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Londres - Quartier Historique
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Daemon Stebbins
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Re: Londres - Quartier Historique

Message par : Daemon Stebbins, Lun 25 Sep 2017 - 17:28






Un pas vers l'avenir...

Elhiya Ellis - Daemon Stebbins

" Il suffit d'un moment pour décider de tout un avenir. "


• ♫♫♫ Choix de Dey









Je voyais bien que ma verte et argent était troublée. Je remarquais le combat en elle à travers ses prunelles. Puis, elle me souriait. Si lumineuse, si belle et désirable à cette seconde. Mon cœur s'affolait comme jamais. Je me demandais comment j'avais pu vivre sans elle tout ce temps. Chaque seconde en sa présence avait la saveur de l’éternité. Et là, je m'interrogeais :

* Depuis quand je suis devenu guimauve ? *

J'eus un sourire en coin en réalisant cela. Je secouais légèrement la tête, dépité par cette pensée. Depuis notre rencontre, la blonde avait envahit chacune des cellules de mon être, de mon âme. Elle était ma respiration, mon oxygène. Au moment, où j'avais plongé mes yeux dans les siens, la première fois, j'avais su,instantanément, au plus profond de moi que je ne pourrais jamais supporter qu'elle ne soit pas à moi, qu'elle fasse partie de mon existence pour toujours. J'observais chaque geste qu'elle faisait. La manière dont elle clignait des paupières, de pencher la tête sur le côté quand elle s'interrogeait en détaillant. Sa façon de me faire oublier l'univers entier quand je me lovais dans ses bras et que je m'en ivrais de son odeur exaltante. Le fait qu'elle soit si franche et sans compromis. Même si parfois, cela nous poussait à nous tenir tête l'un à l'autre. Qu'elle possédais cette  capacité de me déstabiliser en une seconde sans que je n'y sois jamais préparé. C'était ce millier de petites choses et de détails quais insignifiants, voir invisibles qui la rendait unique et irremplaçable pour ma personne. Qui avait d'elle la maîtresse de mon cœur au point que je serais capable de tout braver dans le but de la rendre heureuse jusqu'à la fin des temps.

Je l'avais vu hésité en énonçant mon prénom. J'avais porté ma main à son visage pour la rassurer et l'encourager à continuer. Je désirais qu'elle poursuive ses propos car c'était une chose rare qu'elle se soit exposée en exprimant ce qu'elle éprouvait en son for intérieur. Enfin, c'est ce que j'espérais, qu'elle me disait tout ce qu'elle avait dans le cœur. Quand je la touchais, j'avais l’impression de m'approcher d'un astre encore plus éclatant que le soleil. Elle m'embrassa de façon délicate, légère et irrésistible. Je la laissais mener l'échange à son tour. Se laisser guider était très agréable aussi. Elle reprit alors la parole et je lui révélais comme une évidence les mots suivants.

- Respire ma douce. J'ai compris. Tu ne doutes pas de moi. Cela me fait sentir que j'ai ta confiance et c'est l'une des musiques les plus appréciables à entendre dans mes oreilles. J'aimerai passé plus de temps avec toi, c'est indéniable. Parce que je ne me sens entier que lorsque je suis en ta présence. Mais tu deviendrais rapidement folle à force si c'était le cas. Honnêtement, j'ai du mal à faire taire mon sentiment de jalousie quand je vois un autre auprès de toi. Même si je sais que tu n'es pas une possession mais un être libre. c'est plus fort que moi. Donc je passerai indéniablement mon temps à marquer mon bras de ta taille afin de faire comprendre au reste du monde, que tu n'es qu'à moi. Même si c'est une réaction primaire et d'en autre âge.

Je me livrais aussi pour lui dévoiler que tout cela aussi me troubler. Qu'un amour aussi passionné était né en moi et que pour le moment, j'avais du mal à faire face à ce volcan allumé. Ses pupilles brillaient. Je sentais l'émotion l’étreindre. Ma verte et argent prit la situation en main et m'emmena dans ma chambre. Elle se cala sur le lit et ajouta tellement de mots qui me percutèrent en plein cœur. Des mots qui me montraient enfin l'amour qu'elle portait dans sa chaire. Car jusqu'à présent, j’avais ressenti, par instant, une barrière. Parce que j'avais saisi qu'elle avait peur du fait qu'elle devenait dépendante de moi. Que ma seule présence bouleversait tout ce qu'elle était et pour quelqu'un de si indépendant, cela devait être flippant au plus haut point. Quand on était habituée à suivre sa voie sans se soucier de quelqu'un, on avait la liberté totale d'agir, de dire ou de faire ce qu'on voulait. Toutefois, quand on se rendait compte qu'un être devenait si important au point que être éloigné de lui était la plus douloureuse des expériences, on comprenait que inconsciemment, on se calait sur lui. Bougeant quand il bougeait, accordant chaque de son corps mouvements aux siens comme si cela ne provenait plus que d'une seule entité.

Je lui ai souris en inclinant ma tête légèrement vers l'avant quand elle m'avait révélé que je ne la perdrais jamais et je lui avais soufflé :

- Je l'espère le plus sincèrement du monde. Car le jour où cela arriverait, je sais que je cesserais d'exister sans aucun doute parce que je serai mort de l'intérieur.

Oui c'était à ce point que je l'aimais. Elle me souffla ces trois petits mots qui bouleversent une vie.

- Moi aussi, je t'aime. Plus que ma propre vie. Et malheureusement pour toi,  tu ne pourras jamais te débarrasser de moi aisément.

Ma serpentarde continua à se dévoiler. Je l'écoutais conservant chacun de ses mots dans mon esprit, le gravant à l'intérieur de mon âme pour en conserver à jamais la trace.

- Je ne laisserai jamais les ombres t'engloutir parce que tu es trop précieuse pour être emporter au loin. Tu marches et marcheras avec moi à tes côtés au grand jour. Je sais depuis le premier instant que je suis et serai toujours  l'homme le plus chanceux du monde sorcière pour avoir un être tel que toi qui veuille bien partager mon univers.

Alors j'ai plongé sur sa bouche afin de lui montrer mon adoration et combien je lui étais dévoué. Rien ne devait entraver ce bonheur que nous exprimions là alors que la nuit avait déposé son manteau sombre au dehors. Je la caressais avec douceur, prévenance et délicatesse. Parce qu'elle était la personne la plus merveilleuse et précieuse de mon univers. Elle en était mon tout, mon centre de gravité. Ce qui faisait que le monde que je connaissais avait pris des couleurs et un sens. Mes mains découvraient lentement les formes de son corps à travers ses vêtements. Je voulais savourer et l 'éveiller à une nouvelle étape de notre relation. Je passais mes doigts dans ses cheveux dorés, laissant mes lèvres savourait la chair tendre de son cou et de sa gorge. Découvrant la musculature et le galbe de ses jambes. Sa peau était de miel. J'étais fou d'elle et mon corps commençait à le manifester. Néanmoins cela m'était égal qu'elle puisse découvrir l'étendu de mon désir parce qu'il n'y avait pas plus réel et important que ce que nous étions entrain de partager là. J'étais aussi conscience que c'était ma serpentarde qui avait depuis le tout début fixé les limites et qu'elle me stopperait sans hésiter si elle ne voulait pas aller plus loin. Chose que j'accepterai comme toujours parce que c'était son bien être qui avait toujours importait en premier pour moi...




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Elhiya Ellis
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Re: Londres - Quartier Historique

Message par : Elhiya Ellis, Mar 26 Sep 2017 - 17:03


    Respirer ? Mais c’était bien ce qu’elle avait fait. Elle avait énoncé lentement et avec soin chacun de ses mots. Aucun n’était sorti de sa bouche aléatoirement, tous avaient été pesés, réfléchis et profondément ressentis avant de s’élever vocalement. La précipitation était mauvaise conseillère, fait inoubliable. Aussi, c’était en prenant le temps qu’Elhiya s’était exprimée.

    La lueur qu’accueillait son regard avait dû être relativement déroutante à apercevoir pour que le brun en vienne à la couper pour préciser ce genre de chose. Il avait, avec douceur, repris chacun de se mots, lui assurant qu’elle pouvait parler sans crainte, faisant echo avec tendresse, se justifiant parois, arrivant à lui arracher un sourire amusé au milieu de ce qu’elle s’efforçait à lui transmettre. Le contraire aurait été étonnant dans un sens. La blonde se serait même inquiété si aucun mot n’étaient sortis de la bouche de son Rouge & Or. D’un sourire, elle l’avait écouté lui répéter qu’il resterait jaloux de quiconque l’approcherait. Ne prenant pas la peine de lui rappeler que le seul garçon avec qui elle trainait le plus souvent n’était autre que son cousin.

    Nouvelles déclarations, nouveaux aveux, nouvel empourprement et nouvelle vague agréable qui enserrait son cœur, pourtant, l’utilité de surenchérir ne lui venait pas à l’esprit. Elle avait confié tout ce qu’elle portait en elle, tout ce qui l’animait en sa présence. Répondre autrement que par des sourires aurait été superflus voir présomptueux.

    Quant à l’allusion aux ombres, Elhiya s’était contentée de plonger ses prunelles claires dans celle de du brun. Sans un mot. La lumière était quelque chose qui brillait trop, sous couvert d’un astre éblouissant et égoïste. Ca n’avait jamais été une réelle alliée à elle seule. Surtout que si la lumière attirait autant, c’était uniquement car elle couvrait l’ombre qu’elle créait à chaque fois qu’elle croisait quelqu’un. Toute seule, la lumière perdait tout sens, tout but. Mais, le rappeler à son petit-ami n’avait aucun sens. La seule lumière qui l’intéressait et qu’elle voulait protéger était celle qui vivait en lui, uniquement la sienne, rien de plus…

    Son sourire venait de prendre fin sur un assaut délectable du brun sur ses lèvres. Elle avait glissé au-dessus de lui, se contentant de le suivre, se moquant de finir à califourchon, répondant tout simplement à la suite de leur échange. Ses doigts s’étaient infiltrés sous sa chemise, effleurant la douceur de sa peau, s’en délectant. Sourde aux battement de son cœur qui s’affolaient doucement, aux frissons qui la parcourrait sous le trajet de ses baisers, laissant ses paroles prendre forme dans ses gestes. Le décor n’avait plus d’importance, la présence des autres à des étages en dessous encore moins. Elle le laissait parcourir ce qu’elle lui avait interdit quelques semaines plus tôt, découvrant la douce chaleur diffuse sous chacune de ses caresses, se nourrissant un peu plus de son être à chaque seconde. Etourdissant contact, assourdissant concert dans sa poitrine qu’elle ne se voyait pas arrêter.

    Pourtant, le souffle s’était fait lascif, incontrôlable, et surtout trop précipité. La choquant pendant une fraction de seconde, la forçant à ouvrir les yeux, et les glisser sur la tapisserie bleue. Petit rappel à l’ordre à l’effet instantané. Elle s’était doucement redressée, souriant malicieusement à son brun


    « Pas ici.. »

    Elle avait montré d’un coup de menton les affaires personnelles du brun qui jonchait la chambre pour simple explication avant de se pencher au-dessus de lui, lui effleurant doucement les lèvres, soufflant une proposition qui lui semblait des plus logiques

    «.. On s’éclipse ailleurs si tu le désires.. »

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Daemon Stebbins
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Re: Londres - Quartier Historique

Message par : Daemon Stebbins, Mer 27 Sep 2017 - 7:43






Un pas vers l'avenir...

Elhiya Ellis - Daemon Stebbins

" Il suffit d'un moment pour décider de tout un avenir. "


• ♫♫♫ Choix de Dey









Lors de l'intensité de ce moment, je m'interrogeais en me demandant si il étai possible d'aimer une personne encore plus à chaque seconde qui passait. Parce au plus profond de ma personne, c'était ce qui était en train se produire. Plus le temps s'écoulait en la présence de ma verte et argent, plus j'avais la sensation d'être envahi par un déferlement de sentiments que je ne soupçonnais même pas d'exister jusqu'à présent. Chaque atome de mon corps était entrain d'exploser de bonheur sous les caresses de cette créature céleste à mes yeux. Je n'avais jusqu'à présent pas saisi l'attachement entre mes parents qui avait complétement chambouler l'existence de ma mère en l'espace d'une seconde, au point de quitter sa famille, ses amis, son pays pour se marier avec quelqu'un qu'elle connaissait à peine à l'époque. Même si on père était quelqu'un d'extraordinaire, la logique de mon esprit, ne comprenait pas que la puissance du sentiment amoureux avait pu balayer tout sur son passage pour ses parents.

Avec Aya, les choses avaient été construites même si dés le départ, elle s'était entichée de Jaimie avant que celui-ci ne réalise que c'était identique au fond de son cœur et qu'ils se mettent à sortir ensemble. Ils avaient quinze ans et s'était développé et découvert au file du temps. La démarche semblait rationnelle quand je les voyais. Et c’était seulement au bout de cinq années de relation, qu'ils avaient décidé de se marier ensemble après la demande de Jaimie. Il avaient choisi de faire la cérémonie de leur union, deux ans plus tard. Celle-ci aurait d'autre part lieu en Août de cette année. Tout se déroulerait ici dans le jardin de la maison ancestrale. Mes parents leurs avaient proposés cela afin qu'il puisse économiser un maximum d'argent. Parce que mon beau-frère, avec l'assentiment de ma sœur, désirait s'acquitter de tous les frais lui-même. Ses études à Poudlard avait été excessive pour ses parents qui ne gagnaient pas énormément leur vie. Il avait d'ailleurs opté de lui-même de travailler dés qu'il avait pu pendant les vacances afin d'aider à ses frais de scolarité. Chose admirable que peut de gens de son âge auraient faite sans qu'on leurs demanda.

Pour cette raison, ils ne voulait pas que les siens s'endettent encore plus. Mon père lui avait dit que cela n'était pas un problème. Mais le jeune homme avait tenu à prouver qu'il pouvait réussir. Ma mère et moi avions parfaitement compris la fierté qu'il mettait à être autonome et elle avait convaincu mon père de ne pas insister pour les frais. Bien sûr, cette dernière avait décidé que notre merveilleux elfe de maison aiderait pour tous les préparatifs. La petite créature avait eu les larmes aux yeux d'une telle marque de confiance de la part de sa maîtresse et s'était dévoué à élaborer un repas des plus extraordinaire avec le budget qui lui avait été alloué. Bien sûr cette dernière avait désiré lui verser un salaire mais, Azukato avait déclaré que c'était le cadeau qu'il leurs offrait. Evidemment c'était le moyen qu'il avait trouvé pour décliner de recevoir un salaire.

Cependant, pour le moment, la seule chose à laquelle je songeais sur ce lit, c'était combien la demoiselle qui y était avec moi, était extraordinaire et combien il m'était compréhensible maintenant de ne pouvoir concevoir le reste de mes jours sans sa présence. Maintenant, grâce à ce que j'éprouvais je comprenait mieux l'univers qui m'avait jusqu'à présent entouré. Mes mains parcouraient d'ailleurs son corps afin de lui démontrer à quel point, elle éveillait le désir de mon corps. Ce n'était pas simplement physique mais aussi une émanation de tout mon être. Tellement plus exaltant que tout ce que j'avais expérimenté au préalable. Chaque instant, je découvrais comment mes sentiments, pour elle, ne cessaient de croître. Tout cela était bouleversant, enivrant et par moment déconcertant. L’expression suivante, un seul être vous manque et tout est dépeuplé, pris enfin tout sens dans ma tête parce que c'était cela que je ressentais parfaitement. Sans Elhiya, la terre pouvait cesser de tourner, la magie pouvait me quitter, ce n'était rien comparé au fait que je ne pourrais plus continuer sans elle près de moi. Elle était l'ouragan qui avait transformé toutes mes certitudes en une réalité qui ne souffrait absolument pas son absence, car c'était elle qui en donnait toute la cohérence.

A ce moment, je la sentis se détacher de mon torse alors qu'elle s'était repue de caresses divine sur ma peau et d'effleurements qui n'avaient qu'augmenter mon désir de sa chair. Elle éveillait en moi une faim insatiable qu'elle avait pu percevoir en étant à la califourchon sur ma personne. Que voulez-vous, je ne suis qu'un être humain et il y a des effets que ne nul homme ne peut contrôler quelque soit la volonté dont il fait preuve. D'ailleurs je m'étais rendu compte que les limites avaient été une fois de plus repousser. J'appréciais cela au plus au haut point car c'était l'indication qu'elle était de plus en plus à l'aise et en confiance aec moi. Elle me souffla deux mots et je répondis.

- Tu as raison.

C'est la suite de ces propos qui me désarma avant que je ne puisse continuer mon propos appuyer par un baiser. Je répondis alors pour certain d'avoir bien compris.

- Es-tu sûre que c'est ce que tu désires ? Je ne te méprends pas, j'en ai réellement très envie et tu peux le percevoir. Mais je veux être certain que tu n'auras aucun regret. Attendre ne me dérange pas parce que je t'aime par dessus tout et que je désire que tout sot comme tu l'a décidé sur ce sujet...

J'avais l'impression que mon cœur allait sortir de ma poitrine tellement il cognait à l'idée de ce moment, ce cette nouvelle étape que nous allions franchir. Parce que quoiqu'il arrive, je savais que je la marquerai à jamais par cet acte qui serait sa première fois. C'était un cadeau précieux et inestimable qu'elle m'offrirait...




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Re: Londres - Quartier Historique

Message par : Elhiya Ellis, Jeu 28 Sep 2017 - 11:36


    Une offre, une proposition,
    A attraper sur l’instant présent avant qu’elle ne se pare d’un voile d’hésitation.
    Supplique discrète et timide,
    Evincée par une constatation des plus simples.
    La nécessité d’utiliser plus que des mots, le besoin de donner un sens à ses paroles,
    D’être franche...
    Entière.
    Elle, sans plus aucune de ses barrières ou semblant de carapace.
    Juste
    Ce qu’elle était, ce qui la composait, ce qui la faisait vivre...

    Rien d’autre ne lui avait semblé plus limpide. Même après le questionnement du brun. Les opales fixées sur un reflet blafard que la lune offrait à ses cheveux ébène, un sourire s’étaient dessiné sur ses lèvres rosées. Tendre, posé. Simple et unique réponse. Les regrets ne pourraient la couvrir de leur veste aride, incapables de se nourrir d’une décision prise avec autant de clairvoyance. Ce n’était pas une simple pulsion, une simple envie adolescente. Il n’était rien d’un feu de paille qui disparaitrait dès qu’il aurait consumé tout ce qu’il avait sous la main….

    Inspirations d’une nuit, dessinées sous la caresse de son souffle
    Dérives lucides, logiques…

    Un simple regard, appuyé, pétillant, décidé, ses pieds avaient touché le sol. La décision n’était plus sienne, l’utilité de rester ici n’existait plus. Utiliser des détours, n’avait jamais été dans ses manières de prédilections, trop complexe, trop douloureux. Cette façon de faire n’était prodiguée qu’à une seule et unique personne : l’anglaise de sa maison. Lui offrant retenue quotidienne d’un attachement débordant, pour ne pas l’étouffer, ne pas l’empêcher de s’épanouir sous son regard attendrit. Douce contrainte supportée par un amour inconditionnel depuis près de 6ans. Une version différente de sentiment, une nouvelle nuance de couleur, une autre part d’elle dévoilé encore à personne d’autre. Mais ça n’avait que peu d’importance.

    Comptait uniquement ce que les mots ne pouvaient exprimer correctement, la capacité de les rendre vivants alors qu’ils étaient tellement simples à prononcer. Rien de plus. La main trainante en arrière pour l’inviter à la rejoindre, la commissure de ses lèvres s’était ourlée doucement lâchant une réponse à peine soufflée


    « Effectivement »

    Elle s’était levée, quoi qu’il en venait à choisir, l’hésitation fragile prenant place devant son silence. Les valeurs effondrées dans ses baisers, surgissaient doucement, appuyant là où ça faisait mal. Rappel que ce faisait à peine 3 mois qu’ils étaient ensemble, rappel des doses d’adrénalines sulfureusement injectées à chaque fois que leurs mains s’entremêlaient. Paradoxe assourdissant qui mourrait lorsqu’elle releva les yeux sur lui.
    Encore des mots…
    Pour mettre fin à ces discours inutiles.
    Une seule réponse attendue.
    Une acceptation.


    « Tu viens avec moi ou non ? »

    Le ton était doux, simple invitation, elle partirait par la suite, quelque fusse la réponse de son brun. Aucune autre alternative ne lui était offerte. Dormir ici n’était plus envisageable, dormir ailleurs éventuellement… dans tous les cas, il fallait quitter les lieux, seule ou accompagnée
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Re: Londres - Quartier Historique

Message par : Daemon Stebbins, Jeu 28 Sep 2017 - 18:47






Un pas vers l'avenir...

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" Il suffit d'un moment pour décider de tout un avenir. "


• ♫♫♫ Choix de Dey








Je l'avais perçu plus presser que jamais dans ses gestes. une soif de moi que je découvrais pour la première fois aussi importante. D'ordinaire, elle m'aurait déjà ralenti en attrapant ma main et en la plaçant à un endroit qui me ferait comprendre que j'allais un peu trop loin ou trop vite dans notre échange. Mais là rien. Je me laissais donc entrainé dans l’accélération de nos baisers et de nos caresses. J'aimais cette nouvelle dimension de notre flirt. Même si je commençais à connaître certains partie de son être par cœur, je ne la poussais plus comme au début même si parfois, il m'arrivait encore de laisser me mains s'aventurait un peu trop loin.

J'avais assimilé au bout de trois mois, que ce n'était pas moi qui devait la faire me suivre. Mais c'était l'inverse. Je devais m'adapter à son rythme afin que nous soyons sur la même longueur d'onde. Que c'était elle qui devait faire évoluer les choses pour qu'elle se sente en confiance et maîtresse de ses envies ainsi que des limites qu'elle désirait repousser.

Brusquement ma verte et argent avait interrompu le contact établi entre nous. Elle s'était levée. je pouvais voir la détermination brillait dans le bleu de ses prunelles. Identique à celle que démontrait chaque fois, qu'elle avait fait un choix déterminant sur lequel elle ne reviendrait pas. Je sentis mon corps vibrait devant ce fait et je la désirais encore plus. Je voulais qu'elle soit mienne pas seulement avec mes mots mais aussi avec l'union de nos deux corps.

Puis il y eut cette question à laquelle une seule réponse fut possible :

- Je viens

Je pris alors sa main...


(Fin du Rp pour nous deux. La suite est ici)




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Re: Londres - Quartier Historique

Message par : Jade Wilder, Mer 4 Oct 2017 - 10:06


Pure Imagination
avec Shela Diggle


L'été laissait doucement place à l'automne, cela se voyait. Tout changeait dans ce monde étrange, qui passait d'un état à un autre en un clin d'oeil. Paupières fermées, juste l'espace d'un instant et une impression qu'en les rouvrant, rien n'est pareil. D'abord, il faisait plus froid. C'était encore raisonnable, assez pour que Jade reste dehors à cet instant. En revanche ce qui ne trompe pas, c'est le jour qui baisse. Ce moment, entre jour et nuit, était magnifique. Elle l'appréciait tout particulièrement, surtout lorsque le contraste se faisait vraiment présent et où les couleurs du ciel devenaient palette brouillon.

En temps normal, l'adolescente ne serait même pas dehors à cette heure-ci. Plutôt blottie dans une couverture sur le canapé de l'appartement, une tasse de chocolat chaud réconfortant sur les genoux, devant un film ou simplement en écoutant une musique quelconque. Mais pas cette fois, non. Cette fois, c'était spécial.

Elle, était spéciale. Shela. Après leur échange par hiboux, Jade n'avait pas tardé à préparer au mieux l'arrivée de sa... camarade ? Pouvait-elle encore simplement l'appeler ainsi ? Pour les apparences, peut-être. Voilà bien trop longtemps qu'elles ne s'étaient pas vues, parlé, en dehors des cours ou de regards échangés. Elle méritait mieux. Plus encore si elle avait des mots à confier. Jade ignorait sur quoi portait ce sujet si important, peu importe, si elle pouvait aider son aînée, jamais elle n'hésiterait. Et la mission "Repousser tous ceux à qui tu pourrais t'attacher" ? Bah... Pour le coup, il semblerait qu'elle ne soit plus d'actualité. Suspendue, disons. Comme le temps, à cet instant, qui lui paraissait presque figé. Est-ce que Shela allait venir ? Après tout, la verte voulait un moment, pas une invitation à dîner. Avec n'importe qui, la question aurait pu se poser. Bien sûr, Jade ne pouvait s'empêcher de voir le négatif. Pourtant, pas loin, se trouvait l'espoir. La confiance. Oui, elle allait venir.

Chantonnant calmement, Jade observait la vie s'écouler dans cette rue qu'elle commençait à bien connaitre désormais. Au moment même où il faudrait sans doute la quitter. Quelle ironie. Voilà, sa vie était un enchainement d'ironie. De "et si j'avais fais ça comme ça plutôt que comme ça". De questions sans réponses et d'interrogations dans le vide. Ça faisait du bien d'avoir une ancre. Quelqu'un à qui s'attacher, même en ayant peur que la corde ne casse. Savoir prendre le risque n'était pas dans ses habitudes, pourtant il fallait faire avec. Ce soir, pour la première fois, Jade ne cacherait pas qui elle était. Qui se cachait derrière le masque de Jade Wilder. La réalité, aussi injuste qu'elle soit.


Edit 09/11: Merci de ne pas poster, la réponse de Shela ne va plus tarder ♥
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Shela Diggle
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Re: Londres - Quartier Historique

Message par : Shela Diggle, Jeu 9 Nov 2017 - 19:24


Se perdre dans le métro, deux fois. Avoir eu cinq heures devant soi, il reste peu de temps et le wagon file à l'autre bout de Londres (il semble), s'emmêler avec les noms de station. Veste à capuche, une capuche immense qui tombe sur les yeux, un cocon dans le noir, et un sac à dos plus grand que soi, ressembler à un voyageur qui fuit loin alors que l'on ne quitte pas la ville, seulement son espace confortable. J'ignorais que Jade habitait Londres, ignorer tout endroit d'ailleurs, Jade est Poudlard et ne pouvoir se débarrasser d'une première idée, pas vrai, aussi illogique qu'elle soit. Jade n'habite pas, elle est là, sans délimité territoire, une entité n'ayant besoin d'un fixé domicile, c'est Jade et aucun quotidien ne lui colle. Le métro clame un nouveau nom et sortir au hasard, muée par le désir de quitter le bruyant monde souterrain plutôt que par quelque instinct qu'il s'agirait du correct arrêt.
Respirer -
l'au-dehors est bruyant mais non clos, les sons ici s'échappent vers l'infini noir au-dessus du monde. A moins que ce ne soit bleu. Bleu corneille. Lisse et plat, profond et sans mouvement. Dans le sac de quoi prétendre un pyjama, une brosse à dent et moult broutilles probablement inutiles, quatre kilos deux quarts peut être, la capuche tombe sur les yeux et manquer de peu un taxi qui s'écarte en hurlant. Vaciller. Perdue dans Londres à présent et des cinq heures ne doit rien rester, retard. Errer d'un pas soudainement allongé, zieuter chaque indicateur de direction sans vraiment connaître la sienne, de direction, finir par interroger un passant.

Bonheur à l'idée de retrouver la demoiselle. Il y a souvent ces temps, langueurs, entre les fois où l'on se voit réellement. Des semaines. Et le savoir que l'on se reverra mais cette lenteur pétrifiée, elle est une des rares à finir par manquer - le reste du monde va, vient va vient et laisser le monde se mouvoir et disparaître, mais Jade manque, parfois.
Dîner n'est plus une angoissante perspective. Détail nécessaire. Autrement l'on aurait évité l'heure nourriture, même peut être sauté toute invitation, les gens mangent n'importe quand, enjamber sa proposition, feindre une occupation, n'importe quoi plutôt que d'avoir à ingérer quelque chose devant un public. Repousser toute tentative de persuasion et disparaître jusqu'à dépassement de la date. En tête, le souvenir de la mise à nue devant elle, sens figuré sens propre, et cette vulnérabilité monstre à son égard, trembler, Jade a tant de pouvoir, et déglutir, c'est si effrayant, se dénuder avec tant de gêne est effrayant - et lui avoir conféré une puissance immense.
Savoir qu'elle ne l'utilisera jamais.

Suivre l'indiquée direction depuis huit minutes de trop il semble, la capuche s'abaisse et prendre de moins en moins la peine de la relever, le dos est lourd. Sur le trottoir d'en face, une silhouette allongée, cheveux longs, se prendre à s'imaginer qu'il s'agit d'elle, sa crinière noire, sa poésie - remarquer, l'associer toujours à la nuit. S'imaginer la rattraper, l'inviter à errer à deux, à oublier le monde. Secouer la tête, chasser le rêve. Continuer à tourner tourner à happer le temps, encore
Trouvé ! le bâtiment qui s'élance vers le ciel, la rue plus calme, bon numéro, soupirer d'aise. Retirer une dernière fois la trop grande capuche, révélant sans doute une emmêlée chevelure, grimper le perron, inspirer. Si dîner est acceptable, rencontrer le monde d'un quelqu'un qui nous est cher a un rythme précipité, difficile. Pencher la tête, piétiner. Jade est une amie.
Appuyer sur la sonnette.
Bonheur.
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Jade Wilder
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Re: Londres - Quartier Historique

Message par : Jade Wilder, Dim 10 Déc 2017 - 7:49


Les minutes s'écoulaient, sans qu'une silhouette familière ne se dessine au bout de la rue. Mordillant une lèvre trop souvent martyrisée, Jade ne quittait pas l'obscurité des yeux, alors que celle-ci lui semblait pourtant particulièrement effrayante... Elle avait une trop forte similarité avec l'Inconnu, ces questions sans réponse qu'il valait mieux éviter, ces choses se cachant derrière une masse sombre, surprise trop souvent mauvaise, besoin de sécurité.

La chaleur d'un bien-être retrouvé ne reviendrait qu'en voyant, enfin, son Attendue arriver. Ce n'était pourtant qu'un rendez-vous, pas une rencontre - qui de plus aurait été synonyme de frayeur plus que de bonheur. Elle connaissait Shela, sous bien des aspects dont elle se savait privilégiée. Mais l'idée même qu'elle ne soit pas venue, ou qu'il lui soit arrivé quelque chose donnait des frissons d'horreur. Peut-être aurait-elle dû faire autrement ? Retrouver Shela ailleurs, avant la tombée de la nuit, pour que le chemin soit fait à deux. Si elle s'était perdue ? Coeur battant, d'un stress étrange, d'une inquiétude allouée à quelques personnes particulières seulement. Comment avait-elle pu en arriver à ce point là ? S'autoriser à ressentir autant d'affection pour quelqu'un qui pourrait s'enfuir, d'un jour ou l'autre, au mieux. Il y avait pire idée encore, une mauvaise habitude que cette impression de porter malchance à toute personne un peu trop proche. Accidents, malheurs en tous genres, dans sa tête l'Italienne était la cause de bien des chagrins. Laisser une telle chose se reproduire était tout simplement dingue. Elle avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour ne pas s'attacher, pour éviter les gens et leur côté attirant, ces personnalités colorées lui donnant envie d'en voir plus. Comme un insecte trop attiré par une lumière aveuglante capable de lui faire du mal. Mais le plus effrayant était-il de leur faire mal ou d'avoir mal ? Si vous connaissez Jade, vous connaitrez aisément sa réponse.

Frisson. L'air extérieur était de plus en plus frais, la nuit s'installait. Refermant légèrement le battant de la fenêtre, Jade ramena ses bras contre son corps dans un mouvement sensé être réconfortant et la réchauffer, par la même occasion. Mais étrangement, ce n'était pas ça qui lui procurait ce bien-être tant recherché, mais un détail pouvant paraitre anodin. Un regard vers le salon éclairé par une lumière tamisée et les mouvements caractéristiques des dessins animés adorés par la plus jeune des Wilder. C'était ça, le vrai réconfort selon elle.

Celui-ci ne fut complet qu'à l'entente d'une sonnerie trop forte à son goût. Sursaut prononcé. Mais... elle n'avait pourtant vu personne, à la fenêtre ? Son attention s'était détournée quelques minutes, sans doute plus que ce dont elle avait l'impression et Shela était arrivée entre temps. Petit rire envers elle-même, décidément, les choses ne changeaient pas.

- Je vais ouvrir !

Ton enjoué, sourire retrouvé, Shela était arrivée. Trois petits mots qui changent tout d'un claquement de doigts. Sans plus attendre, Jade se redressa et accéléra le pas. Il ne manquerait plus que la verte pense qu'elle l'avait laissée tomber. Non, un étage les séparaient encore. Alors, d'un pas vif, la jaune descendit les marches à s'en rompre les poumons. Elle ignorait combien de temps s'était écoulé quand, enfin, la porte d'entrée se dessina sous ses yeux, mais elle avait fait au plus vite en tout cas.

Son coeur continuait à battre la chamade et ce jusqu'à ce qu'elle ouvre la porte et découvre sa camarade, attendant un signe de vie. Enfin, le coeur choisit de se calmer et le sourire prit sa place avec un naturel tout particulier, si rare désormais. Et sans retenue quelconque, une étreinte, ni forcée ni anticipée, juste offerte. Brève, mais sincère, avant que Jade ne se rende compte de ses gestes et en rougisse automatiquement. Réflexe de survie, meubler.

- Bonsoir Shela... Ça va, tu as trouvé facilement ? Désolée d'avoir mis du temps, l'interphone ne marche pas là-haut et je...

Stoppée d'un coup. C'était plus meubler là, c'était enchainer les mots sans respirer. Elle ne pouvait s'empêcher d'être stressée, parce-que recevoir quelqu'un dans son antre n'était pas commun. N'arrivait jamais, en fait. Pourtant elle faisait confiance à Shela, là n'était pas le problème. Il était d'ailleurs bien difficile à expliquer, c'est moi qui vous l'dit. Quoi qu'il en soit, sourire gêné, avant que l'Italienne ne s'écarte du montant de la porte pour laisser passer son invitée.

- Entre, excuse moi, il commence à faire froid...

Refermer la porte derrière elle, puis lui indiquer le bon chemin à prendre. C'était étrange, comme dans un rêve. Mélange de mouvements faits machinalement et de réflexions bêtes sur des choses bêtes. Regretter de ne pas avoir d'ascenseur dans le bâtiment, de vivre dans un appartement plutôt qu'une maison, de l'accueillir elle, dans de telles conditions. Non décidément, les battements du coeur ne voulaient pas se calmer... Enfin arrivées dans la bonne cage d'escalier, devant la porte bien connue, la blondinette l'ouvrit pour laisser son invitée découvrir les lieux, ou du moins commencer. Sourire sincère, au moins elle n'agissait pas en robot dans sa manière de s'adresser à Shela, Dieu merci.

- Je suis désolée, Jake n'est pas encore rentré il travaille tard... Par contre ma petite soeur Jasmine est là.

C'était stressant que de présenter sa famille en fait. Elle n'avait pas suffisamment cette occasion pour pouvoir s'en rendre compte, quelle ironie. Mais peut-être serait-ce déjà plus simple, Jasmine avait un caractère bien plus avenant que celui de Jake. Une enfant, sans prise de tête.
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Re: Londres - Quartier Historique

Message par : Shela Diggle, Ven 5 Jan 2018 - 12:43


En coup de vent la porte s'ouvre, ce fut rapide, et il y a souriante Jade et ses bras, se serrer avec affection contre elle. Un peu de la chaleur de l'intérieur se glisse contre la peau comme une invitation, la capuche s'abandonne dans le dos. Hocher la tête à sa précipitation, n'écoutant qu'à moitié, apaisée par sa familiarité, une ébauche de sourire au coin des lèvres, elle veut si bien faire qu'elle en devient sulfureuse. Elle a beaucoup de mots de lettres, je crois que finalement leur sens n'en demande pas autant, mais ce n'est pas agaçant, c'est un flot de voix agréable, un ruisseau doux, penser, avoir beaucoup comparé avec l'eau. Pourtant ne prêter  à l'eau aucune sympathie significative, peut être avoir un tableau de la mer, la mer violente, mais n'aimer particulièrement nager et préférer aux marines, les plaines. Hocher à nouveau la tête après qu'elle eût repris son souffle, ça va, j'ai marché, le sang pompé chasse encore le froid, par coups fait palpiter le corps, fourmillements imperceptibles, il y a eu de longues heures de mouvement le mouvement abrite l'état vital
qualifier je crois la vie par la mobilité
et souvent souvent cesser de bouger, espérer les murs
Entrer tout à fait, attendre qu'elle ait fermé la porte pour la suivre dans les escaliers, ne pouvoir s'empêcher de les compter, il me faut être certaine, nombre pair ou impair - c'est un bel immeuble, sobre, ne pouvoir accrocher à quelque détail, ne pouvoir fonder un cadre, encore. Une nouvelle porte qui, une fois passée, permet de découvrir quelque chose. Il y a toujours, d'abord, l'odeur de la maison, celle des habitants des habitudes, chacune ayant un caractère propre et innommable; l'aviez-vous remarqué, il suffit d'ajouter un nouveau à un foyer et la maison change de peau, change d'odeur. Ici elle est agréable, diffuse, une odeur de Noël un peu, étrangement, ne savoir décrire mais apprécier sans en faire part. Je crois qu'il s'agirait d'un acte qualifié de bizarre par le monde. Deux noms, la fratrie, remarquer les J-J-J, avoir un sourire, lubie de parents. Il y a peut être une histoire à cette répétition, mais refuser d'y penser à un moment ne s'y prêtant pas. Aussi, au creux du ventre, une anguille : nervosité, salut. Face aux chers d'un cher à soi, il y a probablement l'attente, une image déjà construite, et l'espoir de ne pas paraître détestable sur x critères.
X, d'ailleurs, est un bien bel inconnu; il est celui de tous, dans toute situation. X finalement est toujours présent, il est étonnant que l'on ne lui ait jusque là pas trouvé d'identité.

Le salon, une grande pièce chaleureuse (comme les maisonnées ressemblent à leurs habitants), et une Jade version première année assise devant une de ces machines à images, celles qui racontent des histoires en couleurs et en sons, mais entourées d'un cadre carré. C'est une enfant, c'est si facile, secouer la main en guise de salut. Bonjour, toi. Je suis Shela. Les enfants ont la discussion facile, ils n'ont pas de questions déplacées, s'apaisent de n'importe quelle réponse. Il semble. Avoir cette image là de l'enfant bulle qui a son monde et n'a besoin de percer ceux des autres, l'enfant candide qui jusqu'à tard s'invente une innocence, et travaille dur à la garder. Les muscles, adoucis par la température, coulent et fondent, retirer son sac à dos et le poser contre un mur, questionnant Jade du regard, c'est correct de le laisser là ? Noter tardivement, trois fois elle s'est excusée sans besoin de le faire, sourire des yeux. La blonde, malgré les langueurs entre nos interactions, ne change pas, et cette égalité de forme est rassurante, choses immuables, falaise. Je dois enlever mes chaussures ? L'une et l'autre solution ont aux avantages, des inconvénients; les garder permet la sécurité de la fuite, si jamais parce qu'il faut toujours une sortie, les retirer offre une plongée plus grande dans le confort de l'appartement. Tu vas bien ? Oh, au fait, Jake Jasmine Jade ? C'est rigolo. Laisser son regard se promener dans le salon, louchant parfois sur le carré coloré, la jeune Wilder, les meubles et leur donner des raisons des passés.
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Re: Londres - Quartier Historique

Message par : Jade Wilder, Lun 15 Jan 2018 - 18:34


LA de Shela accordé.


Que c'était stressant de faire entrer quelqu'un dans son petit monde. Même quelqu'un comme Shela, qui ne juge pas, qui possède une chose étrange nommée confiance. Même cette personne qui comptait tant, se montrait terrifiante au moment de révéler une part de soi. Nul doute que Jade n'en avait plus aucunement l'habitude, préférant garder son jardin secret, le gardant souvent parce-qu'elle n'avait tout simplement personne pour le montrer. Oh non, pas de plainte, c'était volontaire. Laisser les gens prendre place dans une vie, dans un coeur, c'était prendre le risque de se voir dépossédé d'une part de soi quand vient le temps des adieux. Trop d'expérience, pas la bonne, lui ayant apprit à fermer coeur et vie à autrui. Déception après déception, son coeur s'était forgé de manière à ne plus laisser quiconque entrer. Par simple sécurité.

Peu de personnes avaient trouvé la clé, Shela était l'une de ces exceptions. Jade cherchait encore comment elle avait fait la verte, pour passer toutes les barrières, pour encore une fois ce soir là, en franchir une nouvelle. Combien de temps depuis la dernière visite ? De quelqu'un de proche, bien entendu. C'était loin, si lointain qu'elle ne s'en rappelait même pas. Avant le départ, avant le drame sans doute également. Plus de 9 ans sans ouvrir sa porte au coeur, qui aurait cru que le temps puisse jouer ce genre de tour.

Son stress était peut-être alors justifié. Mais par dessus tout, elle craignait que cela pèse sur la soirée et éloigne cette proximité tentée. Alors, il fallait prendre les choses en main et mettre gêne et honte de côté. Ce n'était pas si terrible après tout. L'appartement était petit, accueillant mais petit, on pouvait se demander comment les Wilder tenaient à trois là-dedans. L'absence de Jade les trois quarts du temps aidait beaucoup, au moins Jasmine pouvait avoir la grande chambre pour elle toute seule. D'ailleurs en y pensant, Jade nota dans un coin de sa tête qu'une visite était de coutume. Non ? Les fois où elle s'était rendue chez d'autres, cela se passait ainsi en tout cas. Elle ne pouvait faire que ça, se référer aux autres en espérant bien faire. Sans vraiment s'en rendre compte, l'Italienne guettait le regard de sa camarade, comme pour anticiper des réactions, voir ce qui n'allait pas, ce qui plaisait ou non. Ridicule, mais difficile à cesser. Toujours ce besoin de repère. Pourtant, elle la laissait également découvrir les lieux. Prendre ses marques, nécessaires sans doute pour passer une bonne soirée.

- Bonjour, toi. Je suis Shela.

Premier contact avec sa famille. Ça pouvait paraitre rien du tout, juste un bonjour, mais que c'était important. C'était bête avouons le, Shela était parfaite, chaque membre de cette famille ne pouvait que l'apprécier. Plus encore l'enfant charme qui sourit tout le temps, incapable de rompre cette tradition en se tournant vers celle qui était alors un peu moins inconnue.

- Bonjour ! Il est joli ton prénom ! Moi c'est Jasmine !

Sourire ravi d'une enfant découvrant un nouveau visage, la vérité sort de la bouche des enfants et ils n'ont pas de freins, pas de limites. Jasmine était souriante auprès de tous - ou presque - mais son visage ne s'illuminait ainsi qu'avec certains. Peut-être, sans doute, qu'en connaissant sa grande soeur, elle avait l'intime conviction que cette nouvelle venue était bien plus importante qu'une simple visite de courtoisie.

Captant le regard de Shela dans sa direction, Jade ne tarda pas à faire le lien avec ses affaires. Bon sang elle avait oublié de lui dire ça. De lui donner des informations, des repères, quelque chose. Accélération exagérée du rythme cardiaque alors qu'une mine plus gênée apparaissait sur son visage de poupée. Signe de tête pour approuver, ils n'avaient de toute façon pas d'endroit attitré pour poser les affaires, même les manteaux étaient posés dans un coin, sur un fauteuil acculé.

- Je dois enlever mes chaussures ?

Bug. Hein ? Ah oui les chaussures. Olala elle n'allait pas s'en sortir. Elle ne savait pas ce que les gens demandaient en arrivant. Pourtant, elle devrait connaitre l'incertitude d'un nouvel endroit... ou pas. Elle était aussi peu invitée qu'hôte, à vrai dire. Heureusement, la réponse s'imposa toute seule et fut plus facile à débiter qu'elle l'aurait cru.

- Oh c'est comme tu veux ! L'important c'est que toi, tu te sentes bien, on fait un peu comme on veut ici.

D'ailleurs, d'un léger mouvement, elle envoya valser ses chaussures contre un mur, restant en chaussettes. Elle passerait sa vie en chaussette si elle en avait la possibilité, c'était juste trop agréable. Espérant secrètement que ce geste simple aiderait Shela à se sentir plus à sa place, la blondinette alla ensuite ébouriffer les cheveux de sa soeur, prenant la télécommande et baissant le son de la télévision.

- Tu vas t'abîmer les oreilles à mettre si fort.
- Ooooh allez Jade, encore un peu ! Un tout petit petit peu !
- Mais oui, juste moins fort. Tu peux continuer tant que Jake n'est pas là de toute façon. Mais range un peu ton bazar ok ?
- Ok !

En effet la table basse croulait sous les dessins enfantins et les feutres mal fermés. Jasmine aimait beaucoup dessiner, mais pas beaucoup ranger. Néanmoins, Jade savait qu'elle pouvait compter sur sa soeur pour que tout soit en place une fois le moment venu. Lui adressant un petit sourire attendrit, l'adolescente revint vers son invitée.

- Tu vas bien ? Oh, au fait, Jake Jasmine Jade ? C'est rigolo.

Large sourire, c'était peut-être bête, mais la concordance de leurs prénoms signifiait beaucoup à partir de pas grand chose. Disons qu'il s'agissait d'un souvenir tout particulier laissé par leurs parents. Un rire s'imposa, tout naturellement.

- Oh oui ça va... Et hum... nos parents aimaient l'idée de commencer les prénoms avec la même lettre. Du côté de ma mère, ils ont fait ça pendant des générations ! Ils changeaient simplement la lettre à chaque nouvelle lignée selon leurs préférences et pour nous... c'était le J.

Le genre d'histoire bête, de manies familiales qui semble idiot comme ça mais qui fait chaud au coeur à raconter. Peu à peu, Jade se sentait plus à l'aise, prenant elle aussi ses marques alors qu'elle était dans son propre appartement. Il ne restait plus qu'à espérer que ce soit la même chose pour Shela et surtout, pas le contraire.

- Tu peux poser ton manteau là si tu veux !

Petit signe vers des emplacements qui normalement, devraient servir de porte-manteau au quotidien. Sauf que Jake, Jade et Jasmine étaient plutôt du genre à balancer leurs atours dans un coin. Mais Shela étant son invitée, Jade pouvait au moins lui proposer de mettre son manteau à une place appropriée, tout le monde n'était pas aussi désorganisé que la petite famille. Réflexion, l'espace d'une demi-seconde. Il lui restait plusieurs choses à faire, mais elle avait encore du temps. Alors il semblerait que son plan d'un peu plus tôt puisse être appliqué...

- Je te fais visiter ?

Il n'y avait pas grand chose à voir en vérité, l'appartement n'était pas immense et le salon était ce qu'on pouvait appeler la pièce principale des lieux. Bifurquant légèrement, Jade ouvrit une porte qui menait à la cuisine, plus traditionnelle que moderne, possédant multiples placards en bois brut et un plan de travail où étaient posées quelques préparations faites par Jade et sa soeur, un peu plus tôt dans la journée. Du coup, une petite odeur de sucre flottait dans la pièce, preuve d'une cuisson encore récente. La suite de la visite les mena à la chambre de Jake qui était plutôt sobre, quelques affaires trainaient par-ci par-là et des cadres renfermant de précieuses photos de famille ornaient les quelques meubles présents dans la pièce. La suite fut consacrée à la chambre de Jasmine, la plus grande des trois chambres en vérité, point qui tenait particulièrement à coeur aux ainés. Ils voulaient tous deux que l'enfant vive son enfance de la meilleure des façons et ce malgré la précarité qu'ils cachaient avec soin. Jasmine ne manquait jamais de rien, ça ils y tenaient.

Enfin, Jade montra une échelle  au fond de l'appartement, celle-ci semblant monter à une pièce secrète. Comme une ouverture vers un autre monde remplit d'inconnu et d'aventures !

- J'espère que tu n'as pas le vertige !

Petit sourire, avant que Jade ne prenne les devants et ne grimpe les quelques barreaux les menant à une sorte de mezzanine sous les toits. Telle était sa chambre, depuis laquelle on pouvait voir le salon mais pas l'inverse. Sans doute ce qui plaisait beaucoup à la blondinette d'ailleurs. Sans plus tarder, Jade tendit sa main à Shela pour l'aider à se hisser jusqu'en haut et surtout, pour être sûre qu'elle ne tombait pas. L'endroit possédait de longues étagères prenant une bonne partie de la place sur les murs, bon nombre de livres y étant recensés, plus ou moins rangés, mélangeant allègrement littérature moldue et sorcière. Quelques cadres, accrochés aux murs, là aussi représentant sa famille. Quelques peluches, preuves de cette part enfantine résidant encore et toujours en elle. Beaucoup de détails par-ci par-là, bordel organisé de figurines équestres ou d'objets divers qu'elle était incapable de ranger. Et enfin, un lit, plutôt grand pour le peu d'espace qu'elle avait. Petit stress, voilà que sa vie entière s'ouvrait à sa camarade. C'était stressant... mais ça avait aussi un côté... euphorique, étrangement.

- Voilà, c'est ma chambre... Je suis désolée c'est un peu le bazar, je ne suis pas très douée pour organiser tout ça.

Sourire timide. Toujours cette manie de s'excuser sans cesse, mais elle n'y pouvait rien, c'était automatique. D'ailleurs elle enchaina.

- Euh on a lit pliant si tu veux, je ne l'ai pas mis parce-que je ne savais pas trop si ça te dérangeait de dormir dans le même lit ou pas... C'est toi qui vois !

Et dans un geste, s'asseoir sur le lit en question, parce-qu'elle avait étrangement les jambes en coton. Le stress sans doute. Elle n'aurait jamais cru que ce serait aussi difficile d'inviter quelqu'un chez soi, de penser à des dizaines de choses à la fois pour que tout se passe bien sans avoir aucune certitude que ça allait VRAIMENT bien se passer. Mais il n'y avait pas de raison, n'est-ce pas ? Elles n'étaient pas là pour se prendre la tête, Jade devrait vraiment s'en rappeler une bonne fois pour toute. Oh, un détail lui avait échappé.

- J'ai oublié, la salle de bain est juste en bas, à droite du salon. Je te montrerais quand on redescendra si tu veux. Tu pourras amener ton sac ici si tu préfères, pour avoir tes affaires à portée de main. Je sais que je n'aime pas me séparer des miennes quand je ne suis pas chez moi.

Elle déblatérait, ça devait être franchement agaçant. Se mordillant la lèvre, Jade tenta de remettre ses idées en place. Elle était tellement occupée par un milliard de pensées dans sa tête, tout le temps, que tout se bousculait parfois. Mais elle savait aussi reconnaitre les moments où il était préférable de se calmer et de laisser sa place aux discussions simples et faciles.

- Désolée, j'ai un peu expédié ta question tout à l'heure... Ça va, vraiment, c'est juste que je n'ai pas vraiment l'habitude d'accueillir qui que ce soit ici... Pardon si je suis maladroite. Et toi, comment tu vas ?
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Re: Londres - Quartier Historique

Message par : Shela Diggle, Jeu 18 Jan 2018 - 12:00


Offrir le choix n'est pas une apaisante opportunité; dans une des options proposées, un probable désenchantement chez l'autre, et devoir deviner lequel. Mieux vaut décrire immédiatement une loi, la suivre, ainsi rien de subjectif n'atteint aucun des deux partis, c'est une règle et ne devoir s'y opposer, s'il y a mécontentement, c'est à l'égard de cette loi. Par chance, Jade se défait de ses chaussures, et imiter le mouvement, rassurée par la possibilité de se faire miroir. Certains méprisent cette technique caméléon permettant de se fondre partout, de se faire agréable à autrui, pourtant ne lui voir que du bien. S'il n'y a pas de valeur à défendre, mieux vaut copier, réduire fortement le risque d'erreur, et ainsi s'attirer les bienveillances du monde à qui il est rassurant d'imiter les repères. Se déchausser, donc, à côté les deux filles discutent, sentir, à l'anticipation de l'arrivée du frère, son ventre se nouer, les adultes sont source de nervosité, sans en connaître la raison, et il y a repas repas, il y a un an je n'aurais pu imaginer tel scénario c'était, une idée à la fois grotesque et utopique, dîner et en présence d'individus extérieurs. Reste encore une once d'inquiétude, quelque chose de profondément enfoui, caché, ne savoir si Jade se rend bien compte, si même elle y pense encore, si elle s'imagine l'épreuve
non
ce n'est pas une épreuve

La façon dont on utilise un vocabulaire en dit trop, et il faut, bannir de péjoratifs adjectifs au verbe du dîner, assurer une quiétude. La blonde réapparaît soudain. Ce doit être amusant, tout un tas de fratries tamponnées des mêmes lettres majuscules, penser, famille soudée pour ainsi continuer des traditions lui étant propres, imaginer dans un cadre photo, une trentaine d'italiens blonds, souriants, chacun ayant la main sur l'épaule ou la hanche d'un autre. Dresser là un portrait possiblement faussé, mais aimer dessiner l'autour d'un monde sympathique, penser à sa propre famille, séparée, pas très grande, aimante mais sans cette soudure qui semble empreindre celle de mon hôte. Poser le manteau à l'endroit indiqué, piétiner un peu, heureuse d'être débarrassée, de goûter à ce qu'est un quotidien de Jade. Il est intimidant d'y être propulsée, car intime pour elle, elle qui nécessairement souhaite la perfection - quel étrange dessein. Des désirs impossibles, en voilà un qui étonne particulièrement; s'il y a bien une chose que l'on sait inexistante, c'est celle-ci, et pourtant on lui coure après, avec détermination, presque rage, vous m'êtes bizarres. Jade qui souhaite perfection et être si peu carrée, si chiffon brouillon, si peu orientée si incapable, espérer qu'en les gens elle ne cherche un quelconque idéal. N'avoir aucun absolu, et bien s'en satisfaire, mais il y a des personnes importance. Cette grappe minuscule qui, elle seule, peut faire naître la gêne la honte.

Répondre à l'affirmative et la suivre dans son chez-soi, poser prudemment les pieds, observer sans le contact tactile que l'on apprécie tant, laisser en place l'intimité du lieu, savoir que toucher équivaut à déranger un équilibre; il faut permission. Sa cuisine égare toute odeur que l'on aurait pu deviner auparavant, ici, quelque chose de mangeable s'étire et s'étend, et de mon nez peu fin n'arriver à décider de quoi il s'agit. Quelque chose de chaud, mais peu de mets froids sentent assez fort pour en imprégner une pièce. Dans chaque pièce, une petite place au désordre, quelques objets perdus qui signifient qu'il s'agit d'un espace rassurant, d'un lieu de vie personnel. Trop d'ordre est mensonger ou signe d'inconfort, ne pas souhaiter rester, y poser ses marques. C'est, à l'image du salon, un appartement chaleureux. Balayer de doux regard les pièces, les bifurcations les encombrements, les étagères, chercher les détails, ils ne sont pas camouflés, ils reflètent certainement la vie des trois compères, et aimer ce qu'en raconte les meubles. Jasmine a une chambre d'enfant, regorgeante de ces signes de l'émerveillement, le frère est plus discret ou à l'aise dans un espace ouvert, défait de trop plein.
Jade présente désormais une échelle, pas assez haute pour être déstabilisante - les hauteurs sont détestables -, et grimper à sa suite, remercier sa main secouriste d'un battement de paupières.

Là, une chambre ouverte, et c'est la chute du quatrième mur. Fenêtres sur fenêtres, ouverture au ciel, presque, et quantité de livres à s'en faire un château de contes. Partout, mais sans réel désordre, des détails, cadres peluches collections, reconnaître dans un rayonnage, un livre de cours. C'est un lieu magique. Aux yeux le merveilleux, et, en se tournant vers la blonde, attraper son sourire, un sourire si juste. Sourire en retour, simplement heureuse. Ce n'est pas un bazar, c'est une chambre géniale et aussitôt répondre à sa demande, avec peut être trop d'empressement non, ton lit c'est bien, je veux bien dormir avec toi, hésiter à ajouter si tu le souhaites, mais proposition invoque volonté, ce ne devrait être nécessaire. S'asseoir à côté d'elle, observer la chambre de ce nouvel angle, hocher la tête aux dires de Jade. Avoir peu de matérielles choses comptant réellement, en fait, ne trop savoir s'il s'agit d'un fait correct. Je le monterai tout à l'heure, et sourire à sa nouvelle réponse. Jade à qui l'avis d'autrui importe. Tu gères, en hôte. Tu pourrais en faire ton métier. Ne pas relever son énième excuse, tenter de rassurer. Je vais bien, j'aime beaucoup ta chambre. C'est très toi. Raconte moi un peu, depuis la dernière fois ?
pour moi rien de particulier, du mal à dormir, sinon c'est plat, mais ça me va bien
ça permet de ne pas trop penser. Jake fait quoi pour rentrer à ces heures-ci ? tu viens les voir chaque vacances ?
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Re: Londres - Quartier Historique

Message par : Jade Wilder, Mer 7 Fév 2018 - 8:40


Jade n'aurait jamais cru que ça pouvait être aussi déstabilisant que de faire découvrir son Monde à quelqu'un. Ce n'était rien pourtant, une visite de son cocon, du seul endroit où elle pensait se sentir, presque, en sécurité. Si c'était encore possible. Et malgré la confiance qu'elle portait envers Shela, ça restait quelque chose de très exceptionnel.

A vrai dire, l'Italienne n'avait pas eu d'amis depuis longtemps. Il y avait bien sûr, les amis d'enfance, ceux qu'on pense garder pour toujours parce-que notre coeur d'enfant et les contes de fée nous poussent à le croire. Les goûts d'anniversaires, si insouciants et remplis de joie. Et puis comme tout le monde, elle avait grandit. Tout se passait bien pour elle au final, elle semblait si bien entourée, comme n'importe quelle enfant. Jusqu'à ce que tout bascule et que sa vie entière s'écroule, emportant son innocence dans la tempête. C'est dans les moments les plus durs qu'on voit qui sont nos véritables amis, croyez le vraiment. A partir de cette terrible nuit, elle n'avait plus été pour les gens que "l'orpheline", cette "pauvre enfant" qui avait échappé à la mort. Et commes les illusions, ses amis s'étaient faits rares avant de devenir totalement absents. Elle avait connu la solitude au moment où tous les autres pensaient à inviter leurs amis au cinéma, où ils dormaient les uns chez les autres et partageaient leurs premiers potins. Sa version de l'histoire avait été bien différente. Heureusement le temps passe et efface les faits divers dans la tête des gens. De fille bizarre, elle était passée à fille banale, qu'on appréciait sans pour autant en être l'amie. Nul doute que l'Italienne n'avait aidé en rien, s'étant murée dans un espace rien qu'à elle où personne n'avait le droit de passer, mais mine de rien, ce manque lui avait toujours pesé. Voir les autres s'entendre et discuter, partager de bons moments, alors qu'elle ne pouvait aller nulle part à défaut d'avoir quelqu'un avec qui vivre une vie un peu moins monotone. Pas de concerts, pas de sorties au cinéma, pas de soirées entre amis. Parfois, elle avait l'impression d'avoir loupé une partie de sa vie.

Alors bien sûr qu'inviter Shela avait quelque chose d'effrayant. C'était si peu commun. Mais à bien y réfléchir, c'était aussi un soulagement. Peut-être qu'au fond, elle n'était pas si anormale. Envisager d'accorder sa confiance lui faisait très peu. Elle qui s'était ancrée dans la tête qu'elle portait la poisse à tous ceux qui croisaient son chemin. Espoir, que Shela ne fasse pas partie de ces personnes. Jade s'était tellement attachée à elle. Elle lui faisait confiance et avait enfin l'impression de compter pour quelqu'un autant qu'elle comptait pour elle. Déstabilisant et grisant à la fois, ce mélange de sentiment formait une drôle de mixture.

Heureusement, Shela ne semblait pas déçue de la visite. Jade avait passé une partie de l'après-midi à tout ranger à peu près correctement, bien qu'elle ne soit pas sûre de ce qui était correct ou non. D'ailleurs, sa chambre qui lui paraissait tellement en désordre là tout de suite était pourtant rangée, à sa façon en tout cas. C'est fou comme notre perception des choses change d'un moment à un autre et surtout, selon les gens qui sont à proximité. Tout ce que la blondinette voulait, c'était ne pas décevoir Shela. Et elle, avait-elle seulement conscience de l'enjeu qu'avait cette soirée ? Jade savait que ça n'était pas facile non plus pour sa camarade. Entrer dans un lieu inconnu était sans doute aussi difficile que de laisser quelqu'un entrer chez soi, et la blairelle n'oubliait pas leur discussion, dans la salle de classe vide. Une invitation à dîner... En écrivant sa lettre, la préfète n'avait pas vraiment conscience de son erreur, n'y ayant réfléchit qu'après. Elle avait alors fait de son mieux pour que tout se passe bien, pour ne pas gêner son invitée, pour... juste pour faire bien les choses. Comme une personne normale.

- Tu gères, en hôte. Tu pourrais en faire ton métier.

Petit rire, un peu nerveux. Elle, travailler dans ce genre de branche ? C'était à la fois plaisant et amusant comme idée. Elle qui n'avait absolument aucune certitude quant à son avenir réfléchissait à chaque possibilité qui pouvait s'ouvrir à elle. Pourquoi pas, faire des chambres d'hôtes ? Mais cela coûtait cher à mettre en place, cette ébauche de projet ne semblait qu'être une lointaine possibilité. Les chemins vers son avenir étaient incertains, elle avait beau y réfléchir chaque jour c'était encore une question sans réponse. A tout espoir venaient s'ajouter des obstacles. Elle avait bien quelques idées mais... ça semblait si loin, par rapport aux priorités immédiates...

- Je vais bien, j'aime beaucoup ta chambre. C'est très toi. Raconte moi un peu, depuis la dernière fois ? Pour moi rien de particulier, du mal à dormir, sinon c'est plat, mais ça me va bien ça permet de ne pas trop penser. Jake fait quoi pour rentrer à ces heures-ci ? tu viens les voir chaque vacances ?

Petit sourire en coin. Shela n'en avait probablement pas conscience, mais Jade lui était vraiment reconnaissante pour ce qu'elle faisait. Parce-que outre le simple fait de la faire entrer dans l'appartement, elle avait surtout une grande peur: qu'elles n'aient rien à se dire. L'Italienne n'était pas très douée pour faire la conversation, pourtant elle détestait les silences, les trouvant gênants. Elle comptait alors beaucoup sur Shela pour palier à ce manque, et la verte faisait ça avec brio, la poussant à se détendre un peu plus. Il fallait tout de même penser à répondre, plutôt que se reposer sur ses lauriers.

- J'ai du mal à dormir aussi... C'est étrange en ce moment... Il y a beaucoup de choses qui ne tournent pas rond à mes yeux et je n'arrête pas d'y penser.

Étrange que d'avouer sans douter. Ce n'était pas quelque chose de commun pour elle, que de parler de ses difficultés au sommeil. Néanmoins, elle était loin d'être la seule visiblement.

- Et toi, pourquoi ces insomnies ?

C'était important. Elle savait si peu de choses sur Shela en fin de compte, alors qu'au contraire, sa camarade en savait tellement sur bien des points de sa vie, même les plus sombres. En même temps, Jade n'osait que rarement poser des questions, alors elle se disait que cette soirée pouvait en être l'occasion ? Pour une fois qu'elles n'étaient qu'à deux. Songeant aux questions sur sa famille, Jade mit quelques secondes à répondre, cherchant ses mots. Par pour cacher quoi que ce soit, mais surtout parce-qu'elle n'aimait pas trop ce qu'elle devait dire. Néanmoins, mentir à Shela n'était pas dans ses projets, alors elle haussa les épaules.

- C'est souvent différent. Son travail principal, c'est dans un garage, mais ça n'était pas suffisant alors il prend d'autres petits boulots dès qu'il en trouve et il fait des heures supplémentaires. Là il doit finir au garage justement.

Petit soupir, alors qu'elle se levait et s'accoudait doucement à la barrière, sans avoir quelconque peur du vide. Les yeux quelques instants perdus dans le vide, ou plutôt vers le salon où jouait sa petite soeur, la blondinette finit par se retourner, les reins adossés à la barrière.

- Je viens dès que je peux ! Sans doute pas assez à mon goût, mais quand je peux sortir de Poudlard j'essaye de travailler moi aussi. Ne dis rien à Jake, il me tuerait si il le savait... Enfin je veux être là pour Jasmine... Je ne veux pas qu'elle se sente seule...

Le "Comme j'ai pu l'être" faillit tomber, mais resta précieusement dans les pensées. Elle n'en voulait pas à Jake d'avoir été un peu absent. Il avait fait ce qu'il pouvait pour conserver la garde de ses soeurs, même si ça incluait des sacrifices. Leur relation n'était pas toujours simple, mais Jade savait parfaitement que faire passer le travail avant sa famille n'avait pas été chose facile pour son grand frère. A nouveau, l'envie d'en savoir plus sur son invitée se manifesta. Un nouveau sourire apparut, un peu difficile après ces quelques aveux, mais sincère tout de même.

- Et toi, tu habites loin d'ici ? Tu as des frères et soeurs ?

Tant de questions, trop pour ne pas paraitre indiscrète, alors elle se forçait à les lâcher au compte goutte pour ne pas effrayer. Une surtout, qui la taraudait, mais qui attendrait encore un peu.
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Re: Londres - Quartier Historique

Message par : Shela Diggle, Dim 11 Fév 2018 - 18:48


Converser demande non seulement de placer beaucoup de mots, mais aussi de les ordonner de les faire clairs. L'affirmative infirmative ne peut suffire, il y a besoin d'allonger, de penser un peu plus, d'ordonner le spontané. Converser est trop en dire ou jamais assez, mais cela importe peu avec Jade; elle ne saurait prendre mal des paroles minuscules. Aussi prendre ses aises sur ce lit, s'appuyer sur ses mains, attraper du bout des doigts les réponses de la blonde. Cela fait tout drôle, cette fille rencontrée sur la plage et est devenue petit à petit une importance, rougir au souvenir qu'il ne s'agit pas de la seule personne importance qui ait fait une première sur du sable. Jade est sans le sommeil, il va falloir questionner, et soi, quelles raisons ? parce que l'on dort éveillée, que l'artificiel somme est dénué de récupération il n'est que délivrance, s'y jeter bras ouverts, l'artificiel somme efface les cernes et creuse le désir de dormir, encore encore encore

est-ce une réponse pour Jade ? elle risque l'inquiétude, et le malaise pesant ensuite, l'exact pareil malaise à dans la salle de l'école, sans la rage, sans la violence envers soi-même. Simplement un mince désintérêt à sa santé, l'immédiat requérant un certain abandon, balayer d'un revers de main les possibles secondaires répercussions; elles sont futures ? c'est inexistant. Ce qui n'est pas ne sera pas non plus, si l'on s'applique à fermement clore les paupières. Je crois que c'est une réponse plus effrayante encore, mieux vaut la taire peut être, ce ne lui sera pas utile, beaucoup de gens cherchent à s'endormir en empruntant divers chemins autre que la seule patience. Je n'ai pas grand chose pour me fatiguer en un sourire, il ne s'agit en rien d'un mensonge. Nul effort physique, peu de temps procuré aux étudiantes révisions, peu de présence. Etre une solitaire et bien que les gens puissent être intéressants, l'ermitage reste une activité chérie de tout mon être. Jake doit subvenir aux besoins, et c'est pourquoi il se débrouille de la sorte - placer les verbes, il ne semble y avoir de choix. Avoir cherché, dans le comportements les gestes de Jade, des indices, être, en compréhension du corps, une novice. Un discret soupir, peut être de l'hésitation, avoir déduit que donc il ne s'agit de choix mais d'un nécessaire travail. C'est une belle chose que la jeune femme soit entourée par des personnes veillant sur elle; n'avoir d'emprise sur le bien-être d'autrui, ou ne souhaiter en avoir, il y a cette immense responsabilité d'alors devoir faire attention à soi, et c'est un terme d'un contrat impossible. Songer songer, naguère ce mot de mon vocabulaire était banni.

- Courageux. Doit être un chouette frère n'être sûre, à pareille position, de pouvoir ou faire en sorte de me battre pour le reste, se dire plutôt, l'on est une bouche en trop, autant la supprimer ! allons-nous en. Reste une autre enfant, et quelques plus hauts parents, ils se débrouilleront. Ce n'est pas d'une indignité monstre, il semble, parce que connaître son propre poids. Grimacer lorsqu'elle se penche à la balustrade, le vide aspire, mais vite reprendre contenance, elle connaît sa maison. Il va falloir cesser avec cette mésentente risible avec la hauteur. Froncer sourcils brusquement, elle aussi ? non par choix mais par nécessité, et cela pourrait impacter, sur, quoi, ses études, inquiétude d'adulte, son état général, c'est pas évitable ? Je comprends que tu veuilles aider mais c'est pas le mieux si ça te vole du temps. Ils ont besoin de toi telle quelle.
sous entendre, en bonne santé en entièreté, si elle savait combien il est possible d'être éveillé elle risquerait de s'user chaque heure du jour - il faut éviter le sujet sommeil. Pourtant la tue question réapparaît, et se renfrogner quelque peu. C'est pour ça que tu ne dors pas ? sans le jugement, sans l'insidieux conseil. Une question d'amie, parce que souhaiter savoir souhaiter, aider à sa manière.

Attraper ses questions avec chaleur, contente de pouvoir sauter à des paroles plus aisées, conversation gentille. Des mots échange une mini sœur, et maman habite à quelques heures de Londes. Une petite ville. Parler d'elles sans s'inclure, n'avoir de maison, préférer Poudlard à la cohabitation familiale. On s'entend pas mal, mais ce n'est pas comme entre vous, des doigts, mimer un cercle. Vous êtes très proches. Tu as beaucoup d'autre famille ?
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Re: Londres - Quartier Historique

Message par : Jade Wilder, Lun 5 Mar 2018 - 13:12


Parler, s'ouvrir, laisser échapper quelques parcelles de sa maigre existence... C'était étrange. Peu habituel. Qui avait droit à ses discours, à ses doutes ? Personne en fait, peur trop grande de rejet ou de moqueries. Avouer ses faiblesses, c'était s'exposer, se rendre plus faible, à nu face aux coups bas. Des années que Jade n'avait pas vraiment fait confiance, donné des informations à qui que ce soit pour éviter le retour de bâton. Elle y avait trop goûté par le passé, se méfiait des gens à présent. Les bonnes personnes existaient. Mais lorsque tout est pesant, qu'on a besoin d'une simple oreille pour libérer un peu de chagrin, comment être sûr qu'en face les intentions soient louables ? On ne peut se mentir, les bonnes personnes étaient rares. La peur de tomber sur leurs contraires empêchait toute confession du côté de l'Italienne, au moins le risque n'était pas pris.

Mais face à cet aveu, triste vérité. A vouloir éviter les mauvaises personnes, elle slalomait aussi entre les bonnes. Pour une adolescente, elle ne ressemblait vraiment pas aux autres. Peut-être à l'apparence, éventuellement. Elle avait le profil type de quelqu'un qui pouvait se faire des amis. Mais dans la pratique c'était autre chose. Sa mentalité n'y était pas, son attitude repoussait finalement tous les courageux et chaque jour un peu plus, elle constatait les dégâts.

Être seule n'était pas si dramatique. Elle avait sa famille, ils étaient tout ce qui comptait. Mais se voir si différente, parfois, était plus pesant qu'elle n'oserait l'avouer. L'écart était visible, toujours plus aux yeux des autres qui au mieux lui parlaient formellement, au pire la trouvaient fayotte ou bizarre. Quel était le pire ? Être générique au milieu des gens, ou être particulière négativement ? Elle n'avait pas la réponse à cette question. Mais ces constatations donnaient déjà un élément de réponse. Elle ne dormait pas, pour des dizaines de raisons, mais le sentiment de ne pas appartenir au Monde était particulièrement amer dans la gorge. Triste dans la tête, provoquant des larmes tard le soir, quand personne ne peut voir. Un besoin de normalité que peut-être n'atteindrait-elle jamais. Et à nouveau, se taire, parce-qu'avouer tout ça ne ferait qu'un peu plus de drama. Shela n'était pourtant pas du genre à juger, Jade le savait et pourtant... pourtant elle ne pouvait pas avouer tout ça, dire à haute voix à quel point c'était dérangeant. Soucis futile à ses yeux, elle n'avait qu'à se comporter normalement pour une fois, peut-être que les choses s'arrangeraient si elle était normale.

Mots de son invitée, sortant d'une sorte de torpeur. Immédiatement, honte que de voir ses pensées partir vers sa personne, alors qu'elle était loin d'être la seule à ne pas trouver le sommeil et que chez les autres, cela lui paraissait autrement plus inquiétant. Être fatiguée... La vie était fatigante en soi. Elle ne faisait aucun cadeau. N'était-ce pas une raison suffisante pour trouver le sommeil ?

Shela était sans doute à ce jour celle qui en savait le plus sur l'Italienne. Étrange, le contraire n'était pas du même refrain. Jade voulait vraiment connaitre plus cette fille étrange, qui semblait hors du temps, hors des jugements habituels. Qui parvenait à briser la glace juste avec quelques mots, quelques regards. Mais avoir peur, encore, de dépasser les bornes et de voir l'autre partir. D'en demander trop, à défaut de pas assez. Elle ignorait la limite, n'y trouvait pas de sens. L'être humain était bizarre, si différent d'un individu à l'autre et force est de constater que Jade n'avait pas passé suffisamment de temps avec les autres pour en comprendre le fonctionnement. L'amitié, l'amour, ou les simples interactions sociales classiques lui paraissaient tellement... compliquées. Lui faisaient peur en fait. C'était pire lorsque, parfois, son coeur battait pour quelqu'un d'une façon toute particulière. Quand le concept d'attachement se manifestait chez elle. C'était tellement effrayant, tout ce qui pouvait arriver alors. Être incapable de gérer ça la rendait tout simplement pathétique. C'était ainsi qu'elle se voyait. Pathétique. Avoir envie de connaitre mieux, de savoir ce qui pouvait rendre la vie de son invitée compliquée à en perdre le sommeil. Elle savait certaines choses. Que peut-être, elle n'aurait pas dû savoir. Et pourtant Shela lui avait fait confiance, lui avait dit ce qui n'allait pas... et elles n'en avaient pas reparlé depuis. Sans doute que la verte n'en avait pas envie. Et Jade, avait peur. Que ses mots soient mal interprétés, que la confidence se transforme en regret. La peur semblait guider chaque ficelle de sa vie, jusqu'à ce concept étrange qu'était l'amitié. Pouvait-on vraiment tout se dire ? Le risque qu'elle percevait n'était-il pas trop réel pour qu'elle le prenne ? Et pourtant, elle avait tellement besoin de savoir comment allait son amie. La seule qui, à ce jour, semblait si proche. Il faudrait un jour faire un choix, Jade le savait, Jade le craignait, Jade le haïssait.

- Nul besoin de fatigue pour apprécier Morphée...

Petit sourire, à la fois hésitant et complice. Un pas, vers l'autre, un essai. Ce n'était pas grand chose, pas trop intrusif. Elle ne préférait pas insister, pas maintenant en tout cas. Peut-être plus tard dans la soirée, elles avaient tout leur temps. Jake était tellement heureux de la voir inviter une amie, chose qui n'était pas arrivée depuis bien longtemps. Et même si il souhaitait rencontrer ce spécimen étrange qui appréciait sa petite soeur, celle-ci le connaissait et savait qu'il les laisseraient tranquilles. Sans doute se doutait-il des peurs de celle qui avait son sang, sans en parler, juste savoir. Jade ne s'était pas encore prononcée quant à l'avantage ou l'inconvénient d'une telle réalité mais pour le coup, elle n'y pouvait rien. Les liens du sang se montraient parfois plus forts.

- Courageux. Doit être un chouette frère.

Nul besoin de réflexion là-dessus.

- Il est génial. On se dispute parfois... souvent. Mais je sais qu'il a toujours fait de son mieux. Pour lui non plus ça n'a pas été facile.

Se rendre compte du terrain glissant et vite, esquiver, en un aveu non-prémédité.

- Il est heureux que tu sois là ce soir tu sais... Ça lui fait plaisir. J'ai pas... pour habitude de beaucoup sortir ou de voir des gens. Il est heureux de voir que j'ai une amie.

Pointe au cœur. Même si Shela était ce qui s'en rapprochait le plus, le concept d'amitié lui faisait tellement peur qu'elle en perdait pied. Cacher ses peurs d'un sourire pourtant sincère, c'était tout ce dont elle était capable. Même ces paroles lui semblaient pathétiques. Après tout, tout le monde avait des amis. Shela semblait être le genre de fille appréciée des autres, et même désirée par certains. Pour Jade, rien de plus normal. Elle était jolie. Mais ce que voient les yeux extérieurs représentaient-ils une réalité ? Pouvoir se cacher derrière des masques était son avantage le plus certain, mais aussi son plus grand malaise avec les autres. Être incapable d'en connaitre les véritables intentions, les doutes ou les douleurs. Insupportable. A la moindre occasion, prendre le risque de dire ou de faire quelque chose qui pouvait marquer, blesser, séparer. Drôle de cercle que de ne pas oser demander par peur des choses cachées, alors que la meilleure façon de ne pas blesser était de demander.

Les mots, avec Shela, n'étaient pas difficiles à dire. Ils venaient comme ça, sans se poser de questions. Ça faisait du bien, d'un côté. Elle en avait si peu l'habitude la blonde. Mais l'honnêteté avait aussi son prix.

- C'est pas évitable ? Je comprends que tu veuilles aider mais c'est pas le mieux si ça te vole du temps. Ils ont besoin de toi telle quelle.

Regard qui fuit, automatiquement. Comme pour éviter un danger imminent. Parler de tout ça n'était pas dans ses habitudes, mais avec n'importe qui d'autre, l'Italienne aurait répondu des mots amers et secs. Là, elle ne savait tout simplement pas quoi répondre. Les pensées s'emmêlaient dans sa tête entre ce qu'elle voulait et ce qu'elle devait faire. Si bien que le silence fut, pour l'heure, sa seule réponse.

- C'est pour ça que tu ne dors pas ?

A nouveau, regard dirigé vers Shela. Shela et la vérité qu'elle prenait le risque de mettre en lumière. Elle n'avait pas peur elle, de demander. Jade l'admirait pour ça. Éviter de répondre aurait été son premier réflexe, pourquoi ne le mettait-elle pas en pratique ? Était-ce ceci que d'accepter ceux qu'on apprécie malgré les questions qu'on préfèrerait éviter ? Comment savoir, alors, que l'autre ne va pas se braquer comme elle aurait pu le faire ? N'était-ce qu'une histoire d'instinct et de confiance ? Quand on connait si peu tout cela, ça semble tellement... utopique. Soupir lent, profond, paupières closes pour pouvoir replacer ses pensées. Et oser, en dire un peu plus.

- C'est ce qu'il voudrait. C'est ce qu'ils veulent tous. Parce-que je suis trop jeune, parce-que je devrais faire autre chose de mon temps, parce-que je suis sensée être comme toutes les adolescentes et ne pas m'impliquer dans les affaires d'adultes.

Larmes qui montent, sans pouvoir y palier, et inspirer pour les retenir. Pincer les lèvres, réfléchir aux mots cette fois-ci, pour ne pas les laisser aller trop loin. A moitié échouer.

- Je suis pas ça. Cette fille, qu'il voudrait que je sois. C'est pas sa faute, je sais même pas si c'est moi qui suis bizarre ou si... les choses m'ont menée jusque là. J'en sais rien. Mais j'ai besoin de faire quelque chose. De me sentir utile. Ça me rend folle de ne rien faire.

Nouvelle inspiration, chasser les larmes d'un mouvement de la main et toujours, éviter son regard.

- Il y a plein de raisons qui font que je ne dors pas. Et ce n'est pas travailler qui m'empêche de dormir. C'est cette foutue impression de ne servir à rien.

Mots amers, envers elle-même, parce-que parfois elle se détestait. Surtout à cet instant, d'être trop faible et d'avouer. A cet instant, Jade aurait tout à fait comprit en voyant Shela fuir l'appartement. La fuir elle. Parce-que les gens comme elle n'intéressent personne. Ils sont juste effrayants.

Ses paroles semblaient si légères à côté. Ça faisait du bien. Lui faisait croire que la conversation pouvait continuer après ça. Est-ce que c'était possible au moins ? Peur de voir encore quelqu'un la fuir. Chose tellement courante qu'elle ne parvenait plus à envisager un autre scénario. Les yeux baissés, observant des doigts qui s'entremêlaient, la jeune fille cherchait une échappatoire visuelle.

- Ils sont tout pour moi. C'est important. La famille, c'est ce qui me semble être le plus stable au final, qu'on soit proches ou pas. Certaines ne pensent pas ainsi mais... j'essaye de croire que la famille ne pourra jamais abandonner, quoi qu'il arrive. C'est une accroche bizarre, je sais.

Besoin de bouger, la question s'y prêtait un peu. Quelques pas, vers l'un des cadres qu'elle prit en tremblant légèrement pour le tendre à son amie. Sur la photo, un homme, une femme et deux enfants plus jeunes qu'elle.

- C'est mon oncle. Le frère de mon père. On ne peut pas se voir en peinture, mais j'adore sa famille. On est pas des plus proches mais ils restent ma famille...
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Re: Londres - Quartier Historique

Message par : Shela Diggle, Ven 9 Mar 2018 - 18:47


Il y a des individus qui pensent qu'il est possible de saisir les sentiments des autres sans chercher à saisir les siens. Je pense qu'ils se méprennent grossièrement. Avoir un masque sur les yeux, et les mains en plus pour m'échapper de mes ressentis - bonjour, je suis la fuite. Et l'incapacité à être à l'aise dans le sentimentalisme, l'aveu, l'immensité de la vérité. C'est trop en une fois, le temps est petit, minuscule, il se rétracte, il angoisse et m'angoisse car ce mal-là est contagieux aussi. Si seulement le temps pouvait avoir un rhume plutôt qu'une anguille dans le ventre. Mais il faut serrer mâchoire, terrer la peur, juste écouter parler en réponse, écho, parce que c'est Jade, qu'elle ne fait pas peur, que ses sentiments par extension ne devraient pas non plus le faire. Qu'il ne s'agit pas de s'approprier tout cela, mais de les comprendre, et d'avoir les mots les actes et l'intérieur en cohérence avec. Facile. Rien de dangereux. Rien qui puisse entamer une longue descente, quelque chose de terrifiant. Ce ne sont pas des maux lancés au hasard, trahissant une certaine volonté de nuire, consciemment ou non. C'est une importance, car Jade l'est, Jade qui m'appelle amie et je crois que c'est la première fois qu'elle l'énonce à l'oral, sourire au cœur. Avoir envie de la serrer contre soi et entamer le spontané geste, l'affection qui grandit les bras, qui veut répondre au mot amie, mais elle continue et ne souhaiter la couper.

Alors il y a les mots le déluge de mots ne savoir soi en poser autant les uns à la suite des autres, les douleurs et agiter lentement les doigts, il y a comme un sac qu'elle aurait pris à bras le corps et balancé par terre, pour l'ouvrir, le voir se déverser de son gris son noir, un sac lourd qu'il a fallu porter seule, je crois, parce qu'elle ne pipe mot lorsqu'il y a douleur, parce qu'elle se tait et fait face. Trembler un peu face au sac qui coule encore et encore, de peur d'en attraper un peu, de peur de se voir noircie sans que ce soit volontaire, mais n'esquisser aucun mouvement pour la faire taire, parce que savoir qu'il lui faut parler, que ça lui est nécessaire. Parfois dans les chutes de mots douleur on trouve une solution. Jusqu'à ce jour, n'avoir su (deviner ?) quelle dose de temps elle a du accorder à autre chose que ses devoirs premiers, n'avoir su qu'elle se pensait différente, avoir toujours vu en elle une figure stable et rassurante, une personne temple, bien amarrée à son sol, un sans le soucis. Qu'il est étrange de comparer les deux versions, les deux images, il y a elle dans mes yeux et le miroir qu'elle se projette, penser penser, elle a tord, elle est meilleure que l'image qu'elle projette sur son miroir, penser, après tout l'on n'a d'exacte figuration de l'autre, si rien n'est faux il n'y a de tout à fait non plus.
S'il y a des visages insaisissables, il est simple de deviner l'afflux de salées au coin des yeux. Cependant il n'y a toujours pas d'entamé geste, parce que le sac pleure toujours, et qu'enfin sort le mot, le terrible, la sentence,
c'est l'inutilité

partir sur la famille et son importance, dédier de doux mots pour oublier le sac, éventré, gisant au sol. Etre heureuse qu'elle ait pu le jeter à terre. La force de son amour envers sa famille qui grossit le sentiment de n'en faire assez à leur égard, tu sais tu sais, je saisis mais j'ai les mots vilains, je ne sais parler bien, les gestes suffiront pas dans cette situation, pas vrai, pardonne ma maladresse. Prendre le cadre qu'elle me tend. River les yeux sur autre chose qu'elle facilite la discussion. Tu es bien. Je veux dire, tu n'as pas à être autre chose que toi, parce que tu es bien. Tu n'es pas inutile je crois, j'ai l'impression que vous vous débrouillez bien, geste autour de soi, ils ont un toit, un joli appartement. Tu veux le mieux mais le meilleur que tu puisses donner, c'est un bien aller, pas le sentiment de pouvoir aller plus loin que trop loin. Lâcher la photo sur le lit, se lever, et entourer la jeune femme de mes bras. Parce que mes mots parlent d'un impossible, si le bien aller dépend d'un relâchement de sa part mais aussi d'un sentiment d'utilité alimenté par le travail seulement.

S'éloigner c'est super d'avoir une famille comme la tienne. Disons des liens aussi forts. Je pense que mes proches sont biens aussi, mais c'est pas pareil. Je n'ai pas d'affinités particulières. Danser des doigts dans le vide, brièvement, trifouiller le vide dans les mains. Tu leur es utile, je pense. Ils t'aiment. Tu fais avec tes capacités c'est beaucoup moi je ne sais ni faire ni dire, je suis incapable de tout, immobile souvent.
Conscience que ce train de lettres ce train de pensées conduira à une gêne et il faut, un bout de sujet ailleurs, quelque chose d'aisé, aussi, adoucir l'amertume pose moi deux questions, je choisis les règles ensuite. Brutal pour s'éloigner, pour donner des pauses au vidage de sac, aux larmes. Pour permettre des entractes.





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Re: Londres - Quartier Historique

Message par : Jade Wilder, Ven 4 Mai 2018 - 5:51


Trigger Warning: un chouilla gore, au cas ou. Ah et des vilains mots aussi.


Jade se sentait parfois fatiguée. Avoir un poids sur les épaules qui vous écrase, vous rabaisse, vous affaiblis. Tout le temps. Il ne vous quitte pas et parfois, vous empêche de respirer. Ce poids, il était toujours là, comme un nuage noir faisant régner l'hiver pour ne plus jamais laisser un brin de soleil passer. Parce-que le bonheur, c'est pour les autres, pas pour soi. Parce-qu'on comble les absences comme on peut et que ça n'est jamais la bonne solution au final. Parfois le Monde est injuste. Il façonne les gens, les différencie toujours un peu plus et leur fabrique une personnalité au fil des années et des expériences. Sans penser aux conséquences. Sans voir que tout le monde ne finit pas heureux pour toujours. Parfois on n'arrive tout simplement pas à voir au delà, à aller de l'avant et on devient étrange aux yeux des autres. La fille bizarre sans parents. La fille bizarre qui comble le néant avec des bulles d'un bonheur éphémère. La fille bizarre qui les voit éclater sans cesse et finit, peu à peu, par abandonner.

Dans son esprit, personne ne pouvait comprendre. Chacun sa vie, chacun ses ennuis et même auprès d'une personne semblant aller bien plus mal qu'elle, ça ne suffisait pas. Tout faire pour minimiser son mal-être n'était pas une solution, ça ne l'avait jamais été et malheureusement, ça ne fonctionnait toujours pas. Alors elle se disait "Il y a tellement pire" et elle ravalait tous ces mots, ces pleurs d'enfant, qui l'enfermaient autant qu'elle les mettaient sous silence. La juste punition peut-être.

Interdite de sentiments, Jade s'était ainsi approprié la solitude. Elle paraissait si banale aux yeux des autres. C'est ce qu'elle voulait à vrai dire, surtout ne pas paraitre différente. Laisser ses masques prendre forme autour de son visage et chacun de ses traits pour devenir quelqu'un d'autre. Une autre que celle qui menaçait de hurler chaque jour pour espérer se faire entendre. Et la cage, la cage, elle se fissurait à chaque fois que son coeur laissait passer quelque chose. Le moindre sentiment, la moindre faiblesse, elle le payait ensuite au centuple parce-que toujours le passé nous rattrape. Alors quelle idée de prendre le risque ? Faire ce choix là, pourquoi ? Faire des choix était une obligation, comment faire alors quand dans tous les cas, la solution finale fera mal ? Choisir la moindre mesure et espérer que ça passe, jusqu'à se rendre compte que non, ça ne passe pas. Et se résoudre finalement à briser son propre coeur. Parce-que la vie est faite de choix et jamais ceux qui nous arrangent. Toujours ceux qui, sous couvert d'améliorer les choses, ne feront que détruire ce qui est caché. La logique aurait voulu que Jade se renferme. Qu'elle ne dise rien à Shela, d'ailleurs qu'elle ne s'en soit même jamais approchée. Et pourtant elles étaient là, se confiaient leurs plus grandes craintes à force de confiance. On aurait pu croire que ça soulageait, c'est ce qu'on veut toujours essayer de nous faire croire. "Parle, ça ira mieux après". C'est faux. Après, il y a la culpabilité d'avoir osé montrer ses faiblesses, la peur que l'autre nous abandonne et enfin, le dégoût de venir se plaindre alors que nos problèmes semblent tellement... anodins. Un dégoût de soi qui lui donnait envie de se griffer, s'arracher la peau comme pour enlever quelque chose qui nous révulse, juste pour avoir les mains prises, faire quelque chose, ne pas rester impuissant. Et pourtant seuls les doigts s'agitent, parce-que cette image n'était que dans sa tête et ne devait pas se réaliser. Elle ne devait pas perdre pied.

- Tu es bien. Je veux dire, tu n'as pas à être autre chose que toi, parce que tu es bien. Tu n'es pas inutile je crois, j'ai l'impression que vous vous débrouillez bien. Tu veux le mieux mais le meilleur que tu puisses donner, c'est un bien aller, pas le sentiment de pouvoir aller plus loin que trop loin.

Ses mots résonnaient dans la tête, comme si on la lui avait martelée. Rien n'était éloigné, non, rien. Mais cette sensation étrange, un peu comme quand on est vraiment fatigué. Épuisé de devoir tout garder ou d'avoir tout lâché. La culpabilité, d'ailleurs, ne tarda pas. Ils se débrouillaient bien. Oui. Même si tout menaçait de s'écrouler à chaque seconde, ils avaient au moins un endroit ou vivre. Quelle égoïste. Culpabilité, divine idylle qui prit les rênes à une vitesse folle. Douloureuse habitude que de la voir apparaitre dès lors qu'un peu de lest était lâché. Elle savait pourtant, connaissait les problèmes qu'avait Shela. Plus important, bien plus important qu'une gamine paumée incapable de trouver ses repères. pu*ain. Envie grandissante de se servir de ses ongles, mais quelque chose interrompit ce besoin imminent. Une étreinte, qu'elle n'avait pas vue venir. Son attention semblait éphémère, ça n'avait donc rien d'étonnant, mais toujours est-il que d'un coup, une expiration, comme si trop longtemps retenue. Un relâchement de quelques secondes qui faisait un bien fou. Et doucement, les griffures s'éloignent. Paupières closes, juste quelques secondes de répit, sans avoir besoin de parler, de justifier. Juste un moment.

Qui sait combien de temps dura l'étreinte. Jade n'y avait pas fait attention. Quelques secondes sans doute. Lorsque le corps de Shela s'éloigna, elle crut un instant la voir fuir en rouvrant les yeux, mais ça n'était pas le cas. Elle était toujours là. Comme si la voir craquer n'avait eu aucune conséquence. Pourtant l'Italienne n'était pas bête, elle savait que montrer ses faiblesses changeait toujours la façon dont les gens vous voient. Quand on passe d'un soleil à un orage, quelque chose change aussi dans le regard des gens. On n'est plus porteur d'espoir, juste de malheur, un boulet à trainer. Elle l'avait vécu bien trop souvent pour l'ignorer.

- C'est super d'avoir une famille comme la tienne. Disons des liens aussi forts. Je pense que mes proches sont biens aussi, mais c'est pas pareil. Je n'ai pas d'affinités particulières. Danser des doigts dans le vide, brièvement, trifouiller le vide dans les mains. Tu leur es utile, je pense. Ils t'aiment. Tu fais avec tes capacités c'est beaucoup.

Se frotter les yeux, sans trop savoir pour quoi faire. Peut-être pour être sûre qu'elle ne rêvait pas, ou pour avoir plus de facilités à passer à autre chose peut-être, qui sait. Une constatation néanmoins, Shela ne fuyait pas. Elle essayait de la rassurer. Ses mots étaient vrais, Jade en avait parfaite conscience, mais ce que son amie ignorait, c'est qu'elle n'avait alors gratté qu'un problème de surface. Il y en avait tant d'autres, comme une toile d'araignée qui part d'un point, relie tout d'un fil indestructible, comme une punition et une décharge infligée, amplifiant un problème lorsqu'un autre est abordé. Elle en avait déjà bien trop dit. En ayant retrouvé la capacité de respirer à peu près correctement, Jade avait également retrouvé doucement ses esprits. Ce n'était pas fameux mais c'était toujours ça. Au moins suffisant pour essayer de réagir. Pas aux paroles précédentes non, elle ne savait pas quoi y répondre à vrai dire. Son propre silence lui semblait gênant, alors ce qui suivit fut un soulagement.

- Pose moi deux questions, je choisis les règles ensuite.

Soulagement... Oui. Et non. Parce-que des questions, elle en avait tellement sans vraiment savoir les formuler. Il y avait surtout un grand besoin de savoir, de connaitre celle qui réussissait à briser la glace malgré toutes les protections érigées. Par où commencer alors ? Y avait-il au moins un commencement possible ? L'amitié ne se faisait pas comme ça normalement. Les gens apprenaient à se connaitre, simplement. Jade posait plutôt des questions, c'était plus facile, à priori. Mais force est de constater qu'elle n'avait jamais vraiment pu appliquer cette théorie, puisqu'elle se retrouvait muette à l'instant. Un silence, meublé par de nouveaux pas dans la pièce, pour retrouver la rambarde. En aucun cas pour s'éloigner, juste pour meubler, le temps de trouver. Et finalement, les mots vinrent tout seuls, sans mentionner d'aucune façon ce qu'il s'était passé juste avant.

- Qu'est-ce que tu rêves de faire ? Plus tard je veux dire ou même maintenant... Qu'est-ce qui te plait ? A part la musique.

Petit sourire, enfin, souvenir de leur rencontre sur la plage d'un festival. Jour gravé dans sa mémoire, parce-que la musique, parce-que la joie, parce-que Shela. Et puis, sans que ça soit vraiment lié, la seconde question imposée prit place.

- Oh et... je ne sais pas si ça compte comme une question, mais tu devais me dire quelque chose, non ?

Elle qui hésitait tant à le demander encore si peu de temps auparavant, là ça semblait facile. Peut-être parce-que tout semblait plus léger que ses problèmes dévoilés. Mais en vérité, ça, elle n'en savait trop rien. Tout ce qu'elle espérait, c'était ne pas apprendre un nouveau problème. Pas pour Shela, par pitié.
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