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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Pré-au-Lard ~¤~ :: Rues de Pré-au-Lard
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Un terrain vague
Elias Baxter
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Serpentard
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Spécialité(s) : Permis de transplanage
Animagus : Chat Savannah


Un terrain vague

Message par : Elias Baxter, Jeu 6 Avr - 17:19


RP avec Hugh Dey


Un Nettoiedur qu'il avait prit. Un nom qu'entaillerait sa postérité si ça venait à se savoir. Une comète, ça file, ça fait des plans, mais alors ça... sans doute que ça balayait, bêtement, comme un concierge convalescent. Mais Elias était équipé, et c'était bien là l'essentiel. Casque sous l'aisselle, notre vaillant sorcier marchait d'un pas déterminé sur la pelouse fraichement coupée. Ses genouillères bien encastrées, derrières ses coudes encore d'autres matériaux bien lacés, il était paré. Vêtu comme un écuyer, la veste verte bien boutonnée, un pantalon blanc bien lavé, il avait l'air d'un nobliard fort emmanché. Ses camarades Ollivendeurs seraient sans doute fort heureux de son initiative, ça oui. On l'accueillerait en héros !

Il extirpa le long parchemin du manche à balai et le déroula prestement, à même le sol. Il allait jouer à la moldue pour aujourd'hui, à peu de chose près. Quelques cordages, une bonne attache et la bannière volerait derrière lui sans soucis, du moins en théorie. Il avait tout prévu, tout ou presque. Y avait du vent, certes. Rien de grave, pas trop handicapant, juste un peu embêtant. Il pourrait pas virer comme il voulait quoi. Et pis y avait la corde aussi, qu'il avait complètement zappé. Il trouverait bien un subterfuge pour accrocher le parchemin à l'arrière du balai.

La plume avait gratté sur le papier son splendide message de promotion spectaculaire, qui ferait sans nul doute entrer le compère dans le palmarès des meilleurs Ollivandeurs de toute l'Histoire. Chez Olli, c'est du tout cuit ! Sauf la baguette bien sûr ! Sur le bas côté, il avait dessiné un bâton, orné de motifs bigarrés sensés représenter la magie au pied levé. Juste avant de décoller, il lancerait sur le motif un sortilège d'encre divine pour l'animer et enchanter tous les visages qui se baladaient au village.

Y avait plus qu'à comme dit-on souvent. Posant son balai au sol, Elias leva la main au-dessus et haussa le ton histoire de tester son autorité. « Debout ! » Le Nettoiedur dépoussiéra timidement la pelouse, sous l'oeil désespéré d'Elias. « Toi et moi on va pas s'entendre. On est deux dans le coup, faut que tu me files un coup de main ! Ou de manche je sais pas. Allez debout ! » Ledit manche s'éleva soudain et faillit bien le frapper en plein nez, le faisant reculer d'un pas. C'était mal parti.

Décidant qu'insister ne servait à rien, du moins pour l'instant, il s'appliqua à déchirer l'une de ses manches pour en faire une fine cordelette d'un sortilège de modelage (#). Voilà qui devrait faire l'affaire. Et si son bras devait prendre l'air, tant pis ! C'était pour une bonne cause. Il commença à nouer la bannière au manche du balai, qui se débattait légèrement. « Ces foutus noeuds ! J'suis pas un boyscout moi ! » Ça marchait pas, ça serrait pas, il allait perdre sa bannière et elle tomberait là, tout en bas. Le visage légèrement rougit Elias s'activa plus encore, sa volonté inflexible, ses lèvres pincées, fébriles.
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Mangemort 33
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Re: Un terrain vague

Message par : Mangemort 33, Mar 6 Juin - 14:10




RP Privé avec Kohane

Cela requiert de la folie, pour eux, de le faire agir ainsi. Le corps ne se rend pas compte des risques qu'il prend. Il pourrait se faire démasquer, il pourrait se trahir avec sa voix et son odeur. Mais l'esprit sait ce qu'il fait, alors les membres de chair obéissent et ne posent pas plus de question. Les lèvres se pincent derrière le masque. Les mains caressent le bout de tissu de sa robe. Les jambes avancent au milieu de ce désert.
Le coup craque, les muscles se contractent _Viendra-t-elle ? La voix l'espère grandement.

Est-elle à la hauteur de votre cause ?

Il a transplané et danse ses pas. Il a peur qu'une autre personne le surprenne. Et même si les pensées lui promettent un plan parfait, cela fait bien longtemps qu'il a cessé de croire en son cerveau. Il ne veut pas se retrouver en boule, les larmes coulant sur sa peau blanche. Il ne veut plus être aussi faible que dans le passé.

Aujourd'hui il doit se battre, il doit surmonter les cruautés de ce monde. Elle croit en des choses, Il les comprend et servira sa cause _mais votre cause est-elle réellement juste ?

Les pupilles aperçoivent un banc, les chevilles amènent le squelette vers celui-ci. Il se pose et contemple le reste. La nuit est entamée, elle est éclairée par une lune égoïste. L'astre ne laisse pas les autres feux briller. Le Corps et la Voix n'aiment pas la lune, c'est superficiel comme concept pour eux.

Les lèvres laissent échapper un soupire. Peut-être qu'il est encore trop tôt ? Peut-être que l'espoir va se faner avec un simple coup de vent, quand le gong sonnera les douze coups de minuit.

La jeune fille aurait-elle donc décider de rester dormir chez elle ?

Les dents se mettent à grincer. L'esprit ne veut pas y croire, il ne peut pas penser une telle chose, pas pour elle. Il est certain qu'elle arrivera en courant, qu'elle peut les rejoindre. Le visage derrière le masque l'espère, il sait quel genre d'être elle est.

La baguette tourne entre les doigts. L'impatience s'immisce lentement dans les méninges. Les iris scrutent l'obscurité, il n'y a personne encore. Il s'expose inutilement. Il se lève et vagabonde. La pénombre couvre son âme, le masque son identité et la nuit son corps. Même le sourire est invisible aux yeux des spectateurs.

Le cri de la résonance se déclenche.

L'invité ne devrait pas tarder. Elle pourrait entendre, comprendre ce qu'il doit lui dire. Il est temps de faire danser les pantins pour servir vos idées.

Et il n'y aura aucun remords de ne pas arrêter l'Impossible


Dernière édition par Mangemort 33 le Sam 10 Juin - 7:47, édité 1 fois
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Kohane Werner
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Re: Un terrain vague

Message par : Kohane Werner, Ven 9 Juin - 16:03





C'est avec du retard que je pointe mon nez hors des Trois Balais.
Après mon service, j'ai décidé de squatter l'arrière du comptoir en attendant l'heure venue. Parce que pas vraiment la peine de rentrer pour ressortir. Klaus mon p'tit Moke choupi et Hope, la grenouille nouvelle venue dans la famille animalière allaient bien pouvoir se débrouiller sans moi.
Sauf que le problème, c'est que, justement, je l'ai pas vue passer,
l'heure.
Perdue dans mes pensées plus ou moins délirantes, j'ai pas vraiment prêté oreille au tic-tac incessant. Puis, faut quand même avouer, avec le bruit que font tous ces clients le tic-tac en question n'est pas vraiment audible. Du coup, ce n'est qu'à moitié de ma faute, on va dire.
Mais comme l'affirme si bien le dicton, mieux vaut tard que jamais !

Je referme donc la porte derrière moi.
Quitter la chaleur étouffante d'un bar en pleine explosion démographique me fait un bien fou.
On s'y habitue, certes. Mais c'est quand on retrouver l'air frais du dehors qu'on se rend compte que ça nous manquait terriblement, quand même.
Réajustant mon manteau, je commence à m'engager dans l'allée.
Mains dans les poches, yeux fixés au sol, j'avance.
Fantôme dans la nuit.
C'est ce que je sais faire de mieux.

Certaines rues renvoient de fortes lumières et des voix, des rires et des exclamations s'en échappent.
Ce sont les artères principales.
Les lieux les plus fréquentés.
Là où les oiseaux nocturnes se réunissent pour boire et partager une nuit de rien.

Je sais qu'il faut que je m'en éloigne.
Bien évidemment, le rendez-vous ne pouvait pas être là.
Mais au contraire. Là où personne ne passe. Où aucun dérangement n'est possible. Le lieu où même la lumière paraît plus pâle et le vent plus froid.
Dangereuse, comme expédition ? Je ne saurais vraiment dire.
Pour être franche, je ne ressens pas grand chose. Si ce n'est une pointe de curiosité au fond des tripes.
La peur m'a quittée depuis longtemps.
Je ne crains plus les autres. Je leur souris, bien au contraire. De ce sourire de destruction qui a envie d'emmener avec lui au fond des ruines et de la folie.
Je ne crains plus que moi-même. Lorsque je reprends mes esprits. Et que je me demande comment j'ai pu en arriver à un tel point de violence.



Au fur et à mesure que je m'éloigne de la populace massée dans les bars et lieux de rendez-vous connus, le bruit de mes pas sur le sol me paraît croître chaque seconde un peu plus.
Alors que le silence s'installe et que le son de la foule n'est qu'un lointain souvenir, la mélodie de mon souffle devient ma seule musique.
Et je l'écoute.
Et je la suis.
En silence.
Ce souffle qui rejette un peu de buée dans la nuit. Sous les étoiles.

Les étoiles...

Je lève les yeux.
Et je vois la lune.
Belle, imposante, brillante, éclatante.
Seule, surtout.
Unique dans un royaume nocturne. Qui occupe toute la place.

Un soupir et je reprends une cadence bien marquée, interrompue par quelques menues secondes de rêverie.
Bientôt, le terrain désert s'ouvre à moi.
Etend ses bras de néant sous mes yeux.
Je m'arrête. Ne me décide pas encore à entrer en son sein.
Je scrute. Les mouvements. Qui ne sont pas.
Et l'ombre. Qui est là. Sur un banc. Et attend.

Je n'ai pas de montre ; je ne saurais calculer mon retard.
Un peu ? Beaucoup ? Passionément...?
Et qu'importe, dans le fond. Un retard est un retard. Il n'empêche, je n'ai pas vraiment l'intention de m'excuser. Déjà parce que je trouve ça futile de demander pardon pour un retard. Et puis il est vrai que des excuses, je n'en distribue pas en quantités industrielles. Ce qui fait que je les conserve précieusement pour des situations qui en valent vraiment la peine.
Reprenant une démarche souple, les mains toujours dans les poches de mon manteau, je m'approche. Sous un ciel noir de nuit.

La figure anonyme est là.
A attendre.
Et je me plante devant elle.
Debout, droite et fière.
Et un bonsoir qui ne traverse pas le seuil de mes lèvres.
Seulement la question, lancée au vent :
-Alors c'est toi, mon mirage meurtrier ?

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Mangemort 33
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Re: Un terrain vague

Message par : Mangemort 33, Sam 10 Juin - 12:15




Il y a des choses qui font mal. Certaines brisent le coeur, certaines nous abandonnent. Parfois, on reste juste là, à contempler les étoiles. On se demande si elles ont un sens, si elles ont réellement brillé pour quelqu'un. On espère juste qu'elles vont nous guérir, qu'on va arrêter de souffrir.

C'est ce que j'aimerai.

Il va se rassoir. Il a peur, il est perturbé par l'atmosphère et la lune qui le scrute. Il se bute à sa propre gloire, à cette amertume qui l'envahit. Pourquoi est-il là ?
Elle n'ose pas lui répondre. Seuls ses propres mots se murmurent dans l'inconnu :

...
...

Salut 33,
C'est drôle de se parler. C'est amusant de contempler les étoiles, toi, moi, dans le même corps. Tu veux danser ? Non, bon, on n'a qu'à faire des traces sur le sol. Peut-être qu'un jour elles auront du sens ? Peut-être même qu'elles en ont déjà un. Que c'est comme un lapsus révélateur, un inconscient de nos pensées.

Intérieurement je souris, parce que toi tu ne veux pas. Tu préfères rester de marbre même si nos lèvres de ne sont pas visibles. Je me mets à attendre, tu en fais de même. On est seul, mais on est deux en un. Dis comme ça, c'est bizarre hein ? Ouais je sais, tu t'en fiches complètement. J'ai saisi.

Soupire qui s'échappe. La silhouette qui s'approche. Elle se place là, elle ne prend pas de gant. Je grimace, elle n'a pas appris la politesse on dirait. Elle a encore besoin d'apprendre, de grandir. 33 tu t'occuperas de ça n'est-ce pas ?  

Tu sais pas dire bonsoir ?  

C'est difficile de se retenir. Ne pas tenter de la remettre en place, lui faire comprendre que l'arrogance ça ne paye pas. Le respect si. C'est quoi cette histoire ? Parce que tu portes un masque, les gosses se rebellent afin de prouver qu'ils sont forts ? Moi ça me donne envie de leur foutre trois claques pour leur faire comprendre la vie.

Et non, ton Mirage Meurtrier c'est l'arbre là-bas. _idiote

Je fais un signe dans le vague. T'en penses quoi 33 ? Tu crois qu'elle va regarde le bout de mon doigt ou le vide ? Espérons le doigt, ça risque d'être drôle.
...
Ah mais c'est vrai, tu peux pas me répondre 33, vu que t'es moi. J'oubli parfois.

En tout cas, c'est quand même une question qui ne sert à rien. Elle veut que ça soit qui ? Elle pensait qu'il y avait cinq mille humains avec un masque sur ce terrain vague ou quoi ? J'ai beau regarder, j'en vois pas.

Dis-moi ma belle, pourquoi penses-tu que je t'ai fait venir ? _Si tu trouves, t'as le droit de t'assoir sur le banc avec moi

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Kohane Werner
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Re: Un terrain vague

Message par : Kohane Werner, Dim 18 Juin - 9:45





Je me suis souvent demandé si porter un masque permet d'échapper à sa propre culpabilité, à son propre jugement. Après tout, ce n'est pas soi qui agit. C'est un autre. C'est comme au théâtre. Revêtir un rôle et le faire jouer. Tout en gardant ses distances pour ne pas se laisser envahir par le personnage. Alors pourquoi se sentir coupable pour les actes posés par quelqu'un qui n'est pas soi ?
Je me suis souvent demandé si le masque permettait de se déposséder de toute sa personnalité. Et devenir autre. Chose.
Après tout, bien plus que garder l'anonymat, il sert avant tout
à fuir,
se fuir
quand on ne peut plus se regarder en face.
On se contente de regarder celui qui nous apparaît étranger.
En se persuadant qu'on est différent, tous les deux.
Oui. Ca doit être ça. Son rôle principal.

L'autre me demande si je ne sais pas dire bonsoir.
Impassible, je lève un sourcil. Pourquoi s'en soucier ?
-Si, je le savais. Autrefois. Mais c'est une perte de temps. Quand on a quelque chose à dire, autant attaquer de suite par-là, non ?
Puis l'Ombre repend, sur le mirage meurtrier.
Je ne peux m'empêcher d'esquisser un sourire, amusée de sa réponse alors que, de façon automatique, mes yeux glisse le long de son bras jusqu'au doigt pointé. Bah oui, c'est instinctif. On pourrait désigner n'importe quoi, tant que le geste de montrer est là, on va insconsciemment y diriger le regard.
Ma question n'était peut-être que rhétorique, tu sais.

-Dis-moi ma belle, pourquoi penses-tu que je t'ai fait venir ?

Je ne suis pas devin. Je ne possède pas de troisième oeil comme Peter. Je sais juste qu'on m'a donné rendez-vous, que je n'avais rien d'autre à faire que de m'y rendre et surtout que mon éternelle curiosité ne m'a pas laissé le choix.
Alors je suis là.
C'est moi, qui aurais dû lui demander la raison de ma présence ici.
Mais c'est l'autre qui m'envoie la question. A laquelle je suis censée répondre.

-Parce que tu as besoin de parler et que tu t'es dit que je devais faire une bonne psy ? j'ironise, l'oeil posé sur son visage anonyme.

En vérité, je me doute de ce que fais là.
Sa lettre a éveillé en moi à la fois des interrogations -sur ses motivations profondes- mais aussi quelques menues réponses -sur la principale raison de ma venue ici, si tard, au milieu de nulle part.
-Pour apaiser mes craintes et mes doutes ? M'éclairer sur le choix que j'ai fait ? je reprends après un temps, d'un ton plus sérieux.
Secondes de suspend au milieu de la nuit.
Il m'arrive parfois de me demander où j'en suis vraiment. Je sais bien qu'il m'est désormais impossible de revenir en arrière. Et je n'en ai pas envie. Mais je commence également à prendre conscience de tous les sacrifices que cela demande. Il m'a déjà fallu laisser Rachel -ou plutôt, c'est elle qui m'a laissée, qui n'a pas vraiment su passer outre ces différences.
Alors il m'arrive encore de tituber. Douter. M'interroger.
Sur ce que j'ai fait.

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Mangemort 33
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Re: Un terrain vague

Message par : Mangemort 33, Ven 7 Juil - 0:21




Elle a réussi à me fait sourire. Elle a réussi à y voir autre chose que de la crainte derrière mon masque. Peut-être que simplement, s'imagine-t-elle un humain plutôt qu'un survivant. Cela expliquerait bien des choses sur sa vision du monde et sa façon de vivre.

Voilà exactement, à combien fais-tu la séance ?

Certainement pas assez cher pour le travail qu'il faudrait effectuer. Ce serait trop de boulot pour trop peu de résultats. Elle continue de parler. Ses doutes, ses craintes.
Je lui fais signe de venir prendre place à mes côtés. Que oui, on peut juste discuter. Les séances de torture, on n'est pas obligé d'y passer à chaque fois. Si tu restes une oreille attentive, si tu es assez mature pour rester en place. La seule peur du masque peut suffire.

Nous en avons tous des doutes et des craintes. Il faut les surmonter, les comprendre. Il faut en effet grandir.

J'observe le monde se faire et se défaire à travers les astres. Les notes de piano sont bien amères. Le coeur s'accélère. En vrai, que pourrais-je lui dire ? Honnêtement, peut-être que je suis plus perdue qu'elle. Peut-être que le masque m'a simplement permis de cacher mes propres doutes.

Qu'est-ce qui se passe dans ta tête ma chérie ? Pour que tu sois si bouleversée en cette nuit. Libères-toi.

Le temps est comme une berceuse. Chaque minute est un son qui fait chavirer les sensations. Elles se battent entre elles afin de pouvoir déterminer nos émotions, de bousculer les codes, de renverser les habitudes que l'on tient tant à coeur.

_Maelström de nos envies en cette nuit.
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Kohane Werner
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Re: Un terrain vague

Message par : Kohane Werner, Ven 14 Juil - 13:31




Il y a quelque chose qui se détend un peu. Et je souris lorsque l'autre demande à combien je fais ma séance. Je pourrais presque la faire gratuitement ce soir. Disons, une séance d'essai. Vous savez, comme lorsque vous voulez participer à une activité. Il y a toujours une petite période d'essai avant de souscrire et payer.
Mais surtout la faire gratuitement parce que je ne suis pas très sûre de ce que je vaux dans le rôle. Et j'suis pas non plus très sûre du cas qui se trouve face à moi. Bref, je doute fort pouvoir faire quelque chose pour l'Ombre. A mon avis, même les meilleurs psychologues, armés jusqu'aux dents de diplômes, théories et principes, ne pourront pas grand chose. Après tout, nous sommes peut-être les seuls habilités à pouvoir nous sortir nous-même de la fange. Un psy, quel qu'il soit, n'y pourrait pas grand-chose. Ce ne sont peut-être que de grands mots cachés derrière de bien belles théories qui, in fine, ne mènent à rien.

L'autre m'indique, d'un geste silencieux, de venir m'asseoir. Près. Là. Sur le banc. Le même banc. A côté du mirage meurtrier qui n'est pas un arbre.
Je n'hésite pas vraiment et obéis. Le petit banc perdu sous la voie lactée, le petit lieu paumé sur une Terre, grain de poussière dans l'univers.
C'est fascinant, de penser ainsi.
C'est fascinant, de se dire que nous ne sommes que minuscule. Que dis-je ! infimes, microscopiques, sans intérêt. Et pourtant, nous continuons à nous croire forts, à nous croire grands, à nous croire tout puissants. Dans un sens, je pense qu'on l'est. On peut l'être. Mais uniquement parce que le reste nous laisse faire. Nous laisse l'être. Il serait si facile, d'un souffle de géant, de nous rayer de ce monde.
Pfiou,
Rapide, éclair, on a presque rien vu. Et pourtant, voilà. C'est ça. On n'est plus.
Tout est si fragile. Si futile. La vie, mince fil qui peut casser sous une charge trop lourde, d'une traction trop forte. Tout cela est si éphémère. Et pourtant, on continue. De s'accrocher. Coûte que coûte. Sans doute parce que c'est fragile, c'est précieux. Alors on cherche à conserver. Comme on peut.



L'oeil perdu dans le cosmos et les astres, j'écoute l'autre continuer de parler. Ses mots vont, viennent, s'entremêlent et coulent comme une rivière au milieu de la nuit sombre. J'écoute en silence, sans regarder -seulement perdue dans le ciel noir.
Oh, si tu savais. Tout ce qui peut se passer dans ma tête. En un temps record. Les pensées affolées, les réflexions posées, les mots par-ci par-là, chipés au vent, les phrases jamais achevées, les théories farfelues et les idées folles. Je ne saurais synthétiser tout cela. Il y a trop de chose. Comme une pelote de laine emmêlée, avec laquelle le chat vient de jouer et qu'il faudrait, à présent, démêler avec patience.
J'ai souvent la flemme de m'y atteler. Ou peur, peut-être ? Peur de découvrir quelles sont ces pensées qui ne vont jamais jusqu'au bout, quels sont ces mots que je vole au vent sans vraiment les comprendre. Peur de repenser à ces réflexions qui, parfois, peuvent m'effrayer un peu.
J'sais pas, si c'est réellement de la peur.
Mais toujours est-il que trop peu souvent, je me mets au travail. Pour dérouler le fil et voir ses tenants et aboutissants.
Ce soir, peut-être, ferai-je une partie du boulot.
Ce soir, peut-être, enfin, me déciderai-je.
A remettre de l'ordre dans tout ça.

-Il faut grandir, je répète toujours sans regarder l'Ombre, mais moi, ça me fait juste flipper, cette idée. Je... je sais même pas vraiment pourquoi, en fait. Mais c'est comme si le monde adulte était bien trop grand pour moi. Comme si j'allais m'y perdre, m'y noyer. Sans jamais personne pour me rattraper.

La Terre tourne, je pense. Je pense qu'elle continue de tourner. Sans jamais que nous la sentions. Seulement les astres qui brillent puis s'évaporent en uniques témoins de sa rotation.
Pour l'heure, le manteau de la nuit perdure. La lune étincelante au-dessus de nous aussi. Elle brille de tous ses feux, comme si elle avait revêtu sa plus belle parure. Rien que pour ce soir. Rien que pour cette nuit. Rien que pour nous. Pour éclairer le banc solitaire. Avec deux silhouettes perdues pour tout habitant.

-Ca ne t'a jamais fait peur, ça, de te dire qu'il faut bien grandir ? Quitter un monde rassurant d'autrefois, entrer dans l'autre auquel on ne connaît rien et auquel on ne comprend rien... C'est bête, je reprends dans un demi-rire amer, mais j'crois que les gens oublient de donner un truc aux gosses prêts à passer le pas : le mode d'emploi. Ca faciliterait tellement les choses, si on nous expliquait comment faire.

J'ai l'impression d'être une jeune vieille, ou une vieille jeune. Je ne sais pas trop. Etre à peine née -dix-sept ans, c'est encore si tôt- et, déjà, ne plus avoir le Temps. Ne pas voir s'étaler devant moi un long chemin que je pourrai me construire seule au fur et à mesure des âges, des expériences, des joies, des peines. Ce chemin-là, il doit toujours être là. Ce Futur qui s'ouvre à moi. Sauf que je ne le construis pas. D'autre s'en sont chargés pour moi.
Ces mêmes autres me poussent sans me demander mon avis vers le seuil qui sépare la tranquille bulle de l'avant-enfance du chemin du présent-adulte.
Ils me poussent bien trop vite, à mon goût.
Et ils ne m'expliquent même pas ce que je serai tenue de faire. Comment. Pourquoi.
Ils semblent vouloir me lâcher sans un mot dans un monde trop vaste.
Alors, oui.
Vraiment.
Ca me fait flipper d'être aussi perdue.

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Mangemort 33
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Re: Un terrain vague

Message par : Mangemort 33, Mar 1 Aoû - 19:05




Visiblement, nous avions échangé de position. J'étais donc un Mangemort psychologue... C'est étrange comme cette pensée ne me plait pas. J'ai toujours pensé que derrière nos masques, nous étions terreur et crainte. Je me rends compte à quel point cette réflexion était idiote. Nous ne sommes pas le diable, nous sommes juste des humains. Et ce, quoi qu'en pensent nos adversaires.

Je ne sais pas, j'étais déjà adulte à ma naissance.

Malheureusement, ce n'est pas une simple métaphore. 33 tu es bien née adulte. Tu es apparu sans connaitre l'innocence. Mais au fond, est-ce qu'un jour, un Mangemort a réellement connu cette innocence-là. Ne sommes nous pas, seulement réduit à la détruire justement ?  

La peur de l'inconnu est une bonne chance. Et puis, si on nous donnait tout dès l'arrivée, ne crois-tu pas que la vie n'aurait aucun sens ? C'est ce qui fait que chacun se bat pour une cause qu'on croit juste.

Ma phrase me donne envie de rigoler. Parce que j'ai l'impression d'être une revue de presse à sortir les plus gros clichés de la terre. Mais je ne saurai pas lui répondre convenablement. Parce que ce serait me trahir, ce serait dévoiler une partie de derrière le masque. Ce serait parler d'un passé qui doit rester secret.

Ma belle, quand tu auras trouvé pourquoi tu te bats dans la vie. Tu verras que tu seras prête à affronter n'importe laquelle de tes peurs.

Même si évidemment, cela ne tuera aucune d'entre elles. Mais tu auras moins peur, c'est déjà ça de prix pour avancer. Parce que si tu t'accroches trop à ce passé et ses bons souvenirs, tu sombreras dans le néant. Alors il faut ouvrir les yeux et finir par faire un choix. Parce que des bons moments et des causes qui en valent la peine, tout n'attend que nous.

Et moi, je l'attends, elle.  
Je t'attends Kohane.

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Kohane Werner
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Re: Un terrain vague

Message par : Kohane Werner, Ven 1 Sep - 4:16





La réponse me déconcerte. Me laisse sans mot. Les yeux seulement perdus dans la nuit. A mâcher sa phrase. La mastiquer, essayer de la décortiquer. Comprendre ce que veut dire naître adulte. Pourquoi, comment peut-on renier une enfance. C'est triste. De naître adulte. Avoir déjà le sentiment d'un monde immense pour un corps humain trop petit.
Nous sommes si minuscules.
Infimes.
Pourquoi le monde, lui, est-il si grand ?

Sans doute parce qu'il n'a pas été construit sur mesure pour l'Homme. Nous n'en sommes pas le centre. Nous ne sommes pas grand chose. Nous ne sommes rien.
Et tout est si grand.
Il faut alors s'adapter. Adapter sa bulle à l'extérieur. Je crois ne pas avoir vraiment réussi à faire cela. J'en suis restée au cocon seul dans l'univers. Oubliant qu'il puisse exister autre chose. Dehors. Et maintenant que je découvre ce dehors, il me faut retracer mes plans d'architecte. C'est long, comme travail. Pas toujours plaisant, en plus.

L'Ombre continue. J'écoute. Poliment. Concentrée. Sans jamais la regarder. J'écoute. Et je regarde le vide autour de nous. Le terrain vague déserté. Qui viendrait ici ? Qui pourrait avoir envie de venir ici ? Sinon deux silhouettes perdues qui se cherchent et se trouvent.



-C'est étrange. Avant, je n'avais pas peur de l'inconnu. En tout cas, pas aussi peur.

Je n'ai pas eu si peur, la première fois que j'ai mis les pieds dans une école de sorcellerie.
Je n'ai pas eu si peur, la première fois que je suis arrivée à Poudlard.
Je n'ai pas eu si peur, la première fois que j'ai découvert les cours, les profs.
Je n'ai pas eu si peur en pensant à l'année suivante, la septième et dernière, les Aspic et tout ça. Je n'ai pas eu si peur en m'interrogeant sur ce que j'allais pouvoir faire, à la sortie de Poudlard.
Je n'ai jamais eu si peur.
Mais là.
Pourquoi ?

-En fait... je crois que c'est parce qu'avant, je savais que je pourrai contrôler la situation. Que tout ce qui m'arriverait, de bien ou de mal, ne tiendrait qu'à moi. Maintenant, tout m'échappe. Je crois que c'est ça, qui me fait peur.

Un frisson dans le vent froid nocturne.
Je n'ai plus d'emprise sur rien. Et si l'inconnu vire mal, j'ai comme le sentiment que je ne pourrai rien y faire. Que je serai vouée à subir sans même pouvoir me battre. Alors que... non, je voulais, justement, voulais arrêter ça, arrêter de subir dents serrées. J'voulais... j'voulais me dire que je crèverai debout et que plus jamais, je ne prendrai les coups sans pouvoir les rendre.
Pourtant.
Je n'ai même pas cherché à me battre contre ma famille.
Suis-je donc si faible ?

-Je veux, encore un peu, parvenir à exister par moi-même, pour moi-même. Trouver mon espace de liberté dans cette cage de vie. Tu crois que se battre et s'engager permet d'Exister ?

La tête se tourne brusquement vers le masque.
L'oeil dans le noir qui dévisage le visage lisse et sans trait.
Le visage anonyme. Qui ne reflète aucune émotion. Ne se déforme sous aucun sentiment. Et c'en est presque rassurant. Comme si l'Autre était un rien auquel se confier sans crainte. Un rien avec qui parler sans tabou. L'anonymat peut permettre bien des choses.

-Pourquoi on se bat, d'abord ? Pour de l'argent ? Pour du pouvoir ? Pour de la considération ? C'est vraiment ça, Exister ? Je trouve ça tellement futile...

J'suis perdue.
Sur ce bateau lancé en pleine mer.
Seule capitaine à bord, je vais finir par sombrer. J'sais plus quel cap maintenir. Quelle direction emprunter. J'suis perdue.
Il me faudrait une boussole.
Une carte.
Pour comprendre, enfin.

-Pour quelle chose Existes-tu, toi ?

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Mangemort 33
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Re: Un terrain vague

Message par : Mangemort 33, Dim 10 Sep - 19:12




C'était une étrange discussion pour 33. Elle ne pensait pas que son masque, la ferait philosopher sur la vie avec une partisane. Elle n'avait jamais imaginé qu'un jour, elle serait mangemorte et tenterait d'apaiser les craintes des plus jeunes.
Une famille plus grande qu'on pouvait le penser au final.

Les mots s'emmêlent et se démêlent. Parfois, ceux-là lui parlent, d'autres pas. Et puis, une question glissée au milieu. Se battre permet-il d'exister ? Elle reste perplexe face à cette phrase. La vie est depuis son enfance, un combat perpétuel pour tout et rien. Dans le fond, c'est peut-être même ce qui lui permet de rester en vie. Survivre à l'apocalypse de l'ennuie, de l'inexistence au souffle dévastateur.

On se bat pour la liberté, on se bat pour continuer à exister comme on aimerait être.

Sa phrase flotte dans l'air. Elle ressasse la dernière question, la tourne dans chacun des sens possible. Sa réponse reste en bouche, elle n'arrive pas vraiment à y répondre. Mais pas parce qu'il y a trop de réponse, justement parce qu'elle ne sait pas. Et pourtant... Il n'y a qu'une réponse, une réponse qui la dépasse et qui ne lui plaît pas. Elle voudrait faire bouffer cette idée à la gamine. Mains dans les poches, dents qui grincent. Elle s'enfonce sur le banc.

Pour les autres.
_Mais j'aimerai exister pour moi
J'existe pour les autres. Pour ceux que j'aime, oui parce que je suis Mangemort et j'aime des gens. C'est possible. Mais j'existe aussi pour ceux du futur, pour un monde qui devrait avoir plus de couleur. Pour un monde avec les dessins que j'imagine les plus beaux. J'existe aussi parce que... La vie en vaut la peine d'être vécue pour ses rebondissements, ses peines, ses colères, ses amours. Parce que parfois, on ne contrôle pas, on a peur, on tombe, on meurt mais justement, c'est bien ce qui prouve qu'on existe...

Elle n'est pas certaine de répondre à la question du deuxième être. Ses paroles sont confuses et pourtant... Elle est persuadée que celle-ci peut comprendre ses mots. Parce qu'elle n'est pas n'importe qui, parce que cela fait trop longtemps qu'elle cherche au-delà du masque. Même si elle ne le sait pas.

J'existe parce que... Je veux exister. Rien d'autre.

Elle existe parce que derrière son masque, elle est simplement une humaine en quête de liberté. Qu'elle veut faire valser les chaines et crier à l'univers, que oui... La vie en vaut bel et bien la peine.
Qu'importe les blessures et les cicatrices qui gravent la peau des mortels.

Et toi, es-tu certaine de vouloir exister ?

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Kohane Werner
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Re: Un terrain vague

Message par : Kohane Werner, Mer 11 Oct - 12:14




-C'est pas possible.

On ne peut pas n'exister que pour les autres.
Ou est-ce moi, qui suis juste trop égoïste ?
Le murmure échappé des lèvres. L'incompréhension flottante. On ne peut pas. Ne pas exister -vouloir exister- un minimum pour soi. Voilà le bien grand modèle de celui ou de celle qui se donne corps et âme pour l'altérité, pour le sourire d'autrui. Mais s'il.elle le fait, c'est forcément parce que ça rapporte aussi quelque chose de personnel. Un baume au cœur, un soleil à l'âme, une satisfaction tout à fait banale. On ne peut pas affirmer vouloir exister uniquement pour les autres. Sans penser à soi.
Les mots de l'Ombre restent suspendus dans mon esprit. Alors que, déjà, elle enchaîne.
Chacun de ses mots me renvoie à mes propres réflexions. A ma propre vision du monde et des choses. Une vision qui dirait qu'elle n'est pas entièrement d'accord. Parce que pour moi, on se bat avant tout pour le présent. Non le futur. On se bat pour soi. Dans un premier temps. Le reste. Vient en second. On se bat pour notre instant -l'avenir, qu'importe. Mais je me tais. Parce que l'autre ne me donne pas l'occasion de parler. Pas encore, du moins. Je laisse la silhouette anonyme continuer, sans interruption. Et j'aime bien le flot de phrases qui inondent la nuit noire. Et j'aime bien le silence autour -juste une voix sans nom qui parle. Et j'aime bien le manque de présence partout, seulement deux ombres chinoises découpées dans le théâtre du monde. Deux ombres assises. Quelques mots entre elles deux. Pas grand-chose de plus. Des mots parfois confus mais qui, pourtant, s'enchaînent les uns aux autres sans discontinuer.
Plongée si loin dans le cœur de la nuit, je me laisse bercer par chacun de ses propos. Parfois un léger sourire qui vient vite se perdre dans l'air réflexif.

Puis à la fin, c'est la question qui tombe. Celle que je ne me suis jamais posée. Celle qui ne m'a jamais effleuré l'esprit. Pourtant, j'en connais la réponse. Par cœur.
Je ne me la suis sans doute jamais posée parce que je savais d'avance connaître la réponse.
D'ailleurs. Ne trouvez-vous pas ça étrange ? Avoir une réponse sans jamais avoir eu une question... Pourtant, ça arrive. Cette nuit, je crois que c'est le cas.
L'interrogation du masque.
Rapide coup d'oeil.
Pas de place à l'hésitation. Les mots se battent entre eux pour couler. Léger effort pour les ordonner, leur faire passer le seuil des lèvres les uns après les autres de façon à ce que la phrase soit compréhensible.



-Oui.

Finalement. Ce n'est qu'un mot. Tout simple. Et tout court. Qui prend le dessus sur les autres. Ces autres qui auraient tendance à tergiverser, faire des détours avant d'en arriver à cette conclusion :
Oui.
Silence. Je regarde la visage lisse et dénué de traits de l'autre.

-Sinon, voilà longtemps que je serais plus ici.

Exister est désormais ma seule et unique raison de vivre. Ma seule façon de respirer encore un peu. De me relever après chaque coup. De ne pas vouloir me laisser avaler par les monstres intérieurs.
C'est pour exister que j'ai trouvé la force d'essuyer mes larmes. Faire sécher le sang. Mettre un pied devant l'autre. Et vouloir reprendre sa route en main. Même si, concernant ce dernier point, ça reste difficile.
Néanmoins, je continue de lutter.
Et je lutterai. Jusqu'au bout.

-Mais toi. Tu dis qu'on se bat pour exister comme on aimerait. Pourtant, tu n'existes que pour les autres ? Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est à travers les autres que tu te rêves ? C'est entièrement pour eux, par eux que tu te vois ?

Légère grimace dans le noir.
Et mon regard lâche le masque pour venir scruter l'étendue vide et plane autour de nous.
Pas un mouvement. Pas un son. Hormis, peut-être, mon cœur. Qui bat dans mes tempes. Et la respiration, preuve de vie.

-Tu ne peux pas vouloir exister qu'à travers eux... C'est... Notre identité propre, n'est-ce pas ce qui nous tient le plus à cœur ? En tout cas... moi...

La voix s'interrompt.
La phrase reste.
Les pensées s'emmêlent.

-... je refuse de voir ma vie guidée par les autres, contrôlée par les autres, possible qu'à travers les autres.

Mouvement de carapace -la tête a tendance à rentrer un peu dans les épaules.
Un petit soupir.
Le froid de la nuit transforme le souffle en buée. Que je regarde. Quelques instants. Jusqu'à ce qu'elle disparaisse, jusqu'à ce que le noir la bouffe.

-En fait, je crois que les autres, je les hais. Parfois. Surtout quand ils deviennent obstacle à ma liberté. Quand ils veulent contraindre mes ailes et en faire ce que eux désirent.
J'pourrais pas exister pour eux.
Je crois que je n'existe que pour moi. Dans un premier temps.




-C'est égoïste ?

Pas sûr que je sois face à la bonne personne pour répondre à ça.
Mais la question s'est échappée. Voilà une interrogation que je ne suis jamais faite. Et qui vient, toute seule, sur le tapis. A mesure que je parle.

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