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[Habitation] Shadows and Lights
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Elly Wildsmith
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Re: [Habitation] Shadows and Lights

Message par : Elly Wildsmith, Dim 26 Nov 2017, 22:44


Tes yeux papillonnent, alors qu’au dehors de ton champ de vision c’est l’apocalypse. Le mal se déchaine, le chaos se répand, et l’odeur du sang, âpre, te prend les narines. Mais tu ne réagis pas, tu assistes, impuissante, au déferlement de violence d’Evan sur les deux hommes qui n’ont visiblement pas pris conscience du danger du domicile que vous habitiez. S’en prendre à vous, c’était forcément s’exposer à des risques plus ou moins violents, s’en prendre à toi, c’était trouver la mort au bout du chemin. Et cela, tu aurais pu le dire aux deux hommes s’ils t’en avaient laissés le temps.

Tu restes là, ébahie face à ce fichu plafond alors qu’à quelques mètres de toi se déroule une scène d’une violence inouïe. Tu ne fais aucun mouvement, comme si tu attendais qu’on te délivre – ou qu’on te donne un ordre te permettant d’être tranquille. Finalement, la brume se dissipe, ton esprit reprend peu à peu pied, comme si soudainement le maléfice s’était levé, comme si, les minutes passaient sous l’effet du sortilège impardonnable finissaient par monter à ton cerveau endolori et que tu prenais seulement conscience de ce qui s’était passé dans votre maison des embrumes.

Tu clignes des yeux, cherchant à comprendre la vérité, que les méandres de tes pensées avaient du mal à te laisser apercevoir. Et une voix, sa voix, qui s’immisce au creux de ton oreille, et ce contact sur ta main, qui te ramène peu à peu à la réalité, qui répand une chaleur bienfaitrice. Ton visage se tourne vers lui, cet autre au cœur de tes enfers, source de tes ténèbres, et tu le regarde un instant –sans comprendre. Avant que la réalité ne te rattrape et te rappelle, les mains sur tes cuisses, les mots durs prononcés, et cette absence de réaction qui ne t’étais pas habituelle. Tu murmures, la gorge sèche « Evan ? » et tes yeux percutent son visage, voient la lèvre fendillée, le sang sur sa peau. Et son regard, qui scintille d’une étrange lueur, de celles que tu n’as pas l’habitude de voir dans ses yeux d’habitude si calmes.

Tu te redresses. Jauge l’état de la pièce, interdite. A nouveau son prénom s’extirpe de tes lèvres alors que tes yeux ne quittent pas les cadavres, le sang étalés partout « Evan ? Il ... s’est passé quoi ? ». Tu sais, mais tu refuses de voir la vérité en face. Pas ça, pas chez vous.
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Evan
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Re: [Habitation] Shadows and Lights

Message par : Evan, Lun 27 Nov 2017, 15:02







Penser perdre l'être aimé, ça peut amener à perdre la raison. A perdre tous les repères qui font que la vie semble tourner, car dès lors tout ralenti, le temps s'estompe, tout est figé, comme prisonnier d'un bloc de glace, plus aucun mouvement ne se fait.

Les sens ne savent plus comment fonctionner, comme une pendule déréglée, les émotions éclatent en mille morceaux, et tout ce qui est de bon s'évapore en un fragment de secondes, ou il n'y a plus rien qui rattache à la vie. Il n'y a plus qu'une colère soudaine, qu'une haine profonde, qui prend possession des veines, au point que les minutes qui suivent ne peuvent être que folie et carnage.

Ce que tu avais fait, pour elle.

Tu es là, en alerte, à attendre le moindre signe de sa part, qu'elle aille bien, de savoir que ces chiens ne l'avaient pas souillée. Ces cadavres derrière toi qui jonchaient le sol dans leur sang, vestige de cette colère qui toujours, bouillonnait en toi comme si tu étais un volcan au cœur prêt à exploser.

Pourtant tu essayais de calmer ta respiration, elle était en vie, et paraissait non blessée. Mais ces pensées, cette vision, qui te hantaient encore, étaient comme des lames glissant sur ta peau à t'en arracher un frisson qui t'intimait de tuer à nouveau. L'espace de quelques secondes même, tu en venais à regretter que les deux soient déjà morts, tellement tu avais cette envie irrépressible d'à nouveau te venger, comme si ce n'était pas encore fait et que tu avais ce besoin de passer tes nerfs.

Car elle représentait tout, et ton cœur toujours fustigeais ta poitrine, comme réclamant une justice que tu avais déjà faite, en attendant qu'elle ne revienne à elle. Tu observes son visage angélique, à attendre la moindre de ses mimiques, un battement de cils, un mot venus de ses lèvres soyeuses, un geste de sa main, quelque chose qui éteindrait un peu le Chaos que tu avais déclenché.

Enfin, après le Crépuscule, l'Aube surgit de nouveau.

Son visage se tourne vers toi, comme une étincelle qui rallumerait une flamme jamais vaincue, et tu entends ton prénom sortir de sa bouche et de son état de torpeur. « Oui c'est moi... » fis-tu tout en couvrant sa main que tu serrais de baisers, esquissant un faible sourire en la voyant reprendre ses esprits.

Tu la vois observer, spectatrice muette, tes blessures. Puis elle se redresse, et tu suis son regard, détournant le tien dans la pièce, sur ton œuvre, sur ta colère, sur ce que tu avais fait pour la protéger et serais près à refaire sans l'ombre d'une hésitation. Sa question percute ton esprit alors que tes yeux sont sur la gueule éclatée de l'autre non loin.

« Je ne sais pas... Je suis rentré de l'appartement et... Et ils étaient là... Je les ais entendus, mais je ne t'entendais pas toi et... Et... Ils étaient là ils me narguaient, et l'autre... » Tu fais une brève pause, fermant les yeux à revoir la sous Mer** à cheval sur ta compagne à te balancer des insanités, déglutissant une boule amère de colère. « L'autre était à cheval sur toi... Il... Il te touchait et... Et parlait de te faire du mal... Et... Et je ne pouvais tout simplement pas accepter ça... Pas les voir là chez nous à nous voler... Pas les voir s'en prendre à toi... Te toucher et... Et j'imagine pas si j'étais arrivé plus tard et... Et... »

Tu te tais un instant, allant plonger ton visage dans la paume de sa main alors que des larmes de rage te remontaient encore aux yeux. Tu soufflais longuement, essayant de chasser ces pensées qui te venaient, ces envies de meurtres qui dormaient encore non loin malgré ton carnage récent.

« Et... Je n'ai pas pu... Je ne supportais pas de le voir sur toi... Et toi impuissante... J'aurais tué n'importe qui à leur place... Personne ne s'en prend à toi... Je ne laisserais... Personne... S'en prendre à toi... A nous... Alors je t'ai protégée... Dis-moi que ça va... »

Tu la regardais, la contemplais, sa beauté interdite qui semblait encore sous le choc, à te demander ce qu'elle allait dire. Peur qu'elle ne te révèle autre chose qui t'énerverait encore, ou qu'elle ne cautionne pas ce qui était maintenant irréparable. Mais tu ne regrettais pas non, loin de là. Tu avais fait ce qu'il fallait pour la protéger, ce que tu ferais toujours envers quiconque oserait porter la main sur elle.

Car tu l'aimais, l'aimais plus que tout. Et ta vie serait un mince sacrifice à offrir pour sauver la sienne, puisque la tienne se perdrait sans son souffle à tes côtés, sans son regard à tes réveils, sans ses gestes à tes nuits, sans ses sourires et rires à tes journées. Tout se perdrait, sans elle, et se trouvait, quand elle était là. La raison même des tes actes, ta moitié, ton tout.
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Re: [Habitation] Shadows and Lights

Message par : Elly Wildsmith, Mer 29 Nov 2017, 23:39


Les mots sont saccadés, les morts saccagés, tu clignes des yeux, tantôt le regarde, tantôt dévie tes yeux. Tu suffoques, l’atmosphère est irrespirable. Tu l’entends qui t’explique ce que tu as vu, ou plutôt ce que tu as vécu de manière interposée, inconsciemment. Sous l’égide d’une autre conscience, d’autres valeurs. Ta respiration saccade à mesure qu’il continue son discours, la bile te monte aux lèvres et un haut le cœur te saisit instantanément. Tu te redresses sur le canapé, échappe à son contact, terrifiée. Par ce qui s’est passé, par lui, par les morts autour. Par le sang, partout.

Tu as l’impression d’étouffer, que quelqu’un a posé ses mains sur ta gorge, et serre. Sans jamais relâcher la pression autour de ton cou. Ton regard paniqué s’arrête sur Evan, que ton corps à pourtant fui un instant plutôt. Aucun son ne parvient à sortir de ta bouche, comme si tu restais interdite face à l’envergure de la situation. Comme choquée par ce qui s’était passé : et si Lui n’était pas arrivée, que ce serait-il passer ?

Tu fermes tes yeux, pour te couper du spectacle offert à ton regard, pour oublier le sang. Des larmes coulent le long de tes joues, et ta main se place devant ta bouche, comme pour retenir un hoquet de peur et d’inquiètude. Quelqu’un avait pris possession de toi, de ton esprit, d’une facilité déconcertante. Et tu avais tout, absolument tout dit. Sur lui. Que ton regard ne quitte plus. Il a les mains tâchées de sang, le visage tuméfié. Ton cœur bat la chamade, veut sortir de ta cage thoracique, comme s’il cherchait une explication logique à tout ceci.
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Re: [Habitation] Shadows and Lights

Message par : Evan, Jeu 30 Nov 2017, 11:43







Tu ne la quittes pas des yeux, comme l'enveloppant dans une couverture épaisse pour qu'elle n'attrape pas froid à l'orée d'un hiver pas encore arrivé. Tes émeraudes la couvent d'un étalage de mots tendres qui ne sortent pas de la gare de tes lèvres, mais pourtant ils lui crient des « Je suis là », parfumés à l'odeur de tes sentiments, en un refrain presque larmoyant, d'avoir cru bafouée celle que tu aimes au delà de toute raison.

Et en une seconde tu te perds dans les travers de l'inquiétude, la voyant se redresser et fuir tes mains, comme si elle se sentait oppressée par ta simple présence.  Là où tu voulais être un cocon de sérénité, l'écrin pour recueillir ses larmes les plus amères, avant de les remplacer par des rives d'une tendresse dont tu voulais la couvrir aux portes d'Encore murmurés de ses lèvres aimantes.

Et tu vois son regard, le bois de tes escapades somptueuses, qui s'arrête, effrayé, de nouveau sur toi, comme si elle réalisait pleinement ce qui venait de se passer. Elle semble complètement déboussolée et tu arrêtes trop vite une main tendue vers son épaule, craignant un instant qu'elle ne se sente de nouveau agressée.
 
Ses yeux s'éteignent sous ses paupières comme des bougies qu'on aurait soudainement soufflé pour plonger le monde dans la pénombre et échapper à ses cris de ténèbres. Ton corps divisé en multiples émotions se retrouve parcouru d'un tremblement que tu ne contrôles pas, en voyant les larmes qui s'enfuient sur ses joues sans être freinées dans leur course au pendentif de tristesse.

Tu vois ses gestes, te voulant pansement, de sa détresse, de son retour à cette réalité qui s'était jouée aux abords d'une terre cauchemardesque. Tu restes accroché, comme impuissant, à cette escalade d'émotions que tu vois s'emparer d'elle. Ton regard au bord de craquer, sous l'océan de colère qui s'était emparé de toi, et à la voir vulnérable, t'en voulant profondément de l'avoir laissée seule, te sentant responsable de ce théâtre de sang et cette vision d'horreur ancrée à ses yeux larmoyants.

« Hey... »

Ta voix se perds dans des sanglots étouffés que tu ravales difficilement, et tu t'approches d'elle pour essuyer délicatement ses larmes avec la paume de tes mains, aimanté à ses yeux, partageant cette même peine. Et tu l'attires ensuite contre toi, à plaquer sa tête contre torse, qu'elle ressente les battements fous de ton cœur, tes bras se refermant autour d'elle avec une force tendre et passionnée, comme les étoiles qui iraient étreindre la lune après l'avoir cru blessée.

Tu perds tes lèvres dans ses longs cheveux, en des baisers accompagnés de quelques bouts de salées, toujours un peu tremblant, un peu perdu, entre ce Chaos et ton Aimée égarée. Tu veux qu'un instant elle oublie tout ce sang répandu, qu'elle n'entende que cette chamade tonitruante qui vibrait en toi, ton amour pour elle, ta peur de la perdre, ton envie folle de toujours la protéger quoi qu'il lui arrive. Au milieu de ta respiration hachurée, et de tes doux baisers, quelques mots fébriles s'extirpent difficilement.

« Je suis désolé... De t'avoir laissée...  Et... »

Silence qui se perd dans une boule amère, qui entrave ta gorge, te sentant coupable de ce qui lui était arrivé, à tel point que tu pourrais ravager la terre entière, te battre jusqu'à ton dernier souffle, pour annihiler les proches des deux sorciers étalés dans votre salon. Une vengeance et une colère froides en intraveineuse, et ton cœur qui ne savait pas se calmer, comme si tu avais toi-même blessé, tout ce qui pour toi comptait.

« Pardonne-moi... »

Tu relevais légèrement son visage, laissant un baiser sur son front qui s'éternisait en secondes amoureuses. Elle, ta promesse, ta moitié, ton tout, tu te refusais à ce que quelqu'un s'en prenne à elle, à ce qu'elle soit maltraitée, et tu te sentais avoir failli  ta promesse. « Je... J'ai fait tout... Tout ce qu'il fallait pour... Pour te protéger... ». Souffle perdu, tes yeux se ferment comme dans une lente agonie, attaché aux rives diluées de Folie et Raison s'enchevêtrant, et ton écoulement de sang, brûlait sur les sentiers menant à ta Belle...
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Re: [Habitation] Shadows and Lights

Message par : Elly Wildsmith, Sam 02 Déc 2017, 12:03


Tu restes là, effarée, à l’autre bout du canapé. Alors qu’il pose sa main en sang sur ta joue. Tu tressailles d’horreur sous le contact. L’odeur de la mort flotte dans l’appartement. Une amertume dans la gorge qui te saisit. Pourtant tu te laisses faire quand il t’attire à lui, quand il t’enserre de ses bras. Et ta respiration jusqu’alors retenue se libère. Ton nez s’enfoui dans les arômes du cou de ton compagnon, comme pour y chercher la raison, y retrouver la logique. Ta logique, ou plutôt, la vôtre. Tu te laisses un instant bercer par ses propos, par les battements de son cœur – comme si le tien cherchait à s’y raccorder.

Un baiser se dépose sur ton front alors qu’il te demande pardon. Tu ne bouges pas, ne dis rien. Ne sachant trop quoi dire pour le rassurer. Pourtant, ta respiration se calme, ton esprit retrouve une clarté relative. Tu t’abandonnes un instant dans ses bras, avant de murmurer comme pour le rassurer « Tu … n’y est pour rien ». Tu fermes néanmoins tes yeux, refusant d’affronter les cadavres qui jonchent le sol de votre maison.

Tu laisses ta main voyager sur le torse de ton aimé, avant de le regarder, une nouvelle fois. Tes yeux le contemple et cette fois-ci tu ne le juge pas, ne reste pas horrifiée par ce qu’il avait pu faire – après tout, tu ne connaissais que trop bien les tendances d’Evan. Tu avais finis par les accepter, te pensant plus forte que le mort, que le sang, que les Ombres. Tes doigts frêles et tremblants passent sur sa lèvre abimée. Tu déglutis, de le savoir si mal en point. Parce que si tu sais qu’il n’a aucune douleur physique, tu connais, et constate, l’étendue de son mal-être. Alors comme pour échapper à la vision d’horreur qui se trouve dans le salon, comme pour laver cette sensation que d’avoir été salie et pour lui la sensation que d’avoir failli à la mission qu’il s’était donné « On va prendre une douche … ». A mi-chemin entre une affirmation et une question, tu espères, néanmoins, qu’il accédera à ta requête. Tu ne supportes pas l’idée que d’être là, le regard sur le sang répandu un peu partout.
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Re: [Habitation] Shadows and Lights

Message par : Evan, Sam 02 Déc 2017, 22:06







Le Temps se suspendait, à ses secondes sonnantes, dans vos cages thoraciques encore criantes de tout ce qui venait de se passer. Toujours à la garder contre toi, à vouloir être avec tes bras son château fort, dans lequel elle pourrait enfin être en sécurité et retrouver un semblant de sérénité pour vêtir son regard. Si elle était un papillon, tu te faisais la fleur pour l'accueillir, pour qu'elle puisse y déposer ses ailes délicatement, et y laisser un parfum qui embrasserait toute sa peau douce.

Des minutes tissent la toile de votre tendresse, et petit à petit, tu sens son souffle qui se fait plus silencieux, tempéré. Quelques mots sortent de sa bouche, comme pour fendre ceux que tu lui avais présentés. Tu fermes les yeux, retenant des larmes de colère, car tu ne pouvais t'empêcher de t'en vouloir, même si elle te clamait le contraire. Tu avais l'impression d'avoir failli perdre tout ce qui te maintenait en vie.

Cette main capable de tout effacer par l'empreinte d'une seule caresse.
Ce sourire capable de tout envoler à chaque fois qu'elle t'en offrait un.
Ce regard capable d'annihiler les silences en leur donnant un sens.
Ses baisers capables d'éteindre les incendies et d'en faire des fruits de Passion.
Ses effluves capable de faire oublier les vins à en retourner ta chair.
Ses battements capables d'en oublier le monde pour suivre seulement le sien.

Tu vis de ses gestes, au milieu de ta respiration entravée, eux construisant toute ta volonté, les armes de ton combat, les larmes de ton chez toi. Et une main vient se perdre sur toi, et tu reçois son regard, qui s'accroche au tien comme la plage à la mer, un de ceux qui brillent de cette lueur exquise, de compréhension, comme si ses noisettes criaient pour elle qu'elle aurait fait pareil à ta place. Et un instant tout le sang s'efface.

Ses doigts s'aventurent sur ta lèvre blessée, et tu retiens une grimace de douleur, restant à vivre de la voir retrouver un peu des couleurs. Tes émeraudes lui scandaient des milliers de mots doux, loin de ce Chaos autour de vous. Et, comme si elle gambadait librement dans tes pensées les cheveux au vent, elle te propose que vous alliez prendre une douche.

Ton regard papillonne quelques secondes, avant de scruter de nouveau votre salon et l'horreur qui y vit. Oui, il vous fallait fuir cela, ton regard sur le corps et la tête explosée du sorcier près de la cheminée ravivant de mauvaises pensées en toi. Alors tu laisses un « Oui... Allons-y... » s'enfuir de tes lèvres, en même temps que tu reposes ton visage face au sien en lui offrant un sourire.

Et tu te relèves, aidant ta belle en lui offrant ta main à te suivre. Tu vas l'aider, gardant son visage contre toi en marchant au milieu du salon. « Ferme les yeux... » . Tu ne voulais plus qu'elle voit cela, qu'elle sorte de ce monde terrifiant qui était arrivé dans votre vie. A l'entrée du couloir, le louveteau semblait content de vous revoir, sa blessure ne devait donc pas être trop importante.

Arrivés devant la porte de la salle de bain, tu glisses à ta belle un « J'arrive... » la regardant entrer, à l'apparence si faible que ça t'en arracha un mouvement de crispation. Alors tu te dépêches, tu vas récupérer le louveteau qui lâche un couinement, et tu l'apportes dans votre chambre où tu le déposes délicatement sur votre lit. Tu refermes la porte en sortant et gagne la salle de bain.

Tu la trouves appuyée sur le meuble tenant la vasque, le regard perdu dans la glace face à elle, certainement égarée encore dans tout le miroir de cette réalité qui était venue bousculer votre foyer. Tu va déposer tes bras autour de ses épaules, laissant un baiser sur sa tête. Et tu soulèves lentement son haut, elle levant les bras pour te laisser faire. Tu laisses des caresses sur sa peau, le long de ses bras, ton regard couvrant son corps comme le peintre sa toile, avec un amour à y faire prendre vie des étoiles.

Elle se retourne vers toi, s'enveloppe un instant dans tes bras, comme la feuille épousée par une brise de vent chaude. D'un geste tendre, tu repousses une mèche rebelle derrière son oreille, vos regards fusionnant, s'appelant, comme les nuages obscurs l'orage, prêts à sonner d'un concert envoûtant.

Et elle fuit tes bras, s'en allant à petit pas, ses yeux boisés ne te quittant pas, comme leur fragrance qui sculptait tes choix. Un à un, tu te défaits de tes vêtements, n'importe où les envoyant, jusqu'à, comme elle, te retrouver dans le plus simple appareil. Mais déjà la porte de la douche transparente est ouverte, et tu entends l'eau qu'elle fait couler pour vous accueillir, vos peaux légèrement ensanglantées tout comme vos sourires.

Tu vas la rejoindre sous l'eau, refermant votre prison et vos peaux, se retrouvent par vos mains, qui viennent se joindre sur comme un seul chemin. Corps contre corps, les gouttes épongent sans effort, les rives de sang et les plaies, les bouts de Chaos qui s'écoulent à vos pieds.

Tu libères tes doigts pour les envoyer courir, le long de sa joue, de son corps, comme si tu t'estimais heureux qu'elle soit là, comme si tu avais cru que ton bonheur pouvait s'éteindre, alors qu'il était là et que tu ne souhaitais que l'étreindre. L'eau remplace les larmes, mais sa chaleur est semblable à la tienne, sous ta folie et la démence dans tes veines, sous l'arme que tu avais été.

Mais là personne à tuer, juste celle qui Tout, était. Que tu voulais voir retrouver, sa splendeur des heures passées. L'index et le majeur de ta main droite, vont glisser symphoniquement de sa joue à ses lèvres, que tu entrouvres légèrement, sans la quitter des yeux, perdu dans un rivage ardent.

Ton cœur toujours battant, entre la colère de qui était arrivé, et l'amour pour elle que tu avais, comme de la voir là, ta précieuse, au bout de tes yeux et de tes doigts, la dessinant comme ta Reine et toi son Roi, au bras d'émotions sulfureuses. Et tes doigts quittent ses lèvres, repartent sur sa joue en une partition délicate, que ni les gouttes, ni vos sens n'essaient de freiner, comme face au vent une feuille de papier, avant qu'ils aillent se perdre dans ses cheveux pour s'agripper à sa nuque.

Et vos soufflent se percutent, nuage de tout ce que vous étiez pour l'Autre, comme si tu prenais conscience qu'elle était toujours là, qu'elle allait bien et que ton cœur repartait à nouveau à déchanter en une virée obscure. Et tu vas embrasser ta compagne avec une fougue à en faire pâlir les bourrasques les plus fortes de l'automne, oubliant la douleur dans la passion que tu lui exprimais à ta bouche, à ta langue, qui se liait et déliait à la sienne comme si des saisons y naissaient et y mourraient sans fin. Écrivant les premiers mot d'un film qui prenait tout son sens dans la Complicité avec cet alter ego, où il y puisait toute son énergie, toute l'essence, de sa vie, votre vie...
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Re: [Habitation] Shadows and Lights

Message par : Elly Wildsmith, Jeu 07 Déc 2017, 10:38


Il accepte ta proposition et tu soupires de soulagement. Tu ne veux pas rester ici, les yeux rivés sur le sang ou les cadavres qui jonchent le sol. Un haut le cœur te secoue alors qu’Evan t’aide à te remettre sur pied. Il t’offre son torse en réconfort, et tu te laisses faire. Tu l’écoute, fermant les yeux et te laissant guider par ses bras, par ses pas. Arrivés à la salle de bain, il t’abandonne un instant, et tu t’efforce de rejoindre la vasque face à la baignoire. Tu restes un instant figée, perdue à la contemplation des cernes qui s’étaient creusés sous tes yeux, noirs et épais, comme si tu avais lutté contre le sommeil durant de longues nuits. Eprouvée, chacun de tes traits marquait clairement que la journée qui venait de se dérouler étant loin d’être la meilleure de ta vie.

Après un temps qui te semble infiniment long, Evan revient et tu te laisses mener à ses gestes. Les vêtements tombent au sol et tu penses un instant à les brûler pour oublier l’emprise que les hommes avaient eu sur toi. Tu te retournes vers lui, te love un instant dans ses bras, avant de le quitter pour t’éloigner vers la douche. Tu allumes l’eau, la règle pour qu’elle soit chaude, tu veux qu’elle brûle ta peau, qu’elle annihile les gestes du type sur ton cou, sur tes cuisses. Tu déglutis, fermant les yeux, sentant l’eau qui coule sur tes épaules. Tes cheveux qui s’éparpillent le long de ton dos, et ta respiration qui se saccade sous l’effet de la chaleur.

Evan, que tu ne quittes pas des yeux, fini par te rejoindre. Vos mains se lient, vos lèvres se trouvent, quelques baisers éparpillés alors qu’il fait voyager ses doigts sur ta peau, sur ton corps, en un délice qui te laisse des frissons d’extase. Il t’observe, semble se délecter de l’instant présent, avait-il eu peur de te perdre ? Son regard t’intrigue autant qu’il t’incendie, et un soupire s’extirpe de tes lèvres, que tu retiens un instant en te mordant la lèvre inférieure.

Comme un appel à la volupté, vos souffles se rencontrent. Et vos lèvres qui se lient, vos langues qui se trouvent. La force avec laquelle il pose ses mains sur ton cou te laisse un instant pensive, exaltée par l’envie qui vous dévore. Ses mains quittent ta nuque un instant et descendent dans ton dos, s’accroche à ton bassin. Il t’appelle à lui, et tu résistes. Tu restes là, latente, pantelante. Sous l’eau qui ruisselle sur ton corps nu. Le peu de force qui te restait n’est plus, envolé sous la chaleur de l’eau. Tu te laisses mener par l’homme qui partage ta vie – et qui en a arrêtait deux aujourd’hui.

Il t’attire à lui, plaque son corps contre le tien. Embrassant chaque parcelle accessible de ta peau. Alors que vos langues ne se délient pas, il t’entraîne contre le mur froid de la douche. Tes doigts frôlent sa peau, écorche son torse. Et comme si cela ne lui convenait pas, il agrippe tes deux mains d’une seule des siennes. Comme s’il ne pouvait pas accepter que tu te refuses à lui, alors qu’au final tu ne pouvais que céder à sa demande.
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Re: [Habitation] Shadows and Lights

Message par : Evan, Jeu 07 Déc 2017, 17:12







Tango effréné de vos langue liées, à l'essence brûlante de ce même désir exquis qui enflammait vos veines. L'eau se mêlant à vos bouches, donnant à ce sucre divin de vos salives mélangées, quelques gouttes de chaleur qui se fondaient comme l'élément manquant d'un cocktail délicieux.

Vos corps l'un contre l'autre, vos épidermes bouillants et vos respirations qui déjà se perdaient au seuil vertigineux de votre théâtre. Tu l'emmènes contre la paroi de la douche, en la dévorant du regard. Et tes gestes son sans équivoque. Tes mains qui, tantôt épousent ses formes divines, tantôt lui laissent des caresses à l'aube de plaisirs naissants.

Elle t'arpente de ses doigts, griffe ta peau comme te réclamant à elle, en sillage d'une passion qui implose à toutes ces pensées en effervescence. Tu retournes à l'assaut de sa lèvre que tu mords, comme pour lui dire « Ça va être torride... ». Une brève pause en cloisonnant tes émeraudes à ses prunelles noisettes, et tu attrapes ses deux poignets de ta main droite que tu vas plaquer contre la vitre en verre au-dessus de sa tête.

Vos regards se confondent, fusionnent à cette route qui s'écrivait. Et tu descends tes lèvres le long de sa joue, dans son cou, ta langue toujours y laissant un sillage entre soupirs et frissons pour elle. Tu t'appliques à y laisser l'ardent solstice de votre Complicité et de votre ambigüité. L'éveil de ses plus sombres pensées, envies, à cette chaleur vous enveloppant dans son écrin de brume.

Tu descends, lentement sur le haut de son buste, entre sa poitrine, prenant le temps, d'aller lécher, titiller, chacun de ses deux sein non sans y mettre un soupçon de morsure. Ton autre main allant s'aventurer pendant ce temps, à caresser ses jambes en les remontant, en ondulations sensuelles, prononcées, comme l'était ton regard prêt à la consumer.

Ta main écartant ses deux jambes, le temps de venir dessiner les premières ébauches de cette envie folle qui vous embrasait. Jouant tantôt sur la cloche de sa perdition, tantôt à explorer des plaisirs l'ascension, mouvements lents, parfois rapides, pour qu'au milieu des brumes les soupirs s'élèvent, comme les désirs de ses lèvres.

Retournant l'embrasser, tu continues ta partition, nouant vos langues pour qu'elle ne puisse laisser s'extirper les premiers brasiers de sa détresse, sur les pentes glissantes de Tendresse. Toujours enserrant ses poignets, tes doigts sous l'eau chaude mouillés, à faire un tempo ascensionnel, à emporter dans l'extase ta belle.

Délivrant ses mains et son corps, tu viens te coller à elle en l'enlaçant de tes bras, embrassant son cou jusqu'à son oreille, où tu lui glisses trois mots dans un murmure vers le chemin des merveilles « .. .. .... ... ». Et sans plus de cérémonie, tu t'écartes et la fait faire demi tour, elle se retrouvant face à la vitre.

Toute la colère s'envole, la folie se dilue, les meurtres s'effacent, dans l'envie de vous unir. Tu caresses un instant ses cheveux humides qui tombent joliment en cascade dans son dos, laissant des baisers enflammés sur son épaule. Et tes mains glissent le long de ses bras, pour les croiser dans son dos, les gardant enfermés sur l'autel de vos esquisses les plus somptueuses.

Des soupirs s'échappent de ses lèvres, alors que tu te fais joueur à l'orée des étoiles, comme si tu attendais qu'elle te supplie presque de ne pas la faire languir davantage.  Alors s'entame le début du chant, débutant en cadence lente soupirée, proche de l'Amour pour celle qui est Reine, de celle qui est Femme, sur les pentes des Enfers qui vous condamne.

Et puis en même temps que s'échappent les échos de votre union dans la salle de bain, aux vapeurs qui vous entourent, le chant s'accélère, aux coups à déraisonner les limites de Passion, sur les terres insensées aux effluves de sauvagerie et de bestialité. Demi mesure oubliée, sur les rives de l'Absence et de l'Abandon, lié à cette Autre jusque dans l'excès, jusqu'à la frénésie et l'explosion de vos envies.

Après des minutes écrites à ce rythme, la musique de nouveau ralentit, comme pour laisser ses cris, se reposer le temps d'un silence qui n'attendait que son approbation. Que de nouveau s'endiable, s'élance, la partition à ces lambeaux de vos désirs accrochés, où ne compte que Vous et ce Monde où les secondes s'essoufflent à vos souffles enchainés...
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