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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Académie de Poudlard ~¤~ :: Les couloirs
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Une pièce désaffectée
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Lïnwe Felagünd
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Une pièce désaffectée
Lïnwe Felagünd, le  Mer 30 Aoû 2017, 19:42

Une pièce désaffectée Friori10
Concerto pour un danseur
Une pièce désaffectée Friori11
avec Élius Askin


Musique
Une main râpeuse sur les pans de mur aux pierres froides, le long du chemin. Le long du chemin tortueux. Les yeux - plis d'un rêve à moitié éveillé. Le soleil baignant le couloir de sa couleur chaude éphémère. Il est une chaleur impénétrable dans cette sobriété universitaire. Le sang-mêlé avait pourtant fait une belle trouvaille ces derniers temps. Dans les mystérieux replis du château, c'est qu'il avait de longues jambes et une robe fabuleuse (le château) — en or.

Silence d'argent dans la salle. Une pièce qui jadis, aurait pu servir de cours ou de bureau. Une pièce désaffectée, usée par le temps, délaissée par l'humain. Quelques souris venaient y faire un tour, parfois, autre que ces araignées - peuple de la scène. Lïnwe y était allé pour la première fois il y a quelques jours, ou une semaine tout au plus. Pendant que d'autres se pressaient à la Grande Salle ou en Métamorphose. Lui, avait choisi sa propre liberté lucrative. Et même encore maintenant, il avait perdu la notion du temps.

Il y avait une grande armoire et des bouquins qui s'effritaient.
La porte était toujours à peine ouverte, de quoi s'aventurer de plus bel.
Une table de bois surprenante, gisait à moitié, seule, au milieu de la pièce.

Il y avait un tableau penché, au portrait abandonné.
La fenêtre était brisée, catastrophe artificielle.
Une merveille restait assise dans un coin, attendant qu'on y joue une messe.

— un piano.
Première belle découverte de l'année. Et pas besoin de marcher bien longtemps pour le trouver. C'est vrai qu'il fallait quelque peu l'ajuster. Des octaves qui ne sonnaient pas toujours justes. Mais le cœur y était. Tant de vie circulait en ces cordes poussiéreuses. Il releva le couvercle pour obtenir plus de son, ce que ferait le plus grand des artistes. Ou du moins, ceux qui se peinent à offrir du bien en public, sans y marteler les touches pour qu'on puisse les entendre. Il ne se voyait pas forcément comme tel, même s'il appréciait ses propres improvisations. Mais plutôt comme un élève paumé, avec pour seule compagnie, son piano à queue et sa mélodie que lui dictait son âme gelée.

Élius Askin
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Re: Une pièce désaffectée
Élius Askin, le  Jeu 31 Aoû 2017, 15:02

Concerto pour un danseur
Avec Lïnwe Felagünd
Première danse à Poudlard. 11 ans.




Dans le ventre de l'imposante forteresse éclot le calme déroutant de la feuille blanche. Finalement élève à Poudlard, j'arpente songeur les couloirs incertains de mon avenir. L'entracte entre la répartition et les premiers cours devient un gouffre de solitude ingurgitant mes pas feutrés. Loin des projecteurs et des velours chaleureux du cabaret, la pierre sévère occulte les dernières lumières de la journée et sangle son froid sur ma gorge. L'étouffement augmente en même temps que s'enchaînent les détours inconnus à mes pieds.


Soudain, les notes époumonées d'un piano défiant le légendaire dédale renversent mon cœur. La palpitation familière de l'instrument gonfle mon thorax et dans un sanglot de consolation libère ma respiration. Alors, tout mon corps tendu et immobile se focalise sur la provenance du son. Depuis toujours nourri au sein et à la danse par Maman, j'avance, suspendu au délicat murmure qui anime mes viscères.


Les tempes bourdonnantes d'excitation, j’accélère jusqu'à ce qu'un rayon orangé sur le sol vienne briser le refrain des portes fermées. Tout mon être fendu par l'émotion demeure haletant devant la porte entrouverte. Derrière mes paupières s'évadent les derniers doutes et mes yeux s'ouvrent sur la délivrance imminente. Silencieusement j'abandonne ma robe de sorcier, mes chaussures et le contact froid du couloir pour poser mes pieds nus sur les planches de bois fatiguées de la salle.


Directement à gauche, le piano forme une masse sombre dans mon champ de vision pendant que mes artères se gorgent un peu plus de la musique. Sans pousser d'avantage la porte j'engage mon corps enivré vers le centre de la pièce et laisse mon dos succomber à l'accueil d'une table, incapable de me concentrer d'avantage sur les détails du lieu. À travers mes pupilles dilatées je vois la poussière qui a commencé au plafond son ballet dans les rayons du soleil couchant. Jamais la caresse d'un pianiste ne m'a autant réconforté avant cet instant. Le battement régulier de la mélodie martèle son appel dans ma carotide et accentue ma cambrure tandis que mes doigts débarrassent la chemise trop conformiste.


Désormais vêtu d'un unique pantalon noir, je plaque mes cheveux en arrière à l'aide de mes deux mains dans une ultime inspiration avant de me livrer au musicien. Ma nuque s'étire et mon échine se redresse en proie aux vibrations mélancoliques des cordes pincées. J'ouvre mes épaules vers la lumière et plante mes jambes fuselées dos au piano dans les lames en chêne avant d'étirer lentement les bras au dessus de mes oreilles envoûtées. M'appuyant du bout des doigts sur la table, ma cuisse gauche s'élève jusqu'à mes côtes et j'empoigne mon mollet qui se déplie contre mon front déjà moite. Ainsi en équilibre je savoure la douleur qui brûle mon tendon depuis mon fessier jusqu'à mon orteil. Je suis vivant.


Dernière édition par Élius Askin le Jeu 21 Sep 2017, 18:58, édité 3 fois
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Re: Une pièce désaffectée
Invité, le  Dim 03 Sep 2017, 21:06

Je déambule dans les couloirs du château, laissant mon âme vagabonder de pensées en pensées, de souvenirs en avenir. Les mélodies de mon enfance résonnent dans ma tête, petites comptines, chansons marketings, musiques inventées. Mais voilà que peu à peu s'invite un nouvel air, je réfléchis mais il ne me revient pas. Mon corps se reconnecte peu à peu à la réalité, je perds la légèreté de mes idées et ressent le poids de mon corps à chaque pas. Mon voyage intérieur vient de prendre fin, pourtant la musique reste. Je m'arrête un instant. Non cette mélodie était bien réelle. Tiens une fausse note. Le son d'un vieux piano mal accordé chante jusqu'à moi.

Est-ce là un peu de magie ? Après tout, avec des escaliers et des tableaux qui bougent, pourquoi pas un piano qui joue tout seul... Mais je n'arrive pas à me résoudre à cette idée, j'ai toujours pensé que l'art ne peut naître que de la main de l'homme et que c'est ça qui le rend unique.

Je me laisse guider par les notes, je les suis, je les prends comme une invitation, une invitation à la vie, au bonheur. Je leur cours après mais m'arrête immédiatement. Le son de mes pas gâche le doux murmure de l'instrument, alors je prends mon mal en patience et reprends ma quête sur la pointe des pieds. Puis apparaît enfin au détour d'un couloir une vieille porte entrouverte. Je m'approche doucement, colle mon oreille au mur. Le son vient de cette pièce fantôme. Je m'assois contre le mur et me laisse bercer par la musique, je sais que quelqu'un en chair et en âme est en train de faire glisser ses doigts sur un vieux piano. Je ne veux pas le déranger mais tout de même voler un peu de ce bonheur gratuit. Je ferme les yeux en me laissant envoûter. À ce moment là je ressens quelque chose, une énergie dans la pièce. Non deux. Le pianiste d'accord mais je suis certaine qu'il n'est pas seul. Je me relève et me risque à passer ma tête par la porte.

Il y a effectivement un pianiste, un jeune homme dans le coin de la salle, il paraît habité par la musique qu'il joue, comme si chaque note qu'il joue lui vient naturellement, dans un élan de légèreté et de poésie. Mais quelqu'un d'autre est dans la salle, plus jeune. Le jeune homme est dos au piano, et je ne le vois pas bien. Je me décide alors à entrer, je fais attention à ne pas toucher à la porte qui, vu son état, doit sûrement grincer. J'avance lentement le long du mur et je le reconnais. Élius. L'homme-artiste du train, celui qui m'avait explosé des confettis dans la figure.

Je souris à ce souvenir, et m'assois à nouveau contre le mur mais cette fois-ci face au spectacle. Et je garde les yeux ouverts, la musique me berce toujours mais cette fois-ci, j'admire la souplesse de l'enfant face à moi et me laisse porter par la grâce de ses mouvements.


Dernière édition par Marjorie Lunas le Lun 04 Sep 2017, 21:53, édité 1 fois
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Re: Une pièce désaffectée
Lïnwe Felagünd, le  Lun 04 Sep 2017, 21:23

HRP : Merci pour ton intervention, Marjorie ! (:

Chaque vertèbre, chaque muscle et chaque pensée sont habités par cet engouement musical. Des doigts qui lèchent la poussière, robe des touches blanches - ou plutôt jaunies - et des touches noires. Poète des âmes, inconscience rêveusement divine. Mécanisme humain. Sensibilité. Touché(s) d'une flèche en plein cœur. Il saigne de plaisir. Saigner encore plus, encore. Les veines vibrantes ne demandent que ça. Et parfois, il regarde par la fenêtre, ces quelques nuages de soie qui l'inspirent ; forment des dessins impromptus que le cerveau choisit.

Le plus imposant ressemble
davantage à un navire qu'à un géant

- le bateau qu'il n'a pas su faire naviguer
le radeau abandonné que Leo lui a imposé

on y voit un petit mât
et sa voile tachetée poussée
par le vent bienheureux aujourd'hui.

Souvenirs titubants d'un ami comme parent
où le vin coulait le long des pavés comme ses promesses.

Lueur d'espérance : la porte laisse entrer un nouvel être. Il n'est pas musicien, apparaît comme danseur. Endiablé. Enivré par la musique, un démon. Bien plus que lui ? Il n'aurait jamais été capable de faire ce qu'il faisait avec ses jambes. La chaleur l'emporte, il retire sa chemise et redresse sa tignasse. Lïnwe hésite un instant à conclure — d'une cadence parfaite. Peur de découvrir l'humain. Que faisait-il ici ? Il n'aime pas la foule. Il n'aime pas la foule.

Demi-cadence seulement
il ne peut s'arrêter comme ça
et puis celui-là n'est pas vraiment humain
degré I - IV - V classiques pour le moment
on dirait un oiseau et ses ailes voûtées
se cambrant comme un aiglon dans le nid
et vole à la surface du parquet.

On dirait une statue de marbre des années libertines élégantes.
Sculpteur, artiste et bienfaiteur : où es-tu mécène de la paix ?

Te caches-tu dans ce piano à queue ?
Te caches-tu sous ce tabouret ?
Te caches-tu derrière la porte
— toi qui attends la vertu,
comme cette inconnue ?

Deux notes
par deux
disparaissent

et le silence
pour seul repos
éternel.

_ blanc

Obnubilé par ce petit être, pantin funambule des anges. Avant de s'apercevoir qu'ils ne sont plus deux mais trois ici. « Depuis quand es-tu là ? » demande-t-il sans émotion aucune, à cette fille unique. Posant un dernier instant encore, un regard sur le danseur. Lui aussi, a quelque chose d'unique. Et c'est pourtant bien différent.



Dernière édition par Lïnwe Felagünd le Jeu 07 Sep 2017, 23:35, édité 1 fois
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Re: Une pièce désaffectée
Élius Askin, le  Mar 05 Sep 2017, 15:25

Concerto pour un danseur
Avec Lïnwe Felagünd et Marjorie Lunas
Première danse à Poudlard, la suite. 11 ans.




Chaque pulsation retenue de l'instrument dépossède mon armure d'un bouclier et m'expose un peu plus à la frappe suivante. Ses accords pénétrants brisent les masques alors que mon corps rompu s'évapore dans la mousseline dorée formée par le soleil mêlé à la poussière. Aveugle, fiévreux, j'inspire les notes qui s'espacent de plus en plus pour exorciser les mouvements libérateurs. Encore une série d'impulsions et enfin les langues de bois rugueuses lacérerons mes pieds. Mais le pouls de la musique s'évanouit, et le pianiste me condamne soudain à l'inertie.


Le silence me suspend par la gorge et je demeure quelques secondes essoufflé, sentant encore l'empreinte sourde des marteaux se diffuser dans ma chair. Un sentiment encore inconnu crispe ma mâchoire et me projette dans un coin comme une braise expulsée du feu. La frustration comprime pour la première fois mon visage, serre mes poings et se répand en crépitant dans tout mon sang. Debout contre la pierre, mes paupières s’abattent devant le hurlement intérieur provoqué par cette souffrance nouvelle.


Quelques mots éloignés n'arrivent pas distinctement jusqu'à ma tête renversée vers le plafond. Le talon droit blotti dans la concavité du pied gauche, je n'aspire à ce moment qu'à danser. Je croise mes bras tremblants sur mon buste pendant que dans ma bouche afflue l'amertume de m'être ainsi livré au musicien.


Dernière édition par Élius Askin le Jeu 21 Sep 2017, 18:58, édité 1 fois
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Re: Une pièce désaffectée
Invité, le  Mer 06 Sep 2017, 01:04

Les notes s'enchaînent, les mouvements suivent. Et mon imagination s'en mêle. Si cette scène était une saison, ce serait l'été. Énergie, vie, chaleur. Si c'était un livre, ce serait une histoire d'aventure. Surprise, émotions, adrénaline. Si c'était un dessin.... Ce serait un croquis. Simple, efficace, lisible et pourtant si rapide ; quelques hachures, quelques traits appuyés, une arrondie, et une autre ici, là une petite estompe du bout du doigt amenant à la fois de la légèreté et du mouvement au dessin. Oui. Cette scène est un croquis, dont personne ne connaît l'objectif. L'ébauche d'un projet plus grand ? Ou peut-être seulement une petite touche instantanée, où les sentiments s'emballent et laissent glisser le crayon sur la feuille.

Le danseur, c'est le dessin. Mais le pianiste est le papier. Il donne le ton, le grain, la dimension et la couleur. Mais soudain, le papier redevient arbre. La musique s'arrête et le danseur est frustré.

- Depuis quand es-tu là ?
- À peine quelques minutes, répondis-je dans un haussement d'épaule.

Mon regard s'échappe vers la fenêtre et, toujours depuis cette petite pièce délabrée, je rêve de liberté.
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Re: Une pièce désaffectée
Lïnwe Felagünd, le  Ven 08 Sep 2017, 11:50

Le petit garçon ne bouge plus ; c'est une statue de marbre, la tête à l'envers et les bras croisés - éphémère. Qui est cet admirable créateur qui l'a sculpté ? On aurait dit une de ces divinités ou de ces héros mythologiques qu'on tente de figurer avec une certaine ambition dans le cervelet. Un génie. Un être qui a ou n'a pas réellement existé, qu'on aime représenter le corps et l'âme embellis de toute pureté innocente. Ce David à moitié nu renversant la douleur sur son passage, à l'aide d'un cure-dent. Les ballerines au pied, il lui manque les ballerines ou quelque chose de vraisemblablement proche et confortable sur ce parquet sévère.

Disons que ce n'est qu'une question d'habitude.
Ou de supplice sympathique.
- À peine quelques minutes, lui répond l'autre inconnue.

_ tourne la tête pour la dévisager, sans vouloir l'offenser.
Elle est aussi jeune que le funambule étoilé, respirant tous deux l'air d'une mélodie instantanée.

L'âme et le corps embellis,
l'âme en peine
et le cœur meurtri.

Il regarde, subjugué, par ce qu'il venait de voir il y a encore quelques minutes. Souvenirs intenses et mémorables d'une fusion ineffable, indispensable. Il observe ses traits. Il analyse sa taille et s'imagine lire ses pensées. Il devient oiseau enchanteur, fermant les yeux à présent. Inspiration — Création.

Mains posées sur les touches délicates.
Musique

Plus il le regarde
et plus il y a de notes.

Un peu de noir ; un peu de blanc
pour un résultat intime et providentiel.

Voler.
L'oiseau et ses ailes
Le musicien et son modèle.

Danseur, fil conducteur.
Incassable.
D'une beauté personnelle.
Inébranlable.

Et c'est qu'il aime croire :
Le mannequin se réanimera-t-il
à l'odeur des harmonies ?
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Re: Une pièce désaffectée
Élius Askin, le  Dim 10 Sep 2017, 16:17

Concerto pour un danseur
Avec Lïnwe Felagünd et Marjorie Lunas
Première danse à Poudlard, la suite. 11 ans.




Mon corps complètement camisolé par l'aphasie du piano s'efface sous la céphalée qui dévore ma conscience. Aucune résignation ne vient apaiser la névrose qui déborde en un filet de sang par ma narine droite. Inexpérimenté de la façon de vaincre une frustration je me trouve captif des étroites limites de ma tolérance.


Et soudain les notes perlent sur mon front basculé, coulent à mes oreilles et ruissellent sur mes épaules. La pluie salvatrice s'intensifie, dissout le carcan du silence, s'infiltre dans mon crâne et imprègne aussitôt mon hémisphère droit, stoppant l'hémorragie. Alors, ramenant ma tête en avant, je lève les paupières et pour la première fois je vois le pianiste. Mon regard nerveux s'accroche fermement au sien et derrière les éclaboussures contrastées de la musique je découvre son visage de plâtre.


Après avoir essuyé le sang d'un revers de main, je plonge sur la table qui nous sépare. La puissance de mon élan déplace le meuble jusqu'à l'instrument alors que j’atterris sur le ventre, les deux mains cramponnées au bois et les jambes arquées au dessus de ma nuque. Comme un scorpion sur un radeau je braque mes pointes de pieds vers l'avant, immobile. Sous le couvercle le mécanisme s'agite en opposition à ma contorsion figée. À mon tour de suspendre le temps.


Deux mètres d’infatigable lutherie relient mes yeux clairs à ceux du musicien et font vibrer la table et ma poitrine. Je contemple quelques instants l'ombre prismatique de la fenêtre fendue qui arlequine les traits délicats de son portrait prématurément fatigué. Mais ma bouche toujours brûlée par l'amertume se tord devant le souvenir du supplice qu'il m'a infligé plus tôt. Indisposé à me laisser apprivoiser par le charmeur de serpent je teinte mon regard d'une lueur de défi avant de céder à la répulsion qui tend violemment mes bras, brisant immédiatement le contact visuel avec lui.


En plein mouvement, la vision éthérée de la jeune fille du train me fait sourire. La mélodie engloutie ma volonté de savoir si la spectatrice est un mirage et après une dernière attention sur mon torse entaillé par la glissade je m'envole...


La poussière se soulève, emportée par mes échanges avec le sol pendant que je pivote, insoumis à la gravité. Chacun de mes muscles se déploie, sillonnant sur la partition du virtuose comme des jets de peinture sur une toile. Aucune couleur ne se refuse à empreindre ma chorégraphie de sa tonalité, la frénésie me propulse contre les murs que je repousse en même temps que cognent les accords dans mon thorax.


Porté par la cadence, encerclé de halos lumineux, je mords mes joues d'extase quand je ressens enfin mes pieds qui se déchirent contre les planches sales de la scène inespérée. En apnée, moite, dissocié, désorienté mais toujours en mouvement, je flotte dans l'espace et l'abstraction. Je n'ai plus de contour. Suis-je la musique ? Où est mon corps ?


Un vertige m'entraîne soudain vers le sol où je m'étale sur le dos, les bras et les jambes en croix, cœur battant. Je n'ai plus d'autre contenance que l'instinct qui me pousse à respirer et un sourire d'assouvissement cristallisé sur mon visage d'enfant.


Dernière édition par Élius Askin le Jeu 21 Sep 2017, 18:58, édité 1 fois
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Re: Une pièce désaffectée
Invité, le  Dim 10 Sep 2017, 20:54

HRP: quand je vous vois écrire et quand je vois comment moi j'écris, j'ai l'impression d'être le pigeon au milieu des aigles...

La musique venait de reprendre, les pas du jeune vert glissaient déjà sur le sol. Un duel de regard entre les 2 garçons venait de commencer. L'un frappant les touches du piano de plus bel, l'autre était tel un scorpion prêt à piquer sa proie. Je les regardais, à la fois fascinée et amusée.

Je reportais alors mon attention sur les doigts du pianiste. Le mouvement de ses doigts fins m'hypnotisait totalement, totalement admirative de son talent. Il faut dire qu'à côté des 2 énergumènes face à moi, je ne faisais pas le poids. Je ne savais danser que la valse, apprise lors de mes repas de famille en compagnie de mon père et de mon grand-père, et au niveau de la musique.... Je savais jouer When The Saints Go Marching In a la flûte, que j'avais appris en primaire... Non décidément, je tenais à merveille mon rôle de spectatrice.

Les notes se balançaient, parcourant la pièce, pénétrant mon coeur, et les mouvements du Serpent les ancraient plus profondément encore. Je souriais à les voir ainsi, enivrée par ce bonheur artistique.

Soudain Élius s'écroule, essoufflé mais souriant. Je lui chuchote quand même :

- Eh, ça va ?
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Re: Une pièce désaffectée
Lïnwe Felagünd, le  Ven 15 Sep 2017, 23:07

HRP : maiiis non, tu écris comme tu écris et c'est très bien comme ça !

Les mains s'affaissent sur ces rives où tout est blanc où tout est noir. Des notes oniriques et une vision paradisiaque devant ces pieds enivrants foulant le parquet sale, uniques. Il foule le monde. Il foule l'univers. La création. C'est la création même. Cette senteur de satisfaction qui parcourt les narines jusqu'aux oreilles. A dire vrai, il n'a jamais vu quelqu'un d'aussi dépendant de lui. De sa musique. Il n'a jamais vu quelqu'un d'aussi frêle et vertueux. Il n'a jamais vu quelqu'un d'aussi sublimé, où corps et âme flottent dans un semblant de transe.

Le petit n'avait qu'un seul objectif :
représenter visuellement ce qui n'est pas représentable visuellement.

Et lui n'en avait qu'un seul autre :
lui offrir un cabaret où danser et pousser son inspiration à bout.

L'impensable
L'irréalisable
Si jouissants.

Les bras s'agitent de plus en plus, comme une fièvre jaune dans un bar café-concert de jazz — qui s'installe parmi le batteur puis le saxophoniste lui-même qui se laisse porter par la contrebasse, son pote, et les percussions. Et vient en suite le public qui est alors pris d'une irrésistible sueur. Ils frappent de plus en plus fort sur le piano qui en redemande, qui en redemande encore et encore ! Comme un alcoolique qui surenchère sur le whisky au comptoir et qui finira complètement torché sur le bas du trottoir à trois heures du mat'.

_ Et puis, il y a une tonalité qui s'installe plus légèrement. Comme un parfum d'ambiance à la maison. C'était de la lavande. Un cocon protecteur. Bulle musicale, agréable ; impénétrable bien-être. Et il se souvient alors de cet instant hors du temps. Dans cette pièce où tout était blanc. Il s'en rappelle comme si c'était hier. Lui aussi, cette nuit-là, il avait failli finir comme ce bon client qui finit bourré devant le bar. Il était bien, cette nuit-là. Et le matin aussi, pas comme cet homme ivre mort sur le sol.

_ Enfin, tout s'éteint. Un monde éteint. Vieille leçon de sombre maître. Un marchombre, qu'on disait. Une ombre à la fois inquiétante et rassurante. Comme une vieille figure paternelle qu'on aurait oubliée. Souvenirs amers d'une vie amère. C'est pour mieux apprendre la douleur et la souffrance qu'offrent cet univers. Toutes ces étoiles, qui ne sont là que pour mettre en avant les espoirs, malheurs des autres.

L'enfant tombe
les pieds en sang

il ne s'arrête pas de jouer
mais trouve une conclusion

qui glisse, glisse doucement

se termine en octaves
puis deux ou trois notes

l'harmonie se dilate
parmi le Temps.

Qui resurgit.

Où est passé le pantin
Poupée de chair qui jouait devant le piano ?
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Re: Une pièce désaffectée
Élius Askin, le  Lun 18 Sep 2017, 17:14

Concerto pour un danseur
Avec Lïnwe Felagünd et Marjorie Lunas
Première danse à Poudlard, la suite. 11 ans.




Dans un frisson de silence les notes de musique et mon ivresse s'enfuient comme une couverture que l'on retire trop vite. L'écho mourant de la palpitation polyphonique laisse place à ma conscience qui retrouve doucement ses contours. Au rythme des soulèvements imposés par de profondes inspirations à mon ventre, mon corps rassemble sa géographie et ses sensations. Filtrée par mes paupières, la lumière rougeoyante pénètre ma rétine sous forme de filaments vacillants en cadence avec mon cœur. La douleur brûlante plaquée sous mes pieds attise les dernières résonances du plaisir mais ma langue imbibée de sang et de rancœur force une déglutition désagréable. J'ouvre les yeux sur l'austère plafond et sens la sueur qui creuse son sillon sur mes tempes. Rassasié jusqu'à la nausée je laisse ma tête rouler sur la gauche pour reprendre contact avec la pièce. D'abord il y a les pieds de la table, puis les pieds du piano et enfin ceux du pianiste. Les chaussures noires me toisent froidement et mon visage d'enfant se serre devant l'humiliation.


— Eh, ça va ? Un murmure de la fillette confirme sa présence près de moi et m'enveloppe d'une bienveillance innocente. Péniblement ma jambe droite s’abat sur la deuxième et mon corps se recroqueville sur le côté, face à elle. Assise contre le mur, je retrouve dans son expression la candeur attractive de notre voyage en train. Ma bouche lui sourit mais les échardes du sol démangent ma joue et mon esprit se tourne vers la nécessité de m'éloigner du musicien.


Mon avant-bras, puis mes doigts tremblants repoussent difficilement les planches jusqu'à ce que mon buste soit à la verticale. J'attrape ma chemise en boule un peu plus loin pour la passer sur mon front et ma nuque moites. Sans pouvoir accepter de m'être ainsi dévoilé, je camoufle ma mâchoire crispée derrière le vêtement, et submergé par les remords, j’étouffe un soupir de rage. Qu'est ce que j'ai fait ? Nettoyer le sang, la poussière et l'odeur de honte qui me couvrent en frottant frénétiquement le linge à deux mains sur ma peau est illusoire. Je dois quitter cette salle. Dans un dernier effort de concentration je me penche vers la Poufsouffle :


— Marjorie, c'est ça ? Garde moi une place en cours s'il te plaît. Une grimace souligne le supplice de mon mouvement pendant que je me redresse et s'accentue alors que je marche vers la porte, la masse sombre de l'instrument sur ma droite. Retrouver le contact de la pierre froide s'apparente cette fois à un soulagement pour mes plantes de pieds blessées. Sans me retourner je ramasse mes affaires dans le couloir, me couvre de la robe de sorcier et m'enfonce vers les cachots.




Fin du RP pour moi, merci à Lïnwe et Marjorie


Dernière édition par Élius Askin le Jeu 21 Sep 2017, 18:58, édité 1 fois
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Re: Une pièce désaffectée
Invité, le  Mar 19 Sep 2017, 23:59

Le jeune homme se retourna vers moi lentement et en se redressant, me demanda de lui garder une place en cours. C'est tout. Je restais quelque peu subjuguée par la réponse du jeune homme. Question : ça va ? Réponse : Garde moi une place. Je m'attendais à tout sauf à ça, oui, non, une réponse poétique, une tirade, ou un grognement, mais alors là... Le jeune homme sortit sans un mot de plus, ni pour moi, ni même pour le pianiste. Car après tout c'était grâce à lui si on en était tous arrivé là à profiter de ce petit moment suspendu dans le temps. Je me tournais vers le jeune homme en question, il avait surement assisté à la scène, je le regardais et haussa les épaules. Je ramassa à mon tour mes affaires, frotta ma tenue pour enlever la poussière, et avant de sortir, je m'adressa une dernière fois au jeune homme.

- Merci beaucoup pour le morceau, tu joues super bien. Bonne journée !

Et je repartis ainsi dans les couloirs, repensant à la demande du drôle de gamin. J'étais curieuse de voir ce qu'il me réservait. Si j'arrivais avant lui, je lui garderai une place, attendant de voir ce qu'il pouvait bien me réserver.

Fin du RP pour moi aussi ! Merci à vous 2 :kiss:
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Re: Une pièce désaffectée
Lïnwe Felagünd, le  Sam 23 Sep 2017, 16:41

La mélodie clinquante, comme un lait fruité frappé sur le bois dur de la table à manger, étincelait de mille feux et de mille étincelles jusqu'au rebord de la fenêtre austère, de l'autre côté de la pièce désaffectée. Au-dessus du petit écriteau cloué sur la table d'harmonie, qui sert de pupitre parfait pour y déposer une partition légère, un regard d'admiration familière. Le petit gars l'impressionnait beaucoup, pas uniquement pour les pas de danse qu'il effectuait — et à dire vrai, il n'y connaissait rien du tout en danse — mais c'était son état. Monstre musical. Démon aphrodisiaque. Possédé par la mélodie pure et simple et le son et le rythme et la grille musicale...

Fils d'Apollon
Devant ce pupitre
Sous cette nouvelle position
_ il tombe
l'échine moite comme un
saxophoniste qui hurle
dans son instrument
le soir à minuit
dans un bar animé
de la rue piétonne malfamée.

Les pieds en sang, la peau sarclée, les muscles contraints à la rétraction ; tétanie particulière du valseur à convulsions imparfaites. Comme le musicien qui s’enlise dans des heures de répétitions maladives. Les lèvres gercées du clarinettiste qui éclatent à l'avant-dernière mesure du morceau. Les mains du percussionniste qui s'ouvrent en fleur, après avoir chauffé trop longtemps. Les baguettes lui ont fait des trous de gruyères dans la peau, on y voit la chair. Et le liquide passionné imbibant les trois couches de pansements préventifs.

Non, ce gars-là, pour être honnête, était un sérieux allumé de la musique. Un vrai mélomane. Comme ceux qui payeraient dix millions pour une vieille croûte réalisée un matin, complètement défoncé, raturant la toile avec les pieds et des tâches roses et jaunes absurdes pour en faire un tableau abstrait. Ils trouvent toujours quelque chose de fascinant ; et le bizarre est beau.

Soudain, le petit balance une phrase au hasard avant de quitter la salle rapidement. Comme s'il avait été effrayé par le parquet. La chute finale l'avait probablement calmé. Alors Lïnwe s'en remettait aux derniers mots de la jeune étudiante avant de lui adresser un sourire ; et tandis que les deux auditeurs se hâtaient de rejoindre leurs camarades de classe, le plus âgé profitait de quelques heures encore, à sublimer l'instant et raviver tous ses souvenirs d'antan sur une planche musicale en noir et blanc.


— Fin du RP —

HRP : Merci pour ce RP.
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Re: Une pièce désaffectée
Azaël Peverell, le  Ven 29 Sep 2017, 15:05

Avec Cara


T'as une heure de libre en ce début d'après-midi. Et t'as une flemme monumentale de réviser quoi que ce soit. Arty est en cours, et tu te retrouves à devoir trouver une brillante idée pour chasser l'ennui par toi-même. Il ne t'a pas fallu bien longtemps pour la trouver. Il te reste un Dragon Enflammé. Un de ces feux d'artifices magiques qui explose au contact d'un Stupefix, ou se multiplie par dix lorsqu'un Evanesco les frappe. C'est de la grande qualité. En plus, les dragons qui en sortent sont hyper stylés. T'as eu l'occasion de t'en apercevoir en en balançant quelques uns dans le ciel londonien. C'est ton dernier feu, et t'as l'intention d'en faire un très bon usage.

C'est donc tout naturellement que tu te retrouves dans cette pièce où personne ne vient jamais. Un peu laissée à l'abandon, pour être sûr que personne ne vienne te déranger dans tes préparatifs. En vérité, tu n'as pas besoin de faire grand chose. Mais tu veux faire en sorte que la trajectoire du dragon soit la plus parfaite possible. Alors t'es prêt à placer le feu d'artifice dans un angle parfait par rapport à la porte. Pour que le dragon enflammé puisse traverser ensuite tout le couloir avant de rejoindre les escaliers, et d'ensuite choisir sa propre voie. Et oui, il faut penser à tout dans ce genre de situation. Le monde du spectacle n'admet pas la médiocrité, il faut toujours voir les choses en grand, imaginer les dégâts et les réactions. Etre fier de son art, jusqu'au bout.

Une fois satisfait de l'emplacement de départ du dragon, tu n'attends pas davantage. Tu ouvres aussitôt la porte, et enflamme le feu d'artifice. La mèche se consume dans un crépitement qui te tire un léger sourire. Dommage qu'Arty ne soit pas là pour voir ça, t'es persuadé que ça lui aurait plu. Mais il en entendra sûrement parler. Voilà le dragon qui se forme dans les flammes, gueule béante, crocs enflammés. Et il file dans le couloir, rasant les murs dans un nuage d'étincelles. Tu passes la tête par la porte pour le regarder continuer son chemin, avec un sourire empli de fierté. Il serait sans doute temps de partir, détruire les indices. Mais t'es bien trop obnubilé par le spectacle qui se donne juste devant tes yeux, les faisant briller à la lueur des flammes du dragons.
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Re: Une pièce désaffectée
Cara De Lanxorre, le  Jeu 05 Oct 2017, 00:13


    Décidément, le métier de professeure n’était pas de tout repos. Cara avait terminé son premier cours la veille, et déjà elle devait organiser une retenue. Certes, les élèves qu’elle avait collé méritaient bien de se voir priver de leur précieux temps libre, étant donné leur talent à transformer un cours en bazar sans nom. Cela dit, la jeune femme aurait préféré faire un tour à Pré-au-Lard ou retourner à Londres plutôt que de se coltiner des individus dissipés. Mais bon, c’était trop tard, il fallait donner une suite à ses menaces et véritablement appliquer la punition.
    Cara consenti à quitter ses appartements de fonction après avoir regardé avec mélancolie le canapé moelleux qui lui criait de la rejoindre. Elle se détourna difficilement de ce spectacle déchirant et commença à remonter vers le hall d’entrée depuis les cachots. Elle avait troqué sa robe noire habituelle pour un pantalon noir à imprimé écossais vert et noir, une chemise noire, une cape et des chaussures à petits talons. Ces derniers résonnaient dans les couloirs étroits des cachots, seul bruit audible dans le souterrain.

    Mais plus la professeure remontait vers le rez-de-chaussée, plus le bruit de ses talons était couverts par d’étranges acclamations. Hâtant le pas, Cara déboucha dans le grand hall et se retrouva au milieu d’une foule d’élèves fascinés par... Un feu d’artifice en forme de dragon, gigantesque. Inquiétant. Apparemment, l’anarchie ne régnait pas que dans ses cours. Cara ne tenta pas de faire disparaître le dragon, elle savait pertinemment que ce genre d’artefact était muni de garanties pour ne pas disparaître au moindre Evanesco et elle ne voulait pas prendre le risque. La professeure contourna précautionneusement le dragon bloqué entre les murs du hall et qui commençait à fumer dangereusement au dessus de la foule des étudiants. Arrivée au pied du grand escalier, elle poussa quelques élèves afin de se frayer un passage vers les étages supérieur. Pourvu que le coupable soit un Poufsouffle, ce serait l’occasion parfaite d’enlever des points aux plus ardents concurrents de Serpentard pour la coupe des quatre maisons cette année... Ou peut-être un Gryffondor ? C’était bien un truc de Gryffondor ça. Perdue dans ses pensées vengeresses et dos au dragon, elle ne remarqua pas que celui-ci fumait beaucoup trop pour que cela soit normal... Un instant plus tard, il explosait au dessus des élèves qui firent immédiatement moins les malins. Se protégeant de leurs petites mains inutiles, la marmaille se dispersa rapidement à grand renfort de cris. Cara soupira devant cette piteuse représentation de la future élite magique et se pressa dans les étages. L’élève perturbateur ne devait pas être très loin. La professeure arriva au premier étage, jeta un œil au couloir... et croisa le regard d’un garçon brun, probablement en sixième ou dernière année, planté en plein milieu du couloir. C’était beaucoup trop simple. Cara se précipita vers lui avec un regard carnassier, les mots 50 POINTS EN MOINS POUR GRYFFONDOR lui brulant les lèvres. Elle attrapa brusquement l’élève fautif par une épaule, s’apprêtant à prononcer la sentence, quand son regard tomba sur l’insigne cousu sur le devant de sa cape...

    - Oh, vous êtes à Serpentard ? – elle leva les yeux vers le garçon – Mais attendez... Je vous connais vous !

    C’était l’élève qui s’était incrusté à son cours mais qui avait été un pilier essentiel dans la restauration de l’ordre. Embêtée, Cara continuait de fixer l’élève, sa main tenant toujours en tenaille l’épaule d’Azaël.

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