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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Autres Lieux Magiques ~¤~ :: Grande-Bretagne
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[Habitation] Gold Manor
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Robert Gold
Serdaigle (DC)
Serdaigle (DC)

Re: [Habitation] Gold Manor

Message par : Robert Gold, Ven 30 Nov 2018 - 20:11


RP avec Shae, Kathleen, Timothy, Enzo, Aloyisia et Fitzwilliam


Vous étiez prêt à partir en cuisine, prévenir les elfes que de nouveaux invités s'étaient ajoutés pour le souper, sans savoir s'ils allaient rester, si ce repas scénarisé allait véritablement arranger
Quoi que cela soit.
Peut-être que partager votre repas, un peu de votre toit, leur ferait comprendre que rien n'est véritablement à vous, qu'elles et ils sont chez eux, leur propre chez-moi, s'ils le désirent.
Mais le silence pesant, ces seuls bruits de jouets discordants, qui semblent avoir jeter une nouvelle vague de zizanie brise le peu de clarté que vous avez réussi à amasser. Vous sentez sa présence, son regard sur les murs qui auraient pu être Sa demeure, les rivalités et les douleurs ranimées par la réunion de deux hommes déchirés, de deux grands puits sans fond, vous vous demandez seulement si lui a réussi à résister à la tentation de s'en jeter.
Vos filles ne pipent mot, votre chair et sang aussi morte que les racines que vous tentez vainement de raviver
Et vous avez beau vous rappelez que vous devez continuer d'essayer
L'avoir à vos côtés vous fait faiblir, vous l'admettez.

Vous sentez vos os se craqueler, vos pensées dériver, s'échouer
Besoin de temps, besoin de ces seuls ors que vous ne pouvez pas tisser,
Les lumières du soleil par les grandes baies reflétant les seules dorures et traces que vous avez réussi à garder
Vous vous sentez
Démuni.

Vidé. Comme pour vous protégez, essayer de rester sur pied, de savoir où aller dans un endroit - toujours votre propre toit - où vous n'avez pas
Votre place.
Besoin
De les sentir, de les toucher, presque une douleur fantôme de membre amputé,
Réunion au sommet des seuls morceaux de vous ayant pu rester
Dans ce monde où vous avez l'impression de n'être qu'un naufrage, une épave vidée et seule leur présence pourrait vous combler
Mais le silence est le seul lien qui semble tous vous lier.

Vous leur proposez cependant de s'asseoir, à cette grande table où la matière polie, froide,
Est à l'image de cette réunion de famille.
Les couverts manquent, vous vous demandez soudainement
Ce que vous pourriez donner à des enfants de trois ans
Vous aviez prévu pour les plus grands, mais cette nouvelle, autre réalité, autre coup porté
Vous laisse sans ligne distincte à tracer.

Vous regardez vos filles, si grandies, si femmes, si mères
Et vous ressentez le temps passé, ce qui vous a toujours manqué
Vous avez manqué de
Voir grandir l'aînée, de la choyer
Et vous avez failli à protéger, conserver la seconde,
Et la vision de cet homme honni,
Qui vous a tout pris
Votre fille, votre femme, l'amour, votre vie
Vous commencez à penser que cela est mérité
Et qu'il faudrait les éloigner, que vous allez de nouveau
Les salir, les faire pleurer,
Et votre cœur fatigué de trop de battements arrachés, saccadés, saccagés
Explose à cette pensée.

Mais
Une petite voix se lève, hors de la table,
Et un petit enfant - le vôtre
Le plus grand, qui ressemble tant
A sa mère, en cheveux changeant, traits
Et cette dévotion que vous lui portez
Qui s'adresse à vous dans sa naïveté
Celle que vous avez tous perdue, celle de la génération qui n'a pas été sacrifiée.

T'es qui toi.

Et comment lui souffler qu'il est très intelligent
Car vous l'ignorez et aimeriez connaître la réponse, en avoir eu vent.
Qui êtes vous, pour lui, pour eux tous
Si ce n'est
Personne
Un errant sans nom qui essaie de récupérer des miettes d'existence, un mendiant
Vous êtes conscient de vous raccrocher,
Pathétique et personnage qui ne connaîtra qu'un jour pour respecter la tragédie,
En supplice qui dure pourtant
Et comment lui expliquer
Que ce Monsieur, ce pavé qui arrive dans les reflets de l'onde claire qu'est son univers
N'est qu'un intrus à qui on a laissé être gracié par sa vue.

Comment lui dire
Que vous étiez le père absent
Le créateur, pas aimé mais aimant
De sa propre mère, mais il le sait sûrement.
Sa question va plus loin
Vous le sentez.
Qui êtes-vous ?
A part un Père déchu, un titre enlevé, un grand-père qu'il connaît désormais mais reste un étranger dans ce qui sera la suite de sa vie, un homme qui ne sait pas parler, qui n'a jamais su se battre pour ce qu'il fallait, qui est seul face à ses échecs et ses refus,
Un demi-homme, épuisé, qui veut lutter pour lui mais ne sait pas comment s'y prendre, comment lui exprimer, comment l'aider à se construire
Quand vos propres fondations sont enterrées.

Vous êtes un inconnu
Et l'autre homme
Est la réponse.

Robert Gold.

Un nom, un autre titre sans signification qui n'aide pas le petit,
Et vous ne pouvez qu'acquiescer, la gorge nouée
Avoir une existence avait un prix, personne n'avait dit
Que vous seriez plus qu'une petite partie du récit.
Un nom
Était déjà cela d'accordé.
Seul chose que vous pouvez crier, comme un fou qui ne veut pas sombrer, la seule chose à laquelle vous raccrocher
Vous étiez
Le nom originel mais oublié,
Mais c'était toujours celui qui devait disparaître pour permettre à ceux qui comptent de naître.

Et l'autre petit-fils, le plus jeune avec sa sœur,
Elle ne vous laissera jamais les approcher
Jamais ne serait-ce que connaître leurs noms, leurs traits,
Elle les avait dissimulés et ensuite protégés
De vous.
Étiez-vous si néfaste ?
Vous avez envie
De renoncer.

Vous avez pourtant des questions à leur poser
Quels étaient leurs jouets préférés, leurs plats, leurs joies et leurs tristesses
Quels mots pourraient les apaiser, que pourriez-vous faire pour les faire rire
Avoir un rôle, une place
Normale.
Vous n'aspiriez qu'à cela, un peu de substance, un peu de présence
Etre le plus ordinaire des hommes
Mais vous l'étiez déjà à leurs yeux, juste
Pas parmi eux.

Et enfin, sa voix, comme un coup à chaque lettre, chaque syllabe, peut-être voient-ils vos épaules s'affaisser en sentant plus qu'en entendant ses sons, se sentir rapiécé, ouvert et découvert, exposé
Vous êtes si faible et vous vous détestez d'être tombé si bas
Qu'il ait autant de pouvoir, d'effet sur votre conscience
Mais ses mots
Finissent pas retentir
Bourreau qui retire le damas rouge et relève

C'est ton autre grand-père.

Un supplice et une délivrance
Autre, toujours en deuxième car il s'est imposé, a tout emporté, tout gagné
Mais
Un aveu, une main tendue, presque une lueur salvatrice
Même si cela ne répond pas à sa question
Car les enfants sont souvent bien plus intelligents qu'on ne leur donne crédit, il veut plus de matière, plus de vérité et de substance
Mais
On vous reconnaît, pour la première fois
Vous êtes là, vous avez une place, quoique vacillante mais elle est présente
Vous êtes
Inclus
Et malgré la peine et les larmes - émotions mêlées - qui menacent
Vous tâchez d'offrir un sourire à Enzo,
Et tout devient plus facile en en le voyant.
Il a un air sérieux, de ceux qui voyagent
Hors des paysages, mais dans le temps, dans des années qui les dépassent et qu'ils ont touchés du doigt,
De ses yeux qui vous transpercent, et de vous qui voulez tout lui laisser découvrir, lui dire ce qu'il veut savoir,
De sentir cet esprit enfant mais déjà fascinant qui vous met à terre.
Vous entendez leurs rires lointains,
Et vous ne savez pas comment vous tenez, vous le voyez lui, planté ici à demander ce que personne n'osait formuler, fils de votre chair brillant
Et vous qui vous pensiez si intelligent.
Votre père n'était pas auprès de vous
Vous n'étiez pas là pour leurs mères, ou pas assez,
Vous avez fait beaucoup de promesses quand elles sont nées, vous vouliez les garder du mieux que vous pouviez, mais
Vous promettez de nouveau d'être là pour eux
De faire chaque erreur possible
D'être là, cette fois.

Ils viendront tous les quatre en âge, avec ce monde qui évolue et terrifie
C'est à vous de le rendre meilleur
Vous vous battrez pour eux, malgré ce qui couve au creux de vos mains brisées
Et vous avez déjà saigné pour qu'ils puissent exister.

Vous êtes leur autre grand-père, ils ne pourront plus le nier.
Vous sentez le premier titulaire,
Et vous ne pouvez mordre la main tendue
Au lieu de haïr, il serait tant de grandir.

L'amour, la douleur, la mort, le droit d'exister ne discrimine pas entre les saints et les pécheurs, ils prennent tout encore et encore
Et il en tire partie.
Il n'hésite, il ne montre pas de restreinte quand on lui donne ce qui lui appartient
Il prend et il prend encore et encore
Il change le destin, efface et réécrit à coups de dès
De quoi cela a-t-il l'air de son côté ?

Et s'il y avait une raison pour laquelle tous ceux que vous avez aimé sont morts ou délaissés et que malgré le peu qui survit vous êtes resté
Vous serez damné
Si vous n'attendez pas de voir ce qui vous est réservé.

-J'aimerais mériter de le devenir, en tout cas. Si toi, ton frère et tes cousins voulez bien me laisser essayer.

Vous sentez les autres bambins vous écouter, la respiration hachée de votre dernière née,
Et vous ne pouvez pas l'enlacer, même si vous en avez envie,
Mais vous ne pouvez rien laisser passer.

-Cela veut dire que je serais là pour vous tant que je resterais.

Vous espérez avoir répondu à sa question, vous continuez de le fixer, sans savoir quoi ajouter, vous avez envie de les rejoindre et de jouer
Avec eux, de faire n'importe quoi qui pourrez vous rapprocher, mais aussi de parler avec les aînées
Même si cela devait signifier de souffrir en des termes presque littéraux la présence d'un homme que vous respectez - d'admiration comme de crainte -
Et d'exprimer ce qu'un homme doté seulement de silence peut délivrer.

Vous regardez Shae, en espérant ne pas avoir débordé, demander
Une approbation, de l'aide et peut-être même
Un reste de son affection.
Vouloir demander à Kathleen leur nom,
Et noter enfin, que les derniers couverts sont apparus d'eux mêmes, petits couverts gravés d'animaux pour eux et un autre set de table pour l'autre trace du passé qui les a accompagné
Vous auriez pu croire que la maison avait sa propre volonté pour vous forcer à parler et à tous vous retrouvez
Si vous ne connaissiez pas aussi bien vos elfes.
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Jade Wilder
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Préfet(e)/Poufsouffle
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Re: [Habitation] Gold Manor

Message par : Jade Wilder, Sam 8 Déc 2018 - 0:47


RP avec Kathleen


Quelle drôle d'idée, que de s'intégrer. De faire partie des gens normaux, qui vont voir d'autres gens et partagent des conversations avec eux. Cela paraissait chose facile pour tout le monde, mais pas pour Jade. Elle, elle avait plutôt l'habitude de se réfugier dans un cocon qu'elle connaissait bien. Un endroit où ne pouvait pénétrer aucun doute, aucun danger. Où les portes étaient bien fermées et les secrets enfouis sans avoir besoin d'utiliser quelconque masque.

Sortir, c'était se mettre en danger. Risquer bien plus qu'un rhume sous la brise hivernale, surtout lorsque cette initiative implique quelconque rencontre. Alors que dire de ce qu'il se passait là ? Elle était dans un tout autre univers, un Monde inconnu qui lui paraissait à la fois grand, fascinant... et effrayant. Se sentir à sa place là-dedans était une tâche difficile à accomplir mais force est de constater qu'elle se sentait plutôt bien. Pas dans ces lieux en soi, mais avec la petite famille, ça semblait un peu moins insurmontable. Étonnant contraste quand on sait que la jeune fille avait bien plus peur des gens que du Monde. Avant d'arriver, elle était persuadée que ce serait une épreuve que de partager une discussion classique, de dépasser ses peurs et ses appréhensions pour simplement être elle-même. Et pourtant cela semblait fonctionner plutôt bien, sans trop d'efforts. Particulier, mais pas désagréable. En revanche, impossible d'éviter ces petits moments de gêne, mais ça n'avait en rien quelconque rapport avec son hôte ou les enfants, bien au contraire. C'était pour eux qu'elle passait au dessus de ces doutes qui l'assaillaient avec une attention toute particulière et une violence qui parfois, la dépassait. Heureusement, Kathleen ne cherchait pas à en savoir plus. Pourtant nul doute que son anxiété face aux cours avait été démasquée en un clin d'oeil, masque cassé, balayé par une demande légitime, question posée naturellement quand on cherche à connaitre l'autre. Mais répondre "Non c'est une catastrophe, je suis une m*rde et une de mes professeures me martyrise comme si j'étais son jouet à détruire" n'était pas une bonne option. Être vue de cette façon ne lui plaisait pas, réalité ou non. Préférer rester l'adolescente gentille et bonne élève plutôt qu'affronter ce qu'on lui imposait et ce qu'elle ne pouvait contrôler. Se complaire dans un mensonge et garder le reste, au moins jusqu'à ce qu'elle ait retrouvé la sécurité du cocon. Après tout, ce n'était pas vraiment un mensonge...

Commodités d'usage, besoin de les dépasser. Étrange là aussi, ce n'était pas une habitude que de quémander des exceptions, même au stade du simple tutoiement. Elle vouvoyait toujours les gens, tant qu'on ne lui disait pas le contraire explicitement. Le demander par elle-même n'était qu'utopie... sauf là. Pourquoi, bonne question, sans réponse pour l'heure. Explication un peu trop compliquée à trouver de toute façon, préférence à modeler la réalité à sa façon, artiste improvisée dans une discipline qui n'intéresse que ses intérêts propres.

Une appréhension tout de même, celle du refus, de la froideur qui pourrait le suivre. Peut-être que demander ce droit était malvenu, peut-être que c'était trop tôt et que ce n'était pas l'endroit non plus. Au moment de poser la question, aucune de ces questions ne s'était posée. Nan, la torture n'est que plus incisive lorsqu'elle prend conscience une fois qu'il est trop tard. Ce n'était pas dans ses habitudes, réfléchir en permanence pour éviter les ennuis, se montrer - trop - prudente parfois - souvent - pour éviter ce genre de doute par la suite. Parait-il qu'elle perdait en ne souhaitant pas vivre ce genre de problème. Que la vie ne se savourait qu'en tentant de nouvelles choses, qu'en la croquant à pleines dents. Impossible. Pas quand ça représente un danger à ce point. Il suffisait de voir dans quel état mental ça la mettait d'avoir OSÉ un pas de côté. Pendant de longues secondes, la crainte prit ses aises, s'installant soigneusement dans le nid qu'elle avait elle-même créé et donnant naissance à un enfant nommé regret. Ça se passe toujours comme ça quand les choses tournent mal. On regrette amèrement ce qu'on a fait, sans pouvoir revenir en arrière. Et à regard dérobé, on observe son interlocutrice en espérant que les choses vont bien aller, malgré tout. L'espoir, parfois vain, seul médicament empêchant que le nid s'accroche de trop. Réponse qui tarde et ampleur de la crainte qui n'ose se manifester.

- Jamais. J'étais loin d'avoir les qualités que tu as pour être retenue.

Air surpris, sourcils qui s'élèvent dans une expression presque enfantine, plus par la nature de la réponse que par la réponse elle-même. Après tout, tous les élèves méritants ne finissent pas avec un badge soigneusement accroché à la robe de sorciers, c'était une supposition un peu facile. Par contre, le "tu" était bien là. Constatation qui ramena un sourire sur ses lèvres, immédiatement. Puis un haussement d'épaules, retour du naturel, drôle de manège qu'un tel grand-huit, vagues d'émotions diverses, pas d'accord entres elles, rien qui ne puisse les lier avec logique. Qui a dit qu'elle était logique après tout ? Haussement d'épaules donc, peu certaine d'être en accord avec Kathleen. Pourquoi n'aurait-elle pas les qualités ? Et puis, vu son niveau magique à elle, dire qu'elle méritait le badge était utopique. M'enfin.

D'un geste expert, les tasse s'envolent, comme dans les contes où dans ses rêves les plus fous. Bien sûr, ce geste ne venait pas d'elle, ce serait bien trop étonnant. Et étrange aussi, puisqu'elle n'était pas chez elle. Même en l'ayant souhaité, elle n'aurait pu réaliser ce genre de sort sans envoyer la vaisselle bien faite contre un mur ou pire, que rien ne se produise. Au moins ici, personne ne lui demanderait de se servir de la magie à priori, voilà une nouvelle rassurante. Sans pouvoir s'en empêcher, nouveau sourire en voyant une simple envolée de vaisselle, la magie restait tout de même fascinante malgré cette aversion, ce fossé qui ne faisait que s'agrandir de jour en jour avec ce soi-disant don. Comme quoi le naturel ne fait pas tout. Revenons en à nos moutons, elle était peu fâchée de voir le liquide lui échapper, le thé n'était pas sa boisson préférée. Convenance tout de même, avec du sucre ça passe toujours et celui-ci était bon. Mais au quotidien, préférer la douceur du chocolat, réconfortant naturel pour les jours difficiles... ou pour les jours tout court. N'était-ce pas la même chose ces derniers temps ? A méditer sérieusement.

- Ne t'inquiète pas, il reste encore du thé si tu en désires. Il suffit de demander. Les gâteaux vont bientôt arriver. Ils sont surtout pour les enfants, mais n'hésite pas à te servir.

Gâteaux ? Ouh, c'était risqué de flatter sa gourmandise comme ça. Mais ne nous voilons pas la face, une fois le goûter servit, elle n'oserait prendre grand chose par peur de se montrer déplacée.

- C'est très gentil, merci...

Prévoir que ces mots ne seraient que frivoles paroles, Kathleen semblait vivre dans l'excès et les convenances, tout hôte a une réelle tendance au partage dans sa maison. Du moins, tout ceux chez qui la blondinette s'était rendue. Il y en avait eu très peu depuis son arrivée à Poudlard et c'était presque une tradition en Italie que de partager autant que possible. Même ses parents qui ne possédaient rien, donnaient beaucoup. Elle avait grandit dans ces habitudes et en était très fière. Dommage que les choses aient autant changé depuis.

Comme promis, les gâteaux ne tardèrent pas. Et si Jade s'attendait à ce que ce soit fastueux, elle ne s'attendait pas à autant non plus. Automatiquement, son visage réjouit rejoignit celui des enfants qui visiblement, préféraient les saveurs sucrées à l'amertume du thé, aussi joli soit-il. Légère pensée pour les fêtes qui n'allaient plus tarder, période des merveilles où les mets se multiplient. Incertitude de son propre réveillon, cela viendrait en temps voulu, d'autres priorités se manifestaient à commencer par ce goûter. Si elle s'était écoutée et si elle n'était que chez elle, l'Italienne aurait bondit sur les pâtisseries comme une enfant. Malgré l'autorisation de son hôte, il était hors de question qu'elle se comporte de la sorte. Se contenter des propositions, mais en profiter une fois dans l'assiette, car le gâchis n'était pas dans ses habitudes - et qu'elle avait faim, tout simplement. Les mines ravies des jumeaux lui donnaient le sourire, rire même face à une telle effervescence. Pensée à Jasmine, avant qu'elle ne revienne dans la réalité sans que ça soit prévu.

- Tu as de la famille en Grande-Bretagne ?

Stoppée en pleine bouchée sucrée, savoureuse, la question en soi n'aurait été que douceur également si elle n'avait pas été suivie d'une autre, rappelant à l'esprit que oui, elle avait de la famille. Mais sans doute pas ce qu'on appelle "famille classique".

- Tu m'as parlée d'une sœur la dernière fois. Je ne me souviens plus, elle est plus âgée que les enfants, mais de combien exactement ? Ils se croiseront peut-être à Poudlard, qui sait ?

Et à cet instant seulement, réaliser que sa réponse pourrait poser problème. Jade avait déjà eu l'occasion de rencontrer des familles entières refoulant les nés-moldus comme la pire des engeances. Pourtant, elle ne se posait jamais la question en amont, n'affrontant la réalité qu'au premier regard méprisant ou à la première parole acerbe. La question ne devait pas se poser là, si ? Non... Elle n'espérait pas en tout cas. Kathleen n'avait pas l'air d'être de ce genre là, mais ceux qui pensent ainsi paraissent tous normaux avant de révéler leur vrai visage. Était-ce possible qu'après tant d'espoir, tout soit stoppé pour une histoire de sang ? Non. Et puis, elle n'en avait pas honte. Sa famille était ce qu'elle avait de plus précieux et si la jeune mère n'était pas d'accord avec ça eh bien tant pis ! Ahah. Confiance en soi, en ses convictions, qui voulait s'imposer sans y parvenir vraiment. Déception possible, qu'elle ne voulait pas envisager non plus. Rhaaaa.

- Oui mon frère ainé, Jake, et ma petite soeur dont j'avais déjà parlé oui ! Elle s'appelle Jasmine et elle a sept ans.

Devait-elle vraiment préciser, pour ses parents ? La question viendrait certainement si elle ne faisait pas la démarche par elle-même. Prononcer la phrase n'était plus une difficulté, elle avait finit par accepter la fatalité. Pas les évènements qui l'entouraient, mais le fait en lui-même, malheureusement elle n'avait pas eu le choix d'acceptation. C'était avancer, ou tomber.

- Nos parents sont morts.

C'était presque trop froid, dit comme ça. Comme si ça ne lui importait pas, que ses parents ne comptaient pas. Jade n'était pourtant pas ce genre de fille, à ne pas tenir à sa famille. Bien au contraire, elle serait prête à mourir pour eux, l'aurait fait pour ses parents si elle avait eu la possibilité de faire quoi que ce soit ce jour là. Et si ses mots paraissaient bruts, son regard déviant voulait tout dire. Prononcer sans difficulté, oui. Sans émotion, c'était impossible. Hésiter un instant, en reposant le - troisième - gâteau qu'elle n'avait pu commencer. Puis, en tentant de retrouver un sourire, relever le regard.

- J'en doute, nos parents n'étaient pas sorciers, je suis née-moldue. Enfin je ne sais pas exactement comment ça... fonctionne, alors sait-on jamais !

Jasmine à Poudlard. Ce serait fabuleux, cette petite était pleine de talent et avait un répondant qu'elle ne possédait que dans les moments de crise. Bien différente de sa grande soeur, trop souvent effacée face au reste du Monde. Voir réussir sa petite soeur dans un domaine où elle s'était ramassée, c'était peut-être une manière de se rassurer. Encore faudrait-il que l'enfant possède un tel don et ça, elle ne pourrait prononcer un "Non" officiel qu'une fois les 11 ans passés. Surtout que ses pouvoirs à elle s'étaient manifestés plus tardivement que la moyenne. Idée qui germe dans l'esprit, et sourire envers les deux enfants.

- Vous avez hâte de découvrir la magie ?

Par leurs propres moyens, s'entend. Contrairement à elle, les jumeaux vivaient visiblement la magie au quotidien. Ils étaient jeunes, supposer donc qu'ils n'avaient pas encore découvert leur don. Peut-être que c'était pourtant le cas et si cette possibilité s'avérait véritable, elle ne tarderait pas à le savoir. Et puis, c'était un bon moyen de continuer la conversation. Elle ne s'en sortait pas trop mal finalement.
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Re: [Habitation] Gold Manor

Message par : Kathleen Gold, Sam 8 Déc 2018 - 16:25


RP avec Jade Wilder


Elle semble un peu perturbée par la question, et tu te demandes ce que tu as bien pu dire, bien pu faire pour rendre l'invitée mal à l'aise. Tu commences à t'inquiéter, alors tu reprends contenance à te servant petits gâteaux et douceur de lait. Tu prends l'assiettes des enfants pour les servir des pâtisseries encore trop éloignées, et tu les places devant eux, un sourire attendri devant leur ''merci'', encore émerveillée par leur présence à tes côtés.

Tu te tournes cependant vers elle, alors que tu te tiens debout, occasion de te rapprocher d'elle.

- Oui mon frère ainé, Jake, et ma petite soeur dont j'avais déjà parlé oui ! Elle s'appelle Jasmine et elle a sept ans.

Un aîné, cela tu connais. Enfin, "connais"...
Ta famille étant des plus chaotique, tu ne peux pas affirmer que tu comprends ce qu'elle implique. Elle est une jeune femme ordinaire qui n'a eu ni père coureur ni surprise extraordinaire dans sa tapisserie.
Une sœur cadette, voilà ce que tu n'as pas connu. Tu as eu un aperçu, en la personne de la filleule en demi-teinte de tes émotions indistinctes.
Tu as un faible aperçu de ce qu'elle avait pu vivre, avec les deux bambins qui t'accompagnent. Ce besoin de protéger un enfant, un autre si petit.
Sept ans, donc. Quatre ans de plus que les tiens. Ils ne se côtoieront pas longtemps, mais Jasmine pourra ainsi les guider si votre relation le permet.
Tu es bien incertaine du destin des jumeaux, de la maison qui héritera de leur perfection. Peut-être qu'ils pourront bénéficier
De sa protection ?
Tu sais combien Poudlard peut être cruel. Combien l'entourage
Le corps professoral
Et l'animosité des autres étudiants
Peuvent détruire tes enfants.

Tu ne peux pas faire de projets plus en avant,
Déjà elle te répond.

- Nos parents sont morts.

Regard perçant à son égard, devant l'aveu tranchant.
Toi qui a déjà connu la mort d'un parent,
Tu ne peux absolument pas comprendre ce que cela signifie.
Ta mère est morte de ta main, aucune comparaison possible avec sa peine, bien visible de là où tu te tiens.
Tu ne peux imaginer ce que cela peut avoir l'air
De vivre sans soutien, sans ton père.

Malgré tes différends, malgré ta méfiance et rancune, tu ne peux imaginer les lacunes
D'une éducation orpheline.
Tu ne peux donc que compatir, hocher la tête en reconnaissant sa peine, souffler un désolé n'en valant pas la peine
Il n'y avait rien à dire dans ces moments
Condoléances malvenues qui ne font que rappeler
Ce qu'on a perdu.

- J'en doute, nos parents n'étaient pas sorciers, je suis née-moldue. Enfin je ne sais pas exactement comment ça... fonctionne, alors sait-on jamais !

Surprise non dissimulée quand son ton s'élève, soudain plus assuré,
Révélation qui font comprendre la peur d'être jugée.
Tu penches la tête, essayant d'imaginer
Une enfance sans magie, sans vaisselle qui apparaît
A chaque repas, sans elfe ni jouets volants.

Une bien étrange vision.

- Mais tu es là. Nous verrons bien pour la jeune Jasmine.

Tu essuies la bouche d'un petit garçon cochon.

-Je leur lis la version originale de la Belle au Bois Dormants en ce moment. Peut-être que tu pourras leur lire un autre conte plus approprié. C'est ce que me dit mon père en tout cas.

Regard en biais en lui signifiant par cette remarque, connaissance et érudition pour un monde inconnu
Qu'elle ne serait pas jugée dans cette maison.

Comment lui expliquer qu'après avoir passé près
De trois ans chez les Moldus, sans baguette ni fortune
Tu avais quelque peu évolué sur le sujet ?
Tu as un immense respect
Pour ces personnes qui doivent continuer
Vivre sans magie si ce n'est celle qu'ils créaient.

Tu n'es pas certaine de toujours avoir eu la même opinion, mais les choses ont changé
Déjà par la musique qui s'échappait d'une boîte délivrée par le père des enfants
Puis par un voyage aux recoins du monde,
Où seule la bonté d'une passante avait permis la naissance
Des nouveaux héritiers.

Tu continues donc, comme si de rien n'était, espérant qu'elle ait saisi,
Et laisse les enfants répondre à sa question.

L'une répond qu'elle "N'est pas prête à laisser Maman, Grand-Père et Knightley,"
L'autre qu'il a "Hâte d'avoir un crapaud."

Tu soupires, et va ramasser la tortue qui traînait dans un coin du salon avant de revenir, nettoyer ses pattes et la déposer sur la table. En avançant, tu poses une question au hasard, trop occupée à surveiller Liv, l'autre enfant de la famille.

-Tu sais ce que tu veux faire après Poudlard ?

Soupir en voyant la tortue se carapater,
Tu sens qu'il allait falloir la ramener dans son enclos dehors.

-Je crois qu'un tour dans les Jardins s'impose. Cela te va, Jade ?
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Shae L. Keats
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Re: [Habitation] Gold Manor

Message par : Shae L. Keats, Mer 26 Déc 2018 - 17:54


James prend le relais, j'ai pas pu m'empêcher d'acquiescer. Il est temps de mourir, dire les mots qui doivent se prononcer. James avait fait des pas vers toi, vers l'homme exclu aussi. Chose dont je ne l'aurais jamais cru capable. On en avait parlé, longuement, trop longuement. Temps d'avancer, j'comprenais pas ses motivations, mais j'en convenais.
Il était temps de laisser le passé là où il devait être.

Les mots sont lâchés. L'impact touche les adultes, alors qu'Enzo ne sait ce qui se joue. Il regarde un peu James, Robert, et moi. Certainement plus perdu qu'autre chose. Puis le silence suspendu se brise, et je le remercierai jamais assez de l'avoir fait. Car je n'arrivais à m'y résoudre.

-J'aimerais mériter de le devenir, en tout cas. Si toi, ton frère et tes cousins voulez bien me laisser essayer. Cela veut dire que je serais là pour vous tant que je resterais.


Je ne dis trop rien, méditant les paroles. il est trop tôt pour montrer une quelconque sympathie. Il semblerait que la retenue soit quelque chose de famille de toute façon, mais nulle froideur quant aux mots prononcés. Sa relation avec mes gosses ne m'appartient plus à partir du moment où j'ai accepté cette entrevue.
Et j'souris en reconnaissant toute la splendeur du jeune caractère d'Enzo dans son D'accord ! lâché avant d'en revenir aux jouets.
Spontanéité adorable de l'enfance certainement. Mais les termes ont été dit. La légitimité distribuée.
Il serait temps d'avancer. De s'affranchir du malaise palpable.
Et pourtant il va falloir attendre des révélations qui tomberont bien plus tard.
Pantins de bois à la merci de volonté bien plus grandes que vous.



Fin du rp
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Shae L. Keats
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Re: [Habitation] Gold Manor

Message par : Shae L. Keats, Mer 9 Jan 2019 - 22:22


rp avec Goldfather
tw drogues


Trois jours.

Trois jours interminables la réception de sa lettre, à l'imaginer se ronger les sang. à envisager la lâcheté de confier les gosses à Kath, pour qu'elle les dépose. Pour éviter les regards, les questions muettes que toute personne ne peut s'empêcher de se poser
-lorsque quelqu'un admet une défaite.

Timothy sourit en préparant sa valise, il est content, les vacances ont toujours été une perspective réjouissante pour lui, Enzo se complaît dans un mutisme de plus en plus automatique, à chaque annonce de séjour ailleurs. Je crois qu'au fond il sait, que je l'abandonne un peu plus longtemps chaque fois, j'espère qu'il comprendra, le jour où il sera suffisamment grand, que c'est pour lui que je fais ça. Je leur ai vendu une aventure, une découverte d'une partie de la famille que je m'étais pourtant jusque là évertuée à leur cacher. Faire miroiter le positif
le sommet de l'iceberg, les estimant trop jeunes
volonté de les épargner des caprices des courants.

Quelques onomatopées  plus loin et la palpation du sol qui se fait nouvelle, la vue qui s'adapte plus difficilement à l'absence de lumière. Ciel éternellement gris que l'on imagine théâtre d'une enfance sororelle  que l'on peine à dessiner, clef de la compréhension que l'on préfère sûrement ne pas détenir, l'aimer pour ce qu'elle est, quelle que soit les imperfections et l'usure du tableau.
La moisissure qui nous ronge semble être génétique
mais peu importe.

je ne suis personne pour blâmer l'écrasement des vertèbres.

J'avance doucement, après tout il y a bien peu de choses dont je puise avoir honte.
Les mains tremblent sous l'absence de l'allié. J'me suis cassé les côtes de l'âme, à supplier le corps de résister encore quelques heures. Les manches longues sont de rigueur. Les anguilles ont peu à peu repris leur cours, contre toute attentes.
Les pupilles dilatée par la poudre, seule alliée suffisamment discrète
pour passer où qu'on aille
restant un tant soit peu maîtresse de réactions que je n'anticipe plus.

j'retombe si vite dans les extrêmes insupportables, j'voudrais m'excuser, auprès de tous les gens que j'ai délaissés au profit d'une bouteille, d'une dose d'acide pour continuer un peu plus à me consumer de l'intérieur, sentir le feu qui lèche les os pour sentir encore quelque chose, plus fort que le reste.
Prédominance qui ancre l'esprit
dans un réel imaginaire.

Ne pas se précipiter, ne pas oser être cette main qui ouvrira la poignée, encore de la difficulté à réaliser ce qui se fait, en avoir déjà plus dit à cet homme qu'à l'autre, à qui j'me contente de déposer les gamins, sans mots aucun, qui se ronge les phalanges devant des vitres ouvertes,
à contempler la lune en espérant que je puisse encore la voir.
Je ne suis pas dupe
des inquiétudes multiples.

J'me demande si parfois en susciter n'est pas un moyen d'exister un peu plus fort.
Preuve discrète d'existence futile dans les pensées des autres.
Et pourtant j'aimerais
de tout corpses
qu'on arrête de se soucier de moi.

Je ne peux pas être sauvée
si ce n'est par moi même
alors laissez moi crever
m'écraser
m'égarer
J'en ai besoin pour remonter.

 
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Jade Wilder
Jade Wilder
Préfet(e)/Poufsouffle
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Re: [Habitation] Gold Manor

Message par : Jade Wilder, Sam 12 Jan 2019 - 22:09


RP avec Kathleen
Avec son LA



Que de révélations, de mots jamais prononcés, de phrases jamais dévoilées. Jade n'avait pas pour habitude de s'étendre sur sa vie ou celle de sa famille, bien au contraire. Le drame lui avait apprit que moins les gens en savaient, mieux elle se portait. Et n'oublions pas que la personne qui était entrée dans la maison familiale il y a longtemps, connaissait les lieux un peu trop parfaitement. Comment ou pourquoi, elle n'avait pas encore les réponses, mais c'était une raison tout à fait raisonnable de se montrer particulièrement pudique. Certaines personnes parvenaient à aller au delà du mur, à en découvrir un peu plus, voire beaucoup plus. Comme Shela. Mais Shela méritait cette confiance et était partie ensuite, sans nouvelles. Espérons que Kathleen ne prendrait pas le même chemin, le doute pouvait amplement se faire. Et pourtant, malgré qu'elle en ait conscience, la blondinette s'attachait. A elle, aux enfants. A la promesse de moments qui signifiaient bien plus qu'un petit boulot à ses yeux. La question étant alors, avait-elle confiance en l'héritière ? Visiblement oui, sinon jamais elle n'aurait dit tout ça. Surtout pas à propos de sa famille, même si le deuil était fait, les gens la voyaient toujours plus faible après cette révélation. Au contraire, ça l'avait rendue bien plus forte et ça personne ne voulait l'accepter. Même pas son propre ainé.

Quelques mots, conversation presque normale quand on apprend à connaitre quelqu'un d'autre. Pourtant, la réflexion semblait intense des deux côtés. Jade pensait à sa famille, qu'en était-il du côté de Kathleen. Probablement la même chose, ce serait logique. Nombre de fois, où l'adolescente aurait apprécié pouvoir lire dans les pensées, ni la première, ni la dernière sans doute. Et pourtant, elle savait aussi que ça n'était pas une si bonne idée. Aaah, saleté de sens moral.

Sans posséder ce don, l'Italienne avait cependant vite apprit à observer les réactions des gens. Certains étaient particulièrement doués pour les cacher, mais d'autres pouvaient être compris d'un simple regard. Parfois, c'était très utile, notamment dans ce genre de situation où elle parlait de ses origines. Jamais elle n'avait eu affaire à de vraies mauvaises réactions, malheureusement elle avait eu d'autres échos. Franchement, on a tendance à se méfier. Faut dire que pour beaucoup, elle cumulait toutes les tares. Née moldue, Poufsouffle et réservée, bonne à tuer ou à harceler. Elle n'avait pu louper une drôle de réaction à l'annonce du Destin de ses parents, peu similaire à la pitié dont elle avait l'habitude. Il serait bon de lui parler, plus tard, de ses propres parents, car il semblait y avoir également quelque chose de son côté. Noté dans un coin de sa tête. Par contre si elle n'avait pas fait exprès de capter ce regard perçant digne du serpent, ses pupilles étaient attentivement centrées sur le visage féminin en parlant de ses origines, donc. Une surprise née immédiatement, mais qui ne semblait pas basculer dans le jugement. Soulagement alors, même pas exprimé par un soupir, juste un sourire. Plaisir que de ne pas être jugée pour une chose aussi bête, nul doute que cela aurait posé un bémol. A la place, il n'y avait que des bases, des bonnes bases. Et une confiance qui reposait dessus, renforcée alors. Il lui en fallait peu, mais pour elle c'était l'essentiel.

- Mais tu es là. Nous verrons bien pour la jeune Jasmine.

Léger hochement de tête, sourire en la voyant prendre soin de l'enfant qui était sien. Si classe et si capable pourtant, comme quoi ces deux critères étaient complémentaires, n'en déplaise à certains avis étriquées. Et puis d'un côté, elle voyait aussi à quel point cette petite famille était liée.

-Je leur lis la version originale de la Belle au Bois Dormants en ce moment. Peut-être que tu pourras leur lire un autre conte plus approprié. C'est ce que me dit mon père en tout cas.

Léger bug à la mention du conte, dont elle connaissait bien des versions plus ou moins innocentes. Nul doute que l'originale était peu flatteuse et surtout, peu adaptée aux oreilles enfantines. Histoires de viol et de meurtres, naissances miracles qui viennent résoudre la situation mais... pas vraiment en fait. Elle n'aurait jamais pu leur raconter ça, pas de cette version en tout cas. Évitons de les traumatiser et de se traumatiser elle-même d'ailleurs, elle qui rougissait à la simple mention d'une possible relation. Par contre, la mention de ce conte n'était pas un hasard, Jade en était certaine. Un message pour lui faire comprendre que ce monde n'était pas une ignominie pour elle ? L'adolescente aimait à le penser. C'est d'un sourire, qu'elle hocha la tête.

- J'ai quelques petites idées qui devraient leur plaire...

Sa propre bibliothèque regorgeait de ce genre de contes, qu'elle avait toujours apprécié, même en pleine adolescence. Sa petite soeur n'était qu'un prétexte, bien que tous ceux qui la connaissaient savaient aussi à quel point elle aimait à se perdre dans des histoires fantasques et merveilleuses. Pas pour rien qu'elle avait le sentiment d'un rêve éveillée en découvrant le monde sorcier, pour elle c'était comme rentrer dans les histoires tant lues et écoutées, enfant. Les difficultés n'étaient venues qu'après, entachant un rêve éveillé. Espérons que les enfants ne connaitraient pas le même genre de déception.

A propos d'eux, leurs réponses étaient incroyablement différentes. Par contre, elles correspondaient totalement à ce que la jeune fille savait d'eux, avait déjà pu constater en si peu de temps. Déjà, elle se doutait de la maison dans laquelle chacun se trouverait, car leurs caractères étaient différents. Jumeaux, mais pas copies, c'était évident. Noter ces informations, car cela lui donnait déjà des idées pour plus tard. Et à cet instant, elle était heureuse que cela se passe déjà bien avec eux, le câlin un peu plus tôt ne pouvait qu'en attester - et ça la touchait bien plus encore qu'elle ne l'avait montré. Et alors que Kathleen s'éclipsait un peu plus loin, allant chercher quelque chose apparemment que la jeune fille n'avait pu apercevoir, celle-ci rassura les jumeaux du regard.

- Vous avez encore un peu de temps pour ça...

Par contre, Jade n'avait pas loupé une information dont elle cherchait la réponse peu de temps auparavant. Aloysia venait de parler de "grand-père". Qu'elle côtoyait souvent, vraisemblablement. Elle qui avait tellement envie de connaitre cette petite famille, chaque information était importante. Qui sait, peut-être qu'elle le connaitrait également s'il partageait tant de temps avec les enfants. Seul le temps saurait le dire, car pour une fois elle était certaine de vouloir revenir, de ne pas avoir peur de cette famille. Et ça lui faisait vraiment plaisir. Entre temps, Kathleen était revenue avec une tortue dans les mains, chose qui ne surprit en rien l'adolescente étant donné qu'elle avait été mentionnée dans leurs échanges par hibou. Enfin, pas que la petite famille en avait une, mais la question sur les tortues et le chocolat lui avait mis la puce à l'oreille. Voilà bien un des rares animaux que Jade n'avait pas eu au moins une fois dans sa vie, plus adepte de ceux qui étaient un peu plus... vifs, disons.

-Tu sais ce que tu veux faire après Poudlard ?

Question qui, évidemment, n'avait aucun rapport avec ce qu'elle était en train de penser. Et qui la prenait un peu au dépourvu d'ailleurs, car elle ne savait jamais quoi dire. Pourtant, la réponse vint d'elle-même, aussi gênante soit-elle.

- Je ne sais pas. Je n'ai pas de talent particulier alors... on verra bien. Peut-être quelque chose avec les animaux. Les chevaux.

C'était la seule chose pour laquelle elle se connaissait une certaine passion. Il y avait certains sports aussi, tous moldus parce-que le Quidditch n'était pas franchement une réussite pour elle. A bien y réfléchir, ce qui lui ouvrait le plus de portes, même si elles restaient peu nombreuses, c'était des métiers moldus. En même temps vu comment elle se débrouillait avec une baguette, peu de matières lui offraient de grandes possibilités. A part les Soins aux créatures magiques peut-être. En tout cas, elle en avait bien trop dit, à force Kathleen allait vraiment voir à quelle incapable elle avait affaire. Ainsi, la proposition de sortie fut incroyablement bien accueillie. C'est presque avec trop d'impatience qu'elle se leva et suivit Kathleen et les enfants à l'extérieur. Les "Jardins" comme Kathleen disaient, ressemblaient plus à un énorme terrain de jeu, aux possibilités infinies. Elle qui rêvait d'étendues où elle pourrait galoper en toute liberté, ou même tout simplement passer du temps loin des gens, elle était vraiment fascinée par cet endroit. C'était l'occasion de découvrir un peu plus la vie qui était celle de cette petite famille, une vie bien différente de celle qu'elle avait pu mener ou qu'elle offrait à sa famille d'ailleurs, ils vivaient dans un univers qui leur était propre. Un univers qui d'ailleurs, utilisait bien plus la magie qu'elle ne l'avait jamais fait. Le plus drôle était de voir à quel point les enfants y étaient habitués, vivant littéralement avec.

L'après-midi s'écoula à une vitesse incroyable. Jade ne pensait même pas y passer autant de temps, mais force est de constater que contrairement à bon nombre de fois, elle ne trouvait pas le temps long ou compliqué. Pourtant, avec elle, beaucoup de sujets étaient compliqués, il suffisait de voir à quel point son visage réagissait dès que l'école, les cours ou son avenir revenaient sur le tapis. Alors elle posait des questions, bien plus qu'elle ne l'aurait fait en temps normal, essayant tout de même de ne pas se montrer trop curieuse. Et puis, elle eut l'occasion de passer plus de temps avec Aloysia et Fitzwilliam, retrouvant un peu de cette innocence qu'elle avait autrefois, et encore parfois avec sa soeur. Celle-ci était un peu plus grande désormais, leurs échanges n'étaient plus les mêmes, mais Jade gardait une attention toute particulière pour les tous petits. Pas difficile de comprendre pourquoi. Il était aisé d'entrer dans leur Monde et d'échapper ainsi au sien, les petits n'avaient pas la même vision des choses et elle adorait partager ça avec eux, entre jeux et histoires qui s'étaient imposées d'elles-mêmes. Elle qui partait si facilement dans des récits pour n'importe quel prétexte, même une simple feuille qui se détache, preuve d'hiver. Cet après-midi fut le premier depuis longtemps où elle pu s'évader avec eux mais aussi avec leur mère qui se révélait comme bien différente de ce qu'elle avait pensé cru en premier lieu. Une chose était certaine, Kathleen avait connu bien des choses, apparemment centrées sur des années récentes d'ailleurs. Les enfants semblaient en être le point central et il n'était pas difficile de réserver quelques limites. Poser des questions à ce propos lui semblait encore trop tôt et ça n'empêcha en rien d'autres sujets de conversations, autres que ceux qu'elle ne se permettait pas d'évoquer ou qu'elle-même n'aimait pas aborder. Un juste dosage, du moins elle l'espérait. Les sourires en disaient longs à ses yeux, alors c'est avec cette même expression qu'elle quitta les lieux, plus tard, en début de soirée, le justifiant par le fait qu'elle allait finir par inquiéter sa propre famille. La vérité étant qu'elle avait au fond, le sentiment d'en avoir trouvé une deuxième. Et bon sang, que c'était agréable.


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