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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Pré-au-Lard ~¤~ :: Rues de Pré-au-Lard :: Les Trois Balais
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La Cuisine
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Kohane W. Underlinden
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Re: La Cuisine

Message par : Kohane W. Underlinden, Dim 15 Jan - 1:21





Etrange comment subitement les Trois Balais et tout sa clientèle paraissent loin.
La dame agaçante moralisatrice qui veut son petit jus de pomme.
Les autres, éternel ballet d'allers et venues entre les tables, entre les chaises, entre les salles.
Les rires, les voix. Conversations vaines, mots vides de sens mais qu'on déballe. Parce que. Faut combler. Faut meubler. La société a décidé qu'elle avait horreur des silences.
Tout ça ne s'entend plus ici.
Les paroles se sont atténuées jusqu'à s'effacer au moment précis où j'ai passé le seuil de la porte.
Il y a seulement la tension
palpable et insupportable.
Le tension.
Qui émane de Leo. Et de l'autre sans nom apparu par un tour de magie dans les cuisines.
D'ailleurs ce dernier tourne vers moi un sourire provocateur et réplique que les gens, je n'ai qu'à les envoyer ch*er.
Oh, si tu savais à quel point j'en meurs d'envie ! Leur envoyer leurs bonnes manières à la figure. Leur hypocrisie, leur voix faussement mielleuse et leurs paroles qui se veulent sages mais ne sont rien d'autre qu'un ramassis d'idiotie.

Tout envoyer valser.
D'un seul coup de pied.
Tout foutre en l'air.
La vie, la mienne, celle des autres.
Les broyer dans ma propre colère, ma propre terreur, ma propre folie.
Les emmener avec moi, dans mon inexorable chute.

Mais la raison est toujours là.
Elle tente de poser une main apaisante sur mon épaule.
Elle essaie tant bien que mal de me calmer. Ou me rassurer. Me faire rentrer un peu dans les clous. Au moins quand je suis derrière le comptoir, à devoir accueillir les gens. Ce foutu sourire professionnel aux lèvres.
Alors oui, je fais comme si.
Je fais illusion.
Alors que je ne rêve que d'une chose : leur dire m*rde à tous et m'enfuir.

Je reste silencieuse cependant, ne donne aucune réponse au gamin.
Peut-être comprendra-t-il un jour
Peut-être saura-t-il un jour.
Peut-être était-ce déjà inscrit, qu'il arriverait, mieux que quiconque, à lire en moi. Plus tard. Lorsqu'il m'apparaîtra autrement -seulement une étoile étincelante brillant dans le noir de la nuit.



Un court instant, je suis le jeu de regard.
Leo
et
lui.
Le court moment en suspend.
Plus rien ne bouge, plus rien ne s'agite.
Même les respirations, presque, sont figées.
Le court moment.
Où tout peut basculer.
Le moment charnière. Qui annonce que quelque chose va se passer.
Quoi ?
On n'en sait rien. Pas encore.
Mais encore un dixième de seconde de silence et ça viendra.

Le tablier vole.
Tout s'enchaîne très vite.
Les plateaux, posés dans un coin.
Suffit de déléguer, quand on n'a pas envie d'y aller.
Bien évidemment, promesse d'être payé. Et même plus on dirait... un poste ? Aux Trois Balais ?
Je m'enfonce dans un silence profond quand Leo parle de la place qui vient de se libérer. Archie ne remettra plus les pieds ici. En tout cas, plus en tant que serveur. Petit pincement. J'avais fini par m'habituer au vieil homme -enfin, vieux, tout est relatif.
Un mutisme contrarié qui prend place sur mon visage.
Alors que l'autre finit par s'éloigner, plateau et tablier en main.
La situation commence à se dénouer. Et j'ai gagné une paire de mains en plus.

Je m'apprête à lui emboiter le pas.
Suivre son fil.
Revenir dans ce monde plein d'hypocrites et de faux sourires.
La salle envahie de ces sentiments feints, de ces attitudes surjouées pour plaire à la société.
M'apprête à refaire surface dans cet univers-là. Balancer son jus de pomme à la femme du comptoir.
Mais la voix de Leo m'arrête.
Parce qu'elle s'élève encore alors qu'elle ne devrait pas -qu'a-t-il de plus à ajouter ?
Elle s'élève sur des mots que je ne pensais pas qu'il dirait un jour.

-Kohane, j'aimerais que tu restes s'il te plait. Je crois qu'il est temps qu'on essaie de parler.

C'est un ordre ?
S'adresse-t-il à moi de cette fausse autorité de patron ou bien...
Se débarrasser des illusions sociales qui hiérarchise tout et tout le monde.
Se rappeler ce qu'on a été, l'un pour l'autre.
Se rappeler la destruction de ce qui a été.
Ce que je veux oublier.
Alors...
je suis tentée de lui rire au nez.
Qu'y a-t-il à dire, de toutes les façons ?
Je suis tentée de le laisser planté là. Quitte à revenir dans ce monde d'hypocrites qui se veulent bien penseurs.
Le laisser planté là.
Sans un mot.
Parce que les mots, c'est avant qu'il fallait les avoir.
Maintenant, c'est trop tard.
Rien ne saurait panser la plaie. Et rien ne parvient à l'atténuer. Sinon peut-être le temps. Et encore...!



Cependant, je ne bouge pas.
Curiosité, sans doute. Qui surpasse la rancoeur et la blessure.
Immobile, à regarder Leo s'accouder au comptoir alors qu'il me fait signe de m'asseoir sur le tabouret.
Je ne bouge toujours pas, debout. Les bras croisés sur la poitrine. Attendant. Un froncement de sourcils impatient. Un regard qui semble dire : j'espère que ça vaut la peine.
Une envie de fuir plein les jambes.
Parce que je ne peux plus le regarder en face.
Et même si je m'énerve, parais ne pas hésiter à chercher la confrontation, le réprimander, ramasser l'épave qu'il peut être parfois, malgré tout cela j'ai encore tellement de mal à le regarder yeux dans les yeux.
Le regard fuyant -parce que je revois sans cesse son visage entre folie et perdition de cette nuit-là.
Je n'ai jamais voulu de confrontation directe.
C'est bien plus simple de s'en prendre à celui qui, trop abruti par l'alcool, nous reconnait à peine !

Mais là, debout et raide dans un coin, à attendre la suite, je sais que la confrontation sera frontale.
Le choc peut-être brutal.
Douloureux.
La lutte difficile.
Les bras crispés contre ma poitrine, je me tiens prête. A réagir. Bondir, surgir. Fuir.
Déballe donc ce que tu as à dire !
Qu'on en finisse !

Finalement, c'est une voix non assurée, une voix presque angoissée, stressée qui s'élève à nouveau.
Et des mots...
Presque banals.
Trop banals pour être prononcés ainsi. Pour être prononcés par lui.

- Ça vaut ce que ça vaut. Mais je suis désolé.

Je suis désolé
Voilà l'expression simple qu'on répète à tout bout de champ.
Je suis désolé
On la dit, parce que c'est bien plus simple de s'en sortir ainsi.
Je suis désolé
Même lorsqu'on ne l'est pas.
Je suis désolé
Tout le monde l'utilise tellement, la banalise tellement qu'elle finit par perdre tout son sens. Toute sa valeur.
Et lui ne peut dire que ça.

Je
suis
désolé



Une impression de déjà-vu.
Cette colère face à cette trivialité des phrases et des mots.
Impression de déjà-vu
Dans un passé si lointain !
Ici-même, dans ce bar. De l'autre côté.
Face à face, un comptoir entre nous.
Et les plates excuses pour un mensonge. Et la rage qui a dévoré les tripes, fait vomir les mots, embrasé l'âme, consumé l'esprit.

Ici, maintenant, pareil.
Encore des excuses !
Mais la situation est différente.
Les excuses paraissent encore plus vaines.



Un rire ironique s'échappe de mes lèvres alors que les poings se crispent.
L'air surpris, estomaqué.
Tu m'as retenue pour me dire ça ?
Et où crois-tu que ça va mener ? Des excuses... de plates excuses qui n'ont même pas la saveur qu'elles devraient avoir.
Que répondre à cela ?
Tout déballer ?
M'offrir, coeur ouvert, abîme visible ? Qu'il voie mes propres démons remuer sans cesse en moi ?
Ou, au contraire, rester sur la réserve. Ne rien lui donner de plus. Il pourrait, dans une nouvelle crise, s'emparer de ces choses et les retourner contre moi. Il pourrait agiter mes monstres pour qu'ils me dévorent.

Je ne peux pas.
M'offrir, blessure béante et visible.
A ses yeux.
Je ne peux pas.
Montrer cette faille qu'il sait pertinemment exister.
Lui montrer à quel point elle est grande.

Je ne peux pas.

Alors je continue sur la lancée du sarcasme. Du cynisme.
L'indifférence qu'on aimerait avoir réellement.
Alors qu'en vérité, la Tendresse est toujours tapie, dangereuse. Elle pourrait faire basculer le coeur -s'en remettre au coeur, désormais, c'est plonger droit vers le péril.
Je veux assassiner cette Tendresse, l'exiler. Loin.
Ne laisser transparaître qu'une forme de dédain doublé parfois d'une indifférence feinte.

Je ne peux
ne peux plus
Prendre le risque de m'exposer entièrement.



Alors le rire ironique coule de la gorge,
S'étale dans les cuisines,
Emplit la pièce,
Le silence sans fin.

-Tu es... désolé ?

Incrédulité.

-Désolé pour quoi, au juste ? Pour toutes les bouteilles d'alcool descendues au fin fond de ces cuisines ? Pour toutes les fois où je t'ai ramassé, dans cette même cuisine, où je suis passée derrière toi pour récupéré l'épave que tu étais ? Désolé d'en être venu à un tel état de déchéance ?

Une pause.

-Ou bien tu es désolé pour cette femme qui n'avait rien demandé ?

La dernière bombe est tombée.
Le souvenir douloureux libéré.
Et tout s'agence de nouveau sous ma paupière.
La neige
La rue
Le lampadaire
Le sang
Le corps
Et surtout
Le silence infini
Qui a répercuté le cri étouffé.

Le silence des cuisines.
Et ensuite ? Comment survivre après l'explosion d'une bombe ? Comment marcher, ramper pour tendre la main à la Vie ?
Continuer, boiteux, amputé après la détonation ?
Comment relever la tête
Reprendre la parole.

Mais tu as voulu parler.

Alors
parlons.

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Shae L. Keats
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Re: La Cuisine

Message par : Shae L. Keats, Dim 15 Jan - 4:15


La lune serait peut-être encore féconde.
Si je t'avais rattraper ce soir là,
Si je t'avais retenue,
Juste pour te dire que tu n'étais pas comme ça.
Qu'à toi ça ne t'arriverait pas.
Parce que tu étais et tu es bien plus forte que moi.


Ça m'a griffé la langue, quand les mots ont jailli. Ça m'a cogné les dents lorsque ils les ont franchies. Ça m'a coupé les lèvres quand ils en sont sortis. Et ça m'a fendu l'âme en deux lorsque j'ai compris. Qu'il est trop tard maintenant pour tenter de les rattraper, que j'y arriverai pas, que c'était pas le moment. Mais y a pas de bon moment, pour essayer de faire des tâches blanches sur un fond noir. Y a pas de bon moment ni de bonne façon d'essayer de se racheter. Pertinemment lorsque l'on sait que c'est impossible. Je suis né avec des regrets, des choses irréparables, et ça n'a pas changé. Pourquoi ça le ferait ? J'étais déjà bouffé. Et déjà consumé jusqu'à l'os. J'ai réussi à lutter. Presque dix-neuf ans. Puis un jour ça m'a attrapé. Et ça a tout gâché. Alors non Kohane, je ne suis pas désolé. À quoi ça nous avancerait ? À quoi ça servirait ? Je veux pas que tu me pardonnes, loin de là. Je ne peux pas exiger de moi quelque chose que je n'arrive déjà pas à me donner moi-même. À rien. Strictement rien. Alors pourquoi, je suis là, à te parler, alors que je comprends, que je cautionne ton comportement à mon égard ? Je viens de comprendre que c'était inutile, mais il est déjà trop tard. Les attaques vont fuser, ton cynisme qui ne me quitte plus va me rattraper, m'enserrer. Et il va encore y avoir des dégâts incommensurables des deux côtés. Est-ce que ça vaut le coup ? Oui. Parce que je te dois cette explication. Je te dois au moins ça. Tu m'as sauvé ce soir là. Je serai resté planté, à attendre, si tu ne m'avais pas tiré. Je serai resté. Et j'aurais été enfermé. Ça m'aurait peut-être épargné au final. Mais tu ne l'as pas fait. Tu m'as sauvé, une dernière fois. Tu ne m'as jamais dénoncé.  Et je ne t'ai jamais remercié.

Il est trop tard,
Pour les remords,
Il est impossible de se faire pardonner.
Mais il est temps de t'expliquer.
Offre-moi une dernière fois
-Ton attention.
Je ne la gâcherai pas.
Pas cette fois.


Et ton rire, tes poings serrés. Ça poignarde si fort, tu n'as sûrement pas idées. J'essaie de rester neutre tu sais. La tête haute, comme si ça ne faisait rien, m'efforçant d'ignorer cette langue de feu qu vient lécher mes plaies. Le sang invisibles qui coulent en moi, sous ma peau. Tellement acide face à ton rire si amer. C'est corrosif. Ça bouffe. Ça plie. Ça lance des pierres et ça retourne dans la creux du ventre. J'aurais préféré de la colère. De la rancœur, voir même de la pitié. Mais pas que tu te ries de me voir m'écraser. Pas avec un rire aussi glaçant. Mais je n'ai pas le choix. Les mains tremblent un pue, mais je m'essaie à rester droit. Fini la fuite Keats. Ce soir je vais rester. Je vais assumer. Pour tout ceux pour qui je ne l'ai pas fait. Pour tout ce que j'ai pu t'arracher à toi, Kohane. Qui sera toujours plus qu'un simple nom de famille. Plus qu'une serveuse, plus qu'une collègue. Qui sera toujours un peu plus, qui aura toujours une place. Son nom sur une porte. Un box dans ma mémoire.
Pour toi Kohane.
Que je n'oublieras pas.

T'en avais déjà encaissé de la part de l'autre,
Au fond tu le savais bien qu'il fallait pas chercher encore à se faire battre,
Mais tu préférais penser,
-Que t'étais plus à ça près.
En sachant pertinemment que ça t'atteignait toujours
.

J'aurais bien aimé être comme eux. Comme ces gens qui ont tellement souffert qu'ils en deviennent insensible. J'aimerais que ce soit mon cas. Mais à chaque fois que je me dis que ça ne pourrait pas être pire, tout empire. Encore. Et j'en ressors plus abîmé encore. Je devrais peut-être arrêter, m'écraser, fuir ces confrontations dont je ne sors jamais vainqueur. Arrêter de croire que les mots vont arranger les choses alors que je peine à m'exprimer. Arrêter. Juste stopper les frais.

- Tu es... désolé ?

Le sang glace,
En un seul tour,
La pression monte,
Les jambes vacillent.
Ça va être ton tour.
D'en prendre pour ton grade.
Mais t'as voulu tenter,
Parce que tu n'en peux plus des piques lancées à tout va.
Ça te bouffe de l'intérieur,
Ça te détruit plus que tout
-Parce qu'elle vienne d'elle.
De ton premier amour.
Parce que c'est sûrement la deuxième a avoir le plus compté dans ta vie
-Après ta sœur.
Parce qu'elle compte encore,
Que t'arrives pas à lui en vouloir.  


- Désolé pour quoi, au juste ? Pour toutes les bouteilles d'alcool descendues au fin fond de ces cuisines ? Pour toutes les fois où je t'ai ramassé, dans cette même cuisine, où je suis passée derrière toi pour récupéré l'épave que tu étais ? Désolé d'en être venu à un tel état de déchéance ?

Pour ça aussi, c'est évident. Tu touches juste, encore une fois. Pour n'être plus que cette loque, ce chiffon qui traîne, que vous êtes forcés de dégager du passage. Pour cette attitude de petit con prétentieux qui ne me représente même pas. Façon de paraître intouchable, alors que c'est tout l'inverse. Que je suis trop déchiré pour réussir à me blindé. Que y a même plus de gravas à entasser. Mais encore une fois tu survoles le problème. Dis-le Kohane. Qu'on en finisse. Dis ce que tu n'as jamais pu oublier. Que tu n'oublieras sans doute jamais. Parce que c'est affreux, c'est horrible. C'est un cri dans ton âme. Un gouffre. Béant dont les parois ne se refermeront jamais.

- Ou bien tu es désolé pour cette femme qui n'avait rien demandé ?

Les mots tombent.
Le lune sourit,
Et étonnamment,
Je blêmis.
Quand un poids est enlevé,
On est pas censé être plus léger ?
Alors pourquoi pour moi,
La pression augmente,
Les mots couteaux se faufilent.
Je n'ai jamais été doué pour parler.
Jamais.
Mais il va falloir que j'essaie.
Pour toi.
Parce que ça rime à rien
De n'être que désolé.
Si on ne dit pas pourquoi.
Si on explique pas.
Soupir.
J'ai blêmi.
Mon corps vacille,
Mais j'essaie de rester debout.
La carapace qui tombe un peu,
Et mon corps qui revient habiter mes yeux.
Doucement,
Brutalement.
Y a un éclat nouveau,
Qui ne durera pas.
Le petit con prétentieux reviendra,
Mais je m'expose à toi,
Pour une fois.
Parce que ce n'est plus une question d'injustice.
De mau-ts d'inconnus.
C'est une histoire de vérité.
Dûe.
Et je vais te la donner.
Avec toute la sincérité du monde.

- Il n'y a pas de mots plus fort. Mais oui. Je suis désolé. Désolé de tout ce que j'ai fait qui a pu te toucher toi. Désolé d'avoir répondu à ta première lettre, même si au début c'était bien. Désolé d'être arrivé dans ta vie un beau jour. Désolée de t'avoir rejetée pour mieux revenir te chercher. Tu n'étais pas un lot de consolation Kohane. T'étais l'étoile que je voulais aller chercher. Désolé d'être revenue, que tu aies du voir ça. Désolé qu'encore aujourd'hui tu doives me supporter moi. De n'être plus qu'une épave, comme tu le dis. D'avoir baissé les bras.

Il y a dans cette phrases plus de mots que tous ceux que vous ayez échangés cette année. Il y a dans cette phrase toute ton honnêteté. T'espères au moins qu'elle la sentira. Parce que tu ne pourras pas fait plus. Tu te mures dans un silence assourdissant. Les secondes passent, rythmées seulement par le Tac de la pendule au mur. Rien d'autre que cet insupportable bruit qui te poinçonne la peau en petits trous. Rien. Lentement tu pousses sur tes bras et t'assieds le plan de travail. Le corps sensible. Le souffle de nouveau habité. Parce que t'es toujours là, d'ordinaire bien dissimulé, t'arrive encore à prendre le dessus sur l'image que tu renvoies. T'y croyais pas. T'y croyais plus. C'était un peu facile de s'excuser. Mais tu l'as dit toi même. Il n'existe aucune mot pour ce que tu veux dire. Ce ne sont pas des excuses qui attendent d'être pardonnées. Ce sont des excuses qui avait besoin d'être formulées. Constat.

- Je ne veux pas que ça t'arrive à toi. Les laisse pas te bouffer. Regarde où ça m'a mené. Tu vaux mieux que ça.  T'es forte.  

J'espère ne pas me tromper,
En t'en croyant capable,
Car je ne pourrais pas te rattraper.
Je ne peux plus te protéger.


 
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Kohane W. Underlinden
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Re: La Cuisine

Message par : Kohane W. Underlinden, Mer 18 Jan - 18:24





Ce rire grinçant
qui s'échappe de ma gorge.
Le rire que je ne me connaissais pas -ou presque- avant.
Avant l'Ecroulement des choses et du monde
avant le Surgissement des monstres et des démons
avant
avant

C'est toujours comme ça, on y pense et on se maudit.
Avant
C'était toujours mieux
Lors de ce passé lointain
-si lointain qu'on ne sait même plus vraiment s'il a été vrai, si on l'a fantasmé-
C'était mieux

Et si

Tiens, jouons à ça !
Et si
Et si tout était différent ?
Et s'il s'était passé ça au lieu de ça ?
Et si j'avais...
Et si j'étais...
Et si...?

Qu'est-ce qui aurait changé ? Comment, ça aurait changé ?
Pourquoi l'homme se torture-t-il ainsi à chaque minute de son existence par ces
Et si
sans raison ?

Ca ne sert
A rien.

Parce que c'est fait. L'acte est posé.
A présent, il faut apprendre à composer avec. Vivre avec et se débrouiller ainsi.
J'ai appris que ressasser et se morfondre ne permet pas d'avancer.
Malgré tout, en dépit de cela, je n'échappe pas à la terrible règle des regrets. Moi aussi, je me dis que, peut-être, tout aurait pu être différent. La vie aurait pu tourner autrement. Les démons auraient pu apprendre à se taire. Au lieu de craqueler la coquille de l'âme.
Si
Si
Si

Tout aurait été mieux si...
Et avec de telles suppositions, on peut partir bien loin.
Remonter peu à peu le fil du temps.
Jusqu'à sa propre naissance.
Tout aurait été différent si je n'étais pas née. Si c'était un autre, une autre qui était né(e) à ma place.



Que se serait-il passé, Leo, si on ne s'était jamais rencontrés ?
Ces lettres
Cette randonnée
Ces rires
Cette complicité
Si tout cela n'était jamais arrivé ?
Les rires
Teintés de sang.
La complicité
Noyée sous la trahison.
L'amour
Emporté par les larmes.
Qui a fait place au terrible vide. Ce vide que j'ai voulu combler. Peut-être est-ce pour en faire quelque chose que mes démons se sont de plus en plus agités après cela ? Pour occuper l'espace laissé au rien. Ils s'y sont lovés, ils l'ont dévoré pour me laisser une affreuse sensation de plénitude -de cette plénitude violente et cruelle. Ils y y creusé leur refuge, dévorant les parois pour les agrandir. Ils ont approfondi leur nid de griffes, de leurs ongles. Ils ont grossi à mesure que leur habitat de fortune grossissait. Ils ont pris de l'ampleur, proportionnels et ce gouffre où il étaient venus se loger.
A présent, ils sont là. Attachés tels des sangsues à ce vide qu'ils comblent désormais.
Ce sillon laissé par une morte.
Un sillon laissé par la neige mortuaire.
La chair, déjà bien entamée n'a fait que s'écarteler un peu plus. Et tout le reste a pu entrer par ces failles ouvertes dans une barrière que je voulais impénétrable.
Rien n'arrivera à la colmater.

Pas même
Les plus sincères
Excuses.

Et tu parais le comprendre.
En cet instant.
Tu parais le saisir en même temps que je le réalise vraiment.
Alors que le rire s'en va se perdre.
Tu comprends, je comprends
Que tout est trop tard.
Même les mots ne trouvent pas assez de force pour réparer ces choses cassées. Ces poupées d'enfance brisées. Ces coeurs gonflés d'espoir déchirés.
Même les mots sont impuissants.
Eux que je croyais si forts autrefois.
Eux que j'avais l'habitude de déballer entre deux rires sincères.
Eux que ma plume traçait fébrilement pour répondre à ta lettre, ô jeune inconnu de Poudlard dont je n'avais qu'un anagramme !



Mais les gestes posés sont trop forts
Pour que les mots parviennent à les défaire.
Tout s'est joué en ces quelques minutes de suspend, au milieu des flocons de neige.
Cet instant entre vie et mort, entre folie et incompréhension.
L'unique geste que j'ai réussi à esquisser -c'était pour toi, Leo. Même pas pour cette femme. Cette femme qui me hante et me reproche de n'avoir rien fait. Ce geste, ce dernier, était pour toi. Parce qu'à cette seconde charnière entre deux mondes, je t'aimais encore. Et que, désespérément, j'essayais de te sauver. Les sentiments trop puissants prenant le pas sur la raison -j'ai voulu sauver un meurtrier.

A présent que ce geste a été posé, plus rien ne peut le retirer.
Et te voilà, face à moi.
Excuses qui ont traversé le seuil de tes lèvres. Des ces excuses inutiles. Et je te le fais bien sentir entre deux grincements de dents pour que tu ne puisses pas entendre mon coeur grincer lui aussi. Ce coeur mal huilé -parce que le sang qui s'écoule de ses failles ne lui suffit pas.

Ce face-à-face cruel que j'aimerais abréger.
Et pourtant, je sais que tu as des choses à dire.
J'ai des choses à écouter.
Mais cela changera-t-il quelque chose ? Sincèrement. Comment remonter la pente ?
Comment briser cette glace qui me paraît si épaisse ?
C'est tellement trop froid tout ça...

Le poids est tellement lourd.
Le corps désaxé -le tien vacille alors que le mien reste raide contre le mur. Ne pas flancher. Ne flanche pas toi non plus. Pas avant qu'on n'en ait fini tous les deux.
Le poids d'une vie à peine effleurée
Le poids de tout ce qu'on n'a pas fait
Le poids de ce qui aurait dû être fait
En lieu et place des gestes déjà posés.

Alors à nouveau, les mots essaient de panser.
Combler.
Assurer.
Rassurer.
Caresser.
Atténuer le gouffre dont les pans s'écartent toujours plus.
Diminuer la douleur.
Les mots qui emplissent l'air -tes mots, Leo, tant de mots qui s'emmêlent les uns aux autres.
Les excuses qui ont remonté à la source. La source du problème -le premier contact.
Mon visage s'assombrit encore.
Désolé, de tout, de tout, de tout...
Les excuses qui se déversent et que j'aimerais pouvoir arrêter. Mais je ne peux pas. Parce qu'il continue et que chaque excuse est une nouvelle lame plantée dans la chair. Chaque souvenir auquel j'aimerais sourire se transforme en mémoire cruelle qui remue sous la peau.



J'essaie de rester neutre après le rire cynique
même si, sous la barrière de protection érigée contre les autres,
le coeur palpite et se tord douloureusement.
Comment lui dire de se taire, lui qui déverse soudainement un long discours d'une sincérité étonnante ?

Lorsque la voix retombe, le Silence semble avoir repris la couronne aux mots.
Il s'installe sur son trône d'or et regarde la scène de son oeil inquisiteur.
Plus de parole
Pour prolonger cette blessure.
Seulement les muets qui se regardent.
Les muets qui se contemplent dans cette irréparable séparation.

Simple bruit de l'horloge qui rappelle que le temps continue d'exister.
Nos vies continuent de filer. Filées entre les doigts des Parques qui tissent chacune de nos existence.
Elles l'ont tissé, alors, cet irrémédiable gouffre creusé entre nous.
Celui qu'on n'ose même pas sauter tellement il est profond et effrayant.
Celui qu'on évite consciencieusement.
Jusqu'à aujourd'hui.
Peut-être est-ce le jour. Tenter le saut. S'écraser. Pour essayer d'aller de l'avant.

- Je ne veux pas que ça t'arrive à toi. Les laisse pas te bouffer. Regarde où ça m'a mené. Tu vaux mieux que ça.  T'es forte.  



Un coup dans le ventre.
Parler d'eux, ça les appelle.
Un coup dans le ventre qui fait mal.
Un terrible sentiment de conscience. Conscience de ce point jusqu'où je suis tombée, moi aussi.
Je voulais te fuir pour ne pas être emportée par ton poids.
Je voulais te fuir pour espérer encore un peu à un pâle soleil.
Je voulais te fuir en pensant réussir à faire mieux.
Je voulais te fuir.
Je t'ai fui.
Et ça n'a rien fait.

Quelle image as-tu donc de moi pour me croire capable de leur résister indéfiniment ?
Sans doute vais-je te décevoir -désolée.
Sans doute as-tu plus d'espoirs que je n'en ai.
Un brin de reconnaissance, un vieille affection venue du fin fond de l'âme -pourquoi essaies-tu de me sauver ?
Parler de tout ça me fait mal.
Ca tourne et retourne dans l'estomac.

Que te dire ?
Comment te dire ?
Que c'est trop tard...
Tout arrive beaucoup trop tard !
Les mots
Les explications
Les excuses sincères.
Tout arrive quand plus rien ne subsiste
lorsqu'il n'y a que ruines à escalader.
Seule dans ma tour au milieu du Chaos,
J'essaie de survivre.
Seule dans ma tour au milieu du Néant,
J'essaie de m'en sortir.
Construire, pierre par pierre, ce mur qui doit me défendre du reste. Ce mur qui doit combler, en lieu et place des démons, ce vide que tu as laissé, Leo. Ce vide infernal qui aspire toujours plus loin.

Je croyais éviter ce mouvement de catabase en t'abandonnant, en te fuyant, en m'envolant loin de toi.
Sans réaliser que l'inévitable attraction vers le bas
était déjà en moi.
Et je ne parviens pas à me fuir moi-même.
Et je ne parviens pas à échapper à ma propre menace.



Mes bras serrés contre ma poitrine se détendent un peu.
Pas de rire cynique cette fois.
Seulement le silence douloureux, silence qui appelle les souvenirs.
Le silence qui parait faire tâche jaunâtre comme le réverbère qui éclairait la rue cette nuit-là.
Le voile du rien, pas de mots pour dire, pas de mots pour exprimer.
Comment reprendre la main après ces excuses ? Comment jouer à nouveau après l'appel des démons ?

Il faut du courage
Pour réussir à les faire sortir.
Pour en parler
Sans trembler.
Pour te les dire
Sans frémir.

Fermer les yeux quelques secondes, tête appuyée contre le mur.
Pour sentir la flamme vacillante au creux de l'estomac. La flamme qui réchauffe le corps et amplifie les ardeurs.
Donner le cran de parler.
Dire ces choses tabous. Ces choses gardées secrètes. De peur qu'elles ne se réveillent.
Elles s'agitent déjà. Tu as attiré leur attention en parlant d'elles.
Alors à mon tour de t'en parler.

-Je ne sais pas quelle est la plus grande force...
Une voix lente. Les mots qui se cherchent, se trouvent, se perdent, reviennent.
Le regard fixé vers un point indéfini, quelque part.
Ce point invisible.
Qui n'est pas Leo.
Qui n'est pas le souvenir douloureux. Ni même heureux.
Seulement un point perdu dans le néant. Là où peut errer le regard alors que les phrases commencent à se mettre en place.

-La plus grande force est-elle d'opposer un résistance vaine et têtue à ses démons ? Ou bien de se soumettre à eux pour apprendre à les contrôler, les faire plier sous notre propre volonté ?



Méandres du rien
où l'âme s'en va perdre ses pas.
Errer dans ce désert de néant, perdition du regard.
Les pensées qui filent et ne s'arrêtent pas.
Le silence. Encore. La question, posée très sincèrement.

Leo
Pourquoi avons-nous tant changés ?
Où sont donc les deux adolescents rebelles et rieurs d'autrefois ?
Où sont ces lettres et ces mots parfumés ?
Où est l'angoisse de se retrouver perdus dans une forêt inconnue ?
Où sont les sourires complices, les repas partagés sous une tente ?

donc

donc
est-ce
passé,
tout ça ?

J'ai l'impression que ce n'est pas moi qui l'ai vécu.
Mais une autre.
Une autre, bien meilleure que moi.
Une autre, bien mieux que moi.
Une autre, qui m'aurait transmis ses souvenirs. Mais je m'y sens si étrangère. Je peine à retrouver l'odeur de la forêt, le bruit de la rivière, la joie d'apercevoir cette foutue cascade, la sensation de tes lèvres sur les miennes dans ce baiser furtif volé et regretté.

Je suis désolée Leo.
Mais tout arrive bien trop tard.
J'oublie déjà l'essentiel.
Il n'y a plus
qu'eux.
Il n'y a plus que le vide pour m'absorber encore.
Alors que j'aimerais tant me souvenir...!
Cette idée que j'avais, cette nuit-là !
Oublier le sang
Seulement se rappeler les jours heureux.
Pourquoi la vie est-elle aussi mal faite ?
Dis
Pourquoi la vie est-elle aussi cruelle ?
Pourquoi st-ce l'inverse ?
L'odeur du sang, la vision du corps ne me quittent pas.
Mais le son de ton rire et ton regard empreint d'un éclat espiègle m'échappent toujours plus de jour en jour.


-J'ai essayé de les faire taire, tu sais. J'ai essayé de les faire disparaître. Et puis j'ai finalement compris qu'ils comblaient ce vide. En me dévorant, certes. Mais ils le comblaient. Et maintenant, je sais plus comment leur échapper.

Le regard perdu vient soudainement se braquer sur lui.
Pas une once d'ironie.
Plus de sourire cynique ou dédaigneux.
Pas cette habituelle exaspération quand je le vois.
Seulement les traits tirés de trop de nuits blanches.
Reflet d'un âme en miette. Dont les morceaux s'éparpillent à mesure que passent le temps et le vent.

-Pourquoi a-t-il fallu que tout tourne ainsi ?

Ne pouvons-nous donc pas échapper à notre destin ?
Etait-il écrit qu'il nous faudrait avoir l'âme en miette pour avancer ?
Les heureux s'effacent
dans la brume.
Il ne reste que nous. Et les images douloureuses.
Il ne reste que nous.
Et ce vide, infernal.
Pourra-t-il être comblé par la parole ?
Ou bien par les larmes trop versées ?

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Shae L. Keats
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Re: La Cuisine

Message par : Shae L. Keats, Sam 21 Jan - 4:43


Musique




Kohane.
Qu'est-ce qu'on a fait ?
Pourquoi.
Pourquoi il a fallu qu'on se massacre l'un l'autre.
Que je te tue à grands coups de cauchemars.
Que tu m'achèves à grands coups de sarcasmes,
Non illégitimes.
Kohane.
Tu es la seule je crois
-Qui arrive encore à me blesser.
Me toucher.
Parce que je crois qu'aucun jugement ne m’atteint plus que le tien.
Tu es la seule
-Qui m'a connu avant.
Avant mon cerveau malade.
Avant la mémoire ravie.
Avant que les patins à glace ne dérapent.
Avant que la chute ne nous soit fatale.
Kohane.
Pourquoi ce face à face est-il si difficile ?
Pourquoi pour toi,
J'ai envie de resurgir.
De voir s'affaisser les murs.
Kohane pourquoi pour toi
-J'ai tant envie d'être moi ?
Pourquoi
Je suis obligé
De détruire
Tout ce qui me fait du bien ?
Mais si il le faut pour toi
J'emballerai mes os
Et les laisserai
Hors de cette maison
Dehors, sur la route.
Pour toi je partirai.
Si ma vue t'es trop néfaste.
Parce qu'il n'y a qu'une personne qui compte encore.
Et c'est toi.
Je sais que ça n'est plus forcément réciproque.
Que le déchet toxique que je suis devenu
N'a pas été bien enterré,
Et que c'est malheureusement toi
Et toi seul
Qui te retrouve
À devoir le porter.
Et j'en suis touché.
Je te l'assure.
Touché qu'après tant de nuits passées à boire
Tu prennes encore le temps de me ramasser.
De ne pas me laisser mourir sur le sol.
Sans aucune dignité.


Two feet standing on a principle
Two hands longing for each others warmth
Cold smoke seeping out of colder throats
Darkness falling, leaves nowhere to go.
L'heure a sonné.
J'ai plus d'échappatoire,
Je veux
Que tu saches.
Je n'espère pas pour autant
Que tu m'épargnes par la suite.
Je n'espère pas
Que tu me pardonnes.
Parce que j'en suis moi même incapable.
Je n'espère plus rien
Si ce n'est
De te donner toutes les cartes en main.
Je veux que tu saches
Que tu n'es responsable en rien de ce qui a pu m'arriver.
Que je suis seul fautif
Que même Alhena
N'a pas su porter cette culpabilité.
Mais toi Kohane
Tout part en l'air
Des mots mordants semblables au loup qui hurle
On se crache notre haine à la figure.
Je t'ai aimée.
Vraiment.
Et je m'en souviens.
C'est comme une perle rosée dans le creux de la poitrine,
Enrobée de gélatine noire débordant de culpabilité.
Je pense que
Je ne pourrai jamais
Supporter
Tout ce que je t'ai fait
Ce que j'ai provoquer chez toi
Cette tristesse dans tes yeux.
C'est une des raison qui font que
Je n'arrive même plus à cohabiter avec moi même.
Que je bois
Pour m'éloigner
Parce que je suis trop lâche pour en finir.
J'aurais tellement aimé
Que tout soit différent.
Mes mots ont coulé
Et à sa mention
La bête s'est agitée
Dans le creux du ventre.
Tout en bas.
J'ai fermé les yeux,
Pour la freiner.
Et pour essayer.
De masquer.
Tu vas le voir je le sais.
Je la sens
La carapace tomber.
Y a un éclat dans mes yeux
L'appel à l'aide d'un enfant en détresse
Bloqué dans un monde d'adulte que même ses pastels n'arrivent plus à colorier.
J'ai pas envie que tu me vois faible,
Je suis déjà assez pathétique comme ça.
La forteresse rangeait
Ton rire,
Tes sourires,
Tes regards,
Je ne sais pas si j'y survivrai encore.
Et pourtant
Je sais bien
Que tu as raison
Que chacun de tes mots
Sonne vrai
Mais est-ce si grave que ça
De ne plus réussir
À assumer la réalité ?
Tu sais j’ai besoin de boire
Parce que sinon
Je meurs.
Sauf que
Je n'ai pas le courage
De m'offrir le luxe de la mort.
Alors je conserve cette étincelle,
Cet enfant,
Un morceau du Keats que tu as connu
Dans un coin de mon crâne
Je le protège,
Parce qu'une fois montré
Il suffirait d'une bourrasque pour l'agiter.
Et pourtant il est en train
De ressortir pour toi.
Je prends ma tête dans mes mains
Parce qu'avec lui reviennent toutes les émotions.
La douleur
Les regrets.
Et ça recommence à me bouffer.
Je prends ma tête entre mes mains pour que
-Tu ne me vois pas si vulnérable.

Et pourtant
Aucun son ne retentit,
Pas un rire,
Pas une remarque assassine.
Rien.
Il n'y a plus que nous
Et le Tic-Tac pour nous rappeler que le temps continue de filer.
Plus aucun artifice.
Toi et moi.
Pour de vrai.
Je relève la tête.
Parce que je dois assumer.
Parce que même si la flamme dans mon regard
Est revenue
Que je sais
Qu'elle ne t'échappera pas
Que les sentiments tournent en tempête à l’intérieur.
Je te dois
D'assumer.
Il n'y a que nous.
Et l'horloge
Comme un cheveu sur la soupe
Nous rappelant encore et toujours
Que Godot ne viendra pas.
Il n'y a que toi et moi
Et je n'ose plus parler.
Ça fait tellement douloureusement du bien
De se retrouver soi.
De te revoir.
De te parler.
Comme si
À tes yeux
J'existais encore un peu.
Comme si tu me créditais
De ta réalité.

- Je ne sais pas quelle est la plus grande force...

Ton regard me fuit.
Parce que je sais
Que tu les vois
À travers moi.
Je sais que je représente pour toi
Tout ce qui a foutu le camp.
Que tu as peur au fond.
Peur panique.
De suivre ma voie.
Je n'ose même plus respirer.
Je continue à te fixer.
Avec des yeux d'enfants.
Des yeux vivants.

- La plus grande force est-elle d'opposer un résistance vaine et têtue à ses démons ? Ou bien de se soumettre à eux pour apprendre à les contrôler, les faire plier sous notre propre volonté ?

Ça me pique les yeux.
À se demander si ils ne luisent pas un peu.
Kohane.
Je pensais pas
Que tu en étais là.
Que déjà
Tu hésitais
Entre lutter
Et
Survivre.
Que déjà
Tu étais sur le fil.
Le coeur qui se serre
Comme il ne l'a pas fait depuis longtemps.
Le temps en suspend
Sans que je n'ose le couper d'un mot.
C'est tellement agité
En moi
Que je ne sais même plus où donner de la tête.
Et pourtant je continue
À te regarder.
Je continue.
Parce que je n'arrive plus à détourner mes yeux.
J'avais oublié
Comme tu étais jolie.
Comme tu pouvais m'éblouir.
Et enfin je les remarque.
Tes cernes.
Tes traits tirés.
Ta mine angoissée.
Comment ai-je pu être aveugle à ce point
Et refuser de te parler
En pensant que te garder éloignée
Pourrais te préserver.
Tu ne voudras pas de mon aide
Mais je ferai tout mon possible Kohane
Pour que la nuit ne soit plus ton ennemi.
Je ferai mon possible pour que
Tu n'aies plus peur du noir.
Je veillerai sur toi.
De loin.
Même si tu ne le veux pas.
Il est hors de question que je laisse cela
T'arriver à toi.
Il y a une goutte de pluie
Qui coule le long de ma joue.
-Une goutte de pluie sans doute.

- Pourquoi a-t-il fallu que tout tourne ainsi ?

Il y a deux réponses à cette question. Comme à toutes les questions d'ailleurs.
Celle du poète
Et celle du savant.
Cette dernière dira que
Les événements s’enchaînent.
Que l'on y peut rien.
Le monde est une suite
De causes aléatoires
Pleines de conséquences.
Mais le poète,
Kohane,
Lui te dirait que je suis mort à coup de rêve.
Qui ont été piétinés par la réalité. Une attente trop haute.
Pour une vérité trop basse.
Une non-adolescence.
Et un enfant
Coincé dans un corps plus grand que lui
Dans un monde trop adulte pour son être.
Mais moi
Je ne suis ni l'un ni l'autre.
Je suis un morceau de moi même qui ne sait pas aligner deux mots.
Mais pour toi
Je vais essayer.
Je sais que tu me regardes.
J'essuie ma joue humidifiée.
Saute du comptoir.
Me laisse glisser à terre.
Assis.
Sur le sol.
Froid.
Effondré à l'image de mes remparts.
Mes mains tremblent un peu.
Et mon regard
T'appelle
T'implore
De m'écouter.

- Je sais pas, j’en sais rien. J’aurais aimé que tout soit autrement. Supporter le quotidien sans avoir besoin de me barrer constamment. Mais j’peux même plus me voir tu sais. Quand je croise mon reflet y a mon ventre qui s’ouvre en deux. J’tolère plus -d’m’être laissé aller à ce point. J'aurais aimé que tu ne me revois jamais.

Les mots coulent,
Découlent.
J'ai croisé ton regard alors que je parlais
Mais
J'ai pas envie que tu vois cet enfant que je suis
Enseveli derrière les buissons
Au fond de mes yeux.
J'ai pas envie que tu le vois
Alors que j'ouvre les vannes
Que j'essaie de tout mon être
De te parler
Pour de vrai
Pour la première fois
Depuis bien des années.
Je veux tout te dire
Que tu saches
Ce qui se passe dans ma tête
Pour que tu comprennes
Que la tienne
Est différente
Que tu as peut-être
Une chance de t'en sortir.
Même si elle est infime
Au nom de l'affection que tu as pu avoir un jour
Pour moi
Saisis la s'il te plait.
Fais le pour moi
Si tu n'es pas capable
De le faire pour toi même.

- Je les vois danser tu sais ? Toutes les nuits. Le longs des murs. Les ombres, les monstres du placard. Je les vois danser et elles grandissent parfois. Et je ne sais pas comment y remédier. C'est pour ça que je ne veux jamais rentrer. Ma maison est hantée. Par tous mes monstres à moi. J’ai cru que je pourrais les apprivoiser. J’ai cru que j’y arriverai. On y arrive jamais Kohane. Jamais. Je suis mal placé pour conseiller. Mais je t’en prie. Ne cesse jamais de lutter. Si tu n'es pas capable de le faire pour toi même, fais le pour moi. Au nom d'une affection que tu as pu avoir un jour à mon égard. Accroche toi.

Je ne pourrais pas tolérer
De te voir
Devenir
aussi cadavérique
Errer la nuit
Sans repère
Ni but.
À peine conscient.
Les addictions
L'alcool
Les insomnies
Je connais ça par cœur.
Les cauchemars aussi.
Regarde les marques sur mes bras.
Pas les cicatrices, non,
Les petits trous.
C'est le dernier moyen
Que j'ai trouvé
Pour partir suffisamment loin pour les fuir
Et je ne te laisserai pas
Devenir comme moi.
Et c'est mon tour de fuir ton regard,
J'attrape ma tête de nouveau avec mes mains,
Fixant le sol
Au bout de mes semelles.
La voix qui déraille un peu.
Parce qu'emprunte d'âme sur son lignage
Parce que mon phrasé a changé
Fait écho à celui du passé.
Fini
Le petit con prétentieux avec toi
Fini
De te hurler dessus lorsque tu me ramasseras.
Je en peux pas te jurer que ça n'arrivera plus
Mon dégoût de soi
Restera là
Le quotidien aussi.
Mais
Je ne t'en voudrais plus.
Laisse moi la prochaine fois
Arrête de m'aider
T'as pas à t'infliger ça
Après tout ce que je t'ai fait.

- Je ne t’ai jamais vraiment remerciée. De m’avoir sauvé.
Ce soir là.
Et pourtant Kohane. Ça a touché.
Si violemment.
J'veux t'expliquer Pourquoi j'en suis là,
Si tu veux bien m'écouter.
J'veux tout te dire
Plus jamais te mentir
Parce que si il y aune personne au monde
Qui mérite
De connaître la vérité.
C'est toi.

Et personne d'autre.
Juste toi.
Ici.
Maintenant.
Ne fuis pas s'il te plait.
J'ai trop de choses à te dire
Et si peu d'occasion
De le faire.
Ecoute moi
Personne ne l'a jamais fait encore.
Personne n'a regardé du coin de l'oeil ce gamin à terre
Que la vie a tabassé
Avant de le laisser agoniser.
J'ai ma part de responsabilité.
Je l'admets.
Mais pour la première fois
J'ai envie de parler.
De te parler à toi.
Tu dois te demander pourquoi.

- Je t’ai aimé Kohane. Plus que je n’ai jamais aimé personne. Et je veux m’assurer que tu ais le meilleur de tout ce que la vie a à t’offrir. J’veux pas être excusé, parce que c’est plus possible, ça ne sert plus à rien. Mais je ferai tout pour me racheter. Pour te libérer autant que je le peux.

La tête que se relève
Et c'est bien toi
Leo
Et non Keats.
Qui la regarde
Dans cet instant
-Suspendu.  
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Kohane W. Underlinden
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Re: La Cuisine

Message par : Kohane W. Underlinden, Mer 25 Jan - 8:43





A force de croire
Qu'on est plus fort que les monstres
Qu'on est capable de les regarder en face sans plier
Qu'on peut les vaincre et les soumettre à notre volonté
à deux
main
dans la
main
Qu'on est assez forts pour les envoyer balader au loin
A force de croire et de jouer
On a perdu,
Leo.
On a perdu.
Qu'est-ce qu'on a fait ? Qu'est-ce qu'on nous a fait ?
La question qui ricoche sans cesse entre nous dans ce silence déjà devenu trop habituel.
Depuis quand avons-nous pris cette habitude de se taire l'un en face de l'autre ? Depuis si longtemps que j'ai l'impression que ça a toujours été le cas.
Alors que...
Souviens-toi, les jours d'avant !
Les confidences entre deux rires.
Bribes de parole entre deux sourires.
Il y avait de la lumière, en ce temps-là. Tes yeux brillaient. Mon âme chantait.
Et nos lèvres s'étiraient sans plus pouvoir s'arrêter.
Maintenant, seulement le terrible silence. L'air pincé, l'air fatigué de trop de fuites. Espérer échapper à sa vie et toujours se faire rattraper. Inlassablement. Cette lutte n'aura jamais de fin.

Autrefois, nous étions bercés d'illusions.
De ces cruelles idées qui font croire que...
tout est encore possible.
Assassiner les démons, oui.
Leur fermer le clapet à grands coups d'amour, oui.
Les exiler au loin, les exorciser à deux, oui.
Tout ça, on y a cru. Un temps.
La chute a été terrible.
La désillusion, fatale.
Tu es tombé.
Je suis tombée.
Aspirés
par le gouffre
infini.

L'autrefois ne semble plus qu'une mince tâche de lumière qui s'éloigne toujours de plus en plus. Au fur et à mesure qu'Alice tombe au fond de son trou, au fur et à mesure qu'on s'enfonce dans cette implacable machine qui mange et broie des les âmes te les Hommes.
Que reste-t-il de cet autrefois ?
Où tous ces sentiments si purs qu'on exhalait sans difficulté, dans ce temps lointain ?
Pour survivre, il nous a fallu se construire un masque qu'on voulait impénétrable.
Un masque pour parvenir à se fondre et se confondre parmi les autres.
De ce masque trop noir pour qu'on le regarde en face
Mais trop important pour qu'on l'abandonne.
Ce masque qui nous a permis de se tenir encore un peu droit -du moins le croyions nous.
Penser qu'on peut encore essayer de vivre ici, se faire oublier du monde, des autres, de leur folie. En se glissant dans cette même folie. Pour ne pas faire de vague.



Et aujourd'hui, dans ce face-à-face trop douloureux, je te sens vaciller.
Plus fragile que jamais face à mon immobilisme.
Plus démuni que je ne t'ai jamais vu.
Et derrière mon masque aux traits tirés, derrière ce visage qui a l'impression de ne plus pouvoir être atteint par quoique ce soit, les sentiments bouillonnent et se battent entre eux. Cette incessante soupe de caractères humains que l'on remue sans arrêt en espérant qu'il en sortira quelque chose de bien. Rajouter un ingrédient par-ci par-là, une discussion de couteaux trop aiguisés en pensant que cela améliorera le goût -tout s'empire.
Malgré tout, le mélange continue de macérer sur le feu.
Il bouillonne, prend de l'ampleur.
Il va finir par déborder.
Quand ?
Je ne sais pas.
Mais il lui faudra sortir de sa marmite, potion trop ratée que l'on constate avec dégoût.
Ton regard me fait flancher, moi aussi.
Ton regard de garçon perdu -non plus celui du meurtrier voguant sur les vagues de la folie.
Ton regard qui est en pleine ébullition.
Jusqu'au sillon creusé par l'eau salée.
Jusqu'à la goutte qui glisse lentement mais sûrement le long de la gouttière de la joue.
De cette goutte qu'on aimerait essuyer d'un revers de manche, d'un geste rapide de la main, d'un geste tendre, comme avec un petit enfant.

Comment
Comment parviens-tu encore à me toucher ?
Cet affreux sentiment de vouloir m'éloigner toujours plus sans jamais pouvoir.
Vouloir te fuir toujours davantage sans jamais vraiment le vouloir.
Voler loin et rester près de toi.
Pourquoi tant de contradiction qui me ressurgit soudainement à la face ?

J'ai peur.
Peur de la suite.
Peur de ces choses qui continuent de bouillonner en moi.
Je ne sais pas quel mélange ça va donner.
Quel type d'alchimie explosive il va en résulter. Ni même comment ça va finir par faire sauter le bouchon et partir. Dans tous les sens.
J'ai peur de l'inconnu.
Peur de ces choses que je ne contrôle pas.
Peur de continuer à te regarder. Revoir en toi celui d'autrefois.
Bien plus simple de te détester en constatant l'épave ambulante que tu es devenu, en me remémorant l'assassin sous la neige que j'ai vu.
Bien plus simple de te détester face à ta carapace alcoolisée de folie.
Mais là, tout craquelle. Tout commence à se briser.
Et j'ai peur. De te revoir.
Même si une partie de moi en crève d'envie.
L'autre a envie de fuir. Avant que le bond en arrière ne fasse trop mal. Avant que les inlassables regrets soient de nouveau convoqués.



Ton corps glisse à terre.
Comme il a glissé dans la neige cette nuit-là.
Ton corps s'immobilise contre le sol.
Le mien reste roide. Seuls les yeux bougent. Te fixent. Suivent tes mouvements.
Des yeux qui aimeraient se détourner de toi. En sont incapables. Une force invisible et incompréhensible me retient agrippée à ton être. Agrippée à cette part de toi qui tente de renaitre alors que tout vacille.
Ton regard aussi, vient me chercher.
Implorent, petit, minuscule.
Regard d'enfant en détresse.

Un regard
et des mots.
Posés sur une vie gâchée.
Un quotidien qu'on ne peut plus supporter.
Une vie qu'on finit par exécrer.

-J'aurais aimé que tu ne me revois jamais.

Moi aussi. C'est que je me disais.
Cette nuit-là.
Mon adieu était sincère.
Je ne voulais plus te croiser.
Te regarder en face, yeux dans les yeux, âme face à âme.
Je voulais te reléguer loin dans ma mémoire pour pouvoir mieux me relever après la chute cruelle.
Et tu es quand même revenu. Dans ce bar.
Je t'ai revu.
J'ai détesté te revoir.
J'ai voulu partir. Je ne l'ai pas fait.
Au lieu de cela, je t'ai regardé, impassible, t'enfoncer de plus en plus profondément. Je t'ai regardé avec tes bouteille dans un coin de ces cuisines. Je t'ai regardé. Je t'ai ramassé.
Je n'y ai pris aucun plaisir.
Mais il y avait, au fond, ce besoin de garder un oeil sur toi.
Pourquoi ne t'ai-je pas tout simplement laissé crever seul et sans témoin ?
Pourquoi a-t-il fallu que, toujours, je vienne pour te relever ?
Peut-être en souvenir de ce temps passé. Vouloir rester près de toi. Discrètement. Sous des sarcasmes et un cynisme bien sentis. Mettre de la distance dans ce lieu si étriqué et pourtant, rester à portée de regard.
Un mépris teinté d'affection.
Que je ne comprends toujours pas.



Tes mots continuent.
La vague se soulève toujours plus.
Les démons bouillonnent dans mes entrailles. Combattus par les sentiments qui se disent que c'est à leur tour de surgir.
Tes mots continuent.
Mes bêtes s'agitent sauvagement. Elles frappent, frappent les tripes.
Elles ne t'aiment pas.
Parce que tu veux m'arracher à elles.
Parce que tu as peur, peut-être. Peur que je me fasse dévorer, moi aussi ?
Je sens leurs coups sourds au plus profond de moi.
Je sens leurs crocs s'acharner sur mon âme. Plus redoutables que jamais.
Peut-être que toi aussi, tu leur fais peur ?
Par tes mots.
Par ton titubement qui craquèle la carapace établie par les ombres.

Mon regard soutient le tien alors que ça frappe dans mes tempes.
Le sang bat plus fort que jamais.
Le coeur tambourine.
Et tu t'en vas. Tes yeux fuient. Vont chercher réconfort ailleurs.
Vers le sol, vers le souterrain. Alors que ta tête tombe presque.
Tu parais crouler sous tout le poids que tu portes. Sous ton quotidien que tu ne parais plus voir en face. Sous tes propres bêtes qui ne font un malin plaisir de te manger à petit feu.

- Je t’ai aimé Kohane.

La voix enfouie presque par le sol.
Avalée par le vide sous nos pas.
Mais je t'entends. Dans ce mutisme que j'aimerais garder.
J'entends tes mots qui affleurent. Retrouvent cette sincérité d'adolescence. La sincérité des premières lettres et des premiers mots.
J'entends tes phrases qui s'enchaînent. Ajoutent encore de nouveaux ingrédients à cette soupe immangeable. Car trop pleine de choses. De sentiments divers. Contradictoires. Trop pleine. Faut la vider.
Une bonne fois
Pour toute.
Les excuses qui ne servent à rien -et tu le comprends.
Alors que reste-t-il d'autre ? Que veux-tu faire pour te racheter ?
Ce n'est pas moi que tu devrais regarder ainsi.
C'est cette femme sans nom. Cette femme dont je ne garde en mémoire que le visage surpris, figé pour l'éternité.
Ce n'est pas envers moi que tu devrais te racheter tout d'abord.
Mais envers elle.
Peut-on se racheter face à la Mort ?



A nouveau, mon regard soutient le tien.
Ton oeil qui n'a plus rien de l'épave quotidienne qui déambule dans ce bar.
Ton oeil qui parait presque briller de regrets et d'humanité.
Ton oeil qui m'observe.
Leo.
Ton oeil qui attend.
Sur ce fil silencieux.
Ce fil mince, fragile.
Qui pourrait se briser à tout instant.
Ce fil suspendu au-dessus du vide.
Qui pourrait te laisser choir à tout instant.
Tu attends, maintenant que les mots ont coulé.

As-tu peur, toi aussi ?
Ou as-tu seulement honte ? Regrets éternels du passé inchangeable.
Assis par terre, brisé par la vie, tu parais presque innocent. Inoffensif.
Mais à cela se superposent les images de cette nuit.
Et une part de moi se met à trembler.
Craindre que ta bête ne rompe ce délicat fil tissé au fil de tes mots, à mesure que tu vacilles sous ta coquille.
Craindre que ta bête énervée ne revienne, encore.
Qu'elle ne te bouffe. Qu'elle ne me bouffe.
Plus vorace encore que ne le sont mes propres démons.

Je pourrais le rompre à sa place, ce fil.
Reprendre le contrôle.
Tout briser moi-même.
Pour m'assurer que tu ne le fasses pas.
Seulement partir, malgré ton regard implorent de tout à l'heure.
Partir, te fuir.
Echapper à une nouvelle chute dans le vide.
Ne plus prendre de risques. Pas avec toi. J'en ai déjà trop pris. J'en ai déjà trop payé le prix.
Mes erreurs du passé, je ne veux plus les commettre.
Je ne veux plus continuer de croire qu'on pourra contenir les bêtes ensemble.
Que tout est encore possible.
Car, en vérité, tout est déjà trop ruiné.
Irréparable.
Alors j'ai peur de ce nouveau saut qui m'abîmera plus encore.
Une petite voix me dit qu'il est encore temps. La porte n'est pas loin. Au-delà de ses battants sont les gens. La société. Le bar. Le reste. Qui fait oublier.
Il ne suffit que de quelques pas.
Quelques minuscules pas -rien à côté de ce que j'ai déjà affronté.
Il suffit seulement de...



Le corps refuse de bouger.
Je me mords la lèvres inférieure.
Comme lors de cette nuit-là, je te regarde. Toi, écroulé au sol. Moi, debout, immobile.
Les pensées luttant contre l'inertie.
Les démons et les sentiments s'entre-dévorant.
Je sens l'âme trembler sous tes mots.
Tes mots reflets d'un affection qui ne fait qu'approfondir la plaie.
Pourquoi ne m'as-tu pas oubliée ?
Pourquoi ne t'ai-je pas oublié ?
Tout aurait été tellement plus simple ! Tellement plus...

Enfin, le corps réagit.
Il réajuste sa position contre le mur ; je ne te lâche pas du regard.
Revoir dans ta pupille une trace de ce passé doucereux est trop rare et trop précieux pour que je puisse m'en détacher. Même si je le voulais.
Je me remets droite contre le mur.
Que dire ?
Par où commencer ?
Tellement de choses devraient être dites !
Déjà, toutes ces choses tues lorsque nous nous sommes revus dans ce même bar.
Toutes ces choses passées sous silence.
Tes secrets.
Mes secrets.
Qui ont alimenté nos démons personnels.
Ces choses qu'on n'a pas voulu dire parce que c'était trop dur. Parce que l'autre n'avait pas à savoir. De peur de l'effrayer, peut-être. Le mettre en danger. Ne pas vouloir mêler amour et ombres.
Mais à présent que tout cela est fini
A présent qu'amour il n'y a plus
Mais que les ombres sont plus présentes que jamais
A présent que tout a déjà explosé une première fois sans explications
Peut-être faudrait-il ouvrir la boîte de Pandore ? Et déverser une fois pour toutes tous les maux qui y sont contenus.

Contre toute attente, mon corps cesse son immobilisme.
Il esquisse un pas mal assuré.
Deuxième pas.
Ce n'est pas la porte que je guette.
Je n'est pas vers la porte que je tends mon regard.
Mais vers toi. Toi qui reste au sol sans bouger dans cette seconde suspendu au-dessus du fil, au-dessus du vide.
Je me plante devant toi.
Ne pas de lâcher du regard.
Observer chaque fissure de ton armure. Chaque défaut provoqué par l'afflux de mots, par le poids trop grand de la culpabilité.



Je m'accroupis pour être à ta hauteur.
Cela fait longtemps que je ne t'ai pas fixé d'aussi près.
Etudier à nouveau tes prunelles dans les moindres détails.
S'aventurer sur chaque trait de ton visage. Ce visage qui, en cet instant précis, ressemble davantage à celui d'autrefois qu'à celui que tu as habituellement. Ce visage que j'aimais regarder à mes heures perdues. Même lorsqu'il était un peu trop sombre des souvenirs que tu taisais. Ce visage que je trouvais beau, qui m'envoûtait et me transportait.
Ce visage s'ouvre à mes yeux.
Alors que tu décides de baisser les armes. Accepter de t'exposer. Retirer le masque bâti pour les autres, pour qu'ils te laissent en paix.

-Moi aussi, tu sais, je prononce dans un demi-murmure. Moi aussi j'aurais aimé que tout soit autrement. Moi aussi, je les vois toujours danser sous mes yeux et je les sens remuer dans mes entrailles sans fin.

Doucement, je m'assois au sol en tailleur.
Garde les yeux rivés sur toi.

-Moi aussi, je t'ai aimé. Plus que tout. Et c'est pour ça qu'on est tombés ensemble.

Un silence.
Lourd de tout ce qui devrait être dit et ne l'a jamais été.
Lourd de tout ce que j'aurais dû te raconter et que je n'ai jamais fait.
Je ne sais pas si ça aurait changé grand chose.
Certainement pas.
Ca n'aurait pas calmé les démons. Ca les aurait peut-être même renforcés.
Mais ça aurait peut-être calmé les âmes. Un peu.

-Je ne sais pas si je serai capable encore de combattre mes démons autant que je le devrais. Plus le temps passe, plus ils me bouffent, plus ils se renforcent. Et moi, je m'épuise dans cette éternelle lutte. Ils sont là depuis bien trop longtemps. Je ne sais pas bien quand... ils ont commencé à se développer sans que je m'en aperçoive depuis bien avant nos retrouvailles. Et depuis, ils ne cessent de croitre.

Comprends-tu ?
Tu n'as fait que leur donner du grain à moudre.
Mais tu ne les a pas faits naître.
Ils étaient déjà là avant. Avant la neige, avant la femme morte.
Même si tu n'avais pas été là, ils auraient continué de se développer. Peut-être différemment -sans doute. Peut-être moins rapidement.
A présent, ils galopent sans fin à travers mes entrailles.

-Et toi ? As-tu essayé de te combattre toi-même ? Non pas les monstres qui dansent le long des murs de ton esprit. Mais toi, apprendre à te regarder en face et faire avec. Assumer, au lieu de fuir.

Je tends mon bras vers toi sans vraiment en prendre conscience.
Le corps réagit seul alors que les démons semblent s'étouffer sous les sentiments bouillonnants.
Rage.
Tristesse.
Mélancolie.
Colère contre tout.
Bribes d'affection jamais totalement disparues.
Je tends mon bras
Et prends doucement ta main.
Parce que ta carapace s'est entrouverte, je n'ai pas l'impression de saisir les doigts d'un meurtrier. Mais encore ceux d'un ami qui m'était cher. D'un ami qu'on m'a enlevé, arraché à grands coups de haine et de folie. D'un ami qui, l'espace d'un instant, essaie de revenir.
Pour mieux parler.

-Ils se nourrissent de nos faiblesses. Ils repèrent les failles. Et ne font que ricaner d'avantage lorsqu'ils nous voient fuir.

Alors cessons de tourner le dos aux problèmes.
Cessons de faire comme s'ils n'existaient pas alors qu'ils ne font que nous assassiner à chaque pas.
Cessons de les reléguer loin dans l'esprit
Et affrontons-les. Mettons-les face à face. Faisons s'entre-choquer nos propres démons.
Une dernière fois
Faisons-leur face ensemble en même temps que nous nous affrontons sur ce terrain miné de sentiments.
Peut-être pourrons-nous ensuite faire les choses différemment.
Reprendre le quotidien sous un autre angle.
Mais pour l'heure, loin est ce quotidien.
Seules comptent les armures qui craquèlent.
La boîte de Pandore qui se doit d'être ouverte.
Souffle. Un bon coup.
On survivra.
Comme toujours.

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Shae L. Keats
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Re: La Cuisine

Message par : Shae L. Keats, Lun 30 Jan - 6:31


La cour est levée
Il n'est plus ici question
D'être jugé
Disséqué
Analysé.
Non.
Vous avez déjà passé ce stade.
Des mois à vous bouffer.
À coup
De Pourquoi
D'insomnies
Et de rire-scie.
Alors
Qu'est-ce que tu fais là Keats ?
Qu'est-ce que tu espérais ?
C'est quoi ton soucis ?
Pourquoi t'appelle toujours à l'aide quand il est trop tard pour qu'on t'entende ?
Pourquoi auprès des gens qui ne le veulent pas ?
Peut-être parce au fond
Tu sais
Qu'ils sont les seuls
En mesure de comprendre.
Les seuls à avoir vu.
Pourquoi cette chose dort-elle en toi ?
Pourquoi toi ?
Tu cumules un peu
Les flashs
De fin d'été,
Comme une comptine
Assassinée
Comme une chanson
Mal débitée
Un piano
-Mal accordé.
Pourquoi tu n'arrives pas à grandir au final ?
Dis-moi.
Pourquoi tu n'es pas fichu d'être normal ?
Pourquoi tout à une foutue trop grosse ampleur avec toi.
75%.
Il n'y a plus rien d'autre
Que vos deux corps meurtris par la vie
Tabassés jusqu'au sang
Et oublié.
En train de se vider.
Bile noire qui se répand sur le sol.

Dis moi Kohane
Pourquoi j'ai du tout gacher
Encore pour toi
Pourquoi je ne suis que un enfant apeuré
-Par lui même.
C'est lui que tu as en face de toi
Un enfant
Terrorisé
Par tout ce qui peut bien le ronger
J'en ai pas tant bavé je crois
C'est ça le pire
Enfin si
Mais les monstres étaient déjà sortis du placard
Tu crois que
J'a toujours destiné à faire le mal
Même quand je ne voulais que
Faire le bien ?
J'en ai marre de tout détruire
Parce que j'en ai les moyens
Comme un enfant à qui on a donné les moyens de tout détruire
Et qui n'arrive pas à s'empêcher
De le faire.

Tu sais, je l'ai tué,
Volontairement ou non,
La culpabilité ronge,
C'est certain,
Mais c'est pas elle la pire.
C'est ce besoin
De devoir vivre pour deux
En permanence
Et de foirer pour deux
Cette impression permanente
De piétiner sa mémoire
Qui n'a pourtant rien
Demandée.
Que j'aimerais honorer
Comme il se doit
Que je voudrais porter
Qu'elle éblouisse le monde
Qu'elle n'a pas pu connaitre.
Porter le flambeau,
Le passer
De mains en main
Jusqu'à ce qu'enfin
Il cesse de
Brûler.
Naturellement.
Des mots simples et d'enfant
-Que le sol a avalé.

Le mot simplicité
Qui ne trouve plus son sens entre nous.
Je t'ai laissé la bride ce soir,
Je ne suis plus en état,
De maîtriser quoique ce soit.
Alors vas-y,
Dans cet instant de toile tendue
Entre nos deux êtres,
Décide toi
Assassine-moi
Ou décide
Dans un élan incompréhensible
De laisser tomber les armes pour une fois.
Laissons les ombres de côté
Ne serait-ce que pour cinq minutes
Oublions ensemble
Ce que le monde a fait.  
Des regards et des silences
Qui ne font qu'augmenter ma peur.
Parce qu'en dépit de tout
Je suis redevenu.e enfant.

Deux crochets
Oculaires,
Qui se croise
Un puta*n d'instant.
Un rien,

Il n'y a que tes deux yeux
Et les miens
Comme avant
Qui t'appellent.
Qui t’entraînent.
Tu pourrais partir tu sais.
Je ne te retiendrais pas.
C'est pas parce qu'il faut passer par ce moment
Que c'est agréable tu sais
Ni pour toi
Ni pour moi.
Je n'sais pas si le moment s'y prêtait,
Je pense pas,
Mais comment tu veux choisir,
Comment tu veux
Que
Nous
Arrivions à parler
Si nous passons notre vie
À fuir ?
Anatomie de l’œil, physiologie des larmes,
Ce soir on Emm*rde le monde
Les règles du mépris qui nous est dû,
Ce soir.
On parle,
Pour
Crever un abcès
Mal refermé.
Les larmes naissent, au fond du cœur, apparaissent
Des nuits, même dénuées de stock
Elles glissent, ploc, comme des nuées d'oiseaux d'Hitchcock
Il y a comme des amoureux qui se moquent
Et partagent des bulles salivaires
Quand sous ton barda c'est toujours le froid d'hiver
Faudra t'y faire.
Depuis toi,
Le froid.
La fuite.
Aphasie des sentiments
Qui n'ont pas pu s'empêcher d'exister
Mais que j'ai pris peine à éloigner.
Parce que
Je ne veux pas recommencer
Tout ce qu'on a pu réussir à détruire.
Je t'ai aimée.
Les pipeline qui sont greffées à nos canaux lacrymaux
Un triste état de ruine, ralentit la cicatrice
Comme l'héparine
En quelques gouttes salines
Les naïades sont balayées par les baïnes.
Moi j'ai une bouteille de rhum âgé
Pour y noyer mon chagrin
Mais j'ai oublié qu'depuis le temps
Il a appris a nager.
Les ondes,
Les travers
Le lien des prunelles,
En voltige dans l'air frais
De la fin de journée
Oiseau à la voix cassée en brindilles
Piétinée.
Qu'est-ce qu'on a fait Kohane.
Pour en arriver là ?
Qu'est-ce qu'on a fait
Pour être perdu comme ça ?
Le corps
-en cri de mouette.
Un appel désespéré adressé à la mer
Dans un voile déchiré qui ne couvre plus l'âme
Une voix cassée d'enfant
Dans un dernier élan.
Caressant la surface des cieux
Inaudibles.
Un cri d'un être
-Terrorisé.


J'ai peur aussi tu sais,
J'ai honte, certes,
Mais la peur me bouffe,
Elle fait grincer mes os au milieu de la nuit
Elle me mord le dos avec ses crocs glacés,
Elle a pris la forme d'un Cerbère enragé au fond du ventre
Que je ne peux que calmer en le nourrissant de temps en temps
Sous un autre nom,
Un pseudonyme chiffré que personne ne connait,
Un masque sur le crâne.
Une marque forgée dans la chair,
Témoignant de la dernière volonté qu'il me reste,
Des dernières valeurs que je peux encore essayer de défendre.
Tu cautionnerais pas
Je le sais.
Mais mon corps lui même
Porte les marques de cette peur intense
Ma cuisse lacérée notamment,
Si tu savais
Comme je me reproche tous les jours ce que j'ai fait
Si tu savais
Tu me pardonnerais ?
Parce que je ne peux plus obtenir son pardon à elle
Mais le tien
Est-ce qu'il est trop tard
Pour que
À défaut d'effacer
Tu arrives encore une fois
À me regarder
Vraiment.
Dans les yeux.
Que tu comprennes que celui que tu me reproches de ne plus être
Est encore là,
Terrassé par une terreur qui l'a totalement surpassé ?
Que c'est lui que tes rires et tes sarcasmes touchent
Que c'est lui qui s'en veut quand mes mots dérapent à ton égard.
Oui j'ai peur.
Que le fil casse,
Que je finisse par perdre toute conscience
De ce qui peut encore m'entourer.
Qu'elle m'arrache violemment ce qui fait
-Que je peux encore en parler.
J'ai trop peur de finir enfermé
En moi même.

Je sais, je sens
Que tu as envie de fuir,
Que tu préférerais partir,
Et dieu,
Qu'il serait plus simple que tu le fasses,
Dans un élan désespéré,
Je remettrai mon masque,
Et on oublierait tout ça,
Les plaies cicatriseraient mal,
Mais auraient arrêté de se rouvrir.
C'est aussi une solution
-La fuite.
La protection de soi.
T'es pas obligée
De rester
Tu ne me dois plus rien tu sais ?
Et ton corps entre en mouvement,
Si l'espoir naît de te voir disparaître,
Le cœur se serre lorsque je réalise
Que c'est vers moi que tu t'avances.
Que pour ce soir
Tu veux prendre le risque.
Mais indépendamment de moi,
De tout ce que j'ai pu être pour toi Kohane.
As-tu seulement pensé à toi ces derniers temps ?
Tes traits tirés,
Tes yeux fatigués,
Je les ai vu tu sais ?
Je veux que tu t'en sortes.
Si tu luttes pour toi même,
Je le ferai pour moi.
J'essaierai.
Mais toi d'abord.
Je n'ai plus jamais été ma priorité après t'avoir rencontrée.  


Tu t'accroupis face à moi et mes yeux se teintent d'une légère incompréhension,
Une pointe de tristesse pour un cœur dans la gorge. En nœud marin. Parce que j'avais besoin que nous laissions tomber les armes un instant. Que nous laissions la rancœur de côté. Je voulais redevenir humain avec toi. Et je n'osais plus m'exposer. J'avais trop peur que le fil casse. Mais ce soir, les faussetés dans la mélodie tombe. Parce que ce masque que j'aime revêtir pour que les autres cessent de m'atteindre, je n'en ai pas besoin avec toi. J'ai peur que tu aies fini par croire que j'étais réellement devenu ainsi. Parce que je passe mon temps à espérer que ce ne soit pas le cas. Je détaille ton visage, dans cette simplicité d'avant. Avec un goût d'enfance. Je ne souris pas. Pas encore. Je regarde juste avec douceur.
Tu m'as manquée Kohane.
Plus que je ne l'aurais imaginé.
Tu m'as manquée.
Terriblement.

- Moi aussi, tu sais. Moi aussi j'aurais aimé que tout soit autrement. Moi aussi, je les vois toujours danser sous mes yeux et je les sens remuer dans mes entrailles sans fin.


La colère qui commence à gronder,
J'aime pas que
La vie te fasse du mal.
J'aime pas savoir que tu es en proie aux même Mer** que moi.
J'aime pas parce que je suis pas sûr
Que ce soit rattrapable.


- Moi aussi, je t'ai aimé. Plus que tout. Et c'est pour ça qu'on est tombés ensemble.

Le silence qui tombe aussi lourdement.
Parce que ces mots étaient tabous.
Qu'ils avaient toujours été pensés
Mais jamais dits.
Que je réalise que tu es tombée avec moi
Que j'ai été suffisamment égoïste
Pour ne pas m'en rendre compte.
Tu as passé des mois à m'aider
Directement
Et sans l'envie
À me tirer de cette cuisine sombre qui a vu mes pires états de déchéance.
Et que moi même
Je n'ai jamais essayé de te relever.
Je me contentais de croire en toi
Sans me rendre compte
Que ça ne suffisait pas.
J'aime à croire qu'on pourrait s'aider.
Qu'on pourrait faire face,
Tout les deux,
Si seulement on se disait dire la vérité.
Quelque chose qui se tient,
J'en sais rien.
Mais ce serait pour nous
Une proximité
Risquée.

- Je ne sais pas si je serai capable encore de combattre mes démons autant que je le devrais. Plus le temps passe, plus ils me bouffent, plus ils se renforcent. Et moi, je m'épuise dans cette éternelle lutte. Ils sont là depuis bien trop longtemps. Je ne sais pas bien quand... ils ont commencé à se développer sans que je m'en aperçoive depuis bien avant nos retrouvailles. Et depuis, ils ne cessent de croître.

Mes lèvres courbent en arabesque
Attristée
Devant tes mots que je connais par cœur
Je vais pas te mentir
Te dire qu'il suffit d'un peu de volonté.
Parce que ce n'est pas le cas.
Parce que je suis mal placé pour t'expliquer comment les fuir.
Mais,
Même si je n'ose pas le dire.
J'ai envie de t'aider.
De tout faire
Pour essayer d'éviter ton abandon de la lutte.
J'aurais envie
De prendre ta main
De te dire que tout ira bien.
Mais ça ne peut venir de moi.
J'ai saisi tes mots
Je ne les ai pas fait naître.
Et ça enlève brusquement,
Un poids des épaules,
Le souffle se fait plus profond,
Un peu.
Je ne veux plus être seul responsable
- De la chute de qui que ce soit.

- Et toi ? As-tu essayé de te combattre toi-même ? Non pas les monstres qui dansent le long des murs de ton esprit. Mais toi, apprendre à te regarder en face et faire avec. Assumer, au lieu de fuir.

J'ai pris ma pilule,
Celle qui fait dormir,
Constaté mon ombre au détour des ruelles,
La lune est pleine,
Elle est remplie de corbeaux,
Et le vie elle est découpée par mes ciseaux.
J'ai essayé,
Mais j'ai peur que mon fil ne soit trop fin
Pour
Que
L'être
Le supporte.
Y a trop de choses
Dont j'aimerais te parler. Te parler d'Elle.
D'Ol.
D'eux aussi,
Pronominaux.
Ta main dans la mienne
Qui me fait tressaillir
J'ai perdu
L'habitude
Du contact physique
Désintéressé
Mais je me détends vite.
J'ai trop peur que si j'essaie de faire face
Tout parte avec
Alors j'ai commencé à fuir.
Et puis
C'est devenu addictif
Un état dont je ne me passe plus.
Qui me rassure.
Un des seuls trucs,
Qui sera toujours là.
Il faudra que
Je te montre aussi
Pourquoi je ne peux plus faire demi-tour
En raison des trop grands engagements que j'ai pris,
Tu verras.
Et j'espère que tu seras en mesure
De comprendre.

- Ils se nourrissent de nos faiblesses. Ils repèrent les failles. Et ne font que ricaner d'avantage lorsqu'ils nous voient fuir.

Je ne peux que hocher la tête.
Leur rire
Moyen de pression
Qui finit par faire flancher.
Je pose mes yeux dans les tiens,
Avec cette volonté
De
T'aider
Coûte que coûte
De serrer cette main
Que tu as su glisser dans la mienne
Et de ne pas la lâcher.
Mais je préfère que
Tu ais
Toutes les cartes en main
Avant de te demander
D'accepter mon aide.
Un collaporta nformulé vers la porte de la cuisine
Pour ne pas etre vus
Et c'est la boule au ventre
Que je dénude pour toi
Mon avant bras
Sans rien dire.
Que je fais grandir la volonté
De la voir apparaître.
Et c'est rongé par l'angoisse
Que je la vois prendre forme
Et place.
Sur ma peau blanche.
Le regard fuyant,
Je te dévoile aussi
Mon autre engagement
Involontaire
Dont je n'arrive plus
À me détacher
Pour que tu saches que
L'alcool
N'est pas
Le principal problème.
De mon bras libre.
Je sors le sachet de pilule
Et l'autre plus petit
De ma poche.
Les pose à bonne portée
De tes yeux.
Parce que
Je ne veux plus rien te cacher.

- Je pense être plus loin que ce que tu pensais.
Je peux pas te forcer à accepter mon aide.
Mais je peux te donner toutes les cartes pour que tu puisses décider seule.


Continuer à souffrir
Ou partir du principe qu'on a plus rien à perdre
Et tenter
N'importe quoi
Mais essayer.
 
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Kohane W. Underlinden
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Re: La Cuisine

Message par : Kohane W. Underlinden, Sam 25 Fév - 13:12





Musique

Parfois, je me demande.
Qu'est-ce qui fait qu'on tient encore debout, envers et contre tout ?
Qu'est-ce qui fait qu'on parvient encore à se relever après les coups ?
Qu'est-ce qui fait que, malgré la démarche titubante et les tympans qui vrillent on continue de faire un pas, puis un autre. Tracer un chemin parsemé de notre sang. Mais tracer un chemin tout de même.
Qu'est-ce qui fait qu'on trouve toujours la force de faire un nouveau pas sur la voie broussailleuse de la vie ?

On se cache à soi-même pour mieux avancer.
Enfouir les hontes inavouables.
Rejeter le reflet qu'on ne saurait voir.
Faire la sourde oreille pour continuer d'exister.
Refuser la réalité pour mieux y survivre.
Est-ce donc ainsi qu'il faut faire ?
Se voiler entièrement pour mieux déambuler parmi les fous ?
Est-ce ainsi qu'il faut faire ?
Mentir, se mentir. Se taire. Toujours se taire. Ne jamais rien dire. Pour ne pas s'exposer. Pour ne pas laisser un carré de chair offert aux autres -monstres voraces qui en profiteraient sans scrupule.

Non.

Je ne veux plus vivre ainsi.
A enterrer mes ombres en croyant pourvoir les oublier.
Me bercer d'illusions et se sentir dégringoler de trois étages à chaque fois que le vrai se rappelle à moi.
Je ne veux plus me taire seule. Pas aujourd'hui.
Le silence devient trop oppressant. J'ai besoin d'entendre. De t'entendre. M'entendre.
Les mots circulent et passe de l'un à l'autre.

Aujourd'hui,
il faut

parler.

Mais qu'attends-tu de moi ? Un verdict sans appel ? Un jugement ? Un pardon ?
Ou simplement une oreille ?
Simplement un regard posé sur toi, sur ta carapace craquelée.
Qu'attends-tu de moi ?



Ta main ne se dérobe pas.
Tu as cessé de fuir. Fuir sans cesse face à ce qui est.
Peut-être un jour parviendras-tu enfin à te regarder en face ?
Car si j'accepte de poursuivre la lutte
toi aussi, tu dois
continuer
de te battre.
Affronte-toi toi-même. C'est dur. Un combat de tous les instants pour tenter de s'accrocher à ce qui perdure encore.
Mais t'as pas l'droit
de tout flanquer en l'air -détruire encore les infimes choses qu'il te reste.
T'as l'droit
parce que moi, j'ai cru en toi.
Comme tu crois en moi. Je t'ai cru plus fort que cela. Comme tu me crois plus forte que je le suis.
Alors, que nous le soyons ou pas réellement, qu'importe.
A présent, ce qui compte c'est ce que nous essayons de faire. Non ce que nous réussissons à faire.
J'accepte
de tenir encore la cap -mais pour combien de temps ?
Si toi tu t'accroches à la barre de ta vie, manoeuvrer encore le navire, cesse de le laisser partir à la dérive. Ce n'est pas la solution.
Accroche-toi encore un peu.
Reprends le contrôle de ta p*tain d'vie !

Comment peux-tu...
Comment peut-on
accepter ainsi de tout sentir nous échapper ? De sentir le reste prendre le dessus sur nous. De les sentir se saisir même de ce qui nous est le plus personnel, le plus individuel -nous.
Comment peut-on accepter regarder les ombres se disputer notre âme et notre vie sans rien faire ?
Comment peut-on rester, bras ballants, à se voir se faire bouffer ?
Pourquoi ne pas essayer, juste une fois
essayer, juste une fois
de reprendre le contrôle.
La barre est juste là. Il suffit de tendre la main, la saisir d'une poigne ferme et -revirement.
On pourrait à nouveau décider de ce qu'on devient. Du chemin qu'on emprunte.
On pourrait à nouveau tracer les ligne de notre vie. Le sillon que l'on décide de suivre.
Cap sur le point cardinal encore non-nommé mais qui est celui vers lequel tend notre voie !
On pourrait
si on en avait le courage
ou la force.

Epuisée de trop de coups
de trop de larmes
de trop de cernes
de trop de cris refoulés.
Epuisée de trop de combats vains, j'aimerais laisser enfin couler.
Laisser la vague me submerger, le barrage se briser au lieu de sans cesse le consolider contre un élément bien plus puissant.
Laisser la violence du reste me recouvrir, les ombres m'envelopper entièrement -finie la lutte. En me persuadant que je m'arrangerai. Que je saurai m'adapter et les dompter. Que je saurai devenir leur maître, les dominer pour qu'elles ne me dominent plus.
Je suis à deux doigts de tout lâcher parce que maintenant, ça suffit.
Mais pour toi, Leo
rien que pour toi,
je peux accepter. Un délai supplémentaire. Un dernier souffle, dernière boule d'énergie. Pour continuer d'opposer cette résistance têtue.
Pour toi, je peux encore trouver un peu de force au fin fond des entrailles.
Pour toi, j'accepte de reculer, retarder ma propre sentence et ma chute fatale. Dans l'espoir que je saurai rattraper le fil, me hisser dessus et continuer mon numéro de funambule.
Pour toi, je peux essayer.
Mais je ne peux le faire sans toi.
Je ne peux le faire si tu continue de t'enfoncer sans fin.



Il y a toujours ce quelque chose,
ce lien sans nom
qui fait que plus tu tombes, plus tu m'entraînes dans ta chute et vice-versa.
J'ai voulu briser le fil en m'enfuyant, cette nuit-là. Se saisir d'une pair de ciseaux et le coup
clac
sec et sévère.
Mais... je ne sais pas comment, il a résisté. Ou s'est recréé. Sans que je ne m'en aperçoive.
Aujourd'hui, il est toujours là alors que je le voudrais évaporé. Jamais totalement libre, toujours liée à toi d'une quelconque façon involontaire.
Tu dois faire un effort avec moi.
Seule, je n'y arriverai pas.
Je n'y arriverai jamais.

Donnons-nous encore un peu de temps.
Le temps d'un clepsydre
pour combattre un peu plus les monstres enfouis.
Et si jamais la lutte est perdue, adviendra que pourra. Je ne pourrai plus rien te promettre.

Commençons
aujourd'hui
dans un pacte silencieux
et l'ouverture grinçante
d'une boîte rouillée
plein de maux tus et bien cachés.

Un dixième de seconde, je me demande si ce face-à-face ne fera pas qu'empirer la situation.
Et si, au lieu de tenter une percée vers le haut cela ne nous faisait plus descendre dans les tréfonds du néant ?
Et si...
Peur et crainte.
Mais c'est trop tard.



Vérité ou descente aux enfer,
qu'importe comment on la nomme,
la voilà qui commence.

Un pied sur la première marche.
Et le long voyage commence.
Regarde
déjà,
le premier cercle de l'Enfer.
Mais notre Enfer ne ressemble pas à celui de Dante. Le notre est particulier.
Ce premier cercle n'est pas constitué de personnes non baptisées.

C'est ton bras, soudainement dénudé face à moi. Qui en porte les stigmate.
Il ne s'agit pas d'une absence de foi en un Dieu quelconque
mais d'une allégeance qui ronge ta peau comme un acide cruel.

Ma main tressaille.
Le coeur fait un sursaut affolé
mais je ne bouge pas. M'oblige à ne pas me lever, crier, hurler, m'échapper.
Il faut inspirer un bon coup,
retenir son souffle
et plonger la tête la première dans ce premier cercle de l'Enfer.

Silence lourd.
Je contemple, lèvres cousues, bâillonées  par une main visible, ton bras dévoré par toutes ces choses face auxquelles tu ne peux plus reculer.
Je contemple, muette, le point de non-retour grandir, grossir sur ton âme. Teinter de noir l'ancienne candeur enfantine.
Je regarde dans un silence morbide. Il n'y a plus de fil auquel se rattacher. Seulement la chute à deux. Et l'oeil immobile posé sur ton bras. L'oeil à la fois effrayé et fasciné qui aimerait fuir tout en étant incapable de se détacher d'une vision infernale.
Ma main, toujours crispée, se tend un peu plus lorsque j'entends ta voix s'élever.

- Je pense être plus loin que ce que tu pensais.
Je peux pas te forcer à accepter mon aide.
Mais je peux te donner toutes les cartes pour que tu puisses décider seule.


Mon regard glisse sur le sachet de pilules qui repose à côté de toi.
Voilà donc ton second cercle ? Ton autre engagement, ton autre addiction. Qui te dévore tout autant que ton bras.
Et quelle aide souhaites-tu m'apporter, toi qui est déjà quasiment au bord de la planche, un dixième de seconde encore et tu tombes -à jamais.
Que puis-je attendre de toi et ton bras malade ?
Ne comprends-tu donc pas que, si ça continue ainsi, il nous faudra trouver le moyen de briser définitivement ce fil qui nous a lié tout ce temps ?
Parce que je n'ai pas assez de force pour tenter de nous porter tous les deux.
Alors si tu ne te débats pas, si tu laisse le Noir envahir ton bras puis ton coeur puis ton âme, si tu continues d'avancer de cette façon, je ne pourrai que te suivre. Je suis trop faible pour combattre pour deux.
Tu dois tout essayer
pour relever la tête.
Ou trouver la solution
pour rompre à jamais le lien.

Etrangement, cette deuxième idée me renfrogne.
Parce que malgré tout ce qui est arrivé, tu restes, au fond de toi, Leo. Et que ce Leo a été mon ami. Que je l'ai aimé, j'ai cru en lui, je me suis attachée à lui.
Alors je veux encore laisse du temps -un peu de temps.
Avant de m'en détacher à jamais.

Et ce temps, j'accepte de te l'accorder aujourd'hui.
Prouve-moi
Convaincs-moi
qu'un espoir est encore possible. Ce malgré les monstre qui dévore la peau blanche de ton bras. Ce malgré les engagements trop sérieux, les blessures trop profondes.
Montre-moi comment nous pourrions à nouveau relever la tête.
Une lutte furieuse et têtue, je sais.
Mais le coeur crie d'essayer même si c'est vain.
Parce que de toutes les façons, il n'y a plus que ça à faire, pas vrai ?

Ramenant mes genoux contre ma poitrine, je les entour de mes bras.
Une position protectrice, une carapace si jamais ton démon venait à nouveau à se réveiller.
Mais c'est accordé.
L'accusé peut parler.
Convaincre le Cour de son innocence -ou de ses circonstances atténuantes.

Je te dis rien mais plonge mon regard dans le tien.
Ta prunelle autrefois brillante et souriante.
Elle reflétait des myriades d'étincelles joyeuses et un grain de rébellion qui avait su me charmer.
Aujourd'hui, c'est tout autre.
Mais ton regard profond est toujours là. Le lointain ado tapi quelque part.
Fais ressurgir le passé
et montre-moi que tout n'est pas perdu.

Même si pour cela, il nous faut descendre au plus profond du gouffre afin d'en découvrir les failles pour tenter de s'en sortir.
Mon regard cligne
et une seule chose prononcée en silence.
J'attends.
La parole à l'accusé.
Le reste se tait.

Bienvenue.
Bonne
descente
dans
les
entrailles
de
l'Enfer.
Accrochez-
vous.
Le
voyage
sera
long
et
douloureux
mais
nécessaire.
Alors
prêt ?

Partez.

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Shae L. Keats
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Re: La Cuisine

Message par : Shae L. Keats, Ven 31 Mar - 2:21


Je sais que tu les as vu, t'as difficilement pu les louper.
Les ecchymoses au creux du bras. Là où les veines roulent sous l'aiguille tremblante d'une seringue urgente. Pressée. La cicatrice qui barre mon autre avant-bras, parmi tant d'autres que tu ne vois pas. Mes lèvres ne bougent pas. Parce que le silence s’époumone à notre place, criant, fendant la glace de son appel et de son questionnement désespéré. "Qu'avons-nous fait ?". Je sens ton regard se tendre, t'as l'air d'une bête prête à bondir face au chasseur. Suis-je réellement devenu effrayant à ce point ?
J'ai retué tu sais. Qu'une fois. Deux, mais l'autre était accidentelle. Mais je n'ai pas réussi depuis. Parce que je lutte pour garder la tête hors de l'eau. J'en peux plus d'être un déchet, et j'ai cette certitude que ça ira bientôt mieux, je suis entouré maintenant. Enfin je crois, ça n'est pas si évident à accepter pour les gens comme moi tu sais. Là où tu ne vois que du noir, j'ai trouvé une famille. Des idées, trop méconnues pour être appréciées. Je te les expliquerai si tu le souhaites. Je ne pense pas que ce soit si mauvais. Peut-être même que toi tu cautionnerais.
Mais là n'est pas la question, parce que ton regard glisse vers les deux petits sachets. De cachet. Et d'autre. L'autre chose. La flaque noire comme je l'appelle.
Et je sais que tu comprends que j'ai signé un pacte avec un démon trop grand pour moi. Je sais que tu te ris de l'aide que je te propose. Moi même je n'accepterai pas d'aide d'un toxicomane. Mais je pars du principe que l'aide est plus précieuse quand le piler sait de quoi il parle. Je ne prétends pas tout connaître du malheur, loin de là, mais je pense être en mesure de le comprendre.
Et c'est déjà ça.

Te voir te tasser sur toi même c'est pas facile, tu sais ? Mais j'ai compris, que tu es prête à entendre. À comprendre. Enfin essayer, et je te remercie d'abord par mon silence alors que mes jambes se plient en tailleur face à toi. J'ai l'impression qu'il s'agit de ma dernière chance, de te convaincre. Si j'échoue, demande le moi. Et je partirai.
Mais avant
Laisse moi expliquer.
Je sais pas trop parler tu sais, c'est pas mon truc à moi les longues déclarations. Je sais pas tourner les mots, je suis toujours maladroit, mais pour toi j'ai envie d'essayer.

J'ai changé. Tu ne peux plus attendre de moi que je redevienne le même qu'avant.

Ce Leo que tu cherches, il en reste des bouts. Mais le reste et mort et ne reviendra pas. Avant que je me livre je veux que tu en fasses le deuil. J'ai grandi. Beaucoup trop vite.

J'vais m'en sortir, et tant pis si ça m'prend tout une vie.
Je crois que si il y a une personne à qui je ne ferai rien, c'est toi.
Kohane.
Au bras meurtris.
Pour porter deux âmes.
Les élever.
Mais si on porte à deux
Tu crois qu'on peut y arriver ?
Tu crois qu'on peut faire face
Et passer sous la vague ?
Moi je ne sais pas.
Mais je ne peux pas m'empêcher de me dire que si il ne nos reste que ça
C'est que ça vaut le coup d'être tenté.
Dans un dernier essai.
Un dernier soubresaut.
Prends ma main Kohane.
Je connais le chemin à éviter.
C'est déjà ça.
Parce que même si tu as besoin de quelqu'un
Je sais qu'il faudra que tu te contentes de moi.
Tues moi sinon.
Parce que si je peux te promettre quelque chose
C'est que je ne partirai pas.
Jamais.
Jamais.
Tu peux me rejeter.
Me blesser.
Je resterai.
Parce que tenter de relever ce qu'on irréparablement cassé
C'est tout ce que j'ai.
Tout ce qu'il me reste.
Tout ce que je peux encore faire ici
-Bas.
Rejette moi
je resterai.
Demande moi
je partirai.

Tu ne méritais pas tout ça. Tout ce qui a pu t'arriver.
Le monde avait pas le droit de te faire ça.
Et ça me met tellement en colère
Que j'arrive même pas à l'exprimer.


Tu voulais que je parle.
Je vais te parler.
Sans mesure.
Sans pesée.
Parce qu'il faut le faire
un jour ou l'autre
il faut que ça sorte
et tu ne m'apprécies plus assez
pour que je puisse encore te décevoir
c'est peut-être ce qui rassure au fond.
Ce qui incite
ce qui invite
ce qui englobe
ce qui protège.
je veux que
-tout aille mieux.

Je fuis. Tout le temps. Je cours. De plus en plus loin. Mais ce n'est pas la solution. Je le sais. Un jour je m'arrêterai. J'essaierai de voir. De regarder de l'autre côté du miroir. J'essaierai de voir ce que les autres voient.
J'essaierai de faire face.
D'assumer.
Pour toi.
Pour eux.
Pour tous ceux que j'ai jamais croisés.
Parce que je vous le dois.
Je suis lâche.
Pourri jusqu'aux os.
Je pense pas qu'on puisse encore y faire quelque chose tu sais. Cette amertume que je vois parfois dans tes yeux. Je la connais. Je la partage. Mais je patauge.
Mais j'essaierai de me relever un peu. Pour vous aider à tenir debout.
Et tant pis si je dois y passer ma vie.  


Pourquoi ce revirement ?
Pourquoi ces mots maintenant ?
Cette envie de lutter ?
Pour...
-Qui ?

J'ai une petite sœur tu sais.
Je veux faire tout ça
-Pour elle.  
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Kohane W. Underlinden
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Re: La Cuisine

Message par : Kohane W. Underlinden, Mer 10 Mai - 17:35



Musique


Le pavé de la vie d'autrefois, pavé de pierre sur lequel résonne les as pressants, pas d'enfant, rire, gloussement. Les pieds claquent, claquent, claquent et ne glissent pas. La route parait si belle, si claire, si droite, si lumineuse. Un chemin dégagé, des pavés entretenus sur lesquels on ne risque rien.
L'enfant court, l'enfant rit -peut-être toi, qui sait ? Je ne t'ai pas connu enfant. Mais je t'ai connu autrefois et c'est tout comme. Je t'ai connu lorsque tu savais encore rire au soleil. Je t'ai connu lorsque tes yeux brillaient et tes lèvres s'étiraient. Je t'ai connu lorsque tu portais encore l'espoir dans tes bras, tu le portais, serré entre les mains, peut-être t'épuisait-il déjà, qu'importe, il était là. Sa lumière aussi. Il était là. Collé à tes pas. Et toi, sans problème, tu le trainais derrière toi. Et j'admirais tes sourires, tes rires, j'admirais ce que tu étais. Je ne te connaissais pas mais ton âme me plaisait.
Puis un jour, le pavé devait être mouillé après une nuit torentielle. Sans prendre garde, l'enfant s'est de nouveau jeté dehors, comme d'habitude. Il a courru, courru, courru. Il riait encore. Il a dérapé. Le sourire s'est figé dans la seconde mortelle, la seconde qui rythmé la chute, nez contre le sol, choc qui bloque le souffle.
L'enfant est tombé.
L'enfant ne s'est jamais relevé.
Alors l'enfant a cru grandir, en ne voyant non plus le soleil qui se reflétait sur le pavé mais les ombres qui se mouvaient entre les interstices.

La chute a entraîné bleus et plaies.
Ton corps n'a plus rien de celui du petit garçon innocent. Tes veines maintes et maintes fois piquées. Et le noir qui ronge ta peau toujours plus profondément. Que de stigmates d'un plongeon trop rapide dans le royaume du Diable.
Tu ne t'es jamais vraiment remis de ta chute, hein ?
Moi non plus, tu sais.
L'entorse ou le bras cassé demeure.
Le corps se souvient de la sensation froide contre la joue, la sensation du sol détrempé contre la peau. Et le soleil d'été qui a subitement disparu.

Ce ne sont pas les paroles qui le feront revenir. Je le sais. Tu le sais.
Il ne reviendra sans doute jamais. L'ancien soleil ne peut renaître. Et si luminosité il y a, elle sera forcément différente. Elle portera encore les traces du noir et du vide. Plus jamais elle ne pourra être innocente comme avant.
Tu le sais. Je le sais.
Alors pourquoi s'obstiner encore aujourd'hui ? On n'en sait sans doute rien.
Juste, t'as voulu parler.
Et je sais pas pourquoi, je n'ai pas fui à toutes jambes. Et je sais pas pourquoi, j'ai accepté de rester. Ecouter. Alors que je sais pertinemment que ça ne fera rien.

La parole soulage peut-être.
Ne répare pas.
J'en ai marre de chercher à soulager.
Je veux réparer, désormais. Points de suture efficaces et définitifs. Malheureusement, cela semble m'être inaccessible. Aucune fil n'est assez solide pour résister.
Alors, faute de mieux, on passe de l'onguent pour apaiser. Parce qu'on ne peut pas cicatriser. Pas encore.

On s'en sort comme on peut, avec es moyens du bord.
On survit avec ce qu'on a.
On fait come on peut pour barboter et garder la tête hors de l'eau.



Ton silence fait signe d'acceptation ou remerciement. Et tes jambes doucement s'installent en tailleur.
L'instant où les mots vont couler. Pour le meilleur. Pour le pire.
Véritable explication ou mots creux, qu'importe.

Ta voix appelle doucement à accepter la mort de l'ancien monde. La mort de ton ancien toi. La mort de tout ce qui a pu être et est désormais brisé.
J'aimerais répliquer que jamais je ne me suis attendue à ce que tu redeviennes celui d'avant.
Mais avant même de parler, je m'interromps. Parce que peut-être qu'inconsciemment, il y avait un peu de ça. Croire que tu pourrais sourire de nouveau comme avant. Pas m'aimer comme autrefois, mais au moins me tendre la main. Et je que saurai la saisir sans trembler.
Aujourd'hui, tu me fais comprendre que tout ceci n'est que vain fantasme.
Rien ne fera oublier ce qui nous sépare, la rivière de sang que je n'ai pas franchi. Rien n'effacera l'horreur et la peur de cette nuit-là. Et même si, par miracle, tu te remettais à sourire comme avant, il y aurait toujours le philtre du visage mort sur tes lèvres.

Alors oui, sans doute as-tu raison.
Il faut savoir se résoudre à fermer les yeux de ce Leo-là.
Et accepter l'éternelle absence. L'incessant vide que rien ne saurait remplacer.

Savoir
faire le
deuil
de tout ce qu'on a aimé.
Se résigner,
pour mieux
avancer.
C'est donc ça que tu me proposes aujourd'hui ?



Et soudainement, les mots se mettent à fuir.
Fuir de tes lèvres, vibrés au son des cordes vocales. Les mots glissent dans la pièce, glissent sur ma peau tout en tentant de la pénétrer. De s'y introduire.
Des mots amers que je crois connaître par coeur parce que parfois, j'aimerais les dires moi-même.
Ou parce que parfois, je les pense moi-même.
Des mots amers qui restent en bouche, qui creusent leur nid au fond de la gorge.
Des mots qui coulent sans rien.
Des mots que j'ai trop entendu.

Mes yeux fixent désormais le sol alors que les phrases continuent d'aller et venir.
Presque à vouloir les laisser passer au-dessus.
Parce que oui, je sais ce que ça fait de fuir sans arrêt. Fuir tout en sachant qu'il faudrait, au contraire, faire volte-face.
Je sais ce que ça fait de...
de...
je connais ça.
Alors je suis tentée juste de baisser la tête. Laisser passer la vague destructrice.



Jusqu'aux derniers mots.
Ceux-là, je ne les connais pas.
Ceux-là, je ne les pense pas. Ne les dis pas.
Ceux-là sont nouveaux.

Et mon font relever la tête subitement.
Mes yeux surpris viennent se planter dans tes pupilles, Leo.
La stupeur accroche ton regard -essaie de te retenir.

Une soeur ?

Depuis quand ?
Depuis quand est-elle là, celle-là ?
Jamais il ne m'en a parlé. Jamais il ne l'a évoquée. Pas un mot, pas un son, pas un nom, bribe d'elle dans ses paroles.

-Une soeur, je répète dans un murmure.
Murmure interrogatif qui porte toutes les questions qu'il devrait porter.
Pourquoi ? Comment ? Qui ? T'as jamais rien dit ?

-Et tu crois que vouloir tout faire pour elle suffira ?
Mes yeux se baissent à nouveau vers les sol.
-Et tu crois que cette volonté-là sera plus forte que tous tes démons et les ombres qui virevoltent sur tes murs ? Tu crois pouvoir les vaincre par son intermédiaire, tu crois pouvoir les effrayer en invoquant ta soeur ?

Silence acerbe.
Tu as une soeur. Une soeur. Mais t'a-t-elle empêché de prendre la vie de cette femme ? T'a-t-elle empêché de percer et abîmer tes veines, de vendre ton âme au Diable, de te shooter toi-même pour envoyer ton esprit rejoindre les plus sombres étoiles ? A-t-elle empêché ton chemin infernal ?
Et aujourd'hui, son évocation sera-t-elle assez puissante pour te tirer hors de là ?

Je sais pas.
Je sais pas si cette volonté que tu prétends avoir en son nom sera assez solide pour tout supporter.
Sauras-tu reconstruire patiemment les ponts, un à un ? Pour enfin traverser vers un avenir meilleur ?
Je sais pas non plus.
Je suis perdue.
Dans tes paroles.
Qui ne riment plus à rien, maintenant.

-Et tu crois vraiment que tout ça, ça sert à quelque chose finalement ? je laisse échapper dans un souffle.

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Shae L. Keats
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Re: La Cuisine

Message par : Shae L. Keats, Mar 25 Juil - 16:04


On ne retient plus les mots.
L'idée que tout peut être dit et entendu ?
Pas vraiment.
Plutôt l'idée qu'on a plus rien à perdre, qu'on peut tout dire, tout faire. Parce que je pense que notre relation ne pourra pas être pire.
Parce qu'on a déjà touché le fond, réveillé le pire de l'autre. Je crois qu'on peut se permettre d'essayer d'établir un lien. Un fil fragile,
tendu entre deux âmes, mais qu'on ne tentera plus de casser à grands coups de sarcasmes. On s'est aimés Kohane. Le temps d'une année, d'un automne, je suis revenu.e te chercher. Parce que le temps ne passait pas sans toi, parce que déjà j'avais merdé, je m'étais égaré.
Je suis revenu.e
Et on a tout démoli.
J'ai commencé fort, mais tu m'as aidé.e ensuite.
T'as attrapé la massue.
Et t'as tapé fort.
En plein dans l'estomac.
Avec tes mots serrés.

Mais je crois que j'avais besoin de ça. Que ça m'a réveillé, un peu. Que plus rien aurait été pareil. Que j'aurais jamais songé à lutter si je n'avais eu personne a protéger. Tu étais ma raison de continuer.
Et on a perdu ça.
Je ne sais pas à quel moment.
Je ne sais pas comment.
Mais ça a été le cas.
Et nous voilà dans un face à face imbécile, forcé.e.s de se parler, de faire comme si on était encore assez proches. Comme si on se connaissait encore.
Sauf que j'ignore tout de toi, de ton monde, des secrets que tu caches dans les plis de ta cape, dans ta manche. J'ignore à quoi tu songes, à quoi tu rêves, à quoi tu craques ou à quoi tu ris quand tu souries. Je ne sais plus tout ça, et je crois qu'il faut que j'en fasse le deuil.
Encore maintenant.
J'me suis jamais vraiment remis de comment ça c'était fini. Quand t'es parti cette nuit-là, j'avais pas compris. J'ai pensé te revoir,
une fois ou deux. Pour en parler, ou pour se disputer, s'écarter.
On aurait dû s'offrir le luxe d'une véritable fin.
Ça aurait peut-être été plus simple entre nous désormais.

Mais les symphonies en si majeur sont assassines. Elles sonnent faux, et cassent les rêves d'harmonie.
Alors j'arrête ici.
Je me concentre sur toi,
Et seulement toi.

Et tu crois que vouloir tout faire pour elle suffira ?
Et tu crois que cette volonté-là sera plus forte que tous tes démons et les ombres qui virevoltent sur tes murs ? Tu crois pouvoir les vaincre par son intermédiaire, tu crois pouvoir les effrayer en invoquant ta sœur ?


Les mots ne passent pas, s'étouffent dans le nœud des cordes vocales trop abîmées. Par l'angoisse et le stress. Les mots pour corriger ta pensée, expliquer que tu ne veux pas te protéger par elle. Mais la protéger de toi. Du moi. De tous. Même si vous ne vous êtes plus vus depuis des mois déjà.
Et si seulement tu savais, que d'ici quelques semaines tu lutterais d'avantage pour un enfant encore à naître, fruit d'un oubli de soi, d'une nuit d'entraide avec cette même blonde qui fera que tu te retrouveras avec Kohane. Dans l'arrière salle de ce bar même.
À croire que le destin a de l'humour.

Et tu crois vraiment que tout ça, ça sert à quelque chose finalement ?

Non. ça n'a jamais servi à rien. Mais c'est pour ça que ça vaut le coup d'être tenté, toujours. Qu'on peut tout essayer, pour retrouver un sens, la combinaison manquante. Pour tout faire pour retrouver tout ce qu'on a pu dire. Louper. Casser. Je veux apprendre à prendre du recul. À vivre encore jusqu'au matin. Et au jour qui vient. J'essaierai, je ferai mon possible pour y arriver.

C'est pas à elle de me protéger.
Mais je lui dois d'essayer.
Qu'elle voit un jour quel frère j'aurais pu être si elle m'avait connu avant.


Le silence pèse encore.
Sur la cuisine vide de sens.
D'espoir.
La cuisine silencieuse.
Sarcastique,
Où nos désespoirs jouent au miroir.

Je me souviens du soir des comètes, où nos corps s'ensorcelaient, à deux pas de là, innocemment. Le soir des retrouvailles. Où tout était possible.
Je me souviens comme d'un thé à la cannelle au milieu de l'hier,
Comme l'odeur d'un feu de bois au milieu de la forêt.
Comme le contact de l'herbe humide sur une peau brûlée.
Je me souviens de toi,
Comme de tout ce dont j'avais besoin
à cet instant précis.
Et je n'oublierai pas.
Mais je ferai comme si.

Je perds rien à essayer
de m'accrocher pour elle.



[Fin du RP]
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Kohane W. Underlinden
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Re: La Cuisine

Message par : Kohane W. Underlinden, Mer 8 Nov - 22:22




Super patron.ne !

Froid glacial. La lame semble pénétrer le chair alors que je m'éloigne à petits pas rapides de la fenêtre tout juste ouverte. C'est pas par plaisir ou masochisme que je laisse entrer la nuit polaire qu'il fait ce soir. La cuisine a juste besoin d'un bon coup d'aération si on veut pouvoir l'occuper en toute sérénité demain. C'est que, ça a chauffé, ici. Au sens propre. A force de faire défiler les plats tout semble s'imprégner des différentes odeurs jusqu'à un point de totale saturation.
Un soupir.
Finalement, s'éloigner ne combat en rien le froid.
Bon, allez. Je laisse ouvert une minute et je referme. Ce serait bête de chopper une pneumonie. En attendant, ne pas rester statique -j'vais congeler, sinon. Je m'occupe donc de remettre un peu d'ordre ici. Coups de baguette à droite à gauche. Pour faire voler la vaisselle salle jusqu'à l'évier. Ranger le reste. Nettoyer. C'est quand même rudement pratique, la magie. Je plains les Moldus qui ont à tout faire eux-même.
Il est tard et tout le monde est parti. Tirer les clients jusqu'à dehors. Faire payer les dernières consommations. S'assurer d'avoir bien tourné le panneau closed. Puis, évidemment. Tout remettre en ordre. C'est toujours la dure tâche de fin. On n'en a jamais totalement terminé, en fait. Même après avoir mis tout le monde dehors. Et puisque ce soir c'est à mon tour de fermer le bar, il faut bien que je m'y colle.
Un sérieux coup de barre en regardant les gens s'éloigner. Je crois que pour une fois, je vais dormir plus que d'habitude. C'est le corps qui le dit -qui le crie.
Mais
Pas de suite.
Silencieuse, le pas glissant, j'ai tout bien repositionné dans la salle principale. Me suis aussi occupée de la véranda et de l'arrière-salle. S'assurer que tout est au bon endroit. Depuis les années que je suis ici, je repère sans souci le moindre mouvement anormal d'objet. Je connais par cœur la disposition des chaises, des tables, ça, c'est ici et ça c'est là-bas.

Malgré l'air glacial et revigorant qui entre par la fenêtre, je sens tout de même ma tête lourde et les membres cotonneux. Le monde vrille, un peu flou parfois. Mais je continue.
Soupir qui se transforme en buée -ça caille ici.
Appuyée contre l'évier, je reste plantée quelques secondes. J'crois que je pourrais rester immobile ainsi une éternité. A sentir le sol bouger -alors qu'il est aussi statique que moi.
Se reprendre
Oublier la barre qui envahit le front
Réprimer un bâillement
Et terminer le boulot.
Les derniers objets de vaisselle vont pouvoir réintégrer leur place habituelle. Je pose sur un plateau les verres qui sont à ramener derrière le comptoir. D'un geste mécanique -trop habituée à tout ça- je charge le tout sur ma main. C'est bientôt -fini.
Le monde toujours brouillard autour de moi ; l'air froid qui continuer d'agresser le dos. Je m'apprête à sortir de la cuisine. Mentalement, je me fais la liste de la suite. Poser les verres. Quitter le bar sur la pointe des pieds. Fermer. Laisser derrière soi les 3B plongés dans le noir et le silence. Les laisser être habités par les ombres et la vaisselle muette. Puis. Rentrer. Enfin. Ecouter le corps qui crie que les nuits blanches, c'est plus possible. Alors. S'écrouler quelque part. Il est trop tard.

Paf
Le virage mal négocié. Ou plutôt les distances un peu floues mal calculées. J'croyais que j'étais dans l'encadrement de la porte, pourtant. A priori non. J'étais un peu trop à côté. Sur la droite. Ou la gauche, peut-être ?
La douleur qui irradie le corps alors que j'entre en contact avec un pan du mur. Et l'affreux bruit du plateau qui se renverse ; tombent les verres
cling
ils n'ont aucune chance de survie.
Bientôt, c'est une flaque de débris alors que je me masse le nez.

-Et m*rde !

Grogner, rouspéter -énervée.
Marmonner de l'incompréhensible. Attendre que la douleur fulgurante se passe. Et continuer de rouspéter. Parce que. Il est tard. J'ai sommeil. Je dors plus beaucoup depuis trop longtemps. Les verres sont tombés.

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Shae L. Keats
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Re: La Cuisine

Message par : Shae L. Keats, Lun 1 Jan - 4:42


tendre nuit

Il y a quelque chose d’étrange dans l'air ce soir. Comme un sentiment d'urgence, étrangement mêlée a un vide et a une plénitude contradictoire. Il y a la lune qui jette son dévolue sur les fenêtres givrées des trois balais.
Il y a cette quiétude d'un bar vide ou tremble encore les ondes des voix passées alors que les retardataires sont partis, que la porte a été verrouillée.
Et a l’opposée ces ombres des branches crochues qui se répercutent sur les vitres blanches de la salle principale.
Cet équilibre fragile entre calme et angoisse.

C'est peut-être savoir qu'elle est la qui m'aide a tenir, l’idée d'une autre âme qui partira en même temps que moi lorsque je ferai semblant de rentrer,
avant de revenir dormir en douce parce que je ne supporte plus d’être chez moi.
je sais que t'es pas dupe, que t'as remarque que j’étais toujours la a votre arrivée.
Lorsque je reviendrai boire suffisamment pour réussir a fermer l’œil.
Parce que je sens que je glisse. Parce qu'il n'y a plus rien pour me rattraper
j'ai éloigné tout le monde
d'un coup de pied dans les cotes
a grands coups de sourires et de ça va.
Pour arrêter de dépendre de gens
et c'est la solitude doublée d'une colère sourde
qui me dévore petit a petit.

Je ne sais pas d’où elle vient, ni de qui. Mais j'ai une colère calme qui gronde et brule dans le bas-ventre depuis toujours. Peut-être ravivé.e par un sentiment d'injustice. A force de se tordre de le cou et de s'entendre rire lorsqu'on parle de malchance, de sourire et d'acquiescer alors que parfois on aimerait comprendre pourquoi
il y a ce creux dans les cotes et dans les sens.
Pourquoi c'est toujours sur nous que ça tombe
et pourquoi on ne voit pas.
Il y a beaucoup d'interrogations auxquelles je cherche des réponses accoudé.e a mon bar les nuits de vent avec ou sans lune lorsque l'endroit est vide
double vie secrète du Promethee solitaire qui s'interroge sur le pourquoi du comment il a chute d'un toit
pourquoi lui n'a pas le droit d’arrêter de se poser des questions qui n'ont pas de sens.
Il y a certainement trop peu d'assurance malgré ces éclats d'orgueil qui perce parfois les murs
et l'impression pénible de ne pas posséder son corps.

Alors je reste assis sur une table, un balai dans une main et une absence dans l'autre,
je contemple la poussière vole dans les faibles rayons de lumière qui s’échappe sous la porte de la cuisine dans laquelle tu te dissimules.
J'ai toujours un peu de mal a être près de toi
j'suis mal a l'aise
gêné.e
et pourtant on a fait du chemin il parait.
J'ai tente d'avancer.
J'ai pas envie de recommencer
de ne pas dire
j'ai envie d'appeler, de saisir les aides
me sentir entouré.e
mais même ça j'y arrive plus.
Te braquerais-tu si je t;avouais cette nuit de grâce
que je plonge de nouveau
que j'ai peur de recommencer
que je n'arrive même pas a tenir dans mes bras mon propre enfant dont tu ne sais rien.

Je devrais te parler de mes nuits passées ici.
D'Enzo et du bien qu'il me fait malgré toutes ces peurs qu'il provoque chez moi
Des bouteilles qui recommencent lentement a s'empiler.
Je devrais te dire cette place qui s'est libérée.
Et surtout
te parler de Shae.
J’espère de tout cœur que tu comprendrais.
J'ai pas envie de perdre la seule qui soit toujours rester.

Et au fond je te remercie pour la pluie d’éclats de verre qui caresse mes tympans, qui me donne un prétexte pour pousser la porte. Pour te rejoindre sans un mot et commencer a ramasser a la main. J'ai laisse ma baguette qu placard, j'ai peur de me blesser. J'ai un corps trop marque déjà. Voir mes jambes c'est comme une addiction, et la naissance de l'envie de recommencer a dessiner a la craie rouge sur l’épiderme. Alors je fais sans rien. Pour ne pas tenter le diable. J'essaie de ne pas m'attarder sur les éclats de verre qui pleuvent comme des mots.
Qui ont l'envie de s'enfoncer dans ma peau.

On a rapidement fini. Et c'est peut-être pas plus mal
ici rien peut me toucher je crois.
Aussi étrange que ce soit vu les scènes qui ont pris place ici
Cette cuisine est ma safe-place
j'y ai passe des nuits entières
sans conscience de rien
tu m'y as ramasse
sans qu'on ne compte jamais le nombre de fois
alors je te dois
d’être honnête
a toi, pour toi
si y en a une qui comprendra
c'est bien toi.

Je m'appuies au comptoir
je sais que t'as senti la discussion longue arriver.
j'comprendrai que tu partes
mais écoute moi
c'est important
te parler de la glissade
et te parler de moi
parce qu'il n'y a qu'a toi que je peux le faire
parce que je veux que tu ais toutes les cartes en mains
avant de répondre a la proposition qui vient.
Tu dois la voir venir elle aussi
avec cette nouvelle disparition d'Ailyne.
Mais un marche après l'autre.  
Être honnête
pour ne pas recommencer éternellement les mêmes erreurs.

Je glisse
j'ai peur de recommencer.
j'dors ici toutes les nuits.
Tes monstres a toi t'ont-ils quittée ?


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Kohane W. Underlinden
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Re: La Cuisine

Message par : Kohane W. Underlinden, Dim 28 Jan - 19:03




Les débris de verre étalés au sol apparaissent comme
Les morceaux d’une vie tout aussi brisée
D’une vie qu’on a voulu façonner belle mais qui a commencé à se fissurer avant-même que l’oeuvre ne soit achevée. Fissures puis, faux mouvement, volontaire ou non, cling, l’objet échappe tombe, se casse.
Immobile, je contemple presque sans rien voir le sol jonché de débris dans lequel pourrait se refléter mon visage fatigué.
Suis-je vraiment semblable à ces verres ?

Non.
A bien y réfléchir, il y a une chose qui nous différencie, une chose qui fait que je ne suis pas eux ou qu’ils ne sont pas moi. C’est la conscience et le libre-arbitre.
Eux, ils se sont brisés sans avoir rien pu faire. Parce que je les ai mal dirigés. Ils peuvent être tenus pour fautifs. Ce serait idiot.
Moi, je me suis brisée parce que je l’ai voulu. Ou plutôt parce que je n’ai rien voulu faire contre. Parce que je n’ai pas trouvé le courage de crier que ma vie m’appartient. Parce que je n’ai pas eu la force de lutter contre les visages connus et intimes de la famille. Je me suis brisée parce que je l’ai décidé. Pourquoi pleurerais-je à présent ? Comme une victime qui n’a rien demandé.
Un jour, Alice m’a dit que, quelle que soit la vie que je choisirais, il me faudrait assumer ce choix. Je sais qu’elle a raison. Et c’est ce que j’essaie de faire. Au mieux.

Des mains qui ne sont pas les miennes s’occupent soudain de ramasser les bouts de verre. Fragments de vie ou de fatigue.
Je reviens brusquement à la réalité. Quitte mes songes et souvenirs.
Le voile sur mes pupilles se volatilise et fait apparaître Leo. Qui est là. Si près. A s’occuper des bouts de verre tombés au sol.
Il ne dit pas un mot. Je n’en dirai pas un non plus.
Je me contente de me pencher et l’imiter.
Silence de mort. Alors que les débris débarrasse le sol petit à petit.
Par la fenêtre encore ouverte sur le dehors nocturne, l’air frais continue de rentrer, englobant la cuisine comme dans une bulle de froid. Mais je ne ressens rien. Je ne ressens plus grand-chose, à dire vrai.
J’ai juste conscience qu’on est là, proches physiquement parlant, silencieux, peut-être éloignés sur le plan de l’esprit.
T’égares-tu en pensées abstraites et souvenirs lointain ?
Alors que je finis de ramasser les derniers débris, je jette un coup d’oeil en coin à Leo. Qui ne dit toujours rien. Je ne le lui demande pas.
Au lieu de cela, il finit par s’éloigner un peu. Non pour sortir. Mais pour prendre place près du comptoir. Contre le comptoir.
J’ai déjà vu cette attitude, cette position auparavant.
Annonciatrice d’une discussion qui pourrait se finir sur un non-lieu, comme souvent entre nous. Lorsque nous laissons tomber la froideur muette et que nous cessons les reproches acerbes, souvent, nous ne finissons sur rien.
Pourtant, il y a espoir que ce soir, ce soit différent.
Parce que. Ca fait longtemps, trop longtemps et que j’ai décidé d’arrêter de me battre. Je n’ai plus d’énergie à donner dans ce combat stérile. Nous n’avons plus à nous assassiner mutuellement ou à nous ignorer. Nous avons juste à... recommencer de nouvelles bases, je suppose. Quelque chose comme ça.



Sans le lâcher du regard, je viens trouver place contre un mur, face à lui, à une distance plus que respectable. J’aurais pu me mettre contre le comptoir à côté de lui. Et nous aurions discuté, comme des collègues après les heures de boulot. Comme des collègues à deux doigts de rentrer chacun chez soi, échangeant les derniers potins du jour avant de se séparer sur une note de bonne humeur.
Malgré tout, malgré la perte d’animosité et de rancoeur mutuelle entre nous, je ne crois pas qu’une relation aussi simple nous soit accessible. On est bien trop compliqués l’un en face de l’autre.
Alors.
Je me contente de dire silencieusement que je suis prête à l’écouter. Tout en gardant une certaine distance. De quoi ai-je peur ? Que le passé nous rattrape de nouveau si je m’approchais plus ?
J’appuie ma tête contre le mur et le regarde.
Je ne dis rien.
Pourtant, mes yeux parlent pour moi.
Ils disent.
Vas-y
Ils disent.
Qu’est-ce qu’il y a?
Et enfin, les premières phrases sont posées. Que j’écoute sans rien dire. Jusqu’au bout. Quelques mots agencés les uns avec les autres. Quelques mots qui n’annoncent rien de bon.

L’esprit la met en veilleuse. Les pensées, les souvenirs aussi. Ce n’est plus que l’instinct qui agit à cette seconde précise. Ou le cœur, peut-être. Comment différencier les deux.
Mon dos se décolle du mur, je romps la distance que j’avais installée pour me diriger droit vers Leo. Ma main droite se pose sur son avant-bras gauche et mes doigts se serrent autour de sa chair, autour de son vêtement.
Je le regarde dans les yeux.
Je sais bien qu’il dit vrai.
Je sais bien qu’il ne sortirait pas cela pour faire une mauvaise blague.
Et c’est sans doute ça qui fait le plus peur.

-T’as pas le droit

Murmure
Alors que ma main serre davantage
-et le poing gauche se crispe aussi le long de ma hanche.

-T’as pas le droit de baisser encore les armes, d’arrêter de lutter.
Tu m’avais demandé
De garder la tête hors de l’eau -pour toi, si ce n’était pas pour moi. Tu te rappelles ?


Je déglutis un peu.
Puis finis par relâcher doucement la pression de ma main jusqu’à desserrer totalement le bras. Se reculer un demi-pas. Mais ne pas instaurer de nouveau la distance de tout à l’heure. Rester proche.

-Non, mes monstres ne sont pas partis. Mais j’ai appris à les regarder en face. Les suivre pour mieux les apprivoiser. Maintenant, je crois que j’arrive à faire avec.
Ils ne me blessent plus comme avant.
Parce que je me suis obstinée. Parce que je ne leur ai rien abandonné.
Tu n’as pas le droit, toi, de t’abandonner de nouveau à eux.

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Shae L. Keats
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Re: La Cuisine

Message par : Shae L. Keats, Jeu 31 Mai - 21:40


RP les gens des 3B qui veulent


nothing is safer
that the sound of their voice
in the middle of thunder


Il y a à l'extérieur un grondement qui résonne dans les tripes comme à l'époque des jambes en bateau-tangue alors que la porte de bois grince sur ses gonds. Les extrémités comme du coton qui manquent de s'écrouler sur le poids alors qu'on dépose les gosses sur le plans de travail. Ça a beau être parfois la même viande que celle qu'on sert ici, ceux là ne sont pas destinés aux congels.
Parce que y a l'évolution des sentiments
qui se sont colorés.

Trois babillages. Ca fait presque six mois que t'as les deux à charge
Et pourtant c'est la première fois que tu les fais débarquer ici.
Volonté de préservation peut-être mais il est temps de les introduire à leur nouvelle famille.
Y a des demandes qui doivent se faire.
Un parrain
Une nourrice
Une marraine.

C'est pas l'environnement le plus sain qui soit pour élever des gamins. Et pourtant c'est leur livrer des souvenirs par lot.
Certains ne savent même pas qu'il y en a un, d'autres auront la surprise de découvrir un bébé volé qui se fait surtout volant au moment où tu l'attrapes. Parce que les laisser ici c'est les confronter au monde
Et t'es pas sûre d'être prêt.e.
y a presque un côté effrayant à jeter ses gosses en pâture à l'éducation des autres.
Et pourtant
Y a un tel potentiel d'enfance ballottée par les rires, les autres et les souvenirs. Une probabilité d'avenir.  
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Lïnwe Felagünd
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Re: La Cuisine

Message par : Lïnwe Felagünd, Sam 2 Juin - 12:41


— Arrivée du Héros.
/!\ Contenu sensible (?) /!\


C'était une journée un peu banale. Presque trop fluide dans les gestes. Les articulations des lèvres, des doigts et des jambes. Une danse pornographique, un peu. La morne existence est un tango qui se danse à un et son verre argentin. Quelques ambiguïtés cependant, à ne pas oublier. Le gars qui ressemblait étrangement à un vampire se soûlait au vinaigre depuis une heure un quart. Les gens ont parfois des goûts... originaux ? C'était comme la fois où il avait teq'pafait avec la stagiaire d'en face. La citrouille laissait un parfum âpre et amer dans la bouche et pourtant, il avait su apprécier. L'alcool contrastant avec les papilles, y'avait rien de mieux pour développer ses sens bouillonnants.

L'envie déconcertante de s'offrir du sucre
en boîte : il n'avait rien mangé depuis hier matin

pour une fois c'était un oubli
l'horreur faisait vite oublier la faim

et avec le temps
l'horreur passait
et la faim avec.

Encore trois services comme le pro-vampire et le sang-mêlé tomberait raide sur le plancher. S'demander un instant qui pourrait bien venir le secourir si ça jamais ça lui arrivait ? — Un tour dans les cuisines, en plus fallait refaire de la soupe au vinaigre pour l'autre casse-grain. Ça faisait la septième qu'il demandait, bien chaude. En été. Rien qu'à sentir cette m*rde, ça lui faisait d'autres trous aux narines. La peau desséchée comme jamais. Un peu comme de l'acide. Enfin bref, un carnage quoi. Mais c'était la paye qui comptait, à la fin. Le mec allait sentir sa bourse s'envoler. Lïnwe le ferait casquer. C'était du sur-demande en même temps. Comme le sur-mesure aux Halles par exemple. Fallait bien payer davantage pour apprécier davantage.

En entrant
y'a comme un truc qui cloche à côté des fournaux
deux laiderons

et Lesha
oui ça y est, il a passé le cap.

- Bah. C'est des bébés-shae ?
L'étonnement.



Dernière édition par Lïnwe Felagünd le Lun 18 Juin - 22:35, édité 1 fois
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Azaël Peverell
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Re: La Cuisine

Message par : Azaël Peverell, Jeu 14 Juin - 15:58


Les clients sont chiants aujourd'hui. Enfin, ils le sont tous les jours, mais aujourd'hui, ils détiennent sûrement la palme pour certains. Toi, t'es un pro des cocktails et de tout ce qu'on peut servir à boire. Tout ça, tu maîtrises parfaitement. Mais ton niveau en cuisine est tout simplement pitoyable. Alors pourquoi ils viennent tous te commander des plats à la con ? Tu commences à en avoir ras-le-bol de devoir toujours attendre que tes collègues daignent cuisiner pour leur voler leur préparation. Oui, tu pourrais aussi leur demander, mais faudrait leur LA, donc c'est compliqué. Bref.

Tout ça pour dire que tu te retrouves à nouveau à devoir faire un aller-retour à la cuisine. Mais comme ça te les brise vraiment menues, t'y vas avec une bouteille de Pur feu à la main pour te donner du courage. Une gorgée par-ci par-là et le travail paraît bien plus sympa. Mais étrangement, la cuisine n'est pas si vide qu'habituellement. Tu bloques un instant sur le pas de la porte. Quatre personnes s'y trouvent déjà. C'est sûrement un record pour cette pièce. Bon, Leo et Lïnwe bossent ici aussi, donc ça peut se comprendre. Mais tes sourcils se froncent en voyant les deux gosses sur le plan de travail.

Tu entres dans la pièce en refermant la porte et tu hausses un sourcil interrogateur en direction de Leo.

- Pourquoi tu les amènes ici ? Y'a personne à la Crèche ?

Il aurait pu te filer ta journée, tu les aurais gardé. Limite ils sont moins chiants que tous ces abrutis de clients. Tu t'approches des deux gamins en approchant ton visage juste devant eux. Un léger sourire.

- Salut les Monstres.

Tu crois que tu les aimes bien ces deux machins. Surtout Enzo. Tim, c'est la pièce rapportée, donc tu l'aimes moins, c'est la base. Mais voilà, Leo a décidé qu'il était son gosse aussi alors t'as pas le choix pour le babysitting. C'est les deux. Et puis il n'est pas si inutile que ça ce gosse. T'es sûr que d'ici quelques années, les deux seront de parfaits petits anges, dressés à aller te chercher un verre de whisky quand tu en auras besoin. Oui, c'est là la pierre que tu amènes à leur éducation. Chacun travaille à son niveau.
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Re: La Cuisine

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