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L'Officine : Banque mémorielle
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Lizzie Bennet
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Re: L'Officine : Banque mémorielle

Message par : Lizzie Bennet, Mer 6 Juin - 20:00


Au départ, elle est très self-conscious, et régule sa respiration de façon plus volontaire que spontanée. Peu à peu, au gré des mots et des silences, j’observe ses muscles se détendre. Après ce qui pourrait être une nanoseconde comme trois éternités, elle finit par me répondre qu’elle visualise une chambre. J’ai direct mon propre imaginaire qui apparaît, avec une chambre-pièce à vivre, trois lits les uns à côté des autres, collés, pour permettre aux jumeaux de glisser, rouler, jusqu’à moi en cas de cauchemars. Un antre de paix.

Cependant, elle ne dit pas une chambre ; elle précise, une chambre à coucher. Le terme a quelque chose de plus emprunté et somptueux à la fois ; immédiatement, les trois lits fusionnent en un, avec un aspect plutôt contemporain et une épaisseur formidable. J’y repose mes épaules, fais craquer mon dos. Il me semble que la luminosité de la salle a augmenté. Pourtant, sa voix change. Se fait plus engluée, sa voix plus faible. C’est un endroit désagréable. J’intègre les informations comme une souris intègre un fromage dans son estomac, par petits bouts mais en ne laissant rien à la fin. Je projette mes idées aussi, sur les cauchemars pouvant cingler un lit.

Un peu plus rapidement, j’interviens, avant que cela dérape du mauvais côté de l’inconscient.
— Détends ta mâchoire. Bâille, si ça t’aide. Respire.

J’essaie de visualiser des images positives mais pas trop bateaux non plus, qui puissent la rattacher à ses souvenirs propres.

— Est-ce qu’il y a une fenêtre que tu peux ouvrir, pour caresser l’horizon du regard ? Peut-être contempler un jardin fleuri, couvert par les lueurs orangées d’un coucher de soleil ? Ou peut-être une porte te permettant de quitter cet endroit ?
Et de préciser, avant qu’elle se précipite dans une fuite ou soit gelée par l’anxiété.
— Il n’y a pas d’urgence. Tu as le contrôle. Fais les choses à ton rythme.
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Shela Diggle
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Re: L'Officine : Banque mémorielle

Message par : Shela Diggle, Lun 18 Juin - 15:47


Des paroles viennent caresser la surface - à moins que ce ne soit profond profond - et l'on les laisse glisser tout autour des lignes, elles doivent être apaisement; le comprendre n'est pas une douce nouvelle. Si l'on saisit, c'est qu'il n'y a pas le lâché prise nécessaire à rencontrer à nouveau le filet, laissez laissez moi revenir à ce lieu ce temps, ce cadre merveilleux. Casser les paroles en petits morceaux, ce sont désormais, des lettres individuelles. Flottent-elles ne savoir le dire, exactement, lentement quelque chose retombe un peu comme la pâte d'un gâteau qui aurait trop gonflé qui aurait menacé de crever sa surface
quelque chose retombe c'est un peu comme, un soupir après les sanglots, en plusieurs soubresauts

Lizzie, mais l'on oublie aussitôt son nom, porte au regard des ouvertures et soudain une image bien plus pleine se crée et à nouveau le transport de l'esprit hors du corps il n'y a rien d'autre qu'une absence de ce qu'on appellerait un soi, si l'on savait encore ce dont il s'agissait. La pièce est étonnamment cylindrique et il y a, en effet, de quoi ouvrir vers un au-dehors. Bientôt, une vitre et une poignée que l'on actionne; c'est ouvert. La nature de ce qu'il se trouve en contrebas est indéfinissable, il s'agit parfois d'un brouillon émeraude, ailleurs d'une forêt de grisaille, rien qui puisse être formellement identifiable. Après tout ce n'est pas ici qu'est l'intérêt (comment ce fait est su, c'est un mystère : mais il s'agit d'une commande qui sera suivie).
Les
images
se font
par informations brèves entrecoupés de noir ici à nouveau le lit la table de chevet et dessus un brouillard et l'angoisse angoisse angoisse qui agrippe la poitrine qui prend à la gorge il n'y a plus assez, de respiration dans le brouillard tenter de creuser de chercher d'attraper quelque chose c'est si proche mais le souffle ne suffit pas il y a une porte, une direction vers celle-ci, une poignée à nouveau
L'actionner. Elle ne permet pas l'ouverture. L'actionner à nouveau, la pousser tirer brusquer la tordre en tous sens en tous sens on ne respire plus peut être que là bas loin, le corps tremble de quelque chose qui n'est ni de la peur ni du froid

Les paupières grimacent sans cependant s'ouvrir et des lèvres s'échappent des lettres individuelles mais mises ensemble que l'on ne saura jamais avoir prononcé, je suis coincée. L'on s'en est rendue compte et l'air manque l'air manque mais cette connaissance là permet d'empêcher un pas qui, sans pouvoir le définir exactement, serait une mauvaise chose. Je suis très, très proche mais manquer d'air il y a ce brouillard entre deux informations, une fois la poignée torturée, une fois le lit le lit et juste à côté de lui, penser
ce que l'on cherche peut être
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Lizzie Bennet
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Re: L'Officine : Banque mémorielle

Message par : Lizzie Bennet, Mer 20 Juin - 21:18


@ Shela

Un temps, je crois que mes images sont efficaces. Je crois qu’elle va se calmer. Mais il ne s’agissait que du calme avant la tempête, et bientôt, nous nous trouvons dans l’oeil de celle-ci. On sent qu’au moindre faux pas, le vent nous emportera, nous broiera les os et les espoirs et les élans.

J’essaie de lui tendre la main, mais sens qu’au lieu de l’idée, je suis à mon tour en train de glisser. J’essaie de compter mes respirations, un deux trois quatre cinq six sept huit. Pourtant, le rythme n’est pas régulier, ne respecte pas les secondes. On est plutôt sur un UN deux trois quatre ; CINQ six sept huit et UN deux TROIS quatre et CINQ SIX SEPT HUIT. Les derniers temps sont toujours plus longs, plus pointus, et on s’y embroche pas à pas. Le rêve se déforme ; je suis dans une sorte de mélasse, une eau trouble et verte, et je dois tenir en équilibre avec un yaourt et sa confiture au bout des doigts.

Non. Non, ceci n’est pas mon rêve, n’est pas mon temps, je cherche l’ouverture. Rappelez moi de jamais faire psy, je manque profondément de distance avec ce genre de choses, et surtout, ce genre de gens. J’entends la voix de Shela, et me cale dedans, prête à fuir le cyclone. Sauf qu’à ses mots, je comprends que la voie n’est pas la bonne. Car il ne s’agit pas d’un cyclone mais d’un tsunami. Et vous savez ce que c’est, les vagues. Si on essaie de nager au dessus de l’écume, on est balayé comme un fétu de paille et se noie.

Pour survivre, il faut plonger. Trouver son axe et juste plonger. Et laisser les émotions s’installer.
— Alors si tu es coincée, assieds-toi. Cela arrive, d’être coincée ; ce n'est pas grave. Sens le contact du sol avec tes genoux ; ce sont des dalles fraiches mais pas froides, au relief régulier. Laisse le froid te calmer. Et laisse ce qui doit venir, venir. Prépare toi à recevoir le souvenir. Tu en es capable.
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Re: L'Officine : Banque mémorielle

Message par : Shela Diggle, Ven 29 Juin - 15:18


Il se trouve que recevoir le souvenir est précisément la raison pour laquelle il y a panique dans les sens. Malheureusement, il s'agit d'une pensée qui ne s'ouvre pas au conscient : elle est vraie, et bien présente, mais il n'est pas possible d'y avoir accès. Alors la poignée de porte tressaute sans céder et le brouillard ne s'envole pas. Au fond, on ne souhaite pas savoir. C'est le même mensonge que l'on sert patiemment à toute personne s'enquérant d'un état malade, mais oui, l'on se soigne, l'on fait tout pour guérir des maux que l'on porte alors qu'au fond tout au fond on le sait pertinemment : il y a le souhait de ne pas guérir. Et c'est la raison pour laquelle l'on a beau avaler les pilules tous les jours, visiter les médecins, parler et dire que tout va bien rien ne sert parce que, dépourvus de la volonté, aucun soin ne parviendra jamais à guérir.
La négation de ce souvenir avait une raison d'être : il se devait d'être effacé. Il n'y avait pas place pour lui, il devait partir, ne plus exister. Et nier cette raison d'être n'est peut être pas une bonne idée, voilà l'angoisse terrible qui étreint les tuyaux digestifs : et si il ne valait mieux pas ne rien sortir ?

tendre une main peu envieuse de trouver quelque chose à travers le brouillard. Quelque chose s'est stabilisé, un peu comme si cela s'était lancé en orbite autour d'un soi. Cela tourne. Il y a, au-dessus de la peur, une certaine profondeur en plus, c'est un tube vers l'inconscient. Ce dernier recèle peut être d'une neutralité à l'égard de toute émotion. Ce n'est seulement que de la connaissance, de la mémoire emmagasinée, et dans lequel il y a aussi un but : peut être la vérité dépourvue de tout. Une avancée neutre. Les déchaînements tout autour, néfastes à cette marche vers le vrai, ne sont que des produits d'un conscient plus ou moins profond; souvent l'on confond instinct et inconscient.
Tout ceci, il faut le répéter, ne sont que des pensées qui n'arriveront pas à la mémoire consciente.
La main, donc, fouille le brouillard, accroche un quelque chose. Le cela en orbite tâche de permettre la vision, la compréhension. L'on ne saura exactement de quoi il s'agit. C'est dans la paume. Puis devant les yeux. Et le réveil brutal.

La chute : je viens d'oublier parce qu'à peine avoir touché le sol de cette réalité là que l'on cesse d'avoir l'image que l'on vient d'effleurer dans cet état étrange. Je dois y retourner s'il te plaît aucun mouvement, ne serait-ce que du regard parce que craindre de ne plus jamais pouvoir retrouver le bon endroit.
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Re: L'Officine : Banque mémorielle

Message par : Lizzie Bennet, Mar 10 Juil - 20:36


@ Shela

Il y a dans ses mots le souhait de se souvenir ; mais dans son attitude, l’inverse retentit. Oui, dans les faits, je lis plus qu’une omniprésence de l’oubli. Je soupçonne l’envie de ne jamais avoir à se rappeler. Pourquoi ? Pour qui ? Sa mémoire défaillante vise-t-elle à la protéger ? De quoi ? Le souffle lent, j’accompagne Shela dans son périple cérébral.

Cependant, j’y suis comme extérieure ; une main tendue, peut-être, mais incapable de savoir vraiment si je la touche, là, ou si je suis fondamentalement à côté de la plaque. De quoi a-t-elle vraiment besoin ? De qui surtout ? A-t-elle eu raison de venir ici ? Je panique. Quelqu’un comme elle ne devrait pas venir chercher le contact de ma main.

Mes craintes reflètent, ou s’étendent, ou s’accordent, aux siennes ; bientôt, elle émerge de son voyage, le souffle court. Bien sûr. N’aimant pas la voir ainsi, je cherche à la guider pour qu’elle retrouve ses propres pas. D’une voix douce, je reprends l’invitation :
— Ferme les yeux, et sens le monde à nouveau.

Je me lève, attrape une fiole. Souris tristement. Une autre. Mélancolie des jours douloureux.

— Sens comment la chaise ne retient que le haut de ta cuisse, laissant le reste de ta jambe sans support.

Je les place l’une et l’autre dans des diffuseurs de potion. Une potion de mémoire, et un philtre de paix. La quiétude de l’âme, et la force de l’esprit. Deux béquilles sur lesquelles elle puisse s’appuyer en route.
— Sens les points de contact et les points de froid, où l’air semble pouvoir s’engouffrer comme à travers toi.

De mon côté, je me prépare à lancer le Reminiscentia. Je sens que cette fois, on s’approche. Elle s’accroche à ce pan d'elle-même qui n'a de cesse de la fuir. Et elle l'aura, sa vérité. Si terrible soit elle.
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Re: L'Officine : Banque mémorielle

Message par : Shela Diggle, Lun 6 Aoû - 19:22


Et l'on sombre à nouveau petit à petit, portée par la voix de Lizzie en laquelle on décide, une fois encore, de faire confiance. Et malgré l'après, malgré le fait que l'on sait pertinemment qu'il y a eu une raison à l'oubli, à la perte de toute trace de ces trous de ces vides il y a cet abandon cette fois, un relâchement, une dernière barrière qui cède, qui
explose

Cette fois la descente est rapide, asphyxie des sens il n'y a plus ni la raison ni les quelques sentiments qui briment. L'on touche le sol avec douceur, sans la crainte, étrangement, il y a une séparation esprit et conscience - cette dernière est étouffée, abandonnée au là-haut, au corps. Désormais il n'y a qu'une neutralité et les faits les faits les faits; pas même encore le désir déséquilibre de savoir ou non, rien que le geste pour savoir, pour attraper ce qui est finalement visible
Ce n'est plus vraiment une table de chevet, ni même une chambre à coucher. Je crois qu'il n'y a plus de décor particulier. Pas d'enveloppe charnelle. C'est un morceau de soi, sans nom, sans décisive pensée, il n'y a que l'agissement : l'on cherche. Et l'on sait ce que l'on va déterrer, quelque part on l'a toujours su. C'est se rappeler, et cet unique geste, qui avait paru inaccessible pendant si longtemps, se déclare soudain comme simplement neutre. Comme atteignable. Comme à faire.

Bizarrement, il n'y a plus cet élan de barricade.
S'il n'y a plus d'objet pour signifier le souvenir, il y a cependant une forme de matière lorsque l'on s'en empare enfin. C'est un poids, il écume la poitrine souhaite, sortir exploser crever le monde, il s'engouffre dans la faille de la sortie avant de pouvoir soi-même s'extraire de cet état méditatif. L'on est encore, pour quelques brèves minutes, neutre, ni satisfaite ni dévastée par la révélation. Peut être que l'on ne saisit pas réellement ce qu'il vient de se passer, ce que l'on vient de faire. On a simplement cherché ce qu'il fallait chercher, action défaite de toute intention, c'était une demande à laquelle l'on a répondu comme un réflexe, comme lever un bras, avancer une jambe; se souvenir.
Dehors, tout tremble. Déjà le conscient parvient à s'immiscer, à comprendre tout à fait, à prendre mesure du dégât. Déjà il cesse de répondre; déjà il se prépare. Et lorsque l'on émerge, tout est fini.

Tout
est
fini

C'est comme si l'on tenait encore le papier, la preuve solide, et l'on voudrait replonger, nier à tout prix, pour toujours parce que c'est un toujours qui risque d'être court. Oublier à nouveau, pitié, ne pas avoir à faire face, continuer à vivre aveugle et paisible, parce que ne pas savoir vaut tout l'inconfort du monde provoqué par le sentiment qu'il manque un morceau. Reprendre l'habitude de s'enfiler de l'amnésie à chaque fois que la connaissance revient, que l'inconscient rejette une phrase de trop. Devoir se surprendre à nouveau des trous dans le calendrier, des heures sautées. Savoir que quelque chose cloche mais surtout surtout n'avoir aucune idée de ce dont il s'agit - après tout l'on a fort bien réussi à enterrer, tout enterrer pendant plus de deux ans, et l'on s'en est très bien sortie. Il n'y a pas de raison que cela soit différent en recommençant. Le destructeur comportement de savoir n'est pas vivable et il va y avoir nécessité d'oublier à nouveau pas vrai pas vrai pas vrai je ne peux pas. C'est impossible. Tout sauf savoir. Etre reprise par la douce amnésie provoquée, retomber dans la douce ignorance. Avoir un sourire étrange à Lizzie. J'ai un cancer. Juste là la main au sein. Rire jaune. Oh puta*n. S'écraser le visage dans les mains.
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Re: L'Officine : Banque mémorielle

Message par : Lizzie Bennet, Jeu 9 Aoû - 9:28


Lorsqu’elle émerge, il y a un bout d’elle si endolori, si fatigué, si meurtri, si vidé, que je ne crois pas la reconnaître. Il y a des années que Shela est entrée dans ma vie, toute menue et douce et vive ; une malice dans le sourire, une tendresse dans les sourcils. Je me rappelle de nos jeux préfectoraux plus ou moins légaux, de son humour.

Mais cette femme que je fois aujourd’hui, cette femme ne lui ressemble rien. Elle n’est que la carapace, l’enveloppe corporelle sur laquelle on aurait multiplié les coups. Elle est rouée de douleur, rouée de choses que l’amnésie ne saura jamais entièrement effacer. Le seul point commun avec mon souvenir d’elle est cette blancheur blafarde, qui me parait plus maladive que jamais à l’heure d’aujourd’hui. Ses yeux gris, perdus, paraissent presque vitreux.

J’ai mal pour elle, mal pour nous, mal de ce monde qui se joue de tout, qui détruit les candeurs et les espoirs et l’innocence. Je voudrais lui rendre sa part d’insouciance, qu’elle lâche son visage — ses mains l’ont emprisonné et son sourire est balafré de sanglots qui me paraissent sur le point de déborder. Ce monde ne devrait pas avoir le droit de leur voler, de nous voler, nos rêves d’enfants…

Et le mot tombe, comme une sentence. Condamnée à mort. Son sein porte en lui l’ennemi juré de la vie, et elle va devoir l’allaiter jusqu’à ce que sa pourriture se répande partout dans le corps de la jeune femme. Il lui prendra tout.
Bégayer : tu…
Regard brisé.
— Tu sais à quel stade tu es ? Il existe des traitements ?
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Re: L'Officine : Banque mémorielle

Message par : Shela Diggle, Lun 13 Aoû - 14:23


Plus que jamais l'on est sa propre bombe, sauf que le minuteur vient de descendre à une vitesse monstrueuse. L'horlogerie s'installe au creux de l'estomac, presque presque l'on entend ses aiguilles frapper ses parois, encore, une, seconde, de moins. C'en est fini de l'humain, désormais l'on est ce que l'on a toujours redouté de redevenir : le malade. Creuser le visage des ongles, souhaiter demander pardon, pardonne moi Lizzie de t'avoir jetée dans les mains un sentiment désastreux. Mais si l'on parle il y aura les pleurs, alors faire silence. Dans la souvenance avoir pris environ dix ans et deux guerres

est-ce un jour supportable ? ne vaut-il mieux pas cesser immédiatement le temps, celui qui coule par le sein droit, celui qui défile selon sa convenance - et ce depuis des années parce que l'on a voulu évincer la pensée. Quelque part il y avait eu cette interrogation, est-ce qu'oublier une condition ne permet-il pas d'effacer tout à fait cette condition, n'est-ce pas le savoir qui fait que quelque chose existe, et l'ignorance qui la tue ? L'on avait voulu y croire. Se redresser mais éviter le regard de la jeune femme, de peur d'y lire les pareilles choses qui défilent sur le mien, de peur d'être transformée, soudain - et on l'est, mais refuser de le voir projeté. Ça fait trop longtemps, peut être que le minuteur a moins encore de chiffres que l'on ne le pense. Une noirceur s'est éprise d'une poitrine, encore, et cette fois une des figures floues dans les nombreuses inconnues, une des figures dans la masse sombre et sans nom, a un visage. Cette fois, ça n'a pas été les autres, ni même les proches.
Je crois que je me suis mise à pleurer.

C'était pas grand, au début, c'en était au premier stade et la voix flanche, se brise en deux ça fait des dizaines de mois que je suis sous ignorance artificielle. C'est un goût amer sur la langue, dans la gorge; c'était peut être résolvable, au début. Maintenant l'on a peut être déjà un pied sous terre, un sein dévoré par la mort et plus si affinités entre les cellules. On n'est jamais beau lorsqu'on pleure. Mais avoir ce besoin d'être vraiment fragile, ouvertement cassée et surtout surtout, devant quelqu'un. Avoir toujours eu un respect et une confiance envers Lizzie; aujourd'hui ce quelque chose devient, brusquement, beaucoup plus. Je sais seulement qu'il y a des moyens moldus. Lourds. Qui achèvent si c'est pas fait par la maladie elle-même. Avoir une intolérable douleur sans point précis, peut être partout, un de ces maux sans nom. Lever le regard vers elle j'ai pas les épaules pour ça.
Je crois que je suis heureuse de l'avoir eu avec moi en réapprenant l'oublié.
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Re: L'Officine : Banque mémorielle

Message par : Lizzie Bennet, Mer 15 Aoû - 23:45


Y a les mots qui coulent plus vite que les larmes et le regard qui se perd entre les lignes de ses mains et ça glisse et ça roule comme des oriflammes et j’ai le coeur qui se fend pour elle et pour eux et pour tous ceux qui l’aiment et pour moi qui m’y risque maintenant, maintenant quand il est trop tard pour aimer vraiment, maintenant quand personne ne veut se condamner à l’accompagner dans la maladie, dans les hôpitaux, dans la convalescence. On aime l’humain frais et chaud et beau et vivant et bien-portant et bien formé et bien animé, sitôt que ses joues se creusent, il nous déplait.

Ou alors, au contraire, on se met à aimer parce que l’autre est malade, parce qu’on a peur de le perdre, parce qu’on veut se donner bonne conscience, se dire que dans ses derniers instants, on était là, parce qu’on a besoin de se rassurer et de se dire qu’on est une bonne personne, et que nous aussi, quand on sera malade, on méritera d’être traité avec bonté et bienveillance, non pas parce que l’être humain par nature a droit au bonheur, mais parce qu’on s’imagine le mériter plus que d’autres.

Quelque soit l’interprétation, j’ai la langue qui râpe et suinte le malaise devant l’hypocrisie humaine. Je m’écarte de ma comparse, énumérant les ingrédients que Brutus doit venir chercher demain. 60 Doigts de Chapeaurouge, 4 Ecailles de dragon, 110 non 112 Feuilles d’Alihosty, 120 Feuilles de Khat, 3 Fioles de cire de Rosee sans oublier 1 Fleur de lotus et 10 Langues séchées de myrmidon. Ah, quel cauchemar que les caprices de Mangemort 40…

Mes mathématiques potionneux m’aidaient à remettre de l’ordre dans ma tête, et cela alla tout de suite mieux. Reprenant une contenance docile et à l’écoute, je disais « mm » et « je vois » quand il le fallait.
— Je suis vraiment désolée que tu aies à traverser tout cela. Je peux me renseigner sur les traitements magiques, si les alternatives moldues sont trop périlleuses…
Je m’avance vers elle et finis par craquer, lui offrant mes bras.
— En tout cas, si tu as besoin d’une épaule là, je suis toute à toi
.

Ne reste pas seul petit chat. S'il te faut pleurer, pleure avec moi. Je suis là, pour toi.
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Re: L'Officine : Banque mémorielle

Message par : Shela Diggle, Lun 3 Sep - 11:29


TW

Parfois c'est lorsque l'on se trouve en face d'un imminent danger causé par autre que soi que s'efface le désir de mourir, parce qu'il ne s'agit alors de sa volonté propre, parce que l'on est éveillé à la possibilité d'être meurtri d'une façon que l'on ne souhaite pas. Ici c'est le propre corps qui veut qui va tuer, c'est autre que soi, c'est contre la volonté mais pourtant pourtant pourtant, avoir sans doute encore envie de mourir, peut être même plus encore. Ce sera ça ou subir les langueurs impossibles d'un crabe incurable, ses mouvements dans le noir il, s'avance parfois, le sentir festoyer tant le noir est entier, tant il y a à bouffer dans la tête les idées
trébuchent. Je n'en ai pas envie
Et pour vivre pour vivre il faut un certain capital chance et santé pour créer le bonheur baume à douleur, pour vivre il faut un peu de vigueur du corps, quelques pièces dans les poches, quelques proches à flouer mais surtout surtout il faut la nécessaire volonté d'essayer, de rester en vie, et je n'en ai pas envie

Faisons une liste, parce que se persuader que de toute manière rien n'ira en sens contraire de cette pensée. A qui manquerai-je ? Jade, Altaïr ? quelque part Azaël ? voilà deux années que l'on a cessé tout contact avec chacun d'entre eux, et tout les autres, chaque foutu membre de la famille et sauf quelques paroles vaines échangées avec quelques fantômes qui ne ressemblent plus à ce qu'ils avaient été, rien, peut être suis-je même déjà crevée à leurs yeux, peut être qu'ils ont déjà oublié que déjà déjà ne plus être qu'un souvenir au voile gris que l'on attribut aux disparus. A quoi manquerai-je ? n'avoir jamais eu de dessein poursuivi avec la passion des gens qui apprécient le fait d'être bien vivants, avec leur ardeur qui donne un sens - les choses ne semblent pas vraiment en avoir, ou en tout cas ne pas faire partie de ceux qui arrivent à le voir. Ne manqueront à rien mon désintérêt maladresse incapacité, je suis décevante
et à la question qu'est ce qui pourrait me manquer à moi ? rire jaune
Sur les lignes les innombrables raisons qui retiennent à terre et c'est un brouillon barbelé, ne pas avoir de raison de ne pas fuir encore une dernière fois, comme avoir déjà fuit les responsabilités les affectionnés la famille le pays et foncièrement soi-même, je crois qu'il ne reste qu'à continuer et fuir et fuir courir à sa perte mais après tout ne plus vraiment considérer cela comme une perte. Puisqu'il ne reste ni désirs ni desseins ni songe éveillé pour masquer le fait que l'on allaite un crabe depuis probablement trop longtemps pour le faire disparaître, que perd-t-on d'autre qu'une douleur qui aveugle la perception de soi

Je veux bien souffler bien que distraitement penser que l'on ne saurait préférer le choix du soin à celui de ne plus trop exister. Accepter les bras de Lizzie avec la même distance de la tête qui vogue vogue désormais à nouveau très loin de tout ce qui pourrait sembler ou être trop réel. On pleure, parce que tout est douloureux, tout est de trop et trop vif et trop brutal et maintenant maintenant, je fais quoi ? comment retourner au normal alors que le normal n'existe plus, comment faire comme si, comment jouer sans masque ? un sourire grimace pardon, t'as rien demandé et surtout pas ça.
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Re: L'Officine : Banque mémorielle

Message par : Lizzie Bennet, Dim 9 Sep - 12:15


HRP : "langueurs impossibles d'un crabe incurable" — ce que c'est beau ce que tu écris Shela. Merci.

Elle répond à ma proposition avec un détachement qui m'inquiète. Elle parle comme ceux qui ont cessé de croire mais qui ne veulent pas faire de la peine. Ils nous laissent nous escrimer à les aider alors qu'ils savent ne plus avoir l'énergie de la lutte. Ils nous retiennent juste de réaliser ce qu'il se passe dans leur tête. Dans leur monde.

Pour être passée par là, je ne me fais pas avoir. Pas cette fois. Je chasse le regard troublé que je dois affiché, et en emprunte un plus assuré, comme une promesse de "je vais essayer". Car c'est tout ce qu'il nous reste, au fond. D'essayer, même lorsqu'on ne sait plus exactement pour quoi. C'est comme jeter trois couleurs sur un papier, alors qu'on ne sait pas où l'on va.

La douleur finit par s'exprimer. C'est pas plus mal. On essaie toujours de se retenir, de s'empêcher de la ressentir. On nous a appris que la force, c'est la résistance aux émotions. Une ineptie, au fond, que j'ai moi-même appliqué soigneusement à toutes les étapes de mon existence. Enfin, pas toutes, je sais suivre le bonheur dans des élans de fantaisie espiègle ; je sais choisir le jeu sans hésiter. Mais pour les tristesses et les souffrances, j'ai tendance à refouler. Ce n'est pourtant pas comme ça que ça se passe.

Si on ne suit pas nos émotions, c'est comme si on remplissait un ballon d'énergies négatives dans notre poitrail. Les souvenirs passent, le ballon explose, et nos poumons se trouvent alors noyés. On pleure alors sans réussir à respirer ; on pleure en s'étouffant dans l'oreiller pour vite reprendre un semblant de contenance. On pleure comme si on avait tout perdu. Non, il faut libérer les écoutilles à intervalles réguliers pour assainir les lieux.

J'en profite, d'ailleurs. Je colle une fiole à sa joue et récolte une larme. S'il lui faut revisiter ce souvenir plus tard, elle pourra le faire à son rythme. Pour l'heure, prioriser ses émotions.
— Maintenant tu t'excuses pas, tu laisses les écluses se gérer toutes seules. Faut que ça sorte, que tu te libères de ces énergies-là. Tu réfléchiras mieux après.

Damn, si seulement on savait s'appliquer les conseils qu'on fournit aux autres…

— Et après… après je sais pas. J'pourrais te faire visiter un souvenir positif. Ou on pourrait prendre à manger. Cela ne règle pas grand chose, mais cela ne veut pas dire que cela ne sert pas à grand chose. Enfin, si, mais on a besoin de moments qui ne servent à rien d'autres que de nous faire du bien.

Plus tard encore, j'irais voir un médicomage. Je suis sûre qu'Ebenezer ou July sauraient m'orienter vers les bons services !
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 L'Officine : Banque mémorielle

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