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Nuit mouvementée
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Mangemort 08
Mangemort à la retraite
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Re: Nuit mouvementée
Mangemort 08, le  Mer 22 Mar 2017 - 17:32

LA de Lisk'

C'est pas que ce combat commençait à l'ennuyer, mais il avait la désagréable impression que l'issue ne faisait aucun doute. Clairement, il semblait y avoir une classe d'écart entre la rousse et le jaune. Même si le garçon se défendait correctement, il voyait que la maitrise n'était pas à ses côtés.

Il continuait d'observer leur jeu. La rousse décidant de mettre un terme au combat, lança un enchainement plutôt bien pensé. Elle balança une limite d'âge juste derrière le mouflet et l'attaqua à l'aide d'un sortilège d'ensevelissement. Anticipant ce qui allait se passer, il se barra fissa vers la belle, tandis qu'il se foutait royalement du sort du mioche.

- Bravo...

Ses mots étaient pour la rousse quand il vit le gamin qui commençait à s'enfoncer. Enfin ils allaient être tranquilles ! Bon ça ferait désordre quand même. Alors il l'observa se dépatouiller de sa terre comme il le pouvait. Le Poufsouffle avait l'instinct de survie, à défaut d'autre chose...

Il mima un bâillement devant la longueur que ce dernier mettait pour arriver à s'extirper. Ah ces jeunes ! Il ressemblait à un ver de terre coincé dans un terrier qui aurait subit un éboulement après la passage d'un ouragan. En plus court, il avait l'air dans la mouise.

- Et dire que c'est peut-être la relève... J'ai apprécié ton enchainement de sorts... Pas un instant tu n'as semblé en position de faiblesse... Lui par contre...

Après une heure et vingt-huit minutes de combat acharné, le petit était finalement sorti de sa prison ! Il le regarda et décida alors d'aller le réconforter. En avançant vers lui il se permit quelques applaudissements, qui étaient, évidemment, plus moqueurs que de réelles félicitations. Il alla s'asseoir un instant près de lui, contre le mur.

- T'inquiète je le dirais pas ! Bon, il est clair qu'elle t'a un peu mis une pâtée on est d'accord !? Mais ça va te permettre d'avancer tout ça petit ! Tu vois, on ne devient pas un as de la magie du jour au lendemain, mais n'oublie jamais que tu ne peux pas gagner un duel si tu l'affrontes avec la peur !

Tout en se relevant, il laissa une tape sincère sur l'épaule du garçon, en contradiction avec ses applaudissements peu avant. Clairement, il avait un gouffre devant lui pour devenir le meilleur duelliste de l'Angleterre, mais il avait au moins eu le mérite de se défendre jusqu'à la fin. A coup sûr il ferait un parfait Auror...
 
Il retourna alors à côté de la belle. Il se souvînt de leur aventure dans une pyramide. Au delà de son charme indéniable, elle dégageait une communion à la magie qui laissait entrevoir des rives de noirceur derrière son apparence de feu. Il réfléchit un instant, avant de se lancer. Qu'avait-il à craindre de toute façon ?

- Je me souviens de ton regard... De ta voix... Tu es allée en Égypte dernièrement non ? Tu t'es remise des serpents ?

Sous son masque, il souriait. Jeu de Ténèbres. Apparence fantôme. Comme s'il savait au fond, qu'elle devait avoir un doute. Et à ce moment là autant le lever. Et c'est elle qui choisirait la suite. Lui, il jugerait ses mots et se tiendrait près à agir en conséquence, si ce n'était pas l'obscur qui la gouvernait mais la lumière. Si elle prenait le visage du risque.
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Re: Nuit mouvementée
Ciarán A. Merrow, le  Sam 13 Mai 2017 - 1:06


Douce folie.
Avec Mary Drake et son libre arbitre

Ce qui est drôle avec la nuit, c'est qu'on peut être qui on veut. Dans l'obscurité, toutes les imperfections du quotidien sont cachées. Obscures. Sombres. Si on décide de dissimuler son visage, personne ne viendra l'éclairer de force. Si on décide de s'asseoir dans un coin un peu éloigné des sentiers, personne ne viendra nous chercher. Tout simplement parce qu'on ne nous verra pas.

Alors, ce soir, Chloé Greenwood avait décidé de s'asseoir dans un coin très sombre de l'Allée des Embrumes. Là où personne ne pourrait aller la chercher, sauf si un bruit venait la trahir. Elle aimait faire ça, souvent. S'arrêter un instant là où elle ne pouvait être vue. Là où elle, en revanche, pouvait tout voir. Et depuis que la nuit était tombée, elle en avait vu passer, du monde. Des gens saouls, des sorciers qui ne cessaient de s'assurer que personne ne les suivait, des hommes pressés, d'autres un peu moins. Elle avait vu une femme faire demi-tour devant ses yeux, puis quelqu'un d'autre fondre en larmes, juste devant elle. Mais le point commun de tous ces inconnus, c'est qu'ils ne savaient pas qu'ils étaient vus en train de faire ce qu'ils faisaient. Et la particularité de l'Allée des Embrumes, c'était que la grande majorité des gens qui foulaient son sol n'avaient aucune envie d'être vus ici. Surtout en pleine nuit.

Tous ces petits moments de solitude laissaient le temps à la vélane de penser. Observer des inconnus l'aidait à se concentrer sur sa propre vie. En vérité, elle attendait une seule chose ; voir quelqu'un qui lui ferait prendre conscience que sa vie n'était pas si terrible qu'elle en avait l'impression. Alors, étrangement, les larmes des autres lui donnaient toujours pleinement envie de vivre.

Et puis, il y a eu cette jeune fille. Elle avait furtivement défilé devant ses yeux, à tel point que Chloé l'avait à peine aperçue. Intriguée, l'ex Serdaigle décida de se lever et d'avancer son visage vers la route éclairée. L'inconnue avait l'air d'être une adolescente. Sans doute était-elle élève à Poudlard, vu son jeune âge. Elle était là, dans l'Allée des Embrumes, toute seule, à une heure tardive de la nuit. Mais ce qui intrigua surtout l'ancienne Mangemort, c'était qu'elle semblait complètement déboussolée, regardant à droite. Puis à gauche. S'asseyant parfois, pour se relever la minute d'après.

La Greenwood décida de quitter sa cachette noire pour s'assurer que tout allait bien. Elle se leva, les jambes engourdies après être restée si longtemps assisse, puis ses talons commencèrent à taper sur les pavés de l'allée. Lorsqu'elle arriva à la hauteur de l'étrangère, cette dernière ne semblait même pas l'avoir remarquée.

Chloé n'osait même pas imaginer ce qui avait pu l'amener jusqu'ici. Surtout quand elle regarda son visage de plus près. Ses joues étaient creusées, et la lumière blanche des éclairages révélaient toute l'extrême pâleur de son visage, exposant par la même occasion de larges cicatrices. Elle, au moins, semblait avoir une vie bien pire que celle de Chloé.

La sorcière posa une main sur l'épaule de la jeune fille. Elle semblait avoir 20 ans de plus que ce que la Greenwood avait initialement imaginé.

« Tu as besoin d'un coup de main? »
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Re: Nuit mouvementée
Gaëlle Panyella, le  Jeu 25 Mai 2017 - 9:41

Musicaaa ♪

Fuir
Vite
Courir
Vite
S'en aller
Vite
Très loin
Vite
Loin de ça
Vite
Se cacher
Vite
Il le faut
Vite

Parce qu'il y a cette chose à mes trousses, qui court après moi depuis des années, cette créature monstrueuse qui n'a pas le sens de la dignité, ni même de quoi que se soit. Qui me veut, moi, sans autre forme de procès. Qui me veut, moi, moi et cette innocence. Qui veut tout m'enlever, tout déchirer, tout détruire et tout briser. Enlever une à une les briques de la forteresse, un centimètre carré de peau, pour souffrir, oui, elle veut que je souffre, la créature. Des fois elle à l'allure d'une poupée aimable, et d'autres fois elle me laboure le crâne. Je dois partir, avant qu'elle me rattrape, je dois trouver une cachette. Sinon, qui peut savoir à l'avance ce qu'elle me fera subir. Les jambes tremblent, faut pas qu'elles renoncent. La respiration se fait difficile, mais je peux pas m'arrêter. Pas maintenant, alors qu'elle rode, la sale bête. Prête à me sauter dessus au moindre arrêt.

Il y a ce cœur qui bat, qui n'arrange rien à ce que je cherche à fuir, cette saloperie finira un jour par lâcher, avec tout ce que je m'entête à cacher, à brûler dans les pensées, à minimiser, à enfoncer loin de la réalité. Je laisse le voile tomber de plus en plus sur mes yeux, sans pour autant faire quelque chose pour l'enlever, il reste là et m'emmène petit à petit dans une autre dimension. Je sais qu'il est tenace, et j'ai plus la force de me battre contre autre chose qu'elle, que ce monstre aux allures angéliques, alors qu'il part. J'avais réussi à enlever un peu de sa consistance, en La faisant disparaître, rien à faire, il a vite reprit de son opacité. Pourquoi je n'arrive pas à me trouver des choses simples contre lesquelles me battre, des éléments qui n'en ont plus rien à faire, qui ne veulent plus rester, mais de toute façon disparaître. Je cherche une victoire, quelque chose prêt pour la désillusion. Afin d'y arriver. Une certaine envie de relâcher la pression.

Impossible
Où ai-je donc atterrit ?
A force de fuir
Je suis dans le sombre net
Et complet
Continuant de ne pas chercher mon chemin
La créature réussi à me perdre
Dans un dédale d'ombres épaisses
Qui volent
Dans un silence
Où parfois une lumière fait surface
Ventre noué, yeux fous
Je veux partir
Comprenez-vous ?
Elle peut surgir
A chaque instant
Droite
Gauche
Personne
Mais elle est où ?
Pas là
Ni ici
J'ai peur
Maman j'ai peur
T'en a rien à faire de toute façon
Maman je tombe
Je renonce
Maman je me relève
Où est la fierté dans ton regard ?
Maman je chute
Et tu dois venir m'aider
Maman je reprends confiance
Aucune importance, tu t'en fiches de ce qu'il peut m'arriver.

Debout, perdue, ne sachant plus. Je risque de me prendre des murs, la créature de revenir, je vois plus quelles possibilités s'offrent à moi ? A-t-elle une vision nocturne ? Je ne sais pas. Cet endroit, qui ne laisse rien apparaître, c'est un atout comme un défaut. Gorge nouée, prête à pleurer, j'essaie de faire quelque chose, n'importe quoi. Où est-ce que j'ai mis ma baguette ? Je ne sais plus. Sûrement sous mon t-shirt, comme d'habitude, mais si je la laisse là, que je me concentre sur ce simple geste, elle va revenir, la bête, elle va profiter de ce moment de faiblesse, d’inattention. Je n'ai pas le luxe de faire ça.

Main sur mon épaule. Elle. C'est Elle. Elle m'a trouvé, la bestiole. Devant moi, prête à me dévorer. Je crie. Pas seulement dans la tête, partout, dans cette lueur de désespoir, dans ce noir quasiment total, je hurle parce que c'est la fin, parce que la créature veut me tuer. C'est fini. Au revoir Mary. L'heure des adieux, pas tant de fanfreluches que ça finalement n'est-ce pas ? Je frappe la main. La retire. La bête m'a touchée. Je suis contaminée. C'est fini. Tomber. Ramasser, prête à attendre la sentence. Sauf qu'il n'y a rien. Les oreilles bourdonnent, les poils sont hérissés, tout est en place, rien ne se place. Juste un écho, qui se répète. Tu as besoin d'un coup de main? . En tant qu'idée de salut, toujours par terre, toujours sur le sol, les genoux ramenés, un sourire triste. Balancement.

Avant
Arrière

Oui, j'ai besoin d'aide
Avant
Arrière

Tu es une des premières à demander
Avant
Arrière

C'est tout ce que je cherchais
Et y'a cette
Avant
Arrière

Chose
Peut-être que
-La bête, elle veut me manger
Cri d'une gosse apeurée
Simple et nette vérité
En es-tu sûre ?
De vouloir
Tenter
La folie
Avec moi ?
Car la bête
Elle ne se voit
Que comme ça.


Dernière édition par Mary Drake le Sam 27 Mai 2017 - 8:22, édité 1 fois
Ciarán A. Merrow
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Re: Nuit mouvementée
Ciarán A. Merrow, le  Ven 26 Mai 2017 - 3:48

Désarçonnée. Aucun mot ne pouvait mieux définir l'état de Chloé à cet instant, à la découverte de cette jeune fille aux yeux fous qui semblait avoir vécu 30 ans de plus qu'elle. Tournant la tête à droite, puis à gauche, comme si elle était à la recherche de quelqu'un. Ou de quelque chose.

Sauf que, ce soir, il n'y avait qu'elles sur l'Allée des Embrumes.
Elle ne trouverait personne d'autre.

Pourtant, l'inconnue avait hurlé à la mort lorsqu'elle avait aperçu la main de Chloé sur son épaule. Ça ne ressemblait pas à un appel au secours. En fait, elle avait hurlé de peur, même si la vélane n'avait pas pu la surprendre. La fille avait regardé dans sa direction lorsqu'elle s'était rapprochée d'elle.

Depuis ce premier contact, la Greenwood avait tenté plusieurs fois d'aider la jeune fille à se relever lorsqu'elle était au sol. Sans que ses membres ne semblent réagir à son soutien. Lorsqu'elle se relevait, c'était pour retomber la seconde d'après. Avait-elle bu? Chloé s'était bien posé la question. Mais, au vu du temps qu'elle passait dans des bars en ce moment, elle pouvait sans grand mal penser que même le plus fort des alcools ne pourrait mettre personne dans un état pareil.

Et puis vinrent ses premiers mots. Dans une voix presque normale. Contrairement à son regard perdu - à l'image de sa personne.

Elle avait parlé d'une bête. Alors quoi, c'était la peur d'une créature magique qui la mettait dans cet état là? Chloé avait l'étrange sensation que rien chez cette fille n'était rationnel. Pas plus ses craintes que ses gestes. Elle semblait à peine remarquer la présence de l'ex-Serdaigle auprès d'elle. Complètement égarée dans un monde qu'elle paraissait être la seule à voir.

Pourtant, la voix de la vélane semblait l'avoir ramenée sur Terre l'espace d'un court instant. Assise sur le sol dans une position qui avait l'air très inconfortable, cette fille-là semblait être aussi loin qu'elle était proche. La Greenwood se mit à sa hauteur, posant son corps sur les dalles de la rue.

« Y'a pas de bête, ici. T'as rien à craindre. On est juste toi... et moi. Et puis, je ressemble pas à une bête. Si? »

Elle marqua une pause, sans vraiment savoir si ses mots pouvaient aider.

« Et toi, t'es pas une bête non plus. Alors, tu vois? N'aies pas peur. Je suis là, et j'attendrai que tu reprennes tes esprits. Dis-moi juste comment tu t'appelles. Tu veux bien? »

Une question à la fois. Pourtant, ce n'était pas l'envie qui lui manquait d'en savoir plus.
Gaëlle Panyella
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Re: Nuit mouvementée
Gaëlle Panyella, le  Jeu 1 Juin 2017 - 20:00

♪♪♪♪

Avant
Arrière

Accompagné d'un espoir
-fugace
Parce que ça me monte à la tête
Que j'ai peur
Peur de toi
Parce que
Avant
Arrière

J'ai envie de te faire confiance
Je sais pourtant pas
Si je peux
Si j'ai le droit
Après tout
Il y en a pleins
Qui sont partis
Qui n'ont pas cherchés à aller plus loin

Alors toi, qui me regarde, qui peut peut-être essayer de me rattraper, qu'est-ce qui te fais dire que tu vas pouvoir réussir à m'extirper de toutes ces choses. Qui me guettent, qui veulent pas peau. La fenêtre est brisée, tu sais. Et quand les fenêtres sont cassées, tout le monde peut entrer et cambrioler. J'ai l'impression que la mienne n'a jamais été réparée. Qu'on a toujours réussi à y pénétrer, et à torturer, et à encore mettre d'autres coups de marteaux dedans. Des fois je me demande si j'en ai encore une. De fenêtre. Ou bien si elle est complètement détruite. Si à peine née, tout était déjà bon à mettre à la poubelle. Et la gorge qui se noue, la force avec laquelle la bête me cherche. Elle va me retrouver, et là, il n'y a pas que ce qui est en verre qui va faillir. En un souffle, elle peut démonter des maisons l'immonde créature. J'ai peur d'elle. Alors dis, si tu n'est pas Elle, me tue pas. Parce que j'ai déjà plus beaucoup de foi en moi, encore une once en vous, autres. Alors prouve moi que rien n'est perdu. Si tu veux m'aider. Et ne part pas. Lui, il est parti. Et je ne m'en suis jamais remise.

Alors toi, qui essaie de comprendre. Pourquoi prétends-tu qu'il n'y a pas de sale créature ? Comment peux-tu en être sûre ? Tu peux l'être sans le savoir. Premier mensonge. Et alors que je me calme, que j'essaie d'arrêter les balancements, j'réfléchis. Je suis une bête, si ça se trouve. Et j'ai pas envie. Pas envie d'avoir le pouvoir de souffler sur les briques pour qu'elles s'écroulent. Maman, maman elle sait souffler pour que ça part. Mais moi je ne veux pas être comme elle. J'ai envie de voler de mes propres ailes - si seulement j'en avais - et surtout de l'oublier. Même si c'est assez compliqué. J'ai les perles dans les yeux, tu sais. Et même que j'ai envie de les arracher. J'étais prête à lui offrir mon regard, et tu sais, elle a même pas voulu ne serait-ce que les regarder. J'avais fait quelque chose d’impardonnable. Je sais même pas ce que c'est.

Mais
C'est
Vrai
Tu n'as pas l'allure
Ni les yeux envieux
Ni la peau blanche
Ni les sourires sadiques
Rouge de sang

Mais
C'est Faux
Il n'y a pas que nous
Que fais-tu ?
Du sombre
Du noir
Du sol
De l'air
Du vent
Et de la bête
Celle qui me traque
-tu pourras pas me persuader
Qu'elle n'est pas là
Je la sens
Elle est tapie
Non, nous ne sommes pas seules
Mais je sais juste que tu es là
Pas de raisons d'en douter
Je l'espère
En tous cas

Après la voix me dit que je suis pas une bête et j'ai envie de la croire. Le poids deviendrait moins lourd. Mais ça je sais que c'est faux. Les bêtes aiment se tuer entre elles non ? Pourquoi Elle me traque si je ne suis pas comme ça ? Par pure sadisme, pour se venger de moi ? Mais qu'ai-je fais. Rien. Je suis persuadée. De rien. J'en ai marre. Marre. Marre. Juste marre. Pourquoi ça ne veut pas s'arrêter ? Si je tape et craque, penses-tu que au final la machine dira stop, qu'elle ne sera plus alimentée ? Je le dis souvent, mais c'est tellement vrai. Des fois, il vaut mieux dire STOP n'est-ce pas ? Tu crois que c'est une bonne solution. Toi ? Oui j'en demande beaucoup. Des questions. Et j'en attends souvent. Des réponses. Deux. A chaque fois. Savant et Poète. Tout le temps. Généralement j'ai la première. J'aimerai parfois connaître la deuxième.

Finalement tu me dis que tu es là. Et ça je veux bien le croire. Puis mon nom. Mon identité. Je comprends, ça peut porter à confusion. Avant de te répondre, je veux être sûre. La main se tend, toujours aussi squelettique. J'essaie de trouver ton visage, ici, dans le noir. Afin de savoir où tu es, qui tu es. Et pourquoi nous sommes ? Un jour. Je suis calmée un tout petit peu. C'est déjà mieux. Et même si la panique règne, j'arrête de regarder frénétiquement partout. Ma main se balade, je tombe enfin sur ce que je crois être une joue. C'est un frisson qui me percute, je n'arrête pourtant pas. Je veux trouver le chemin et si j'ai décidé de continuer, je peux continuer. Comme si il n'y avait pas de barrières. Il faut bien des avantages lorsqu'il n'y a plus de fenêtres. Je tombe sur les cils. Puis je récupère mes doigts un a un.

Un nom
Juste une identité
C'est rien
Juste un mot
Qui est utilisé
Pour pas se perdre
Avec si peu de douceur
Juste beaucoup d'hardeur
Mary
Comme ça c'est dit
Mais donnant donnant
Je veux bien te faire confiance
Sauf qu'avant
Et toi ?
Je veux aussi savoir
Connaître de choses
Puis comprendre
Tu sais comment
On répare les fenêtres ?

Ciarán A. Merrow
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Re: Nuit mouvementée
Ciarán A. Merrow, le  Sam 3 Juin 2017 - 3:06

La voix de Chloé s'élevait dans la pénombre. Douce. Calme. Apaisante. Jusqu'à ce que l'effet escompté finisse par se produire. La jeune inconnue cessa de bouger. Son ombre cessa de vouloir se cacher de la lumière blafarde de la ruelle. Son souffle s'apaisa, redevint presque normal. Tous les membres de la jeune Greenwood semblaient se paralyser d'inquiétude. Pourquoi? Elle ne connaissait pas cette fille, après tout.

Mais peut-être que le fantôme d'Alice rôdait dans les environs, ce soir-là. Et que cette fille, là, à qui elle ne devait rien, ça aurait pu être elle.

Alice. Chloé n'avait rien pu faire pour la sauver. Pire. Elle l'avait tuée. Comme si sa propre voix avait commandé sa mort. C'était presque elle qui avait donné les ordres. Tenter d'aider cette gamine, c'était faire taire sa culpabilité. Sa tristesse. Sa peine. Son désarroi. C'était faire taire le manque et l'insuffisance. C'était incroyable de constater combien sa petite soeur pouvait lui manquer. Un seul être vous manque, et...

Une main se baladait sur son visage. Frôlant une joue. Puis un oeil. Des cils. La respiration se faisait plus calme. Tranquille. Chloé restait immobile, son corps comme une statue. Elle ne voulait pas prendre le risque de déclencher une crise ou de la faire paniquer. Ses membres commençaient à lui faire mal mais peu importait. Tout ce qu'elle voulait, en cet instant, c'était que cette fille aille mieux. Qu'Alice revienne. Même si elle savait pertinemment que l'une de ces deux choses ne se produirait jamais et que la faute était la sienne.

Une voix interrompit le monologue entamé par sa culpabilité.

Mary. Elle s'appelait Mary. Son prénom était plein de douceur et de simplicité. Comment pouvait elle renfermer des secrets aussi compliqués? Comment une fille au visage aussi joli pouvait elle posséder un corps aussi dévasté?

Mary attendait la réciprocité. La vélane s'empressa de la lui donner. Sa coopération n'était pas une option.

— Chloé. Je m'appelle Chloé.

Et puis, l'illogisme de son discours résonna à nouveau dans l'allée. Des fenêtres. Elle parlait de fenêtres. Ca n'avait aucun sens. La jeune femme aurait aimé pouvoir rentrer dans sa tête pour mieux comprendre. Remettre les pièces du puzzle en ordre pour former un semblant de quelque chose. Savoir ce qu'elle pensait, comprendre ses craintes. Pourquoi? Pourquoi était-elle aussi douce ce soir? Pourquoi ne sentait-elle plus la peine au fond de son coeur? Pourquoi ne pensait-elle qu'à aider Mary?

— Ça ne doit pas être bien compliqué, Mary. Il doit suffire d'appeler quelqu'un de compétant pour le faire. Parfois, on ne peut pas agir tout seul, tu vois? Parfois, il faut qu'on s'appuie sur quelqu'un, assura-t'elle d'une voix douce.

Coup de chance.

— Je suis quelqu'un, tu sais. Je peux peut-être t'aider à réparer? Il ne faut pas rester avec une fenêtre cassée.

Nouvelle pause. Courte. Chloé se rappela du lieu où elles se trouvaient. L'Allée des Embrumes n'était pas forcément l'endroit le plus approprié pour aider Mary à se sentir mieux.

— Mary, qu'est ce que tu faisais dans l'Allée des Embrumes?

La jeune femme regarda autour d'elle, espérant que personne n'était à sa poursuite avant qu'elle ne s'écroule. Mais qui d'autre pourvait-elle fuir, si ce n'était elle-même?
Gaëlle Panyella
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Re: Nuit mouvementée
Gaëlle Panyella, le  Lun 5 Juin 2017 - 10:49

Ici demeure la musique ♪ (faut la relancer désolé)

La question est partie
Pour arriver jusqu'à elle
Et ses belles oreilles
J'ai arrêté de trembler
Statique comme une statue
Je ne bouge plus et j'attends
Parce que je vois que ce n'est pas fini
Parce que je crois que la bête est aveugle
Si nous parlons assez silencieusement
Peut-être qu'elle ne nous retrouvera pas
Et ne soufflera pas sur la maison
J'ai envie
Vraiment
Tu peux m'aider s'il te plaît ?
En fait, non
Tu l'as déjà fait
Première fois :
Merci

Malgré ça, j'ai toujours cette appréhension qui me ronge le ventre. J'ai peur, et ça torture. J'espère que ce n'est pas le ver qui revient. Lui, c'est un monstre. Pire que la bête, il n'a pour seule occupation celle de détruire au toucher, en transmettant son "don" à l'hôte qui le conserve bien sagement sans rien dire. J'étais une pomme, je crois que j'en suis toujours une. A force de savoir qu'il était là, je crois bien l'être jusqu'à la fin des temps. Il avait le mérite de faire en sorte que je ne pourrisse pas, malgré les nombreux coups et bosses que je subissais par sa faute. Depuis qu'il est parti, ça va un peu mieux. Enfin, si il a pris les jambes à son coup, ou si nous ne faisons qu'un. Peut-être qu'il a fini par mourir en moi et a déversé sa substance dans mes veines, me rendant totalement dépendante. Indifférente à l'espace. Le problème avec lui, c'est que j'avais beau courir, il ne me laissait pas partir. On ne peut pas fuir de cette manière quelque chose qui s'est niché dans le corps comme si c'était un vulgaire nid. La bête, elle, est plus effrayante. Alors que le parasite s'acharnait à me faire voir tout sous un autre angle, la bête, elle, s'obstine à me montrer la réalité. Celle-là même que je m'acharne à ne pas croiser. Mais au moins, même si elle est plus violente, plus dangereuse, avec un peu de volonté, j'arrive à la semer.

Sous une mélodie rampante, le mot s'échappe pour arriver jusqu'à moi. Il pose une couleur délicate, violette, sur ma joue, vient se nicher, l'encre s'éparpille pour finalement ne rien laisser. Seule, j'aurai la certitude que le nom sera gravé, comme tous, quelque part sur la peau. Chloé. Un brin d'herbe qui se lève, une pousse qui naît quelque part, créant une nouvelle plante. Ces êtres-vivants, fait de sève, de feuille, parfois d'écorce. Je les chéris, je les aime. Chloé. C'est beau, ça rime avec beaucoup de mots, Chloé. Jouer, manger, parler. Comme un murmure dans la brume, il peut les survoler. Tu es quel type de végétal toi ? Un arbre qui s'étend jusqu'aux cieux ? Une fleur délicate qui attend patiemment que sa comparse des nuages la prévienne de la pluie imminente ? Une algue voguant au gré de la marrée ? J'aime bien ton prénom Chloé. Il sent bon. Encore une apparence. Mais tant pis. Si tu te retourne, si la tête tourne. Pas grave. Je repenserai à l’apaisement. Simplement.

Alors
S'il te plaît
Tu peux me le dire ?
Répondre à une question muette ?
Ce n'est pas judicieux de la poser
De cette façon
Peut-être puis-je exposer ma théorie ?
Tu as l'air d'avoir des secrets
Lourds de sens
Mais un cœur aussi
Le centre d'un arbre
Boum
Boum
Je te vois comme un aune
Avec un long tronc fin
Mais solide comme la pierre
Tout comme j'arrive à t'imaginer
Comme une faites de pétales
Une violette

Ensuite tu reparles de la fenêtre. La cassée, celle qui n'est pas foutue de faire son travail. Quelqu'un de compétant ? Mais qui l'est vraiment ? Les âmes pures et charitables, qui font sans chercher plus loin, tu crois que ça existe ? Je n'ai rien à offrir, pour celui ou celle qui arrivera à réparer. Crois-tu que c'est possible ? Je ne connais personne qui ne part et qui en plus ne demande pas de reste. Et dans l'égoïsme qui me tue parfois, je me dis que je ne laisserai pas n'importe qui s'approcher. J'ai trop peur d'être à nouveau brisée. D'avoir d'autres cicatrices, de frôler l'égoïsme. Et m'appuyer ? J'ai trop peur. Trop peur que le ver se réveille et vienne envahir quelqu'un qui aura tenté de venir à mon secours. La façon dont je réfléchis est un cercle sans fins tu comprends ? Puis toi, toi à qui j'ai envie de faire confiance, toi chez qui j'ai vu le fond de la boite de Pandore. J'ai tellement d'espoir, tellement peur aussi. Mais tu as tellement raison, je n'ai pas le droit de rester avec une fenêtre brisée. A force de subir des courants d'air, je vais finir par y passer.

Puis il y a une question. Une question simple, avec une réponse qui l'est encore plus. « Je ne sais pas ce que je fais là. J'ai couru, j'ai fais en sorte d'échapper à la Bête, sans réfléchir à où j'allais. Je ne savais même pas où nous étions en réalité. Tout ce que je souhaitais, c'était me cacher  » La voix qui tremble, la panique qui revient. Je pouvais tomber sur des personnes plus dangereuses, encore plus qu'Elle. La détresse revient. Nous devons partir. Mais avec Chloé est-ce que je risque quelque chose ? Et ces pensées sensées qui sortent de ma tête, pourquoi sont-elles là ? Elle m'a retrouvée c'est ça ? Non, je veux pas qu'elle vienne, je veux pas l'affronter. J'ai beaucoup trop peur, je suis faible, faible par millier. Non non non. Pas elle, pas ça, pas maintenant. Non non non. J'étais bien, avec la violette. Si bien...

Quand la panique revient
Que le
Avant
Arrière

Se stoppe quand même
Les larmes, elles, remplacent
Et tombent
Plic
Plac
Une main attrape celle de l'être mauve
Pour lui faire parcourir le visage
Le mien
Montrer
La première cicatrice
Au toucher
La petite bosse
Et la deuxième
Un peu plus loin
Pas tant que ça
Qui est là
Prête à être vue
Puis la demande
Presque suppliante
-On peut fuir cet endroit ?
J'veux une fenêtre lisse et solide
Que même le souffle de maman
Ne pourra pas détruire.
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Re: Nuit mouvementée
Ciarán A. Merrow, le  Mer 7 Juin 2017 - 2:34

Dans un geste doucereux, presque maternel, la vélane entreprit de caresser les cheveux de la jeune fille. Son geste se voulait lent. Apaisant. Rien qui ne pourrait l'inquiéter. Elle voulait juste tenter de l'apprivoiser, de la rassurer pour lui montrer qu'elle pouvait avoir confiance en elle. Mary. Mary, d'où viens-tu? Qu'est ce qu'on t'a fait, Mary? Pourquoi j'ai l'impression que tu as des centaines de trous dans le coeur et que ce sont d'autres avant moi qui t'ont percée?

Mary semblait ne pas la craindre pour autant. Encore mieux ; elle se confiait. Tout du moins, elle lui répondait. À travers la parole, Chloé avait l'impression de tisser un fil invisible entre elles. Que personne d'autre ne pouvait voir. Peut-être qu'elle se trompait. Peut-être qu'elle n'aurait du y voir que le calme avant la tempête.

Après chacune des répliques de l'ex Serdaigle, la jeune inconnue prenait plusieurs minutes pour répondre. La brume qui troublait l'intérieur de sa tête commençait à se répandre dans toute l'Allée des Embrumes. Ce filtre flou, accompagné d'une nuit profonde et noire, n'avait rien pour rassurer la Greenwood. Ce fut pire lorsque Mary lui répondit qu'elle fuyait la bête. Devait-elle la prendre au mot et l'éloigner au plus vite de ce lieu obscur? Ou bien sa propre folie lui jouait des tours? Peu importait, à dire vrai. Chloé voulait juste l'amener au chaud. Quelque part. Ailleurs. Partout, mais pas ici.

Les yeux de la fille devenaient humides, un peu comme le brouillard qui tombait autour d'elles. Immédiatement, la brune aux yeux dorés passa ses doigts sur son visage pour effacer les larmes à mesure qu'elles glissaient sur ses cernes marquées. Ses doigts sentirent des marques, parsemées sur sa figure. Des cicatrices. Une, puis deux. Où étaient les autres?

Il fallait qu'elle sache. il fallait que Mary lui explique. Il fallait qu'elle comprenne. Impossible de laisser la jeune fille comme ça. Loin d'elle l'envie de jouer les super-héroïnes, surtout après avoir rejoint le camp des méchants. Mais après ce qu'avait subit sa soeur, Chloé ne serait pas capable de la laisser dans son mal-être. Elle devait au moins essayer de lui trouver une porte de sortie. Et, comme si elle lisait dans sa tête, les mots de Mary résonnèrent dans la pénombre. Plus qu'une simple question — un désir encouragé par la peur. « On peut fuir? »

— Tu n'as rien à fuir, personne ne te veut de mal, je te le promets. Mais oui, on peut s'en aller. On va aller... Ailleurs. Loin. Tu me suis?

Ce n'était pas comme si la jeune femme avait beaucoup de choix quant à leur destination. L'amener au Manoir des Greenwood n'était peut-être pas forcément une bonne idée. Mais, une chose était sûre. Où qu'elles aillent, Chloé allait rester avec elle.

— Mary, on va trouver un endroit pour passer la nuit. Je vais t'aider à te lever, d'accord?

D'un geste calme, elle passa son épaule sous le bras droit de l'adolescente et prit appui sur le sol froid de l'allée. Chloé fit glisser le bras de Mary autour de son cou.

— Tu es prête? Il va falloir que tu m'aides. À 3, on se lève. 1, 2...

Ne restait plus qu'à espérer que le corps de Mary n'était pas aussi vide que paraissait l'être son coeur.
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Re: Nuit mouvementée
Gaëlle Panyella, le  Sam 24 Juin 2017 - 10:10

Ici ♪

Dis moi
Si tu connais des réponses
Dis moi
Si tu peux m'aider
Dis moi
Si tu peux fuir
Dis moi
Si je suis un fardeau
Dis moi
Si je t'ennuie
Dis moi
S'il te plaît
Ne me laisse pas penser de mauvaises choses
Je veux savoir
Alors si un jour quelque chose te pèse
Faut que je le sache
D'accord ?

Le cœur lourd, parce qu'elle avait essuyé mes larmes. Pourquoi personne ne le faisait ? Pourquoi je restais seule ? Ai-je une mine trop déterrée ? Un masque pas assez bien placé ? Le nombre de brisures qui sont présentes, peut-être qu'elles se voient un peu trop dans mon regard. Les débris de la fenêtre s'enfoncent de plus en plus dans mes yeux. Je crois que ça fait peur parfois. Faut dire que ce mélange de haine, de folie, de n'importe quoi, de je ne sais pas... Personne n'a envie de s'y confronter. L'impuissance, les épaules qui s’affaissent. Après tout, affronter les pauvres têtes perturbées, ça manque de sens, il n'y a rien à y gagner. Je peux apporter de la désolation, oui. De la pitié. Aussi. Mais du positif ? Il n'y a rien d'intéressant dans cette âme. Je le sais. Maman me l'a dit une fois. Et la Bête elle préfère s'en prendre à ceux sans profondeur d'esprit. Pour sa culpabilité c'est mieux. Puis nous ne sommes pas rares, et moins visibles lorsque arrive la disparition. Si en plus le goût du désespoir est succulent, pourquoi s'en priver après tout ?

Puis tu me parles, encore. C'est un peu ridicule de le préciser à chaque fois non ? Pourtant tes mots ils me traversent la peau pour m'apaiser. Je sais pas, peut-être ta voix. Mais tu sais, quand les larmes tombent, c'est parce qu'elles en ont besoin. Puis si tu les essuie je t'en veux pas mais voilà. Je les retiens plus. Quand je dois pleurer, je pleure, même si il n'y a pas de raisons. J'crois que j'ai beaucoup trop de mal à m'y retrouver. Tu vois là dedans ça se répète, dans mon crâne je tourne en rond alors ça fait beaucoup pour presque rien et moi j'aime pas penser pour rien ça demande trop d'efforts et les efforts je les garde pour plus tard et tu sais j'aime les et parce que les et ils mettent une suite encore plus que les virgules et puis c'comme ça mais en vrai le et c'est souvent la fin d'une suite alors je sais pas si c'est vraiment top de l'aimer. Tu sais quoi ? Je vais te suivre oui. J'ai envie que tu m'emmènes autre part, après tout j'ai demandé. Puis si je n'avais pas accepté, cela aurait été méchant de ma part. Cupide, cruelle. De nouveaux mots ajoutés. Ils y sont pas encore. Fin ; du moins pour le moment.

Oui, volons
Volons
Ou naviguons
Selon ton envie
J'nous vois bien sur le bateau de Peter Pan
Un merveilleux mélange des deux
A la fois eau et ciel
Nous chercherons la deuxième étoile
Pour aller dans le pays imaginaire
Pas pour en revenir
Ne soyons pas fous,
Lucides
-Rien qu'un peu
Oui faisons ça
Amène moi loin, où tu veux
Je m'en fiche
Tant que je suis invisible à Ses yeux
Rouges, perçants, mélancoliques
J'ai pas non plus envie que tu la rencontres
Elle est tellement affreuse
Et toi si Jolie
Faut pas pas pas
Ok ?

Je suis soulevée, bras autour de ton cou, derrière la nuque, un esprit vagabond. Partir, se lever, être soulevée. Aider, aider, aider. J'veux te remercier mais je sais pas comment. Alors je me contente de faire ce que tu demandes pour le moment. Je prends appuis par terre en plus, puis il y a ce moment. Où j'hésite. J'essaie de croiser tes yeux. Même si je n'aime pas, même si ça me fait peur. Je le fais quand même. Pour être certaine que je ne risque rien. Démence, haine, dégoût. Je cherche, fouille le plus loin que je le peux. L'errance est terminée n'est-ce pas ? Soit il n'y a rien, soit je suis aveugle, ou elle une très bonne dissimulatrice. Peu importe, si je veux essayer de revenir de loin, il faut que j'ose faire confiance. Tu me couperas pas et ne me mettras pas dans le four n'est-ce pas ? J'ai vraiment pas envie de cuir comme un rôti. Sous tes un, tes deux, tes trois, je me prépare et malgré les tremblements j'arrive à me soulever, quittant alors le sol qui m'avait gentiment accueilli sans rouspéter. Je commence à être légère pourtant je retrouve des pieds toujours faits de plomb. Je lutte, souffle dans le vide pour ne pas me laisser de nouveau choir.

Une fois complètement debout et un peu stable, j'essaie de me mettre face à elle. Les mains toujours agrippées à ses épaules néanmoins, afin de ne rien risquer. J'ai pas envie que ça recommence, vraiment pas. Mon dos courbé me fait paraître plus petite que je ne le suis. Si elle arrive à distinguer quelque chose dans cette couleur ébène qui nous entoure un peu plus, enroulant ses tentacules avec fermeté pour bien fermer la cage, c'est que sa vision est vraiment faite pour la nuit. J'espère qu'elle ne verra pas trop, pas tout de suite en tous les cas, histoire qu'elle ne parte pas en courant une fois que je serai visible dans mon entièreté. Des fois dans la glace, la bestiole me fixe avec ses yeux devenus rouges à force d'êtres restés ouverts toute la nuit. Elle se glisse derrière moi, imperceptiblement, puis pose ses longs doigts sur mes cheveux pour les caresser. Rien que d'y penser, un petit cri s'échappe.

Mais c'est pas grave
Nous allons partir
Loin ou non
Proche ou pas
Je m'en fiche
J'espère juste
Que comme dans beaucoup d'endroits
Là où nous irons,
Ce sera comme pour les autres personnes
Nous serons protégés
Par des fenêtres solides
Qui ne risquent pas de se briser
Avec une simple brise d'été

Fin du rp

Merci ♥


 
Anna Keats
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Re: Nuit mouvementée
Anna Keats, le  Ven 7 Juil 2017 - 0:30

Accepte, je t'en prie
PV Lizzie Bennet

Une nuit ou plutôt un début de nuit. Pourquoi avais-je attendu cette période de la journée pour venir ici ? Je n'avais pas pensé pas qu'il y aurait moins de monde, je n'avais pas pensé qu'il y aurait un horaire de fermeture, j'avais simplement passé toute l'après-midi figée sur le chemin de traverse. L'angoisse me pressait le ventre, il nouait mes organes comme si elle souhaitait que j'implose. J'avais l'impression de devenir une masse difforme compressée dont le sang s'écoulait le long des pavés de la grande rue. Pendant ces longues minutes à tenter de me calmer, j'avais écumé les trois quarts de mon paquet, j'avais rongé mes ongles un par un, mais mes gestes restaient plus nerveux les uns que les autres. J'étais une silhouette fixant l'entrée de cette rue, de cette allée dont les briques sombres m'évoquaient ma première venue ici, deux ans plus tôt.

Deux ans, deux ans durant lesquels j'avais espéré que quelque chose bouge, deux années où je n'avais pas réellement réussi à me rendre utile auprès de cet ordre. Seulement j'en avais marre d’espérer, d'attendre, je souhaitais désormais faire bouger les choses par moi-même. Mon but à présent était de devenir un atout et pas une petite chose que l'on traînerait derrière soit. Pour cela je devais connaître, consolider mon apprentissage et être parmi les meilleurs dans ce domaine que j'aimais, les potions. J'avais essayé à de nombreuses reprises pendant mon temps libre d'étudier à Poudlard, seulement le château était bien trop limité à mon goût. Une école enfermée dans un apprentissage réglé au millimètre par ceux que je voulais affronter, n'était pas le meilleur des endroits pour trouver un moyen de combattre la hiérarchie qu'elle-même représentait. Je devais alors chercher ailleurs que dans cet institut muselé pour trouver ma force. Ainsi, en fouillant dans mes souvenirs, je m'étais retrouvé devant ce couloir sombre. Ce passage pour les enfers devait m’amener ce que je cherchais, cette aide que seule Elle pouvait m'apporter.

La maîtresse des potions de Barjow & Beurk.

Doucement, j'avançais pour rejoindre ce destin que je me devais de provoquer. J'ignorais la foule présente autour de moi, je marchais les yeux braqués droit devant moi comme pour lancer un défi à cette obscurité qui m'avait pétrifiée jusque-là. L'obscurité grandissante m'envahissait peu à peu, faisant disparaître cette peur, ce stress de se lancer. Mes yeux se levaient vers le ciel en espérant trouver un signe réconfortant prouvant que je voguais dans la bonne direction. Que ce dans quoi je me lançais n'était pas une regrettable erreur et surtout que cette sensation si infâme qui avait m'avait coupé l'appétit de toute la soirée ne soit pas justifiée. Malgré mes 17 ans j'avais encore peur du rejet, que la belle refuse de m'apporter son aide et qu'elle me regarde avec ce regard, ce regard qui savait déchirer mon âme. Ces yeux me faisaient disparaître et je ne devenais plus qu'insignifiante dans leur monde, je savais que la poussière avait plus de valeur que moi et déchirée par leurs pensées je devenais ce qu'il me dictait, une ombre écrasée par la lumière de leur flamme. Seulement s'était à mon tour de devenir une lumière et c'est arrivée devant la boutique que je lançais ce sort qui rassurait les êtres perdus.

Expecto Patronum

Je voyais la figure voler autour de moi, les nageoires se dépliant avec volupté et malgré sa taille miniature, le poisson combattant symbolisait pour moi cette force d'accomplir que ma grand-mère m'avait léguée. Laissant mon message à mon précieux petit être lumineux, j'attendais assise devant la boutique la réponse de celle vers qui il était parti, même s'il fallait patienter durant des heures.
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Re: Nuit mouvementée
Lizzie Cojocaru, le  Sam 29 Juil 2017 - 10:45

On n'a qu'une vie...

Paie ta vie de maitresse de potions. Mais quelle idée aussi. De vouloir pousser les expériences toujours plus loin, apprivoiser l’impossible. Pour ce projet Robinet t’avait tout donné, et c’est à ta vue partielle que tu avais du renoncer. Être aveugle quand on a toujours connu le monde visible, c’est un tremblement de terre. Et ok, en perdant la vue du premier oeil, tu avais été « préparée », mais tout de même… Cela n’avait rien à voir.

Maintenant il te fallait consacrer deux heures au référencement des objets, fioles, ingrédients, de Barjow & Beurk. Juste pour pouvoir te servir là où tu en as besoin, sans te tromper. Bon. Par chance, avec l’aide des deux nouvelles et un peu de rigueur pour éviter qu’elles laissent trop de bordel s’installer, tu t’en sortais pas trop mal. Tes nouvelles potions étaient encore fonctionnelles, mais chaque fois, c’était une lutte entre l’expérience et les doutes alimentés par ta cécité.

Jusqu’au patronus. Et là, tout qui s’effrite. Quelqu’un veut t’utiliser comme béquille pour mieux avancer. Tu aurais du lui dire que tu ne pouvais pas, que tu étais une aveugle sans canne. Mais non. Comme une imbécile, t’as foncé droit devant. Droit dans l’impasse droit dans la vie. Parce que tu commences à changer. A avoir le goût de donner.

Si tes talents comme elle les appelait pouvaient servir à défendre un idéal, à défendre une vision du monde, une envie de vivre, oui tu t’emballais un peu, comme d’habitude, tu allais courir dans ses bras. Ta vision du son te permettait de distinguer un poisson plein de froufrous, et tu as dansé dans son vol bleuté avant de le laisser disparaître. Direction la vie, Lizzie. Cap ou pas cap ?

(ellipse)

Sur les marches, une silhouette songeuse. Ou fatiguée. Ou excitée. Ou apeurée. Tu n’en savais rien. Tu ne la voyais pas, et n’étais pas assez proche physiquement pour détecter les variations de son odeur. Alors tu as marché dans sa direction, d’un pas mi-incertain, mi-enthousiaste.
— J’ai reçu ton patronus.
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Re: Nuit mouvementée
Anna Keats, le  Mer 23 Aoû 2017 - 2:27

Le sort était parti. La lumière bleue qui éclairait mon visage avait cessé de briller pour traverser ce mur. Ce mur sur lequel, j'avais posé mon dos. Mordant ma lèvre inférieure et fermant mes yeux, je riais nerveusement. Je l'avais fait. J'avais fait un pas de plus vers cet avenir dont j’apercevais la lueur. Chaque pas me rapprochait un peu plus de lui, un peu plus d'eux. Cédant à l'accumulation de stress et de la descente d'adrénaline, je laissais mon corps glisser le long de la boutique mal famée pour rencontrer ce parterre froid. Ces pavés sales et pourtant témoins de plus que l'on ne pourrait imaginer. Cette nuit-là, ils voyaient voir la petite adolescente innocente et pleine d'idées venir chercher par elle-même ce que sa vie monotone lui avait toujours refusé.

Ma main serrait cette baguette que je n'avais pas rangée, mes doigts menaçaient de la lâcher car même si j'étais contente d'être arrivé jusque-là, je tremblais devant cette peur évoquée plus tôt. Le refus, le rejet. Sentant le besoin de retrouver celle que j'avais été, celle que je voulais devenir, je laissais à mon esprit le plaisir de chercher ce souvenir. Le souvenir de l'homme qui avait brûle mon champ de blé. Car c'était ainsi que j'imaginais ma vie.
Un champ de blé où le chemin lisse et plat épousait parfaitement la forme de mes pieds, où le vent et la chaleur étaient un mélange de bonheur et d'harmonie, mais dans ce monde, le soleil venait aveugler mes yeux pour que jamais je ne puisse regarder ce qu'il y avait autour. Cet homme était alors apparu comme une lune en plein jour. Il avait éclipsé cette lumière bien trop forte pour apporter en moi l'ombre dont j'avais besoin. L'ombre qui dormait depuis toujours et que je ne pouvais pas voir, que je ne voulais pas voir.
Alors, complètement immergée dans cette projection, je bougeais ma main pour mimer cette disparition de lumière. Ouvrant les yeux pour rétablir un contact avec ma réalité, je découvrais que cette lumière que je tentais de cacher dans mon rêve s'était vu remplacer par celle bleutée d'une créature qui n'était pas la mienne.

« Anna, j’ai entendu ton appel. Je serais là dans l’heure. Attends-moi. »

La voix féminine que je reconnus immédiatement me plongea dans un état de bonheur complet. J'étais heureuse tout simplement heureuse. Même si la belle n'avait aucune idée de la nature de ma demande, je ternissais un peu plus mon monde imaginaire, je fauchais les tiges de blé, je brisais mon tableau trop parfait petit à petit. Riant une nouvelle fois dans le silence que la nuit avait créé, je sortis une nouvelle fois ma baguette pour faire apparaître mon Patronus. Le poisson volait à côté de moi tranquillement et bien qu'il n'y avait aucune mission pour lui, sa simple présence me rassurait et me poussait à rester concentrée sur la deuxième partie qui s'annonçait bien plus dure.
J'allais devoir être convaincante, j'allais devoir persuader une inconnue de me prendre sous son aile, j'allais imposer à une étrangère un poids dans la vie qu'elle avait bâtie. Les minutes passaient et au fond de moi, je cherchais un argumentaire solide, une pensée claire et précise qui allait pouvoir jouer en ma faveur. Comment lui prouver à quel point ma motivation était forte ? Si elle avait été de l'Ordre noir, peut-être que cela aurait été plus facile... Les minutes s'écoulaient longuement, mais je m'étais préparée à bien plus d'une heure d'attente pour une simple réponse, même à en constater l'absence. Elle m'avait déjà donné bien plus, alors ce temps ne m'était pas perdu car je savais que cela en valait très clairement la peine.  

Un bruit se fit entendre vers la porte d'entrée de la BAMN et bien que mon cœur avait fait un saut dans ma poitrine, je m'étais immédiatement relevée et avais éteint ce sort qui m'avait calmée. La maîtresse des potions était sorti de ce son antre.  

Je la voyais marcher vers moi, je remarquais quelque chose de changé en elle, l'impression d'une certaine hésitation dans sa démarche mais surtout comme un vide dans ses yeux, donnant l'impression qu'elle ne cherchait pas à me voir. Ignorant totalement la raison de cette impression, je concentrais davantage mon intention sur ces mots, ceux qui attendaient une réponse, une explication et je n'avais pas de temps pour réorganiser ma pensée. *Alors parle avec ton cœur.*

« Je.. J'ai besoin de vous. Vous êtes la maîtresse des potions de ce lieu et pour moi la personne la plus douée que je connaisse dans cette matière. Je ne peux pas compter sur mes professeurs car je sais qu'ils me poseront des questions sur mes motivations, alors que vous... Mon instinct me dit de croire en vous, en votre discrétion. J'ai besoin que vous m'enseigniez vos talents, je veux devenir utile à ceux qui m'ont ouvert la voie de ce en quoi je crois. Je souhaite trouver ma place et vous êtes la seule qui puissiez m'aider. Prenez-moi comme disciple, je vous en prie. »

Mes poings étaient serrés, mes yeux jonglaient entre le regard de la maîtresse des lieux et le sol en espérant que celui-ci me souffle quoi dire et ma respiration se saccadait et accélérait au fur et à mesure que mes paroles sortaient. La femme devant moi pouvait aisément sentir la détermination dans ma voix. Seulement la vitesse trahissait ma précipitation et ma maladresse à demander un service car, en tant qu'élève de Serdaigle, j'avais pris l’habitude de régler mes problèmes seule ou de simplement les taire. Mais de toutes ces émotions qui passaient à travers mes mots, l'espoir que je portais en sa décision dominait tout. Mon avenir allait se jouer sur un mot, sur une réponse, oui ou non.

On met du temps à répondre mais merci de ne pas reprendre le sujet !
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Re: Nuit mouvementée
Lizzie Cojocaru, le  Lun 25 Sep 2017 - 11:09

(i’m late, love u mate)

Tu tentes de t’en remettre à la vision du son, mais les variations sont assez tenues. Tu peines à savoir si elle bouge de façon ostensible. Tu penses que si elle t’avait tendu une main ou une joue, tu aurais senti la variation. Mais après tout, parfois, tu peux te méprendre. Ton intelligence sociale est assez limitée de base, alors si tu ne peux te baser sur le langage corporel… Autant dire que tu pars à moins vingt sur l’identification des émotions de l’autre.


Tu ne te laisses pas démonter cependant. Tu enregistres les informations que tu peux enregistrer. Sa tessiture. Son rythme. Ses variations. Elle a une voix en créneaux, avec des petites variations mais pas en pic ; plutôt mangées par l’accent que tu ne parviens plus à replacer. Il faudrait que tu voyages plus, cela t’aiderait à reconnaître les accents. Programme en tête, pour la suite.

Par chance, les mots parlent d’eux-mêmes. Elle a besoin d’aide, mais peur d’en demander. Peur d’en recevoir car peur d’être jugée. Elle se fie à l’image de la boutique, ou à ta réputation, ou à son instinct, en pensant que tu pourrais l’épauler sans la mettre en danger. Enfin, tout contact humain est un danger. Mais elle a compris que tu n’irais pas la vendre au Ministère ou à ta soeur.

Tu as paniqué, sur le coup. Car avoir besoin d’aide c’est une chose, mais toi déjà t’es complètement paumée. T’as du mal à gérer tes potions avec ta cécité, comment pourrais-tu lui apprendre quoique ce soit ? Tu réfléchis. Elle n’avait pas à voir l’étendue de ta détresse. Tu te rappelles des cours de West. En soit, il ne faisait pas grand chose devant vous. Il donnait plutôt des ordres.

Mouais.

Tu ne voulais pas être comme lui, en même temps. Il ne t’avait pas appris grand chose, vu que t’étais toujours défoncée pendant ses cours. C’était en autonomie que t’avais progressé le plus. Sans mentor dans l’art des potions. C’est peut-être, précisément, parce que tu avais toujours été seule, que tu pouvais chercher au fond de toi ce qui t’avait manqué. Ce qui t’aurait aidée.

Pendant un instant, tu es semblable à la petite souris. Tu n’existes que par l’espoir qu’on place en toi. Et en croyant à tes capacités dans ce domaine qui a illuminé autant qu’il a ruiné ta vie, elle te redonne espoir. Brr, Lizzie, tu deviens beaucoup trop vulnérable. Reprends-toi. Sourire aux lèvres, tu ne peux t’empêcher de débuter par un peu de sel.

— Seulement à condition que je ne t’entende plus jamais me vouvoyer.


Tu tends la main en sa direction, maladroite. Tu veux savoir à quelle distance vous êtes. Physiquement comme idéologiquement. Tu veux la sentir. En savoir plus sur cette voie qu’elle n’ose dévoiler aux autres. Ton instinct d’ex-Mangemort fait sonner une petite alerte, mais tu n’y prêtes pas plus d’attention que ça. Elle ne sait pas forcément que vous proposez des cobayes humains, et puis, tous les partisans ne sont pas forcément friands d’expérience comme tu peux l’être.

Penser plus général, remuer tes vieillissantes méninges. Il est bien des pratiques, dans le milieu potioniste, qui ne sont pas reconnues comme conventionnelles ou acceptables. Qui tutoient la recherche et la magie noire à la fois. Il est des idées que l’on peut vouloir réaliser par la voie liquide, sans que notre entourage n’approuve le sens qu’elles revêtent. Lorsque tu avais mis en place une potion pour juger de la pureté sanguine des foetus, tu n’avais pas rencontré l’approbation générale…

— Je pourrais avoir besoin de quelqu’un qui ait pour les potions un amour véritable. Tu parles d’utilité ; crois-tu être un ingrédient ne fonctionnant que pour un nombre restreint de philtres, ou une plante plutôt générique ?

Besoin de savoir à quel point son idéologie est déjà prédéfinie. Encore malléable à la persuasion. Aiguiller des vocations qui finissent chez les phénix, très peu pour toi. Mais d’un autre côté, tu as l’impression d’avoir face à toi un composant plutôt rare. Et vous savez comment c’est, dans le monde actuel : la rareté est souvent un indice de valeur.

Sa voix est jeune, pourtant. Elle a mentionné Poudlard. A cette époque, on est encore assez généraliste ; c’est surtout après l’école qu’on se spécialise. Quand tu étais élève, tu as été maltraitée tour à tour par les phénix et les masqués. Tu aurais très bien pu finir chez les Aurors. Enfin, pas très bien, tu aurais pu finir chez eux pour les tuer de l’intérieur ; c’est ton petit côté « connaissance des limites ». Ce sont les coups du sorts, et les coups de mort, qui t’ont orientée dans la direction que tu te connais maintenant.

Au fond, bien souvent, tout n’est affaire que de rencontres. Troublée, tu t’interroges. Qui connait-elle, pour l’heure ? Non. Cela n’a d’importance. Aujourd’hui, c’est toi qu’elle est venue rencontrer. Vous verrez plus tard où demain vous mène.
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Re: Nuit mouvementée
Anna Keats, le  Lun 13 Nov 2017 - 20:25

Désolée, désolée, désolée

Les mots se déroulaient comme une pelote de laine à travers un labyrinthe. Je ne savais pas si j'allais dans la bonne direction, perdue entre une multitude de murs. Mais dans cette histoire si je devais être le héros, le personnage principal, celui qui allait se frotter bientôt au monstre, peut-être était-elle celle qui tiendrait le fil à l'autre bout, celle qui serait la seule constante dans ces murs faits de variables. Un socle stable et sûr dans un univers soumis aux aléatoires.
Qui étais-je pour me croire si importante... j'étais un poids pour elle, un minuscule insecte venant voler trop prêt d'une chandelle bien trop lumineuse pour lui. Une poussière dans une pièce, une insignifiante petite ch...

— Seulement à condition que je ne t’entende plus jamais me vouvoyer.

Mes yeux s’entrouvraient, j'étais figée par mes muscles et ma pensée. Un temps immobile, un temps qui paraissait presque trop long. Venait-elle d'accepter ? Mes yeux se décollaient progressivement du sol. Ce n'était pas un oui, ce n'était rien, peut-être avais-je mal entendu, peut-être me fourvoyais-je. J'essayais de me persuader que tout était pure invention de mon esprit, que rien n'était vrai. Cette montée d'adrénaline, ces couleurs dans mon regard, ce frémissement le long de mes jambes qui me donnaient envie de m'effondrer sur le sol, mes dents qui se découvraient progressivement sur mes lèvres. Tous ces signes évidents que ma conscience voulait réfuter, étaient l'indéniable preuve de la vérité et de ma joie. Impossible pour moi de freiner quoi que ce soit dans mon cœur, tout ce stress accumulé venait de s'envoler, de briser les chaînes qui me maintenait au sol et à deux secondes de voir des larmes de soulagement gagner mes joues ce fût un autre contact qui me surpris.  
Sa main était venu vers moi, elle était rentrée en contact de ma joue avec beaucoup d'hésitation et aussi beaucoup de douceur. Ce simple contact avait réussi à arrêter cette montée d'hormones et d'émotions bien trop vives pour l'heure. Fermant un instant les yeux pour calmer mes battements de cœur, je les rouvrais sur elle pour constater encore une fois son absence de regard. Aveugle.

— Je pourrais avoir besoin de quelqu’un qui ait pour les potions un amour véritable. Tu parles d’utilité ; crois-tu être un ingrédient ne fonctionnant que pour un nombre restreint de philtres, ou une plante plutôt générique ?

Idéologie, métaphore, y avait-il une bonne réponse à sa question, était-ce une question destinée à mieux me cerner ? Une interrogation composée comme une énigme me laissait perplexe, pensive, mais je n’étais pas devant une porte en haut d'une tour. Je savais que je devais répondre instinctivement, avec mon cœur, comme je l'avais fait la première fois, mais j'étais en train de me questionner sur ma propre existence. Inutilement.
Je n'avais pas pris le soin de me libérer de l'emprise tactile de mon futur mentor. On aurait pu penser que c'était par peur de la contrarier, mais pour moi, il était avant tout une attache, la promesse qu'elle ne s’enfuira pas loin de moi et le simple réconfort d'une caresse.

« La potion est un domaine très particulier, ce n'est pas une simple discipline que l'on pratique pour s'améliorer. Il y a cette part de créativité qui pour moi n'existe nulle part ailleurs. Les possibilités d’inventions mélangées à une précision d’exécution sans failles font des maîtres des potions  des artistes. Des experts dans une discipline si risquée que cela la rend si belle. »

Comme les épines d'une rose. Peut-être en avais-je trop dit, peut-être que mon discours sur cette matière était bien trop enthousiaste ou qu'il respirait la volonté de bien faire. Une réponse qui ne me convenait pas car elle sonnait faux, je refusais qu'elle pense que ma réponse se voulait être parfaite, comme répétée, alors que cela était ma véritable pensée. Mes mots étaient sortis instinctivement, mais pour cette seconde partie j'avais peur de ne pas être assez concise, de l'ennuyer, d'être cette plante générique et inutile. L'étais-je inutile ? Sûrement, mais je voulais changer cela. Prenant alors une grande inspiration, j'ouvrais mon cœur à celle en face de moi, car cette confiance que je voulais obtenir, je ne l'aurais que comme cela.

« Je me vois comme un ingrédient inconnu, une petite fiole invisible recouverte de poussière dans le coin perdu d'une étagère. Je suis certaine que je trouverais une place dans une mixture, je n'ai juste pas trouvé laquelle. »

Ma main se posait sur la sienne doucement sur la sienne. Je resserrais légèrement mes doigts refroidis sur les siens avant de prendre une dernière fois la parole d'une voix assez hésitante.

« Vo... Tu m'aiderais à trouver cette potion qui me correspond ? »

On met du temps à répondre mais merci de ne pas reprendre le sujet !
Lizzie Cojocaru
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Re: Nuit mouvementée
Lizzie Cojocaru, le  Dim 19 Nov 2017 - 21:07

Créativité. L’art, l’expérience et le rêve. Oh oui, tu l’as dit ma belle. Au risque d’être terriblement clichée, nous avons un devoir humain absolu. Garder les deux pieds bien sur terre et surtout la tête dans les étoiles. Et c’était ce que je sentais chez toi. Tu savais ce que tu voulais, et tu n’avais pas peur d’espérer. Les mots partaient danser avec la lune, tes pensées tutoyaient l’impossible. Tu baisais les règles, plutôt deux fois qu’une.

Les yeux fermés j’ai vu une plaie s’ouvrir. Noire et raide. C’était comme si elle grandissait et que ses bords éclosaient. En son sein danse une fleur ; noire et blanche. Ses épines vous lèchent la chair en contant une histoire oubliée.


Hocher la tête. Tu avais l’honnêteté de ne pas penser te connaître parfaitement. Qui diantre peut penser avoir cerné tout de sa personne ? C’est un peu le drame. On est en colocation avec une étrangère, qui passe son temps à nous décevoir, nous ennuyer, nous trahir, mais parfois aussi nous surprendre, dans le meilleur sens du terme.

Le coquelicot grandissait, ou alors c’est toi qui rapetissais, Trois pas se suivent sur un sentier de gravillons tapissé. Un serpent ruisselle entre vous ; une chute. Les cils papillonnent avec la fébrilité d’ailes de Rhopalocera. Espérant que leur vie sera un peu plus longue.

— Si c’est ce que tu désires, je t’accompagnerai dans la compréhension de cet ingrédient.


La fleur se referme alors qu’une autre plaie libère son pus. Une table, deux copies. A gauche : le choix. A droite : le choix. Métaphore politique, sociale ? Difficile à dire, ou plutôt, tout à la fois.


Allez, viens, on envoie le monde valser.

Les yeux fermés j’ai vu une plaie s’ouvrir. Noire et raide. C’était comme si elle grandissait et que ses bords éclosaient. En son sein danse une fleur ; noire et blanche. Ses épines vous lèchent la chair en contant une histoire oubliée.

Plus jamais.
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Re: Nuit mouvementée
Anna Keats, le  Sam 16 Déc 2017 - 0:18

Sentir la chaleur, sa chaleur, à travers sa main et ses mots. Paraître si éteinte à côté. Ce n'était pas pourtant cette étincelle qui manquait dans mon regard. Un langage différent, une âme si jeune pouvait-elle vraiment le comprendre, celui des autres, le sien. Parler n'était qu'une voie, une voix n'était pas vérité, ce langage étranger était pourtant vrai. Les yeux étaient absents, les siens, les miens, quelle différence, seul comptait l'intérieur, même des fenêtres closes ne signifiaient pas que l'on ne pouvait entrer.
Devais-je ouvrir ma porte si facilement, lui permettre de rentrer dans mon cœur si aisément. Je ne connais guère son histoire, et si elle était teintée de noir ou de sang, cela créerait-il une différence ? Si elle était colorée de multiples variations claires, pouvait-elle comprendre mon désir ? Si elle était griffée d'un doré majestueux ou d'un éclat flamboyant, serais-je en danger ? L'une comme l'autre, nous ignorions les motivations profondes et même si cela ne m'était pas égal, le langage promettait à l'une comme à l'autre de se découvrir en temps voulu. La voix n'est pas vérité, pas encore. Elle m'aiderait, c'était toute l'importance de ce moment.

Je ne voulais pas précipiter, je ne souhaitais pas brusquer et mon langage trahissait ma voix, je ne pouvais contrôler avec brio les mots tu, tout ce qui me trahissait. L'impatience, j'avais attendu une journée entière dans la rue fréquentée, j'avais pu observer la nervosité, la douceur, le mépris, l'apaisement. J'avais entendu plein de langues, j'avais été attendrie par certains, profondément atteinte par d'autres, la plupart restaient incompréhensibles. Le commun des mortels, la foule à qui je prétendais appartenir qui me rejetait car il était impossible pour moi de les comprendre même si je prenais le temps d'entendre. Sauf que cette attente m'avait conduit ici, vers celle que je n'entendais pas, je l'écoutais, je m’imprégnais, je ressentais. Sentir son langage, la chaleur de ses mots, sa chaleur que je ne pouvais qu'aimer.

« Je te suis dévouée. Apprends-moi, aide moi à me comprendre. »

Et ma dette envers toi sera éternelle. Je ne savais dire si les leçons commenceraient maintenant, si elle m'enseignerait dans les jours futurs, si je devais me retirer alors que la nuit était tombée. Seul son langage m'apporterait la réponse.
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