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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Pré-au-Lard ~¤~ :: Rues de Pré-au-Lard :: Les Trois Balais
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La Cuisine
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Azaël Peverell
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Re: La Cuisine

Message par : Azaël Peverell, Jeu 14 Juin 2018 - 15:58


Les clients sont chiants aujourd'hui. Enfin, ils le sont tous les jours, mais aujourd'hui, ils détiennent sûrement la palme pour certains. Toi, t'es un pro des cocktails et de tout ce qu'on peut servir à boire. Tout ça, tu maîtrises parfaitement. Mais ton niveau en cuisine est tout simplement pitoyable. Alors pourquoi ils viennent tous te commander des plats à la con ? Tu commences à en avoir ras-le-bol de devoir toujours attendre que tes collègues daignent cuisiner pour leur voler leur préparation. Oui, tu pourrais aussi leur demander, mais faudrait leur LA, donc c'est compliqué. Bref.

Tout ça pour dire que tu te retrouves à nouveau à devoir faire un aller-retour à la cuisine. Mais comme ça te les brise vraiment menues, t'y vas avec une bouteille de Pur feu à la main pour te donner du courage. Une gorgée par-ci par-là et le travail paraît bien plus sympa. Mais étrangement, la cuisine n'est pas si vide qu'habituellement. Tu bloques un instant sur le pas de la porte. Quatre personnes s'y trouvent déjà. C'est sûrement un record pour cette pièce. Bon, Leo et Lïnwe bossent ici aussi, donc ça peut se comprendre. Mais tes sourcils se froncent en voyant les deux gosses sur le plan de travail.

Tu entres dans la pièce en refermant la porte et tu hausses un sourcil interrogateur en direction de Leo.

- Pourquoi tu les amènes ici ? Y'a personne à la Crèche ?

Il aurait pu te filer ta journée, tu les aurais gardé. Limite ils sont moins chiants que tous ces abrutis de clients. Tu t'approches des deux gamins en approchant ton visage juste devant eux. Un léger sourire.

- Salut les Monstres.

Tu crois que tu les aimes bien ces deux machins. Surtout Enzo. Tim, c'est la pièce rapportée, donc tu l'aimes moins, c'est la base. Mais voilà, Leo a décidé qu'il était son gosse aussi alors t'as pas le choix pour le babysitting. C'est les deux. Et puis il n'est pas si inutile que ça ce gosse. T'es sûr que d'ici quelques années, les deux seront de parfaits petits anges, dressés à aller te chercher un verre de whisky quand tu en auras besoin. Oui, c'est là la pierre que tu amènes à leur éducation. Chacun travaille à son niveau.
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Lïnwe Felagünd
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Re: La Cuisine

Message par : Lïnwe Felagünd, Lun 18 Juin 2018 - 22:45


C'est marrant, ils avaient tous les deux une sale petite tronche de boursouflet. Cancres avant l'heure, sûrement, tenant ça de leur... père-mère parent ? Ils étaient assis là, deux bouts de chou, sur le bois rugueux de la table. Et le cul plein d'échardes. De son avis, c'est pour cette raison qu'ils portent des couches. Une cuisine bien vite remplie, avec l'arrivée du collègue. Pas le temps de gazouiller avec les loupiots, il y en avait d'autres à écouter. Apparemment, c'avait l'air d'une petite réunion — organisée ou non, il n'avait pas été tenu au courant.

Et le plus étrange dans cette scène, qu'on relève presque comme un élément incohérent, c'est le sourire de Peverell en les voyant. pu*ain, ça c'était aussi rare que le talent de Lockhart ! Yo. Il était venu pour quoi, déjà ? Ah ouais : la soupe au vinaigre. Manipulations tendancieuses avant de prendre la parole. Eh, Daddy. Faudrait que j'te parle d'un truc, genre de partenariat avec une association étudiante... tout le blabla, c'pourrait être intéressant pour les deux partis. Et... j'suis le président. Comme si c'était la raison qui justifierait son choix.

- S'appellent comment les laiderons ?
verser le vinaigre
pwah, ça puait. Nez défoncé.

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Shae L. Keats
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Re: La Cuisine

Message par : Shae L. Keats, Dim 1 Juil 2018 - 19:52


Ça râle, ça chie, ça pleure, ça mange, ça crie, ça hurle, mais y a un truc, dans les tripes, qui fait fondre la colère lorsqu'ils sont tous les deux là, assis sagement les grands yeux rivés sur toi, sur le lieux encore inconnus où ils passeront désormais la majorité de leur temps.
Y ales odeurs rustiques, le parquet pas assez entretenu de la cuisine, les rires et la décadence(-han) de l'autre côté de la porte et pourtant j'les vois pas grandir ailleurs
Faudra que les autres se fassent aux gosses entre les pattes, faire gaffe à pas trop laisser les couteaux traîner, surtout lorsqu'on connait la manie d'Aza à déplacer les meubles. T'espères d'ailleurs toujours lui trouver une cure pour l'aider à guérir de ce toc.

Et voilà la porte qui grince, le fils, l'autre qui entre. Le faux, le pas-beau, mais qui va devoir se faire à l'idée de plus être le fils unique de Shae même si il reste le seul lien que l'ombre s'autorisera. puis voilà l'autre qui rentre, qui les connait déjà. Parce Aza s'improvise Nounou à ses heures perdues. Bon plan au final, y a pas besoin de le payer beaucoup. Mais t'ignore ses questions parce que y a le fils qui parle et qu'il faut répondre à tout, pas évident pour un cerveau monotâche qui se contente pour l'instant de faire descendre Enzo du plan de travail. Le laissant tanguer ça et là.

Si t'en es le président c'est bon toujours ce même favoritisme dont tu ne t'es jamais caché.e, puis tu pointes du doigts les gosses un par un Enzo et Timothy. Ca s'est fait, et parce qu'il n'y a pas quatre chemins à emprunter. Lïn, j'cherche un parrain pour eux, choisi celui qu'tu veux.
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Lïnwe Felagünd
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Re: La Cuisine

Message par : Lïnwe Felagünd, Jeu 5 Juil 2018 - 21:44


Tourner la vinaigrette version grand-mère, avec ses mains machines, en demandant - non mentionnant l'existence de son association. La création était l'une des plus belles choses sur Terre. L'une des plus belles reconnaissances pour l'humain. Il n'avait suffit que de quelques mots alignés pour conclure un partenariat qu'il restait à définir dans les termes du contrat. Il voulait faire ça bien, pas de bavure, pas de manie douteuse, d'affaire trompeuse. Une entente à l'amiable, dans les règles de l'art - il n'avait jamais aussi respecté la loi avec L.E.G.I.T., d'où son nom d'ailleurs. M'enfin, l'habit ne fait pas le moine...

Il était ravi de pouvoir faire affaire si facilement avec son ami.e. C'était cool de pouvoir compter sur Les Trois Balais. Et puis s'en viennent les deux prénoms. Enzo et Timothy. Il ne sait pas trop si il aime bien ou pas. Le doute flatteur qui parcourt le silence gênant. En soi, comme surnom y'en a pas des masses... Zozo et Titi. Lequel est le plus ringard ? Drôle de question, quand on sait qu'il deviendra parrain de l'un d'entre eux. Choc facial. Qu'il en fait presque un malaise. Sur le coup, il lâche sa cuillère en bois. Il retrouverait presque la même émotion que la dernière fois, avec le Lockhart au fond du pub. Je vais... j'vais devenir parrain ?!! Répéter le mot une ou deux autres fois de suite, pour être bien certain des sonorités uniques.

Ouais, ça résonne longtemps dans son esprit.
Avant de prendre enfin une décision, le plus beau évidemment.

Comme une bête qu'on mène à l'abattoir
- Enzo, alors.

Merci Daddy. Merci.
C'est... sans doute... une forme de pardon.
Mais qu'il accepte sans rechigner.

Parrain bordel !

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Azaël Peverell
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Re: La Cuisine

Message par : Azaël Peverell, Mar 17 Juil 2018 - 15:59


C'est bizarre. Quand le blondinet est là, c'est comme si t'étais invisible. Ou plus du tout important. Peut être que tu ne l'as jamais été. T'as rien contre le Felagünd, au contraire, tu l'apprécies même un peu. Mais il est le préféré de Leo. Et ça, t'as du mal. Surtout que ça crève les yeux, l'autre cède à tous ses caprices sans même poser de question. Et toi, t'existes pas. Si t'étais pas là, ce serait pareil. Ils sont comme cul et chemise.

Le gamin va être parrain, il choisit. Toi, t'as juste le droit d'être la nounou. Celui qu'on appelle quand on sait pas quoi foutre des gosses. Mais t'as surtout le droit de la fermer visiblement. Même pas un sourire désolé, que dalle. Juste une jolie ignorance. T'en as marre. D'ailleurs, il est grand temps d'le montrer.

- J'me casse. J'bosse plus ici.

T'es même pas agressif. Tu ne l'as même pas dit si fort que ça. Ta voix est restée posée, mais t'es bel et bien résigné. Voilà ta démission en bonne et due forme. Et tu t'en vas sans un regard en arrière. T'as pas envie de discuter. De toute façon, ils sont bien trop contents de discuter parrainage.


Départ d'Aza, des :kiss: pour vous
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Shae L. Keats
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Re: La Cuisine

Message par : Shae L. Keats, Mar 24 Juil 2018 - 0:28


Je m'en fous un peu du quel tu veux, j'suis leur seul·e parent·e actuel·le, pas d'avis à demander pour l'un ni pour l'autre, alors fais toi plaisir, t'es aussi frère que parrain je crois. J'te passe peut-être encore plus de choses qu'à mes vrais gosses. J'les laisse pas picoler en douce les soirs d'été eux. après c'est peut-être parce qu'ils ont même pas six ans à eux deux, ça doit sûrement jouer. Mais quand bien même. Ne pense pas que je suis doute, les signes je les connais, l'autre moi fait attention, sans dire, garder une certaine crédibilité dans mon rôle de combustible.

T'as l'air content, ça fait plaisir, c'est des responsabilités, d'éduquer un bambin, mais bon, tu peux sûrement pas faire pire que moi, j'élève des gosses dans un bar, j'encourage les péchés dont je cherche à les préserver, je crois que je suis un peu trop paradoxal·e pour élever des gosses seul·e. Le soir me fait rentrer toujours plus tard, les corps endormis blotti dans les bras, et l'autre tiré par la mains les yeux embués de sommeil, j'veux pouvoir compter sur toi pour les garder pendant les services-suicides où le corps se consume sur le bar.
Et tu choisis le gosse -pâquerette dont le physique s'éparpille en pétales.

J'voulais fêter ça, mais faut que l'autre pète son câble, crise de jalousie existentielle, ou encore un moyen d'attirer l'attention sur sa petite personne, j'en sais rien. Je sais seulement que je lui en veux de m'en vouloir, de chercher des prétextes à longueur de temps pour me rappeler sa rancœur. si Pius n'était pas là pour m'en empêcher, j'le refouterais certainement pour l'éternité au crochet. Ça l’empêcherait déjà de déplacer les meubles, les gosses et Hodor dans son sommeil. J'ai encore retrouvé le clebs dans la douche ce matin, et j'en ai plus que marre de supporter ça en plus de sa mine renfrognée permanente. Ses piques.

Alors je l'ai pas pris au sérieux sur le coup, jusqu'à ce que la porte claque comme un ouragan qui passait sur nous et toute la m*rde qui s'en suit, j'ai cherché tes ,yeux d'un regard incrédule, la scène est connue, trop de démission dans ces murs, à croire que je suis pas foutu.e de garder un employé longtemps.
À part Kohane qui tient encore plus les murs des lieux que moi.

Il a du pisser sur ses pompes j'vois que ça pour expliquer sa mauvaise humeur. J'en reparlerai avec lui, les démissions se posent plus clairement, avec des mots, il me doit au moins ça, bordel, j'lui ai offert un job, une famille qui a volé en éclats. Pshit Pshit les Rageux. Va pour Enzo alors.  
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Lïnwe Felagünd
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Re: La Cuisine

Message par : Lïnwe Felagünd, Mar 24 Juil 2018 - 14:17


C'était, en réalité, l'un des plus beaux jours de sa vie. En même temps, ces derniers temps, c'était pas si compliqué que ça. Y'avait pas de concurrence avec le Bonheur. Il est là, sous un chêne derrière la fenêtre et dès qu'on se décide à l'ouvrir, une grande bourrasque de vent l'emporte - fuyant à travers champs fanés de graines émiettées. Ça, c'est la vie trépidante. L'ennui. Qui guette sur la barque. Le sourire franc aux lèvres, il commence déjà avec les papouilles - histoire d'établir un premier contact, de voir ses réactions et de lui faire sentir son odeur. Les bébés, les hommes, ça marchent comme les bêtes.  

En parlant de bébé, y'en a un qui est jaloux juste à côté. Et c'est pas Timothy. C'est le collègue qui a plus d'ancienneté que lui mais qui se fait toujours autant bizuter. L'art de l'injustice ne s'apprend pas, il est naturel. Un regard en biais, qu'est-ce qui lui prenait à celui-là ? Sourcils levés, il avait rien contre Aza. Il était même plutôt sympa comme mec. Mais, honnêtement, il avait encore dix ans d'âge mental. J'pense qu'il est jaloux. fit-il après qu'il sorte de la pièce. Jaloux déjà de sa propre beauté. De ses boursouflets. Et de son bébé.

Merci... - c'était vraiment cool
d'être parrain, y'avait un truc en plus là tout de suite
une odeur de brûlé - la soupe qui crame à côté
pour l'occasion
avant de la retirer du feu
et de la servir telle quelle
parce qu'il était
devenu parrain.

Départ de Lïnwe.
:kiss:


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Kohane W. Underlinden
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Occlumens


Re: La Cuisine

Message par : Kohane W. Underlinden, Lun 13 Aoû 2018 - 15:38



   
Lïnwe
Musique

   

Vide et silence. D’un bar fermé. Trop grand à porter.
En peu de temps, tout s’est barré. Leo pris dans chacune de ses mains celles de ses enfants pour courir vers de nouveaux horizons. Laissant tout ce qu’iel avait construit jusque-là, nous abandonnant les lieux, confiant.e, peut-être, en nous, en ce que nous pourrons en faire. Il n’empêche. Nous nous retrouvons à deux, Lïnwe et moi, comme deux orphelins perdus qui se confrontent subitement à un monde beaucoup trop grand, beaucoup trop vastes pour leurs petites épaules.
Il n’y a plus rien. Sinon le silence terrifiant. La porte close. Personne ne peut entrer. Personne n’entrera. Bar fermé.
Le vide est si lourd.
Dans le cœur.
Immobile, je contemple la cuisine. Où plus rien ne bouge. Plus rien ne tourne. Autrefois, il y avait de la vie. Les plats qui défilent, les assiettes qui glissent. Le soir, parfois, il fallait aller y repêcher Leo et lui retirer les bouteilles des mains. C’était également le lieu de nombreuses discussions et altercations entre nous. Du temps où tout allait si mal. Les disputes, les angoisses, l’envie d’aller de l’avant sans jamais y arriver... jusqu’au jour où le nœud s’est dénoué. J’ai cru qu’on pourrait repartir ensemble. Mais
Quelle importance, maintenant ?
Iel n’est plus là.
Tout paraît trop vide sans iel. Pesant. Je ne réalise pas. Pas encore. Qu’iel ne repassera plus le seuil des Trois Balais. Qu’on n’entendra plus les babillages de Tim et Enzo, qu’il fallait surveiller de loin.
Tim et Enzo
Eux aussi, me manqueront. Terriblement.
On s’attache vite, à ces petites créatures. Surtout lorsque l’un d’eux est votre filleul. Mais les voilà partis, pour des horizons lointains. En compagnie de leur unique parent.

Appuyée contre le mur, près de l’encadrement de la porte, bras croisés sur la poitrine, je ferme les yeux quelques secondes.
J’entends encore, comme de lointains souvenirs, l’activité emplir le bar.
Plus rien ne sera comme avant. Et j’ai encore du mal à me dire qu’on peut transformer ce changement en un plus, reprendre tout à zéro, donner une nouvelle forme au bar.
Pour l’heure, je suis prisonnière de cette absence.
Les enfants qui rient, qui pleurent, qui se disputent, qui discutent et gazouillent.
Rien. Plus rien. De tout ça.
Leur présence était attachante. Leur présence était une part d’innocence et de vie. J’aimais bien, quand Leo venait avec eux.
Gorge nouée, je me fais la réflexion qu’il ne me faudra plus les attendre. Pourtant, une part de moi reste en suspend, oreille guettant le moindre bruit de pas, la moindre présence tierce. Et si tout ceci n’était qu’un vaste cauchemar ?
Plusieurs fois, je me suis fait cette réflexion.
Mais je ne me suis jamais réveillée. Alors c’est que ce devait être vrai.
Et vous connaissez l’effet domino ? Vous en poussez un. Tout le reste s’écroule. Parfois, dans la vie, ça arrive. Quand vous tombez. Vous pensez que ça ne peut pas être pire. Et finalement, si. Vous ne vouliez juste pas le voir, pas l’envisager. Et un jour. Le pire frappe à votre porte. Généralement, c’est peu de temps après.



J’ai tenté de ne pas m’écrouler après l’envol de Leo, tout ce qu’iel nous laissait sur les bras -surtout des souvenirs et un bar trop grand. J’ai tenté de rester forte. Pour Lïnwe. Pour les Trois Balais. Parce qu’on était toujours là, nous. Parce qu’on pouvait encore agir. Ensemble. D’une certaine façon, sa présence me rassurait et me faisait tenir debout.
J’ai cru que j’arriverais à survivre.
Mais le pire était encore à venir.
Incompréhensible, inexplicable.
Allez savoir par quelle force du destin ou de la vie un beau jour, Asclépius n’est pas rentré. Il n’y avait rien. Pas de mot sur le frigo, comme il en avait l’habitude. Pas de signe. Juste du vide. Encore plus pesant que celui des Trois Balais.
Le rien qui a empli chaque centimètre carré de Thermidor, qui est venu se frotter à ma peau avant de s’immiscer dans l’âme.
J’ai tremblé.
Je suis tombée.
Il n’y avait rien ni personne pour me rattraper. En même temps. La personne la mieux placée pour me rattraper, qui m’a toujours relevée dans le noir, m’a toujours accompagnée lorsque je trébuchais venait de s’envoler sans explications.
Titubante et trébuchante, je n’ai pas su, cette fois, me redresser.
J’ai l’impression qu’à mesure que les jours passent, je m’enfonce un peu plus.

Il y a un bar vide, trop grand pour deux, trop plein de souvenirs lointains.
Il y a un chalet empli de rien, trop silencieux pour moi, en même temps trop plein, lui aussi, de souvenirs lointains. Que je conserve comme les biens les plus précieux.
Appuyée contre le mur de la cuisine, bras croisés comme une ultime protection face à la vie, je sens l’enclume au fond de l’âme s’alourdir encore. Encore.
J’ai presque plus de larmes à pleurer.
Même si, en fait, on dirait que le corps humain arrive à en produire à quantité illimitée.
Mais à cet instant, je n’ai plus de larmes qui me viennent. Ni pour les 3B, ni pour Thermidor. Ni pour Leo, ni pour Asclépius. Seulement l’angoisse qui revient à grand galop, l’impression de tomber et, surtout, de rester seule.
Peur panique de l’abandon.

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