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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Pré-au-Lard ~¤~ :: Rues de Pré-au-Lard
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Jour de pluie
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Maître de jeu
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Jour de pluie

Message par : Maître de jeu, Lun 10 Avr - 22:24


Situé dans un climat particulièrement changeant, Pré-au-Lard n'est pas à l'abri de la pluie. Sous le soleil, le village semble animé, quelque peu joyeux, éclairé. Lorsque le ciel s'assombrit et fait tomber des trombes d'eau, ou simplement un crachin d'automne, tout devient terne. Les rues sont beaucoup moins remplies, les pavés sont glissants et les différentes artères ne protègent en rien les passants qui se montrent moins aimables, où le vent s'engouffre sans crier gare. Cependant, la pluie donne une beauté sauvage à Pré-au-Lard, dont les centaines de lanternes brillent aux fenêtres les jours de pluie, comme de nuit. L'odeur de celle-ci emplit les narines et procure, pour certains, un sentiment de fraîcheur.
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Damien J. Eales
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Spécialité(s) : Permis de Transplanage


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Message par : Damien J. Eales, Lun 17 Avr - 3:55


--------Le jour où l'enfer s’abattit sur Terre ! (RP Flashback) - [PV avec Daegan Harltøfsen.]


A R T H U R ---S M I T H
Je vais te tuer Eales !


Ça, c'est Arthur Smith, une saleté de deuxième année à Gryffondor. Toujours à s'en prendre à moi sous prétexte que je sois nouveau et surtout tout chétif. Et ça se dit membre de la maison du courage... mes fesses ouais ! Mais pour savoir pourquoi cette tâche me court après, il faut remonter quelques minutes en arrière. Alors qu'il m'avait une fois de plus humilié en sortant des dortoirs, j'avais décider de me venger un peu plus tard, durant le petit-déjeuner. Résultat ? J'avais "un tout petit peu" saboté son repas en ajoutant quelques "ingrédients mystères" assez... spéciaux !

Résultat ? Il s'était rapidement compte que ça venait de moi et s'était mis à me courser un peu partout dans le château. Voici donc pourquoi j'en suis là, maintenant, à utiliser mes petites jambes pour tenter de me cacher le plus loin possible avant qu'il ne mette la main sur moi ! Car je suis un garçon très réaliste, je sais parfaitement que s'il m'attrape, je vais passer un sale quart d'heure. Et je préfère rester en un seul morceau ! Je me fraies donc un chemin comme je le peux en passant entre les élèves que je vois, commençant à sortir à l'extérieur alors que je l'entends se rapprocher de plus en plus, me hurlant dessus au passage.



A R T H U R ---S M I T H
Tu vas voir quand je t'aurais attraper !


D A M I E N ---E A L E S
Faudrait déjà y arriver !


Lui tirant la langue au passage, je regarde à nouveau devant moi pour me rendre compte que je suis foutu. Je viens de me stopper pile poil devant le lac, un peu plus et je finissais dedans tête la première ! Et le gros problème est que je n'ai plus aucun moyen de m'échapper, Arthur n'est pas très loin et si je tente d'aller à gauche ou même à droite, je perdrais bien trop de temps et il finirait par m'avoir, j'en était sûr. Ce grand imbécile commence déjà à venir devant moi, un sourire de victoire sur les lèvres. Mais rira bien qui rira le dernier ! Car tu sais pas ce que je peux mettre dans ton prochain repas !

Il fini par être là, devant moi, m'attrape par le col et me pousse un petit peu, mes talons se retrouvant à un rien du lac dans lequel je vais certainement être d'ici quelques instants, connaissant le genre du garçon. Mais peut-être pas directement puisqu'il lève son poing droit, prêt à me frapper à tout instant pour me punir de ce que j'ai osé lui faire. Si seulement j'étais plus grand et plus fort... il se serait prit une grosse raclée et aurait arrêter de m'embêter ! Mais là, je ne peux pas lui faire grand chose avec le peu de force que j'ai. J'aurais du être comme mon grand-frère... il me regarde alors et me pose la question que j'attendais depuis tout ce temps.



A R T H U R ---S M I T H
Un dernier mot à dire ?


D A M I E N ---E A L E S
... Plouf ?


J'espère au fond de moi que quelqu'un va venir me sauver de cette brute, car là, je ne risque pas d'aimer ce qu'il va m'arriver. Mais bon... je rêve sans doute...

DAMIEN J. EALES.--------




Edit Alice : Bonjour Damien. Votre post n'étant pas conforme à la cohérence exigée par le Règlement RPG, je l'ai déplacé dans un sujet qui vous est disponible. Merci de faire plus attention à l'avenir. Cordialement.
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Daegan Harltøfsen
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Re: Jour de pluie

Message par : Daegan Harltøfsen, Jeu 20 Avr - 14:09


Assis tranquillement en face du lac, Daegan observait de ses yeux malicieux le château de Poudlard de l'autre côté de l'eau. C'était le weekend et les enfants aillant obtenue une autorisation de sortie pouvaient aller se promener dans le village de Pré-au-lard. La plupart achetaient des bonbon, les plus vieux allaient boire un verre au bar. Mais Dae' n'était ni fan de bonbon, ni assez vieux pour boire ce qu'il voulait. Du coup il était dans un espèce d'entre deux, là, face au lac. Au moins il était tranquille. Le jeune garçon était assez dynamique mais il adorait ces moments de calme. C'était dans ce genre de moment qu'il prenait le temps de s'adresser aux Dieux nordiques. Il les remerciait souvent pour les pouvoirs qu'ils lui avaient offert à la naissance. « Tu vas voir quand je t'aurais attraper ! » Fronçant légèrement les sourcils, le deuxième année détourna son attention du lac pour tenter de reconnaître la voix. Cette dernière semblait lointaine mais en colère. Pitié, Odin, que personne ne vienne le déranger maintenant... Sauf si c'est important... Et que son rôle est essentiel dans cette histoire ... Poussant un soupir, le jeune homme qui était déjà grand et carré pour son âge tenta de se concentrer à nouveau sur la méditation dans laquelle il se trouvait juste avant. « Faudrait déjà y arriver ! - P*tain.. » Lâcha t-il en se tournant cette fois ci vers les voix qui se rapprochaient dangereusement.

C'est alors qu'il vit, un peu plus loin, un tout petit bonhomme s'arrêter juste en face du lac. Au vue de la course folle, Daegan était persuadé qu'il allait finir à l'eau. Mais non. Il s'arrêta à temps et sembla peu serein à la vue d'un autre garçon qui arrivait à sa suite. Ah lui il le connaissait ! Smith, ils avaient cours de soin aux créatures ensemble. Idiot ce type. Bon Daegan aimait aussi faire l'imbécile de temps en temps mais jamais si ça doit atteindre quelqu'un d'autre. Smith, lui, c'était principalement ça qui le faisait marrer : Faire ch*er les autres. Surtout les plus faibles. Genre le petit bonhomme en question juste là. « Un dernier mot à dire ? » Et là, un poing se lève. C'est une blague ? Il allait vraiment user de violence ? Daegan, du haut de ses 1m68 malgré son jeune âge, se redressa alors pour s'approcher. « Eh ! » Surpris par cette voix sortie de nul part, le bourreau baissa sa main pour s'intéresser au nouvel arrivant. « Qu'est ce que tu fiches ici Daegan ? - Ma présence est légitime contrairement à ta façon d'agir. Laisses le tranquille. » Le gryffondor, sentant sa fierté menacé, s'approcha alors de son alter ego les poings serrés. Ils faisait à peu près la même taille, le jaune étant légèrement plus grand. « Tu m'donnes des ordres toi ? - Plutôt des conseils. » La répartie et l'air un peu trop sérieux du Norvégien sembla dissuader quelques peu l'autre garçon. « Mêles toi de tes affaires. - La prochaine fois fais en sorte de ne pas te donner en spectacle alors. » Un combat de regard sembla durer une éternité alors que le petit bonhomme, à côté, n'avait toujours pas bougé.

Finalement, prenant un sourire moqueur pour cacher sa frustration, Smith lança un regard menaçant vers l'enfant et un clin d'oeil à Daegan. « On se voit en cours Dae'. - Ouais c'est ça. » Gardant la mâchoire contracté jusqu'au réel départ du rouge et or, le norvégien finit par se détendre en poussant un soupir. C'était un réflexe qu'il avait, à chaque fois qu'il sentait une bagarre arriver il contracter sa mâchoire en cas de coup, pour que l'impact soit moins puissant. Technique qu'il avait apprit en se battant avec ses frères. Enfin, il s'intéressa au petit bonhomme. Il lui adressa un sourire bienveillant et lui mit un petit coup dans l'épaule. « Si tu veux mon avis, soit tu apprends à te défendre, soit tu arrêtes tes bêtises. » Parce qu'il était plus qu'évident que l'enfant était un semeur de trouble.
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Damien J. Eales
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Spécialité(s) : Permis de Transplanage


Re: Jour de pluie

Message par : Damien J. Eales, Jeu 27 Avr - 15:41


--------Le jour où l'enfer s’abattit sur Terre ! (RP Flashback) - [PV avec Daegan Harltøfsen.]



Alors que je me demande quelle religion je vais choisir pour demander à un dieu de me sauver de cette tâche d'Arthur, j'entends une voix un peu plus loin qui vient de me sauver sans avoir fait quoi que ce soit, puisque l'autre brute me relâche tout de suite. Ouais ! Victoire pour Eales ! La personne ayant volée à ma rescousse s'appelle visiblement Daegan, un élève bien plus grand que moi - mais ça, c'est pas dur, je suis un véritable nain ! - et plus costaud surtout - mais encore une fois, pas dur, je suis une véritable brindille ! - n'ayant du coup aucun mal à se faire respecter par la fouine de Smith.

Quoi que... l'autre idiot s'approche de lui en serrant les poings... ils ne vont quand même pas se battre ? Car si ça arrive, j'ai juste à venir discrètement et paf ! Une petite représentation personnelle de Casses-Noisettes pour Smith ! Mais je n'aurais pas à user du coup de pied bien placé vu que finalement, le crétin fini par s'en aller, me lançant un regard menaçant juste avant. Alors que je le vois s'éloigner, je lui fait de grands signes de la main, un large sourire aux lèvres, content de le voir partir, surtout que je pensais finir dans la flotte !

L'autre garçon se retourne finalement vers moi et vu son écusson, il semble être un Poufsouffle. Après m'avoir lancé un sourire bienveillant, il me frappe doucement dans l'épaule - heureusement d'ailleurs, sinon, hop, plus d'épaule ! - pour finalement me dire que j'allais soit devoir apprendre à me battre soit arrêter les bêtises. Oh bah le choix est simple, très très simple même !



D A M I E N ---E A L E S
J'apprends à me défendre alors ! Comme ça la prochaine fois qu'il veut s'en prendre à moi, je lui pète la tête !


Et vu que je suis un garçon plein d'énergie, je ne peux pas m'empêcher de mettre quelques coups dans le vide, mimant ce que je compte faire à Arthur la prochaine fois, pour ensuite sourire à mon sauveur et placer mes mains derrière ma tête. Sur le coup, il était tombé à pic, sinon ça aurait été moi ! Tiens d'ailleurs... je me mets à observer celui qui semble s’appeler Daegan, me rappelant ensuite de tout ce qui venait de se passer avec l'autre tête de lutin. Et rapidement, je lui pose une question.


D A M I E N ---E A L E S
Tu veux pas m'apprendre toi d'ailleurs ? T'as l'air fort, puis si j'dois attendre la fin d'année pour ça...


L'autre avec son hygiène de troll avait l'occasion de me frapper plusieurs fois durant l'année et Daegan ne serait pas là à chaque fois. Et puis même en dehors de Poudlard, ça allait être dur de pratiquer des sports de combats en étant à l'orphelinat... du coup, mon unique espoir se trouve devant moi ! Et alors que j'attends sa réponse, quelque chose me revient soudainement et je me dépêche alors de reprendre la parole.


D A M I E N ---E A L E S
Oh ! Je m'appelle Damien Eales sinon ! Et merci de m'avoir sauver de l'autre tête d'ampoule là.



DAMIEN J. EALES.--------


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Kohane Werner
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Re: Jour de pluie

Message par : Kohane Werner, Dim 4 Juin - 17:34





Pas de réponse depuis plus d'un mois.
Si problème, me MP.

Rp avec Seth McSoul

Plic
Ploc


Contre le carreau
Nuit d'orage et de pluie
Trombes d'eau qui s'abattent sur les pans d'une auberge anonyme, contre les vitres d'une chambre anonyme
Plongée dans le noir
Complet.

Odeur d'alcool ; bouteilles roulant au sol
Draps froissés, agités, retournés
Sur le grand lit déplié
Mouvements des corps anonymes, eux aussi, seulement chair fraîche dans cette chambre noire
Les respirations au rythme presque des plic ploc du dehors
Les yeux ne se regardent pas, ne se voient pas, ils voient ailleurs, ils voient peut-être un autre, une autre, ils ne voient plus et le corps se contente de prendre, d'accepter l'inconnu
Dans un tourbillonnement d'alcool
Et perdition de l'esprit.

Dans l'auberge sans nom, ce sont deux silhouettes sans nom
Qui s'entremêlent sans mot
Et dans les anonymes,
Il y a
Je
Moi
Je sais qui je suis
Mais je ne sais pas qui est l'autre,
Lui
Il
Qui est-il ?

Aucune idée et qu'importe
Bon sens et réflexion anesthésiés par la bouteille
Les pensées ne virevoltent plus
Le corps a pris le desus
Sur l'esprit
Et agit seul,
Mécanique presque
Pour sa seule satisfaction
Alors que tout le reste se noie dans cette si précieuse boisson, tellement utile pour oublier !

Pour oublier
S'oublier
Mais ne pas oublier d'oublier.

Pour survivre, il faut parfois se perdre
Loin de tout, loin des autres et de soi
Pour enfin réussir à revenir pleinement
Reprendre pied avec le poids d'enclume
Et les responsabilités non souhaitées
Reprendre pied et repartir de plus belle
Oublier pour survivre
Voilà à quoi j'en suis réduite.

Alors je me perds
Dans la pluie d'alcool
Alors que la pluie du ciel vient frapper toujours plus durement le carreau
Je danse sur le fil de la vie, titubante et chancelante, bouteille à la main
Et, bon sens anihilé, je crois pouvoir courir sur ce fil sans jamais me rompre le cou
Alors je rêve que je suis plus forte même que la vie
Et que survivre n'est qu'une mission des plus faciles.

J'aime me sentir ainsi partir,
Loin de tout, loin des autres et de soi,
Voguer, flotter, couler
Sans jamais résister à l'appel tendre des effluves d'alcool
Et aux bras inconnus tout aussi perdus que les miens,
Les bras sans nom, sans visage, sans voix
Juste amas de chair contre chair
Pour oublier le reste
Dans une nuit d'orage
Sur un lit non-familier
D'une auberge sans nom.



La tête me tourne
Et je ne sais plus si la chaleur qui inonde mon corps
Est réelle ou simplement imaginée
Entre deux images fantasmagoriques aperçues au milieu de battements de paupières
Nuit d'oubli, d'alcool et de débauche
J'ai chaud et froid
Entre éveil et sommeil
Une goutte de trop dans le sang
Et des idées en pelo de laine qui s'emmêlent à l'infini.

Il me semble que mon corps nu sous la drap va se faire bouffer par le matelas trop tourbillonant
Que mon cerveau fatigué va exploser sans même que je m'en aperçoive
Et que ma personne toute entière va finir par disparaître dans un néant des plus complet.

Mais non, je reste,
Je demeure,
Immobile dans le noir
Alors que l'autre silhouette sans nom repose à quelques centimètres de moi
Et un silence
De mort
Seulement la pluie qui tape sans répit
Et l'orage qui accompagne mon orage intérieur
Du parcours dévastateur de l'alcool.

Tout me paraît plus lent,
Trop lent, même,
Tic et tac n'ont plus le même rythme,
Même plic et ploc perdent de leur énergie au creux de mes oreilles.

La vie au bord des lèvres, je pousse tout de même un soupir
Mais n'ose pas desserrer les mâchoires
De peur que les entrailles ne remontent douloureusement
Jusqu'à être expulsées par ma propre bouche.

Un temps
Au milieu de bouteilles et sueur
Et machinalement
Mon pouce gauche joue avec ma bague
Celle qui dit que je ne devrais pas être là
Dans des bras inconnus
Celle qui signifie tant de choses pour certaines
Et si peu pour moi
Celle qui annonce mariage, soi-disant plus beau jour de sa vie,
Et qui ne me donne qu'une envie : oublier.

Déglutissant un peu, je ferme les paupières quelques secondes
Ecoute seulement le plic et ploc
Alors que je continue de faire jouer l'anneau sur mon annulaire.

-T'es qui, toi ?

La question que j'aurais dû poser avant
Mais que je ne pose qu'après
Et je sais même pas vraiment si j'attends une réponse.

Je veux juste

partir

loin

de tout ça.

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Seth McSoul
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Re: Jour de pluie

Message par : Seth McSoul, Dim 4 Juin - 22:16


L'inspiration.
Je ne fais que chercher l'inspiration.
Une nuit, un bar, une femme, six verres.
Je souris, j'esquisse : dans mon esprit, quelques croquis.
Je lui montre mon carnet, lui propose de la dessiner, elle accepte, quelques traits, je range.
Dans mon sac, un portrait. Dans mon ventre, de l'alcool. Dans ma tête, du flou.
J'oublie.

Je recouvre mes esprits, je suis là, dans un lit.
En plein élan, le regard vide, pas de souvenirs.
Elle m'observe, elle se questionne, aussi.
Le croquis, je m'en souviens. La femme, je ne m'en souviens pas.
Qui est-elle ? D'où vient-elle ?
Quel âge a-t-elle ?
Une sorcière, pas de doute, l'auberge était magique, les couverts volaient.

Et moi, qu'est-ce que je fous là ?
Je ne manque de rien.
Enfin si, de tout : ma vie est nulle, lamentable, je suis un incapable sans le sou, logé chez maman.
Je ne m'aime pas, je ne vis pas, je suis un survivant.
Je ne dessine pas par plaisir, je dessine pour oublier.
Mais sexuellement, je ne me suis jamais plaint.
Me voilà, dans un lit, avec elle, qui est-elle ? Je n'en sais rien, mais elle remue à la même allure que moi, en silence, et je ne m'arrête pas, comme si j'avais envie d'aller au bout des choses.
Mais qu'est-ce que je fous là, moi ?
J'ai trop bu.

Je me souviens d'une fois, chez Meredith, il y a trois ans. Son copain l'avait quittée, elle m'avait appelée en pleurant à chaudes larmes. Nous venions tout juste de reprendre contact, elle m'avait demandé de venir chez elle. Nous aurions pu discuter, j'aurais pu la consoler, faire le psy comme j'ai appris à le faire, mais elle m'a embrassé et m'a entraîné avec elle. Je n'avais pas bu, j'étais entièrement sobre, elle n'était pas elle-même et ce n'était pas raisonnable. Pourtant, c'était ma première fois et je me suis laissé faire, comme un garçon curieux qui veut découvrir les choses en sachant pertinemment qu'il se tiendrait mieux en gardant ses distances. Mais j'ai tout appris, et je n'ai rien oublié de cette fois là. Meredith et moi en avons peu reparlé, mais le temps a passé et j'ai connu d'autres filles, et toutes m'ont appris, elles aussi, et je me souviens de chacune d'elles.

Mais elle... Elle, je ne me souviens pas. Et pourtant, je le vis, là, dans l'instant présent, la voici en face de moi et je ne saurais me souvenir de son nom.
Je vois à peine son visage, nous sommes tapis dans l'ombre, je m'agite avec une simple silhouette.
Et voilà qu'on s'étale, l'un à côté de l'autre, essoufflés tous les deux. C'est fini.
Ma tête tourne, je n'ose pas la regarder.

- T'es qui, toi ? me demande-t-elle.

Le ton de sa voix me rappelle certains souvenirs, assez vagues.
Dans le bar, il y a quelques heures, elle me parlait déjà sur le même ton, ni poli ni provocant.
Et je me souviens d'un détail, alors, un détail que j'aurais préféré oublier.
Ce n'est qu'une gamine, une ado de 17 ans.

Elle semble avoir apprécié, j'ai apprécié aussi, mais qu'est-ce que je fous là ?
Je voulais simplement la dessiner, je n'ai jamais voulu aller aussi loin.
17 ans seulement, m*rde.
Si seulement c'était la première fois, j'aurais pu passer à côté, mais deux fois en une semaine, ça va trop loin.
D'abord la gamine du cimetière, maintenant la gamine du bar.
Qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez moi ?

- Seth.

Je n'ai pas envie d'en dire plus, je n'ai pas envie de parler, je m'en veux tellement.
Si seulement ma mère voyait ça.
Si seulement mon frère voyait ça.
Si seulement Ariana voyait ça.
Si seulement Meredith voyait ça.
Meredith. M*rde. Si ça pouvait être elle...
Cette fille n'a que 17 ans, p*tain.

- C'était pas une bonne idée.
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Kohane Werner
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Re: Jour de pluie

Message par : Kohane Werner, Lun 5 Juin - 19:25





Le bateau tangue
Et je ne fais attention à rien
Seulement portée sur son dos chancelant
Les paupières closes
A écouter les bruits
Qui m'entourent.

Il y a la pluie lointaine
Parfois le grondement sourd de la terre et du ciel
Mais surtout la respiration de l'autre,
Corps sans nom,
Silhouette sans visage dans le noir
Sa respiration qui prouve qu'il est tout de même vivant ;
Il n'est pas fantôme,
Il est humain
Il respire
Et pour peu, je pourrais entendre
Battre son coeur
Dans sa poitrine.

Je sais plus très bien comment on en est arrivés là
A partager un étreinte silencieuse dans l'ombre
Si peu de mots échangés
Mais de bonnes gorgée de je-ne-sais quel savoureux mélange alcoolisé.

Peut-être un jeu de regard dans un bar
Je ne sais plus très bien
Les feuilles de croquis qui défilent sous les yeux
Et son crayon qui gratte
Alors que nous buvons
Il est à la fois concentré sur les traits qu'il trace
Et sur le verre qu'il saisit par intermittence.

Ensuite, plus grand chose
Une mémoire floue
Des images dont je n'ai cure
L'important, c'est seulement
De savoir qu'on est là
Qu'on a atterri là
Et que je sais même pas qui il est
Pas plus qu'il ne sait qui je suis.

Dans la nuit et l'ambiance calme de l'auberge
Sa voix remonte et me parvient
Le seul nom qui ne me dit absolument rien
Et l'évidence qui s'impose :
Je ne le connais vraiment pas.

Je ne saurais même pas dire à quoi il ressemble,
Les images sont floues
Et dans le noir, on ne voit plus grand chose.

Les yeux clos, je ne le regarde pas
Et même si je le faisais,
Sitôt demain, je l'aurai oublié
Peut-être me rappellerai-je de son étreinte
Mais pas de ses traits, ça c'est certain
Car ce n'est pas ça que j'ai envie de retenir de lui,
Ce n'est pas ça le plus important chez lui ce soir ;
Seulement savoir qu'il y avait lui et moi
Dans un grand lit
Sans nous connaître,
Cela me suffit.

Il a l'air de penser, se perdre en réflexions anesthésiées
Et sa voix se fait entendre de nouveau,
Pointe de regret peut-être vibrant au fond de la gorge
Mais de toutes les façons, ce qui est fait est fait
Que veux-tu ?

Lentement, mes paupières se rouvrent
Et mes pupillent fixent le plafond plongé dans l'ombre
Plafond lisse auquel est suspendu une simple ampoule.

Les chambres ici sont aussi nues que mon corps sous le drap,
Aucune touche personnelle, aucune déco originale,
Murs blancs pour plafond blanc
Des détails que je revois dans un flash
Je sais pas pourquoi
Je me rappelle de ça, me rappelle de l'aspect de la chambre éclairée par l'ampoule tremblotante
Alors que je suis incapable de tracer dans mon esprit les traits de l'autre à côté de moi.

C'est lui, qui a commencé à me dessiner,
Pas moi,
Je ne suis pas capable de faire telle chose
Je ne sais pas peindre les gens
Je ne sais pas regarder leur visage
Je me contente d'entourer leur personnalité
Pour les distinguer.

Cessant de triturer mon annulaire,
Je passe ma main gauche sur mon visage,
Remonte jusqu'à la racine de mes cheveux
Et les doigts viennent s'y perdre
Alors qu'un nouveau soupir m'échappe.

L'envie de vomir est passée
Et je ne me sens plus que flotter
Dans un bien-être cotonneux.

-C'est vivre sans jamais chercher à oublier qui est une mauvaise idée.

Réponse atone
Alors que mes yeux restent fixés au plafond
Et que mes doigts glisse le long de ma chevelure
Avant que le bras ne retombe mollement
Sur le matelas.

Quel mal y a-t-il à vouloir oublier,
Danser sur les moeurs et la vie
Pour, une fois seulement, dire qu'on s'en fout ?

Pourquoi regretter
Ce qui est fait
Et a été apprécié ?

Moi, je ne ressens pas cela,
Voilà un moment que je n'ai plus ressenti cela
Parce que les regrets ça ne fait jamais avancer
Et de toutes les façons, ça ne permet pas de revenir
Sur le passé.

C'est comme
Les larmes.

Même si, c'est vrai, pleurer,
Ca permet d'évacuer
Et se tranquilliser
En s'écroulant épuisé
D'avoir trop de larmes versé.

Finalement, je fais basculer mon corps sur le côté,
Bras replié, coude posé sur le matelas, tête posée dans la paume ouverte
Et je regarde la silhouette d'à-côté,
Silhouette plus si anonyme
Parce que maintenant, j'ai un nom,
Seth.

Mes yeux se contentent de regarder
Non pas dévorer
Seulement observer
L'âme torturée d'à-côté.

-Tes regrets sont en train de te torturer ou quoi ?

Un silence
Abandonné aux anges
De la nuit
Et mon regard le lâche,
Se perd sur le matelas
Dans le vide
Monde parallèle de l'esprit.

-Faut pas regretter. Sinon une vie déjà pourrie devient insupportable.

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Seth McSoul
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Re: Jour de pluie

Message par : Seth McSoul, Lun 5 Juin - 20:37


Je suis c*n. Je suis c*n. Je suis c*n.
Je suis vulgaire. Trop vulgaire. Arrête d'être vulgaire.
Mais m*rde, quoi, elle a dix-sept ans !

- C'est vivre sans jamais chercher à oublier qui est une mauvaise idée, me sort-elle.

Qu'est-ce qu'elle raconte ? J'y comprends rien.
T'es qu'une gamine qui inventes des mots, tu es trop jeune, tu sais pas penser, moi aussi je disais des c*nneries à ton âge.
17 ans, m*rde...
Je ferme les yeux, je n'ose rien regarder. Je la vois qui bouge à côté de moi, qui se tourne, est-ce qu'elle me regarde ? J'en sais rien, je ne la regarderai pas.
Je ne veux pas voir son visage innocent, si jeune, si pur, si...

Non, Seth, ressaisis-toi.
17 ans, ce n'est rien, la moitié des filles l'a déjà fait à 17 ans, elle n'est pas si jeune, elle s'apprête à quitter Poudlard - si elle est Poudlard.
Elle est à Poudlard ? J'en sais rien.
Ça me fait si mal d'y penser.
Ma vie était déjà si m*rdique, et voilà que je couche avec une gamine.

- Tes regrets sont en train de te torturer ou quoi ?

Oui.

Clairement, oui.
Je souffre.
Je ne sais plus quoi penser.
Où donner de la tête.
Je suis fou.
Je suis pourri.
Je suis un vieux qui couche avec des jeunes.
Le même genre de mecs que je trouvais ridicule lors de mes premières années à Poudlard, quand les élèves de Septième année volaient toutes les jolies filles de mon âge.
Elle n'a trouvé personne de son âge ?
Elle... C'est quoi son nom, déjà ?

- C'est quoi ton nom, déj...

- Faut pas regretter. Sinon une vie déjà pourrie devient insupportable.

...
Je regrette.
Je regrette tellement.
...
...
Est-ce que ma vie est insupportable ?
...
...

- C'est quoi ton nom, déjà ?

J'arrête d'y penser, ou dans quelques heures, je me jette du haut d'un pont.
J'ouvre les yeux.
Je la regarde.
Elle n'est pas jolie.
Elle n'est pas moche non plus.
Léa ?
Non, c'est pas ça.
Elle est plutôt pas mal, en fait.
J'ai l'impression de la fixer. Je détourne vite le regard, je ne veux pas la gêner.
Je m'apprête à m'excuser, mais elle va encore dire que je regrette.

Je repense à ce qu'on vient de faire.
C'était agréable. Doux. Sensuel. Chaleureux.
Enfin bon, on l'a fait en étant bourrés, aussi, ça change la donne.

- Le regret est humain, je suis pas insensible. Mais pour le coup, j'arrive pas vraiment à savoir si je dois regretter ou non.

Je lève les yeux, je fixe le vide. C'est toujours mieux que de la fixer elle.

- Tu sais, il y a des moments où ta vie est tellement désespérante que t'arrives plus à savoir si elle est légèrement douloureuse, ou tout simplement pourrie, ou carrément insupportable.

Il fait super chaud.

- Il y a des moments où tu souffres, c'est tout. T'en as pas grand chose à foutre de calculer ton degré de souffrance.

Je me redresse, m'assieds sur le lit, j'attrape un morceau de la couverture et je m'éponge vulgairement le front en espérant qu'elle ne regarde pas trop.

- Mais bon, moi, j'ai confiance. Quel que soit mon niveau de détresse, quand j'aurai envie de remonter à la surface, je sais que je le ferai sans problème. J'ai beau être un c*n ou un lâche, je pense quand même avoir un minimum de courage pour pouvoir me sauver moi-même.

D'un coup, ma tête fait tilt.
Je me retourne, je la regarde.
Elle a des yeux sombres, sans profondeur.
Ou trop profonds, peut-être, justement.
J'en sais rien.

- Kayane, non ?

C'est son nom, je crois.
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Kohane Werner
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Re: Jour de pluie

Message par : Kohane Werner, Mar 6 Juin - 0:15



   

   

Je ne comprends pas,
Ceux qui aimeraient revenir
Sur une expérience pourtant pas désagréable
A cause de je ne sais quel point de conscience.

Ce gens-là, j'aimerais leur dire
De garder leurs regrets pour des situations
Bien plus graves, qui les méritent vraiment,
Des situations où vouloir faire machine arrière
Puisse être justifié sans problème.

Même si, dans ces cas-là,
Les regrets font davantage mal
Que maintenant.

Je le sais car autrefois,
Il m'est arrivé de regretter,
Mais pas pour une étreinte anonyme abandonnée à un inconnu,
Plutôt pour les actes que je n'ai pas eu le courage de faire,
Les cris que je n'ai pas eu le cran de pousser,
La voix que je n'ai pas eu le courage de faire entendre
Et un manque de réaction qui a pu coûter la vie de personnes tombées sous mes yeux.

Oui, ça,
C'est sans doute mon pire
Et plus réel regret :
De n'avoir rien pu faire pour les sauver
De n'avoir rien tenté pour eux,
Paralysée et anesthésiée par la peur
Et de les avoir laissé partir,
De leur avoir offert mon regard impuissant pour unique dernier témoin.

Alors, ce soir,
Je ne vois pas ce qu'il y aurait à regretter ;
Au contraire,
Je me sens bien dans ce tourbillon sans fin
Voilà un moment que je n'avais plus été dans cet état
Délicieux d'éloignement du monde.



L'ombre me demande mon nom avant de me regarder,
Je sens son oeil peser dans l'obscurité
-à mon tour, je pose de nouveau mon attention sur lui-
Et sa pupille me détailler comme je le détaille
Avant de brusquement changer de direction,
Comme prise d'un sursaut de bienséance
Qui dit qu'on ne fixe pas ainsi les gens, c'est malpoli.

Qu'avons-nous à faire de ces paroles
De gens bien pensants
Qui veulent se faire passer pour droits dans leurs bottes
Alors qu'ils sont encore pire que nous ?

Regarde-moi, si tu en as envie,
Moi, je ne me prive pas,
J'aime regarder les gens,
En silence,
Observation de ce qui se dégage chez eux
Sans faire attention réellement à leur physique,
Je regarde seulement les traits de caractère que je pourrai retenir d'eux.

J'aime te regarder dans le noir ce soir,
Toi, l'inconnu au nom si lointain,
Seth
Te regarder pour essayer de savoir
Qui tu es.

Soudainement, il reprend,
Sa voix file sur les airs,
Tisse une toile de mots
Que j'absorbe sans le lâcher des yeux
Que j'entends écoute et comprends.

Il est torturé
Et secoué, l'inconnu,
Perdu dans les moments douloureux de l'existence
Et ses mots me parlent,
Vibrent en mot dans toute leur splendeur
Et leur éclat de vérité ;
Je ne savais pas qu'une ombre inconnue comme lui
Pouvait parler aussi bien
Et poser ces mots-là sur les maux d'une vie
Que je ne comprends plus.

Alors qu'il avance dans sa réflexion
Je me mords la lèvre inférieure
Parce que ses paroles
Font remonter à la surface
Tout ce à quoi moi-même je fais face
Les flashs douloureux de souvenirs qui devaient s'oublier dans l'alcool
Et la pelote de pensées se remet en route
Alors qu'au contraire, je ne voulais plus,
Ne voulais plus penser.

Ce rappel cruel de l'existence
Crispe la mâchoire
Tandis que lui se redresse,
Sa silhouette vient se mettre en position assise sur le lit
Et la couverture se froisse entre ses doigts
Alors qu'il se saisit d'un pan dans l'ombre.

Encore quelques phrases
Débitées à l'univers
Et soudain, il tourne son visage vers moi,
Première fois que nos regards se croisent ainsi,
Première fois en tout cas dans ce dont je suis capable de me souvenir
Car tout avant est plutôt indistinct,
Pour sûr que nous nous sommes regardés,
Avant, dans le bar,
Pendant, dans le grand lit
Mais ce n'était pas un regard du même ordre ;
Là, c'est celui qui observe pour de vrai
Celui qui fais attention et plonge.

Un nom
-qui n'est pas le mien-
Sorti de ses lèvres
Comme une ultime tentative de se rappeler
De ce qu'il a oublié
De ce qu'il n'a pas écouté
Ou de ce qui n'a pas été dit.



-Kohane,

je corrige
Dans un souffle
Les yeux levés vers sa silhouette
Avant de m'asseoir à mon tour
Ramenant le drap contre ma poitrine
Non pour une quelconque pudeur
Mais parce que j'ai besoin de sentir quelque chose
Contre moi.

-Tu as de la chance, de pouvoir remonter à la surface si tu le veux. Moi, je stagne et je coule. Ce n'est pas par manque de courage. J'essaie. Très sincèrement. Mais ce doit être un manque de force. Un épuisement trop intense d'une trop longue lutte pour du rien.

Je me mords de nouveau la lèvre
Instant de réflexion
Comment arrive-t-il à avoir cette détermination de pouvoir remonter quand bon lui semble ?

-J'arrive pas à me sauver moi-même. J'ai besoin des autres. Et même comme ça, c'est difficile. Mais ça l'est encore plus si je suis seule.

J'ai besoin d'une main
Pour tenir la mienne
Et me donner le courage
De faire un nouveau pas
Dans ce monde
De fous.

-C'est bête, hein, mais j'ai besoin du monde, je l'aime tout autant que je le hais.


Alors je me dis que je danse sur lui,
Que je le piétine
Tout autant que je le cajole ;
Je veux être avec lui
Autant que je veux le fuir ;
Je veux échapper à son étreinte
Autant qu'il m'est devenu indispensable pour survivre
Et me relever
Alors même qu'il était la cause de ma chute.

Ma relation au monde
Dans son entier
Est si compliquée que je ne sais moi-même plus très bien
Comment l'expliquer,
Où me situer.

Pourquoi ai-je autant d'amour à offrir aux gens
Et autant de dégoût pour le monde ?

Autant d'affection
Et de mépris ?

Pourquoi le monde a-t-il cessé de tourner pour moi,
Pourquoi m'a-t-il reniée m'empêcher de tourbillonner encore en son sein,
Me laissant misérablement au bord de la route,
Esseulée et abandonnée ?

Trop de pourquoi
Rageux
Pour pouvoir tous les poser.

Et dans le fond, je sais bien
Que je ne trouverai jamais de réponse
Alors autant poser des questions
Qui peuvent en trouver.

-Est-ce parce que tu n'as d'autres choix que d'être seul que tu as la capacité de te sauver toi-même ?

Quel solitaire es-tu donc,
Seth
Pourquoi étais-tu là ce soir,
Pourquoi étais-je là moi aussi
Et pourquoi ici ensemble
Assis dans un grand lit
Après un moment d'abandon
A deux ?

Les bras repliés contre ma poitrine
Maintenant le drap contre le corps
Mon pouce se remet à jouer machinalement
Avec la bague
Tandis que j'attends en silence
La voix de l'âme voisine torturée.



/Seth est en retard mais arrive bel et bien. Donc ne pas poster svp !\
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Seth McSoul
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Re: Jour de pluie

Message par : Seth McSoul, Dim 9 Juil - 0:32


Et elle me corrige,
Car elle a beau avoir 17 ans, elle n'est pas bête, la gamine.
Elle conteste mes mots, élabore les siens,
et ses pensées s'entre-mêlent dans une vision sans doute trop globale d'un monde qu'elle heurte sans connaître entièrement.
Tu as dû en baver, toi, Kohane, pour goûter à tant d'amertume alors que le monde ne t'a montré qu'une infime parcelle de ce qu'il est capable de t'offrir.

Kohane...
Qui es-tu ?
Une fille ? Une femme ? Une entité venue pour moi, pour me soutenir ?

Dans quoi vis-tu ?
L'émotion ? La sensation ? La réflexion ?
Tu es là, tu apprécies ma présence mais cela ne te suffit pas, tu cherches à la défier, à savoir à qui tu as affaire,
Ou alors peut-être essaies-tu simplement de trouver une âme charitable capable de comprendre et d'avaler toute ta peine, de l'engorger pour t'abandonner dans un doux état de pureté.
Détrompe-toi, Kohane, j'aurais beau tenter de te guérir, cette cure ne serait qu'éphémère, tu ne t'échapperas pas avec moi.

Je tiens à te laisser ici, sur Terre, avec toutes tes peines et tes joies,
Car tu dois voir, Kohane, tout ce que tu ne connais pas encore et qui saurait te redonner le sourire.
Tu ne te guériras pas auprès des autres, car les autres ne sont pas là pour toi.
Les autres ne sont que des passages, des transitions,
et si tu te confies à eux, ils finiront par te rendre ce que tu leur as donné.

La seule à qui tu peux te confier, Kohane, c'est toi,
Car même si tu ne peux te comprendre entièrement,
Tu es la seule à percevoir le monde à ta manière,
Et le monde s'adapte aux yeux de chacun.

- Ce n'est pas une question de chance, ni de volonté, ni de courage, ni de force. La chance n'existe pas, et le reste s'apprend. Je serais tenté de te dire que c'est une question d'apprentissage, mais qui sera là pour t'apprendre, si tu te sens incapable d'apprendre par toi-même ? Là non plus, ça ne marche pas.

Je la vois qui se recroqueville, ramène vers elle un drap, couvre ses seins, je la contemple et je la trouve belle.
J'oublie son âge.
Tout le monde peut être beau.

- Alors je pourrais te dire que c'est une question de croyance, peut-être. Si tu vois le monde comme le Diable, alors il t'enverra en enfer. Si tu le vois comme ta Nourrice, alors elle te bercera tendrement, dans un couffin moelleux, si confortable, si paisible... Mais dans quelle désillusion vivrais-tu alors, si loin de tout, sans rien connaître des malheurs d'une vie.

Mais la croyance, ça aussi, ça s'apprend.
Ce que je dis n'a aucun sens.
Je parle sans réfléchir, je réponds comme ça, d'un coup, et je me dis que, sûrement, tout ira bien.

- La vérité, Kohane, c'est que je suis là à t'écouter mais je n'ai aucune solution à te proposer. Et tu fais pareil pour moi, tu m'écoutes plaindre mes défauts et vanter mes mérites. Et quand tu me dis que tu coules, que tu es incapable de te sauver... Et quand je te dis que je souffre, en attendant toujours un espoir de remonter à la surface...

Et quand j'observais ma mère plonger en pleine dépression...
Et quand je consolais Meredith, troublée par l'amour...
Et quand j'apprenais la mort de Kira, sans savoir comment soutenir une famille que je n'avais jamais connue...
Et quand ils m'attendaient, moi, enfermé dans ma chambre pendant toutes ces années...

- De quoi on a l'air, hein ? Deux pauvres âmes, qui se jugent, se disent "Mince alors, mais qu'est-ce qu'on est torturés, si tristes, si sombres !" Et on cherche des solutions dans une superficialité totalement assumée, des alternatives pour une vie qui fait peine à voir. Et on utilise des beaux mots, pour faire mine que tout est si complexe et que tout cela nous dépasse, que ce n'est pas de notre faute, après tout.

Je me dévoile tellement, ici, face à une inconnue qui ne sait rien de moi,
Mais qui, à la fois, a su me déceler au premier coup d'oeil,
Tout comme je l'ai décelée en retour.

- Je m'en veux de parler pour toi, Kohane, mais j'ai comme l'impression qu'on est tous pareil, mais qu'on a tous différentes façons de l'assumer. La vérité, c'est que nous allons mal. Nous allons mal, et ce qui nous fait souffrir avant tout, c'est de savoir qu'on ne trouvera absolument jamais de solution. Et nous continuerons à souffrir, comme ça, sans arrêt.

Ce ne sera même pas une boucle, ce sera la vie, c'est tout, dans sa linéarité la plus terrifiante.
Une imprévisibilité prévisible : on ne sait pas ce qui nous fera souffrir, mais on sait qu'on souffrira.
Et on aura beau aimer le monde, le haïr à la fois,
Rencontrer des gens, les aimer eux aussi, les haïr eux aussi,
Nous souffrirons, voilà tout.

- Alors à ta question, Kohane, voilà ce que je répondrais : non, je ne me sens pas seul. C'est justement en pensant que nous les hommes, nous sommes tous les mêmes, et que nous finirons tous de la même manière, unis dans la vie comme dans la mort, que je trouve un peu d'espoir. Je ne pense pas que nous nous unifierons, que nous trouverons une paix commune, mais je pense au contraire que nous plongeons tous ensemble vers la même fin, aussi obscure soit-elle. Nous roulons vers la même destination, et nous sommes tous si désespérés à l'idée d'en finir un jour que nous sommes tous en train d'espérer, quelque part, que cette fin soit la meilleure possible, car elle est la même pour tous.

Je me rallonge.
Je me sens mieux, allongé.
Elle se trouve dos à moi, toujours assise, et j'avance doucement ma main vers elle, dans l'espoir d'en savoir plus, de comprendre pourquoi cette fille m'a tant attiré.

- Mais tout cela, ce n'est qu'une supposition. En fait, moi j'essaie simplement de comprendre, comme toi et comme tous les autres.

Lentement, mes doigts glissent sur son dos et je l'effleure, sans la brusquer.
Émotion... Sensation... Réflexion...
J'ai si souvent prétendu être un intellectuel. La grosse tête de la classe, celui qui réfléchissait.
Je la caresse, doucement, et la peau que je sens sous mes doigts me transmet toute la chaleur de son corps.
La sensation... Peut-être que c'est ça qui me plaît, finalement. L'expérience de l'instant présent.
Le fait de vivre, de faire des suppositions,
d'essayer, d'effleurer des choses,
de sentir des corps bouger en même temps que moi.
La sensation, seulement la sensation...

- Et puis on sourit, aussi, des fois.

Je me sens si bête, à vouloir me donner cet air pessimiste, à vouloir dénoncer ma misère et celle du monde, à vouloir me plaindre de la vie, alors que je me sens parfois si bien dans ma peau, si heureux d'être là...

- En fait, je parle beaucoup, mais demain, je dirai totalement l'inverse de tout ce que je viens de dire jusqu'à présent.

Peu à peu, ma main se pose entièrement sur son dos, et je la caresse, et j'aurais envie de l'éteindre.
De dos, elle est vraiment belle.
Qui sera là pour me juger, dans quelques heures, quand nous serons séparés et qu'il n'y aura plus personne pour évoquer cette expérience ?
Et puis si quelqu'un venait à me juger, pourquoi ne devrais-je pas assumer ?
Je ne suis qu'un jeune homme qui, en cet instant précis, est pris d'une terrible envie d'enlacer une jeune fille en peine,
De ressentir sa souffrance, sans savoir réellement s'il la partage ou s'il ne fait que feindre ses peines pour partager un moment intime avec une inconnue.

- La vérité, je crois, la vraie vérité, c'est que j'aime bien te parler, là, maintenant. C'est agréable.
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Kohane Werner
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Re: Jour de pluie

Message par : Kohane Werner, Sam 15 Juil - 17:54




Musique


Les mots, doucement,
Se mêlent à la pluie du dehors
Ils ne font qu'un,
Il y a alternance
Entre le son de sa voix résonnant au milieu du noir
Et les incessants ploc-plic-ploc contre la fenêtre.

C'est un ballet infini et tendre
De ces deux vois différentes qui se mêlent
-celle de l'Homme torturé face aux éléments, face à la Vie, face au Tout
et celle de la Nature qui ne fait que continuer de bouger et de tourner sans se torturer
C'est un beau ballet de les entendre,
Eux deux,
Ensemble,
Ainsi mêlé, presque l'un dans l'autre.

Leur douce mélodie confondue
Me parvient, me berce presque
Alors que, sans mot et sans mouvement,
Je l'écoute, l'inconnu,
Seth
Qui parle, parle, parle,
Ses mots filent comme des notes de piano
-quel joli morceau ils jouent ensemble,
La pluie et lui !

Il cherche, phrase après phrase,
Il titube un peu face au sens de la vie,
Face à la réalité du monde ;
Il cherche des explications,
Il va là, puis là, avant de bifurquer encore une fois
Et toujours, ils cherche est tâtonne,
Alors que moi, je l'écoute dans le noir
Chercher et tâtonner.

Tu parles de croyance,
Seth,
Croire, oui,
Mais lorsqu'on a l'impression, justement,
De ne plus réussir à croire,
Lorsque tout est si vide que même ça,
Ca nous échappe,
Comment peut-on encore parler de croyance ?

Lorsque tout est déjà si parti,
Que tout fout l'camp sans donner d'raisons,
Que tout file et s'enfuit,
Loin, loin, si loin de soi,
Comment fait-on, Seth,
Pour croire encore ?

Je reste silencieuse alors que le reste arrive
Et,
Oui,
Il a raison,
Dans le fond, il n'y a aucune solution à donner,
Ni pour lui, ni pour moi,
Ni de lui, ni de moi,
Il n'y a que nous, face à nos problèmes et préoccupations
Que nous qui puissions réellement les prendre à bras le corps,
Tant que nous tenterons de les éviter, de les fuir,
Tant que nous courberons la tête face à eux,
Nous continuerons de couler,
A coup sûr,
Nous sommes les seuls
A pouvoir décider de faire face
Pour remonter.

C'est juste tellement compliqué,
De vouloir faire face,
Etre prêt à en prendre plein l'âme
A encaisser les coups de lame
Tout ça en se disant que
Demain,
Ce sera meilleur.

Seth continue
Et ce qu'il dit
Aurait pu, autrefois,
Me faire frissonner comme jamais ;
Mais à présent,
Je me dis qu'il doit avoir raison.

Autrefois, je refusais l'idée qu'on puisse tous
Avoir le même Destin, suivre le même chemin
Même si les façons de marcher et d'aborder ce chemin
Diffèrent radicalement,
D'une personne à une autre,
Oui, autrefois, cette idée me faisait si peur
Je ne voulais pas suivre la même pente que les autres
Je ne voulais pas finir
Finir comme lui
J'en avais trop peur
C'est d'ailleurs pour ça que je l'ai quitté
Trop peur qu'il m'entraîne à sa suite,
Trop peur de dévaler la même pente que lui.

Mais, finalement,
Je me dis qu'il doit avoir raison,
Seth,
J'aime comme il parle,
Même si je me perds un peu dans tous ces mots en vrac,
J'aime quand même entendre sa voix qui file une toile de réflexion
Et je me dis que
C'est vrai, ce qu'il dit,
On finira tous pareil,
Qui que nous soyons,
Riche ou pauvre,
Moldu ou sorcier,
Phénix ou Mangemort,
Nous dévalons tous la même colline
Mais pas forcément sur le même flanc
Alors, peut-être qu'on a l'impression que rien ne nous relie,
Que jamais nos chemins ne se croiseront,
Il n'en est rien :
On suit la même force invible
Et cela suffit,
A nous relier.

On finira tous pareils
Parce qu'on commence pareils, n'est-ce pas ?
On commence tous
Par la Vie,
Le premier souffle, le premier cri, le premier pleur,
Le cordon ombilical sectionné,
Avant d'être offert au Monde ;
Et on termine tous pareils
Par la Mort,
Quelle que soit sa forme, quel que soit l'âge ou le lieu ou la raison pour laquelle elle nous fauche
On danse tous avec elle
Et ça, nous n'y pouvons rien,
Ni l'argent, ni le pouvoir, ni l'ambition démesurée
Ne pourront remédier à cela.

Du coin de l'oeil,
Je vois sa silhouette se rallongée
Je suis désormais seule
Ombre dressée dans la nuit
Et je demeure immobile
A l'écoute des accords-pluie
Et de la mélodie-voix.

Soudain, dans un instant-temps infini,
Je sens ses doigts
Venir effleurer ma peau
Immobile dans le noir,
Je frissonne légèrement
Mais n'ose pas bouger
Alors que mes doigts se crispent un peu plus
Sur le drap ramené contre moi.

-Et puis on sourit, aussi, des fois.

Et moi, en cet instant,
Je souris,
Doucement,
Un sourire adressé à l'absence, peut-être,
Puisque lancé dans le vide, lancé devant moi,
Non pas tourné vers Seth,
Ou alors, au contraire, à la présence,
Parce que Seth, c'est un peu toute cette chambre anonyme
Alors, pas besoin de braquer mes yeux sur lui
Pour lui sourire.

Finalement, je finis par cesser de lui tourner le dos,
Je pivote dans sa direction,
Mes yeux tombent sur sa silhouette allongée
Et ma main attrape la sienne
Mes doigts la serrent d'une douce pression,
Je reste silencieuse quelques secondes
Seulement à le regarder,
Nous sommes deux, perdus sur un bateau au milieu de la brume
Voguant vers une destination inconnue mais,
Après tout,
La destination est-elle vraiment importante ?

J'aime le regarder ainsi
Il dégage une douce lueur touchante
De cette lueur faiblarde que trimballent les torturés de la vie
Et qui fait qu'on a envie,
Un peu,
De les consoler,
Des les serrer contre soi
De les bercer comme des petits enfants en mal d'amour,
De leur donner un peu d'une affection tendre.

Tu sais, Seth,
Je sais toujours pas pourquoi tu étais là,
Pourquoi j'étais là,
Pourquoi toi,
Pourquoi moi,
Pourquoi nous,
Nous, ensemble,
Pourquoi nos pas ou nos vies
Ont décidé qu'on devait se croiser cette nuit,
Pourquoi tu t'es trouvé sur mon chemin ou moi sur le tien
Mais, finalement,
Je m'aperçois que la réponse à ces questions m'importe peu :
La réelle importance,
C'est que nous soyons là.

Doucement, je caresse du pouce la peau de sa main
Comme pour la lisser
Ou la forger
La forger comme je l'entends
Même si, je le sais bien,
Il restera à jamais lui, Seth,
Ne sera jamais le Seth que j'aurais aimé créer
Et c'est tant mieux,
C'est comme ça que je l'apprécie,
Comme cet inconnu indépendant de moi
Que je ne fais que regarder dans le noir,
Cet inconnu qui n'est pas moi,
Qui n'est pas une part de moi
Et qui, malgré tout, a su m'attirer
Ou attirer mes sens anesthésiés par l'alcool
Et je suis partie, sans raison,
Avec lui, l'inconnu,
Et les raisons,
On s'en fout, en fait.

-Moi aussi, j'aime bien te parler. J'aime bien t'entendre parler. C'est agréable. Tu chantes bien les mots accompagné de la pluie.

Je finis par me rallonger, moi aussi,
Se rallonger sur le bateau tanguant,
Le bateau à la dérive,
Le bateau loin de tout,
Se rallonger et laisser passer
Le mal de mer,
Je retrouve cette position de mort
Alors que je suis vivante
Et je pose doucement ma tête au creux de son épaule,
Un contact physique rassurant,
D'une étreinte perdue dans la nuit.

-Y'a pas de solution. Mais peut-être que c'est aussi parce qu'il n'y a pas de problème. Dans le fond, tout ça, est-ce vraiment un problème ? C'est peut-être juste la vie. Et faut apprendre à faire avec. Sauf si on décide, plutôt, d'aller danser avec la mort. Mais là, c'est un voyage sans retour.

Je me tais
Et mes yeux,
Perdus,
Vaguent et voguent
Sur un océan de mots et de pensées
Je me sens tellement bien, ici,
C'est agréable,
D'abandonner les mots à la pénombre
Et, dès que nous ouvrirons la fenêtre,
Ils s'envoleront,
Tourbillonneront dans la pluie
Jusqu'à disparaître
Ils survivront uniquement dans nos mémoires
Et encore.

-Et, même si on finit tous pareils, on aimerait croire que non. Moi, longtemps, j'ai voulu croire que ce n'était pas le cas. Je ne voulais pas... Ne voulais pas finir comme les autres. Malgré tout, j'crois que t'as raison. Et, dans le fond, qu'importe, comment on finit. Le futur importe peu. C'est le présent qui compte. C'est pour lui, qu'on doit se battre. Alors, même ceux qui proclament lutter pour l'avenir, lutter pour les générations futures...En vérité, ce n'est pas cela qui les guide. C'est l'envie folle de changer leur présent qui leur donne la force de continuer le combat.

Ca aussi, j'ai longtemps cru
Qu'on se battait pour l'avenir
Mais finalement,
J'crois bien qu'on se fiche un peu beaucoup de l'avenir
Nous ne sommes que des êtres nombrilistes
Obnubilés par notre propre personne
Alors, pourquoi se battre pour un avenir dans lequel nous ne serons peut-être pas ?
C'est illogique
Donc ceci est ma conclusion :
La raison vraie des combats
Quels qu'ils soient
C'est pour le présent
Et ce, même si leurs conséquences seront forcément sur le futur.

-Et puis, ne pas penser à la finitude, ça permet de ne pas voir en l'autre comment nous-même allons terminer. Ca permet de ne voir l'autre qu'à l'instant présent. L'aimer pour ce qu'il représente. A cette minute, cette seconde précise. Et on se fout du reste. Sinon, on fuirait les autres. Ils seraient trop semblables à nous, puisqu'on doit finir pareils. Ils seraient trop semblables à nous et ça, ça fait flipper n'importe qui.

Je lève les yeux
Pour apercevoir seulement le bas du visage
En ombre chinoise
De l'autre, inconnu au nom étranger,
Seth,
Je le vois vaguement
Quelques secondes
Avant que mon regard ne se baisse de nouveau,
Se perd sur l'image de l'épaule
Contre laquelle je suis appuyée
Et je reprends.

-Fuir sans cesse les autres ne serait pas tenable. Même si nous sommes les seuls à pouvoir faire face à nos problèmes, à nos angoisses, même si personne ne peut le faire à notre place, on a tout de même besoin des autres. Un peu de leurs sourires, un peu de leur amour, un peu de leur réconfort, un peu de leur soutien. Un peu d'eux, tout simplement.
Et je me dis que c'est peut-être parce que j'avais besoin de toi, toi de moi, que nous nous sommes croisés.

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Seth McSoul
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Re: Jour de pluie

Message par : Seth McSoul, Mer 26 Juil - 4:29


- Moi aussi, j'aime bien te parler. J'aime bien t'entendre parler. C'est agréable. Tu chantes bien les mots accompagné de la pluie.

Plus je la caresse, plus je me sens proche d'elle et pourtant, chaque mot qu'elle prononce semble l'éloigner de moi. Sa personnalité m'échappe, entre rêveuse romantique, adolescente troublée ou Sphinx à la parole douteuse, percevant chaque instant de sa vie comme une énigme éprouvante.

Ou peut-être es-tu plus que ça. Plus qu'une simple figure mythique, tu serais un être surnaturel, divin.
Je serais tenté de dire supérieur, mais tu m'as l'air extérieure à ce genre de pensée là, à cette tendance naturelle à comparer, à hiérarchiser. Toi que j'effleure, bel esprit, à qui pourrais-tu te sentir supérieur ou inférieur ? Si tu te laisses toucher ainsi par un simple humain sans vertu, c'est que tu ne dois pas vraiment y goûter, à cette vanité.

Une nymphe, n'est-ce pas ?
C'est ce que tu sembles être, une nymphe se berçant au son de la pluie, te nourrissant de l'eau comme des mots, et tu danses ainsi en m'écoutant, en écoutant les autres, en écoutant le monde, en t'écoutant toi-même, et en me laissant t'écouter.

- Y'a pas de solution. Mais peut-être que c'est aussi parce qu'il n'y a pas de problème. Dans le fond, tout ça, est-ce vraiment un problème ? C'est peut-être juste la vie. Et faut apprendre à faire avec. Sauf si on décide, plutôt, d'aller danser avec la mort. Mais là, c'est un voyage sans retour. Et, même si on finit tous pareils, on aimerait croire que non. Moi, longtemps, j'ai voulu croire que ce n'était pas le cas. Je ne voulais pas... Ne voulais pas finir comme les autres. Malgré tout, j'crois que t'as raison. Et, dans le fond, qu'importe, comment on finit. Le futur importe peu. C'est le présent qui compte. C'est pour lui, qu'on doit se battre. Alors, même ceux qui proclament lutter pour l'avenir, lutter pour les générations futures...En vérité, ce n'est pas cela qui les guide. C'est l'envie folle de changer leur présent qui leur donne la force de continuer le combat. Et puis, ne pas penser à la finitude, ça permet de ne pas voir en l'autre comment nous-même allons...

Et elle ne s'arrête pas, et c'est beau, et je l'écoute encore.
Ça fait déjà un moment que nous parlons, et je n'arrive pas à savoir si nous nous écoutons pour les faits ou simplement parce que ça fait plaisir, d'écouter, parfois, et c'est gratifiant de se sentir écouté, aussi, surtout quand la personne d'en face ne te prend pas pour un demeuré.
Tu es intelligente, Ka... Kohane, pardon.
Toi la nymphe, tu es intelligente et tu le sais, tu es belle et tu le sais, mais tu as aussi une belle façon de le montrer, tout en finesse.
On sent que tu pèses tes mots, mais en même temps que tu n'as aucun mal à les sortir, tu réfléchis tout en ouvrant ton coeur à quelques égarements.
Tu es belle par tes égarements et par la façon dont tu te retrouves, à chaque fois, parce que j'ai l'impression de me retrouver avec toi, de comprendre à chaque fois où tu veux en venir, mais surtout de me retrouver en toi.

On se comprend.
Nous sommes deux êtres perdus dans la pénombre qui avons besoin d'attention, et nous sommes là à nous écouter, et nous nous comprenons, et ça fait du biennnnn d'être compris.

Est-ce que, quelque part au fond de moi, je suis encore un ado frustré, qui cherche à être écouté, et à gueuler contre le monde ?
Je n'en ai aucune idée.
Ton corps contre le mien, ta tête sur mon épaule, pourtant, je me sens adulte, et je me rends compte à quel point tout a changé dans ma vie.
Tu te confies à moi, tu me confies tes responsabilités, et je ne te laisserai pas tomber maintenant. Et je ne me laisserai pas tomber non plus, car je ne prendrai pas le risque que tu tombes avec moi.

Nos corps sont serrés, et sa chaleur m'est confortable.
- Et je me dis que c'est peut-être parce que j'avais besoin de toi, toi de moi, que nous nous sommes croisés.

Si vrai, si évident.

- C'est dans ces moments là que j'ai certains regrets, que je plains la pudeur des hommes, celle qui les empêche de savoir s'avouer l'amour qu'ils éprouvent entre eux. C'est comme si chacun devait mériter l'amour de l'autre, cette fâcheuse tendance à ne dire "Je t'aime" à son conjoint qu'après plusieurs mois de couple. L'amour nous est offert, et nous le retardons toujours un peu plus. Pourtant, moi je n'ai pas honte de le dire : je ne te connais pas, mais tu ne peux pas imaginer à quel point je t'aime en cet instant précis. Et je ne ferai que savourer cet amour jusqu'à l'heure où nous nous quitterons.

Après une telle rencontre, j'aurais presque envie de ne jamais la quitter.

- Tu permets ?

Je me détache d'elle, j'ai besoin de bouger.
Je me lève, me dirige vers la vitre, je tire le rideau qui la couvre à moitié.
Les quelques gouttes de pluie se sont transformées en une véritable averse.
Une tempête approche.

- Il est quelle heure, là ? Bah, peu importe.

Je tourne la poignée, ouvre la fenêtre, passe une jambe au travers et pose pied sur le balcon, de l'autre côté.
Nu sous la pluie, j'observe la nymphe allongée sur le lit et l'invite à me rejoindre.

- Regarde, regarde comme il pleut ! Et regarde ce que la pluie nous apporte ! Sa danse la plus sauvage, primitive et humaine !

Je me délivre sous le regard de l'inconnue tandis que mes bras se libèrent, s'ouvrant à l'eau fécondatrice, et je commence à battre des jambes, me mouvant au rythme de mes envies. J'apprécie le son du claquement de mes pieds contre les flaques d'eau, j'apprécie la douche offerte par la nature pour me faire oublier la sensation moite de la sueur, j'apprécie le risque que je prends à dévoiler ainsi mon corps à d'éventuels passants dans la rue juste en dessous, j'apprécie mon courage de danser sous la pluie et les yeux de tous. À quoi cela va-t-il me mener ? Je n'en sais véritablement rien. Je ne saurais dire si je danse bien, mais mon corps ne s'arrête plus, mon rythme est haletant, mes membres se déploient ; mes ailes, aussi.

- Au cas où tu en douterais, je te demande de ne pas me prendre pour un fou, Kohane, c'est bien la seule et unique fois que je me comporterais ainsi devant une si belle inconnue !

Je commence à sautiller, sans crainte de tomber à la renverse, et l'averse se fait de plus en plus forte.
À ma droite, des escaliers.

- Viens, rejoins-moi ! Grimpons jusqu'au toit et affrontons ensemble la tempête, pour notre plus grand bonheur ! Que nous la redoutions ou la convoitions, la voici qui s'offre à nous, alors profitons-en avant qu'elle nous passe sous le nez !
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Kohane Werner
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Re: Jour de pluie

Message par : Kohane Werner, Mer 2 Aoû - 18:01



   
   

J'aime la sensation
Qu'on ne se connaît pas
-je ne connaissais même pas ton nom, avant-
Et pourtant, on se parle,
On se confie,
Comme les meilleurs amis du monde
Ou peut-être, justement,
Le presque anonymat nous permet
De se livrer à l'autre
En sachant qu'après ça,
Une fois séparés,
Plus rien ne nous reliera
Pour permettre le jugement de l'un
Ou de l'autre.

On ne se connaît pas
Mais tu m'aimes
Et moi,
Moi,
Je t'aime
Aussi ?

J'ai tellement de mal, tu sais,
A dire je t'aime
A ceux que je connais
C'est pas de la pudeur, je crois,
C'est autre chose
Indéfinissable
Qui fait que ces mots,
J'ai tellement de mal à les cracher
Alors qu'il y aurait tellement de monde
A qui je pourrais les dire.

Je t'aime
Ca sonne beau,
A l'oreille,
Ca sonne juste alors
Qu'il y a quelques heures à peine, on ne se voyait pas
On aurait pu se croiser dans la rue
Sans un regard
Mais là, maintenant,
Quelques heures plus tard,
Tu me dis que tu m'aimes
Et je trouve ça beau.

Aucun son ne sort de ma bouche
Parce que j'ai toujours du mal,
Je l'ai dit,
Même avec les gens que je connais,
J'arrive pas à dire,
Je me contente de montrer
Sans mot,
Et là,
Je me contente de d'étreindre doucement
Dans le noir.

Je me sens
Bien
Dans ce calme
Sous la tempête.

Je me sens
Bien
Dans ce silence
Entrecoupé de tes mots
Et ta chaleur
Sur ma peau
On est bien, non,
Ensemble,
A voguer
Sur les flots,
Bateau en dérive
J'aime me laisser porter dans la brume
Et la destination, je la regarde pas
Y'a pas de destination.

J'aime ce sentiment de me perdre
A tes côtés,
Tu n'es ni phare ni ombre
Tu es seulement ce flot
Qui pousse et accompagne
Doucement, calmement
Tu es seulement ce flot
Que je suis sans rien dire
Avec plaisir.

Dans le noir, il finit par se redresser,
Par se lever,
Quitter les draps
Je sens sa chaleur partir
En même temps que lui
Puis
Le bruit des rideaux qu'on tire
Il regarde le dehors
Les gouttes qui tapent et agressent les carreaux
Il regarde
La pluie tomber
L'orage se préparer.

Fenêtre ouverte
Le vent pénètre la chambre trop moite
Et les mots prononcés précédemment s'envolent
Avalés par la pluie du dehors
Tout s'en va dans cette fraîcheur soudaine
Et appréciée.

Seth se tourne vers moi
Invitation
A la suivre
Sous cette eau du ciel
Qui tombe, ruisselle sur son corps nu
Détrempe les cheveux
Et envahit le paysage.

Je me redresse à mon tour
Le drap glissant sur mon corps
Me redresse dans le noir
Le regarde quelques instants
Lui, sous la pluie, en osmose complète
Bras ouverts
Comme accueillant une vieille amie revenue du ciel
Lui
Sous la pluie
Comme amoureux de cette eau qui se déverse
Et son corps se met à bouger en rythme
Tandis que mes pas glissent silencieusement dans la chambre
Jusqu'à la fenêtre.

Appuyée dans l'encadrement,
Un peu en recul,
Un peu en arrière,
Je le regarde
Sans oser franchir le pas
Le rejoindre
Je suis plus méfiante que lui envers l'eau
Je ne l'aime pas tout le temps
Parce qu'elle s'oppose au feu
Et que le feu, j'en ai besoin
Pour survivre
Besoin de cette flamme combative
Au creux des tripes
Pour faire face à l'adversité.

Il reprend la parole
Et ses mots me font sourire
Un sourire attendri
J'ai bien envie de sortir sous la pluie,
Moi aussi,
Pour lui prendre la main,
Juste ça
La serrer dans la mienne
Et lui dire

-Un grain de folie dans l'esprit, c'est essentiel pour survivre dans ce monde trop terne. Que tu sois fou ou pas selon tes propres dires, moi, j'aime cet éclat dans l'oeil. Quel que soit le nom qu'on lui donne. Folie. Sagesse. Inconscience. Qu'importe. Je l'aime.

La pluie redouble
De ma place un peu en retrait
J'en reçois tout de même des gouttes
Et éclaboussures
Alors que lui,
Sautille sur place,
Plein d'envie de s'envoler
Il pourrait presque tenter de sauter du balcon
Et voir s'il décolle
Après tout, c'est possible de décoller
Suffit d'être avec la bonne personne ;
Mon frère astral et moi l'avons déjà prouvé
Deux fois
Une fois vers les étoiles
Une autre vers les nuages.

Mais, au lieu de sauter,
C'est prendre de la hauteur qu'il me propose
Monter
Pour regarder les éléments se déchaîner
Admirer leur beauté autant que les craindre
Les voir venir
Leur faire face
Et les accueillir.

L'idée me plaît
Et je finis par m'avancer
Les pieds nus dans les flaques
Froid au bout des orteils
La pluie qui bat la chair
Quelques secondes à peine
J'ai l'impression de ressortir d'une noyade dans le lac
Je suis totalement trempée
Mais qu'importe.

Monter vers les cieux
Et regarder l'orage
Me plaît.

L'échelle qu'il a repérée
Qui attend
Tout comme nous, on attend
Que se passent les choses
Que souffle la tempête
Alors je prends sa main dans la mienne
Et je me range derrière son avis
Voir les choses de là-bas,
Perchés sur le toit du monde
Et regarder la Terre s'agiter sous nous.

Nous montons
Nous grimpons
Et de là-haut,
Tout semble si petit
Si minuscule
Là, en bas,
C'est incroyablement rien.

C'est vide
Alors que la tempête approche
Les gens se sont réfugiés chez eux
Il est tard, sans doute,
Ils doivent dormir au fond de leur lit
Sous une couette protectrice
Alors que la tempête frappe à leurs fenêtres
Sur leurs toits d'ardoises ou de tuiles
Peut-être même qu'elle parviendra à rentrer chez certains
Qui seront dépités au matin
De voir les dégâts.

Nous, nous ne nous soucions pas
Pas de cela
Nous n'en avons rien à faire
Du matériel
On a rien à perdre
Nous sommes juste nous
Sur notre toit,
Nus -pas même ça à perdre dans le vent
Et nous regardons venir
Nous sentons arriver
Sous une pluie soudainement glaciale.

Le vent violent fouette le visage
Entremêle les cheveux
Bourrasque qui prend aux tripes
Alors que les gouttes se mettent à frapper horizontal
La tempête, enfin là
Et sa violence
Presque libératrice.

Elle est bien capable de détruire,
Souffler jusqu'à ce que tout s'envole,
Réduire en charpie toutes constructions humaines
Laisser derrière elle que champ de ruine
Mais
Je l'aime,
Cette violence,
Je me retrouve en elle,
Dans ce sublime de destruction
Des pierres qui tombent les unes après les autres
-fabuleux spectacle.

Qu'importe
Ce qu'on perdra
Parce qu'on y gagnera bien plus
On gagnera
Ce sentiment doux et indescriptible
De Liberté
Dans les airs
Lorsque tout aura été détruit
Après la tempête, c'est refaire
En mieux.

Ma main n'a pas lâchée celle de Seth
Je serre ses doigts
Dans les miens
Le contact physique
Face au vent
Et je sais qu'après la tempête,
Il sera encore là,
Il y aura lui,
Moi,
Sur notre toit
Face aux éléments
Et, une fois le calme revenu,
Nous nous séparerons,
La pluie pour unique lien entre nous,
Nous nous séparerons,
Chacun voguant sur son propre bateau
Au milieu du champ de rien
Que nous auront laissé
Vent, violence et pluie.

Champ de rien.

Mais ce sera.

La Liberté.

Sur notre bateau.



Fin du rp pour moi
Merci pour tout amour Au plaisir de te recroiser
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Seth McSoul
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Re: Jour de pluie

Message par : Seth McSoul, Mer 2 Aoû - 19:20


Musique

La tempête approche.
Je pourrais la contempler de loin, attendre qu'elle nous prenne, nous emporte dans son tourbillon incessant, nous force à la suivre.
Mais je la regarde à peine.
Toute mon attention se porte sur toi, Kohane.
Car après tout, si je suis ici, c'est avec toi, grâce à toi, pour toi.
Pas pour la tempête.

Sans toi, je ne serais pas monté sur ce toit.
Sans toi, je ne me serais pas ouvert ainsi.
Sans toi, jamais personne ne m'aurait délivré.
Et pourtant, qui es-tu ?
Une inconnue.

Sentir une connexion si forte avec une inconnue, c'est comme affirmer que, quelque part, nous sommes tous bel et bien liés, que l'union est possible entre les êtres, que nous avons tous un avenir commun.
Mais ce n'est pas ce que j'ai envie de me dire maintenant.
Plutôt que de parler à l'unisson, j'ai envie d'utiliser ma propre voix pour exprimer ma gratitude envers cette jeune fille salvatrice.
Tu parles peu, Kohane, mais ton silence est plus puissant que n'importe quelle parole prononcée dans le vide, ton corps est plus chaleureux que celui de la femme que j'aime, ta présence est plus sécurisante qu'un soir de Noël passé en famille.

Comment fais-tu pour provoquer en moi cet effet ?
Je dirais que c'est le goût de l'éphémère, le fait de savoir que nous n'avons rien à perdre car bientôt, nous nous quitterons pour ne plus jamais nous revoir.
Alors nous nous libérons, et nous n'avons pas honte de le faire, de donner une mauvaise image de nous. Nous nous comportons comme si nous ne partagions pas le même monde, comme si nous nous oublierions à toute vitesse une fois séparés.
Après ce moment vécu ensemble, comment pouvons-nous encore accepter le fait de s'oublier aussi facilement ?
Peut-être était-ce une condition, après tout.
Une condition pour partager nos corps, échanger des mots, s'offrir nos secrets.

Je ne te le cache pas, Kohane : peut-être n'en as-tu rien à faire, mais j'aurai pour ma part beaucoup de mal à oublier.
Car j'ai désormais l'impression que ta présence a une place importante dans mon existence.
Car je m'attache trop facilement.
Non pas que je t'aime, car j'ai bien conscience que cet amour ne durera que le temps de cette scène, de ce dialogue ; qu'une fois séparés, mes sentiments pour toi ne seront plus les mêmes.
Mais j'ai l'impression que le lien que nous venons de tisser n'est pas aussi léger qu'il n'y paraît. Ample, souple, c'est comme s'il pouvait s'étendre, nous proposer davantage qu'une relation d'une nuit.

Qu'est-ce qui nous relie ?
Notre vision du monde ?
Le monde en lui-même ?
Le destin ?
La magie ?
Les autres ?
Notre volonté ?

La tempête approche, Kohane.
Nous sommes nus sous la pluie, à attendre ensemble qu'elle nous emporte et nous sépare.

Je préfère me taire à présent.
Arrêter de parler.
Arrêter de penser.
Profiter.

Et te remercier une dernière fois pour avoir partagé ce moment avec moi.

Merci.


Fin du RP
Merci pour cette rencontre, en espérant recroiser la route de Kohane  Ange  
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Lïnwe Felagünd
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Re: Jour de pluie

Message par : Lïnwe Felagünd, Dim 13 Aoû - 19:11


L 'espérance se cache derrière les nuages gris
avec Linaaa


Jour de pluie

Bruine ou averse abondante
sécrétée par ces nuages noirs de suie

L'eau est immonde et tiède et prenante
comme après un orage d'été qui vous suit

Jour de pluie
Jour de pluie

Là-bas, un homme sur un banc livide
écaillé par le temps et les caprices du ciel
s'ennuie.

Le garçon est aussi livide que son banc. Posé là sous un climat torride et humide. Mais encore tiède par le soleil du matin. La pluie se cache dans les cols osseux - désagréable. Les gouttes coupent comme des morceaux de verre jusqu'aux montagnes rocheuses : les épaules. Les rivières opales sur ce crâne despotique perdent espoir, noyées sous l'eau trompeuse d'aujourd'hui. Les affaires sont trempées. La morale au plus bas, dans ces chaussures mouillées.

Mais le plus incroyable, c'est que ça lui plaît.
L'aspect du village a changé — nouvelle vision.

En fait, il croit en la stérilisation par l'eau bénédictine. Nectar inconscient de la pensée. Son âme est-elle plus propre, désormais ? Sa raison plus saine et son cœur moins sale ?

Jour de pluie
Jour de pluie — vive la pluie enchantée.
Ça donne envie de sourire au soleil absent, néant, et autres tourments.
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Re: Jour de pluie

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 Jour de pluie

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