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[Salle Spéciale] Le Piano-Bar
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Mungo Gunn
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Re: [Salle Spéciale] Le Piano-Bar

Message par : Mungo Gunn, Ven 01 Déc 2017, 02:53


Jude, Asclépius, Malena
______________


Sans décoller la tête des nuages de fumée, Mungo il prend son élan et fume fume fume sa cigarette. D'abord une, puis deux, puis trois, puis il tousse un coup, c'est sec. Mungo il aime ça, le jazz. Il aurait voulu s'appeller Jazz, avec les deux z à la fin qui guettent, qui vrillent, qui tremblent entre la langue et le palais. Il aurait voulu habiter dans un grand château, trois pianos à queue dans la grande pièce au milieu, les tapis en peaux de bêtes, les têtes d'ours découpées, les langues qui s'affaissent entre les dents qui restent. Mungo il habite pas dans un château. Mungo, il habite pas. Dans deux trois bouffées d'air, Mungo il reprend son souffle. Il l'avait perdu dans ses chaussettes, entourloupé autour de ses doigts, il laisse les cigarettes et il ronge ronge ronge ses ongles, parce qu'il est rongeur d'ongles et de peaux mortes, de petits morceaux qui dépassent tout autour comme une dentelle.

Il y a du monde au comptoir, Mungo il rejoint ces êtres, il les regarde, il hésite à poser son menton boudeur, son coude à la peau sèche, son genou écorché ou sa chaussure trouée sur le comptoir. Il y pose sa main en pensant que le reste aurait été impoli. Sa main, il la regarde. Il y voit des ongles ondulés par les canines meurtrières et il reprend sa main, la met dans sa poche. Mungo, il aime pas voir ses mains mangées, ça lui donne de drôles d'idées. Mungo, c'est un macchabée qui s'auto-cannibalise. Il bouge la langue et y'a des bouts de chaire qui revolent partout dans sa salive.

« -est-ce toujours une question de choix ? »
— Oui.
Regarde la carte et choisis.
Faut pas laisser faire le hasard, sinon il prend la grosse tête ce con.


Mungo il décide de poser son menton entre ses mains. Ses doigts, ils se collent à ses joues qui piquent un peu, il les laisse danser sur la petite barbe, il les amène jusqu'à sa bouche et il ronge. C'est mécanique comme une orange, il y peut rien.

— Devinette ! Je suis de quelle couleur ?

Ça s'adresse aux trois autres, alors il les regarde. Un à une à um. Mungo il a les yeux qui restent collé sur le premier en particulier. Il sait pas pourquoi. Il fait bouger ses pieds dans ses chaussettes, ses chaussettes dans ses chaussures, ses chaussures sur le parquet chaud, le parquet chaud dans la berceuse qui résonne, qui se mélange au jazz, qui se mélange au prénom que Mungo aurait voulu avoir, qui s'enroule autour et qui repart au début, plusieurs phrases en haut, à gauche. Mungo, il se force à lâcher ses ongles. Il enroule ses bras autour de son ventre et il écoute. Les oreilles de ses bras écoutent. Elles écoutent les gargouillis et la digestion qui explose en mille symphonies. Mungo il s'écoute se digérer lui-même.
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Re: [Salle Spéciale] Le Piano-Bar

Message par : Invité, Ven 01 Déc 2017, 14:13






Pour Jude, Malena & Mungo

Il y eu un temps,
Il y eu un moment,
Il y eu un passant.

Dans une boucle éternelle et musicale, le micro-cosmos de cette salle spéciale venait de reboucler sur elle-même. Là, c’était la même mesure que Fa jouait. Mais ça faisait partie du morceau, fallait suivre la cadence. Dodeliner de la tête, du bout des chaussures vernies, le cigare entre deux lèvres minces et viriles, avec la moustache lustrée qui surplombe le tout. Vêtu de son humble sobriété de robe à col roulée noire et de sa longue cape d’ivoire, Pius n’avait pas de moustache. Pourquoi pas après tout. Mais pour l’instant, ce n’était que des joues et un menton qui n’avaient pas été rasés depuis deux-trois jours. Qui sait ? C’était peut-être des poils tout aussi bouclés que sa chevelure ou son esprit ?
Quiétude implacable dans la contemplation d’une comète qui s’envole et s’arrête au comptoir. Puis, la réminiscence d’un dragon avalant un soleil. De la projection du Chaos qui s’étale sur tous les murs comme de la peinture. Quelque chose d’excitant.

« - Vous pouvez choisir, de ne pas faire de choix. Au moins, là, vous restez actant. Vous n’êtes pas juste des passants dans votre Existence. Car être passant, c’est donné l’entièreté de son être, par sa main, à un autre. C’est être méduse entre les vagues, soumises aux marées. Un temps, celui du jazz. Vous pouvez aussi choisir de prendre votre temps, pour faire un choix. Après tout, Chronos n’ayant pas d’âge, il ne peut passer la limite temporelle de cette salle. »

Une note, grave, d’une mélancolie d’ivoire sous des doigts fripés. Le sien, de doigt, n’est plus fripé depuis longtemps lorsqu’il se plaît à prendre des bains de plusieurs heures. Son doigt n’est plus, c’est un ectoplasme, amputé de deux jointures, cet index droit. Mais son ombre tapote le comptoir, observant les mains des trois individus. Celles visibles et invisibles. Ça en fait six, c’est un beau chiffre. Mais le trio devant ses yeux de lac est beau. Il aimerait avoir la possibilité de les contempler avec plus d’insistance.
Avoir l’impression de pousser les rideaux rouges d’un conatus interdit. Et chercher, encore plus loin, encore plus profondément dans les êtres. Se faire psychologue, pour ne pas tricher en lisant les esprits. Faim qui se réveille et qui ronronne à la perspective de la découverte, tandis que la figure demeure gentiment affable.

« - Couleur rouille, celle de la débrouille. Ça vous colle bien à la pulpe. Mais si y’a besoin de changer de couleur, je peux vous apporter du détergent. »

Malice du regard et attente goulue.
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Jude Werther
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Re: [Salle Spéciale] Le Piano-Bar

Message par : Jude Werther, Sam 02 Déc 2017, 19:33


le grin suave du saxo arpente les escaliers
ses glissandos embrassent les neuvièmes augmentées
ça respire la bouffée de fado du pavé
nonobstant son soleil s'est ennuyé
et c'est la neige, dehors, qui s'est dévoilée

elle est à la nouvelle orléans dans les années vingt
Fitzgerald d'un oeil perçant bois son verre de scotch.
il nous suffit d'un battement de paupière pour l'entendre nous dire
d'une voix ancrée : « Il faudrait comprendre que les choses sont sans espoir, et être pourtant décidé à les changer. » Son visage s'arrête et c'est comme si le temps s'était figé. Puis il regarde, ennuyé, l'air du vide, et porte une dernière gorgée à sa bouche. Nous n'ajoutons pas un mot. Ils sont inutiles, car il a tout dit. Il nous suffit de pencher la tête et acquiescer gravement de la tête, porter la cigarette à la bouche et, yeux mi-clos, laisser le temps faire ses roulades.

Laisser tes spirales l’enlacer
La plonger dans ton immensité
Enlisée dans ton nuage volupté

Osmose contre l’ébène fièvre
Ta brume s’échappe de ses lèvres
Retombée contre son vide mièvre

Des mots un peu plus à sa portée la démêlent de sa vision onirique.
C'est alors qu'une pluie tombe.
Une pluie tombe. Elle regarde par la fenêtre. Il neige toujours, ses flocons semblent doux et sucrés comme de la chantilly, qui lestement se dépose dans un chocolat liégeois. Mais elle a entendu son clapotis ; une pluie secouée qui s'est arrêtée aussi vite qu'elle est apparue, une apparition trouble gommée.

Trois pantins se plantent là et elle voit leurs fils, leurs fils qui remontent jusqu'au plafond, et qui même le transperce. Farouchement tentée qu'elle est de passer sa main au travers, elle reste simplement à les regarder de ses yeux paumés, sans savoir s'ils font partis de la musique, des années vingt ou du chaudron baveur. Elle se demande même si elle leur est visible, si elle leur paraît en chair et en os, si elle ressemble d'avantage aux fantômes qui arpentent la salle, ou même si elle fait partie intégrante de l'espace qui recèle de particules invisibles à nos yeux d'humains binoclards.

Mais quelque chose la réveille, quelque chose la pique, et alors qu'elle était comme anesthésiée, qu'elle était décor ambiant et bouche cousue, d'une opacité de quinze tout au plus, elle sent sa peau et ses couleurs se raffermir et ses yeux se rouvrir. Elle découvre alors le visage et des yeux troublants, et quelque chose dans la voix qui parle, quelque chose qui tressaute, qui danse, aussi, comme le Tage qui vient et repart, son eau salée vient se jeter contre la construction de pierre, où sont dessinés pura poesia.

« Et comment ne pas succomber à l'alléchante invitation à se laisser porter par les vagues, bercer par son souffle indolent ? »Elle sursaute machinalement, surprise elle-même par ces mots qu'elle a prononcé de vive voix et qu'elle désirait garder cachés, gardés au fond, réservée des mots qu'elle est. Son ébauche de pensée s'emmêle dans ses noeuds, et comment alors dénouer ce fatras de face à ces trois ombres ondulées ? Elle toussote. En toussotant, elle remarque la pluie dans une âme à la chemise serrée. Éclair d'un instant elle a une impression de déjà-vu, impression de déjà vu qui s'éclipse et se fait oublier, un halo qui se vautre - la pluie. Elle sent leur regard qui lui brûlent le visage. « Au plaisir de la lenteur, sans toutefois se faire attraper par la faucheuse trop vite.

- arrêt.
pause.
pause sur le temps, pause sur le temps : tout est figé. tout est figé.
Et Jude réalise avec grand soulagement que ces mots jetés à la dérobée n'étaient pas sortis. Moi aussi.
Ses cordes vocales étaient muettes, fluettes. Empourprée cramoisie comme une tomate pas mûre, elle se contente de hocher de la tête, et de sourire à ce grin de la pupille qui se révèle imperceptiblement chez le barman.
Elle vient plutôt dire « Je vais vous prendre le Jana Masterbomb. »
- moi, égocentrée ?

Et le temps nous échappe. Le plus gros avec notre existence, c'est de ne pouvoir la vivre qu'une fois. Chaque choix a sa conséquence et entraîne une ribambelle de dégâts collatéraux qui nous sont invisibles, repoussent des possibilités infinies aux portes closes. On vient couper nos fils à chaque inspiration, à chaque mot, à chaque direction prise dans un bout de rue. Jude se tourne et perce ce bout d'homme qui l'intimide par le frétillement et l'énergie presque féroce qui émane de tout son être. La réponse lui paraît alors évidente :

« Je dirais rouge écarlate ; le rouge des flammes ardentes, même. »

La présence d'Ecarlate l'intrigue.
Je ne sais pas pourquoi cette image lui vient alors à l'esprit, mais Jude tente de l'imaginer chialer. Elle le voit dans un torrent de larmes, elle le découvre recroquevillé et l'ombre de son regard se révéler. Cette vision vient alors souffler sur la peur qui s'était emparée de sa poitrine. En relevant la tête elle parvient à éprouver une curiosité qui se révèle dans son regard.

Mais est-ce toujours une question de choix ?
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Malena Kane
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Re: [Salle Spéciale] Le Piano-Bar

Message par : Malena Kane, Mer 06 Déc 2017, 14:51


— Oui.
Regarde la carte et choisis.
Faut pas laisser faire le hasard, sinon il prend la grosse tête ce con.


C’est agréable les grossièretés. Ça écorche le palais des mots trop respectueux, ça brutalise le silence des conversations aseptisées. Tout ce que tu n’aimes pas en fait.
Écrire l’oralité, ça aussi c’est sympa.  

Cette question de choix a attiré des lucioles. 1, 2, 3, 4, vous voilà dans l’intimité d’un soir d’hiver, dans la lumière tamisée et fumeuse des cigares et cigarettes. La tienne est presque éteinte. Tu en prends une autre. Que tu finiras tout aussi vite. Et tu en prendras encore une autre.

— Devinette ! Je suis de quelle couleur ?

Rouille de la débrouille. Rouge écarlate qu’on lui répond. Je suis de quelle couleur ? Tu le regardes, silencieux-se. Tu gardes encore le silence, incertain-e, sans trop de réponses, sans réponse, ou avec mille réponses dans la tête, tant de réponses que tu ne sais laquelle choisir.

Un goût d’agacement se joint à l’odeur brulé du tabac. Rouille de la débrouille. Rouge écarlate. Des réponses. Des avis. Es-tu agacé-e par ces réponses définitives, ces cases trop étroites pour toi, ou par l’incompétence de ton esprit à faire des choix ? Si tu avais laissé les mots sortir, tu en aurais dit des couleurs.  Par dizaines, par centaines, par millier, comme des perles d’un collier, tu en aurais dit sans t’arrêter, comme une valse éternelle.
Un deux, un deux trois, un deux trois, un deux trois.

Mais tu ne dis rien. Colère.
Fatigue.
Mais ton cœur est bloqué. Colère.
Comme le mien, parfois, souvent. Colère.
Je comprends pourquoi on est si bien ensemble. On est les deux béquilles d’une seule âme qui vacille qui presque tombe et continue de tenir debout.

Tu aspires la moelle de ta cigarette avec les dents de tes poumons. La cigarette crie, crisse, frémit, comme les roues sur les rails d’un train. Tu aspires la moelle de ta cigarette avec les dents de tes poumons et les jambes de tes entrailles te crient de partir, de courir loin, furieusement. D’aller bouffer la nuit ailleurs. Car malgré ces âmes sublimes, tu n’es pas à ta place.
Alors viens. Ouais, viens. Viens.

Viens,
...................on se
.......................................casse.



Malena s'en va.
En laissant sur le comptoir une cigarette presque éteinte.
Et de quoi payer ce qu'yel a consumer,
ou consommer, au choix,
voir un peu plus.
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Mungo Gunn
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Re: [Salle Spéciale] Le Piano-Bar

Message par : Mungo Gunn, Mer 20 Déc 2017, 01:34


Mungo, il se sent tout p'tit à côté des titans qui habitent l'espace. Il a comme, pas trop l'impression d'être bien, là. C'est un chien sale entouré de léopards qui s'entortillent les pattes dans un étirement gracieux. Mungo, il s'étire pas gracieusement, il lève les bras dans les airs, laisse planer sa clope, grimace la face en raisin sec, pis fait retomber ses mains sur le comptoir. Il a pas l'habitude d'se raser de près, il observe les poils sur son bras, tire dessus, les brosse dans l'bon sens, pis dans le pas-sens du poil. On répond à sa devinette alors même qu'il commence à oublier c'qu'il avait demandé. Le mec derrière le comptoir lui propose du détergent. Il fait un grand sourire, ça tire sur ses lèvres sèches, elles gercent.
— J'vais plutôt prendre un verre d'Canadian Whisky, s'vous plait.
Pis celle d'à côté lui donne une autre réponse, il l'étudie, y pense un peu, parce que le rouge écarlate, on s'l'approprie pas comme ça, faut savoir le porter comme il faut. L'écarlate, c't'un animal sauvage, faut arriver à l'dompter pour pouvoir lui monter dessus. Mungo finit par hocher la tête. Pis ciel qui parlait de choix s'en va. Iel a l'air d'emporter un p'tit bout de chaque corps qui déboule là. Mungo lea regarde filer sans un mot, iel fait traîner d'la fumée de dragon derrière iel. Mungo trouve que c'est pas commun, c'est joli, pis il se retourne vers les deux qui restent là.
— Fin d'la devinette.

Il baisse la tête sur ses genoux, il a soudain un peu le vertige, le vertige de celui qui sait plus quoi dire. Y'a que des océans d'choses pas importantes qui lui traversent l'esprit, il les retient comme un fiel dégueulasse dans sa gorge. Faut pas qu'ça sorte, il se bâillonne avec une autre cigarette et fume, fume, ronge, ronge aussi ses ongles. Il est rendu au majeur gauche, il continue de gauche à droite, il lui en reste sept. Mungo, il se rend compte qu'il a pas dit si la rouille ou l'écarlate, c'était des bonnes réponses. Ça n'a pas trop d'importance, il en a aucune idée de toute manière. Il est juste genre, comme un p'tit gars qui triche et qui offre rien en retour. Faut lui donner la solution, ensuite il part en courant.
— Je sais pas c'que c'est la bonne couleur. Il soupire un peu, énervé d'jamais rien savoir. Il s'met l'menton dans la main et le regarde lui, la regarde elle, leur donne des couleurs dans sa tête pour arriver à sourire comme un gamin. Il colorie avec des feutres, ça fait des p'tites étoiles dans ses yeux, comme quand il ouvrait des livres et qu'il faisait le bruit de chaque animal. La vache, la poule, le chien. Le chien, il beugle des obscénités quand il a trop bu.
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Re: [Salle Spéciale] Le Piano-Bar

Message par : Invité, Sam 23 Déc 2017, 16:20


Toutes mes excuses pour le retard. Jude, je t'offre ta consommation, pour m'excuser !





Pour Jude & Mungo


Un relent d’effervescence. Et, comme un phénomène : l’apparition se mue en disparition. Pas le temps de consolider les acquis. Oui, évanescence, dans le fond d‘un verre à bulle. Le jeu des cristaux fait entendre sa musique, et tout autour, l’ambiance a la profondeur d’un chêne. Un calme presque irréel. Presque de trop. Comme si tout s’était figé dans l’ambre. Peut-être le cas. Celui des cœurs, en tout cas.

Petit sourire à la demoiselle, la seule, un peu contrit : « - Navré, mais en réalité, votre choix est conditionné. Ici, vous ne pouvez commander que ce qu’il y a d’indiqué sur la carte. C’est une salle spéciale. » Du coup, pas de Folies. C’était différent. Conditionné ou pas, question de respecter une éthique.
L’autre, rouillé près de ses dents en conserve, l’a bien compris. Alors, lui, derrière le zinc, lui sert le whisky à l’érable. Quand on disait, plus haut, que ça semblait figé dans l’ambre. Peut-être une larme de roche perdue.

Il lui dépose son verre, une petite serviette. Fa joue sa mesure, et un cigare est proposé. Le commerce, ça donne l’ambiance.


Commande:
 
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Re: [Salle Spéciale] Le Piano-Bar

Message par : Azphel, Lun 26 Fév 2018, 14:42


RP Ayaz

Mine


Le samedi était un jour particulier pour beaucoup de monde. La plupart des gens profitaient de leur week-end pour se détendre ou se relaxer, ou voir des amis ; d'autres passaient l'essentiel de leur journée à préparer leur soirée, pour célébrer comme il se doit un événement planifié dans leurs petits papiers depuis longtemps. Aya et Azphel jouissaient, eux, d'un jour de repos bien mérité. L'écossaise travaillait suffisamment chez B&B pour connaître la valeur de ces jours de repos passés l'un avec l'autre.
Elle avait gagné le centre de Londres pour le goûter, Azphel prévoyant de la rejoindre un peu plus tard, après un détour par le Ministère de la Magie pour affaire personnelle.
Il prit la route du Chaudron Baveur alors que les dix-sept heures s'annonçaient.

Cela faisait longtemps qu'il n'avait plus mis les pieds dans le célèbre bar, et ce n'était pas faute d'être proche de Londres. Mais si Aya et Azphel vivaient en périphérie de la capitale anglaise, ils ne raffolaient pas pour autant des distractions qu'elle proposait. Bien qu'aujourd'hui, ils s'étaient tous les deux habillés convenablement et avaient prévu de prendre un verre au célèbre bar qui reliait le monde des moldus à celui des sorciers, avant de partir faire un tour dans l'euphorie de la ville, sans réel plan en tête.
Emmitouflé dans une longue cape noir, le mage franchit la porte du bar en frissonnant. La vague de froid qui s'abattait sur le pays lui sciait les os, et la tiédeur du Chaudron Baveur était salutaire. Une expiration grisâtre le précéda, et il s'arrêta dans la salle principale, le regard cherchant sa moitié. Une jolie blonde dans une robe noire, perchée sur des cuissardes à talons, ça ne devait pas passer inaperçu.

Azphel se frotta les mains pour se réchauffer, ignora le sourire poli qui venait de derrière le comptoir, et fit quelques pas dans le bar. Après avoir constaté que la sorcière ne s'y trouvait pas, il se dirigea vers l'entrée du piano-bar, cachée derrière un portrait. Il caressa de l'index le nez de la cuisinière qui y était peinte, et le tableau pivota pour le laisser entrer, laissant s'échapper des notes de musique douce. Une sérénade de piano accompagna l'entrée du mage noir, ses émeraudes d'abord happées par la scène en fond et le pinao éclairé par des lumières feutrées, sur lequel s'exerçait habilement un elfe de maison. Autour de la scène d'artiste, des canapés noirs permettaient une écoute tranquille et isolée de tables voisines. Un cadre à la fois détendu et relativement intime.

Un sourire étira la mâchoire carrée du sorcier quand il reconnu la chevelure de sa chère à tendre, sa cascade de cheveux blonds étirée en une queue de cheval qui dégageait son long cou. Le sourire d'Azphel diminua en constatant qu'une personne était assise avec elle sur le canapé, vraisemblablement un homme, et qui ne montrait aucune pudeur dans leur proximité. Peut-être là quelqu'un qui la connaît ? Le mage noir s'approcha et entendit la conversation qu'ils entretenaient. C'était l'homme qui s'exprimait, dans un timbre de voix un peu rugueux, mais qui forçait les intonations mielleuses :

- Je travaille sur le Chemin de Traverse moi aussi, je gère l'approvisionnement d'animaux magiques pour la boutique de Mr Elensar... Je suis presque sûr que l'on s'est déjà croisé, il y a des personnes que l'on ne peut pas oublier...

Azphel ne dit rien, arriva sur le côté du canapé alors que l'homme (un parfait inconnu pour elle, il en était sûr) et sa chère et tendre occupaient le centre. S'il attira le regard de l'importun qui tentait d'obtenir les faveurs de sa compagne, il l'ignora parfaitement, ôta sa cape qu'il plia soigneusement et qu'il posa entre lui et l'homme, et s'assit silencieusement, comme pour signifier qu'il ne souhaitait pas les déranger, et observa l'elfe pianiste dans ses oeuvres.
Il avait noté l'apparence proprette de l'individu, sa taille moyenne mais bien servie par une carrure évidente, son âge proche de celui d'Aya, ses cheveux bruns ébouriffés, son sourire trop prononcé à l'intention de la sorcière et ses yeux bleus qui la dévoraient sans se cacher.
- Je peux vous offrir un autre verre ? dit la voix de l'inconnu, rieuse et charmée.
La mâchoire d'Azphel se contracta. Un autre ? Depuis combien de temps lui faisait-il du rentre-dedans ?
D'un regard en coin, il vit le cocktail que l'homme buvait aussi, un mélange à base de whisky... Le lycan serra les poings, et fit mine de ne s'intéresser qu'à l'ambiance musicale du piano-bar.

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Aya Lennox
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Re: [Salle Spéciale] Le Piano-Bar

Message par : Aya Lennox, Lun 26 Fév 2018, 15:20


Ayaz

Ils s'étaient donnés rendez-vous en ville, pour le plus grand bonheur de la sorcière. Leurs sorties n'étaient pas rares, mais pas fréquentes non plus. Elle aimait le retrouver, l'attendre également. Comme à l'occasion d'un rendez-vous secret.
Il était toujours amusant de se préparer pour lui, repasser une large couche de mascara sur le voilage de ses longs cils et enfiler ses bottes hautes, péchés mignons du mage. Elle savait que même habillée le plus simplement au monde, ou d'un sac de pommes de terre, il l'aimerait toujours. Mais Aya aimait beaucoup trop séduire, encore et toujours son amant, pour se laisser aller et passer à la trappe la phase de préparation.

Ses pas l'avaient tout naturellement menée vers le Chaudron Baveur, qu'ils n'avaient pas visité tous les deux depuis une certaine soirée d'Halloween. Cela remontait déjà à de nombreux mois mais se retrouver autour d'un verre était toujours salvateur. Encore plus avec, pour seule compagnie, quelqu'un de particulier.
Malheureusement, elle n'était pas restée seule très longtemps. Le Piano Bar n'était pas désert et très vite, un jeune homme avait décidé de lui forcer compagnie. C'était bien sa veine. Elle était certaine qu'Azphel n'apprécierait pas.
Pour autant, Aya pouvait être assez perfide et appréciait d'alimenter comme elle le pouvait le désir. Si Azphel déboulait à ce moment-là, elle s'amuserait beaucoup de la situation du squatteur. Et de la possessivité du mage.

Sa tactique était simple : elle ne dirait rien, ou plutôt pas grand chose. Elle préférait éviter de passer pour une potiche. Confortablement installée sur le canapé, yeux rivés sur ce nouveau moucheron dans sa toile, la blonde écoutait patiemment le discours tiède qu'il lui servait. Mais aussi la douce mélopée orchestrée par les doigts de l'Elfe. Ses yeux dérivaient d'ailleurs aussi bien sur l'instrument et son virtuose, lorsque l'ennui se décidait à la gagner.
- Merci, susurra-t-elle lorsqu'il lui proposa un autre verre. Mais j'attends quelqu'un.
Son sourire s'élargit à peine, et Aya retint un soupir. Azphel était en retard, et elle était obligée d'endurer ça. Pour la peine, il paierait son manque de précipitation par la vue de sa belle en moyenne compagnie. On était vengeresse ou on ne l'était pas.
- Vraiment ? Ne me dites pas que vous êtes prise. Ce serait vraiment du gâchis.
Elle rougit à peine. En fait, sa paupière gauche frétilla légèrement. Si Azphel entendait ça... Un nouvel amusement étira les lèvres de la jeune femme. Le pauvre ignorait ce qui l'attendrait, si d'aventure le mage apparaissait. Mince, le bougre avait pris son sourire pour un encouragement.
- Et puis...
Il en profita pour se montrer un peu tactile, geste qu'Aya repoussa délicatement.
- On peut bien s'accorder un peu de bon temps, non ? Un verre et plus si affinités n'a jamais fait de mal à personne.
Bon, cette fois-ci, Aya en était sûre, même célibataire, elle n'aurait jamais posé l'oeil sur ce type. Elle n'avait cependant pas remarqué que sur le canapé, à l'opposé de son champ de vision, une troisième entité avait rejoint leur conversation.
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Re: [Salle Spéciale] Le Piano-Bar

Message par : Azphel, Jeu 01 Mar 2018, 17:33


Le regard résolument concentré sur l'elfe artiste, Azphel n'échappait pourtant pas aux remarques tendancieuses de l'homme qui s'était invité au bras de sa compagne. En réalité, ce mécréant ne le savait pas, mais il s'était moins invité à la cour d'Aya qu'il ne s'était ajouté à la longue liste d'insignifiants coureurs... Un verre ? Et plus si affinité ?

- Je te propose de sortir d'ici sur tes deux jambes, et plus si affinité, marmonna Azphel.

- Pardon ? questionna l'homme qui daignait enfin lâcher Aya du regard.
- Je disais que peut-être, le bon temps que vous évoquez, n'a pas la même signification pour elle.
- Et qui êtes-vous pour savoir ça, son frère ? Je pense sans vouloir vous offenser que vous ignorez tout de ce que pense une femme aussi charmante que mademoiselle.
*Son frère ?*

Aya souriait comme elle pouvait à l'inconnu ; il était compliqué pour Azphel de savoir si elle jouait le jeu de la jeune femme neutre en l'ignorant lui ou si elle attendait d'être sauvée de ce moucheron beau-parleur.
Le jeune homme s'était retourné vers Aya, n'ayant en rien limité leur proximité, ce qui agaçait crescendo le mage noir. N'avait-il pas compris que le lycan assit à côté de lui était la compagnie qu'Aya attendait ?

- Dites-moi, demoiselle, questionna l'étranger, quel genre d'homme trouvez-vous le plus charmant ? Cet inconnu irrespectueux qui vient nous déranger, d'apparence froide et austère, ou un jeune homme comme moi au sourire naturel, amusé, et mes idées un peu plus ouvertes, prêt à m'amuser...

Ce c*n souriait à Aya comme s'il croyait qu'elle pouvait être le genre de femme intéressée... S'il n'avait pas assisté au début de leur discussion, Azphel devinait qu'il n'avait pas dû mettre longtemps à dire quelque chose de rédhibitoire à l'intention de la sorcière.
Mais pour le moment, le type ne semblait pas comprendre qu'Aya et l'inconnu étaient ensemble, et même s'il venait à percuter, Azphel doutait qu'il partirait en toute simplicité. Le fait de se comparer au mage noir avait l'air de beaucoup l'amuser, mais s'il continuait ainsi, il n'allait pas tarder à consacrer son temps libre à retrouver ses dents sur le sol.

Restait qu'Aya paraissait se suffire de la situation. Pas nécessairement qu'elle se plaisait de la compagnie de l'homme, mais elle faisait avec, peut-être sa manière de reprocher à Azphel son léger retard, ou de provoquer sa jalousie et son désir - et elle était très douée pour ça. À la réflexion, le mage se dit qu'il aurait du s'asseoir à côté d'Aya et jouer le jeu du parfait inconnu, pour la draguer en ignorant parfaitement l'archétype du beau gosse qui s'était déjà lancé dans une vaine entreprise.
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Aya Lennox
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Re: [Salle Spéciale] Le Piano-Bar

Message par : Aya Lennox, Mer 07 Mar 2018, 12:12


Il semblait être arrivé entretemps. Ou alors, Aya avait fait semblant de ne pas le voir. Elle ne savait plus vraiment, mais désormais, il était très clair que la colère et la jalousie du Loup avaient été réveillées. Ce qui était indéniablement très intéressant pour la suite des événements, et pour sa satisfaction personnelle.
Savoir provoquer le désir. Oui. Le désir d'avoir, de posséder, d'appartenir. C'était drôle, c'était bon et ça se répercutait sur les murs, dans les notes de piano sous le passage des doigts effilés, le tintement du verre contre la lippe. Ces spectacles là étaient encore plus enivrants que le nectar qui coulait le long des gorges.

Azphel avait pris le train en marche, et défié le jeune homme et ses idées bien arrêtées sur la situation. Donc, il croyait vraiment avoir ses chances. Pauvre fou. Aya retint un sourire derrière ses doigts recourbés, rencontra un instant les émeraudes pour mieux s'en détacher. Le regard du mage était presque fugitif. Un reproche face au silence de la jeune femme.
On lui avait posé une question. Tiens, on s'intéressait à ce qu'elle voulait désormais ? Elle avait pourtant eu droit à bien des figures imposées, jusqu'à présent. Mais apparemment, son avis était devenu important. Attention, calmez les palpitants. Elle aimait bien trop abuser des mots et des intonations.
- Sans aucun doute celui qui sait percevoir le désintérêt. Et attiser le désir comme il faut. (regard appuyé sur le sorcier, non, pas lui, celui à l'autre bout du canapé qui hantait ses nuits) Je vous laisse donc deviner.

Il avait un petit peu compris le principe de la chose. Et il dévisagea la jeune femme, un peu étonné. Et puis, le dégoût prit sa place. Aïe, c'était presque douloureux. Aya se mordit la lippe, pour éviter de se trahir en un rire un peu trop moqueur.
- Tu as pris ton temps, mon amour, ajouta-t-elle d'un ton doucereux à l'adresse d'Azphel qui, bien que toujours énervé et guettant la réaction du sorcier qui s'était imposé dans leur rendez-vous, semblait ravi de la réaction de sa compagne.

Entre eux, ça fulminait. Ils s'étaient bien foutus de lui. Pas très longtemps, mais il avait suffisamment espéré pour être très déçu. L'humiliation, décidément, c'était assez difficile à gérer. Surtout quand on avait un ego aussi gros que sa pomme. La sorcière eut presque pitié de lui. Pitié qui se calme rapidement lorsque leur nouveau jouet se redressa et décréta, tout violet :
- Espèce de p*tain.
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Re: [Salle Spéciale] Le Piano-Bar

Message par : Azphel, Ven 09 Mar 2018, 12:20


Patiemment, le mage noir regardait l'elfe sur la scène, qui savait jouer de ses doigts, les utilisant pour faire vriller dans l'air une mélodie agréable. D'ordinaire, le sorcier détestait ces créatures, répugnantes d'aspect, agaçantes quand elles parlaient ; il n'y avait bien que les sorciers adeptes de l'esclavagisme pour leur trouver un quelconque intérêt. Celui-ci pourtant réussissait à entretenir la curiosité du mage, de part la passion qu'il mettait dans sa façon de jouer. Et puis, poser son regard sur l'elfe était aussi le moyen d'éviter les yeux de l'autre, qui violaient Aya du regard. Ils étaient tellement nombreux à agir de la sorte, pourtant si inexistants aux yeux de la Belle.

- Sans aucun doute celui qui sait percevoir le désintérêt. Et attiser le désir comme il faut. Je vous laisse donc deviner.
Aya venait finalement de réussir à étirer le visage du mage d'un sourire, et le lycanthrope se détacha de sa contemplation du pianiste magicien pour mieux regarder les changements dans les yeux du sorcier bas de gamme assit entre lui et sa compagne. Oui, c'était jubilatoire de le voir se décomposer, comprendre peu à peu que tous les verres offerts, les belles paroles, ne lui serviraient à rien.
- Tu as pris ton temps, mon amour.
- Oui, j'étais occupé et je n'ai pas vu passer l'heure, excuse-moi chérie.

Oui, là c'était amusant de voir le visage de l'importun valser entre les deux sorciers, se sentir devenir insignifiant, regarder sa mâchoire carrée, si élégamment déployée plus tôt, se contracter, observer ses dents se serrer de déception et de désespoir. Mais alors qu'il aurait semblé à Azphel judicieux pour l'inconnu de partir sans rien dire plutôt que de rester, celui-ci se leva, et octroya à Aya sa plus belle insulte.
Le cou du mage noir se raidit, il inclina la tête et se redressa en un éclair. Le regard de l'inconnu, auparavant charmeur, dévisageait la sorcière comme si elle n'était qu'un objet. Erreur.

La main d'Azphel attrapa le poignet de l'homme, le fit vriller d'un quart de tour, lui arrachant un cri de surprise. Il tira l'homme par le bras vers le bas, et de son autre main s'appuya de toutes ses forces sur son dos pour le plaquer sur la table basse.
- Je ne crois pas non. On ne parle pas comme ça à une femme. Azphel souriait à sa chère et tendre. Excuse-toi.
- Lâche-moi espèce de....
Il ne finit pas sa phrase, étranglé par un nouveau cri de douleur alors que son poignet venait de craquer sous la flexion que lui avait donné le lycan.
- Je te lâcherai, siffla Azphel, quand tu te seras excusé auprès de la dame. Dépêche-toi, où tu perdras plus que ton poignet.

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Re: [Salle Spéciale] Le Piano-Bar

Message par : Aya Lennox, Ven 09 Mar 2018, 14:15


Grisant. Et encore, le mot était faible. Rencontrer les prunelles d'Azphel, à ce moment-là, avait tout de la torpeur érotique relative aux corps qui se cherchaient. Le pauvre était seul face à eux. Rien que ses espoirs pour s'en sortir. Autrement dit, il était foutu.

L'insulte étonna à peine la sorcière, qui se contenta d'un léger haussement de sourcils. Autant tenter de feindre un peu. Les réactions à chaud étaient souvent les plus bêtes. Le manque de réflexion face à une situation, après tout, c'était très humain. Pas pardonnable pour autant, mais Aya savait qu'Azphel se chargerait très bien de corriger la mauvaise graine qui avait infesté leur petit jardin. Elle, aimait devenir spectatrice des erreurs des uns. Et de la colère des autres.

La raideur d'Azphel ne passa pas inaperçue, et bientôt leur joujou termina (entama ?) sa soirée à cheval sur la table basse. Le poignet en proie à un mal uniquement décidé par la force du sorcier fougueux. Bon sang, ça l'excitait un peu, la môme. Les élans de testostérone pure, ça avait du bon parfois. Mais surtout l'instinct défensif prouvé par son compagnon, à maintes reprises. La protéger, la respecter. Personne ne pouvait outrepasser ces règles édictées par l'Homme chargé d'une passion sans limites.
Les pupilles d'Aya s'écarquillèrent quelque peu. Etait-ce un désir instable retrouvé ? Son ventre creusé sous un mouvement de bassin. Oui, le creux de ses reins s'amusait, explosif. Une envie qui, toute nouvelle, l'agitait. La violence des gestes, de l'appel du corps emporté du Loup. Aya, palpitant au bord des lèvres, observait la scène et décroisa la jambe en se redressant.

A quoi jouaient-ils ? A rien, si ce n'était à s'écouter. Son coeur battait dans ses tempes et elle se sentit se relever, animée par un mécanisme assez simple, mais aux rouages bien cachés. Elle s'entendit dire, d'une voix autoritaire :
- Laisse-moi faire.
Elle ne savait pas vraiment. Si c'était elle, ou si quelque chose animait sa silhouette de poupée de chiffon. Mais elle avait pris le poignet d'Azphel entre ses doigts, comme si elle voulait qu'il relâche sa prise.

L'homme put se détendre quelques instants. Mais pas très longtemps. Le pied d'Aya, serti d'un haut talon, se posa délicatement sur le dos de sa proie. C'était pas franchement pour lui venir en aide qu'elle avait arrêté son amant. Plutôt, au contraire, pour apposer sa patte à leur nouvelle occupation de la soirée.
Autour, le piano continuait, mais l'agitation s'était un peu créée. Pour autant, il n'arrivait aux oreilles de la blonde que la douce mélopée qui berçait l'ensemble des corps. Elle préférait se concentrer dessus que sur toute autre chose, les chuchotements fébriles, la possibilité qu'on les dégage d'ici.
- On m'a donné bien des noms, susurra-t-elle en enfonçant un peu plus la pointe dans les chairs de sa victime. Mais je ne pense pas que mon absence d'intérêt pour vos petites affaires ne justifie un tel sobriquet.
Un petit hoquet de douleur s'était échappé de la gueule du type. Oui, ce n'était pas un massage dans les règles, qu'elle lui offrait là. Le poids du pied, et du corps sur une si mince barre était même assez douloureuse. La peau semblait se tendre, s'éclater quelque peu sous la pression maintenue du pied de la diablesse, qui savourait son emprise.
- J'entends pas, ricana-t-elle alors qu'un son étouffé s'échappait de là-dessous. Plus fort, s'il vous plaît.
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Message par : Invité, Ven 09 Mar 2018, 18:25






Pour Ayaz & PnJ


Jazz, hymne d’Hypnos dont les notes languissantes et rythmées croisaient les tapotements dextre de Fa. Souvenirs voilés, bien moins présent depuis l’acquisition de la pensine. Depuis que la mémoire s’est transformée en récit. Les fragments sont à collecter, mais c’est une autre histoire. Car celle qui était en train de s’écrire, là, sous la lumière tamisée, la fumée des cigares et les effluves des alcools d’ambre, avait revêtue des tonalités plus franches, plus marquées par le doigté. Avec quelque chose comme des rapports de force. Un dynamisme qui avait du mal à se conjuguer avec les notes pourtant flexibles de Fa.
L’elfe, imperturbable, continuait de dérouler le soupire d’Hypnos. Mais peu à peu, l’audience semblait être ailleurs, se concentrée sur l’autre mélodie du lieu. Plus retentissante. Plus wagnerien dans ses renversements. Dans tous les sens du terme, puisqu’un client était actuellement allongé sur une table avec vraisemblablement des fissures dans son intégrité physiques. La cousine avait la situation en main, pour peu que le nom du monsieur soit « Situation ». Participant non moins volontaire : Azphel. Ancien directeur de Serpentard. Ça faisait longtemps. Avec le goût de sa pipe à herbes antalgiques, il y avait aussi, celui mêlé, de la nostalgie et de la familiarité. Deux forces visiblement puissantes, l’une plus sauvage, l’autre plus incisive. Comme une toile tissée. Et entre les crocs des deux forces, il y avait le malheureux client, face contre table.

Il aimait le spectacle. Moins ceux qui se donnaient en spectacle. Le sens du commerce était présent chez lui à peu près autant que l’instinct maternel… Mais parfois il lui arrivait d’être lucide.
Il quitta donc son ilot de zinc tant aimé, pour s’aventurer dans la foule, l’air affable dans les bouclettes, pipe entre les gants carmins et le sourire de circonstance : « - Gentl’hoomen, salutations ! Auriez-vous besoin d’une assistance ? »
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Re: [Salle Spéciale] Le Piano-Bar

Message par : Azphel, Ven 09 Mar 2018, 21:29


Las il était. L'intrus ; plaqué sur la table, soumis à la force masculine du mage, toute déployée à lui faire comprendre que considérer Aya comme une vulgaire, une accessible de bonne faveur, était la pire des choses à faire. Maintenant il payait. Comprenait. Pourtant sous l'impact infligé par le mage noir titan, il ne parvenait à dire les mots d'excuses attendus.
Mais la nymphe lui accorda du répit, l'écossaise calmant le loup, prétextant vouloir réclamer seule son dû.

Très bien, le lupin s'écarta, et la féline opéra, écrasant l'irrespectueux de son talon pointu planté dans le dos, tel une épée de Damoclès prête à lui faire payer son langage grossier s'il ne s'excusait. Il allait le faire, Azphel n'en doutait pas, abdiquer et se confondre en plates excuses avant de s'éclipser, mais d'éclipse c'est la vision du sorcier qui fut brouillée. Par l'herbe à pipe de l'aventurier, le danseur des bars, voltigeur entre les tables qui arriva, interrompant la suprématie des amants, l'expression de leur autorité.
C'est vrai, pris d'impulsivité, le couple avait sans doute occulté le fait d'être dans un bar, et si l'heure n'était propice au remplissage de la salle, les règles de bienséance n'en étaient pour autant abolies.

« - Gentl’hoomen, salutations ! Auriez-vous besoin d’une assistance ? »

À la vue de cette connaissance, Aya lâcha sa prise, Azphel se détendit quelque peu, l'intrus s'affala sur le sol avec soulagement.
Le loup-garou souffla, presque désolé de s'être emporté, même si l'autre l'avait agacé et qu'entre le couple une attirance passionnelle s'était fait jour sous cette tension palpable, ces palpitations de désir brut.
- Deux Trere's No Going Back, pour nous s'il te plaît, et un coin à l'écart pour notre ami, dit le mage en désignant l'homme groggy sur le sol. Et prends-toi un verre de ce que tu veux, en souvenir d'un autre temps.
Le visage de l'homme au pied d'Aya était chargé de fureur et de terreur. En comprenant que les deux sorciers connaissaient en plus l'employé venu les servir, son espoir de trouver une âme charitable pour l'aider s'était estompé.

- Désolé Asclépius, je me suis un peu emportée, dit Aya à son cousin, une pointe d'innocence sur son visage angélique.
- Mais c'est terminé maintenant, renchérit Azphel, un regard appuyé vers l'autre pour qu'il se tire.

Ils attendirent que le sorcier en perdition ne déguerpisse avant de se rasseoir côte à côte sur le canapé, la main du mage sur la cuisse de la sorcière, sa main à elle enchâssée à cette caresseuse. Dans un silence muet, ils admirèrent quelques instants le pianiste, imperturbable, qui poursuivait son avalanche mélodieuse.
- Notre soirée commence très bien, commenta le mage, remontant ses doigts sur la jambe de son amante.
- Vraiment très bien, chuchota la sorcière dans le creux de son oreille en guise de confirmation.

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Re: [Salle Spéciale] Le Piano-Bar

Message par : Aya Lennox, Sam 10 Mar 2018, 11:45


Bon, voilà, visiblement c'était passé. En un coup de vent, quelque part. Il avait suffi à Asclépius de débarquer pour rabibocher les entités. Aya débarrassa le dos du prévenu de son talon, le laissant filer à l'anglaise. En toute dignité. D'un autre côté, le voir se frotter péniblement l'arrière-train la faisait sourire intérieurement. C'était un peu pour cela qu'elle n'arrivait pas à être sérieuse en s'excusant pour le brouhaha et le spectacle gratuit. Il les avait cherché et elle espérait qu'il garderait sa belle cicatrice assez longtemps. Même si elle en doutait.

Ses yeux rencontrèrent les traits parfaits du mage qui avait parlé pour eux. Pris les choses en main, naturellement. Dire qu'elle aimait Azphel était un euphémisme. Tout ce qui émanait de lui la faisait vriller dangereusement. Son arrivée était certes passée inaperçue, mais désormais, Aya n'avait d'yeux que pour lui. C'en était fini des abrutis qui pouvaient possiblement la déranger. A cet instant, sa Réalité était toute tournée vers lui. Ça lui suffisait amplement.

S'égarer dans ses bras, un baiser de circonstances. Pointes des nez en retrouvailles. Il suffisait de canarder un peu, à deux, pour oublier le monde tout autour et ses enjeux. Pour Aya, ces quelques secondes de retrouvailles ne se passaient pas vraiment ici. Nulle part ailleurs qu'entre eux. Ils s'étaient très bien dessinés un monde à eux seuls dont les contours ne pouvaient être devinés par les autres. Le jeune homme avait payé les frais de son intrusion. Aucun doute qu'il recommencerait rapidement, avec une autre. Il n'avait pas l'air de se laisser abattre aussi facilement.

Les notes de piano accompagnèrent leur silence posé sur le canapé. Inspirée, Aya laissait courir ses longs doigts sur les avant-bras puissants du mage, qui la tenait maintenant comme poupée désirée. Il n'avait plus à s'en faire : si un autre prétendant traînait dans les parages, nul doute que la piécette précédente avait sonné comme un avertissement. Mais Aya était femme, et fille, et femme-enfant. Savoir que le mage était là, et la tenait en proie comme en trésor, ça lui suffisait. Pas difficile à combler, à ce sujet.
- Tu lui aurais encore fait du mal ?
C'était un peu candide, comme question. Mais elle assumait. Elle avait juste envie qu'il lui parle. Lui rappelle à quel point personne n'avait intérêt à la toucher. La jalousie, ça se conservait péniblement. Jouer avec le feu. Elle, adorait couver cette petite flamme, entre ses longs doigts, et la voir s'éveiller au gré de ses désirs et distorsions d'âme.
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Re: [Salle Spéciale] Le Piano-Bar

Message par : Invité, Sam 10 Mar 2018, 16:58






Pour Ayaz



Il avait le sourire évaporé, comme la fumée colorée de sa pipe. Les bouclettes dansantes aux rythmes des accords, et le regard brillant sur celui qui venait de subir une démonstration de force conjuguée. Entre l’implacabilité sauvage et la justesse incisive. Quelque chose qui se mariait bien ensemble. Il observe, spectateur hors du monde, avant de rediriger poliment Situation vers un coin de table plus à l’écart. Vu les expressions de son faciès, il se tiendrait probablement tranquille. Voire partirait bientôt.
Il fit un léger geste du poignet face aux deux mages : « - Oh ! Ce n’est rien, il n’y a pas eu de casse ! » Le grand sourire, tout en dent, tandis qu’on se rappelle distinctement avoir entendu un craquement sous les notes de Fa. Un détail.

Etait-il indulgent avec le couple ? Probable. Il a de l’affection pour sa cousine, mine de rien, et des souvenirs sympathiques avec l'ancien directeur… Bien que la dernière rencontre, face aux crocs du loup l’ait définitivement convaincu de ne pas aller chercher des noises au mage. Ce que Situation de savait pas. Mais Situation avait l’air de ne pas être quelqu’un de si grand bien que cela, de toute façon.

Dans un dernier mot-sourire, façon : « - Merci ! Je vous apporte ça bientôt ! », le voici parti dans son drapé de cape et de robe, de nouveau derrière le zinc, de nouveau pour concocter. Sauf que ce coup-là, il ne mettrait rien de suspect dans les verres. Simplement la recette : alcool, jus et sirop qui se mariait, là encore, dans de jolies couleur, au rythme un peu plus dansant de la mélodie. Pas de marche arrière, on s’élance dans la danse avec les pieds qui ne s’arrête plus, la passion en cyclone sans œil à fermer. Simplement l’instant présent, à savourer. Quelque chose de délectable, du bout des doigts, du bout des lèvres.
Lui, en retour, pris un verre de whisky au miel. Celui qu’il préférait, parce que ça lui rappelait l’hydromel. Et qu’un petit coup fort était toujours bénéfique après l’ingestion de ses herbes particulières.

Entre deux mesures, le voici, la robe battante, elle aussi, à déposer les cocktails. Le « bonne soirée » qui se fourche en « - Bonne vie ! », avec le sourire joyeux et le départ tranquille, pour ne pas perturber l’intimité du couple. Retour au zinc, retour à l’ilot, à savourer la mélodie par complaisance auditive.


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