serait pas froissée lorsqu'elle se découvrirait. Elle en serait peut-être même heureuse. La brune avait la possibilité d'égayer, ne serait-ce qu'un peu, la soirée de cette dame, en lui donnant ce plaisant sentiment. L'idée la réjouissait, lui réchauffait le cœur. Non par altruisme, ce n'était pas son genre. C'était plutôt une sensation de pouvoir ; un pouvoir étrange, celui que de faire ressentir à un quelqu'un quelque chose par son art et son œil acrylique.

Ainsi elle sut qu'elle n'eut plus à craindre la découverte de la forme de voyeurisme qu'elle pratiquait ce soir. Elle terminait de tracer les subtilités de la demoiselle - les ombres du visage, la texture soie, cet éclat de lumière qui lui donnait l'air de véritablement tournoyer sur la toile - en écoutant les divagations de son interlocutrice, chez qui elle semblait avoir éveillé quelque chose de mystérieux. Une fois satisfaite, elle poussa sur ses pieds pour reculer de quelques dizaines de centimètres et avoir une vue d'ensemble de la silhouette dansante. Elle était gracieuse et légère, fine et fragile, et dégageait de la force en même temps. Les couleurs choisies étaient particulièrement élémentaires et apportaient un contraste que la chinoise aimait à l’œil.

« Venez jeter un coup d’œil à ça », articula-t-elle en sirotant le cocktail sucré. Les demoiselles ne se connaissaient aucunement, et pourtant, le rapport présent avait une pointe d'intimité. Keira lui tirait le portrait, et elle regardait. La chinoise n'était pas habituée à voir des yeux autres que ceux des auteurs de ses jours, insensibles à l'art, se poser sur son travail. « Donnez-moi un décor, si vous le souhaitez » afin de rajouter à cette toile quelque chose d'improvisé et de collaboratif. Quelque chose de beau, qui s'accorderait avec l'esprit que dégageait la silhouette de la muse.
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Re: Les Balcons

Message par : Aya Lennox, Jeu 1 Juin 2017 - 13:35




L'Occamy Doré

Keira Sanders


Le ton qu'emploie la jeune femme est plutôt direct, mais blonde ne sourcille pas, blonde s'avance et fait face à la toile qui l'intriguait bien trop pour oser y jeter un œil.
- Qu'est-ce...
Pourquoi pose-t-elle la question ? La réponse est évidente et elle n'aurait osé s'y reconnaître. Seulement, la vérité est là et c'est elle, sa silhouette qui a transpercé la vision de la jeune femme, l'a poussé à laisser se chamailler pinceaux et batiste.
Un vague air surpris remplace sa moue de réflexion, d'examen minutieux. Poser les doigts sur moi. Non, n'oserai pas.

Elle la voit ainsi puisqu'elle a le regard, elle l'a et blonde pas. Elle ne voit pas les formes à sa manière, les mouvements, les expressions, ne décèle pas le potentiel de chaque silhouette, angle de machin, profondeur de truc. Marquée, touchée. D'entre tous, c'est elle qu'elle a vu.
Elle reprend sa contenance, main caressant lentement son abdomen marqué, par pur mécanisme. Gêne, ou pas. Qu'importe. Seules les étoiles, lumières tranquilles des balcons resteront spectatrices de son moment de grâce.
- Je la vois perdue sur du marbre. Un genre de grand hall, faiblement éclairé de l'extérieur par d'immenses fenêtres. Une lumière qui vient du dessus. Comme provenant d'une lucarne. Quelque chose comme ça. Un décor quelque part triste, d'ombres mais qui ne la laisse pas se perdre parmi elles.
Elle s'arrête, sourire triste disparaissant alors que les mots s'échappaient seuls. C'est quoi, cette nouvelle manière de s'exprimer ouvertement ? La verve de devenir Muse ?
- Ce tableau la laisse se suffire à elle seule, pour une fois. Vous êtes très douée.
Sans vouloir se vanter d'être une parfaite Muse ignorée.
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Re: Les Balcons

Message par : Keira Sanders, Ven 2 Juin 2017 - 16:23


La réaction de Mercure était indescriptible. Elle semblait passer de la réflexion à la surprise puis à la flatterie. Trois stages à peine distincts puisque tout était rapide. Le cerveau humain, en particulier. Les axes reliant les neurones et les sens étaient comme des autoroutes du futur, propulsant des capsules à une vitesse phénoménale. Ainsi, Keira aurait pu se prendre une baffe en pleine joue en moins de temps qu'il lui en avait fallu pour dire de venir jeter un œil. Même si elle avait pu apercevoir que la muse pouvait s'y complaire, il y avait toujours ce petit risque. Risque que finalement non ; finalement, elle se sente violée. C'était donc avec soulagement que la brune continua à siroter son cocktail sucré, attendant la suite.

Elle visualisa très vite le genre de décor décrit. C'était un bon choix. Quelque chose qui lui donnerait l'air seule, seule contre des ombres dissimulées sur le marbre. Elle commença à recouvrir l'ensemble du décor de blanc grisé, puis vint apporter ça et là des nuances pour imiter un grossier marbre. « Merci », remercia-t-elle le compliment. « Je fais ça depuis toute petite. » Disons qu'elle n'avait pas trop eu le choix. « Je pense que vous suffisez à vous-même. Vous n'avez pas besoin d'autrui pour briller », parlait-elle de son œil haut en couleurs. Elle décida ensuite de se taire, se raclant la gorge avant de continuer à apporter des nuances sur la toile. Elle s'aventurait peut-être en terrain dangereux, et beaucoup trop personnel. C'était son truc, de toujours interpréter, et manquer de délicatesse.

Ne pas violer l'intimité des gens.
Ne pas violer l'intimité de Mercure.
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