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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Autres Lieux Magiques ~¤~ :: A l'étranger
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[Habitation] Shafaq
Peter McKinnon
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[Habitation] Shafaq

Message par : Peter McKinnon, Ven 29 Sep 2017, 14:28


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Voici l'habitation (Maison) d'Aya Lennox.

Elle peut poster dès à présent.


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Aya Lennox
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Re: [Habitation] Shafaq

Message par : Aya Lennox, Lun 02 Oct 2017, 17:25


Shafaq
point du jour

وأَقول لنفسِي: سَيطلعُ مِن عَتْمَتِي قَمَر.
And I say to myself: A moon will rise from my darkness.



Il s'étire depuis des millénaires, de steppes en étendues démesurées, un océan de sable antédiluvien qu'on appelle Désert d'Arabie. Géographiquement, la masse naît au Yémen et s'étend jusqu'en Irak et en Jordanie, où les steppes arides se mêlent à un sol rocailleux et relativement plat. Rub al-Khali, situé approximativement au centre de la péninsule arabique, reste la plus grande étendue de sable connue et l'une des régions les plus inhospitalières au monde.

Cette zone de la péninsule arabique n'en demeure pour autant pas délaissée par certaines populations nomades, parfois par d'autres plus sédentaires, pleinement attribuées à ce territoire menaçant. La chaleur mordante tient pour acquis son rôle d'exutoire et de pièges à songes d'un aride été tout le jour, qui affronte finalement une nuit de glace. La population des déserts cependant s'accommode naturellement aux caprices des vents chauds et des tempêtes de sable. La véritable préoccupation reste l'eau pour les aires les plus isolées.


Présentation

Shafaq fait partie du petit hameau que ses habitants appellent communément Narmi. Au-delà des deux corps de fermes qui composent ses principaux remparts, ce village miniature est composé de deux maisons traditionnelles. La plus au sud est laissée aux bons soins du temps, et ses volets sont toujours clos. Son propriétaire, probablement un citadin, n'y a pas mis les pieds depuis de nombreux mois. Shafaq, quant à elle, reste la propriété aléatoirement visitée d'un anglais exubérant depuis des années. Comme tout droit sortie de la terre et formée de sable et de poussière, Narmi exiguë renferme minuscule ruelles et passages de l'ombre à la lumière tétanisante du soleil arabique.
C'est la femme du principal fermier de Narmi qui s'occupe de la maison en l'absence du vieux maître. Elle a pour simple obligation de la maintenir à l'écart du tumulte de la vie quotidienne à la ferme, de la curiosité de ses filles et de la surveiller un peu, bien qu'elle ait l'avantage de faire partie des murs les plus au coeur de la cité miniature.
Ici, on n'en sait que trop peu sur le compte du vieillard et sur tout ce qu'il se passe autour, au loin, dans les villes et les autres régions. Les affaires de l'étranger ne regardent pas la famille de Saada mais celle-ci semble deviner que les quelques usages qu'il fait de son temps sont loin d'être très ordinaires. Étrangement, les pratiques aussi sibyllines qu'obscurs ne dérangent guère les habitants du coin. L'essentiel, pour eux, demeure de ne pas s'en mêler et de ne pas l'être malgré eux. Saada, pourtant, semble en savoir un peu plus que les autres, sans en dire trop.

A des kilomètres de là, l'Euphrate coule paisiblement pour mieux rejoindre le Tigre. Le souvenir du haut plateau de la Mésopotamie gouverne une grande partie de l'Irak mais Narmi demeure excentré de cette vaste plaine. Saada avoue pourtant que le voyage peut être facilité par de nombreux moyens, moyens que le maître de Shafaq connaitrait bien.



LA MAISON

Shafaq est ancienne et l'usure a repris ses droits sur la construction pourtant consciencieuse de la bâtisse. Celle-ci demeure tout à fait traditionnelle et, par là, on ne peut plus captivante.

On peut entrer dans Shafaq par une porte dérobée de vieux bois, à l'allure plus condamnée qu'entrée. C'est pourtant derrière cet abri de fortune que se cache l'unique accès. A l'origine, on pénétrait la maison par une autre entrée, désormais oubliée au profit de ses riches décors, visibles de l'extérieur.
Une driba, long couloir exigu mène à l'habituelle skifa, ou antichambre du visiteur. Agréablement décorés de mosaïques, les murs demeurent défraîchis et l'on devine la chaux sous quelques tommettes aux couleurs ocres. De là, le visiteur ne devine pas encore le bazar qui peuple la demeure mais aussi la délicatesse des lieux.
Une agréable odeur d'encens, mêlée à un tabac froid mais discret accueille les narines, et une faible lumière naturelle éclaire la pièce grâce aux traditionnels moucharabieh qui donnent sur une partie ombragée, malgré l'apparente isolation de la skifa. Quelques banquettes éparses permettent de s'asseoir un instant, mais cette pièce est loin d'être fréquentée au quotidien et, si peu encombrée de meubles, très chargée en décoration murales et en plantes.

De là, on peut atteindre le patio, fragment principal de vie, véritable axe et pièce-maîtresse de la maison. Le puits de lumière qu'offre le patio permet un raccord constant avec l'extérieur, volontairement omis dans l'ensemble de la maison par la suppression de fenêtres au profit de moucharabieh. Le patio, point central de la maison, permet d'accéder aux autres pièces, toutes ouvertes sur cette grande cour aménagée. Un petit point d'eau permet de se ressourcer, point d'eau constamment réapprovisionné grâce à la magie, le propriétaire des lieux sachant pertinemment que la précieuse bleue est une denrée trop rare en ces régions arides. Des plantes grasses, un citronnier et un jasmin enrichissent cette partie de détente et de vie quotidienne dans l'ensemble de la maison. Des sièges et quelques meubles épars sont répandus dans l'ensemble de la pièce, ainsi que quelques lanternes orientales et un narguilé sculpté déposé sur un tapis persan et entouré de quelques poufs et couvertures de lin.



L'ensemble des pièces jouxtant le patio est fermé tout le jour, pour garder la fraîcheur garantie par la vieille pierre.
Une porte aux ventilations moucharabiennes mène à la cuisine, avant tout pratique au quotidien. Assez traditionnelle dans l'ensemble, elle a été très peu restaurée et simplement remise à neuf pour des raisons d'hygiène. En soi, la pièce n'a que trop peu d'intérêt en terme de décoration, celle-ci étant pratiquement inexistante. Un cagibis garde au frais des herbacées et une armoire expose son butin en aromates séchés en tout genre - du plus banal au plus extraordinaire dans la région.
Les repas se déroulent dans la tradition bédouine, autour d'une table très basse entourée de coussins confortables et de fauteuils assez bas. Une pièce pour le moins très décorée tient son rôle de salle à manger, également de pièce de vie commune, où une bibliothèque fort pourvue en ouvrages arabes et du monde sorcier en général s'expose fièrement aux yeux de tous. Au-delà de la pièce, une porte cache un bureau ou plutôt un capharnaüm désastreux, seule pièce dans laquelle le vieillard se rend vraiment, tout le reste étant un remède à ses caprices de passionné.


Première chambre

De l'autre côté du patio se situe la partie nocturne de la maison, avec ses deux chambres qui s'en disputent la vedette.
La première, la plus accessible, est destinée aux invités. Toujours prête à servir en cas de réception, celle-ci est pourtant à l'abandon, comme c'est le cas de la suite que le vieillard n'utilise pas. En réalité, celui-ci préfère dormir dans son bureau et estime qu'il ne lui est pas utile d'utiliser des chambres d'aussi belles compositions.
La seconde chambre, la plus majestueuse, est aussi la plus enfoncée dans la maison. Pour y accéder, il est nécessaire de traverser un long couloir. Evidemment, c'est la chambre la plus confortable, car la plus isolée de la chaleur. Elle donne pourtant accès à une partie de la terrasse, dont elle reste isolée de l'agitation en journée grâce à des murs et de la végétation. Enfoncée dans une alcôve, l'immense lit est toujours paré et de nombreuses bougies prêtes à être allumées.


Seconde chambre
Partie de la terrasse

De l'extérieur, la maison semble traditionnelle et pour le moins très délabrée. Mais son jardin luxuriant bordant l'immense terrasse accessible à l'arrière témoigne d'un grand soin apporté aux lieux, principalement par l'elfe de maison du vieux maître. La bâtisse cependant voit ses plus beaux jours derrière elle.
Des sortilèges de protection lui ont été administrés, mais également un Anticatimini, un Immugio et des sortilèges permettant de lui donner une apparence de vieille maison abandonnée lorsqu'un Moldu pénètre à l'intérieur. Saada, par exemple, qui n'a accès qu'aux extérieurs, sait que le jardin est entretenu mais n'a ni l'autorisation, ni de quoi y pénétrer. Cette obligation, dont elle se satisfait très bien, n'est que trop renforcée par le respect qu'elle voue au vieillard.

La demeure semble cependant renfermer de nombreux secrets et un lugubre passé. Bien que ses murs ne dévoilent que la bienveillance et les souvenirs d'une culture que le mage âge chérit par-dessus tout, quelques éléments échappent toujours au tableau, comme quelques pièces condamnés et des objets méconnus.

L'essentiel, et Aya le sait, réside en cette clé et en cette chance qu'elle a eu de devenir, en son seul sein et en ses tripes, héritière d'un fardeau et quelque part d'une promesse.
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Azphel
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Re: [Habitation] Shafaq

Message par : Azphel, Mar 03 Oct 2017, 15:46


2000 ème message amour
L.A Ayaz

هزار و یک شب


A zphel avait passé la nuit à Dust & Spite, chez Aya, enveloppé dans ses bras, avec la promesse qu’elle lui avait fait la veille de « découvrir quelque chose de d’enrichissant », ce jour. La belle devait effectivement l’emmener dans un endroit inconnu, une petite surprise dont il se réjouissait déjà, même s’il n’avait réussi à obtenir plus d’information sur la nature de celle-ci. De son côté, il avait également préparé quelque chose pour elle, un entraînement bien particulier. Car même si leur relation de mentorat était terminée depuis longtemps, il n’avait toujours pas honoré sa promesse de la former à Legilimancie. Il était temps de commencer son initiation, à moins que la belle n’ait prévu d’occuper leur journée avec différentes distractions.

Après quelques étirements grognons, le mage noir s’extirpa des draps encore parfumés de l’odeur de sa compagne, à l’état d’abandon. Il était huit heures du matin et il n’avait pas senti sa chère et tendre fuir le lit. Quand il arriva à la cuisine, aidé par son instinct et l’odeur diabolique du café chaud qui répandait son fumet dans toute la maison, il la découvrit assise, une tasse fumante entre les mains, le regard pensif. Elle leva les yeux sur lui sitôt qu’il eut franchi la porte et un sourire illumina le visage angélique de l’écossaise, sublimé par son regard d'obsidienne à se damner.
- Bonjour chéri, dit-elle doucereusement pour l’accueillir, empoignant sa baguette magique pour faire venir une seconde tasse de café chaud auprès d’elle.
- Coucou mon ange, répondit le loup en se faufilant derrière elle pour passer ses bras autour de ses épaules.

Il déposa un baiser sur son front avant de s’asseoir à côté d’elle, refermant une main sur sa tasse.
- Bien dormi ?
- Très bien et toi, dit-elle, radieuse.
Le mage hocha la tête.
- J’ai préparé nos affaires pendant que tu dormais, y a deux valises dans le salon, on pourra partir rapidement après le petit-déjeuner.
- Tu es parfaite bébé, affirma le lycan alors qu’elle répondait par une haussement de sourcils prétentieux qui signifiait « je sais ». Je n’ai pas le droit à un petit indice sur l’endroit où nous allons ?
- Hmmmmm, fit-elle en faisant semblant de réfléchir. Et bien, je te garantie qu’il fera bien meilleur qu’à Londres, et que tu n’auras pas besoin de beaucoup de vêtements.
- Ce qui n’est pas pour me déplaire, lâcha Azphel, le regard évocateur.

Ils finirent leur café en parlant de l’évolution du travail de la jeune femme à la boutique d’accessoires de magie noir et en évoquant ce que le sorcier avait à faire, maintenant qu’il avait donné sa démission de Poudlard. Il avait aussi prévu de parler de cela aujourd’hui à Aya, de l’évolution des choses avec Moira pour elle et de son avancée dans l’enquête sur la recherche de son oncle pour lui. Il avait fini par obtenir l’adresse exact de cet homme qui vivait depuis quelques années dans le centre de Berlin, sous le couvert d’une parfaite petite vie de moldu, en apparence. Logique, pour quelqu’un qui souhaitait disparaître et ne plus attirer l’attention sur lui…
Mais chaque chose en son temps pour le mage noir, et Aya restait sa priorité.

À neuf heures trente du matin ils étaient fin prêts, et ils gagnèrent le salon pour prendre leur valise chacun par une main. Dans la foulée, ils transplanèrent sous l’impulsion de la sorcière, direction l’inconnu.
Après une désagréable sensation alternant sentiment de compression et d’étirement, ils se matérialisèrent sur un sol mou et aveugle, une lumière éclatante empêchant le mage noir d’ouvrir les yeux. C’était là l’effet des reflets d’un soleil éblouissant qui se réfléchissait sur le sable.
Du sable, à perte de vue.
Quand il put ouvrir les yeux, Azphel se rendit compte qu’ils étaient au beau milieu du désert, sous une chaleur écrasante. Autour d’eux, quelques murs, fidèles gardes d’un petit village relativement pauvre, au moins en apparence. En tournant sur lui-même, Azphel vit dans le lointain un épais nuage de poussière qui rétrécissait et il en déduisit que c’était là une tempête de sable qui avait dû passer quelques minutes plus tôt à l’endroit même où ils se trouvaient.

- Bienvenue en Irak, bébé, chanta la voix d’Aya en lui lâchant la main.
- Comment ça se fait que je ne sache pas que tu sois déjà venu ici ?
La sorcière lui adressa un sourire énigmatique en guise de réponse.
- Suis-moi, et tu sauras.
Ils récupérèrent chacun leur valise et le sorcier suivit sa belle qui longeait un mur. Ils s’engouffrèrent dans ce qui devait être une des artères du village à en juger les cailloux qui tentaient grossièrement de la délimiter. Dans les rues, il n’y avait pas âme qui vive, mais le sable recouvrait une partie des ustensiles laissés à l’extérieur et Azphel compris que le peu d’habitants qui vivait ici devait être encore recroquevillé chez eux suite au passage de la tempête de sable qui s’éloignait. Aya tourna à l’angle d’un mur et il la suivit jusqu’à une entrée banale qui donnait sur une espèce de long couloir. La voix de la sorcière résonna en intonations orientales et Azphel vit à qui elle s’adressait alors qu’une autre femme, plus vieille arrivait depuis ledit couloir.

Les deux femmes conversèrent dans une langue étrangère et le sorcier en déduisit que la base de leur discussion devait être le Persan ou l'Arabe, sachant Aya traductrice de ces langues. Il ne comprit rien à ce qu’elles se dirent mais la femme qui venait de la maison s’inclina devant eux, adressa un sourire à Azphel qui le lui rendit, avant de disparaître dans leur dos, vers le coeur du village.
- Je lui ai dit qu’elle pouvait rester chez elle pour le restant de la semaine, déclara Aya. D’ordinaire, elle surveille la maison et veille à ce que les habitants du village ne viennent pas trop fouiller, même s’ils ne pourraient en aucun cas découvrir la vraie nature et la richesse de cette maison.

Azphel restait septique mais suivit la sorcière jusqu’au bout du bouloir. Elle poussa une double porte qui donnait sur un patio étincelant : une cour intérieur flanquée d’une piscine, magnifiquement décorée, dans le plus pur style arabe. Dépourvue de toit, la lumière naturelle emplissait la pièce et se mariait avec les murs blancs dans un cadre riche où s’offraient aux visiteurs des poufs confortables autour de tables pour se reposer, narguilé, et des plantes et arbres pleins de vie.
Chacun des côtés du patio donnait apparemment sur d'autres pièces, fermées par des portes de bois massives et magnifiquement sculptées. Aya se tourna vers l’entrée par laquelle ils venaient d’arriver et effectua un mouvement de poignet avec sa baguette en main pour fermer la porte.

- Cette maison appartient à un vieillard, expliqua-t-elle. Il m’a proposé de m’en servir, si j'en avais besoin. C'est donc un peu chez moi, bien que j’y ai encore plein de choses à découvrir, je n'ai pas vraiment d'habitudes. Je pensais que ce serait idéal pour qu’on passe quelques jours rien que tous les deux, dit-elle se rapprochant d'Azphel avant de l’embrasser.
- C’est une très bonne idée chérie, ce sera parfait oui… rien que nous. Quelle taille fait la maison ? Questionna le loup en quittant les yeux d'onyx de la sorcière pour laisser ses émeraudes remonter le long des murs de l’impressionnant patio.
- Aucune idée… Il y a un couloir et des pièces de chaque côté, une cuisine, deux chambres, une superbe salle de bain… Mais il y a des pièces condamnées. Je suis sûre que certaines d’entre elles le sont magiquement et qu’il doit y avoir quelque atelier ou bureau secret caché ici, voire plus… je ne serais pas étonnée, vu la façon dont je l’ai obtenue. Mais on découvrira ça plus tard, viens, je te montre la chambre.

Ils s’engouffrèrent dans les murs intérieurs de la bâtisse qui gardaient curieusement bien le frais. Ils passèrent devant une première chambre où régnait une ambiance tamisée attirante, mais la jeune femme lui expliqua qu’elle était à l’abandon, avant de le conduire dans un long couloir, le temps de lui expliquer que le vieillard à qui appartenait cette merveille perdue en plein désert avait choisi son bureau rustique plutôt que ses chambres pour dormir, depuis plusieurs années déjà.
Au bout du couloir une alcôve se dessina, magnifiquement découpée, derrière laquelle des draperies beiges se disputaient le luxe à de hauts rideaux saillants. Les murs étaient auréolés de gravures dorées et un impressionnant lustre de la même couleur surplombait un lit royal. Sur la droite en entrant, on pouvait accéder à la cour, mais le soleil et la chaleur qui en provenait étaient occultés de la chambre par une belle et épaisse végétation. La température de ce nid d’amour était juste idéale.

Aya répondit aux exclamations de stupeur d’Azphel par des rires ravis.
Les deux sorciers posèrent leur valises et se blottirent dans les bras l’un de l’autre.
- Tu aimes ?
- J’adore… C’est majestueux.
- Et ça te donne des idées ? demanda la blonde en levant les yeux au plafond.
- Quelques-unes oui, avoua le loup en la prenant par la main.

La sorcière fit la moue en voyant qu’il ne l’attirait pas vers le lit mais qu’il s’engageait en sens inverse dans le couloir. Ils revinrent dans l’impressionnante cour, baignée par un soleil plombant, quoique l’ensemble des murs qui entouraient la piscine protégeaient un peu de la chaleur étouffante. Le mage se déshabilla face à sa compagne, pour se retrouver nu comme un vers. La blonde comprit enfin où il voulait en venir et se déshabilla à son tour. Main dans la main, ils entrèrent dans la piscine où ils jouèrent quelques instants à coups d'éclaboussures et de noyades, avant de s'enlacer et d’y faire l’amour passionnément.


Dernière édition par Azphel le Mar 24 Oct 2017, 12:09, édité 1 fois
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Aya Lennox
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Re: [Habitation] Shafaq

Message par : Aya Lennox, Mar 24 Oct 2017, 09:53


هزار و یک شب


De plaines cosmiques en étendues démesurées. C'était un voyage prolifique, une union des sens, une promesse, un partage à l'ombre mouvante des ruines perdues au coeur du désert.
Quelque chose dont on taisait le nom, ou qu'on répétait en litanies. Le tout était de sortir de la peur du vide, de l'inconnu. Le tout était de sortir de soi.

De corps en corps, là, passait la brume d'un souffle quémandeur. Il savait pourtant, que ses mains, ses lèvres, l'essentiel de ses gestes lui brulait la peau et il continuait. Il n'arrêterait jamais.
- Toujours, susurra la sorcière en retrouvant le visage aimé, éloquence essoufflée.

Ouvrir la porte à ce bonheur passager, capricieux. Elle préférait quand les mains reposaient sur elle, insufflaient cette force qu'elle n'arrivait pas à trouver en son sein.
Que serait-elle sans lui ? Plus grand chose, à vrai dire. Mieux encore que ce soin apporté à ses blessures physiques, Azphel avait pansé des plaies immatérielles. Avait soigné un mal absolu, bien plus intime. Une vermine qui lui bouffait les entrailles.
A la place, il s'était instauré une relation charnelle d'amour impropre. Le mage avait remplacé cette douleur. C'était à lui de tout prendre pour mieux dévorer. L'aimer commençait à lui faire mal, pour son plus grand bonheur.

La banquette était investie d'un corps furieusement lâche et Aya écrasa la cendre dans un bol de terre cuite.
Crois-tu qu'un jour, il n'y aura plus que l'amour qui primera ?
Instinctivement, elle l'enlaça et embrassa son front tiède sous les nuits d'étoiles. Inutile d'être prolixe, trop active en étalage sentimental. Il devinait suffisamment ses pensées. Nul besoin de pratiques magiques pour y arriver. Leurs échanges étaient toujours comme ça.

Au sud de nulle part régnait un mal qui grondait entre les dunes de sable. Ignorant les couleurs dans ce monde monochrome, on entendait le vent chuchoter la possibilité d'un feu naissant entre les buttes stériles. Aya s'endormit de paresse tépide.

- Tu préfères donc parcourir l'esprit que le condamner ?
- On ne peut être deux à tout taire, susurra-t-elle en replaçant une mèche volage derrière son oreille. Moi qui déteste qu'on me cache les choses.

Au-dehors des ruines du vieux village, Saada les attendait avec un pur-sang arabe. Aya n'eut pas besoin de la rassurer. Saada savait que son cheval et sa grande fierté reviendraient sains et saufs.
Le soleil pur de ce début de matinée se reflétait sur la robe alezane du magnifique équidé. Après avoir retracé des doigts l'encolure de la bête, Aya la monta et invita Azphel à se joindre à elle. Sans avoir de réelles capacités hippiques, la sorcière n'avait eu d'autre choix que d'apprendre afin d'explorer les environs, ainsi que de fréquenter un certain chameau un peu trop inégal lorsqu'il s'agissait de motivation.

Samawa était à de nombreux kilomètres de là, et leur périple s'arrêterait à un petit village proche de la jonction des monts du désert et des plaines. On pouvait se contenter, là-bas, de quelques produits typiques et de croiser quelques marchands de curiosités. Mais ce n'était pas l'essentiel en cet instant.
Le plus délicat était surtout de se protéger du sable, et du soleil. Les visages d'Aya et d'Azphel étaient imperceptibles, chacun entièrement recouvert d'un tissu sombre, tout comme les corps, habillés de tissus foncés mais légers. Il était trop dangereux de montrer son visage, trop délicat de s'exposer à l'astre trompeur en ces régions reculées. Badr, pur-sang infatigable, pouvait se targuer de ne pas redouter le soleil et de pouvoir déambuler tranquillement.

Au loin, la petite forteresse désertique pointait les esquisses de ses remparts. Quelques fermes isolées s'éparpillaient autour, mais rapidement on devina l'agitation en son sein car de nombreux habitants, ou visiteurs plutôt, se pressaient à l'entrée. Après avoir confié Badr à un gardien en l'échange de quelques dinars, la sorcière anonyme emporta son compagnon dans le sillage de la petite cité.
- Je ne connais pas encore vraiment leurs coutumes, confia-t-elle à Azphel en tentant de se fondre dans la masse à ses côtés. Les regards, même pour la plupart occupés, détaillaient peu les nouveaux arrivants. Je ne peux pas me vanter de pouvoir y vivre sans contraintes, comme si j'avais toujours appartenu à ces contrées. La barrière de la langue, c'était quelque chose. Mais même si je me débrouille relativement bien aujourd'hui, j'ai encore trop à apprendre.

Tout autour, les étalages de marchandises et les transactions allaient bon train. Mais tout ce spectacle n'était pas qu'économique. C'était un temple de vie et de rencontre sans pareil.
- Je ne sais pas ce qu'il se passe ici, Azphel. Pourquoi mon père, qui a beaucoup exploré dans sa jeunesse, s'est arrêté ici. Il faut que je comprenne. Il ne pouvait le voir, seulement le deviner, mais les grands yeux gris s'étaient tournés vers lui. J'ai trop de choses à penser je crois.
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Re: [Habitation] Shafaq

Message par : Azphel, Sam 18 Nov 2017, 15:27


I l est des parfums plus forts que d'autres, qui marquent davantage l'esprit et le coeur, touchent l'âme parfois. Badr filait à travers le sable, trottant sans mal parmi les cailloux, les bancs de désert océaniques, filant sans peine en transportant sur son dos les deux sorciers dont il était chargé. Cheveux au vent, bras resserrés autour de la taille d'Aya, le désert dégageait en cette matinée des effluves boisés et excitantes pour Azphel, des notes musquées de parfums odorants, de miel et de passion. Un goût de liberté en plus, qui se lisait dans le regard du mage, dans l'horizon dont il se rapprochait sans cesse, pour en découvrir un nouveau plus lointain.

Leur cheval était brave et s'il peinait à porter les deux sorciers, il ne le montrait pas dans sa démarche constante et sa vitesse maintenue. Après des milles de désert sec, des remparts pointèrent le bout de leurs ombres face aux regards des deux mages. Un peu plus proche, des maisonnées se devinèrent, des fermes de paysans locaux qui passaient le plus clair de leurs journées au champ et au labeur pour nourrir leur famille, vendre le surplus aux habitants du coin, parfois offrir généreusement des légumes ou de la viande au voisin ou aux proches dans le besoin. La richesse ici, c'était la terre, le sable à perte de vue, le soleil, les bêtes. Pas de superflus, il était clair que ces bâtisses devaient respirer une chaleur humaine et une simplicité qui avaient quitté l'Europe tumultueuse depuis longtemps. Et pour Azphel, comme pour Aya, il y avait comme un retour vers leur nature de sorcier, de personne même, dans ce cheminement jusqu'à ce petit village, dans ces contrées ou le malheur, les idéaux magiques, étaient tout sauf discutés.

Ils laissèrent au repos la brave bête qui les avait menés au village, pour s'aventurer dans les ruelles bondées du hameau où c'était jour de commerce. La langue était incompréhensible pour Azphel (mis à part le "bonjour" local) mais offrait des intonations mélodieuses et vivantes. Ça et là, des autochtones marchandaient le prix de victuailles ou d'ornements, râlaient sur la qualité proposée ; d'autres paraissaient en pleine discussion sur la pluie et le beau temps.
Doigts entrelacés, ils se promenèrent dans ce souk entre les différents étals, s'arrêtant par moment pour que Aya discute le prix d'une babiole, d'une viande qu'elle voulait goûter, ou ne reparte avec une lampe à huile pour décorer Shafaq.

Ils mangèrent le midi à une cantine surpeuplée, où un climatiseur à la peine ruminait pour apporter à la lourdeur qui s'installait un peu de décence. Ils y mangèrent un couscous fait maison aux saveurs épicées, probablement le meilleur qu'ils aient jamais goûté.
Le début de l'après-midi fut frappé par une chaleur écrasante et de légères bourrasques de poussières portées par le vent, desquelles ils se protégèrent en enroulant leur visage dans un chèche acheté le matin même. Ils firent le tour des derniers étals des vendeurs, ramenèrent un peu de viande de chèvre mijotée et récupérèrent Badr qui était en train de se rassasier en eau quand ils arrivèrent. La personne qui s'en était occupé leur donna un filet à suspendre à la selle, pour y mettre les provisions qu'ils avaient acheté.

Ils rejoignirent Shafaq sous un soleil cuisant et se délassèrent sous une bonne douche avant de se reposer à la fraîcheur des murs de la bâtisse. Vers dix-sept heures, quand le soleil commençât à moins cogner, ils reprirent l'entraînement de la sorcière. Azphel s'était installé confortablement sur une chaise après avoir répété à la jeune femme les fondements de l'opposition entre la legilimancie et l'occlumancie, et le principe d'exécution de la première, lui en rappelant la complexité liée à la détermination nécessaire.
- Legilimens, lança la sorcière après une longue concentration.

Azphel n'eut pas besoin de forcer son talent pour contrer la tentative. À vrai dire, il n'avait ressenti aucun début d'intrusion dans son esprit.
- Recommence, dit-il patiemment.
La sorcière s'exécuta une nouvelle fois, puis une autre, et encore une... Après une demie heure d'acharnement sans succès, elle s'assit sur un pouf, quelque peu exaspérée.
- Je n'y arriverai pas, ça m'épuise.
- Bien sûr que si, tu es tout à fait capable de le faire. On fait une pause, on reprend ensuite.

Aya resta affalée sur le pouf, les bras balants, le front en sueur. Azphel revint vers elle quelques minutes après, chargé d'un plateau avec du thé et de la grenadine fraîche.
- Tu sais déjà tout ça, dit le sorcier, mais insiste. Quand tu me lances le sort, la seule chose à laquelle tu dois penser, c'est de percer mon esprit, c'est vouloir trouver ce que tu cherches : mes pensées. Quand tu auras réussi la première fois à entrevoir quelque chose, ce sera beaucoup plus simple de recommencer. Et tu pourras toujours aller un peu plus loin, tu verras. Ce sera plus probant sur une personne qui n'est pas occlumens comme je le suis, mais ce serait trop simple de te laisser pratiquer sur quelqu'un qui ne t'oppose pas de résistance. Je ne veux pas que tu sois une legilimens parmi tant d'autres, je veux que tu sois exceptionnelle.

Après s'être désaltérés, ils recommencèrent. Les premières tentatives furent infructueuses, mais à la dixième, Azphel, qui ne cherchait nullement à la chasser de sa tête, ressentit l'intrusion en lui, dans ses pensées. Peu habitué de la sensation, il la laissa faire quelques secondes, surpris, avant de bloquer l'accès subitement.
- J'ai réussi ? C'est ça ? S'enthousiasma la sorcière, les yeux grand ouverts d'étonnement.
- Oui c'était pas mal, mais ce n'est qu'un début. C'est très bien bébé, vraiment très bien, mais ne t'enflamme pas. Tu ne réussiras pas une seconde fois tout de suite, et il te faudra beaucoup de temps avant de percer les défenses de quelqu'un. Comme tu as pu le voir, je t'ai laissé te balader dans ces souvenirs des jours passés ici. Mais tu as seulement vu ce que je t'ai laissé d'accessible, et quand j'ai souhaité te mettre dehors, je l'ai fait sans difficulté.
- Oui, j'ai remarqué... On recommence ?
- Après un verre, oui, on continue.

Comme l'avait prédit Azphel, les premières tentatives qui suivirent se soldèrent par un échec cuisant. Mais loin de se laisser abattre, la sorcière s'acharna, et rapidement il la sentit de nouveau toute proche de son esprit. Mais pour la forcer à faire le maximum, à pousser plus avant sa concentration et sa détermination, il bloqua l'accès à ses pensées. À trois reprises, il lui interdit tout accès alors qu'il la sentait toute proche de pénétrer son esprit. S'il n'avait été occlumens depuis de nombreuses années, il n'aurait été capable de lui bloquer l'accès de la sorte, mais il préféra ne rien dire des réussites partielles de la sorcière. Quand elle s'arrêta de fatigue, il dit :
- Ne t'inquiète pas, c'est normal. Tu as beaucoup donné aujourd'hui chérie. Je suis fier de toi. Tu verras, demain tu devrais réussir un peu plus facilement, quand tu seras reposée.

La sorcière affichait une moue sceptique, mais vint s'asseoir dans les bras de son compagnon, passant ses bras autour de son cou.
- Tu as l'air d'être un bon occlumens, dit-elle, la mine boudeuse. J'espère que tu ne me caches rien.
- Quand tu seras capable de percer mon esprit, je te laisserais accès à toutes mes pensées, et tu verras que si elle ne sont pas toutes tournées vers toi, tu en es l'élément central.

Le lycanthrope se para d'un sourire et se laissa embrasser tendrement. Il était à peu près sûr que Aya ne mettrait guère plus de quelques semaines avant de pouvoir briser la barrière naturelle de son esprit à chaque tentative. Elle ne serait peut-être jamais assez bonne legilimens pour le contrer, quand lui étalait toute l'étendue de sa connaissance d'occlumens, mais il devinait en elle tout le potentiel qu'elle avait toujours montré : celui d'une sorcière d'exception.
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Re: [Habitation] Shafaq

Message par : Aya Lennox, Ven 15 Déc 2017, 18:24


Au point du jour, effluves d'un monde en saccadé. Demander à la lune des nouvelles du ciel étoilé. Il n'y avait, partout, que des détails lumineux, petits points incandescents. On ne voyait que cela dans la nuit. Le Patio offrait cette opportunité de contemplation, au beau milieu d'un désert bien solitaire. Au-dessus des têtes, un autre monde se créait à mesure que l'oeil découvrait. La rétine se contentait d'imaginer. Le reste ne faisait que suivre.

L'entrainement perdurait et sur les lèvres, des questions se posaient. Des doutes, surtout, en réalité.
- J'ai peur de m'éloigner chaque jour de mon but, à force de penser à autre chose, susurra Aya.
Ses doigts se refermèrent autour d'un large verre à pied. Le liquide grenat coula le long de sa gorge, accompagnant une moue chétive des lèvres, comme à chaque fois que les doutes s'installaient.
- J'ai peur que ce ne soit Moira qui remporte la bataille. Ou encore qu'elle ne meurt d'une autre main, ou par sa propre finitude.
Les mains d'Azphel s'insinuèrent sous son corsage, pour mieux attirer la jeune femme vers lui. Les longs cheveux d'Aya chatouillèrent son épaule, le nez de l'amant qui les reniflait.
- Tu t'entraînes d'arrache-pieds. Tu as tout fait pour t'en sortir toute seule, sans jamais compter sur qui que ce soit.
- A part toi, rétorqua-t-elle dans un sourire en coin.
- A part moi, oui. Mais ce que j'essaie de te faire comprendre, c'est que tu n'as pas à t'en vouloir de t'éloigner parfois de ta vendetta personnelle. La femme que Moira devra affronter avant de mourir sera bien plus puissante qu'elle ne l'a jamais été. Tu le sais ça ?
Les bras qui l'entouraient la secouèrent un peu, comme dans l'attente d'une réponse positive.
- Je dois te rappeler tout ce que tu as fait ? Le fait que tu sois devenue Animagus sous mon nez, sans même que je ne m'en doute ? Tout ce que tu entreprends, ces voyages que tu fais.
Là, oui, c'était bien un sourire qui se dessinait. Aya ne sut le réprimer. D'ailleurs, la main qui passa sur sa bouche était destinée à le cacher. Ça ne prendrait pas, malheureusement. Le sorcier agrippa le fin poignet pour mieux le tordre.
- C'était censé être un secret entre mon Moi et mon Ça, Azphel. Je me demande pourquoi je ne t'ai pas éliminé maintenant que tu sais tout. Ça peut encore changer.
Là, une ombre traversa ses mirettes alors qu'Aya se débattait pour récupérer son bras en bon état. C'était un présage funeste, mais Azphel souligna la supercherie en volant un baiser à sa compagne. Puis un deuxième, juste sur le bout de son nez bronzé, avant de masser son point d'accroche.
- Tu ne peux malheureusement plus te passer de moi.
- Laisse-moi rire, et le rire mesquin se perdit en répercussions alors que la diablesse lui échappa des bras.

C'était chaque soir le même dilemme. Se décider à se laisser dévorer, ou échapper à ces bras qui l'enserraient. Mais chaque soir la décision était si dure qu'elle ne pouvait résister. L'appel de l'abîme était trop intense, trop important à ses yeux. A chaque fois qu'il l'agrippait, elle devait se laisser aller.
Les mirettes se rencontrèrent, ne se lâchèrent plus. Jusqu'à demain matin, la sensation serait la même. Cette plénitude dans l'Absolu, offerte entre ses reins. C'était le même chant langoureux à ses oreilles, au rythme de son bassin.
Les doigts de son Amour devinèrent sa mâchoire, dans un geste tendre, et Aya s'arrêta de penser, de respirer, s'arrêta de tout. Il suffisait d'entrouvrir les lèvres pour se laisser tenter.
Toujours, la nuit pour seul témoin.

*

- Nuit.
- Jour.
- Ténèbres.
- Lueur.
- Fumée.
- Feu.
- Désir.
La silhouette légèrement hâlée se retourna dans les draps et les longs doigts fuselés retracèrent les détails d'un torse bien dessiné. Cachées par l'ombre d'une main, les émeraudes suivirent la danse en silence, le temps d'un instant.
- Passion.
- Violence.
- Excès. Pourquoi l'Animagie, Aya ? Nous n'en avions jamais parlé.
Un silence. Trois temps.
- Démesure. Je ne sais pas. Ma tante était une Animagus. Plutôt douée. J'ai toujours été attirée par cette... Par l'idée d'avoir un double. Quelque chose qui vit en moi. Que je pouvais appeler, à n'importe quel moment. J'enviais ce sentiment de liberté.
- Luxe. Je vois, échapper à soi-même n'est-ce pas ?
- Luxure. En quelques sortes. Je cherchais à dépasser une certaine limite.
- Charnel. Quelle limite exactement ?
- Union. Celle de l'identité, je suppose. Je ne sais pas. Je voulais savoir ce qui sommeillait en moi, aussi. L'Animagie, c'est faire abstraction de soi pour laisser s'installer ce que tu ignores. Une fois que l'animal est là, il est difficile de s'en défaire... De lui tourner le dos.
- Lien. Oui, je n'en doute pas. Comment vis-tu la cohabitation avec... cette Veuve noire ?
- Amour. Un parfait accord, je suppose. Je ne me suis pas vraiment posée la question. Elle est... là aujourd'hui. A la première rencontre, j'ai paniqué. Mais aujourd'hui, c'est différent. Elle fait partie de moi.
- Malédiction. Plus que moi ?
- Eternel. Assurément.
Un rire étouffé se perdit dans les draps, alors qu'Azphel avait emprisonné son alter ego sous un oreiller. La bagarre se termina vite, la culpabilité l'emportant sur la taquinerie.
- Je t'aime Azphel, chuchota simplement la jeune femme après avoir repris un peu d'air.

*

Les journées à l'ombre passaient lentement. Quelque part, au fond du désert, luisait l'éclat d'un soleil au zénith. C'était sous cette chaleur mordante, ponctuée d'instants de pur rafraîchissement au creux des remparts formés par Shafaq, que continuait la bataille entre l'esprit et le monstre sacré.
A plusieurs reprises, la jeune femme sentait que la résistance d'Azphel s'estompait. Mais aussitôt, le mage renforçait ses défenses grâce à ses talents d'Occlumens. Aya rageait intérieurement et redoublait d'efforts, en vain. A chaque fois, le mur se faisait plus résistant. A chaque fois, la victoire plus lointaine et le retour à la réalité plus proche. Plus certain.
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Re: [Habitation] Shafaq

Message par : Azphel, Sam 20 Jan 2018, 12:02


À l'arrière de la Colline Étoilée, Duchesse gambadait de toute sa jeunesse, ses petites pattes noires lacérant farouchement le sol, ses cris légers raisonnants pour la première fois dans la cour. Une Aya accroupie avait cessé de la suivre, sa détermination vaincue par le petit animal inépuisable. Je vais bien m'occuper d'elle, promis-t-elle à un Azphel heureux. Evidemment.
L'image se déforma, la cour disparut rapidement dans une brume noirâtre et les deux sorciers se matérialisèrent dans la chambre à l'étage, leurs corps moites cachés par des draps défaits. Sans se regarder, ils jouaient avec leurs doigts, mains levées pour atteindre un plafond intouchable. Tu crois qu'un jour ce sera possible ? Je sais qu'un jour il n'y aura rien d'autre. Juste Nous. Un sourire. Un éclat de rire. Un cri.
Tempête de nimbes fantomatiques et la scène se désagrégea à son tour.
Enki juché sur la cheminée du salon était en pleine discussion avec une Eris désarçonnée. La petite chatte blanche regardait d'un oeil dubitatif la tête réduite posée là, sans comprendre qu'elle s'adressait à elle, une façon de lui souhaiter la bienvenue. Dans le vestibule, Azphel observait la scène, un sourire en coin. L'on ne savait ce qu'il pensait mais son visage semblait dire que tout allait bien.
L'image se dispersa dans un amas de noirs nuages. Silence absolu.
Je t'aime Azphel


S ous le choc, Aya était tombée à la renverse sur les poufs installés dans la chambre. Azphel affichait un air surpris et quelque peu fatigué ; l'effort qu'il avait dû faire pour repousser Aya de son esprit avait été violent et il n'avait pas vraiment contrôlé sa force de persuasion pour la sortir de là. À vrai dire il ne s'était pas préparé à ce que la sorcière force l'accès à ses souvenirs aussi facilement. C'était impressionnant de voir les progrès qu'elle avait fait en à peine un mois, qu'elle pouvait maintenant prétendre percer l'esprit d'un des occlumens les plus fort de son temps, formé dans l'ombre par un Seigneur des Ténèbres, quelque chose que personne n'avait réellement fait auparavant. La sensation était étrange et à la fois.... satisfaisante.

Un large sourire égaya le visage du sorcier lorsqu'il aida la jeune femme à se relever.

- Ouah ! s'exclama-t-elle, de la sueur perlant sur son front, c'était quelque chose... Tu gardes tous ces souvenirs ?
- Plus que tu n'en verras, assura Azphel avec un clin d'oeil.
Ils marchèrent jusqu'à la cour rectangulaire qui servait de carrefour à Shafaq et s'assirent au bord de la piscine, les pieds dans l'eau, à l'ombre du mur.
- Tu crois que je serais prête à obtenir l'examen si je le voulais ?
- Tu en doutes encore ? Ça fait un moment que tu l'es... J'attendais que tu sois capable de pénétrer mon esprit sans que je puisse t'en empêcher, mais tu as fait plus que j'imaginais. Je ne sais vraiment comment fonctionne l'agencement des souvenirs, dans la tête d'un individu, s'il y a un ordre de priorité, lié à une quelconque force ou valeur émotionnelle, mais ce n'est pas les souvenirs que je m'attendais à ce que tu voies en priorité !
- Ah oui, tiens donc ? Et c'était quoi ?
- Hmmmm, fit le sorcier en levant les yeux vers un ciel dépourvu de nuage ; ma rencontre très intéressante et sensuelle avec Moira !
La sorcière lui asséna un coup de poing sur l'épaule avant de rouler des yeux.
- T'es c*n.

Ils passèrent une bonne partie de l'après-midi à profiter de l'eau tiède de la piscine alors que le soleil frappait lourdement la région. Quand l'astre daigna décliner à l'horizon, ils s'allongèrent côte à côte sur des serviettes pour lézarder paresseusement, laissant leurs corps blêmis par la grisaille londonienne se faire chatouiller par la caresse d'un soleil mordant.
- Tu es heureuse ?
- Je n'aurais pas pensé pouvoir l'être autant.
Ils n'ajoutèrent rien de plus, se regardèrent longuement avec la main en visière sur le front, les yeux plissés.

Le soir venu, ils préparèrent un repas en extérieur, toujours dans la cour, qu'Azphel prépara en sortant une petite table ronde en fer forgé, deux fauteuils confortable et de la vaisselle décorée qui devait provenir d'une riche région voisine. Aya était en cuisine et préparait des boulettes de viandes aux épices. Au dehors, le soleil disparaissait lentement et le ciel était voilé d'une teinte de nuit bleue foncé. Peu à peu, les étoiles apparurent, d'abord solitaires, puis par dizaines, scintillantes et lumineuses, dessinant une carte du ciel merveilleuse, un chemin parfaitement clair pour les voyageur d'autrefois et les lecteur de la carte céleste.

Ils mangèrent calmement en profitant de la douceur de Shafaq, la forme rectangulaire de la bâtisse lui permettant d'emmagasiner la chaleur toute la journée pour ne pas refroidir trop vite le soir, ce qui laissait le loisir au couple de profiter de ce début de soirée étoilée ; car comme c'était souvent le cas en plein désert, les nuits de la région étaient fraîches et inhospitalières, peu propices aux repas en extérieur.
À minuit, la température était cependant devenue trop basse et ils furent contraints de regagner la température plus douce de la demeure. Reposés, ils discutèrent longuement dans la chambre, assis en tailleurs sur le lit, des progrès d'Aya, de ses futurs mouvements vis-à-vis de Moira, de son quotidien chez B&B, des projets d'Azphel.
Quand ils se couchèrent, les étoiles s'évaporaient déjà lentement dans un ciel qui s'éclaircissait à l'est. Quelques heures plus tard, ils se lèveraient pour un autre jour de complicité.

- Colline.
- Secrets.
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Re: [Habitation] Shafaq

Message par : Aya Lennox, Dim 21 Jan 2018, 18:06


Il ne fallait jamais crier victoire. Et pourtant, elle avait réussi. Pour la première fois, Aya avait réussi à pénétrer l'esprit d'Azphel et à en extirper des souvenirs plus ou moins précis. Des contours assez nets de ce qu'il gardait en lui.
Sans surprise, ceux-ci s'apparentaient à ce qu'ils avaient vécu. Se rapprochaient d'elle, de leur histoire. Elle était soulagée de ne pas être tombée sur autre chose. Il n'était pas question d'avoir peur. Aya partait du principe qu'apprendre la légilimancie devait s'émanciper de la peur de ce que le sujet allait découvrir. Mais fouiller le passé d'Azphel pouvait s'avérer bien douloureux pour la sorcière. Elle ne voulait pas trop s'aventurer dans les méandres de son vécu. Elle ne voulait remuer trop de choses en lui, en eux.

Elle préférait s'acharner sur l'inconnu. Se perdre au coeur d'esprits dont elle ne percevait pas les contours à l'origine. Et, éventuellement, se perdre dans celui de sa grand-mère, un jour. Manipuler ceux qui l'entouraient.
Azphel était une pente bien trop difficile à gravir. Elle ne voulait pénétrer son esprit pour en ressortir ce qui l'arrangeait. Elle ne voulait le transformer en pantin à sa magie.
Il s'agissait de lui, après tout. Azphel était différent de la masse qui s'agitait autour d'elle. Azphel ne s'apparentait à aucun autre, n'entrait dans aucune case. Il était lui, et c'était tout. Ça lui suffisait.

Les doigts des amants se rejoignirent dans une étreinte. Aya, dont la main libre était posée en visière sur son front, observait les vents furieux déranger l'immense masse du désert qui s'étirait devant eux. Un chuchotis s'infiltra dans l'air. Une promesse qui n'était pas encore rompue.
Elle ignorait les courbes de tous ces lendemains. Tous les virages, les contournements que leur histoire prendrait. Aya savait simplement que ces déserts resteraient toujours, quelque part, un refuge à leur amour. La chaleur des vastes étendues arides, l'ombre de Shafaq les accueilleraient toujours.
Perdus ou non dans ce monde, qu'ils érigeaient à leur image.

- Tu es prête ? susurra-t-il à son oreille.
Les bras puissants du mage enlacèrent sa compagne. Un sourire se laissa deviner, derrière le voile qui recouvrait le visage d'Aya. Ils reviendraient dans leur refuge érigé par les temps et les sables fous. Il s'agissait simplement de laisser s'envoler les derniers doutes.
- Rentrons.
D'une main, elle attrapa la valise posée à côté d'elle. Un CRAC sonore se répercuta dans l'espace, alors qu'Azphel accueillit Aya dans ses bras.

Comme un retour à la vie sauvage.
Il ne s'agirait plus que de formalités, désormais.

FIN DU RP
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