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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Pré-au-Lard ~¤~ :: Rues de Pré-au-Lard
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Chez le vieux commerçant du coin
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Galatéa Peverell
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Re: Chez le vieux commerçant du coin
Galatéa Peverell, le  Sam 4 Nov 2017 - 13:54

Journée minée. Rachel d'ordinaire si joyeuse s'était réfugier dans l'atelier, loin de tout client potentiel. Elle avait d'avantage bu que travaillé sur de possible animation. De toute manière cela faisait plusieurs années qu'il s'agissait d'un projet mort, bien que cela soit toujours sur sa fiche de paie. Daegan n'avait peut-être pas eu une si bonne idée, en dévoilant ainsi son faible pour l'alcool. Car la verte avait plus de facilité d'importé son problème au bureau avec ça.

Mais Daegan était parti, comme les autres. A croire qu'il y avait un problème d'organisation interne plus important que ce qu'il n'y paraissait. Une pression pour le propriétaire que même les employés n'apercevait pas. Cela minait encore plus le moral de la sorcière, qui ne serait définitivement pas productrice aujourd'hui.

Waddiwasi ferma tôt, heureusement. Retrouver une affiche mangemort, si sombre sur la devanture colorée avait quelque chose d'irréel. De loufoque. Ester y voyait un message "nous somme partout, même dans votre bonne humeur". Cela ne voulait rien dire, mais la sorcière se comprenait toute seule. Néanmoins ce qui la mettait d'avantage en colère, c'était d'en avoir apprécier les tournures de phrases. C'était de beaux textes. Si beau que même elle aurait put se laisser embobiner, malgré tout ce qu'elle savait. Alors la Phénix imaginait sans aucune peine un innocent bambin, un adolescent trop rêveur, un adulte perdu lire ces mots et les croire. Les croire au point de choisir cet avenir-là.

Ester frissonna, fermant la porte derrière elle. Titubant sous l'effet encore présent de l'alcool, la verte dévisagea les passants et scruta la rue, comme si elle était à la recherche d'imbéciles qui auraient put tomber dans le panneau journalistique. Mais elle ne vu rien, rien sauf une chevelure familière qui s'éloignait du mauvais côté. Kohane ? C'est pas par là la maison...

La sorcière lui emboîta le pas, la suivant sans réel but précis ne cherchant même pas à être discrète. Elle l'a suivait voilà tout. Par curiosité, parce qu'elle aimait savoir. Elle voulait savoir ce que sa colocataire faisait de ses nuits. N'est-ce pas justifier ? Puisqu'elle travaillait pour l'ordre noir ? Parce qu'elle voulait aussi la protéger. Des autres, d'elle-même, de tout.

Ester regarda intensément le mur à son tour.

- On regarde quoi ?

C'était long. Étrange même de fixer quelque chose aussi longtemps sans raison. Et Ester peinait à tenir debout. Alors elle s'adossa contre le mur avant de se laisser glisser espérant vaguement qu'il ne s'agissait pas d'un passage secret et qu'elle ne tomberait pas à travers. Vous imaginez ? Un sorcier saoul qui veut se reposer contre la colonne de pierre de la voie neuf 3/4 et qui passe à travers ? Mais rien n'arriva et la sorcière put relever la tête vers son amie sans que la tête ne lui tourne. Kohane devait avoir l'habitude de la voir comme cela. Avec elle Rachel ne faisait pas semblant d'aller bien. Enfin si, mais moins qu'avec les autres. D'ailleurs, Ester aussi avait l'habitude de voir la rouge aussi peu en forme. Elles étaient pathétique toutes les deux.

- T'as vraiment une sale tronche Ko'.
Kohane W. Underlinden
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Re: Chez le vieux commerçant du coin
Kohane W. Underlinden, le  Lun 6 Nov 2017 - 12:57



Le silence, c'est mon atmosphère. Ma bulle. Où je me laisse voguer, divaguer, au grès de mon esprit embrumé. Je me perds, là, quelque part, entre la vitrine et le mur. Peut-être que ce n'est ni l'un ni l'autre que je regarde. Juste. L'imperceptible espace entre les deux. Entre le magasin et la maison mitoyenne. Ce minuscule écart qu'on ne voit pas mais qui, pourtant, existe bel et bien. C'est là que se glisse le souffle d'air qui a besoin de solitude et de repos, les pensées qui veulent s'échapper et les âmes envolées qui cherchent refuge.
Ce genre de failles, c'est toujours intéressant. En plus, ça amène les gens. Et souvent, ce sont les personnes qu'on s'attend le moins à voir. Par exemple la dernière fois, c'est un regardant un mur lézardé que je l'ai entendue, elle, dont j'ignore totalement le nom. Elle, la fille sans visage dont je n'avais retenu que la voix et les poings violents. Elle, qui m'a chopée un jour, au détour d'une rue, pour me mettre à terre sans raison, éructant quelques mots décousus et phrases incompréhensibles.
C'est le mur lézardé qui l'a arrêtée près de moi. Ou peut-être est-ce moi regardant le mur qui l'a interloquée, qui a stoppé sa route ? Je ne sais pas. Toujours est-il qu'elle s'est arrêtée. Qu'elle a parlé. Et que je l'ai reconnue.
Là, alors que je continue de me perdre dans des méandres sans nom, une voix m'attrape. Encore une fois. Une voix familière -et pas qu'un peu.
Je sursaute légèrement. Mon cœur fait un bond. Mais je ne bouge pas. Comme si mes forces m'avaient quittée.
Je me force à respirer,encore une fois, respirer du frais, pour se réveiller.
Et, à côté de moi, je sens Rachel, si près. Contre le mur. Enfin. Mon visage se tourne alors que son corps glisse et s'affaisse.

-On regarde rien

je murmure.
Y'a rien à regarder. Juste à imaginer. Le bonheur envolé. Qui pourrait être là, caché.
Y'a rien à regarder. Juste à rêver. Sommeiller. Esprit embrumé.
Mon regard suit sa silhouette qui s'effondre. Je reste un temps sans bouger. A la fixer, au sol. Les muscles de mes joues se contractent imperceptiblement.
Comment ça se fait qu'elle soit là ? Elle travaillait pas ?

En même temps, c'est l'heure de la fermeture des magasins. Donc non, elle doit plus travailler.

Au milieu de la brume qui m'habite, je crois me rappeler être passée devant Waddiwasi, hier. Ou était-ce ce matin ? Quelle heure était-il, lorsque j'ai marché ? J'en sais rien. Je regarde plus l'heure. Ca ne représente rien, ces aiguilles qui bougent. Ce n'est qu'une notion humaine. Et occidentale. Ce temps linéaire. Les heures succédant aux heures.
C'était hier. Ou bien ce matin. Qu'importe. C'était un jour. Si récent. Où j'ai marché. Et y'avait Waddiwasi. Et y'avait les souvenirs amers. Ceux que je n'ai jamais oubliés, envers et contre tout. Et y'avait Eurydice, au fond de moi. Et y'avait les journaux. Et y'avait... beaucoup de choses.
Le bateau ivre se remet à tanguer. Dangereusement. Dans la tête. Je ferme les yeux quelques secondes, pour me reprendre. J'peux pas plier maintenant. J'peux pas laisser mes nuits blanches reprendre le dessus. Pas ce soir. C'est pas possible. J'ai pas le droit. De flancher. Maintenant. Parce que j'entends déjà de là les commentaires de ma grand-mère sur le fait que c'était une très mauvaise idée de m'avoir laissée partir comme ça, sans demander mon reste, m'installer loin de mes parents et vivre ma vie, quoi. Je sais que ma grand-mère sens certaines choses, elle a été la première à avoir vu mes cernes, elle a été la première à s'être posé des questions -mais moi, j'veux pas qu'elle s'en pose encore moins qu'elle m'en pose, à moi. J'veux pas lui donner une preuve qu'elle puisse avoir raison.
La voix de Rachel me tire de mes pensées.
Et mes yeux glissent de nouveau sur elle.
Rachel.
Ca me fait bizarre, de me dire qu'elle est là. Pourtant, c'est pas comme si je ne l'avais plus vue depuis longtemps. Après tout, nous partageons le même appartement. Mais c'est comme si ça faisait longtemps qu'on n'était plus ainsi, posées, côte à côte ou face à face, à se parler -à essayer de se parler.

-T'as pas l'air dans ton assiette non plus, je réponds doucement.

C'est vrai. Elle est plus mal que d'habitude. Elle est... ailleurs, presque. Là et pas là à la fois. Assise au sol, presque noyée dans le macadam.
Rachel.
Je me demande même pas -pas vraiment- si elle a vu les journaux. Je m'en fiche, en fait. A cet instant précis, je me fiche de tout. Je veux juste un coin. Où le monde me laisserait en paix. Une bulle de rien. Où je me retirerais.

-Tu rentres à l'appartement ?

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Re: Chez le vieux commerçant du coin
Galatéa Peverell, le  Mar 14 Nov 2017 - 13:47

Le temps filait si vite, ou si lentement. C'était une notion désormais flou pour la sorcière qui se contentait de subir son jugement. Il n'y avait peut-être rien à faire mais c'était déjà trop pour l'esprit brouiller de la verte qui préférait regarder les étoiles scintiller. Tant qu'elle le pouvait encore. Une gorgée ou deux de plus, elle la nuit tanguerait avec le reste. Même Kohane, semblait se balancer vu d'en-bas. Elle semblait si grande vu d'ici, qu'Ester aurait put en avoir le vertige.

La soûlarde se moqua. Un rire ridicule. De la vie. De la remarque de son amie. D'elle-même.

La petite Rachel aurait sans doute honte de voir ce qu'il en était advenue de sa vie. Elle qui avant possédait tout, n'avait plus rien aujourd'hui. Ou tellement moins. Ni d'âme. Ni d'amour. Voici ce que la guerre avait fait-elle, un être sans vie qui se complaisait dans le "faire semblant", en attendant de trouver mieux.

Il lui arrivait parfois aussi de regretter celle qu'elle avait oublié. Un petit monstre tué par l'absence de souvenir. La guerre n'aurait été qu'un jeu, qu'une raison supplémentaire de rire pour elle. Il n'y aurait pas eu toute cette souffrance. Toutes ces pertes. Tout comme il n'y aurait pas eu d'âme du tout.

"Tu souffres parce que tu es en vie."

- J'ai d'avantage envie de boire que de rentrer.

T'as pas une bouteille ?
Déchéance. Rachel avait depuis longtemps mit fin à son consommation excessive de filtre de paix. Pour Kohane principalement. Ester s'était alors empresser de se jeter sur la boisson, plus excessivement encore. Les journées qu'elle passait sans étaient rare. Mais les soirées comme celle-ci l'étaient heureusement tout autant. D'ordinaire, elle s'appliquait plus à "faire semblant".

Dispersio dans ma main. Voilà qui était mieux, bien qu'après réflexion, elle s'étonnait d'avoir réussi du premier coup. L'envie de boire sans doute. Ou le "juste à temps" car ses mots ne tarderaient pas à devenir aussi trouble que le liquide qui glissait déjà à grand goulot dans sa gorge. C'était pas pour oublier. Juste pour penser à autre chose, aussi elle tendit la bouteille de Kraken à Kohane en silence.

- J'me souviens même pl... plus... quand les voix dans ma tête sont apparues.

Et je sais que t'as les mêmes qui te hurles dessus en silence.
Kohane W. Underlinden
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Re: Chez le vieux commerçant du coin
Kohane W. Underlinden, le  Dim 10 Déc 2017 - 10:44



Appui sur le mur. Soupir à la nuit. Pourquoi on est deux âmes perdues, en dérive, bateaux échoués je-ne-sais-où ?
Et ce phare, qu'on attend. Quand arrivera-t-il ?
Il y a des questions qui tournent, des colères qui se ravalent, des larmes qui se mâchent et jamais de réponse à tout cela. Alors. Je cours la ville et je cours la vie derrière ces papillons-mots qui pourraient m'éclairer, ces lucioles amies de mère-nocturne qui pourraient me guider. J'arrive jamais à les attraper, en fait. Ces comme les bulles de rêve d'enfant. Pourtant, on a essayé, avec super-carotte, de les attraper, armées d'un filet à papillons. C'est dur, en fait. C'est rapide et fugace. Ephémère, surtout.
Et ces réponses tant attendues, elle le sont aussi ?
Je ne sais pas trop, à dire vrai. J'ai pas encore réussi à les approcher assez pour me faire ma propre opinion. Alors. Maintenant. J'écume les livres et les textes, je rêve sur les mots et les idées, je tâtonne sans fin et je forge mon idéal, celui que je pourrai porter sur mes épaules de rêveuses, celui qui est à la hauteur de mes songes éveillés.
Je forge ma propre révolution.
Alimente mes propres flammes.
Et me perds dans les pages et les insomnies, les cernes et les traits creusés.
Dans le fond, j'aime ce sentiment de perdition dans des dédales de phrases à n'en plus finir. Ca m'occupe. Ca me donne le sentiment de vivre pour quelque chose -pour la sortie. Ca me construit aussi, sans doute. Ca fait gonfler le feu et la flamme et porte l'espoir en son sein.
Je crois que je n'ai jamais vraiment désespéré. Y'a toujours eu en moins cet éclat qui m'a tenue debout. J'ai toujours trouvé une chose -même une infime chose- à laquelle me raccrocher pour avancer.
Mais là. Alors que je regarde Rachel à moitié écroulée au sol, j'ai l'impression qu'elle, elle ne l'a plus, cet éclat. Peut importe pour quoi elle se bat. Peut importe que je sois d'accord ou non avec elle. Qu'elle cherche à maintenir et même sauver cette Machine oppressante ou, au contraire, à la détruire, pièce par pièce.
La seule chose que je vois, c'est cette sorte d'abandon.
Et j'entends. Son désir de boisson. Comme pour mieux se fuir face au miroir et fuir les autres face au monde. S'enfermer dans cette prison d'effluves abrutissantes. Je connais ça. Je sais ce que ça fait. Le sentiment de tourner sans fin. D'oublier tout jusqu'à soi-même. Et avoir l'impression de trouver, de cette manière, la paix.
C'est illusoire.
C'est comme le philtre de paix.
Ce n'est que temporaire.
Une fois l'alcool passé, tout revient en bien plus puissant. Coup de fouet en plein visage. Ca cingle les joues et ça fait mal.



Je regarde Rachel qui fait venir à elle une bouteille.
Vive la magie !
Je l'observe en silence. Muette. Que puis-je dire ? Nous ne savons plus comment parler. Se parler. Alors qu'avant, tout était si simple. Alors qu'avant, les mots coulaient de source, les réconforts aussi. Les sourires encourageants et la volonté de faire ensemble.
Jusqu'au jour où
Nous n'avons plus poursuivi les mêmes papillons.
Nous n'avons plus abordé le monde de la même façon.
Nous l'avons aimé et haï de deux manières différentes. Et les pas se sont éloignés. En même temps que les mots. En même temps que les phrases.
Il n'y avait plus que les paroles acerbes pour s'accueillir.
Jusqu'à revenir sur un terrain neutre. Arrière-goût des souvenirs d'autrefois.
Je me demande, d'ailleurs, pourquoi, comment on en est arrivées à vouloir partager un appartement. Je ne sais plus. Puis, est-ce réellement important ?
Rachel reprend, la voix bégaie.
Alors que sa main tend la bouteille. Sorte de partage. Comme avec mon frère étoilé. C'était la bouteille, dans un premier temps, premier lien, avant de trouver les astres et se trouver nous-même. Là, c'est pareil. Rachel me tend sa boisson. Je m'en saisis mais la repose au sol. De l'autre côté. Je n'ai pas envie de boire. Pas ce soir. Je suis bien trop crevée pour ça. Et je sais que j'ai encore une soirée à assurer. Où il faut que je fasse semblant d'aller bien pour éviter tout un tas d'ennuis. Je crois que je prends de plus en plus l'habitude des apparences hypocrites de ces bonnes sociétés. C'est le meilleur moyen pour qu'on nous foute la paix.

-Elles sont apparues quand tu as pris conscience que tu voulais vivre malgré tout, je prononce dans un murmure, les yeux rivés aux étoiles.

Nouveau soupir.
Les paupières battent un peu -une barre sur le front ; fatigue.

-Ce sont elles qui t'aident à tenir et, même si elles sont voraces, elles te maintiennent en vie parce que tu passes ton temps à les combattre, à te donner un nouveau souffle pour être à chaque fois un peu plus forte.

Un regard appuyé sur la silhouette assise.
Regard qui glisse vers la bouteille posée un peu plus loin. Revenir sur l'ombre.

-Pourquoi tu cherches à te perdre et à te fuir ?

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Re: Chez le vieux commerçant du coin
Galatéa Peverell, le  Sam 16 Déc 2017 - 9:29

Main tendue vers le ciel, la bouteille d'alcool -même vidé d'une partie de son précieux liquide- continuait de peser lourd, comme un poids dont on ne pouvait pas se débarrasser seul. Aussi, après avoir bu, Ester ferma les yeux et laissa Kohane s'en charger, sans remarquer qu'elle ne boirait pas, mais qu'elle éloignerait la bouteille. Et enfin la verte se sentait mieux. Pas parce qu'on la sauvait malgré-elle, mais parce que le monde commençait à tourner. Un tourbillon désagréable qui avait le mérite de faire -même momentanément- disparaître les vrais douleurs. Sa véritable enclume était la culpabilité et rien ne l'avait jamais sauvé contre ça.

- J'me souviens même pl... plus... quand les voix dans ma tête sont apparues.

C'était faux, elle s'en souvenait très bien, trop bien. En revanche elle ne savait plus quand elle avait décidé de les laisser prendre le dessus. C'était peut-être parce qu'elle avait du leur faire face seule au début. C'était peut-être parce qu'elle avait voulu céder, parce que c'était toujours plus facile pour elle de baisser la tête et de subir plutôt que de se montrer forte. La brebis voulait être capable de laisser glisser les problèmes sur elle. Ester voulait leur donner des grands coups pour les faire valser. La sorcière au milieu se prenait tous les coups en attendant que ses deux hôtes daignent enfin s'entendre.

Si tu savais comme tu as tors Kohane. Si tu savais comme ces voix te freines, aussi bien toi que moi. Elles ne poussaient pas à la vie, n'avaient jamais insufflé le courage et la force. Cette force qu'elle croyait trouver en les combattant... elle ignorait que ce n'était qu'un leur. Car oui, Kohane était forte, mais toutes ses forces ne partaient pas dans ses combats, dans sa vie... elles partaient dans sa lutte contre les voix. D'où les cernes. D'où la non-vie. Te rends-tu compte Kohane, que tu te contentes de survivre ? Ester se souvenait encore très bien de celle qui l'avait remise debout. Elle se souvenait très bien de celle qui voulait vivre.

- Parce que j'avan..ce mieux quand je m'oublie. Que j..e fais plus de chemin quand je re..garde mes pieds plutôt que le sommet de la monta..gne.

Elle avait toujours vécu ainsi, depuis toujours. Depuis aussi loin qu'elle s'en souvienne en tout cas. Elle avait toujours préféré se battre pour les autres plutôt que pour elle-même, parce qu'elle n'avait jamais eu la moindre importance à ses yeux. Néanmoins elle n'avait pas l'impression de fuir ou de se perdre. Oui, elle buvait, mais à côté elle continuait de se battre. L'alcool n'était là que parce que la vie était devenue trop dur sans. Car l'amour ne suffisait plus, trop brisé.

- Mes dé..démons sont différents des ti...tiens. Je fais sem..semblant pour mieux me duper. Et toi Kohane ? Qu'est-ce que tu f..fuis ? Pourquoi tu fais semblant ?
Kohane W. Underlinden
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Re: Chez le vieux commerçant du coin
Kohane W. Underlinden, le  Mer 3 Jan 2018 - 18:38



Soupir dans la nuit. La tête appuyée contre le mur. A fixer les murs d'en face. Et au-delà. Un peu le ciel.
C'est fou. Y'a des murs partout. Tout autour. Même dans la tête. On fonce chaque jour dedans. Sans jamais comprendre que, pour arrêter de se faire mal, il y a deux solutions : faire demi-tour et abandonner. Ou lutter et le détruire pour ouvrir un chemin vers la Liberté. Il est d'ailleurs bien souvent plus facile d'abattre les murs extérieurs que celui qu'on garde au fond de l'esprit.
Je me rappelle. La fois où j'ai affronté l'oiseau fascinant de Londres. Je me souviens parfaitement mon bombarda qui avait touché le mur derrière elle. Les pierres tombant les unes après les autres dans ce fabuleux spectacle de destruction. En les observant, muette, j'ai eu l'impression que mes propres barrières s'abaissaient. S'écroulaient. J'ai cru que je me débarrassais de quelque chose. Mais il en reste toujours des traces. Toujours des choses qui bloquent, des verrous pas tout à fait déverrouillés. Cependant. Pas à pas. J'y arrive. Une chose après l'autre.
Il m'est impossible de combattre plusieurs vagues à la fois.
Surtout. Il m'est impossible de les combattre seule.
Mon regard quitte le mur d'en face et retombe sur Rachel en contre-bas. Rachel qui n'a pas l'air bien. Qui boit trop. Qui se perd. Se fuit. Comme Leo. Lui aussi. Se laissait couler en cuisines pour oublier la vie -sa vie. Patiente et silencieuse, je suis passée derrière lui. Plus d'une fois. L'ai ramassée. Ai tenté de le remettre sur pied. Pour recommencer plus tard. Eternelle boucle.
Je regarde Rachel. Et espère qu'il n'en sera pas de même pour elle. Elle n'a pas le droit. De partir comme ça. Elle n'a pas le droit. De baisser les bras.
Nouveau soupir.
Rachel. Leo. Ca me rappelle. A chaque fois, une partie de ma vie. Un pilier différent. Au début, c'était Leo. Avec qui je voulais me battre, main dans la main, jusqu'à ce que la peur et la mort nous sépare. Puis il y a eu Rachel, que j'ai relevée, qui m'a relevée, soutenue. Un pilier fort pour relever la tête et affronter de nouveau le monde. Jusqu'à ce que nos deux routes ne choisissent plus la même direction. Jusqu'à ce qu'elle se délite sous mes doigts. Une amertume de l'amitié craquelée.
Elle est partie, je suis partie.
Et après.
Je ne sais pas.
Je ne sais pas si elle a réussi à rebâtir ses rêves et ses luttes. A trouver de nouvelles épaules. Pour la porter lorsqu'elle faiblit, des sourires pour sécher ses larmes lorsqu'elle doute, des mains pour tenir la sienne lorsqu'elle se sent perdue.
Une présence pour ne pas être seule.
A moins qu'elle n'y arrive, elle, à tout affronter en solitaire ?
Moi. Ce n'est pas possible. J'ai besoin. De quelqu'un. D'un nouveau pilier. D'un soutien et d'un réconfort face au monde.
J'ai eu de la chance. Asclépius m'a rattrapée dans le noir, promettant de ne jamais me laisser seule, d'être ce soutien et ce précieux allié dans un combat pour la Liberté.
Et Rachel ? A-t-elle eu cette chance ?



Sa voix chevrotante qui répond me fait douter. Elle préfère oublier. S'oublier. Plonger dans un déni. Pour mieux avancer.
Mes paupières s'abattent. Faire le noir. Autour de moi. Alors que sa voix continue et me parvient.
Mes poings se crispent imperceptiblement.
A cet instant là, à cet instant précis, j'ai envie de saisir Rachel par le col et de la secouer. La secouer pour qu'elle réagisse. Qu'elle abandonne cette bouteille et qu'elle vive par, pour elle-même.
Au lieu de ça, je me contente de murmurer :

-Ca ne changera rien. Fuir et s'oublier, c'est juste reléguer le problème plus loin. Assez, de la fuite en avant. On patine plutôt que de faire de réels pas.

Mes yeux se rouvrent.
Et mon regard se braque sur elle. Cherchant à croiser le sien.

-Je ne fuis pas. J'ai arrêté. Parce que je m'épuisais en vain. J'ai décidé de faire face. Aux autres. Et à moi-même. Parfois, je ne te le cache pas, c'est difficile. De passer devant le miroir. Mais. Je m'affronte. Et j'essaie de me comprendre. Pour être enfin de nouveau complète. Pleinement... moi.

Je ne raconte pas.
Ma quête. Pour trouver cette autre moi. Cette autre part de moi. L'Eurydice envoyée croupir en Enfers. Et moi, Orphée, cherchant à la délivrer. Pour qu'elle me revienne. Cette part envolée du miroir. Cette part sombre qu'on a cherché à dissimulé. Et qui manquait terriblement, pour que je me retrouve être moi.
Finalement, deux pièces manquaient à ma vie. Mon frère astrale. Et mon Eurydice, ma part cachée du miroir.
Je ne raconte pas.
Comment ma quête a guidé mes pas, cette nuit-là. Jusqu'au masque rouge. Les mots, la discussion. Et le sentiment de repartir avec ma belle Eurydice enfin revenue en moi. Croiser l'Ombre m'a permis de la retrouver. Et depuis. Plus que jamais. J'arrête de me fuir.

-Et je ne fais semblant que pour qu'on me fiche la paix, je reprends. Mais je déteste ça. Je déteste ces gens. Qui jouent une pièce de théâtre sans arrêt. Qui écrivent à l'avance ce qu'ils vont dire tout au long de la journée et se dissimule derrière des masques de bonne apparence.

Mes poings se crispent davantage.
Mes dents grincent un peu.
Imperceptible tremblement.

-Tu ne peux pas savoir à quel point je les hais. J'aimerais brûler leurs masques et leurs beaux décors de cinéma hollywoodien. Mais. J'attends encore. Et toi. Qu'est-ce que tu attends, avec tes bouteilles et ta fuite ? Qu'est-ce que tu attends de la vie ?

Galatéa Peverell
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Re: Chez le vieux commerçant du coin
Galatéa Peverell, le  Dim 7 Jan 2018 - 12:39

L'alcool coulait dans la gorge pour faire du bien. La sorcière n'était pas prête de se relever maintenant qu'elle s'était trouvée une place au frai. Ses yeux avaient du mal à faire la mise au point, mais ce qu'Ester aimait c'était de sentir son esprit ralentir. Au point qu'elle n'arrivait plus à penser aux problèmes. Au fond elle savait qu'elle avait tord de boire ainsi, mais elle aimait ça, d'être ailleurs. Elle aimait sa capacité à rire de tout et tout le temps. Elle aimait les nuits paisibles qu'elle passait ensuite. Moins les réveilles, mais là encore, depuis le temps elle avait trouvé quelques trucs. Eh puis, elle buvait rarement jusqu'à être bourrée en semaine, parce qu'elle avait des responsabilité à présent.

La sorcière aimait moins en revanche le ton employé par Kohane. Enfin, elle ne faisait rien de particulièrement agaçant, mais Ester ressentait les mots comme des coups de poignards. Un jugement acre qui laissait un mauvais goût en bouche. Elle aimait moins se sentir en colère contre l'ancienne rouge et or, parce que même dans son état, elle savait que ça pouvait dégénérer. Elle savait aussi que les mots, elle ne les maîtrisait plus vraiment. Un rire grotesque lui échappa d'ailleurs, le genre méchant, pas joueur.

- Si t'as arrêté de fuir, esplique ces certes ? Cela ne voulait rien dire, alors elle se reprend vite. Tes cernes !

Ester buvait, mais Kohane fuyait la nuit. Fuyait le sommeil. Ça ne lui arriverait pas, si elle était vraiment en paix avec elle-même, si elle avait vraiment arrêté de fuir. De toute manière, Ester ne croyait pas au fait qu'elle patinait. Malgré les doutes, les remords, les cauchemars, malgré l'absence de Kohane... elle s'était construit une vie. La seule chose qu'elle n'avait jamais vraiment été en mesure de retrouver, c'était un pilier. Et être soi c'est quoi ? Si tu te caches c'est pour une bonne raison.

- T'as cons-consi-cons Mer** ! Tu sais que tu es exact'ment comme ces personnes que tu hais ? Tu préches la vie en souhétant la destruc..tion.

C'était à son tour de juger. Nul doute qu'elle s'en voudrait demain. Non pas parce qu'elle ne pensait pas ce qu'elle disait, elle le pensait, mais parce qu'elle savait que ça l'éloignait encore un peu plus de celle qui aurait dut être sa sœur pour toujours. Celle qu'elle ne cessera jamais d'aimer. Je bois pour oublier que je te perds.

- Ma bout..eille et moi on attend juste le coup de grasse. Pa'ce qu'il viendra. Le monde va se daichirer et nous avec.

Chacune avec son camp... Une larme coula. La bouteille se vida, puis se brisa lorsque Ester la laça de l'autre côté de la rue. Promis, elle viendrait ramasser demain.

HRP : les fautes sont fait exprès, pour les dialogues en tout cas, je trouvais ça bête de la faire bégayer tout le temps ahah
A partir de maintenant et tant que l'animation n'est pas terminée, je vais avoir du mal à répondre.
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Re: Chez le vieux commerçant du coin
Kohane W. Underlinden, le  Mer 7 Fév 2018 - 13:37



La tension monte et l’atmosphère se met à grésiller des non-dits et de la parole qui veut se délier. Mais. Je n’ai rien à dire. Plus rien à dire. A personne. Comme je refuse de rendre des comptes au monde.
J’entends Rachel émettre un rire. Pas le genre taquin bon enfant. Plutôt le genre qui cherche à confronter, attaquer, faire face et blesser.
Je ne réponds rien alors que ses mots sortent et questionnent ce qu’il est inutile de questionner -je ne suis même pas sûre d’avoir la réponse.
L’alcool aidant sans doute, je sens la colère, la rage bouillonner chez Rachel. Elle perd ses mots, se trompe dans les sons, se reprend, redis, refais et moi, debout à côté d’elle, je n’essaie pas de lui couper la parole, l’interrompre, démentir. Je suis comme apathique, à écouter ses reproches, ceux qu’elle doit faire au quotidien sans jamais les dire à voix haute.
Je me sens lasse.
Lasse d’entendre commentaires et reproches. Il paraît que je ne suis jamais comme il faut, comme il faudrait que je sois, comme je devrais être. Mais les gens. Je les em*erde. Parce qu’ils n’ont pas à rêver ma vie à ma place.
Pourtant, le jugement de Rachel ne m’échappe pas et, bien que je demeure impassible, je n’en reste pas moins touchée. Pourtant, ça n’est pas une nouvelle, ça n’est pas une première. Je sais ce qu’elle pense de moi, depuis notre incartade à Waddiwasi. Je sais l’amertume et le ressentiment. Malgré tout, le savoir et l’entendre de vive voix est différent.
Je contemple le mur d’en face.
Façon de ne pas avoir à regarder en contre-bas, regarder Rachel qui éructe et termine sur des paroles bien négatives, le tout en jetant sa bouteille au loin.
Je regarde partir l’objet et entends clairement le bruit du verre brisé. J’imagine les éclats qui se répandent au sol. Tranchants. Coupants. Ca me rappelle les éclats de vitre sur le sol de Londres -morceau avec lequel j’ai tenté de trancher la gorge de celle qui voulait me faire subir le même sort, cet oiseau fascinant qui m’a laissé la vie sauve et a marqué mon esprit à jamais.
Plus rien ne bouge après le lancer de Rachel. Et je soupire.

-Les cernes, ça doit être l’habitude, je réponds d’une voix atone.

Je ne sais pas pourquoi j’essaie de justifier ce que moi-même je ne sais pas.
Mais.
J’essaie.
Comme si Rachel méritait une réponse.
Ou que je voulais me débarrasser de sa question pesante.

-J’ai pris l’habitude de courir les rues de nuit. Croiser les oiseaux insomniaques. Leur parler. Les écouter. Haïr le monde en même temps de l’aimer.

Je me tais.
Un temps.
Je me perds.
Dans la contemplation du mur d’en face. Le mur plongé dans l’ombre.
Puis je finis par me laisser tomber et m’asseoir à côté de Rachel. Toujours sans la regarder. Pourtant, plus que jamais, je suis attentive à sa présence proche.

-Et puis... tu te trompes. Je ne crois pas ressembler aux personnes que je hais. Enfin... je le refuse. Les choses ont changé, Rachel. La roue a tourné et les camps se sont modifiés. Je croyais ne plus haïr grand-monde ici bas. Les seules personnes pouvant répondre à ce critère, ce sont celles qui se cachent derrière leurs masques d’apparence. Qui sourient pour faire bien, font croire que alors qu’elles te poignardent dans le dos. Je refuse d’être comme elles. D’être prise dans ce factice des décors hollywoodiens. Je veux... être moi.

Je tourne brusquement la tête vers Rachel.
Pose une main sur son épaule pour la faire réagir.

-Tu comprends ? Je veux être moi. Qu’importe ce que les autres en pensent. Ma famille, toi, tous... j’en ai marre d’être jugée sur ce que j’ai fait ou pas fait, sur ce que j’aurais dû faire ou ne pas faire. J’en ai marre de parler à des gens qui ne savent que me regarder de travers.

Regardant le visage de Rachel avec attention, je vois le mince sillon d’eau sur sa joue. Et je sens mes propres larmes monter.
Pourquoi tout le monde a besoin d’évaluer tout le monde ? Critiquer, remettre en question. Moi-même, je n’échappe pas à la règle. Je le fais, je le sais, sans le vouloir, je le fais.
Je ferme les yeux quelques secondes pour contenir les larmes.
Une des seules personnes qui a écouté ce que j’avais à dire, qui m’a écouté raconter mes actes et mon histoire sans juger, c’était Asclépius. Et je crois que je ne le remercierai jamais assez pour ça. Je lui ai parlé de Rachel, lui ai parlé de la femme tuée dans la neige, lui ai parlé de ma fuite et mes responsabilités. Il a seulement écouté. Réconforté. Sans jugement.

-Si le monde doit se déchirer, soit. Je m’en fiche. Mais je refuse d’attendre sans rien faire que le coup de grâce arrive.
Tu sais, si je dois mourir, je veux mourir debout. Fière. Qu’importe ce que les autres en penseront.

Galatéa Peverell
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Re: Chez le vieux commerçant du coin
Galatéa Peverell, le  Sam 10 Fév 2018 - 7:21

Il aurait été tellement bon, parfois, d'arrêter le temps et qu'apparaisse en plein jour dans le ciel un milliard d'étoiles. Ainsi Kohane et elle aurait put être ensemble sans que les ombres ne viennent tout gâcher. Elles auraient put être deux, sans se déchirer et se détruire. Car avec le temps elles étaient devenues néfaste l'une pour l'autre, chacune jugeant, reprochant, regrettant le temps d'avant, sans pour autant partir. Je t'aime, mais pas assez pour te sauver en partant. Alors l'une comme l'autre elles font semblant, taise les douleurs, mais au fond elles ont beau tourner le problème dans tous les sens, rien ne change. Tout était toujours pareil.

Ester le savait. Elle avait comprit ça un jour, en se levant, puis avait pleurée toutes la journée. Avait bu la nuit. Encaissé le lendemain pour reprendre ensuite le court de sa vie. Kohane n'était pas le cœur de sa vie, mais elle était le bras : irremplaçable. Que faire alors ? Lorsque la gangrène était là ? Même en partant, rien ne changerait. Leurs vies étaient déjà trop mêlées.

-Tu comprends ? Je veux être moi. Qu’importe ce que les autres en pensent. Ma famille, toi, tous... j’en ai marre d’être jugée sur ce que j’ai fait ou pas fait, sur ce que j’aurais dû faire ou ne pas faire. J’en ai marre de parler à des gens qui ne savent que me regarder de travers.

Mais je ne pourrais te dire ce que je ne sais pas
Et je ne pourrais te donner ce que je n'ai pas
Et je ne pourrais te fuir même si tout nous sépare


- Qui est Kohane ?

La tête de Rachel vînt s'écraser contre l'épaule de son amie, besoin de sentir la chair. Besoin de constater que tout n'avait pas disparu sous les gravas, car les deux sorcières avaient toutes les deux changer. Elles étaient toutes les deux devenues d'autres personnes. Et Ester devait bien admettre qu'elle ne savait pas vraiment qui était sa colocataire. Expliques-moi.

-Si le monde doit se déchirer, soit. Je m’en fiche. Mais je refuse d’attendre sans rien faire que le coup de grâce arrive.
Tu sais, si je dois mourir, je veux mourir debout. Fière. Qu’importe ce que les autres en penseront.


- Je n'ai pas dit que je ne me battrais pas. Je n'ai pas renoncé à l'idée folle qu'un jour ce monde pourrait être plus sûr.
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Re: Chez le vieux commerçant du coin
Kohane W. Underlinden, le  Mer 28 Fév 2018 - 17:14



Une tête posée sur mon épaule, une question des plus déconcertantes. Rachel qui s'appuie sur moi, comme trop épuisée par tout le reste. Sentir le contact physique rappelle qu'on est encore un peu vivante, elle et moi, elle pour moi, moi pour elle. Encore un peu vivantes même si on ne parvient plus à marcher ensemble, sur ce même fil tendu. Nos numéros de funambule en commun sont terminés. Nous n'arrivons plus à ne pas tomber si nous restons ensemble. Alors. A chacune ses papillons -nous sommes parties.
Et sa question fait émerger une remarque.
Simple. Banale. Evidente. Pourtant. Le nez plongé dans la quête aux papillons, j'ai été incapable de voir l'hippopotame au milieu du couloir. Et il était là. La question le rappelle.
Elle fait comprendre que
On ne sait plus qui est l'autre.
Autrefois, on savait -je suppose.
Autrefois, on connaissait.
Puis quand il a fallu se tourner le dos, on a oublié. On est parties, les souvenirs se sont estompés. Ou alors quand on est revenues, tout avait trop changé pour que nous puissions reconnaître. On perd nos repères. On se perd nous-mêmes. On ne sait plus.
Un bras vient enserrer doucement les épaules de Rachel alors que je regarde le lointain de la nuit. Réfléchissant avec sérieux à la question.
Qui suis-je ?
Qui est Kohane ?
Et pour qui ?
J'ai l'impression d'être tant de choses différentes que je ne sais plus qui, vraiment, je suis, je veux être. Je veux être moi mais je n'ai pas encore tout à fait trouvé ce moi. Je sens encore le déséquilibre maladroit dans les jambes, le sentiment de l'incomplétude.

-Si tu demandes aux autres, je crois que... je suis la rêveuse. Ou la perchée. Ou l'agaçante. Je suis l'oiseau sans ailes ou Super-Radis. J'ai été la silencieuse ou l'hippopotame de la rhétorique. Je suis l'impulsive. Ou celle qui cherche à colorer le monde armée d'une tulipe et d'un pot de peinture. Je suis celle qu'on utilise à des fins de grandeur, je suis celle qui se révolte mais qui n'arrive pas à dire non.

Mon bras passé autour des épaules de Rachel resserre légèrement son étreinte.
Comme un tressaillement dans le vent. Sauf qu'il n'y a pas de vent.

-Je suis différente pour chacun, je crois. C'est le cas de tout le monde. A trop être différente, on se perd. Mais si tu me demandes à moi, qui je suis, je crois que...
Je suis celle qui cherche l'ombre et la lumière tout à la fois. Les nuances. Et les couleurs.


Capter la Lumière
Vivre l'Ombre


Je crois que c'est ce que je fais
En tout cas, ce à quoi j'aspire
Ce que j'aimerais être
Mélange d'ombre et lumière, mélange de Kohane et Eurydice, une teinte tout en nuance qui me permettrait de dépasser les trop simples dichotomies. On n'est jamais tout l'un ni tout l'autre. Et puis, il n'y a jamais que deux dans l'histoire. Homme et femme, blanc et noir, riche et pauvre, bien et mal... Tout cela m'exaspère. Bien trop restrictif à un monde meilleur. Tant de choses sont oubliées entre ces deux termes. Et tant de domination est impliquée à parler en opposition binaire ; il y a toujours une catégorie dominante, une catégorie soumise.
Je préfère les teintes nuancées.
Voir ce qu'il y a au milieu.
Et donner la parole à ces êtres oubliés de l'entre-deux.

-De la sécurité au détriment de la liberté ? j'interroge doucement, en entendant la dernière phrase de Rachel.

Là est toujours la tension.
Entre sûreté et liberté individuelle.
La société assure oeuvrer pour notre bien en nous corsetant chaque fois un peu plus fort. Mais elle n'est qu'hypocrisie. Réduire la liberté n'a jamais oeuvré pour un bien. Asservir des gens, les éloigner des sphères publics parce que c'est dangereux pour voir, vous comprenez n'a jamais rien apporté de bénéfique.
Alors
Où est le juste milieu ?

-Jamais je ne me laisserai enfermer...
Et toi ? Pour être en sûreté, tu te laisserais enfermer ?


C'est le cas de tellement de gens. Pour garder sa zone de confort et son quotidien sans souci. On dit oui à tout.
Oui à la sécurité presque arbitraire.
Oui à la surveillance incessante.
Oui aux arrestations des vilains pas beaux sans preuve réelle.
Oui oui oui et encore oui
Tant que ça ne me touche pas
Mais un jour, à trop dire oui

Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.
Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester.
(M. Niemöller)

Galatéa Peverell
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Re: Chez le vieux commerçant du coin
Galatéa Peverell, le  Dim 11 Mar 2018 - 13:56

Chacun avec sa peine, que le temps nous apprenne.
A nous aimer, en sœur.


Avant c'était facile. Le fardeaux de la vie ne pesait pas lourd sur leurs épaules. Il n'y avait eu que les problèmes qu'elles avaient elle-même tenues à se créer. Puis les peines et les haines avaient pris de la place. Elles en avaient oublié de s'aimer, dépassées. Et du haut de leur vingtaine elles se retrouvaient obligées de faire le bilan de leur vie et de leurs erreurs, forcées de constater qu'un retour en arrière ne serait jamais possible.

Ester s'en rendait compte ce soir. Elle aimait toujours Kohane. La Kohane qu'elle avait connu dans sa jeunesse. La moitié d'un tout qu'elle formait aujourd'hui, parce qu'elle était encore cette enfant, mais qu'elle ne l'était plus entièrement. Il y en avait une autre. Qu'Ester ne connaissait pas. Que Rachel craignait. Elle aussi devait composer avec deux elle.
Puisqu’on ne sera toujours, que la moitié d'un tout.
Puisqu'on ne sera jamais, que la moitié de nous.
Ma sœur.
Bien sûr que rien ne pourra jamais nous l'enlever.
Bien plus que tout ce que la vie peut nous accorder.
L'amour sera toujours cette moitié de nous qui reste... A faire.
Ma sœur...


- O..On nez ni en sûreté ni en liber.. liberté.

Les bras que Kohane trouvèrent leur chemin autour de Rachel qui avait l'horrible impression qu'elle aurait beau serrer son amie autant qu'elle le voudrait, il y aurait quand-même ce vide. Ce manque d'amour. Ce manque de compatibilité qui faisait qu'elles seraient toujours meilleure ennemie. Cette certitude qu'il y aurait toujours cette souffrance dans leur vie, comme l'impression d'avoir perdu quelqu'un.

Le plus triste pourtant n'était pas cet amour qui se perdait, mais bien le fait qu'au final... elles cherchaient la même chose : vivre libre. Chacune voulait être libre de faire ses propres choix, ses propres erreurs, tracer sa propre route. Chacune pensait pouvoir le faire avec le chemin qu'elle avait choisi.

- Les man'morts m'ont d'jà fait priso..nnière d'une vie qu'je voulais pas. Alors j'me bats pour qu'les autres aient l'ch-l'choix.

Elle se battait, pour que ceux qui veulent être libre le soit et que ceux qui veulent être en sécurité le soit aussi. Elle se battait pour gagner du temps et permettre au monde de se reprendre au risque de perdre plus encore. Kohane se battait pour sauver ce qu'il y avait à sauver avant de perdre plus. Un même but : deux manières de penser. L'une pensait que les coupables étaient les mangemorts, l'autre qu'ils étaient la solution. L'une pensait que la société était coupable, l'autre que le monde allait mal à cause de penser de ce genre.

- J'pas l'impression qu'tu sois libre... J'pas l'im..pression qu'tu sois toi quand t'ac..ceptes de t'marier.

Rachel savait a quel point sa sœur avait souffert de cet arrangement de famille. Elle savait que Kohane avait mis longtemps à aimer Asclépius. Elle savait aussi que même si elle l'aimait profondément aujourd'hui, qu'elle ne l'aimait toujours pas. Pas comme elle le devrait en acceptant le mariage. Tu n'avais qu'a dire non Kohane... tu étais assez forte pour refaire ta vie, pour survivre, pour te battre. Mais c'était à croire qu'elle non-plus ne croyait pas en l'amour. C'était à croire qu'elle non-plus ne pensait pas y avoir droit un jour.

- Alors pouquoi... les mang'morts ?

J'ai eu beau y réfléchir, je ne comprends pas... Comment tu peux les aider à faire souffrir le monde... Comme ils nous ont fait souffrir nous ?
Kohane W. Underlinden
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Re: Chez le vieux commerçant du coin
Kohane W. Underlinden, le  Sam 17 Mar 2018 - 18:32



Respirer la nuit.
Respirer Rachel, aussi.
Sa présence. Douce et perdue. Voguante, flottante. Je la serre mais, par moments, c'est presque comme si elle n'était plus là. Elle échappe entre les doigts, malgré la prise qui se veut ferme sur les .épaules, comme pour ne pas la laisser partir. D'une certaine façon, elle continue d'échapper, de glisser. C'est comme ça depuis que nous ne courons plus le même sentier. Toujours se fuir l'une l'autre. Tout en restant à proximité néanmoins. Parce que. C'est comme avec Leo. S'assassiner dans le dos. Mais rester proches sans en avoir trop l'air pour veiller l'un sur l'autre.
Je laisse la nuit nous bercer alors que je maintiens mon étreinte autour de ses épaules.
Et elle parle.
Et, d'une certaine façon, c'est la Rachel que j'ai toujours, celle qui fait et qui vit pour les autres. Seulement pour les autres. Celle qui se laisse derrière pour tendre la main à l'alter non ego.

-Pourquoi tu te bats pas pour que toi tu aies le choix ? Il n'est jamais trop tard. On peut toujours décider de sa vie. Si, justement, on fait le choix de se saisir de cette liberté.

Petite moue.
Donneuse de leçons, va
Et moi, est-ce que j'ai choisi ?
Oui, un peu, quand même. Pas sur tout. Pas sur toute la ligne. Mais j'ai réussi, même dans les contraintes, à dégager cet espace de liberté. Et faire des choix. Que je ne regrette finalement pas. Parce que je m'y retrouve.
Mais Rachel ne semble pas du même avis.
Elle demande, remet en question mon acceptation face aux pressions familiales. Une de mes mains vient se poser dans ses cheveux alors que je réfléchis doucement à ses propos. Etais-je libre ? Oui. Oui. Même si ça fait mal de l'avouer, j'étais libre de dire non. Non à ce chantage.
Et après.
Et après.
Le regard perdu dans le passé et dans les souvenirs, je revois la nuit dans la Forêt Interdite, le vent faisant trembler les feuilles et le Erlkönig qui était en fait un sombral. La peur et les confidences. L'instant qui a tout fait basculer.
J'entends encore les mots d'Asclépius.
Parler de nous comme pièces défectueuses d'un puzzle qui cherche à donner du sens -mais n'en a aucun. Et le plan. Pour se libérer. N'avoir de comptes à rendre à personne ; n'être que le sujet de soi-même.
Ma main caresse doucement la tête de Rachel, d'un geste rêveur, presque absent.

-C'est en étant moi que j'ai accepté, je commence, dans un murmure, cherchant mes mots. Au début, j'ai dit peut-être à ma famille. Je voulais tout envoyer valser sans oser le faire. Puis. J'ai dit oui à Asclépius parce que son plan me plaisait. Parce que c'était être deux et plus forts face à la Machine. Parce que c'était être deux pour mieux se libérer. Et c'était l'assurance d'une présence connue et réconfortante.
Alors
J'ai dit oui.
J'aurais pu dire non.


Je ne l'ai pas fait.
Sans doute parce que je n'y retirerais aucun intérêt.
Evidemment, on aurait pu rêver mieux. Mais on aurait pu imaginer pire. Quand on a avancé à deux, vaguement, avec, pour seule idée, de détruire la Machine, je crois qu'on ne savait pas bien à quoi s'attendre. Le flou de l'inconnu. Le futur incertain.
Maintenant, plus on progresse, plus je sais

-Et je ne regrette pas.

Parce que c'est rassurant.
De se dire qu'on n'est pas seule. Qu'on ne tâtonne pas en solitaire dans le noir. Il m'a promis. D'être là. Si je suis perdue, si je trébuche. D'être là. La main tendue dans l'obscurité.

-J'ai décidé d'assumer toutes mes décisions.

C'est ce qu'Alice m'a dit.
Assumer.
Je ne suis peut-être pas faite pour cette vie.
Mais je l'ai choisie.
Alors
J'assume.
Voilà.

Un profond soupir en entendant la dernière question.
Pourquoi
Voilà le mot qu'on préfère, terme si fourbe parce qu'on ne sait jamais quoi répondre.

-Tu crois que ça s'explique ?

Déglutir.
Fermer les yeux.
Faire un effort.
Trouver des mots, agencer des idées. Parce qu'elle demande. Peut-être qu'elle mérite une réponse. Peut-être qu'elle mérite que j'avance quelques raisons, si c'est ça qu'elle désire.

-Je veux que les gens s'ouvrent, se mêlent, cohabitent. Je veux que les gens n'aient plus à se terrer, quels qu'ils soient. Je veux que les marginalisé.e.s puissent enfin parler et qu'on les écoute. Je veux qu'on cesse de donner le pouvoir toujours aux mêmes. Je veux qu'on donne enfin la parole à tous. Je veux que les barrières s'abaissent entre les mondes. A quoi ça rime, de vivre ainsi cloisonnés ? Pourquoi ce découpage ? Pourquoi cette séparation qui ne crée que davantage de méconnaissance dans un camp et dans l'autre ?
La mixité sociale.
Le mélange qui rend plus fort.
Et qui fait advenir l'individu face à la haute et austère figure étatique.
Outre cela, aussi, défaire cette vieille société de traditions et de valeurs enfermantes. Comme a on pu se débarrasser, autrefois, du joug et du poids de la religion. Sortir des griffes de la Machine.
Voilà ce que je veux.
Et ils sont les seuls qui puissent me permettre d'aller jusqu'au bout.

Et toi
Comment réfléchis-tu le monde ?

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Re: Chez le vieux commerçant du coin
Galatéa Peverell, le  Jeu 5 Avr 2018 - 13:22

Ce n'était pas à cause de la fatigue qu'elle ne trouvait plus la force de parler, ni à cause de la boisson. Il y avait une rage, que la sorcière ne parvenait pas à exprimer. Une douleur si forte, qui l'a détruisait, la rendait muette. Et Rachel restait là, recroquevillée dans les bras de sa sœur, se laissant doucement bercée comme une enfant. Pour autant elle ne se résignait aucunement et les choix de Kohane restaient un mystère pour elle. Cela étant dit elle était heureuse, que sa belle rouge ait quelqu'un dans sa vie. Quelqu'un qui la remplacerait et qui prendrait soin d'elle lorsqu'elle n'en serait elle-même plus capable.

Ester avait déjà vécu cette situation. Elle en reconnaissait les prémisses, toujours ce même goût acide dans la bouche, toujours cette envie de tout recommencer. Peut-être que cette fois on ferait mieux ? Peut-être aurait-il mieux valu qu'on ne se rencontre pas ? Car Ester avait beau se faire violence pour en tirer des points positives, elle avait beau se forcé à se rappeler tous les bons souvenirs... elle n'en voyait pas l'intérêt, si c'était pour finir comme ça. Si c'était pour finir plus misérable qu'au départ.

Kohane s'en fichait peut-être. Cela n'avait jamais eu l'air de la gêner, que Rachel soit si réfractaire à ses idéaux. Et la verte aurait aimé pouvoir faire preuve de tant de détachement, de laisser tant de liberté à ses proches... Malheureusement elle en était incapable, malheureusement elle n'y arrivait plus. Comment ne rien faire, lorsque le monde devenait plus sombre de seconde en seconde ? Comment sauver quelqu'un qui ne voulait pas être sauvé ?

Il y a une douleur sans nom
Il y a la douleur qui continue et continue


Et toi
Comment réfléchis-tu le monde ?


Je rêve le monde comme il l'était quand le mal ne pesait pas autant sur les âmes. Comme il pourrait l'être encore, s'il était encore permis de choisir pour autre chose qu'un camp sur le champ de bataille. Et là, dans les bras de cette ennemie qu'elle aimait tant, la sorcière se sentait suffoquer sans pouvoir rien y faire. Pleurer n'aurait servit à rien, les mots n'avaient plus aucun pouvoir. Elles en étaient arrivées à un point où il fallait juste accepter, briser les chaines qui les liaient... et dire ces mots que l'on craignait tant depuis si longtemps... : au revoir.

- Comme toi...

FIN du RP
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Re: Chez le vieux commerçant du coin
Alexanne Serpentard, le  Ven 6 Avr 2018 - 10:03

*Alexanne Serpentard était une jeune élève de 13 ans très solitaire et qui n'avait pas vraiment d'amis. Il y avait le petit sorcier russe qu'elle avait rencontré un soir dans la cuisine mais à part lui, elle était bien seule depuis sa première année. Parfois, on pouvait l'entendre parler avec son chat Percé mais elle tentait bien de le cacher.

Par ailleurs avec son nom de famille s'était parfois usant. En effet, chaque année des nouveaux élèves arrivaient et rebelotte les mêmes rumeurs.*

-Vous avez entendu, il y a une élève qui s’appelle Alexanne Serpentard
-Vous pensez qu'elle est lié à Salazar lui-même
-Ou alors sa famille, pour ce donner bon genre à cru bon de changer de nom de famille.


*La brunette en avait assez d'entendre toutes ces rumeurs plus idiotes les unes que les autres. Il lui arrivait parfois de s’énerver contre ses malheureux premières années et leur dire la vérité sur ses origines. En effet, son non de famille est bien le siens ses parents n'ont pas triché. Sa famille provient d'une vieille branche de l'arbre généalogique de Salazar Serpentard lui-même, une branche qui avait était élagué et qui avait même fini par disparaître mais il y a 100 ans, elle était réapparu. Seulement, voilà entre temps, elle avait été souillé, c'est pour cela que notre jeune héritière caché le faites, cette branche avait été renié et que seul le nom de famille était resté prestigieux. Il lui servait bien à inspirer la peur et le respect alors pourquoi divulguer cette information honteuse.

Enfin, en cette matinée, la jeune sorcière s'était levé avec l'envie de changer d'air. Elle avait obtenu comme tous les élèves de son année l'autorisation pour se rendre à Pré-au-Lard. Elle avait donc décidé de s'y rendre. Seul, elle flânait dans les rues rentrant aux hasard dans les boutiques.

Soudain, cette vieille boutique attire la curiosité de notre jeune Serpentard. En voyant qu'il y a des gens du monde, la petite brune hésite mais il y rentre finalement. Elle regarde les colliers ancien et ignorent les autres. Elle espère juste qu'elle ne devra pas leur parler. Cependant, trop absorbé dans ses pensées, elle ne voit pas la personne devant elle et lui rentre dedans désquilibré, elle tombe sur les fesss mais elle se relèvent immédiatement honteuse. Elle regarde la femme et dans un murmure, elle s'exclame dans un anglais parfait mais avec un fort accent.*

-Excusez moi, je n'ai pas fais exprès
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Re: Chez le vieux commerçant du coin
Galatéa Peverell, le  Mar 10 Avr 2018 - 16:29

LA de Mister Artemis

Les vieilleries, elle aimait bien ça. C'était toujours plus beau, plus attractif et surtout plus vivant que le neuf, plus vivant que toutes ces choses modernes qu'on aimait tant chez les moldus. Cela faisait presque huit ans qu'elle n'y était pas retourné, sauf pour quelques occasions -elle n'évitait pas ce monde non plus, disons juste qu'elle en avait moins l'occasion, moins d'intérêt depuis qu'elle avait dit adieu à sa famille. Enfin bref, elle aimait bien. Ne serait-ce que parce qu'elle trouvait parfois quelques pièces qui réveillait en elle un côté princesse. La sorcière n'était cependant attirée que par les robes, les diadèmes et les balles, tout le reste lui importait peu, mais il y avait quelque chose qu'elle détestait plus que tout : les codes de conduites.

Voyez, depuis peu Ester avait appris que son véritable prénom était Galatéa Peverell Rosier. La petite moldue française, élevée à la bonne franquette -n'ayons pas peur des mots- était soudainement promue sang-pur et sang-noble. Alors même si pour le moment on l'a laissait en paix -soit Alhena s'en fichait soit elle avait compris qu'il ne fallait pas l'em******* avec ça si on voulait qu'elle accepte un jour ce nom qui était le siens-, alors elle était heureuse. Rachel continuait d'ailleurs à se comporter comme une moldue, à utiliser des expressions moldus.

Mais revenons à nos moutons dragons ! Rachel était donc entrain de lorgner sur une jolie petite couronne à fleurs en or et en pierre -peut-être précieuses- lorsqu'une masse vient se cogner à elle. Aussi on ne vous mentira pas, la sorcière se sentie comme un gros rocher, ce qui n'était pas très agréable. Une masse si vous préféré, car si la personne qui l'avait percuté se retrouvait sur les fesses -comme projeté par un poids lourds-, Rachel, elle, fut déséquilibrée, mais très peu à comparer. Elle aurait put d'ailleurs en être vexée, triste et toutes ces choses, mais cela aurait été bien bête. D'ailleurs, si la percutante était si facilement tombée à la renverse face à la percutée, c'était essentiellement à cause de son jeune âge. Ester s'en rendrait compte maintenant qu'elle l'avait en face d'elle. La petite ne devait pas avoir plus de... 15 ans ? Et pas moins de 13, à moins d’enfreindre le règlement, ce qui n'était pas si rare finalement... M'enfin, c'était le problème d'Azénor et d'Aaron. Pour le moment la sorcière était d'avantage intéressé par l'air beaucoup trop navré de la mignonnette.

- Le choque a été plus grand pour toi que pour moi, ne t'excuse pas !

Rachel souriait, plus amusée qu'autre chose face à cette situation. Il y avait tellement plus grave dans une vie. Surtout en ce moment. De jour comme de nuit, le mal rodait. Alors la sorcière ne fut pas mécontente de voir un Auror entrer dans la boutique. Il faisait sa ronde. Ester le salua d'ailleurs d'un sourire amical lorsque celui-ci passa devant elles pour continuer dans la rue avant de s'intéresser à la petite demoiselle.

- J'appelle Ester. Et toi ?
Alexanne Serpentard
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Alexanne Serpentard, le  Mer 11 Avr 2018 - 9:27

*Alexanne était une jeune fille associable, elle n'aimait pas discuté avec les autres. Cependant, elle avait fait une chose honteuse à ses yeux, elle était rentré dans quelqu'un. Elle aurait du faire attention, ce n'était pas croyable*

-Alexie, tu n'y est pour rien, tu était trop absorbé par tes pensées, n'y pense plus et reste polie


*Lorsque la jeune sorcière entendit cette voix dans sa tête, elle sut que sa conscience était de retour avec la voix enfantine de son frère jumeau. Cela lui fit mal au coeur mais elle tint bon et ne montra aucune émotion*

-Si vous le dites Madame

*Elle allez repartir quand elle vit l'Auror entrer, tout son être se figea,  elle se raidit et ses yeux lançait des éclairs. Elle le regardait d'un air méchant. C'est comme si la petite brune avait une dent contre lui mais était-ce vraiment pour cette homme ou bien pour sa fonction. En vérité, c'était pour sa fonction. Depuis ses 6 ans, l'héritière de la famille Serpentard en voulait aux aurors, elle les tenait pour responsable de la mort de son frère jumeau. Selon elle, ils auraient dû mieux anticiper  et surtout  mieux surveiller ce fou qui avait ravagé le bar où elle était parti prendre un verre avec sa famille et qui avait causé la mort de son frère en détruisant le bar. Lorsqu'elle vit que la jeune femme en face d'elle, lui adressa un sourire amical, la petite brunette en fut outrée et lui lança un regard noir. Une fois, son petit tour achevé l'auror sortit de la boutique, tous le corps d'Alexanne se détendit et son regard redevint éteint et froid. Elle calma aussi son envie de le suivre et de lui dire ses quatre vérités. La jeune sorcière ne pouvait pas se le permettre sa mère lui avait fait promettre de ne surtout pas attirer trop l'attention sur elle en ce temps de guerre.*

-Enchanté, je m'appelle Alexanne Serpentard

*Répondit, la jeune sorcière dans son anglais parfait avec cependant à son plus grand regret toujours cette consonance italienne à cause de son accent.*
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