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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Londres ~¤~ :: Chemin de Traverse
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[Habitation] Breeze Block
Luke Belt
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[Habitation] Breeze Block

Message par : Luke Belt, Ven 9 Juin 2017 - 15:10


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Voici l'habitation (Maison) de Chloé Greenwood.

Elle peut poster dès à présent.


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Ciarán A. Merrow
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Re: [Habitation] Breeze Block

Message par : Ciarán A. Merrow, Sam 10 Juin 2017 - 15:55


Breeze Block
La maison de Chloé Greenwood est située à l'autre bout du Chemin Traverse, un peu à l'écart de tous les commerces et de l'agitation des lieux. La façade ancienne donne tout son charme à la bâtisse de deux étages, dont les murs sont couverts de briques au rouge abimé par les effets du temps.




Quand on pousse la porte de la maison à la porte rouge, le moins que l'on puisse dire, c'est que l'intérieur est en total décalage avec l'aspect extérieur de la maison, beaucoup plus vétuste. Les pièces ont toutes été rénovées avec goût, afin de faire en sorte que les habitants se sentent comme dans un cocon. On entre alors dans un long couloir, au plafond très haut, desservant plusieurs pièces soigneusement décorées.

La première pièce à droite est un vaste salon, aux murs taupe foncé. Chaque pied se pose sur un parquet ancien, abimé de-ci de-là, recouvert par un immense tapis gris clair. Un grand canapé d'angle le contourne, sur lesquels peuvent se reposer propriétaires et convives, profitant aussi de la chaleur de la cheminée, incrustée discrètement dans un mur, pendant les froides soirées d'hiver. De nombreux plaids peuvent venir couvrir les corps les plus frileux.

Spoiler:
 

Au fond de ce salon chaleureux se trouve une pièce ouverte s'apparentant à un bureau, dont le mur d'en face est recouvert de livres provenant du monde sorcier, accumulés par la famille Greenwood au fil des années. Ici, Chloé aime travailler, mais aussi se réfugier quand elle a besoin d'oublier. De confortables fauteuils ont été installés pour rendre ses lectures plus agréables. Des guirlandes se faufilent entre les étagères.

Spoiler:
 

Lorsque l'on rejoint à nouveau le grand couloir central et que l'on avance un peu plus loin, à gauche, on peut tomber nez à nez avec une salle à manger aux tons beaucoup plus clairs ; au sol, un parquet gris supporte une grande table en bois ancien, observée par des murs ornés de pierres beiges. Quelques plantes viennent donner vie à cette pièce pouvait paraître trop froide.

Spoiler:
 

En la traversant, on peut rejoindre la cuisine, petite mais pratique, où le mur de gauche est couvert des pierres rouges d'origine de la maison. Cette pièce s'ouvre sur une véranda très agréable, où Chloé aime passer du temps pour lire tous les bouquins qui dorment dans sa bibliothèque, un peu plus loin dans la maison.

Spoiler:
 

Lorsque l'on fait demi-tour pour rejoindre à nouveau le couloir central, on rejoint de grands escaliers de bois surmontée d'une rampe, qui mèneront jusqu'au deuxième étage — là où se trouvent les 3 chambres de la maison.

Spoiler:
 

L'espace du deuxième étage est beaucoup plus concentré, laissant tout juste la place de circuler entre les trois chambres. La première, — la plus à gauche — est une chambre d'ami, dont la fenêtre donne directement sur la rue, où l'on aperçoit au loin certaines boutiques emblématiques du Chemin. L'objectif était d'en faire une pièce simple et naturellement éclairée par la lumière du jour, la rendant particulièrement agréable au petit matin lorsque le soleil pointe le bout de son nez.

Spoiler:
 


Juste à côté se trouve une deuxième chambre réservée aux convives, aux murs laissés volontairement plus sombres.

Spoiler:
 

Au bout du fin couloir de ce deuxième étage se trouve la chambre de Chloé, dont la fenêtre donne de l'autre côté de la maison. Le mur contre lequel est posé son lit est en ardoise, un détail auquel elle tenait tout particulièrement. Dessus, elle y rédige de nombreuses listes de peur d'oublier des choses importantes.

Spoiler:
 

À la fenêtre, elle peut observer le petit jardin. Sa taille est largement réduite, mais Chloé a tenu à se laisser un petit espace de nature, loin du brouhaha ambiant qui résonne dans le Chemin de Traverse.

Spoiler:
 




made by pandora.





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Mia Wilson
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Re: [Habitation] Breeze Block

Message par : Mia Wilson, Sam 26 Aoû 2017 - 20:47


A nos âmes bousillées, trompées et brisées. A celles qui doivent constamment se reconstruire pour chaque faute, chaque doute, chaque mensonge. Il le disait, Alfred de Musset, de ses mots les plus parfaits : « On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux; mais on aime ». Et elle, elle avait souffert souvent, elle avait été trompée quelques fois, mais elle avait aimé. Incommensurablement. Démesurément. A s'en perdre. A s'oublier. A se détester. A tout remettre en question. Parce qu'aujourd'hui, tout lui semblait faux, tout était basé sur des contrevérité. Tout. De sa naissance à sa vie d'adulte.

Sa mère lui avait menti.

Son père n'était pas mort dans un stupide accident de voiture. Il n'était pas l'homme parfait qu'elle lui avait décrit des milliers de fois, avant chaque nuit, avant d'éteindre sa lampe de chevet, là où les rêves de la petite fille que Mia était faisait de lui un héro. Il était l'homme d'une double vie. Celui qui se couche auprès de sa femme après être revenu du lit de son amante. Celui qui lui faisait croire monts et merveilles contre quelques baisers idéalement placés. Celui dont le mensonge semblait être le point le plus développé de son organisme.

Le dernier souffle de son beau-père lui avait permis d'apprendre la vérité. Ô monde putride ou tes instants les plus beaux existent quand la peur se lit dans les yeux, quand la mort frappe à ta porte, quand demain sera différent... Il lui avait confié, quelques secondes à peine avant de mourir, qu'il existait un secret qu'elle devait découvrir. Lui seul avait eu le courage et la force de lui dire la vérité. Celui là même qui - pourtant - ne partageait pas le même sang que Mia. Le même qui l'avait accepté et éduqué malgré tout, qui l'avait aimé en dépit de toutes ces circonstances et qui avait rendu la vie de Claire diablement plus belle.
Et là, dans ce coffre qui lui avait indiqué dans un râle douloureux, elle avait découvert toute une vie à remettre en question. L'existence d'un père qui avait une autre vie, une autre famille, une fille, du même âge qu'elle. C'était étrange. Si étrange. Elle avait une demi-soeur dont elle ne connaissait rien. Mais dont sa mère connaissait tout. Parce que le vice avait été bien au delà de l'inimaginable. Parce que les attitudes adoptées par sa mère, par la femme qui l'avait élevé, supporté, aimé et surtout menti, étaient sensiblement des attitudes de femme pratiquant l'autodestruction.

Oui. Claire Wilson avait délibérément voulu entrer dans la vie de Chloé, se rattachant à l'espoir d'y retrouver un amour perdu au fond de ses yeux bruns. Elle y avait trouvé des lettres - nombreuses - d'elles deux. Et Mia s'était sentie trahie, mal aimée, abîmée. Se mettant naturellement en concurrence avec la jeune femme qui, très probablement, ne savait rien de toute cette histoire également. L'ignorance. Tout bouleverser. Tout réécrire.

Foutre le bordel.

Parce qu'elle était devant sa porte, après des dizaines de recherche pour la retrouver. Tremblante comme une feuille depuis des dizaines de secondes sans parvenir à frapper sur le bois ferme et robuste qui se tenait devant elle. Tout allait changer. Elle avait besoin de réponse, elle avait besoin de comprendre. Comprendre cette relation qu'avait entretenue sa mère avec Chloé, la vie de son père... Mais aussi celle de sa nouvelle demi-soeur qui - elle l'avait compris après avoir lu des brouillons de Claire qui lui écrivait des lettres - avait passé quelques années enfermée à Azkaban. Tremblait elle aussi de peur ? De voir apparaître en face d'elle une femme si sombre qu'elle pouvait la tuer d'un simple claquement de doigt ?

Quelle belle idée Mia ! Venir frapper à la porte d'une femme dont les mains semblaient pleines de sang et dont les veines étaient noirs. Venir ébranler sa vie d'une vérité qui poussait à la folie. Folie qu'elle avait elle même vécu depuis qu'elle savait la vérité. N'était-ce pas un tantinet farfelue et suicidaire ? Probablement. Et pourtant...

Elle frappa trois petits coups.
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Ciarán A. Merrow
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Re: [Habitation] Breeze Block

Message par : Ciarán A. Merrow, Dim 27 Aoû 2017 - 22:17




Tu es ma seule famille
avec Mia Wilson.

Cela faisait trois semaines qu'elle n'était pas revenue à la surface. Comme disparue. Volatilisée. Noyée.
Trois semaines que la sirène avait immergé son corps et son esprit dans les sombres tréfonds de son passé. Et personne ne l'avait jamais vue revenir. Il se murmurait qu'elle était morte. Dans un sens, elle l'était. Chloé Greenwood avait vendu son futur au profit de Ciarán Alice Merrow. Chloé Greenwood n'était plus Chloé Greenwood. Et Ciarán Alice Merrow, qui profitait de sa nouvelle vie, avait déjà tourné la page sur un autre chapitre.

Alors, il semblait que non; la vélane, ancienne Mangemort, ex-Auror et désormais simple vagabonde, n'était pas morte. Quoique, son âme l'était peut-être. Mais ses cotes pourtant continuaient de se soulever au rythme d'une respiration lente et irrégulière. Du moins, c'était ce que disait la rumeur. Personne ne s'était risqué à aller vérifier.

Il n'en restait pas moins que l'on comptait désormais trois semaines de silence, puisqu'un simple souffle ne faisait pas assez de bruit pour qu'on l'entende. Trois semaines d'absence. Au dehors, le soleil pourrait bien avoir explosé — la créature mystique, celle que l'on raconte, n'en aurait jamais entendu parler.

Bien des bruits courraient, du côté du voisinage de Ciarán. Mais la vérité était toute autre.
Son dernier voyage, qui l'avait amenée jusqu'en France, avait réveillé en elle ses démons sanguinaires. De ses faiblesses, qu'elle avait presque oubliées, l'on voyait couler un filet de sang, comme s'il s'agissait d'une cicatrice mal soignée. L'évidence de son passé s'était imposée. Dure, froide, douloureuse, comme à son habitude. Et les circonstances de la mort de sa mère avait été révélées. Enfin, elle avait su ce qui s'était passé. Ce qui aurait pu la soulager, pourtant, avait en fait eu l'effet totalement inverse. Alors, depuis trois semaines, la Merrow n'avait pas quitté son refuge du chemin de Traverse. Elle s'y était engouffrée, comme pour se protéger d'une tempête cinglante ou d'un monde trop pénible. La belle sirène passait ses journées à regarder l'unique photo qui lui restait de sa mère. Celle qu'elle avait trouvé lors d'un autre voyage sur l'Hexagone. Inlassablement, elle se laissait bercer par une seule et unique question. Un même mot entêtant. Pourquoi?

Pourquoi n'avait-on pas le droit de choisir notre famille? Pourquoi ces gens s'imposaient-il dans ces différentes vies? Pourquoi fallait-il que la vie se résume au bien et au mal, quand il y avait tant de choses à découvrir au milieu?

Et puis surtout, pourquoi diable fallait-il que quelqu'un ose venir frapper à sa porte après trois semaines d'inexistence?

La sirène était lasse de tout, mais surtout de la vie. Se refusa d'abord à bouger, comme les deux pieds pris dans une seule et même nageoire. Rien ne pouvait valoir la peine qu'elle se déplace. Rien, c'était certain.

Pourtant, elle se leva. Les meubles, sagement posés autour d'elle, furent parcourus d'un frisson lorsque son corps se mit à bouger ce qui eut pour effet de souffler la fine couche de poussière qui les couvrait. Le miroir qui trônait dans le couloir menant à l'entrée ne put s'empêcher de jeter un oeil curieux sur Ciarán. Il n'avait pas le souvenir que cette jeune femme se soit lavée dans les quarante-huit dernières heures, et pourtant, ses cheveux étaient impeccablement coiffés, leurs pointes se baladant librement sur l'une de ses épaules, nues d'un tee-shirt bien trop grand pour elle.
Le miroir l'avait entendue pleurer, beaucoup. Alors pourquoi ses yeux n'étaient-ils pas gonflés? Pourquoi son visage respirait-il la santé? Et puis, qu'est ce qu'elle sentait bon. Les effluves qui se dégageaient de son corps en mouvement rappelait ces soirées chaudes d'été, où la nature s'autorisait enfin à respirer, où les fleurs reprenaient leurs droits après que le soleil les ait étouffées.

Sa beauté était surnaturelle. Presque magique.

D'un pas lent et lassé, la Merrow atteint enfin la porte. Puis l'ouvrit, sans aucune once de délicatesse.

Le visage qui l'observait lui était inconnu. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle n'avait aucune envie de parler à une inconnue. Son regard se fit naturellement méprisant. Déplaisant. Fuyant. Ses yeux hurlaient à la femme en face debout d'elle de s'en aller. Mais Ciarán resta silencieuse. Sa voix se refusa à fonctionner. Seules ses pupilles parlaient. Et son cerveau, aussi. Il lui disait que cette visite n'avait rien de bon. Qu'elle avait connu assez de mauvaises nouvelles comme ça récemment. Qu'elle ne supporterait peut-être pas une autre présence négative dans sa vie.

Alors, elle se plia à sa première volonté, et referma sèchement la porte d'entrée.
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Re: [Habitation] Breeze Block

Message par : Mia Wilson, Lun 28 Aoû 2017 - 12:57


Coeur qui palpite et douleur qui s'agite. Mia ne respirait plus. Depuis combien de temps déjà ? Elle était restée immobile, incapable de bouger et d'effectuer le moindre mouvement. L'instant l'avait littéralement paralysée. Que venait-elle faire ici déjà ? Quelle mouche l'avait piqué ? Ça ressemblait plutôt à une idiotie sans nom. Elle se tenait là, plantée au beau milieu d'une rue adjacente au Chemin de Traverse, à attendre désespérément qu'une femme dont elle ne connaissait rien lui ouvre la porte. Celle qui devait être sa demi-soeur. Celle qui avait le même sang. Reliées par un homme dont elle ne connaissait rien et dont elle voulait tout connaître. Relié aussi par une femme qu'elle avait aimé et adulé toute sa vie durant et qui avait joué un double jeu.

Elle détestait parler d'elle au passé.

Et pourtant... Elle avait tant à apprendre, tant à connaître, tant à découvrir. Elle était partie dans cette quête les yeux fermés, décidée à comprendre les fondations de sa vie. Un père, une mère, une nuit - peut-être plus qui sait ? - un enfant et l'arrivée d'un tout petit être. Elle avait vu sa mère partir des nombreuses fois et revenir avec des marques, des blessures, du sang encore frais couler le long de son bras ou de ses tempes. Elle lui souriait toujours, tentait de cacher la misère, lui mentait sans cesse, ne cessait de lui expliquer qu'il ne fallait pas qu'elle s'inquiète.

Il y avait donc toute cette partie là de sa vie que Mia avait fini par découvrir et comprendre - ou presque - sur ce groupuscule dont sa mère avait fait partie. Elle s'était battue pour ses convictions, pour que les vérités éclatent alors que sa vie personnelle n'était que mensonges et cachotterie. L'Ordre du Phénix, même si sa mère ne lui avait jamais confirmé de vive voix due à un serment qu'elle avait passé auprès d'eux, avait été son refuge et semblait même être l'endroit qui l'a rendait heureuse. Comme si sa famille, sa fille, ne lui suffisait pas. Comme si mourir n'était pas si grave. Comme si laisser derrière elle famille et amis ne lui faisait rien.

Comme si ça ne comptait pas.

Mia n'avait qu'une seule et unique envie : qu'on cesse de lui mentir, de vouloir la protéger et d'omettre la vérité. Qu'enfin, une bonne fois pour toutes, on lui explique tout. Elle était perdue, désemparée et mal dans sa peau. Il fallait qu'elle comprenne d'où elle venait. Alors l'espoir qu'elle avait mis dans cette rencontre était plus que démesuré. Peut-être que, enfin, Chloé Greenwood allait lui donner toutes les clefs nécessaires à l'ouverture de sa vie.

La porte s'était ouverte sur une jeune femme brune, pas beaucoup plus âgée qu'elle, dont les traits de son visage semblaient tirés. Toujours incapable d'effectuer le moindre mouvement, Mia continuait de regarder cette femme. Son sourcil droit s'était levé, et son dédain lui fouetta le coeur plus rapidement qu'elle ne l'aurait voulu.

Ça partait plutôt mal.

Elles restèrent ainsi silencieusement de longues secondes. De très longues seconde. Elle était diablement belle. Et cette beauté à couper le souffle lui rappelait étrangement sa propre mère. Elle était habituée à être près d'une vélane, à se sentir misérable face à leur beauté, à toujours se dévaloriser et se comparer auprès d'elles. Elle avait appris à s'en accommoder, à passer outre, à ne plus se détester.  Mais là, en un claquement de doigt, cette brune avait remis en question tous ses plus grands apprentissages. Et la porte se referma violemment sur elle.

Ça partait carrément mal !

Comme un électrochoc, Mia sortit enfin de sa léthargie, bondissant sur la porte et frappant plusieurs coups sur elle. Plusieurs passants derrière tournèrent la tête dans sa direction, étonnée par son attitude étrange.

« Attendez ! Attendez ! S'il vous plait, j'ai besoin de vous parler ! »


Elle ne cessait de réitérer ses propos, face à une porte diablement close. Frappant de ses petits poings sur le bois dure de l'entrée de cette maison où se cachait la seule femme qui semblait pouvoir répondre à ces questions. Ces mots étaient confus, brouillons et disparates. Elle voulait à tout prix lui parler et elle rêvait plus que tout que cette femme soit encore derrière la porte. Elle la supplia une ultime fois, en vain. Elle fouilla rapidement dans son sac afin d'en sortir une feuille froissée qu'elle avait dépliée, lue, relue et re-relue.

Mia s'était appuyée sur le mur à côté de la porte, épuisée par les sentiments et sentant les forces lui manquer.

« Ma mère... Ma mère vient de mourir et je crois qu'elle vous connaissait. Je... S'il vous plait, pouvez-vous juste me dire si vous étiez la personne à qui elle écrivait sur cette lettre ? »

Comme un ultime espoir, elle glissa celle-ci dans la fente utile à cet effet, laissant derrière elle sa dernière chance de retrouver Chloé Greenwood. Parce que cette femme qui lui avait ouvert avec ce regard déplaisant et fuyant avait la possibilité de réduire ses recherches à néant.
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Ciarán A. Merrow
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Re: [Habitation] Breeze Block

Message par : Ciarán A. Merrow, Mar 29 Aoû 2017 - 2:31


Porte fermée. Problèmes envolés. La sirène pouvait dès lors replonger dans les méandres de son passé. Non pas pour retrouver calme et sérénité. Plutôt afin de poursuivre cette rencontre avec les créatures mortes que l'on appelait démons. Du moins, avaient-elles déjà été vivantes? S'abandonnant à des pensées funestes, la Merrow avait déjà fait un pas avec sa jambe droite quand l'inconnue tapa brusquement sur sa porte. Son corps, surpris, ne put retenir un sursaut. Cette femme, que Ciarán n'avait même pas pris le temps de regarder dans les yeux, semblait très peu encline à la laisser repartir sans réponse. Réaffirma sa volonté de lui parler. Une fois. Deux fois. Mentionna sa mère, vaguement. Que diable pouvait-elle avoir à faire avec la génitrice d'une inconnue?

Par curiosité — bien d'autres diront stupidité —, l'ex Serdaigle se stoppa, refusant de faire avancer sa jambe gauche. Elle comprit qu'elle avait bien fait lorsqu'elle entendit le bruit d'un papier qu'on faisait glisser sous la porte. Aussitôt, Ciarán fut prise d'un mauvais pressentiment qui l'étourdit presque. Une voix dans sa tête lui chuchotait que les monstres du temps écoulé n'en avaient pas fini avec elle. Elle prit une minute avant de daigner se retourner vers la porte.

À ce moment-là, elle savait déjà ce qui était écrit sur la lettre. Sans même l'avoir regardée. Et, surtout, elle connaissait déjà l'identité de celle qui l'avait écrite — bien qu'elle aurait bien été incapable d'expliquer comment. Dans un mouvement à la fois sourd et peureux, la jeune femme se tourna. Se pencha. Ses doigts se tendirent ensuite tout naturellement vers le bout de papier.

Elle n'avait jamais lu un seul mot de cette lettre qui n'était probablement jamais arrivée jusqu'à elle. À Azkaban, rares étaient ceux qui avaient la chance de conserver un semblant de leur âme suffisamment conscient pour lire quel courrier que ce soit. Et puis, généralement, rares étaient ceux qui trouvaient l'audace de les écrire, à dire vrai.

Cette écriture, elle la connaissait par coeur. Elle l'aurait reconnue entre mille, très certainement.
Oui, c'était bien moi, la personne à qui elle écrivait sur cette lettre. Bien que je n'étais plus vraiment moi, à ce moment-là.

Pour la première fois après toutes ces années, Ciarán prenait connaissance des mots que lui avait adressée celle qu'elle considérait comme sa deuxième maman. Celle qui avait tout fait pour elle. Et pour qui la Merrow — anciennement Greenwood de son nom — aurait tout fait, elle aussi.

Spoiler:
 

Fini. Terminé. Son corps ne bougeait plus. Elle comprit qu'elle était encore vivante seulement lorsqu'elle sentit une ultime goutte d'eau salée rouler sur sa joue. Mourir dans son cou. À nouveau, la Merrow aurait voulu parler, dire quelque chose, laisser parler toute la colère qu'elle ressentait — non pas contre cette inconnue derrière sa porte, non pas contre Claire qui avait écrit ces mots, mais contre elle. Néanmoins, la sensation douceâtre qu'aucun mot ne pourrait jamais définir la haine qu'elle se portait s'imposa brusquement à elle.

Elle ne parviendrait pas à se relever, elle le savait. Pourtant, assise sur le sol dans une posture misérable, la jeune femme parvint tant bien que mal jusqu'à la poignée de la porte d'entrée qu'elle avait si violemment refermée, et s'en servit de support pour retrouver l'usage de ses jambes tremblantes. Les larmes ne s'arrêtaient plus de couler. La rancoeur et le dégoût non plus. Elle les sentait glisser dans sa gorge, dans un goût putride qu'elle ne parviendrait certainement jamais à oublier.

La main toujours posée sur la poignée, Ciarán réouvrit la porte pour découvrir enfin le visage de la véritable fille de Claire. Celle dont elle avait tant entendu parler et si peu vu. Comment s'appelait-elle déjà? Sans même chercher à trouver une réponse, la vélane remarqua immédiatement ses yeux. Elle y décelait le regard dur que Claire pouvait amorcer lorsqu'une situation lui déplaisait. La Merrow ne chercha pas à la détailler davantage et détourna vivement les pupilles.

La honte n'avait donc aucune audace.

— C'était bien moi, oui, confessa-t-elle d'une voix faible qu'elle même n'entendit pas.

Elle ne bougea pas. Juste ses yeux. Et un regard au-delà de cette femme dont elle ne savait rien suffit à faire comprendre à Ciarán qu'il était temps de se cacher. Les badauds commençaient à affluer.

— Tu voudrais pas...

Elle avait l'impression de la connaître par coeur, cette femme qu'on lui avait tant raconté. Alors, dans la confusion, elle l'avait tutoyée. Puis, elle se reprit.

— Entrez.

Sa voix se fit plus forte, plus dure, plus tranchante cette fois-ci. Ça n'était plus un souhait, mais un ordre. Immédiatement, la vélane le regretta. Elle avait agi sur le coup de la douleur.

Une douleur qui pouvait s'expliquer néanmoins.

Si seulement tu savais combien j'aurais voulu que ce soit toi, Claire, sur le pas de cette porte.
Si seulement tu savais combien j'aurais besoin de toi, là, maintenant...
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Re: [Habitation] Breeze Block

Message par : Mia Wilson, Sam 2 Sep 2017 - 14:59


Porte fermée. Et tout un espoir gâché par la crainte et la peur d'une femme qu'elle ne connaissait même pas. Ou le dédain. La méchanceté peut-être. Pourquoi diable Mia avait-elle cru que cette Chloé Greenwood allait gentiment lui ouvrir la porte, la serrer dans ses bras et devenir sa nouvelle meilleure amie ? Foutue utopie. Après tout, elle avait été stupide de croire en la gentillesse de cette femme eu égard aux mots qui avaient été couchés sur le papier par sa mère. Les formules étaient quelque peu alambiquées mais le message était clair. Cette femme avait fait partie d'un groupuscule extrême qui combattait des idéaux bien loin de ses convictions. Stupide idée. Stupide personne. Stupide vie bousculée et bouleversée par des mensonges.

Mia était résignée, déçue et triste. Appuyée contre le mur qui bordait la porte d'entrée de la jeune femme, elle avait déjà quelques larmes qui s'échappaient de ses yeux, comme un écho aux réponses qu'elle attendait qu'elle n'obtiendrait probablement jamais. Elle souffla longuement, tentant par tous les moyens de ne pas s'effondrer à même le sol. Les passants avaient cessé de la regarder, elle et sa folie furieuse qui s'acharnait à frapper contre la porte d'entrée, et tout revenait déjà à la normal.

Elle était insignifiante.

Un peu comme sa vie entière finalement. De toute façon, elle avait été assez idiote pour se faire agresser sexuellement durant sa jeunesse. Incapable de se protéger et de combattre contre l'inconsolable. C'était de sa faute. Tout était de sa faute. Alors qu'elle tentait de retrouver une certaine contenance en effaçant toute trace de larme sur ses joues rosies, elle fit un pas pour s'éloigner de la fameuse porte close.

Un pas.

Et pas un seul de plus.

Parce que la poignée fini par enfin s'abaisser, plus lentement que jamais. Son souffle s'était coupée et déjà Mia s'était retournée vers elle, une toute petite étincelle d'espoir venant de se raviver en elle, provoquant en une demi seconde à peine, un feu ardent d'optimisme qui semblait lui brûler la gorge.

« C'était bien moi, oui »

Nom de dieu bordel ! C'était elle. C'était bien elle. Chloé Greenwood. Cette femme magnifique était... sa demi-soeur. Le reste se passa si vite que Mia eu un étourdissement. La jolie brune l'avait tutoyé, lui demandant rapidement de rentrer dans sa demeure, semblant presque gênée de devoir respirer l'air extérieur. Puis elle l'avait vouvoyer gênée, l'obligeant, cette fois-ci, à rentrer chez elle. Était-elle casanière ? Où était-ce un guet-apens de la femme réputée pour ces convictions qui - il fallait le rappeler - lui avait valu des années de prison à Azkaban.

Oui. Mia était complètement inconsciente de suivre cette femme dans sa maison après tout ce qu'elle avait lu sur elle dans les lettres de sa mère. Et pourtant, son corps répondait bien avant son cerveau et déjà, la porte était fermée. Il fallait qu'elle respire un peu... Juste un petit peu.

Elle avait pleuré. Ses yeux étaient légèrement rougis et Mia n'aurait jamais cru se retrouver face à une femme exprimant ses sentiments si facilement. Sauf si la relation entre Claire et Chloé était extrêmement forte... Et à cette réflexion, le cœur de la jeune Mia se serra de jalousie, toujours dans l'incompréhension totale face aux agissements de sa mère. Le temps continuait de s'écouler dans un silence complètement gênant et l'ancienne Gryffondor avait le cerveau qui fonctionnait beaucoup trop vite. Et si cette femme était au courant finalement ? Quel était la meilleure manière d'aborder le sujet au juste ? Les deux jeunes femmes continuaient de se jauger pourtant.

« Je... Je suis désolée de vous avoir un peu... harcelée. Depuis la mort de ma mère j'ai... »

Elle s'arrêta un instant, peu certaine de la dangerosité que pourrait revêtir son aveu.

« Elle m'a laissé avec plein de questions... Et dans ses souvenirs que j'ai retrouvé, vous étiez la personne la plus importante à ses yeux je crois. Je m'attendais juste à... A ce que vous soyez un peu plus âgée mais je crois que ma mère a toujours menti sur son âge alors peut-être que... »

Elle s'arrêta une seconde fois, consciente qu'elle parlait peut-être un peu trop et que son discours était décousue. Elle se gratta l'arrière du crâne avant de baisser les bras dans un souffle.

« Vous êtes la seule à pouvoir m'aider Chloé... »
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Re: [Habitation] Breeze Block

Message par : Ciarán A. Merrow, Dim 3 Sep 2017 - 3:04


À chaque fois qu'elle réussissait à remonter à la surface, la vie plombait sa cheville pour la faire disparaitre au plus profond des océans. Ciarán était à bout de force. Essoufflée. Fatiguée. Elle qui était d'habitude si forte se montrait sous ses jours les plus sombres à une inconnue. Difficile à accepter. La vélane sentait un goût amer couler dans sa gorge. La rancoeur, peut-être. Une haine du destin non dissimulée qui gagnait ses tripes à mesure que les jours s'écoulaient.

Voilà que cette femme, dont elle savait à la fois tout et rien, venait de pénétrer son repère, l'antre où le monstre se réfugiait. Ciarán savait qu'elle faisait une erreur en découvrant ainsi sa propre intimité. Mais c'était de Claire dont on parlait. La Merrow devait comprendre de quoi il s'agissait. Pourtant, elle ne prononça aucun mot, laissant le soin à l'autre femme d'engager la conversation.

Quelle douce et grossière erreur.

Sans prendre aucune précaution, la jeune Wilson lui asséna un deuxième coup de couteau dans la poitrine. Plus fort. Plus violent que le précédent. La vélane pouvait presque sentir la lame frôler ses artères.

Claire était morte.

Elle n'écoutait plus. Pas parce qu'elle ne le voulait pas, mais parce qu'un bruit strident avait pris possession de ses oreilles. Ou peut-être était-ce le silence.

Elle ne voyait plus. Pas parce qu'elle ne le voulait pas, mais parce que ses yeux refusaient de croiser le regard de l’inconnue. Ou peut-être ses pupilles étaient elles déjà sans vie.

Le monde autour d'elle semblait s'être arrêté de tourner. Toutes ses sensations se turent en même temps, dans un même silence lourd.

Elle se sentait mourir, elle aussi.

Outre le fait que Ciarán n'avait jamais osé revenir vers celle qu'elle considérait comme sa mère, elle l'avait laissée s'éteindre sans jamais s'en douter. Le sang continuait de couler à l'intérieur de ses entrailles. Parcourait ses cotes, glissait sur son estomac. Elle était en train de mourir, elle aussi. Elle en avait désormais l'intime certitude. Le coup de couteau avait été bien trop puissant pour qu'elle puisse y survivre.

Le regard toujours perdu dans le vide, l'ex Serdaigle tenta pourtant de reprendre possession de sa voix. D'un ton faible, presque insonore, elle demanda:

— Depuis combien de temps?

Elle n'était pas sure que sa question avait revêtu la bonne intonation. Était-ce réellement important? L’inconnue avait certainement déjà remarqué le choc que la nouvelle avait provoqué, puisqu'elle avait littéralement ignoré ses dernières paroles. Ça la ferait sûrement bien rire de voir que Ciarán n'avait rien su du décès d'une des personnes les plus importantes dans sa vie. Décidément, tout le monde disparaissait autour de la pauvre sirène. À croire que l'aimer signifiait s'abandonner à une mort certaine.

Sa tête tourna alors lentement vers la fille de Claire. Ses yeux, eux, ne voyaient toujours rien. Trop aveuglés par les litres de larmes qui menaçaient de s'écouler en un torrent de douleur.

— Et qui? Qui est-ce qui l’a tuée?

Rage. Haine. Tristesse. Déni. Honte. Regrets. Rancoeur.

Des mots qui résonnaient comme autant de nouveaux coups de couteau dans le coeur.
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