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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Pré-au-Lard ~¤~ :: Rues de Pré-au-Lard :: La Tête de Sanglier
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Une chambre
Asclépius Underlinden
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Une chambre

Message par : Asclépius Underlinden, Mer 12 Juil 2017 - 19:55


HRPG:
 


Il avait encore la bille dans les narines, les tremblements spasmodiques qui agitaient sa housse de chair, le regard qui fait le tour des habitations. Il pressait le pas, buttant contre tout, écrasant un escargot par maladresse. Pressé de ne pas être vu, sanguinolent, dégoûtant, fasciné, le visage convulsé par une douleur qui avait du mal à cicatriser, malgré sa cautérisation.

« - Eb’ ! »

Il tapa quelques coups contre la porte de l’auberge où son frère travaillait. Il ignorait s’il s’y trouvait, il n’y avait pas pensé, sur l’instant. Il ne pensait plus. Voyait seulement les tâches dans l’œil, se concentrait sur sa douleur, sur ces preuves qu’il serrait dans son poing, sur cette promesse, qu’il ne parvenait pas à regretter, malgré cette souffrance, qu’il aurait pu s’éviter…
Parce qu’il devait se préparer. Qu’il ignorait encore tout des enjeux de ce monde. 39 l’avait invité dans sa barque, mais c’était à lui de ramer. Et se tromper de direction, amenait souvent bien des désastres.

« - Eeeeeeeeeebbbb’ ! » Bruit de chèvre.

Plus fort, dans l’éveil matinal. Plus loin, des oiseaux qui chantent l’aurore, le coton blanc de l’aube qui s’étend peu à peu sur le petit village anglais… Poudlard encore endormi, les commerces de même.
Mais coincé dans cet espace-temps avec Masque rouge, il n’avait pas vu le Temps à l’œuvre.

« - Ebenezer, ouvre bon sang, c’est Asclépius ! Il grinçait des temps. Difficile de parler quand on est à ce point crispé par la douleur. Il faut que tu m’aides, vraiment, maintenant, j’ai… »

La porte s’ouvrit. Le visage de l’ancien Serdaigle paraissait toujours aussi aimable que d’ordinaire… Mais il était soulagé de le voir, à un point tel qu’il ne put retenir quelques larmes restantes. En cet instant précis, il était pour lui, auréolé d'un espoir quasi salvateur.

« - Je… Je me suis coupé. La grotte… »

Il lui fit signe d’entrer, vérifia un instant les alentours, puis referma la porte de l’auberge avant de l’entraîner dans une des chambres.
Le frangin lui indiqua une chaise, la frangine y prit place, et il partit chercher il ne savait trop quoi.

Rester seul dans la chambre, il se mit à chouiner, en essayant de décrisper son poing amputé, délaissant sur une table à côté ses bien qu’il avait tenu dans son poing tout du long de la traversée du village : un index droit amputé, et une baguette de pin brisée.
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Ebenezer Lestrange
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Re: Une chambre

Message par : Ebenezer Lestrange, Jeu 3 Aoû 2017 - 0:20


Il s'était endormi sur son comptoir, tête sur son bras droit désormais tout ankylosé. Il ne s'était même pas rendu compte qu'un moment il avait commencé à rêver. Il avait fermé l'auberge à l'heure habituelle et s'était fait couler son café du soir. Café tout froid qu'il réchaufferait prochainement. Il rêvait donc, c'était presque agréable. Rien de bien précis, juste une histoire sans queue ni tête avec des bouquins poussiéreux, des cafés et des clients de bar à étrangler. Il rêvait presque de sa journée comme il aurait pu rêver de la journée de la veille, de celle de l'avant-veille etc. Monotone à souhait, à se pendre presque. Il était en train d'expliquer à un énième client que non, on ne servait pas de steak de boursouflet à la Tête de Sanglier quand un appel retentit. Ebenezer grommela dans son sommeil pendant que sa version dans le rêve se retrouva dans un espèce de labyrinthe à traquer des voix. Bruit de coups, des monstres surgissent du labyrinthe, un "Eb'" plus long retentit, le sorcier ouvrit un œil. Oh, il s'était endormi !

Il se redressa un peu ensuqué. Il lui fallut quelques secondes pour retrouver où il était. Il lui fallut quelques secondes supplémentaires pour comprendre qu'un crétin toquait à la porte alors que c'était pas l'heure. Ebenezer allait se le faire, on avait pas idée de réveiller les gens comme ça. Le casseur de rêve s'annonça. Le brun ne comprit pas grand chose parce qu'il était pas réveillé et parce que la porte était fermée. Il l'ouvrit et tomba sur Asclépius tout pleureux et ensanglanté. On ne cassait pas la gueule aux gens qui pleuraient, c'était trop facile, il n'y avait pas besoin de lever le poing pour les faire pleurer encore plus, il fallait juste quelques mots bien placés. Il détailla le blond, se demandant quelles horreurs il pouvait lui murmurer et ses yeux se posèrent sur la main droite de l'autre.

Il s'était coupé qu'il disait. Ben voyons. A l'aube, dans une grotte. Il faisait un rituel satanique ou quoi ? Il était encore un peu tôt pour qu'Ebenezer ne réalise vraiment qu'un doigt en moins, c'était un doigt en moins. Là, il lui fit tout simplement signe d'entrer et l'amena s'asseoir une jolie chaise à l'étage. Le brun redescendit et ses neurones commencèrent à fonctionner. D'abord, café. Il prit celui qu'il avait fait coulé la veille, l'avala cul sec. Ensuite baguette. Elle était planquée dans sa manche gauche, fidèle au poste, comme toujours. Il avait même celle de rechange sur lui. Puis alcool. Tequila ? Vodka ? Rhum ? Il attrapa la tequila et remonta les escaliers. Il ne s'était pas absenté deux minutes que l'autre avait déjà recommencer à geindre. Ebenezer disposa la table de nuit juste devant le blond pour avoir un semblant de plan de travail. Il s'accroupit devant, posa la bouteille de tequila à ses pieds.

- Fais voir ta main... Ah ouais, quand même. Tu veux un bisou magique ?

Le blond avait un doigt dans la main quoi. L'apprenti médicomage qui allait enfin servir à quelque chose sentit le goût du café lui revenir dans la bouche. C'était un peu dur le matin, le sang, les bouts amputés, tout ça tout ça. Il ouvrit la tequila, en but une rasade et fila la bouteille à Asclépius. Il lui fit signe de boire, beaucoup, ça lui servirait d'anesthésiant. Il regarda le doigt pendant ce temps là. C'était coupé un peu n'importe comment amis il pouvait éventuellement tenter de le recoller. Il posa le doigt sur la table et mit à côté les bouts de baguette brisée. On ne pouvait plus rien pour elle par contre. Ensuite il regarda la main. C'était plein de sang, il n'y voyait rien. Il reprit la bouteille des mains de la grande sœur, en versa une bonne rasade sur le moignon.

- Ça va piquer un peu.

Peut-être trop tard pour prévenir... Tant pis. Il y voyait plus clair maintenant et la blessure ne saignait pas. Ah. C'était bizarre ça. C'était même cautérisé, un peu à la sagouin certes mais cautérisé quand même. Ebenezer fronça les sourcils et repassa la bouteille au blond.

- Pourquoi t'as plus de doigt au juste ? C'est toi qui t'es soigné ?

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Asclépius Underlinden
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Re: Une chambre

Message par : Asclépius Underlinden, Mar 8 Aoû 2017 - 20:30



Apparemment, le fait de se morfondre sur sa personne en poussant des cris de bête blessé suffisait à invoquer des Ebenezer à l’aube. C’était pratique. Faudrait essayer plus souvent. Enfin… S’il devait revivre l’intégralité des événements de la nuit à chaque fois qu’il voulait l’invoquer, il allait bientôt se retrouver avec plus aucuns membres… Et seulement des moignons…
Une espèce de rire étranglé sortit de sa gorge entre deux hoquets : ça devait être les nerfs qui lâchent.

Docile, il tendit la main, mais préféra ne pas regarder, tandis que sa main valide et tremblante empoignait autant que faire se peut la bouteille d’alcool. Il ne pouvait pas souvent. Pour ne pas dire jamais.
Mais bon… C’était pas lui le médicomage, hein ? Donc il obtempéra et but, et but, et but, jusqu’à ce que la bouteille lui soit retirée, pour être versée sur son doigt.

Il ne retint pas un sifflement de douleur particulièrement incisif, tandis que l’alcool ingurgité à grosses goulées, lui brûlait la gorge, les narines et lui donnait de sacrés coups de marteau dans le crâne.
Là, c’était officiel, il allait s’évanouir… Fallait qu’il s’asseye… Mais il l’était déjà… Il avait l’impression de ne pas tenir assit.

Et surtout, ce sang sur le sol qui le fixe, ce doigt sur la table… C’était probablement plus ça qui lui faisait tourner de l’œil. Ça, et le puzzle des événements qui se mettait petit à petit en place dans son esprit. A croire que l’alcool, ça aide à réfléchir…

« - Me suis coupé… » Qu’il croassa. D’ailleurs, il l’avait pas eu son bisou magique. Fichus docteurs et leurs mensonges. « - Y avait la grotte, et j’ai vu le Masque rouge… On devait danser, mais ça s’est arrêté quand la dame est morte… »

Un sursaut.

« - Merdre, la dame ! Elle est morte, dans la grotte, j’ai vomis à côté ! »

Il semblait paniqué, soudainement. Comme si se raccrocher à un détail de la nuit passée lui permettrait d’occulter une réalité bien plus présente et persistante… Lancinante... Comme cette douleur anodine à l'index.

« - Faut faire quelque chose ! Enfin, nettoyer… Je l’aurais bien fait mais… Ma baguette… » De nouveau les larmes qui lui montent aux yeux.
A force de boire et de pleurer, il allait se dessécher comme une vieille plante.

« - Il a dit que je devais plus perdre de sang, que je lui appartenais maintenant… Ou ça, c’est moi qui lui ai dit... »

La langue pâteuse, n’aide jamais à s’exprimer correctement.
Et la bouteille de nouveau en main, il en profita pour reboire un coup, toussant à chaque gorgée.
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Re: Une chambre

Message par : Ebenezer Lestrange, Lun 14 Aoû 2017 - 19:51


Et le blondinet qui s'en tenait à son "me suis coupé". Le mec soit ne savait vraiment pas se servir d'un couteau à pain, soit était totalement maso, soit mentait. Ce ne serait pas si étonnant que ça que la bonne réponse soit parmi les deux premières. Ebenezer était sur le point de demander d'avantage d'explications mais il n'eut pas le temps d'en placer une. La grotte revint. Avec un masque rouge. Il tiqua, il ne connaissait pas soixante-sept masques rouges. Mais ça ne pouvait pas être ça, pas vrai ? Quand on croisait un mangemort, on le disait plus clairement, question de bon sens.

Une danse, un cadavre de femme, du vomi. De mieux en mieux. Le brun posa sa main sur le bras de l'autre qui semblait tout paniqué. Il avait entendu dire que ça rassurait ce genre de truc alors il essayait. Il ne tenait pas vraiment à ce que son patient pète les plombs et se mette à tout casser. Et voilà qu'il se remettait à chialer. Une véritable machine à larmes, Ebenezer était impressionné. Les paroles étaient floues au possible, il n'avait plus qu'à investir dans un dictionnaire anglais-asclépiussien/asclépiussien-anglais.

Il reprit la bouteille des mains du chouineur et la referma. Le blond avait bien assez bu comme ça, qu'il ne fasse pas un coma éthylique en bonus. Penché sur le doigt absent donc sur la main mutilée, Ebenezer nettoya bien la blessure, désinfecta avec de vrais sorts et banda le tout. Il prit son temps, il était un peu maniaque pour ce genre de chose. Embryon de conscience professionnelle. Pendant qu'il s'attelait à sa tâche, son esprit réfléchissait sur les dires nébuleux d'Underlinden. Il l'aimait bien ce cousin, c'était suffisamment rare pour qu'il ait envie de l'aider du coup.

- Hop ! T'es soigné !

Il fouilla dans ses poches et en sortit une chocogrenouille qu'il donna à son patient. Il se releva, plutôt satisfait. Normalement, il n'y aurait pas d'infection. Par contre, pour le bout de doigt, il n'avait pas pu le recoller. Il releva Asclépius en le tirant par son bras pas blessé. Il le guida hors de la chambre, dans les escaliers, puis dans la salle principale de l'auberge jusqu'à un siège du comptoir où il l'assit. Oui, il s'était trouvé une marionnette grandeur nature. Il passa de l'autre côté du comptoir, celui interdit aux clients, celui qui était cool, et servit une pinte d'eau au blond.

- Maintenant, tu me bois tout ça. C'est important de boire de l'eau après avoir perdu du sang. Puis ça diluait l'alcool aussi. Ça va un peu mieux ? J'ai pas de philtre de paix en stock... Maintenant, raconte moi ce qu'il s'est passé plus clairement et interdiction de pleurer ! Après tu iras te reposer et je nettoierai ta grotte ou je sais pas trop quoi.
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Re: Une chambre

Message par : Asclépius Underlinden, Lun 28 Aoû 2017 - 16:55



Peut-être que c’était à cause de ses pleurs, qu’on lui retira son biberon alcoolisé ? Pourtant, ça ne faisait pas sens. Généralement, pour calmer les enfants pleureurs, on leur filait à manger (ou on leur torchait le cul). Du coup… C’était contradictoire là ! Comme pouvait-il mettre ses souvenirs en ordre si on lui envoyait des signaux contraires ?
Et puis…
Et puis de toute façon, il se sentait soudainement trop abattu. Fatigue, stress, douleur, alcool ? Il avait juste envie de dormir, d’oublier. Même si c’était impossible. Le fait qu’il lui manque désormais un doigt était la preuve pour qu’il n’oublie jamais cette nuit-là. C’était pas comme un ongle, un doigt : ça ne repoussait pas.

Mais, surtout, boire lui permettrait d’oublier, de fuir les raisons l’ayant poussées à commettre cette auto-mutilation. C’était pas vraiment le genre d’histoire dont on pouvait se vanter dans les salons mondains. Encore moins s’éventer avec.
Mais…
Il lui faisait confiance, à Ebenezer. Au cousin. Au petit frère consanguin. A celui qui le rafistolait, le consolait de son mieux. Il ne savait trop pourquoi : ni pourquoi il l’aidait, ni pourquoi lui avait envie de lui faire confiance. Lui faisait confiance.

C’était peut-être ça, être une famille ?

Encore un peu perdu, il accepta automatiquement la confiserie, avant de se laisser entraîner par le bras jusqu’au tabouret, avec l’impression de n’être qu’un morceau de chiffon. Un morceau de chiffon avec le nez et les yeux rouges et gonflés, donc un morceau de chiffon assez moche. Mais, visiblement, le petit frère était le genre à jouer avec des jouets moches, qu’il avait ramassé dans un coin ou cassé lui-même. Peut-être qu’il aimait jouer à la dînette avec des poupées ayant un peu de personnalité ?

Il accepta la chope, en but quelques gorgées et manqua de grimacer à la première : c’était pas de l’alcool ça !
Pourtant, il n’en dit rien. Le liquide aqueux (non, ça n’existe pas), était plus réconfortant pour son gosier qu’autre chose.
Pour ça, qu’il finit par parler un peu plus clairement que précédemment, tandis qu’il se battait avec l’emballage de la chocogrenouille. Les premiers inconvénients de la perte de son index…

« - ça va… Et je pleure si je veux : j’ai pas eu mon bisou magique. » Okay, ça ressemblait davantage à un croassement qu’une voix humaine, mais il était encore tout engourdi, de partout.

Il but de nouveau quelques gorgées et abandonna finalement le sachet à peine déchiré sur un coin de comptoir, avant de reprendre la parole, d’un air vaguement plus assuré : « - Je dormais pas. J’avais de la fièvre, alors je suis sortie prendre l’air. Et, je n’arrivais pas vraiment à penser clairement. Y avait que mon corps de là. Alors, j’ai fini par le suivre, jusque dans la grotte. Je voulais pas y aller mais… Je me suis fait attraper. Je n’ai pas réalisé que c’était un Mangemort, parce qu’il était tellement différent de 39… Bien plus de prestance. »

Déso 39.
Même s’il avait plus d’affection pour le caméléon, le masque rouge avait su s’imposer très rapidement.

« - Je crois qu’on dansait… Il y avait une femme derrière. Avec ses doigts coupés. Quand j’ai vu ça j’ai eu… Comme une sorte d’envie, d’attirance… Comme si je venais de voir une solution, pour quitter ma fièvre. Je ne pensais qu’à ça, et il m’en a donné l’occasion, le masque rouge. Il m’a demandé ce que je pouvais lui apporter, alors… »

Il termina sa chope, soupirant légèrement. Mais, son œil, lui, brillait. D’une lueur probablement un peu glauque.

« - Alors j’ai pris ma baguette, et j’ai tranché. Pour lui montrer que je pouvais tout donner, tout.
Et après…
J’ai eu mal, si mal, j’avais du mal à voir. Et pourtant, j’étais si soulagé.
»

Puis, se taire, finalement, en se rendant compte qu’on a trouvé un soulagement émotionnel intense en se mutilant. En prenant, avec la souffrance physique, une plaisir libérateur.

« - Et… Voilà… Je ne réalise que maintenant que… » Yeux écarquillés. « - J'ai peur de m'être irrémédiablement engagé… »
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Re: Une chambre

Message par : Ebenezer Lestrange, Lun 2 Oct 2017 - 21:57


Voilà que le morvouilleux réclamait son bisou magique. Ebenezer lui retourna un regard franchement horrifié. Il avait proposé ça pour rire, jamais il ne poserait ses lèvres sur une main poisseuse ou un front fiévreux. Rien que d'y penser le rendait patraque. Puis non Asclépius ne pleurait pas s'il le voulait. On était pas chez mémé m*rde, puis il allait mettre des larmes partout s'il continuait. Et il était prié d'ouvrir sa chocogrenouille comme un grand. Le brun n'aimait pas le crissement qu'émettait le papier lors des tentatives de déchirement. C'était horriblement crispant. Du coup quand le blessé abandonna et délaissa le paquet contenant le chocolat, Ebenezer s'en empara aussitôt pour l'ouvrir d'un coup sec et, dans un élan de bonté, il fila le batracien chocolaté à l'autre sorcier qui narrait sa triste aventure.

Un mangemort avec un masque rouge, de la fièvre et pas de Morphée utile donc une balade en pleine nui. Puis ça avait dansé avec l'ennemi. Enfin l'ennemi d'Ebenezer plutôt peut être pas celui d'Asclépius mais ça avait dansé quand même. Avec une femme sans doigt en arrière plan ce qui avait inspiré le blond. Le serveur regardait d'ailleurs ce dernier presque avec pitié. Fallait dire que pour se couper le doigt comme ça juste pour imiter et une dame et parce que Monsieur 67 ne s'y opposait pas il fallait être limité. Le brun avait presque envie de secouer l'autre mutilé pour lui relttre les neurones en place. Puis il s'était engagé qu'il avait dit. Ebenezer loucha sur le bras gauche du vert. Non, il ne devait pas encore être marqué.

- .... Tu m'étonnes que t'ais eu mal.

Il retint le "bien fait pour toi" parce qu'il aimait bien le demeuré et qu'il avait pas envie qu'il se remette à chouiner parce que toutle monde était trop méchant avec lui. Il avait eu son quota de jérémiades pour le siècle à venir voire le millénaire.

- Bon. Maintenant que tu vas un peu mieux, on a qu'à aller nettoyer la grotte. Daut que tu trouves un mensonge pour expliquer l'absence de ton doigt. De préférence un truc qui tienne bien la route même si ce sera toujours plus crédible que la vérité... T'es un peu crétin de te l'être coupé.

Il se dirigeait vers la porte d'entrée de l'auberge maintenant. Il avait fait signe au blond de le suivre, direction la grotte. Cette nuit, il n'était pas bourré alors se débarasser du corps ne devrait pas être trop compliqué. Pas comme la fois avec Leo où Asclépius en avait d'ailleurs mangé. Miam... Le brun préférait ne pas trop y penser, il n'en était pas totalement fier. A pied, ils en avaient au moins pour un bon quart d'heure à marcher. Il soupira, il aurait préféré rester dormir sur son comptoir.

- Du coup c'est auprès de 67 que tu t'es engagé ? Le grand type au masque rouge ? Tu sais quel genre d'ordure c'est au moins ? Parce que crois moi, tu risques d'en baver. Même que les Mangemorts se porteraient vachement mieux s'il disparaissait.
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Re: Une chambre

Message par : Asclépius Underlinden, Lun 2 Oct 2017 - 22:41



Son corps de Pius fit un effort pour renifler correctement tandis que la grenouille au chocolat lui était remise entre les paluches. La paluche avec un beau moignon au bout. Ne pas regarder… Ne pas regarder… Penser à cette chocogrenouille tombée du ciel, façon cadeau des dieux. Faut dire, là, Ebenezer était un peu son seul point d’accroche. Il avait pensé à lui comme étant un être responsable. Et il avait pris des responsabilités. Il s’était occupé de lui ! Tous ne l’auraient probablement pas fait, et dans son cœur, c’était tout chaud, tout doux de reconnaissance.
Et tandis qu’il mâchouillait une patte au chocolat entre deux reniflement de morve, il songeait au fait que, bah, finalement, peut-être qu’il l’aimait bien. Dommage qu’il ait eu à se couper un doigt pour le savoir enfin…

A la mention de sa douleur, Asclépius fit un grand mouvement de tête allant de bas en haut. Parce que, non, il ne pleurait pas juste pour creuser des cernes et des joues, ou pour se donner un style de morveux. Non. Généralement, il pleurait, parce qu’il avait mal. Mais, genre, beaucoup pas. Pas le mal du « je me tape le pied contre un meuble en voulant aller vite alors que je suis nu-pieds » (même si c’était une douleur vraiment atroce). Non. Mal du style « laissez-moi mourir pour achever toute cette souffrance, achevez-moi, je vais vomir de douleur, je veux ma maman ». Donc, vraiment bobo.
Et à défaut de sa maman (qui de toute façon ne se serait pas occupé de lui, ce qui lui serrait son grand cœur tout vulnérable), il avait son petit frère consanguin. C’était mieux. Même s’il semblait un peu dépité.

Lui ne comprenait pas trop pourquoi tandis qu’il décapitait le bonbon d’un coup de dent. Il n’en restait plus grand-chose de cette bête-là. Comme de sa main d’ailleurs. Aha.

Se levant du comptoir, il termina chocolat et verre d’eau pour se donner du courage avant de suivre l’Ebenezer dans le froid du dehors. C’était tout de même bien plus confortable dans l’auberge… Là… Dehors… C’était plus le froid de la réalité auquel il devait se confronter…
Et il n’avait pas vraiment envie de prendre conscience de ses actes. Pas pour tout de suite. Pas maintenant. Jamais.

« - J’aime pas mentir. Je sais pas faire. Sa voix était un peu rauque, mais il commençait à avoir un peu moins mal, alors les larmes s’étaient taries. Pour l’instant. Et puis, les gens ne me croient pas quand je parle. Alors que je mens jamais : ça me permet d’avoir toujours raison comme ça ! Il semblait très fier de lui, y avait même une petite lueur dans son regard clair et rouge. Et oui. On aurait dit un géant. Avec un masque rouge de Scapin ou Sganarelle… Tu le connais ? »

Question posée sur le ton de l’affirmation.
Parce qu’après tout, on ne traitait pas d’ordure quelqu’un qu’on ne connaissait pas : un peu décence tout de même.
Et puis…
Il avait l’air de s’y connaître, catégorie Mangemorts le frérot.

En une nuit, en sortant de cette grotte, il lui semblait d’un seul coup, non pas s’être coupé un doigt (enfin, si, quand même un peu), mais de s’être pris une claque violente de la part de la Lucidité. A commencer à prendre un peu conscience du monde qui l’entourait. Loin de sa bulle, perchée tout en haut, là-haut, parmi les étoiles…

Déglutition d’une bile amère et bien trop réelle.

« - Je… Je sais pas quoi faire… »

Le regard qui semble crier « aide-moi ! ».
Parce que l’autre semblait savoir.
Et que, surtout, il lui accordait une confiance presque aveugle, du fait de son affection pour lui.
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Ebenezer Lestrange
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Re: Une chambre

Message par : Ebenezer Lestrange, Mer 4 Oct 2017 - 20:16


Tsss, ça savait pas mentir. Choqué et déçu, Ebenezer se demandait si l'euthanasie n'etait pas un bon remède contre un doigt coupé. Ne pas raconter de craques, enjoliver des histoires, omettre des détails, c'était un peu la base, surtout quand on risquait de finir masqué après avoir croisé le grand méchant loup. Sauf qu'Asclépius n'était même pas le petit chaperon rouge par manque de débrouillardise. Le blond mentait pas, n'etait jamais cru et avait toujours raison. Ouais, définitivement pas le chaperon rouge, Cassandre plutôt. Limite il lui demandait de lire les lignes de sa main voire si ça correspondait avec ce qu'il y avait vu. Deux avis d'experts en valent mieux qu'un.

Il hocha la tête à la question réthorique. Oui il connaissait bien l'autre abruti beaucoup trop géant pour pouvoir être tabassé dans une ruelle sombre. Il se tatait à raconter des horreurs vraies et inventées - contrairement à sa grande soeur consanguine, il ne s'était jamais privé des mensonges  - pour le plaisir de la diffamation mais l'autre venait juste de sécher ses larmes, tout fragile qu'il était, alors les histoires de tortures attendraient ainsi que rapt et interrogatoires dans le sang et la douleur (parce que sinon c'est pas drôle).

A ce rythme, ils n'étaient pas arrivés à la grotte. Le blond faisait son numéro de chaton abandonné sous la pluie avec grands yeux implorants et phrases pathétiques. Il manquait le violon, la pluie et les chuchotements et c'était un drame français. Ebenezer leva les yeux au ciel. L'éclopé voulait un câlin ou quoi ? Avec son air paumé et tout, on aurait preque envie. Presque.

- Tu verras bien. Surtout qu'il était Cassandre. Ebenezer étouffa un ricanement. Tu t'en sortiras. 67 a pas l'air de vouloir te tuer pour l'instant alors même si c'est une être infâme et abject, t'as un soutien chez les Masqués. Puis t'es grand. Et pour ce qui est des aurors, les Higgs ont seulement 66% de chance de se faire chopper après une loooongue carrière. T'es pas un Higgs, t'es serein !

Un sourire un peu rouillé pour appuyer la dernière phrase. Limite il lui passait la main dans les cheveux pour dire "ça va allait" mais il n'était pas chaud pour toucher au passage un crapaud ou autre créature résidant dans la tignasse des Asclépius. Il accelera le pas, le jour allait bientôt se lever et ce serait dommage de se faire attrapper.

- Bon, on arrive à la grotte, on choppe le cadavre et on transplane dans un coin approprié. Genre le cimetière privé d'un manoir quelconque.

Au harsard, chez les Madverier. Il était notoire qu'ils avaient un grand grand château (sans doute pour compenser) et comme il ne pouvait pas saquer le fils même s'il ne l'avait pas croisé depuis un siècle , l'idée de les foutre dans la m*rde en cas de fouille de jardin lui plaisait bien.

- Allez viens ! Dans deux heures, tu pourras dormir !

Ouais, ils feraient ça comme ça.


Fin
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