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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Londres ~¤~ :: Chemin de Traverse :: L'Occamy Doré
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Les Balcons
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Mary Drake
Préfet(e)/Serdaigle
Préfet(e)/Serdaigle

Re: Les Balcons

Message par : Mary Drake, Sam 12 Aoû 2017, 22:02


Non tu ne savais pas du tout que j'allais mettre ça ♪

Au final, je me suis de nouveau retrouvé avec ce que j'appelle le bordel interplanétaire en guise de tête. Des couteaux me cisaillent les neurones depuis l'arrivée du serveur. Tout d'abord, y'a le bonheur. Parce que Arty. Parce que nous étions ici, à l'Occamy, ensemble. Parce que il y a à peine quelques secondes, nos deux têtes étaient encore collées. Nos lèvres ont même failli se frôler. Front contre front, nous étions si bien. Dans notre alchimie, cet univers qui nous appartenait. Un petit bond en arrière ne serait pas de refus. Mon coeur tambourine encore tel un fou furieux en rappel de tout à l'heure. Mais y'a aussi l'incompréhension. Qu'est-ce qu'il se passe entre les deux jaunes ? Pourquoi l'un semble-t-il détester l'autre ? C'est affreux d'être à côté de la plaque. De ne pas savoir, pouvoir rien arranger. Arty n'a pas l'air d'être quelqu'un qui attise la haine, ce qui rend les choses d'autant plus incompréhensible. De nouveaux pourquoi viennent hanter ma caboche. Qu'est-ce que c'est pénible . Je me cognerai bien la tête si je n'étais pas entourée. Puis j'ai pas envie que la personne que j'aime un peu plus que beaucoup me prenne pour une tarée. Alors je reste calme, respire lentement. Essayant en vain de me calmer.

Je peux noter que j'ai quand même réussi à commander. Hormis le léger bégaiement, ça s'est plutôt bien passé. J'ai pas l'habitude des conflits, généralement c'est plus compliqué que de la simple haine. Difficile à comprendre même par moi-même. Néanmoins, ici c'est différent, vu que je suis extérieure à la situation. Enfin j'crois. Je sais pas. Totalement perdue. Histoire de ne pas laisser mes mains inoccupées, je repousse mes cuticules à l'extrême. J'ai un peu mal mais c'est pas grave, l'autre, là, il doit souffrir beaucoup plus vu la tête qu'il fait. Artemis non plus à pas l'air dans son assiette, il parle, je capte rien. Comme d'habitude. Des excuses, okay, jusque là ça va, je suis en mesure de suivre. J'essaie de me déconnecter un peu, de pas trop me focaliser sur ça. J'ai pas envie de gâcher cette journée, elle devait être belle. Le voir c'est censé être un truc bénéfique, sortir de l'ordinaire, puis partir vers d'autres horizons. Les mots devaient couler à flot. Là j'ai complètement perdu l'envie. Heureusement qu'il reste cette petite chanson joyeuse dans ma tête pour que je ne parte pas en courant. Fuir, toujours, jamais affronter.

Évasion
Bulle éclatée, légère comme une plume je pars
Tenant dans ma main un ballon
Nous volons de plus en plus loin
Un peu comme dans là-haut
Je domine le monde
Regarde les paysages
Une main tendue vers l'air
Je salue de l'autre les oiseaux qui sont sur mon chemin
Puis je traverse un nuage
M'élève
J'ai de la chance, mon moyen de transport est plus que solide
Quant à moi, je combats la pression, la gravité
Tout
En tirant la langue, bien évidemment
Soyons sérieux deux minutes
Ou pas
Une fois arrivée dans l'espace je me souviens que
J'ai pas trop le droit d'y aller
Que la lune ne m'aime pas
Et que le soleil est trop loin pour y faire quelque chose
Alors l'astre mauvais attrape une aiguille
Dans un geste lent, l'apporte jusqu'à ce pauvre baudruche
Tout ça se termine en chute
J'ai mal au coeur
Les sensations sont étranges
Envoûtantes mais donnent envie de vomir
Aussi
J'ai peur de tomber, j'ai pas de cerf-volant pour me sauver
Enfonce mes ongles dans la paume des mes mains
Pourquoi chaque refoulement de la réalité
Se termine-t-il mal ?

Je sors de ma transe lorsque le serveur revient. Je ne l'ai décidément pas vu partir. Deux tasses de thé sont posées sur notre table, un regard furieux centré sur nous. Je remarque que ma main a de nouveau agrippé celle d'Arty. J'comprends pas trop comment. À moins que.. Oui c'est plutôt simple vu comme ça. Je l'ai attrapé lorsque je tombais. Parce que il était un peu comme une bouée de sauvetage depuis la descente aux enfers. Depuis que j'étais plus proche du paradis que de l'antre rouge et lugubre. Le préfet plus mieux que l'autre des jaunes ne s'est par contre pas calmé. Il est sec, froid. Sa dernière phrase fait même un peu peur. Je sais pas si il a vraiment le choix, ils sont dans la même maison quand même. J'suis vraiment triste pour lui. Finalement il s'en va. Depuis quand j'ai de l'empathie ? J'sais pas pourquoi mais je m'en veux un peu. D'être là, d'être ici, de rayonner de bonheur avec Arty. Alors je bois une gorgée de thé. Il est brûlant mais c'est pas grave. C'est quand même bon. Souffler. C'est fini. Un peu de calme. J'espère que ce n'est pas avant la tempête.

J'hésite
Que faut-il faire dans ces cas-la
Se cacher, se foutre sous la couette ?
Poser des questions ?
Continuer comme si de rien n'était ?
Plongeant mon regard dans celui d'Arty,
J'me dis que le mieux c'est de changer ses idées
Je demanderai une autre fois
- Tu m'expliqueras un jour... Je te laisse te remettre
Du dos de ma main je caresse sa joue
Le coeur se remet à battre, les réflexions, à s'enfuirent
Je les sens s'en aller, en même temps que la pulsion revenir
J'en ai envie, vraiment
Folie, elle l'aurait fait
Je ne suis pas Folie
Bah un peu quand même
Pour lui
Pour moi
Pour toi
Pour nous
Toutes nos mains sont liées à présent
J'approche à nouveau
Tête contre tête
Nez contre nez
Sourire étincelant
Reprise de mon sérieux
Oh et puis m*rde
J'y vais
C'est niais
C'est idiot
Dit comme ça, je vois pas plus écœurant
Mais c'est ainsi, j'sais pas faire autrement
Finalement nos lèvres s'effleurent
J'espère qu'il pourra aller mieux
si peu de temps
et pourtant ce truc bidule si grand

Détachée, sourire en bordure, étendu
- Si tu veux partir, on peut y aller
Y'a des ondes pas terribles ici
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Artemis O'Toole
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Re: Les Balcons

Message par : Artemis O'Toole, Sam 12 Aoû 2017, 23:28


Mary



Ça tourbillonnait dans tous les sens, il ne pouvait rien faire, rien dire, même plus bouger. Cette situation diaboliquement tragique, c’était pas son truc. Trop de non-dits, de surprises, de silences. Il aurait dû lui parler, il ne l’avait pas fait. Maintenant on avance. Alex était parti, sans rien dire, leur préparer leurs boissons. Arty avait été emmené dans un tourbillon nucléaire qui faisait passer le temps super vite parce que ce n’est que lorsque le Préfet revint avec leurs thés qu’il se rendit compte qu’il n’avait rien dit, rien fait envers Mary durant ce laps de temps. Et ensuite, le venin d’Alex. Il ne voulait plus le revoir. Une respiration resta coincée quelque part, là, dans la poitrine. Ça faisait mal, mais finalement, lui devait être dans un pire état. Il partit, comme ça, sans rien ajouter. Arty secoua alors la tête et laissa échapper un soupir, immense, long. De soulagement, peut-être mais de douleur aussi, certainement. Il fallait qu’il se retrouve ici, entre lui & Mary pour qu’il comprenne qu’il avait vraiment vécu quelque chose avec l’autre Jaune. Délicat. A peine le comprenait-il que c’était terminé.

C’est alors qu’il remarqua la main de Mary dans la sienne. Ça allait trop vite, il fallait qu’il s’accroche, en moins de cinq minutes. Oui il avait été avec Alex, c’était fini, il était avec Mary. Pas de pause, pas de trêve, un enchaînement difficile. Il laisse le thé devant lui, il n’en veut pas, il ne savait même pas qu’il avait commandé un thé. Il lui aurait fallu quelque chose de plus piquant, amer, pour le réveiller davantage. Arty demeure assommé, sa main dans celle de Mary. Et le temps continuait de défiler autour, il fallait qu’il fasse une croix, qu’il gomme ce qu’il venait de se passer puisqu’il n’aurait apparemment jamais l’occasion de réparer le tout. Il entend alors sa voix, doucement, il se tourne vers elle, rencontre son autre main. C’est apaisant. Pas maternel parce que sinon ça ferait bizarre, mais oui, réconfortant. En réalité, il se rendit compte qu’il était exactement là où il voulait être. Le bon endroit, avec elle. Tant pis pour Alex, même si ça lui arrachait un filament de l’esprit de pouvoir penser ça. Il essayait de trouver les mots pour expliquer à Mary, lui dire ce qu’il venait de se passer, ce qu’il y avait eu avec le Préfet, pourquoi il était dans un tel état. Mais là, absolument rien ne venait. Mais il n’a pas le temps, ça continue de s’enchaîner sans qu’il soit acteur, là, toujours assis il se contente d’être spectateur. Il la voit revenir, s’approcher davantage, son front, son nez, ses yeux.

Soudainement, sans qu’il s’y attende, ses lèvres. Il supposa que bientôt était dorénavant maintenant. Pourtant, ce fut si bref, comme ça, une pointe lumineuse sucrée, à peine humide. Son cœur s’emballa, se retrouva comme avant, cette adrénaline & cette euphorie qui l’habitait. Enregistrer ce fameux moment, quelque part, le suspendre, le faire durer davantage. Le mettre dans les favoris. Pourtant, elle s’était déjà détachée. Elle souriait, il essaya de l’imiter, chasser le visage d’Alex de sa tête. C’était fou, dans ces secondes si parfaites, de continuer de penser à lui. Elle proposa de partir. Il fit non de la tête, jamais il ne faudrait partir, quitter ces chaises, leur bulle qui s’était éclatée avec l’arrivée du Préfet venait à peine de se reconstruire avec ce baiser. Il voulait rester là, près d’elle, après tout, il ne savait pas ce qui les attendait à l’extérieur.
Puis il devait lui dire, lui faire comprendre, ne pas la laisser dans le flou. Visiblement, il n’avait pas assez communiqué dans sa précédente relation, autant apprendre le vite possible de ses erreurs pour ne pas commettre les mêmes. Il n’osait pas, il avait peur qu’elle s’en aille.

Il enroula alors son doigt dans une mèche ses cheveux, à elle, une longue mèche brune un peu folle, un geste tendre qui lui fit prendre confiance en lui. Après tout, elle était là, elle l’acceptait, elle se devait de savoir. Il plongea son regard dans le sien.

- Alex et moi. On était, enfin, un peu ensemble. C’est fini. Enfin, c’était déjà fini avant.


Une pause, c’était terminé en effet, elle l’avait bien vu ça, la fin, la rupture, la blessure de l’autre. Est-ce qu’elle allait faire le lien dans sa tête ? Comprendre qu’Arty n’avait pas dit à Alex qu’il était amoureux d’une fille dorénavant. Il l’ignorait, mais une chose à la fois. Le plus gros était balancé, patience. Puis il ne voulait pas qu’elle pense qu’il se comportait comme un gueux avec tout le monde, tout ceux avec qui il sortait du moins. Excepté qu’il savait, qu’Alex & Mary, ce n’était pas la même chose, il ne ressentait pas les mêmes trucs. C’était plus puissant, prenant. Jamais il ne ferait aussi mal à Mary, même inconsciemment. Elle était là, en face de lui et tout son être s’offrait à elle, chaque parcelle, il n’avait pas l’impression d’avoir le choix. C’était comme ça, elle n’avait peut-être pas tort, avec cette histoire d’alchimie. Il le sentait, ça allait au-delà de tout ce qu’il avait déjà ressenti. Surtout maintenant, plus de retour en arrière, il l’empêcherait de partir. Pour toujours.

D’ailleurs, il allongea son geste, passa sa main dans sa nuque, et délicatement, la rapprocha de lui. Leurs visages de nouveaux proches, collés, sa présence tout près. De nouveau, rencontre des lèvres, mais pas dans un effleurement cette fois. Ou en tout cas pas juste un effleurement, un peu plus, de pression, de temps. Profiter. Écouter les battements s’accélérer, goûter plus longtemps au goût merveilleux.
Mais il devait s’éloigner aussi, légèrement, un chouille. Son doigt se mit à caresser son visage, épouser ses traits fins, ses sourcils, l’arête du nez, ses lèvres fines parfaitement rosées. Essayer de faire marcher la mémoire sensorielle, faire encrer le souvenir profondément, pour ne jamais l’oublier. Son visage. Cette fois le sourire d’Arty était entièrement revenu. La lumière, illumination d’un léger rire. Il chuchota alors doucement, tout était présent, la joie, le malice, l'allégresse.

- Je sais pas, j’aime bien moi, ces ondes-ci. Non ?
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Mary Drake
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Re: Les Balcons

Message par : Mary Drake, Dim 13 Aoû 2017, 08:53


Lalalalala (ou pas) ♪

C'est comme si je sentais toujours ses lèvres sur les miennes lorsque je me détache, m'arrache à cette caresse si nous pouvons appeler ça ainsi. Une deuxième fois, et je suis déjà euphorique. Ce n'est pas mon rayon ce genre d'étreinte. Pourtant, en m'étant décollée, j'ai eu une pointe de regret. Je serai bien restée plus longtemps. Il n'y a rien eu de plus que ce simple contact, des milliers de frissons. Puis c'est totalement différent, autre que ce que j'avais imaginé. Sous le joug du ver, il m'est arrivé une fois d'embrasser quelqu'un. Erundil. Penser à lui ici n'est sans doutes pas une bonne idée, pourtant je ne peux pas l'oublier. Fait sur un coup de tête, il n'y a aucun souvenir très marquant de ce que j'avais fait ce jour-là. Danser avec Anna, faire un câlin à n'importe qui. Je me suis un peu emportée, c'est le moins qu'on puisse dire. Ici, y'a eu ce truc, qui me donne envie de retourner contre lui, me presser un peu plus. C'est ce qui se passe dans les grandes histoires, sauf qu'ici, on est Arty et Mary. Rien de plus, deux âmes perdues sur le fleuve de l'univers qui divaguent à bord d'une bulle hélicoptère.

Ma proposition a comme réponse un signe négatif de la tête. Et une tentative de sourire. Je fronce les sourcils, le voir comme ça ne m'enchante pas. Il mérite pas d'être mal. Toujours aussi complexe, les relations humaines. Ce n'est pas pour rien que je me suis toujours détachée et éloignée. Si Arty venait à partir, à me laisser, je serai totalement perdue, chamboulée. Maintenant que c'est fait, que je me retrouve attachée, je vois pas comment je pourrais m'enfuir. Dire que je l'aime autrement qu'un peu beaucoup plus est trop tôt, mais quelque chose me dit que ça ne va pas tarder. Capturant une mèche de mes courts cheveux autour de son doigt, il commence à parler. Au départ, j'écoute un peu à moitié. Puis vraiment. Puis j'ai peur. Il était avec le type, le serveur, Alex, et vu la tête qu'il faisait, il n'était pas content. J'ai pas envie d'être ravagée comme lui, d'être mal à cause d'Arty. Pourtant, jusqu'ici, ça me semble tout bonnement impossible. Le jaune et noir me dit que ça appartient au passé. Qu'ils avaient rompu avant. Je sais pas si je dois le croire, finalement je gobe ce qu'il dit. Puis j'ai surtout pas envie de briser ce nous, ce groupe, ce Arty and Mary.

La pointe de doute présente à la base
S’élargit tout de même un peu
Quelque part, là, dans le ventre
Prend du volume, s'étend jusqu'au ciel
Avant d'avoir une taille banale, pas plus grosse qu'un ongle
Qui reste, juste au cas où
Elle ne faillira pas devant les beaux yeux
Les câlins
Je te fais confiance Arty
C'est rare, incompréhensible
Et pourtant, j'y crois
Je ne dois peut-être pas
Mais j'ai tellement envie de te voir rester
J'aime tant être avec toi
~ bien que ça ne soit que la deuxième fois
Que je veux bien te donner ceci
Un présent qui n'a l'air de rien à première vue
Mais qui coûte cher au fond
Tu pourrais me faire croire que la Galaxy est une planète
Que notre bulle est le noyau de notre Terre
Avec quelques paroles,
Je pourrais me dire que c'est vrai
N'en abuse pas, s'il te plaît
Fait attention, j'ai plus de barrière
La muraille est tombée
Ta lumière a eu raison d'elle
Plus de coquille, plus de carapace
Sortie de l’œuf, creusant le sable
Maintenant que les oiseaux sont passés
Je n'ai plus qu'à pointer une orteil dans la mer
Et à découvrir

Une main sur la nuque, tu as donc arrêté de sceller nos quatre mains. De nouveau, je suis pressée contre toi. De nouveau, ça tambourine, de nouveau, je veux rester là durant une éternité. C'est dangereux, cette envie. Enfin, tant que je ne tombe pas dans un monde de psychopathes, tout va bien. J'veux dire, tant que je n'en deviens pas une, parce que être dans cet univers-la, c'est trop tard, les hommes, les femmes, les sorciers, le chiens, les chats, les koalas, on est dedans depuis notre naissance, et à moins de partir vivre sur Mars, je ne vois pas trop comment nous pouvons y échapper. Tu laisses tes lèvres sur les miennes un peu plus longtemps que ce que j'avais fait. Simple pression, nous n'allons pas plus loin. Lorsque de quelques centimètres tu t'éloignes, j'ai envie de crier reviens. Toujours plus, jamais satisfaite, mais t'es pas à deux kilomètres non plus. Ses mains se promènent sur mon visage, m'arrachant de nouveaux frissons. Je sais pas trop pourquoi il fait ça, mais vu que j'aime toujours autant le mimétisme, je l'imite. Son nez, ses lèvres, ses cheveux si doux, ses paupières, clore ses yeux quelques instants. Puis ses épaules. Son cou. Je noue mes mains derrière ce dernier. Un rire raisonne dans notre cocon. Le sien. Des étincelles flottent partout. J'ai l'impression d'être une gamine devant une énorme barbe-à-papa.

Tu finis par me parler d'ondes. Celles qui flottent à présent autour de nous. Et tu as raison, totalement dans le vrai. Elles sont bien, celles-ci. J'peux comprendre pourquoi tu veux rester. Si il n'y a plus qu'elles, aucune envie de partir. J'fais un peu balancer mes jambes. Nos genoux se touchent. C'est idiot, ça sert à rien, j'avais envie c'est tout. Puis je me rapproche à nouveau, un peu sur le côté, murmurant à mon tour. Simple confirmation de mes pensées C'est vrai qu'elles sont plutôt pas mal. Puis je dépose un bisou sur sa joue, enlève une main histoire de boire un peu, pour que ça ne refroidisse pas, avant de la remettre derrière son cou. J'sais pas pourquoi, j'ai envie d'être toujours plus proche. C'est étrange. Épisode du serveur momentanément oublié. Peut-être temps de parler. Rien qu'un peu. T'as dit que tu les aimais bien, alors je vais faire une liste des choses que j'aime. Il y a toi, déjà, puis d'autres gens aussi, comme ma mamie, ou l'être de chair. Puis Stella, le chêne, la brosse. Ils sont étranges mais ils n'ont jamais cessés d'êtres là. Pause. Mine réfléchie. J'aime aussi les ailes, en fait j'ai envie de voler. Puis les oiseaux en général. J'aime Gaby, j'aime les désirs d'espoirs qui ne se brisent pas. J'aimerai la liberté lorsqu'elle sera accessible. J'aimais bien imaginer avant, mais maintenant j'évite un peu. Oh, et j'aime la barbe-à-papa, les étoiles, le soleil. Je crois que c'est tout. Rire. Capturer à nouveau ses lèvres, un peu plus que les premières fois. Continuer à faire des petits pas.
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Artemis O'Toole
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Re: Les Balcons

Message par : Artemis O'Toole, Dim 13 Aoû 2017, 11:30


Mary


Elle ne relève pas, ou pas vraiment, cette déclaration concernant le serveur jaune. Il aurait dû développer, aller plus loin, expliquer que c’était parce qu’il l’avait rencontrée elle, que ce n’était pas voulu, préparé. Mais tant pis, il n’avait pas l’impression de mentir non plus, de lui cacher des choses parce que, même pour lui, ce n’était pas hyper clair. Et puis le rapprochement, les baisers, ça faisait oublier tout le reste autour, aussi tout le reste à l’intérieur, les doutes et les incompréhensions. Mary avait ce superpouvoir-là, anéantir les résidus de noirceur à au fond de lui, il faut le faire quand même, parce que chez Arty, la noirceur ce n’est pas ce qui l’habite le plus, c’était donc davantage important. Il se découvrait ainsi totalement entier, totalement lui, contre elle. Alors que son toucher l’effleure, il pense à la garder contre elle, il pense aussi qu’il n’a pas besoin de se forcer que c’était naturel, que c’était normal, prévu. Il ne pouvait plus s’empêcher de sourire dorénavant, c’était marqué sur son visage, l’ivresse du sentiment qui le transportait. Même quand elle ferme ses yeux il la voit, toujours, il se souviendrait de ses traits maintenant, impossible de faire autrement. Elle devenait gravée. Un portrait lumineux qui scintillait, une lumière blanche éblouissante lithographiée à l’intérieur de ses paupières. Finalement, elle s’attache, s’accroche. Un panda roux ou un koala à sa branche. Oui, jamais il ne la laisserait tomber, chuter. L’arbre protecteur c’était lui.

Les genoux qui se touchent. Ses lèvres contre sa joue, il n’en revient pas. Ascenseur émotionnel gigantesque, titanesque. Il ne pouvait pas mettre de mots sur ce qu’ils étaient à présent, mais il profitait. Dire qu’il pensait être son propre soleil, avec cette énergie dormant au fond de lui. Mais il avait tort, c’était elle. Et même s’il n’y avait pas de terme sur le lien qui les unissait, il la faisait passer avant tout, avant les autres, avant lui. Ils étaient donc ça. Comme ça. Il l’observe boire son thé, lui le laisse refroidir, il ne le touchera pas. Il n’a pas envie de la quitter des yeux, de sentir autre chose en lui que des étincelles d’elle. Elle devait l’habiter totalement, ça ne pourrait pas en être autrement. Mary était devenue sa seule énergie vitale essentielle.
Il l’écoute alors, attentivement, incline la tête, attraper chaque mot qui s’envole. Il aime quand elle lui parle, il a l’impression que le voile qui la recouvrait glisse doucement, s’en va, loin. Apprendre à la connaître. Parfois Arty haussa un sourcil, une lueur d’interrogation flotte dans son regard. Il ne comprend pas tout, comment le pourrait-il. Pourtant il sent qu’elle lui révèle des choses précieuses, fondamentales. Des noms, des personnes de sa vie qu’elle lui présentait. Et puis des objets, des plantes visiblement. Il attrape tout, ne laisse rien passer. Et puis cette histoire de voler, c’était fou comment c’était redondant. Pourtant là, lui avait l’impression qu’il volait déjà hyper haut, sans peur du vide, sans vertige, sans ailes. Il n’en avait pas besoin puisqu’elle était là. Quoi que, les imaginer à deux sur le dos d’un dragon, il aimait bien. Il aimerait bien. Toutes les aventures en fait.

Encore une fois, la retrouvaille des lèvres. Il ne s’en lasserait jamais.
Il ne sait pas quoi lui répondre, il a envie de tout décortiquer, de tout connaître, élucider. Sa curiosité maladive, aller chercher derrière ses yeux bruns ce qui la constituait elle, entièrement. Avoir des précisions. Mais il la laisserait venir, enfin, c’est ce qu’il pensait.

- Pourquoi ils sont étranges ? La fameuse question, le fameux pourquoi qui peut rendre réticent. Finalement, il avait besoin de savoir. Il ne pouvait pas laisser les révélations parcourir leur propre chemin, il fallait qu’il les fasse rebondir doucement. Il ne l’imaginait pas aussi optimiste, aussi sur le chemin éblouissant de vie. Tant mieux. Puis il glisse, penche la tête, dépose ses lèvres dans son cou, murmure. J’aime ce que tu aimes. Et toi. Et surtout les ailes, voler. Même si là, c’est tout comme, pour moi. J’ai jamais été aussi proche des étoiles, de la galaxie et des planètes que maintenant. J’suis devenu un astronaute, grâce à toi. C’est même plus voler, c’est un voyage dans l’espace. Du coup, elle est peut-être là aussi, ta liberté. J’sais pas.

Il reste là, quelques instants, dans son cou, puis remonte doucement. Ses baisers tracent un chemin ponctué de curieuses petites flammèches, son menton, les contours de sa mâchoire, et puis la case départ, ses lèvres. Le point central & culminant, le plus important. C’est bizarre tout de même, cette façon dont le cabaret devient tout noir, dans sa tête, comment leurs chaises se mettent à léviter toujours plus haut. Maintenant ils étaient là, tournoyant parmi les étoiles, les chemins célestes, prenant place dans un planétarium imaginaire. Bon, au moins on aura évité le cliché de la pluie, du baiser sous les gouttes, les cheveux plaqués. La compagnie des étoiles & des planètes c’est mieux du coup. Lentement, un bras se déplace, se pose sur le dossier de sa chaise, tandis que l’autre vint se placer sur sa taille, il aurait voulu la serrer davantage contre lui, mais là, c’était pas possible, assis. Essayer de l’entourer entièrement. Constituer son bouclier.

- Je pense que tu peux de nouveau te permettre d’imaginer, plein de trucs. Y’a que ça de vrai.

Parce que lui c’était exactement ce qu’il faisait maintenant, dans sa tête des images, Mary & Arty, les mains toujours emmêlées, il ne pouvait pas s’en empêcher. Pourtant il savait que c’était réel, mais il voyait plus loin, plus grand. Ça le faisait sourire, ça le piquait et le démangeait à l’intérieur. Son imagination ne pouvait contenir que ça d’ailleurs, tellement c’était grand, ça prenait toute la place dans les entrailles. Plus rien d’autre que Mary & Arty. Ensemble.
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Mary Drake
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Re: Les Balcons

Message par : Mary Drake, Lun 14 Aoû 2017, 09:09


Lalalalalalaaaaaaaaaaa ♪

Raconter des pans d'une vie
Qu'elle soit belle, laide, ou tarabiscotée
Pour apprendre, enseigner, comprendre
J'veux pas le rendre à côté de la plaque
En analysant mes propres paroles,
J'ai sorti des choses incompréhensibles
Mais c'est pas grave, un jour il saura
Si nous restons assez longtemps ensemble
Pour qu'il voit, aperçoit
Cette étincelle, part sombre qui m'habite
La Mary qui n'est pas tombée semble si lointaine
Je suis certaine qu'elle est proche en réalité
Des fois elle tente de sortir, mais celle qui est devant Arty
Rayonne tant lorsqu'elle est avec lui
Qu'elle assassine un peu l'autre
~ Est-ce que tu crois Arty, que tu resterais avec moi, si tu la voyais, elle ?
J'aimerai pas que tu sois effrayé
Que tu t'en ailles en la voyant
Des fois je la sens remuer quelque part ~
Pour le moment c'est inconcevable
J'ai peur que si les couleurs reviennent définitivement
Tout redevienne comme avant
Mais toi Arty, avec toi je les vois
T'as un effet sur moi, c'est fou, comme si
À toi seul tu pourrais illuminer une planète entière
Jusqu'au fin fond des Abysses
J'sais pas si c'est parce que je t'aime un peu plus que beaucoup
Ou si c'est parce que c'est toi, simplement
Chaque personne qui passe sur ton chemin doit regretter
De ne pas t'avoir arrêté, ne pas te connaître, rien qu'un peu
La bribe que j'ai vu est si jolie
~ se sentir égoïste qu'elle ne soit aujourd'hui
Seulement tournée dans ma direction
La boussole est à l'ouest
J'sais pas si j'ai envie qu'elle retrouve le nord ~
Puis tes lèvres sur les miennes
Ces feux d'artifices qui m’ensorcellent
Ta peau si proche
J'sais pas si j'arriverais à m'en détacher
Un peu comme le chocolat, une fois que tu y as goûté
Difficile de ne plus en manger

À chaque fois que je m'éloigne, mettant fin à une étreinte, c'est comme si on arrachait ma peau. Une douleur, sur la pointe du coeur, qui reste jusqu'à ce que je revienne. Finalement ça va arriver, j'vais être, non, je suis, accro à lui. J'pourrais me perdre des heures sans voir le temps défiler, seulement avec nos doigts entrelacés. Que va-t-il se passer une fois que nous nous quitterons à la fin de cette soirée ? Vais-je pleurer tant la brûlure est grande ? Et lui ? Qu'en est-il de ce qu'il pense, ce qu'il croit. Est-ce que je vis dans une illusion ? Une simple farce ayant pour but de me détruire, de labourer ce qu'il reste. J'sais pas, j'crois pas, j'espère pas. Si c'est ça, le serveur ne sera pas le seul qui ne voudra jamais plus le voir, nous serons deux dans le cas. Et il le paiera très cher. Je pourrai faire à la bonne vieille méthode signé vipère. Ouvrir la peau, regarder le sang dégouliner sans esquisser le moindre geste. Mais je ne suis pas elle, et lui, il n'est pas un traître. C'est ce que je dois penser, si la petite bille de doute grandit, ça ne va pas le faire.

Première question, réponse à ce que j'aimais
L'étrange
Je peux comprendre qu'il soit parfois perdu en fait
Mais ce n'est pas le seul
Difficile d'expliquer des choses que nous même on ne comprend pas
J'émets un murmure, tente un début de phrase
Puis le nouveau rapprochement coupe mon élan
J'arrive plus à parler
Fermer les yeux, profiter
Son souffle sur mon cou
C'est en quelque sorte grisant
Douces paroles qui s'échappent
Avec elles, une chaleur palpable
Que je sens presque couler entre mes doigts
Elle glisse, s'enfonce dans un cratère, ravage, mais d'une jolie façon, tout sur son passage
Voler, voile qui tombe
Parler de la liberté inexistante
C'est pas que je ne veux pas, Arty
Mais mes ailes sont brûlées depuis bien longtemps
J'ai pas réussi à en récupérer
Je croyais que ça se voyait
T'es peut-être aveugle, rien qu'un petit peu
Je ne les sens pas dans mon dos
~ Pourquoi crois-tu qu'à chaque fois je tombe
La corde, le ballon
Je finis toujours dans un gouffre
Enfin, pas grave, si toi tu arrives à aller dans l'espace
Te balader au milieu des astres
...
. .
Heureuse pour toi

Deuxième fois que j'essaie de répliquer, deuxième fois que tu te mets à bouger, deuxième fois que je n'arrive presque plus à respirer. Chaque endroit où tu passes laisse une marque indélébile que je n'arriverai pas à effacer de si tôt. Du cou jusqu'aux lèvres, tu remontes. Te rends-tu compte de l'effet que ça a sur moi ? J'crois pas. Électrisé, j'arrive plus à bouger. Tu m'entoures de tes bras, je me sens un peu nulle de laisser les miens comme ils sont là. J'ai pas trop d'idées pour l'instant, et étant toujours tétanisée, je cherche pas plus loin. Tu finis par mettre fin à ta série de baisers de toute manière. Parler, d'imaginer. Nouvelle pointe qui s'enfonce quelque part. Aïe. C'est pas faute d'essayer, mais quand tu finis par croire un peu trop ce que ta tête te montre, ça tourne mal. Donc je préfère éviter de le faire intentionnellement, vu que ce stupide crâne le fait à ma place. Tu vois Arty, c'est un peu lassant, de ne jamais avoir de contrôle à cause de cette imagination.

Récupérant peu à peu mes mouvements, je laisse mes mains tracer des sillons dans son dos. Notre positon n'est pas très pratique pour les contacts physiques. Pas grave, je continue, bien que ses bras à lui me gènent. Hors de question que je les bouge cependant, tant pis si une nouvelle fois j'ai l'air totalement ridicule. C'est simple en fait. Étrange parce que d'habitude, je déteste les contacts. Physiques, visuels. Pour appuyer mes propos, je fixe ses beaux yeux, puis vient déposer un baiser sur sa mâchoire avant de retourner me perdre dans l'abîmes des regards. Avec toi, j'adore ça. Mes joues rougissent un peu. Pas très grave au final, on s'en fiche pas mal. Puis je suis heureuse, si toi tu arrives à voler, c'est génial. Vraiment. Moi mes ailes elles sont parties depuis longtemps, mais si tu me tiens la main, peut-être que je pourrais aller dans l'espace avec toi... Désirs des grands espaces, peur du fardeau. Dernier point. Jamais je n'ai cessé d'imaginer, jusque que, si je peux éviter, c'est mieux. Simples paroles qui traduisent les pensées qu'il n'avait pas pu entendre tout à l'heure. Mordre une nouvelle fois la lèvre inférieur. Soupire, chuchotements.

Murmure à l'oreille
Alors que les doigts retrouvent
~ encore
les mèches
- Tu aimes le chocolat ?
Question neutre, dite d'un ton sérieux
- Et le feu ?
Nouvelle tentative, ratée cette fois-ci
Rire, un rien, une miette
- J'sais pas si ça te fait cet effet là aussi
Mais quand tu...

Je refais le chemin qu'il avait tracé sur moi un peu plus tôt
Sauf que cette fois-ci, c'est sur sa peau à lui
- ... fais ça, est-ce que t'as pas l'impression qu'une douce chaleur
T'envahis ?

Ensuite je rejoins ses lèvres, avant de continuer mon explication
- Et ça, fallait que je te dise
C'est encore meilleur que du chocolat

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Artemis O'Toole
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Re: Les Balcons

Message par : Artemis O'Toole, Aujourd'hui à 09:56


Mary


Toujours là, comme ça juste en face de lui. Il sent que ça le marque, ces traces qu’elle lui laisse dans le dos, c’est gravé, ça fait tout ressortir de l’intérieur. Ça coule à flot, ce sentiment chaud et réconfortant. Il commence à se dire qu’ils sont deux dans cette situation, que c’est rare, d’être comme ça tout de guingois avec quelqu’un d’autre. Il se contente de tressaillir, de frissonner, davantage quand une nouvelle fois son regard rencontre le sien. Encore une fois, la rareté. Il en venait à se demander ce qui le rendait lui si exceptionnel, pourquoi ça lui faisait cet effet-là. Finalement, il chassa cette pensée, parce qu’il n’y avait pas de réponse, si c’était vraiment le coup de l’électricité du sentiment du je t’aime un peu plus de beaucoup. Ponctué par ce nouveau baiser sur le côté, encore un petit cratère lumineux qui se dessine à cet endroit. Mais elle reparle de ses ailes envolées, disparues, arrachées peut-être. Arty là, ses bras sur elle, ressent tout proche ce désir de les rattraper, d’aller les chercher partout et de lui ramener, pour qu’elle puisse voler encore. Mais il se tait, regarde devant alors que ses mains reviennent dans ses cheveux fous. Elle est proche et il n’a qu’une envie c’est de prendre son visage dans ses mains et de l’embrasser avec passion, sans mouvement brusque. Mais il se contente de l’écouter, ses questions, sur le chocolat & le feu. Il sourit.

Un sourire qui s’évapore quand elle l’embrasse, quand elle dresse une route d’étincelles jusqu’à ses lèvres à lui. En parfaite symétrie. Elle finit par s’éloigner, un peu.
Arty se demande si ce qu’il se passait-là n’était pas meilleur que tout en fait, le chocolat, les friandises, les pancakes, tout. C’était ça la nourriture essentielle, pas le chocolat. Mais elle avait raison même si ça restait un euphémisme. Une douce chaleur. Il ne savait s’il devait lui dire, que chez lui, à l’intérieur, c’était un tourbillon de chaleur et de lumière, ça le dévorait mais pas d’une vilaine façon, au contraire. Il se demanda s’il finirait par s’habituer, si ce n’était pas dorénavant un élément constitutif de sa personne. Comme si à force de ses baiser, de ses caresses et de l’entortillement de sa main dans ses cheveux, Mary n’avait pas creusé un terrier tout brûlant dans sa poitrine. Un trou béant réconfortant tout doux au fond de lui, et maintenant il pourrait la rejoindre n’importe quand. Mais pour l’instant elle était là, en face. Il la libéra de ses bras, les étira un peu, marquant une pause. Il ne lui répondit pas, se contenta de l’observer, d’essayer de voir à travers elle. Il leva finalement sa main pour répéter son mouvement à elle, il emmêla ses doigts dans ses cheveux.

Il se demanda à quel point c’était brisé à l’intérieur, là, sous ses doigts.
Il se demanda s’il avait les pouvoirs de tout réparer.
Il se demanda s’il en était capable, ou si c’était ce qu’elle voulait.
Il se demanda s’il était la personne qu’il fallait à Mary, s’il pouvait lui redonner vraiment de la lumière et de l’espoir.
Elle semblait un peu heureuse, devant lui, proche de lui, mais ses paroles étaient remplies de choses noires. Cette histoire d’ailes et d’imaginer. Alors que lui avait toujours les siennes, bien accrochées, qu’il vivait la plupart du temps dans des scenarii imaginés. Lui qui adorait les illusions et le fait de transformer le monde. Mais devant elle, qui restait là, accrochée à la réalité. Il ravala un soupir. Il ne savait pas non plus si elle était prête à tout dévoiler. Le faire entrer à son tour, à l’intérieur.

- D’accord, je resterai là alors, accroché à toi, pas question de t’emmener et de prendre le risque de te faire tomber. Jamais. On ne volera pas, mais on sera à deux. C’est pas plus mal.


C’était un truc qui relevait du surnaturel, pour Arty de décider de rester dans la réalité, de s’ancrer là et de ne jamais partir pour rester avec elle. Parce que justement elle était dévorée par ce qui se trouvait dans le monde réel. Il l’accompagnerait donc. Et bribes par bribes, si elle le permettait, il lui transmettrait sa petite lumière. Pour la guider. Il ferait de son mieux. Parce que lui n’était pas brisé, jamais, il était entier, encore plus maintenant qu’elle était là. Il l’emmènerait partout pour la protéger, pas question qu’on lui enlève encore plus que ses ailes. Après tout, maintenant il voudrait bien donner les siennes. Ça ne serait pas facile, mais il ne prendrait pas le risque non plus d’être séparé d’elle.
Il s’avança alors, et cette fois il le fit vraiment, de ses deux mains il encadre son doux visage et l’embrasse. Lui signifier qu’il s’accrochait véritablement à elle, qui ne la laisserait pas partir. Que ce n’était pas un simple moment éphémère comme tous les autres, pas une simple & douce chaleur. Là, maintenant, il se transformait en Torche des 4 fantastiques. Tout simplement, il brûlait de mille feux sans s’en rendre compte et ça ne lui faisait pas mal du tout. Au contraire, c’était comme une purge, jamais il ne s’était senti aussi bien.

Ce baiser avait duré plus longtemps encore que les autres, pas juste une esquisse. Il se recule, doucement mais ne la lâche pas de suite. Tu sais que c’est plus fort et plus puissant qu’une douce chaleur ? C’est un méga tohu-bohu général enflammé là, au fond de moi. Il dit ça presque en riant, montrer que c’était sans aucune douleur, qu’au contraire ça ramenait du bonheur jamais connu. Mais il était heureux tout de même, que même chez elle ça commence à brûler un peu, pour lui. C’était pas ça le cliché de l’amour ? Un feu brûlant ?  Parce que je t’aime un peu plus que beaucoup. Répéter ses paroles sans ciller, sans bouger. Il n’était pas prêt en fait à enlever tout le reste derrière, il ne voulait pas lui faire peur, l’inquiéter. Il libère alors son visage, s’éloigne davantage. La laisser respirer. Dis-moi Mary, à quel point tu as été déchirée à l’intérieur ? Est-ce que je peux faire quelque chose ?

Il caressa doucement sa joue. C’était un verbe violent déchirer, il aurait pu employer le mot fissurer, ou ébrécher. Mais tant pis, c’était trop tard, c’était sorti. Il avait parlé d’une voix douce, presque suppliante, mais peut-être ne se confierait-elle pas plus, sur ses ailes absentes notamment. Mais elle devait savoir que, même s'il ne connaissait pas tout ce qu'il y avait au fond d'elle, il était absolument prêt à tout lui donner, tout ce qu’il y avait à l’intérieur, pour combler sa déchirure à elle. Peu importe si ça le déchirait en retour, il s’en foutait. Peut-être que c’était pour ça qu’elle l’avait choisi lui. Parce qu’il avait des ressources inépuisables de lumières et de bonté. Ou peut-être qu’elle voulait juste être là, à ses côtés, ne plus penser à avant, à ce qui lui manquait au plus profond. Il laissa retomber sa main sur ses genoux, tranquillement. Rien de plus pour le moment, il l’attendait, il l’avait libérée complètement, peut-être en profiterait-elle pour partir, qu’il s’était montré trop envahissant. A cette idée ça le piqua à l’intérieur, là, juste en dessous de la surface. Et pas qu’un peu.
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