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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Londres ~¤~ :: Chemin de Traverse :: Allée des Embrumes
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Plus qu'une rue mal famée...
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Elhiya Ellis
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Re: Plus qu'une rue mal famée...

Message par : Elhiya Ellis, Mer 17 Mai - 16:02


Etrange tout de même ces bruits de pas qui n’annoncèrent que le passage d’un chat, les chats sont discrets de manière générale, ils marchent à pas feutrés, d’où leur surnom de patte de velours. Mais bon, la blonde préféra garder son observation pour elle-même pour ne pas effrayer le gamin qui était avec elle. Cet animal pouvait très bien être un animagus qui se cachait du regard d’autrui, et dans ce cas, la jeune fille ne voulait pas savoir quelle pouvait en être la raison.  Et puis, la voix du petit brun à côté d’elle s’éleva soudainement,  la sortant de ses propres interrogations.

Voilà qu’il voulait partir alors qu’il pleuvait encore un peu et qu’ils n’étaient pas totalement sec. Le sortilège d’augmentation de température du feu avait été une bonne idée, mais le linge n’était pas encore totalement portable. C’et à ce moment que Sid décida de la surprendre, il pointa du bout de sa baguette et jeta un sortilège, qu’Elhiya pensait être utile pour imperméabiliser les objets. Quoi qu’il en était, le linge se dégorgea de l’eau qu’il restait et elle l’enfila pour arrêter d’avoir froid.

Sans demander son reste, le jeune garçon attrapa deux planches de bois et lui en tendit une. La blonde le dévisagea, incrédule.

*Qu’est ce qu’il veut que je fasse ? que je nourrisse le feu ?*

Finalement, il lui expliqua qu’il comptait s’en servir comme protection contre la pluie, car ils n'avaient pas de parapluie et il fila hors du porche, prétextant qu’il mourrait de faim. Prise au dépourvue, la jeune Serpentard se mis à lui courir après, baguette à la main, essayant de viser la planche qu’il avait mis au-dessus de sa tignasse brune encore mouillée.


« Mais attends ! Qu’est-ce qui te prends d’un coup ? Attends ! Amplifica.. »

Bon, jeter un sort sur une cible mobile n’était pas vraiment ce qu’elle préférait, surtout que le gamin ne l’attendait pas. Agacée, elle rangea sa baguette et abandonna sa planche au sol, sursautant suite au fracas que cette dernière provoqua  en touchant les pavés. Hatant le pas, elle rejoint le petit brun et le regardant en fronçant un sourcil, étirant un demi sourire en coin

« Ton estomac est plus important que te faire bouffer cru par un chien ? Étonnantes priorités quand même »

Fallait dire que s’activer uniquement maintenant était plus que surprenant, il aurait pu hurler devant le canidé, être pris de panique dans le bar, s’angoisser dans la ruelle sombre et tortueuse de l’allée des embrumes, mais non, il était toujours resté stoïque, et calme. Pour le coup, la blonde se demanda si c’était de l’inconscience ou de la bravoure. Mais elle jugea plus utile de se taire pour cette fois ci, désormais que le gamin semblait avoir pris conscience qu’il ne fallait pas rester ici, autant le suivre. Visiblement, ce dernier se contrefichait d'être trempé, sa petite planche ne couvrait que le sommet de son crâne, et il pataugeait dans les flaques qu'il croisait.

*Il es bon pour un rhume celui-la* "Atchaa..." *Bon, pour moi c'est déjà fait, la poisse*

Elhiya aussi d'ailleurs, vu que ses pieds étaient trempés, elle avait l'impression de marcher pieds nus et grimaça. Pourquoi n'avait elle pas pris de parapluie? En Angleterrre c'était souvent nécessaire, quelle tête en l'air. Non... en fait la question réelle, était, pourquoi entant que sorcier ils n'étaient pas capable de faire apparaître un parapluie, Ca, c'était vraiment un comble!

Elle n’était pas mécontente de quitter l’aller des embrumes, le pub avec ses clients étranges et son tenancier agressif l’avaient pas mal refroidie. Prochaine fois qu’elle mettrait les pieds ici, elle demanderait à son père de l’accompagner. Comme elle voulait se fournir en composant divers, il ne dirait pas non. Une fois sortie de la rue, elle reposa les yeux sur le garçon, il avait faim et il y’avait pas mal de boutiques dans le coin qui pourrait satisfaire son estomac comme le besoin de chaleur de la jeune fille


« Je te suis »


Fin du Rp pour Sid & moi-même
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Artemis Lhow
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Re: Plus qu'une rue mal famée...

Message par : Artemis Lhow, Mer 28 Juin - 21:33


Tour de garde - Juin

L'homme à la photo

avec Sara Misdria

S'il était une rue que le jeune Artemis n'aimait pas fréquenter, c'était bien celle-ci. L'allée des Embrumes. Une petite rue parallèle au chemin de traverse, spécialisée dans la vente d'articles interdits liées à la magie noire. Chaque magasin, même légal, avait ici une réputation aussi noir que le fond des toilettes d'un motel miteux en bord d'autoroute.

Son visage exprimait un dégoût profond tandis qu'il marchait le long de cette allée, regardant fuir les marchand ambulant avec un désintérêt total. Cette allée lui donnait la nausée. Les relents de pourriture cuisinées à la magie noire étaient dans tous les coins. Mais rien qui ne changeaient de l'ordinaire pour un endroit comme celui-ci. Il continua donc avec le plus grand désintérêt son tour de garde en cet endroit puant et sombre...



Dernière édition par Artemis Lhow le Mer 26 Juil - 23:41, édité 1 fois
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Re: Plus qu'une rue mal famée...

Message par : Sara Misdria, Sam 1 Juil - 19:34


Pv Artemis Lhow
LA accordé


La fatigue commençait à se faire sentir, une décision devait être prise et vite. Y aller ou renoncer encore une fois étaient les deux seules possibilités. Un brouillard épais commençait à apparaître, une pluie fine tombait sur les épaules de Sara alors que celle-ci ne parvenait pas encore à se décider. Poussée par toutes les questions qu'elle se posait sur son passé et plus particulièrement sur son père, la jeune fille était sur s'apprêtait à franchir un point de non retour ; ses recherches allaient enfin pouvoir réellement débuter. Munie de la seule preuve qu'elle n'ait jamais eu concernant l'existence de son géniteur, une vieille photographie en noir et blanc, elle s'apprêtait à se rendre dans l'Allée des Embrumes dont la réputation n'était plus à faire. Depuis qu'elle avait prit la décision de se rendre dans cette partie du Chemin de Traverse une forme de stress ne la quittait plus mais il était presque trop tard pour faire machine arrière, elle avait déjà un pied dans l'Allée.

Retenant sa respiration elle fit quelques pas dans l'Allée, le moment était enfin arrivé. À cet instant présent plus rien ne comptait pour elle mis à part retrouver son père, peut être ainsi réussirait elle à sortir sa mère de la folie qui l'emprisonnait depuis tant d'années, refermant de plus en plus ses griffes acérées au fil du temps autour de son esprit. Elle prit toutefois le temps de s'arrêter un instant afin d'observer autour d'elle. Le temps semblait s'être arrêté, un brouillard de plus en plus épais l'entourait. Il était encore tôt, la nuit commençait seulement à tomber mais Sara avait l'impression d'être seule au monde. De la sueur commençait à lui couler le long du dos, l'ambiance était à l'opposée de celle régnant sur le Chemin de Traverse. La jeune fille était en train de se rendre compte qu'ici tout paraissait inquiétant, le moindre son était suspect, surtout tel qu'ils étaient étouffés par le brouillard. Elle redoutait tout autant qu'elle était impatiente de rencontrer quelqu'un qui pourrait lui indiquer où commencer ses recherches. Le moindre indice, la moindre piste étaient importants, ils lui donneraient de l'espoir et surtout la force de préserver. Personne et encore moins elle ne savait ce qu'elle serait prête à faire, jusqu'où elle pourrait aller pour accomplir la mission qu'elle s'était fixé.

Finalement elle continua à avancer, lentement, ne parvenant pas à voir à plus de quelques mètres. Elle avait l'impression d'être seule homme, qu'aucune personne ne s'aventurait dehors ce soir-là. Le courage la quittant peu à peu, le corps crispé par l'angoisse elle s'apprêtait à faire demi tour pour retrouver un semblant de sécurité lorsqu'elle cru apercevoir non loin d'elle l'ombre d'une personne. Se méfiant quelque peu mais ne pouvant louper cette occasion de pouvoir peut être obtenir enfin une quelconque information concrète elle s'avança à tâtons. Plus elle s'avançait, plus la silhouette d'un homme, qui lui paraissait immense par rapport à elle, se détachait du brouillard. Arrivant à ses côtés, en prenant la peine de faire de bruit pour le prévenir de son arrivée, Sara prit son courage à deux mains et d'adressa directement à lui essayant d'afficher un sourire décontracté. Lui mettant sa précieuse photo sous les yeux elle lui dit :

- Excusez-moi vous auriez pas vu une version plus âgée de cet homme dans les parages dernièrement ?
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Artemis Lhow
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Re: Plus qu'une rue mal famée...

Message par : Artemis Lhow, Dim 2 Juil - 2:16



LA mutuels accordés

La journée avait été particulièrement longue. Patrouiller en cet endroit était la pire des punissions pour le jeune homme. Il détestait viscéralement l'Allée des Embrumes. Il fallait être particulièrement tordu pour fréquenter pareil endroit non ? Pourtant, quelque chose en ce début de soirée pourrait venir lui apprendre le contraire...

Alors qu'il se dirigeait vers le chemin de traverse, aspirant enfin à retrouver les façades accueillantes des commerces "normaux", une ombre se profila dans la rue. Floue tout d'abord, les contours indistinct dessinés au travers de la brume, puis de plus en plus net. Une petite silhouette, sans doute un enfant ou au mieux un adolescent. L'ombre semblait clairement venir en sa direction et le jeune homme hésitait clairement à saisir sa baguette.

Lorsque enfin il put mettre un visage sur cette ombre, son visage n'exprimait plus que surprise et mécontentement. Que faisait une jeune fille seule dans l'Allée des Embrumes ?! Elle lui adressa un sourire de bienséance, lui mit une photo sous le nez et lui demanda s'il n'avait pas vu la version vieillard de l'homme sur la photo. Il regarda rapidement l'homme en question, mais ses yeux retournèrent bien vite sur la demoiselle.

« Par la barbe de Merlin, qu'est-ce que vous fichez ici ? Vous souhaitez vous faire tuer peut-être ? »

Il était presque bouche bée devant le ridicule de la situation. La réputation de cette Allée n'était pourtant plus à faire. Réflexion avait passé le relais à ses comparses : franchise et spontanéité. * Ouais bah sa promet ... * Il examina rapidement les alentours, mais aucune âme ne semblait s'intéresser de près ou de loin à la discussion qui s’engageait. L'insigne de l'auror, bien en vue sur sa robe, devait y être pour quelque chose ... il retourna son regard vers la jeune fille et lui demanda le plus naturellement du monde.

« Quel âge as-tu et où sont tes parents ? »

* Eh bah voilà, qu'est ce que je disais, tout en finesse ... *



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Sara Misdria
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Re: Plus qu'une rue mal famée...

Message par : Sara Misdria, Ven 7 Juil - 8:04


Il commençait maintenant à faire vraiment sombre, il n'allait pas tarder à faire tout à fait nuit et le brouillard de plus en plus épais était littéralement en train de glacer les os de la jeune fille. Sara avait l'impression de n'avoir jamais eu aussi froid de sa vie, il lui semblait que le froid était ancré au plus profond d'elle et qu'elle ne connaîtrait plus jamais la douceur de la chaleur en train de sa rependre dans son corps. Et voilà que l'inconnu en face d'elle commençait presque à lui faire une leçon de moral, comme si elle venait ici de son plein grès, à la recherche de quelques sensations fortes peut être. Elle n'était pas stupide, contrairement à ce qu'il devait penser, elle savait très bien où elle était et les risques qu'elle prenait ; mais elle n'avait pas le choix, elle avait besoin de ça pour se construire, pour pouvoir avancer. En peu de temps cette mission qu'elle s'était fixée était devenue vitale pour elle et ce n'était pas la peur qui allait l'empêcher de trouver ce qu'elle cherchait.

Encore et toujours les mêmes questions "Quel âge as-tu ?", "Où sont tes parents", à croire que tous les enfants de la planète ne dépendaient que de leurs parents, que tous pouvaient réellement compter sur une présence maternelle ou bien encore que toutes les familles comptaient un père aimant et attentionné. Il arrivait à Sara de se sentir si seule, particulièrement dans ce genre de situation, lorsqu'elle accomplissait des actes qu'elle n'aurait jamais eu à accomplir si justement toutes les familles étaient équilibrées. Mais ce n'était vraiment pas le moment de s'apitoyer sur son sort. Elle souhaitait juste obtenir quelques informations le plus rapidement possible pour pouvoir enfin rentrer chez elle, le seul endroit où elle se sentait vraiment en sécurité.

"Ce n'est pas la question de savoir mon âge et où sont mes parents, je veux juste savoir si cet homme vous dit quelque chose. Si vous ne le connaissez pas ça sert à rien de me faire perdre mon temps, dites le moi que j'aille directement demander à quelqu'un d'autre !"

Il ne lui restait maintenant plus qu'à croiser les doigts pour qu'il se décide enfin à répondre à sa question et surtout pour qu'il ne s'aperçoive pas qu'elle commençait réellement à être terrifiée ayant l'impression que tous les bruits qu'elle entendait contenaient une menace pour elle.
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Artemis Lhow
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Re: Plus qu'une rue mal famée...

Message par : Artemis Lhow, Ven 7 Juil - 14:43


La demoiselle semblait bien avoir conscience que l'endroit où elle se trouvait n'était pas forcement idéal pour une jeune fille seule comme elle. Mais visiblement, elle semblait avoir un caractère et une opiniâtreté bien plus rude que sa capacité d'analyse. Artemis terminait sa patrouille, il avait toujours sa plaque bien visible sur sa poitrine et haussa un sourcil lorsque la demoiselle lui rétorqua qu'il lui faisait perdre son temps.

La surprise laissa bien vite place à un sentiment de colère à peine contenu. Décidément, plus aucun jeune n'avait de respect pour ses ainés aujourd'hui ! Quant au respect de la fonction d'Auror n'en parlons pas, beaucoup les voient comme des troubles fêtes juste bon à aligner les contraventions et à empêcher les gens de s'amuser librement. Aucune considération pour les risques qu'ils prenaient pour assurer la sécurité des sorcières et sorciers en ce bas monde.

Le jeune homme fronça les sourcils et croisa les bras sur sa poitrine. Il observa un instant la photo et reporta son attention sur la demoiselle.

« Eh bien mademoiselle, je vous propose d'aller poser votre question à une autre âme dans cette allée. Lorsque vous vous serez rendu compte qu'en cet endroit votre seul repère fiable c'est moi, vous hurlerez un bon coup et si l'envie m'en prend, peut-être que je viendrais vous aider à vous sortir de la situation dans laquelle vous vous êtes empêtrée. »

Sans quitter la demoiselle des yeux, le visage fermé, les bras toujours croisés, il se dirigea vers le mur proche et s'y adossa. Il en avait assez de courir après les gens pour qu'ils ne fassent pas de bêtises plus grosses qu'eux. Il avait déjà eu bien des soucis ces dernières semaines avec deux élèves de Poudlard... celle-ci devait sans doute y être aussi et il était hors de question qu'il passe une heure à lui démontrer qu'elle prend des risques inutile. Il avait donc décidé de la laisser faire et il verrait ensuite comment elle se débrouillerait... foutue soirée...

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Ambroisie Palel
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Re: Plus qu'une rue mal famée...

Message par : Ambroisie Palel, Dim 30 Juil - 20:35


Avec l'autorisation d'Artemis Lhow je débute un nouveau RP sur ce sujet



Les tonneaux sont nos amis avec Kohane Werner



Un beau début de soirée, la pleine lune qui commençait à baigner l'allée des embrumes d'un halo de lumière blanc tandis que le soleil déclinait peu à peu. Tout ceci donnait un certain charme au lieu il fallait le reconnaître. Bien que l'allée était considérée comme mal famée, Ambroisie aimait y faire un tour quelques fois,  histoire de voir ce que le côté supposé sombre par certains avait à proposer de nouveau. Elle marchait les mains dans les poches de sa veste, tranquillement, paisiblement. Les bruits émanant du Chemin de Traverse lui paraissait lointain, très lointain : elle était perdue dans ses pensées. La jeune Palel regardait de ses grands yeux bleus sans vraiment voir ce qui l'entourait. C'est si calme ici en comparaison du reste du Chemin...

Le calme était assez important pour Ambroisie, elle aimait avoir des périodes de répit, éloignée de la vie trépignante. Elle pouvait penser, analyser, s'émerveiller et tout ceci lui était à jamais sien, bien garder dans son crâne. Bien que l'allée soit mal famée pour beaucoup, elle s'était toujours émerveillée du calme qui y régnait et de l'atmosphère des lieux. Plus tôt dans sa promenade elle avait même pris le temps de jeter un coup d’œil rapide chez Barjow et Beurk.
La magie noire, considérée comme si vile par tant de sorciers, n'en était pas moins fascinante pour la jeune brune. En s'arrêtant près d'un tonneau qui se trouvait là, Ambroisie s'y adossa pour réfléchir à cette considération. Pourquoi se voilent-ils tous la face ? La magie blanche peut faire des dégâts, tout comme la magie noire, ils sont tous tellement obtus... C'est édifiant et révoltant.  

Dieu qu'elle savait ce que ça coûtait d'être aperçue dans l'allée des Embrumes, ceci lui avait valu quelques remarques peu sympathique de sa famille qui ne comprenait et ne comprendrait jamais l'intérêt d'Ambroisie pour la magie noire. La jeune femme aurait aimé rencontré quelqu'un qui partageait ses idéaux, une harmonie possible entre les deux formes de magie pourtant cataloguées comme opposées. Toujours appuyée sur le tonneau qu'elle avait trouvé et son regard vagabondant en face d'elle, la jeune femme avait perdu toute notion du temps et ici, personne ne serait là pour la ramener à la réalité, personne...
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Kohane W. Underlinden
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Re: Plus qu'une rue mal famée...

Message par : Kohane W. Underlinden, Jeu 3 Aoû - 11:52




Même ici, les astres brillent.
Après tout, ils brillent partout.
La lune illumine, les étoiles scintillent. Merlin, qu'elles sont belles ce soir. On dirait qu'elles ont enfilé leur plus belle tenue. En l'honeur de... D'un je-ne-sais-quoi. Peut-être me font-elle signe que quelque chose d'incroyable va se produire ?
D'un autre côté, je ne crois pas vraiment à l'incroyable.
Je ne crois qu'aux belles rencontres, aux rencontres inattendues. Bien évidemment, y'a aussi les mauvais chemins qu'on croise. Ca, c'est inévitable.
Certains pourraient penser qu'en venant traîner au beau milieu de l'Allée des Embrumes au milieu de la nuit, les mauvais chemins ne sont plus supposition mais certitude.
En vérité, je suis confiante. J'ai eu peur. Autrefois. Ici. Mais aujourd'hui, je crois que ça va. Je me suis forgée face à l'adversité, forgée face à la vie. J'ai appris à la connaître. Presque à l'apprivoiser.
Alors, non
Je n'ai pas peur.
Je n'ai plus peur. Pas avant d'être réellement confrontée au danger, en tout cas. Je ne me fais plus d'affreux et terrifiants scénario. Je me contente uniquement d'aller. Attendre. Et voir. C'est bien suffisant.

Le trottoir est encore un peu tiède de la journée passée.
Comme quoi, les rayons de soleil parviennent jusqu'ici. Même ici, devrais-je dire. Comme les astres. C'est plus sombre, certes. Mais ce ne sont pas les lieux qui sont dangereux. Ce sont les personnes. Le lieu ne fait que subir notre influence. Il n'est responsable en rien de la réputation qu'on lui accorde.
Il en va de même dans les villes.
Quartiers riches, quartiers pauvres.
Tout cela est réversible. Un jour, le centre historique, délabré et laissé à l'abandon est occupé par les pauvres tandis que les riches vont se construire leurs villas en banlieue. Puis le lendemain, on décide de rénover tout ça, on détruit les vieilles baraques, on fout les gens dehors, le prix du foncier monte. Hop, les riches reviennent au centre, les pauvres n'ont qu'à se terrer en banlieue.
Et le quartier que tous évitaient autrefois parce que soit-disant malfamé, lieu de contre-bande et QG de mafias devient, d'un seul coup, quartier chic et huppé où toutes les résidences deviennent surveillée, où les rues ne sont plus que bordées par d'adorables jolies maisons et où calme et sécurité règnent en maîtres.
Ce sont les gens qui fabriquent les lieux. En premier. Après, évidemment, les lieux fabriquent aussi les gens. Mais à l'origine, ce sont nous qui nous les approprions et leur donnons les teintes que l'on veut.



Jambes repliées contre ma poitrine, fesses posées sur le trottoir, j'attends. Que se passe la nuit.
Je ne sais pas vraiment pourquoi je suis venue ici.
Et je me fiche des raisons.
Je passe, je vais, je viens. Voilà.
Ca me suffit.
Quant à ceux qui aimeraient absolument savoir pourquoi, je les e*Mer**.

Tic
Tac
Toc
Et la lune rit.
Je l'écoute avec un sourire.
Puis
Les fourmis dans les jambes. Le frais de la nui qui s'impose peu à peu. Faut que je bouge. Alors je me lève en silence. C'est calme, par ici. C'est sombre, oui. Mais je ne repère pas encore de présence. Je ne distingue pas encore d'ombre pouvant être menaçante.
Je me mets en route. Dans une rue sans nom.
Je me fiche de savoir où je suis.
Mes pas glissent sur la chaussée. Je déambule. La lune souriante toujours au-dessus de la tête. Je marche. Quand soudain
Je la vois. La silhouette immobile.
A l'instinct, je sens que ce n'est pas une personne d'ici. Trop calme, peut-être. Ou trop innocente. Trop concentrée. Trop... je sais pas.
Je m'approche.
Elle est appuyée contre un tonneau. Elle attend quelqu'un ?
En tout cas, elle paraît plongée dans ses pensées.
Que vient-elle faire ici ? Chercher les ombres ? Vouloir avoir des sueurs froides pour ensuite raconter son expérience roh làlà, jamais eu si peur de ma vie !
Je m'approche encore.
La lune éclaire. La scène.
Et son visage. Je ne la connais pas. Mais elle me paraît un peu trop âgée pour être encore une élève. Nous devons avoir sensiblement le même âge.
Une élève que je n'ai jamais remarquée à Poudlard, donc.



Je me plante à quelques centimètres d'elle. Pas tout à fait en face. Pas vraiment à côté non plus.
Je reste droite, debout.
Et la dévisage dans le noir.
Qu'es-tu venue chercher ici ? Tu veux voir comment les gens habitent leur lieu et lui donne sa réputation si mauvaise ?
Foutus gens...
Ou es-tu venue te rendre compte par toi-même que, noir ou blanc, blanc ou noir, ou même gris, d'ailleurs, cette Allée sombre saura toujours t'accueillir. Si tu es prête à en payer le prix, bien évidemment.

-L'ombre est une part de chacun d'entre nous, je commence à voix haute pour briser ce silence pesant. Mais ici... tu penses que c'est leur lieu de naissance ? Ou d'aboutissement ?

Pause.
Mes yeux balaient l'espace autour de nous.
Il n'y a rien.
Juste elle. Et moi.
Nous.

-Peut-être ni l'un ni l'autre. Ici, c'est juste un lieu de passage. On n'y naît pas. On n'y meurt pas. On ne fait que passer. En coup de vent.
L'Allée ne retient pas ses passagers.

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Ambroisie Palel
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Re: Plus qu'une rue mal famée...

Message par : Ambroisie Palel, Jeu 3 Aoû - 13:37


La lune, le blanc, la soit disant pureté.
Quelle pureté ? Celle d'Ambroisie ? C'était assez ironique, sa pureté avait été atteinte il y a bien longtemps maintenant il lui semblait. Elle continuait à divaguer dans ses pensées, les plus sombres actuellement. L'allée restait calme même quand la lune avait complètement remplacé le soleil.

Soleil, lumière, beauté, chaleur. Foutaise.
Ici, le soleil pouvait frapper le sol, les gens, et tenter de les réchauffer, les âmes habitants l'allée des Embrumes étaient assombries, trop pour être sauvées par un simple astre censé éclaircir nos vies et nos cœurs.
Etait-ce la fréquentation de l'allée qui la rendait si désagréable aux yeux de beaucoup ? Sûrement. Ambroisie pensait que chacun avait ses propres raisons d'agir comme il le faisait. Ça affectait tout un lieu, certes, mais ce lieu représente de manière certaine le mal-être et les penchants sombres de ceux qui vivaient et agissaient ici.

L'obscurité, le côté sombre.
Quelle belle manière de résumer la vie dans l'allée des Embrumes pour beaucoup. Ambroisie esquissa presque un sourire de pitié en pensant à ces pauvre sorciers dénués d'intelligence qui ne cherchaient pas à comprendre grand chose.
L'allée est bien plus qu'une simple rue mal famée, personne ne se l'avouera jamais, ou presque...

Elle voyait, se l'avouait.
Ce quartier si mal famé n'était autre que le reflet du penchant sombre de tout être humain normalement constitué. Qui n'avait jamais rêvé à une vengeance pour faire mal, faire souffrir ? Qui n'avait jamais été soumis à la tentation de céder à la noirceur ? Celui qui dirait le contraire serait un imbécile, capable de se mentir à lui-même.

Mentir. Quelle grande illusion ! Tout le monde mentait, plus ou moins délibérément et pour de plus ou moins bonnes raisons.
Ambroisie avait payé le prix fort pour accéder à cette libération du mensonge. Elle ne se mentait plus. Plus à elle-même. Elle avait comme tout le monde une part de noirceur, sa famille ne voulait pas savoir, pas voir, pas entendre. Elle avait payé le prix Ambroisie. Le prix d'une libération, d'une conquête de la vérité : la solitude. Son père ne pardonnerait pas. Jamais. C'était perdu.

Entendre, revenir à la réalité.
C'était ce qui venait de se passer. Ambroisie fût tirer de ses réflexions pour un moment en voyant une jeune brune s'avançait vers elle.

Elle n'a vraiment pas conscience de sur qui elle pourrait tomber en risquant de s'approcher autant...
En fait, Ambroisie non plus, elle ne bougeait pas, elle devait être un peu suicidaire. Mais dans la pire des situations, elle tomberait sur quelqu'un de sombre qui avant de faire d'elle ce qu'il souhaitait pourrait peut-être répondre à ses interrogations sur comment se libérer totalement d'une noirceur qu'on nous a fait considérer comme un fardeau toute sa vie.

Regarder, observer, sonder. De ses grands yeux bleus, la jeune femme examina la silhouette dans la pénombre. Trop agée pour être élève, trop jeune pour être...
Pour être quoi en fait ? Qu'est ce que ça peut me faire ce qu'elle est, depuis quand je m'intéresse aux autres moi ?

Parler, communiquer. C'était compliquée pour Ambroisie depuis un moment, le silence devenait lourd mais ce n'était sûrement pas elle qui allait le briser, et là, la brune parla :

-L'ombre est une part de chacun d'entre nous, je commence à voix haute pour briser ce silence pesant. Mais ici... tu penses que c'est leur lieu de naissance ? Ou d'aboutissement ?


Comment est-ce possible ? Elle lit dans mes pensées ? Depuis combien de temps elle m'observe ?


-Peut-être ni l'un ni l'autre. Ici, c'est juste un lieu de passage. On n'y naît pas. On n'y meurt pas. On ne fait que passer. En coup de vent.
L'Allée ne retient pas ses passagers.


Une seconde de réflexion lui suffit pour pouvoir répondre à la jeune fille qui lui avait parlé, pour une fois que quelqu'un avait une pensée intéressante dans ce monde.

- Il y a quelque chose qui naît dans cette l'allée c'est la vérité sur la noirceur que chacun porte. C'est inévitable, c'est écrasant et grisant à la fois mais quand on l'assume et l'accepte on vit tellement mieux. Ce qui naît ici c'est l'ombre de chacun, mais elle ne naît pas de rien comme nous quand nous arrivons dans ce monde.
Elle naît de considérations plus profondes, enfouies par les codes qu'on nous impose parce que sinon on est différent, mauvais, pas fréquentable.
L'allée est donc aussi un aboutissement, l'aboutissement de ce qu'on est réellement pour peu qu'on ouvre les yeux sur nous-même. Et c'est aussi pourquoi l'allée ne retient personne et qu'on y passe simplement, personne ne détient le courage d'y rester et d'assumer jusqu'au bout sa part de noirceur. Nous ne sommes ni noir, ni blanc, nous sommes tous gris, en différents nuances, c'est tout.


Tout ceci était sorti de la bouche d'Ambroisie d'une traite, en fixant la jeune brune qui était près d'elle, mais ça voit bien que déterminée était restée douce et fluide.
La nuit promettait d'être longue, agitée, peut-être la fin de la solitude ? De l'oubli de tout ?
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Kohane W. Underlinden
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Re: Plus qu'une rue mal famée...

Message par : Kohane W. Underlinden, Dim 6 Aoû - 0:37




Maintenant que je la vois, que je vois son visage, j'en suis sûre.
Elle n'est pas d'ici. Elle n'est pas de l'Allée. Peut-être même est-ce la première fois qu'elle y vient.
Elle n'a pas peur.
Mais, après tout, je ne fais pas peur. Si ?
Non.
Je ne suis pas venue en ennemie.
Uniquement pour l'interroger. Sur ses ressentis. Ici.
On ne vient pas dans ce lieu sans raison.
Qu'y voit-elle ?
Que ressent-elle ?
Un lieu lugubre qu'il faudrait fuir mais elle veut y affronter ses plus grandes peurs ?
Un lieu lugubre que tous fuient mais dans lequel on peut y trouver son propre reflet et comprendre qui ont est ?

En silence, j'attends sa réponse.
Je l'attends, elle.
Elle pourrait me prendre pour une folle. D'ailleurs, je crois que beaucoup m'ont pris pour une folle, de prime abord. Ils ont peut-être changé d'avis au fil du temps. Mais ça doit être ça, la première impression que je leur donne. Une fille qui a perdu la tête.
Et puis
Et puis j'm'en fous, en fait.
Je me fous de ce qu'on peut penser de moi.
De ce qu'on peut dire de moi.
Je ne m'accroche pas à cela.
Je hais cette société trop bien pensante.
Alors je me fous de la façon dont elle peut me considérer.
Je hais la société. Ce sont les gens que j'aime. Les gens dans leur individualité, leur personnalité, leur histoire, leur caractère. Leurs failles propres et leur force.
Je me fiche bien de l'instinct grégaire qui le pousse à se regrouper, s'entasser en un même lieu.
Je me fiche de la totalité, de la globalité.
Ce sont les gens pris de façon personnelle et différente à chaque fois qui m'intéressent.

Dans le fond, je me fiche de savoir si cette fille vient d'ici ou pas.
Je me fiche de savoir ses liens avec ce monde sombre.
Je me fiche de savoir sa place précise parmi les Ombres.
Je veux juste savoir
Qui elle est,
Elle,
Dans son âme, derrière la surface plane de la peau.
Qui es-tu, inconnue ?



La voilà qui parle.
Elle n'a pas réfléchi longtemps. Peut-être qu'elle réfléchit tout en déversant ses mots. En tout cas, ça coule de source. Le fleuve rendu à la vie. Le voilà qui se met à dévaler la pente. Et ça va, et ça va et j'aime l'entendre, j'aime l'écouter.
Parce que ce qu'elle dit est si juste.
Ses phrases résonnent si bien.
Eclairée par la lune, haut dans le manteau nocturne, elle continue de parler.
Je ne bouge pas.
J'aimerais sourire. Mais mon visage reste neutre. Fermé. A l'écoute de ses mots.
Elle me fixe.
Je la fixe.
Il y a ces regards liés et la parole entre nous. Un lien qui passe de l'une à l'autre.
Nous sommes deux ombres, nous aussi, dans la nuit.
Deux silhouettes dans le royaume obscur.
Et on s'y sent bien.

Ses phrases font écho à mes propres souvenirs. Mes propres expériences.
Cette fois-là.
Quand je suis descendue ici.
En quête de moi. En quête de mon âme. En quête de cette Eurydice manquante.
Je suis descendue ici.
Pour me trouver moi-même.
Elle dit juste, l'inconnue.
Ici, c'est un aboutissement. Car c'est ici qu'on finit de se construire. Dans ses parts d'ombre et de lumière. C'est ici qu'on finit par trouver le dernier reflet qui manque à notre âme. Le dernier morceau de miroir pour que tout soit complet. Pour que nous soyons enfin entier.
Tous ces gens, qui n'ont que le mot blanc à la bouche ne comprennent pas que le blanc ne peut exister sans noir, la lumière ne peut perdurer sans les ombres. Et on ne peut se dire blanc si on n'a pas en nous aussi un peu de noir. Et vice-versa.
Il faut avoir tous les morceaux du miroir pour pouvoir faire un réel choix.
Il faut avoir chaque parcelle de son âme en soi pour pouvoir, enfin, décider de laquelle mettre en exergue, laquelle passer sous silence.
Il est possible que beaucoup de ceux qui prônent le blanc ou le noir le fasse uniquement parce qu'ils n'ont pas l'autre partie en eux. Ils le font non par choix -même s'ils s'en convainquent- mais par nécessité par ce que c'est leur unique voie.
Il faut tout avoir en même.
Pour choisir.
Librement.

L'Allée ne retient pas les âmes.
Les âmes s'échappent, apeurées.
Ou alors elles s'échappent parce qu'elles y ont trouvé ce qu'elles cherchaient. Et qu'il n'est, ensuite, nul besoin de rester plus.
Une fois qu'on a rattrapé son Eurydice, qu'on l'a ramenée avec soi -en prenant garde de ne pas se retourner- il n'est plus de raison de revenir.
A moins d'avoir envie d'adopter les lieux. Essayer de les dompter. D'en faire siens.



Je me déplace.
Et me plante, cette fois-ci, en face de la fille.
Une distance proche.
Je veux la regarder de près.
Elle, appuyée contre son tonneau.
Elle, immobile dans la nuit, dans le noir.
Elle, aux paroles si percutantes, si pleines de sens et de vérité.
Elle.

-La société n'a toujours pensé qu'en noir et qu'en blanc. Elle a peur du gris. Elle a peur des nuances. Elle a peur que tout cela ne devienne trop compliqué.
Mais la vérité, c'est que c'est compliqué. Et que ce n'est pas en se voilant la face qu'on résoudra les problèmes.
Les gens ont toujours la fâcheuse faculté à tout simplifier. Alors qu'il ne faudrait pas.
Ils ont peur. C'est tout. Peur d'eux-même.

Je la scrute.
Essaie de lire en elle.
Savoir à quoi elle pense.

-Mais toi, tu n'as pas peur, n'est-ce pas ?
Moi non plus, d'ailleurs. Je n'ai plus peur. Je sais que tu as raison. La dernière fois que je suis venue ici, c'était pour me trouver moi-même. Récupérer cette part d'ombre abandonnée. Et cesser de la craindre. Cesser de me craindre.

Un silence.
Je ne la lâche pas.
On a encore du temps à passer ensemble.
J'aime bien ta présence.
J'aime bien ta voix.
J'aime bien tes mots.
Tu penses comme moi. Je crois.
Je ne sais pas si c'est une bonne chose.
Mais j'aime. Savoir que quelque part dans ce monde, je peux croiser mes réflexions avec d'autres. Et qu'on peut se compléter.

-Et toi, qui es-tu ?

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Ambroisie Palel
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Re: Plus qu'une rue mal famée...

Message par : Ambroisie Palel, Dim 6 Aoû - 11:44


Attendre. C'est ce qu'avait fait Ambroisie après avoir répondu aux interrogations de la jeune brune qui se tenait près d'elle.
Que faisait-elle ici ? Ce n'est pas une habitante des lieux, sinon la rencontre aurait été d'un autre style, sûrement plus agressif ou musclé en tout cas.
C'était pour Ambroisie un prix à payer : risquer de se faire surprendre et attaquer contre un petit moment de calme et de repos de son être.
Comme si les ténèbres qu'elle avait toujours senti en elle se sentait rassasiées en ces lieux, calmées et apaisées.  
Mais finalement, elles étaient chez elle ici les ténèbres. C'était leur maison à elle, au delà de l'être qu'elle habitait également.

Et une fois de retour à la réalité de la vie familiale je devrai encore une fois internaliser, cacher. Stupides principes et désirs des parents que de vouloir des enfants bien pensants selon eux.

Elle avait choisi. Le choix de s'accepter, toute entière.
La petite Ambroisie avait grandi, avait compris, avait choisi. Son teint pâle reflétait la pureté de son cœur et de son âme pour ses parents, mais ce n'était rien d'autre qu'une façade comme pour tout le monde. Ambroisie n'était pas blanche comme la porcelaine de sa mère elle était grise comme les nuances dans ses yeux bleus. Aussi grise que les nuages qui étaient signe de mauvais présage comme le penser ses parents.



Etre en compagnie d'une personne.
Vraiment en compagnie, absorbée par elle et pas par ses propres pensées, c'était rare pour la jeune brune. Elle n'avait jamais ressenti l'envie et le besoin d'échanger avec les gens. Douée pour l'analyse, elle se contentait de les regarder, et elle se faisait une idée de la personne, tout était plus complexe que ceci, mais Ambroisie se protégeait des gens, du monde, des sentiments.
Même devant sa camarade de divagation pour la nuit elle ne laissait rien passer, pas une émotion ne filtrait à travers son regard ou n'était discernable dans ses traits.


Un mouvement, elle avait bougé.
Elle s'était planté très près de la jeune brune, la regardait. Ambroisie soutenait son regard, elle n'allait pas avoir peur d'une fille qui avait les mêmes interrogations qu'elle. Ambroisie avait penché un peu la tête de côté, c'était comme un toc quand elle pensait maisses traits ne bougeaient pas eux, toujours doux et si fins. Son visage paraissaient si beau et tranquille, paisible.

Très ironique vu le flot de pensées qui inondent ton crâne...

-La société n'a toujours pensé qu'en noir et qu'en blanc. Elle a peur du gris. Elle a peur des nuances. Elle a peur que tout cela ne devienne trop compliqué.
Mais la vérité, c'est que c'est compliqué. Et que ce n'est pas en se voilant la face qu'on résoudra les problèmes.
Les gens ont toujours la fâcheuse faculté à tout simplifier. Alors qu'il ne faudrait pas.
Ils ont peur. C'est tout. Peur d'eux-même.


Elle avait dit des choses si vraies pour Ambroisie qu'un léger sourire lui échappa, elle écouta la suite de ce que la brunette avait à dire.

-Mais toi, tu n'as pas peur, n'est-ce pas ?
Moi non plus, d'ailleurs. Je n'ai plus peur. Je sais que tu as raison. La dernière fois que je suis venue ici, c'était pour me trouver moi-même. Récupérer cette part d'ombre abandonnée. Et cesser de la craindre. Cesser de me craindre.


Apprécier une discussion. C'était la première fois depuis très longtemps qu'Ambroisie appréciait être avec une personne. Pourtant elle ne la connaissait pas, mais peut-être avait-elle trouvé quelqu'un qu'elle avait envi de connaître justement.

-Et toi, qui es-tu ?

- Cela fait bien longtemps que je n'ai plus peur.
Le seul sentiment que j'éprouve à ce sujet c'est de l'injustice. Les autres, les ignorants, qui se murent dans un flot de mensonges assez aberrants je dois dire, ils ont peur, de nous, de ceux qui savent.
Ma famille en fait d'ailleurs partie, c'est ce qui me peine le plus, c'est injuste. Ils ne voient pas, ne pensent pas, n'acceptent pas. Je pense que leur petite fille qu'ils pensaient si pure leur fait peur, ils me rejettent peu à peu et c'est injuste, je n'ai pas changé. J'ai toujours été grise, je ne le voyais juste pas et eux se voilaient la face.


Pourquoi parlait-elle de ça à une inconnue ? Elle se sentait peut-être enfin comprise, sentiment assez complexe, elle fronça les sourcils avant de continuer.

-Plus les gens sont rejetés pour ce qu'ils sont vraiment plus ils se murent dans la solitude, l'aigreur, le ressentiment.
Et voilà comment on crée des tueurs, des assassins qui veulent venger l'injustice.
Qui veulent panser des blessures d'abandons lâches de ceux qu'ils aimaient.
Moi, je m'appelle Ambroisie, et toi ?
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Kohane W. Underlinden
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Re: Plus qu'une rue mal famée...

Message par : Kohane W. Underlinden, Mer 9 Aoû - 23:38




On se regarde.
Et on se jauge.
Les étrangères qui se croisent et s'évaluent.
D'un coup d'oeil à droite, à gauche. Rester sur le fil de l'attente, analyse lente.
Je n'arrive pas vraiment à savoir quoi penser de cette fille.
Et, en même temps, je crois qu'il y a la reconnaissance mutuelle.
Trouver en l'autre comme une sorte l'alter-ego, celle qui poursuit la même quête de soi, se perdre pour se retrouver aux tréfonds du Sombre dans le royaume des Ombres.
Elle fait partie de ces gens qui voient autrement qu'en noir et qu'en blanc.
Pour cela, je l'aime déjà sans la connaître.
Je n'en peux plus d'un monde seulement binaire, manichéen au possible, un monde bercé de ces légendes, de bien et de mal.
Les enfants écoutent, absorbent persuadés qu'il existe réellement deux mondes complètement, totalement opposés qui ne peuvent cohabiter ensemble et sont obliger de tuer l'un pour continuer de vivre.
Comme il se disait à cette bonne vieille époque
aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit
Autrement dit ni le blanc ni le noir ne peut vivre tant que l'autre survit.
Blanc et noir étant alors incarnés par deux personnalités si célèbres : Harry Potter et Lord Voldemort.

Mais pourquoi une telle étroitesse d'esprit ?
Je pense que c'est plutôt l'inverse, qui est vrai : si l'un meurt, l'autre crève aussi. Le blanc n'est blanc que par opposition au noir et vice-versa.
Ils ne peuvent se passer l'un de l'autre.
Et l'individu ne pourrait vivre avec uniquement une seule couleur.
D'ailleurs je suis persuadée que l'être humain n'est pas conçu pour n'en porter qu'une seule. Il a été créé pour porter les deux en lui. Utiliser l'une ou l'autre suivant ses convictions, ses choix et les situations présentes.
Mais faire son choix ne signifie pas renier l'autre part.
Au contraire.
Faut savoir l'apprivoiser.
En faire sa force.

Selon moi, les personnes les plus méritantes, les plus admirables sont celles qui ont, justement, réussi à conserver l'une et l'autre part d'elles sans jamais rien nier.
Les conserver, les faire grandir.
Et savoir les contrôler.
C'est ça, avant tout.
Contrôler.
Pour cesser d'être effrayé.
Voilà mon but aujourd'hui.
Reprendre possession des différentes parts du miroir.
Les regarder, les confronter. Et en prendre soin.
Pour renaître.
Sous un nouveau jour.
Enfant du feu, enfant des flammes. J'ai rêvé pouvoir tout embraser. Comme ce qu'il,elle m'avait conseillé, susurré. Foutre le feu aux rivières, aux arbres, aux paysages. Faire de ce monde la scène de mon monde intérieur.
Mais je crois avoir saisi, depuis, que pour en arriver là, il va me falloir savoir contrôler ces flammes. Qu'elles partent dans tous les sens, certes, qu'elles lèchent et fassent exploser le monde. Mais sans jamais m'échapper. Ne plus être maître de son œuvre, certains trouveraient cela terriblement artistique. Mais lorsqu'on démarre tout juste, cela est tout simplement effrayant.
Je me dois d'apprivoiser la part sombre, la part lumineuse de moi.
Savoir la mêler en de savantes couleurs.
Pour en ressortir grandir.
Et ne plus avoir peur.



Peur

la fille d'en face a cessé de trembler depuis longtemps.
Ses mots.
Qui volent. Et flottent. Et résonnent en moi.
Le mot.
Que j'ai toujours senti sans jamais avoir su le prononcer.
Injustice.
C'est ça.
Elle a mis le doigt sur le point sensible, la corde trop vibrante.
Comme je la comprends.
La même blessure au fond de l'âme. Quelque part nichée dans le cœur. La même douloureuse expérience de l'incompréhension des autres.
J'arrête de parler, alors.
Pour éviter de croiser leurs regards durs, perdus, qui ne comprennent plus mes paroles et ma position.
J'arrête de parler.
Je ne parle plus de mes idées.
Je parle d'autre chose. Des étoiles. De la lune. Du monde qui tourne -ou pas.
Mais j'ai cessé de donner de moi.
Pour ne plus subir ce sentiment de parler dans le vide, face aux êtres qui ne reçoivent pas et ne comprennent pas.
Elle continue.
Je ne hoche pas la tête.
Mais je pourrais.
Tout ce qu'elle dit sonne juste.
Et je le sais. Parce que je l'ai vécu.
Vécu le sentiment d'être rejetée par ceux que j'aime. Une meilleure amie perdue dans un monde trop noir ou trop blanc, pas assez gris, en tout cas.

-Les gens ne cherchent qu'un peu d'amour et de considération. C'est pas plus compliqué que ça. Mais la société trie. Ceux qui le méritent et ceux qui ne le méritent pas. Suivant des critères abscons. Et c'est un cercle vicieux. Ceux qui sont rejetés s'enfoncent dans une rage et une violence. Qui, au lieu d'arranger leur situation, ne fait que donner à la société armes légitimes pour dire qu'elle a bien fait, de les tenir à l'écart.

Soupir.
Le souffle qui se transforme en douce buée dans la nuit.
Les étoiles scintilles.
Uniques témoins de cette rencontre étrange.

-Je te comprends tellement, tu sais. Quand tu parles d'injustice. Moi non plus, je ne crois pas avoir changé. Mais on dirait que les autres ont décidé que oui. Et ça ne leur a pas plu. Ca les a effrayé. J'ai perdu une très chère amie comme ça. Pourtant, je suis restée la même, au fond. Toujours, j'ai été grise. La seule différence avec hier, c'est qu'aujourd'hui, je m'accepte telle que je suis.
Je m'appelle Kohane, d'ailleurs.


Une main tendue.
Je ne sais pas si je veux qu'elle la serre.
Ou qu'elle la prenne.
Comme pour me faire venir vers elle ou la faire venir vers moi.
S'attirer l'une l'autre, deux reflets d'un même miroir, peut-être. Elle pourrait être moi comme je pourrait être elle.
Je crois n'avoir jamais trouvé quelqu'un se jumelant si parfaitement à moi.

-Quand, enfin, la société acceptera-t-elle donc de voir le monde en gris ?

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Re: Plus qu'une rue mal famée...

Message par : Ambroisie Palel, Ven 25 Aoû - 18:51


Lumière, chaleur.
Une première fois depuis longtemps pour Ambroisie, elle ressentait autre chose que de l'indifférence pour un autre être humain. Elle irait même jusqu'à dire qu'elle l'appréciait sans vraiment savoir pourquoi, sans la connaître.

Le gris finit par attirer le gris ma grande...

Compréhension, encore une première. Elle buvait ses paroles à la brunette, elle adorait l'entendre, elle avait l'impression que ses propres pensées passées dans le crâne de l'étrangère et sortait de sa bouche à elle.
Étrangère ou pas vraiment, elle lui ressemblait tellement qu'il lui semblait la connaître.

Des armes, pour lutter ou pour donner le coup de grâce. Quand elle avait parlé de ce tri sociétal, Ambroisie c'était un peu reconnue.  L'amour elle ne savait pas bien ce que c'était et bien qu'elle n'ait pas subi de rejet très violent pour le moment elle se sentait exclue, elle n'avait pas pris le coup de grâce, il arriverait quand elle crierait haut et fort son attirance pour le côté sombre qui l'habitait. Tant que personne n'assumerait, rien ne changera.

Je préfère être reniée, exclue, solitaire et en paix avec moi et peut-être permettre d'ouvrir les esprits...

Kohane...Maintenant qu'elle connaissait son prénom elle avait envie d'en apprendre plus sur elle, de continuer cet échange qui lui faisait ressentir comme un élan de joie enfoui depuis bien trop longtemps... Elle aussi elle s'acceptait, c'était beau de réussir à le faire, elle se sentait moins seule.
Pas de fierté, elle n'en retirait aucune fierté pourtant ils étaient si peu à y arriver. A assumer la noirceur profonde qui marquait leur âme dès leur naissance, affectait à tout être humain normalement constitué mais que personne ne veut percevoir ou voir avant de s'y sentir poussé et de commettre des actes irréparables.

Sa main, tendue. Comme un geste pour sceller cet espèce de lien si spécial qui maintenait les deux jeunes filles ici, dans ces lieux où leur ténèbres respectives pouvaient s'entremêler, se compléter, se soutenir, se porter haut dans le ciel étoilé pour revenir apaisée et prête à coopérer. Pour apprivoiser, contrôler, avancer.
Et cette question, en suspens, comme une question existentielle à laquelle il fallait bien finir par apporter un semblant de réponse.

En prenant la main de sa camarade pour la serrer dans une poignée douce mais ferme elle avait tenté d'apporter une réponse.

- Quand des gens comme nous, Kohane, sortiront de l'ombre. Pour montrer, faire voir, qu'en assumant sa part d'ombre on peut la contrôler. L'anéantir serait tellement inutile, nous sommes tellement plus beaux en nuances...
Il s'agit simplement de leur montrer que leur peur irraisonné de l'ombre peut être vaincue.
On peut vivre en gris, en contrôlant. Et le véritable pouvoir, c'est donc nous qui le possédons au creux de nos paumes, de nos êtres. Parce que le plus grand des pouvoirs c'est savoir, savoir et assumer pleinement.
Un jour nous serons les gens de pouvoir Kohane, un jour le monde verra en gris...
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Re: Plus qu'une rue mal famée...

Message par : Kohane W. Underlinden, Sam 23 Sep - 23:23




C'est un reflet derrière une vitre. Un visage similaire sur la surface lisse d'un miroir. C'est une jumelle perdue dans la nuit.
Ambroisie
Son nom, qui ne m'évoquait rien deux minutes auparavant, se met à résonner avec une familiarité toute rassurante. Elle m'apparaît soudain comme une connaissance d'un autre monde, d'une autre vie. Celle que j'ai déjà eu sur mon chemin. Mais ce n'était pas là. C'était loin. C'était il y a longtemps. C'était dans un univers qu'on ne connaît pas -ou qu'on ne connaît plus. Malgré tout, nos âmes se reconnaissent tout de même. Se retrouvent. L'une dans l'autre.
Sa main vient prendre la mienne. Celle que je lui ai tendue.
L'invitation acceptée. Le partage. D'un contact. Et d'une chaleur humaine. Chaleur de reconnaissance. Sa chair sous mes doigts est comme doucement familière. Sa poigne, douce, mais ferme.
Bientôt complétée par sa voix qui s'élève. Cherche à poser des mots et des réponses sur ce qui échappe. Sur les interrogations lancées précédemment.

Je ne lâche pas sa main.
L'invitation qu'elle a acceptée sans hésiter.
Je garde sa main dans la mienne.
Alors que j'avale ses mots, les uns après les autres. Ses idées, ses opinions. Ma vision. Qui s'exprime dans les lèvres d'une autre. Comme c'est étrange, ce sentiment !
J'aime l'entendre parler.
Parce que ses mots frappent en moi, activent le bouton de l'entière compréhension. La reconnaissance dans les idées.
Savoir et assumer. Dit-elle.
Oui.
Voilà le plus grand des pouvoirs. Qui ouvre toutes les portes. Qui offre toute la volonté nécessaire. Savoir. Et assumer.
C'est quand on ignore qu'on prend peur. Qu'on s'enferme. Qu'on se bute inutilement. Qu'on craque.
Alors qu'en sachant, on a la force de continuer. De foncer. Vers ces positions qu'on l'on assume pleinement et qui nous donne alors le pouvoir d'y arriver.
Celui ou celle qui n'a pas peur peut.
Alors que l'autre qui tremble finira par s'écrouler.
Je ne veux pas -ne veux plus- être de ceux qui s'écroulent. Je veux rester debout. Et faire des mes peurs ma force, des mes larmes mes armes, lames d'acier au cœur pour faire face à l'adversité. Je veux faire de mes doutes mon pouvoir et de mes titubement ma flamme.
Et j'aimerais que les autres soient pareils.
Qu'ils cessent d'avoir peur de regarder la réalité en face. Qu'ils cessent de frémir et de détourner les yeux. Alors même qu'ils ne peuvent plus continuer de nier la part sombre en eux. La part d'un peu de ténèbres, d'un peu de lumière, l'humain est fait de nuance, que tout serait terne sans cela !
Les différents tons qui le composent, voilà ce qui fait son charme.
Voilà pourquoi on pourrait l'aimer.

Un jour, le monde verra en gris
Un jour, le monde nous verra, nous reconnaîtra.
Il cessera alors de nous renier. De vouloir dire qu'on n'existe pas. De nous invisibiliser pour mieux continuer sur son chemin si faux.
Un jour, le monde saura qui on est.
Lorsque nous sortirons de l'ombre.
Pour leur montrer, à tous.
Qu'il n'est nul besoin d'avoir peur. C'est la société, ce sont les générations précédentes, ce sont les peurs jamais calmées qui les ont façonnés de cette façon. Afin qu'ils craignent ce qu'ils ne devraient pas. Ils craignent ceux qui se réclament gris parce qu'ils se retrouvent trop en eux. Mais ils ne l'assument pas.

Doucement, je laisse ma main glisser hors des doigts d'Ambroisie.
Mon bras retombe le long de mon corps.
Mes yeux se lèvent, une seconde, sur le ciel. Nuit. Pâle.

-En fait, ce n'est pas si noir, ici.

Un murmure.
Un constat.
Tout simple.

-Les gens doivent cesser d'avoir peur. Ils doivent apprendre à déconstruire ces peurs, comprendre qu'elles ne sont pas légitimes, qu'elles leur ont été imposées sans qu'ils en aient conscience par notre bonne société. Ils doivent savoir. Ils doivent apprendre.
Nous leur apprendrons.

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Ambroisie Palel
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Re: Plus qu'une rue mal famée...

Message par : Ambroisie Palel, Dim 29 Oct - 20:44


Une main qui glisse, qui reprend place près de l'être qui la commande, mais une main qui a été tendu.
Puis un constat, sur la nuit, la nuit qui berce les âmes, la nuit qui endort le monde.
Mais si ce monde était déjà endormi par nature ?
Loin d'imaginer qu'il existe des gens comme Kohane, comme elle, près à ouvrir les yeux et qui se sont réveillés d'un cauchemar sociétal qui durait depuis bien trop longtemps.

Et puis elle parle, de nouveau, et ce qu'elle dit et si vrai, plein de sens.
Soeur de pensée et d'ambition.
L'ambition de faire sortir le monde de ce cauchemar dans lequel des gens comme Kohane n'avait plus leur place, comme Ambroisie d'ailleurs.
Sa place n'était plus auprès des siens, de sa famille de sang, sa place était auprès de Kohane, de tout ceux qui voudrait partager cette vision d'un monde nouveau.

S'il était possible d'effacer les peurs de certains, de tous, du monde, serait-il plus apte à entendre la voix de ceux qui savent ? De ceux qui vivent avec leur part d'ombres, beauté ténébreuse et éblouissante ?
Non, bien entendu que non, il fallait convaincre, prouver, mais à quoi bon ? De quelle manière ?
-----Oh Kohane... Elle avait remué l'âme de la brunette, chassée ses pensées déprimantes pour laisser place au défi, le défi de vivre, sans se cacher, sans se taire, sans plus jamais voir dans le miroir quelqu'un d'autre que soi, se voir telle qu'elle était : Ambroisie.

Elle avait souri, le monde allait changer, il fallait le changer.

- Bien sûr que ce n'est pas si noir, ce sont les gens qui le disent, le pensent, mais il suffit d'ouvrir les yeux réellement pour comprendre que rien n'est plus noir que leur façon de penser, tellement négative et génératrice de haine.
Comment leur apprendre Kohane ? Comment se faire entendre dans un monde où nous ne sommes même pas considéré ?

Un dialogue engagé, mais un dialogue comme avec soi-même, elle était Ambroisie comme Ambroisie était Kohane.
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Re: Plus qu'une rue mal famée...

Message par : Kohane W. Underlinden, Lun 27 Nov - 16:11




Une aile de papillon au fond de l'estomac.
Ca s'agite, tout doucement au début. C'est discret, presque inexistant. Puis, comme l'insecte prenant soudain conscience qu'il est en cage, le battement s'intensifie et se met à frapper avec plus de force que jamais.
C'est le frémissement qui monte alors que mes yeux s'accrochent à ceux d'en face comme en ceux d'une alliée. Ou, du moins, d'une âme compréhensive. Un âme qui me reçoit sans juger, écoute, partage, dans ce calme-fleuve au milieu de la nuit.
Je soupirerais presque d'aise.
Face à face, l'une à l'autre, il n'y a pas de défi ou de posture antagoniste. Nous sommes juste là, à tirer les ficelles pour attirer l'autre, chacune de son côté, nous menant irrémédiablement à ce choc frontal qui ne saurait tarder -le choc bénéfique d'idéaux similaires qui se rencontrent.
Un peu plongée dans l'ombre qui paraît s'éclaircir, je détaille encore et encore ses traits. Cet autre part du miroir brisé. Du miroir qu'on voulait polir autrefois. Mais qu'aujourd'hui on ne veut que fissurer pour montrer enfin la dure réalité. Ce miroir qui était lisse, désormais coupant et tranchant. Elle est ce reflet de moi dans le miroir cabossé enflammé.
Peut-être es-tu au fond mon Eurydice ? Cette part sombre que j'étais venue chercher dans l'Allée des Embrumes pour enfin me sentir complète, tout en nuances et couleurs, savoir enfin rire autant que pleurer, haïr autant qu'aimer, voler autant que plonger, ne plus être cette créature mécanique que la société aimerait que je sois, corsetée dans de bonnes et vieilles valeurs, muettes, sans cesse ramenée au silence.
Chercher mon Eurydice pour qu'elle me donne la force d'être et non paraître.
Chercher mon Eurydice pour qu'elle guide enfin mes pas, jusqu'au feu purificateur, jusqu'à la Libération finale.
Et peut-être qu'elle, Ambroisie, elle est, d'une certaine façon, une sorte de représentation de mon Eurydice. Celle qui était prisonnière des Enfers, attendant. Que je vienne. La chercher. Sans me retourner.

Elle reprend la parole.
Et ses phrases volent comme tout à l'heure : coup en plein cœur, compréhension dans l'âme.
Oui j'aimerais murmurer.
Oui _ oui _ oui
Tout le temps oui
A ses propos.
Oui.
Une affirmation qui ne demande rien d'autre. Juste un hochement de tête. Et savoir qu'on marche à deux sur le même fil tendu au-dessus du vide. Il faut faire attention -à la chute. Mais il faut avancer. Pour les idées. Pour nos idées. Ne pas craindre le vide, ne pas craindre les autres et leurs réprimandes, ne rien craindre, jamais, avancer et. Voilà.

-Crier

Ma voix me paraît soudain si forte dans ce silence qui nous entoure, faisant suite à ses questions.
Alors que je parle normalement.

-C'est ça, qu'il faut. Crier. Et surtout. Se battre. Sans jamais baisser les bras. Déconstruire la Machine Sociétale est un long et fastidieux travail. Mais il ne faut pas se laisser décourager. Bien au contraire. Il faut de la patience. Du courage. Et bientôt, tu verras. Nous parviendrons à notre but.

L'ombre s'éclaircit encore un peu.
Je lève les yeux. Il y a une pointe de rose. Là-bas. Loin.
L'heure a filé. Les aiguilles ont dû faire plusieurs fois le tour du cadran -j'ai rien vu passer.
Je recule un peu alors que mes yeux redescendent sur Ambroisie.
Un pas en arrière -encore.
Un maigre sourire.

-Le soleil.

Simple constatation.
L'aube. Qui arrive.

-Faut que je rentre.

Fuir la luminosité pour un temps. Le temps de laisser de côté les ombres. Et les mots envolés d'une conversation si simple, évidente -et tellement dérangeante pour les autres.
Mon sourire. Qui semble lui dire qu'on se retrouvera. Un jour.
Deux pans d'un miroir ne peuvent jamais totalement se perdre.

Et reculer. Pour tourner les talons.
L'abandonner.
Elle ne sera jamais vraiment seule, dans le fond.


__________
Fin du Rp.
Merci pour tout !
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