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[Privée] La salle du personnel
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[Privée] La salle du personnel

Message par : Invité, Mer 28 Fév 2018, 19:28





"Salle du Personnel "

    Seuls les employés du Chaudron Baveur ont accès à cette petite salle ressemblant à un boudoir d’un autre temps. On la trouve au sous-sol, coincée entre les bouteilles de vins, le whisky et le Filet du Diable qui prospère dans son coin. Un tableau représentant une nature morte flamande du XVIe un peu effritée, dont le sujet d’étude est un chaudron bavant, garde l’entrée de la salle. Pas la peine de chercher le mot de passe on vous dit : seuls les employés peuvent y entrer. La récompense pour avoir livré son âme éternelle à l’âtre brûlant dans le foyer de l’établissement. Vous êtes employé ici mais vous avez oublié ? Comment pouvez-vous ? Ce murmure… « Shotet » [שֹׁטֵט]… Oui, « fouet » en hébreu : le patron a le sens de l’humour, et du rythme.
   Qu’importe, vous voici dans la salle : ça sent un peu le moisi, dû aux problèmes d’infiltrations, mais ça reste néanmoins plutôt confortable : il y a même l’électricité ! Avantage d’avoir un bar métissé entre les deux mondes. Ce qui arrange bien tout le monde, vu qu’une machine à café a pris ses marques dans les lieux. Des fauteuils un peu enfoncés mais néanmoins confortables servent à accueillir les fesses des employés. Sur le côté, de la taille d’un placard, une petite pièce contenant un lit sommaire, au caillou vous n’auriez pas réussi à quitter les lieux à temps. En face, sous l’éclairage d’une ampoule grésillante, un sceau, des toilettes et un lavabo.
Besoin de plus ? Et si vous alliez jeter un œil (n’oubliez pas de le récupérer après pour ne pas finir comme Lizzie) derrière cette tapisserie représentant un obscur rite païen de célébration de l’avènement du Printemps ? Sont-ce des cuillères pleines de terres… ? Mais pourquoi y a-t-il un trou ? On dirait presque un tunnel…

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Re: [Privée] La salle du personnel

Message par : Invité, Mar 27 Mar 2018, 00:26


Lueur d'espoir
[avant qu'Aoi ne tarvaille au CB]
LA de Mered

Un vol Tokyo Londres, l’allégorie d’une vie. Tenter de remonter le temps mais ne jamais être assez rapide. Une course perdue d’avance dans laquelle on se lance quand même, à corps ouvert et à cœur perdu. Espérer aller assez loin, juste un peu plus loin. Tendre les doigts vers un idéal inventé, imaginé, fantasmé, jamais observé. Arriver trop tard, la désillusion qui brise le rêve comme un miroir, une vitre qui protégeait de la réalité, rester bloqué dans cette parodie absurde. Tenter d’aller de l’avant.

Les montres tournent à l’envers, l’azur a fait un détour dans le temps, tentative échouée de revenir à ce qu’elle était. L’air de Londres respire cette familière amertume des jours passés, oubliés. Étrangement, le monde Moldu a cette quiétude banale et insouciante, cette innocence qui offre une parenthèse bienvenue dans l’angoisse infinie. Fondue dans cette masse ignare, invisible entre les pas pressés, la fumée de cigarette et les bavardages naïfs. Quelques minutes hors d’elle.

Le Chaudron Baveur offre sa devanture, inchangée ou presque, invisible aux yeux des passants inattentifs. Ils ne voient que ce qu’ils veulent après tout. Pousser la porte, laisser sortir la lumière, les rires et la chaleur d’un chez-soi de bien trop de monde. Tirant sa valise, la petite silhouette se fraye un passage vers le comptoir. Elle sent les regards peser sur elle, la forçant à presser le pas. Son souffle s’accélère alors qu’elle aperçoit sa cible, son objectif, sa récompense. Plainte étouffée, main posée sur un bras amical. Sourire entendu, effusions retenues.

Mered ouvre le passage vers les coulisses d’un mythe. Des escaliers sombres pour s’enfoncer dans les tréfonds du secret. La japonaise marque un temps d’arrêt à quelques pas du Filet du Diable, garde silencieux. Baisser de rideau, entrée dans les loges. Les fauteuils ouvrent leurs bras à une invitée inconnue, mais c’est d’une autre étreinte dont cette dernière à besoin. Une étreinte de feu, ardente, chaleureuse et accueillante. Glisser, ou plutôt se jeter dans les bras ouverts de la confiance et le repos du cœur. Larme cristalline joue sur les cils.
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Re: [Privée] La salle du personnel

Message par : Invité, Ven 13 Avr 2018, 18:52


Les bras se referment, comme une protection qui s’enclenche. Le cliquetis est presque audible dans le silence épais de la pièce. La brune enfouit son visage émacié dans l’épaule gardienne avec soulagement. C’est impressionnant de se rendre compte que Mered est parfaite en tout point, comme Mary Poppins, jusqu’à sa taille idéale pour les câlins réconfortants. Elle fait penser à une peluche toute douce et moelleuse, tellement apaisante.

Mais la rousse finit par mettre fin à l’étreinte. Après tout il le faut bien elles ne vont pas rester collées l’une à l’autre pendant des jours. Malgré le petit pincement au cœur, l’azur se rassérène. Elle sent encore autour d’elle cette chaleur amicale qui continue à l’entourer, la recouvrir d’amour. Elle se permet un sourire discret. Ça ressemble peut-être plus à une grimace d’ailleurs, elle a finit par perdre l’habitude d’utiliser ces muscles. Le silence se brise, comme tant d’autres choses.

- Tu m’as manqué aussi… C’était un peu long mais je suis contente d’être là.

Des banalités. C’est presque ridicule de continuer à en déblatérer après tant de temps mais la bleue entre dans la danse. Elle comprend que ça cache une pression difficilement contenue. Car les derniers échanges entre les deux amies avaient une saveur toute particulière et nouvelle, cette amertume si caractéristique d’une relation qui mûrit. Une amertume à laquelle on ne se fait jamais vraiment.

- Je veux bien un café s’il te plait, n’importe lequel.

Les petites mains tirent d’avantage les manches du pull. Les pensées tentent de s’organiser un tant soit peu dans l’esprit torturé, embrouillé. Elle sait qu’il va falloir qu’elle finisse par se résigner à se lancer, mais une boule d’angoisse lui serre la gorge. Bien sûr, Mered est forte, lui a promis de la protéger. Bien sûr elle a répondu immédiatement à ses lettres, l’a rassurée comme la meilleure amie qu’elle est. Mais est-ce une raison suffisante pour la mettre dans la confidence, si cette confidence équivaut au danger ?
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Re: [Privée] La salle du personnel

Message par : Invité, Sam 19 Mai 2018, 03:00


L’air s’épaissit, l’atmosphère s’alourdit. Mered reste silencieuse mais son corps crie. Insiste. Presse. Tout cela résonne dans les os de la japonaise recroquevillée. Les prunelles vertes sondent, savent, cherchent. Le langage corporel continue son discours inaudible et interminable. Puis les mots viennent se mêler à la danse. Coupent comme des lames de rasoir dans la détermination, dans l’envie de protéger égoïstement. Effeuiller une marguerite mentale. Je lui  dis. Je ne lui dis pas. Je lui dis. Je ne lui dis pas…

- Rien. Le mot claque. Du moins rien de réel. La voix tremble. C’était pas là-bas…

Les valves s’ouvrent, les larmes dévalent les joues dans une course effrénée. Les sanglots commencent à secouer les frêles épaules. L’angoisse resurgit, la culpabilité sur ses talons. Les mots se mélangent dans l’esprit tourmenté. Les barrières s’écroulent une à une, dans un fracas qui fait redoubles les sanglots. Tout s’embrouille en un magma noirâtre qui ne demande qu’à sortir, vomi de mots qui s’écoule des lèvres.

- J’é… J’étais à Pré… au-Lard, dans la rue… tu… tu sais à côté des Trois Balais… Et… et là, il est apparu… Je te ju… jure que j’ai jamais eu aussi peur… Et… et il m’a parlé… Et… et je pouvais pas bouger… Il est ent… entré dans ma tête et… Et… Oh Mered pardon… je voulais pas mais… mais il t’a vue… Par… pardon

Les sanglots entrecoupent chaque paroles, les idées deviennent floues, tout le corps semble s’être donné le mot pour lui mettre des bâtons dans les roues et l’empêcher de révéler ses secrets. Mais le visage inquiet qui fait face pousse à la franchise, à la Vérité. Ces traits si innocents, cette âme si pure qui n’a pour seul défaut que de s’être entachée du mauvais oisillon. Le vicié, celui qui n’avait aucune chance de survivre longtemps, qui à défaut d’être dévoré par sa couvée, a être poussé du nid. On est dans cette chute interminable dans le puits sans fond dans lequel l’a jetée le Masque. Dans cette immense gueule sombre de serpent affamé d’âmes en perdition

- Je… je ve… eux pas qu... il t’arrive du… du mal par ma… ma faute…

Si la pathétique phrase avait une suite, celle si s’est perdue dans la gorge serrée par les pleurs. Les sanglots sont accompagnés de gargouillis indistincts, tentative d’excuses. Les manches du pull en laine grise épongent les larmes comme elles peuvent, les yeux se gonflent et les iris gris s’assombrissent à mesure que l’âme dont elles sont les fenêtres s’enfonce dans les tréfonds du désespoir.
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Re: [Privée] La salle du personnel

Message par : Invité, Dim 03 Juin 2018, 23:29




Le Chaudon Baveur
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L.A. Anna

Une journée semblable à une autre dans sa répétition et sa monotonie.
Salutaire.

Comme une certaine quiétude du quotidien, qui lui convient finalement assez bien. De toute façon, il n’est pas vraiment être à se soucier des considérations matérielles. Il est un peu ailleurs, un peu perché, disent beaucoup. Les sonorités lui sont désormais familières et c’est bien un Cognomen qu’il pourrait porter en étendant, en faire son oriflamme. C’était plus difficile avec le véritable, « Asinus », car ça le ramenait à sa condition. Et dans ces rappels, il avait le rire amer.

Pourtant, en public, il faisait des efforts pour être agréable : dans la tenue, la présentation, la coiffure, le parfum, l’agencement, le décor, les mots. Ses insécurités et ses complexes le pressent à chercher l’adhésion et l’amour de ses pairs. En retour, il chante l’amour pour tous, mais pour ce qui est sentiments réels… C’est une autre paire de manche.
Et les siennes sont en dentelles.

Petit à petit, le Chaudron s’est reconstruit. D’abord avec Anna et lui seulement, des passages fugaces d’Eurydice, Matt ou encore Alicia, avant qu’ils ne trouvent Mered. Et ça avait été quelque chose : la gamine a du caractère et, de loin, à défaut de la connaître de près, il l’appréciait. Au point de lui avoir conféré un titre : celui de tank, de paladin. Elle a ce côté Kohane en première ligne, prête à défendre. Comme un dragon. Ça tombe bien, parce qu’elle a du feu sur la tête. Généralement, c’est un signe de sagesse. Et où est-elle à Poudlard ? Serdaigle. Ça lui caressait ses TOC dans le sens du pelage quand tout s’enchaînait façon puzzle. Presque des ronronnements d’excitation. D’ailleurs, il fallait qu’il en parle à Anna, de cette découverte, sur leur choucroute ! Et pourquoi pas l’introduire de nouveau à « Shotet » ? Ça n’avait pas eu l’air de trop lui déplaire, la dernière fois. Mais il n’en savait trop rien : elle était tellement encline à la soumission que parfois, il se demandait ce qu’il en était vraiment.
Il aurait bien médité sur le sujet si un autre ne l’avait pas remplacé aussitôt : leurs cupcakes. En parlant d’Anna, il fallait qu’il lui fasse le compte-rendu de sa nouvelle fournée.

Du haut de ses grandes jambes rehaussées de talons rouges, le voici qui arpente les lieux, les dalles, appelant sa stagiaire préféré, jetant un œil au Foyer et étant surpris de ne pas trouver de tâche rousse. Pas assez pour creuser sa suspicion, mais suffisamment pour chatouiller sa curiosité, et le voici qui se met à appeler sa compatriote tout en descendant les marches de la cave, afin d’accéder à leur salle du personnel : Gérard était toujours de bon conseil.

« - Tu sais Süßchen, les petits mots doux délicats, c’était sa marotte, je pense qu’il va peut-être falloir diminuer la dose de sucre. Je sais que les allemands et les anglais aiment quand ils ont l’impression d’avaler l’équivalent du Sacré-Cœur en sucre mais par rapport aux normes diététiques, ce n’est pas vraiment… »

Il était entré, dans la salle du personnel, après le mot de passe lancé à la volée, une caresse à Gérard et une entrée sans voir grand-chose, perdu dans son monologue, son courant de pensées, son ascension vers la machine à café…
Mais c’est l’atmosphère, qui l’a tirée par les dentelles avant que les mots ne se meurent dans sa gorge. Comme des relents amers et anxiogènes dans cette pièce normalement dévolue à la détente des corps et des esprits. Comme quelque chose de sombre, qui aspire et s’enfonce, et qu’il avait du mal à appréhender. En toute honnêteté, les sensations qu’il percevait dans cette pièce, entre les deux protagonistes peu à peu discernables, le mettaient très mal à l’aise.

Il les observe, derrière ses lunettes à verre fumée, répartissant son poids d’un pied à l’autre, l’air embarrassé de se trouver là, dans cet espace. Il ne sait pas interagir avec la souffrance des autruis, alors en voir un à pleurer et morver face à l’autre choucroute, dans SA salle du personnel, en buvant SON café…

Petit raclement de gorge nerveux avant de sortir de sa robe de sorcier couleur terre de Sienne un délicat mouchoir de soie, brodé de ses initiales (AAUIII) et d’une petite abeille avant de le tendre, d’un air assez raide, austère, convenu, qui tranchait un peu avec l’atmosphère envers la personne éplorée. Comme si sa simple présence et attitude suffiraient à refermer les valves de la souffrance plus ou moins exprimées entre ces murs.

Une fois le mouchoir donné à l’oisillon, dont il ne discernait pas vraiment la figure, le voici qui observe Mered d’un œil critique, par-derrière ses bouclettes. Critique, et interrogateur, voire perdu. Depuis quand faisaient-ils dans l’humanitaire ici ? Il attendait donc, des explications.
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Re: [Privée] La salle du personnel

Message par : Invité, Mer 06 Juin 2018, 13:52




Le Chaudon Baveur
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Pouvoir performatif des bouclettes, de son charisme ou de son autorité naturelle (voire des trois à la fois, soyons fous !), voici l’unique rouquine des lieux qui s’empresse de lui répondre. Un regard pour elle concernant la salle du personnel, Alors qu’il part en introspection quelques secondes, histoire de se demander si effectivement, on ne le voit pas beaucoup dans le coin.
Ce qui est fort probable : déjà à Poudlard, il fuyait la salle commune et au Schleswig, il préfère les coins aux espaces. Alors, une salle du personnel, pour faire connaissance avec Anna, qu’il connaissait déjà plus ou moins bien grâce à la Loveroom (nettoyer en profondeur, ça créer des liens) et des employés avec autant de vacuités et d'enthousiasme que RiriMeh.

Mais étrangement, Mered était restée. Peut-être pour ça qu’il prend la peine de l’écouter (ça et le fait qu’un Pius soit un animal poli, à défaut de politique).

Jolie tirade, qui pose le contexte et les enjeux, propose une solution. Ce qui lui fait pencher son regard petit à petit en direction de l’amie de la serveuse d’un air circonspect. Plus ou moins.
Mais à la fin, sa réponse ne se fait pas attendre, tout en honnête spontanéité :

« - Non. »

Peut-être un peu trop brusque, il s’en rend compte, et une main embarrassée vient frotter sa nuque, tandis que son regard dérive de nouveau vers Mered, sentant le besoin de se justifier, alors que l’image agaçante de Lizzie et de leur soirée capitaliste lui revenait en mémoire : « - Disons qu’en tant qu’employée, je te fais confiance, mais pas humainement. »

Et un petit sourire, gentil et spontanée, là encore, parce qu’il sent qu’il a donné une bonne explication. Y a encore des progrès à faire niveau relations sociales, mais on ne peut très certainement pas lui reprocher un manque d’honnêteté envers ses contemporains.
Et non, il ne se justifiait pas parce que les mots grinçants de Lizzie lui revenaient en mémoire, comme quoi il ne faisait pas confiance à ses employées à cause de son ego à babysitter et blah blah blah.
Vraiment des nuisibles, les hérissons.

Léger raclement de gorge puis observation plus ou moins minutieuse de l’être en larme sur le canapé, avant de revenir vers la rousse, pointant l’amie du doigt gantée, histoire d’illustrer son propos : « - C’est l’entretien d’embauche qui l’a mis dans cet état ? »
Léger soupire et main qui vient se poser sur sa hanche. Mered manquait vraiment de subtilité, parfois.

Mais il se mit tout de même à considérer cette potentielle candidature. Après tout, Gérard l’avait laissé entrer ici. Ça devait être un signe, non ?
Regard à la demoiselle, puis Mered, avant de prendre délicatement place en face des deux partis, croisant les jambes, puis les doigts, accentuant son port aristocratique.
Mais son sourire encourageant et ses bouclettes folles le rendait très certainement plus sympathique.

« - Recommençons, en y mettant les formes, voulez-vous ? Un sourire, et le voici qui tend sa main gantée de rouge à celle qui vidait son sel liquide sur son canapé. Enchanté de vous rencontrer miss, et bienvenue au Chaudron Baveur ; je suis Asclépius Underlinden, le propriétaire. Il semblerait que vous souhaitiez travailler pour nous ? »

Quitter le pathos à grandes enjambées, afin de rentrer dans un dialogue commercial, professionnel : lisse et sans émotions. Structuré et impersonnel, histoire de couper les valves des sentiments. Simplement la douce quiétude de l’anonymat, reprise à zéro et rédemption oratoire.
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Re: [Privée] La salle du personnel

Message par : Invité, Mar 26 Juin 2018, 00:59


Les bras reviennent entourer la carcasse sanglotante, mais l’étreinte a une saveur nouvelle. Plus acide. Les caresses sur les cheveux, geste maternel, font se tarir les larmes, doucement mais sûrement. Les mots s’élèvent, basiques et sans fond. Promesses en l’air, du genre qu’on aimerait tenir mais que tout le monde sait hors de portée. Tant pis, ça fait quand même du bien, on est tenté d’y croire, naïvement. Un sourire hors sujet, trop difficile à imiter. Même dans les iris cette étincelle n’arrive pas à briller, trop de brouillard pour la laisser percer. Nouvelle promesse, un peu plus croyable. Les doigts tremblotants se referment avidement sur les manches de la française. Ne jamais plus perdre ce contact, assurance faiblarde d’une tranquillité déjà troublée.

Le tableau pivote à la volée, une voix pénètre la bulle. On entend presque le pop retentissant de son explosion, suivi d’un silence de mort. Un instant, les émotions se cristallisent, puis volent en éclat sous l’impulsion d’un raclement de gorge éloquent qui fait encore plus s’affaisser les épaules si c’est possible. La rousse prend les choses en main, à l’image du mouchoir qu’elle glisse entre les griffes de l’aiglonne, puis commence sa parade de séduction. Le bout de tissu est doux, et le contact frais de la soie contre la peau irritée des yeux bouffis répand une vague de calme. Les sanglots qui secouent encore les frêles épaules diminuent, simples frissons, et s’espacent.

Les yeux acier restent fixés sur le tapis, alors que l’angoisse se meut, change de source. Le Masque retourne se perdre dans les méandres du souvenir dont on espère qu’il ne ressortira pas, et la voix presque trop forte de Mered vrille les tympans. Haussement de sourcils à l’entente de ses mots, de ses mensonges. Il faut quelques instants pour réaliser qu’elle ne perd pas l’esprit, mais qu’elle essaye de l’aider, comme elle peut, comme d’habitude. Se retenir d’attraper un pan de sa tenue en geste de reconnaissance, élan d’affection, et se faire plus attentive à l’autre parti, attente impatiente.

La voix calme claque comme un fouet. C’est si inattendu que le sursaut surprend même l’azur. Un petit mot balle de fusil qui transperce le tissu de mensonge, sectionne le fil, fait mourir dans l’œuf les plans. Dommage. Mais ça pince le cœur, ça agace. Non quoi ? Non il ne fait pas confiance à la personne la plus digne de confiance parcourant cette terre ? Non il refuse d’emblée, sans laisser une maigre chance ? L’explication suit, mais n’éclaire pas tant. Humainement, tiens donc. Si on n’était pas en train de se remettre de la plus grosse crise de larmes de l’existence tout en essayant de trouver un moyen de se soustraire à l’ironie condescendante, on demanderait bien des précisions.

L’air se met en mouvement, un fauteuil grince, la voix change d’inflexion, d’adresse. Le visage encore rosé par les pleurs se redresse vers la silhouette qui rentre enfin dans le champ de vision. Long et fin, comme un roseau tordu pour prendre la forme d’un humain trop rigide. Regard sur la main tendue. Étrangement, cette coutume occidentale du contact physique n’a jamais posé problème, jusque là. L’idée de toucher cette main, même gantée, provoque un vide dans l’estomac. Alors on dépose le mouchoir humidifié dans la paume, et on incline le buste comme on peut.

- Merci, je suis Aoi Baskerville, enchantée, la voix ne tremble presque plus, bénédiction.

Le visage, neutralisé au maximum à défaut d’être souriant, se relève à nouveau vers l’autre, les yeux se rencontrent. Léger arrêt sur image, détailler ce visage anguleux et ces courbes capillaires, le sourire inoculant la confiance, le regard perçant de sérieux. Puis frisson et l’instant prend fin. La langue met un temps à revenir, les idées aussi.

- Oui, j’ai entendu beaucoup de bien de cet endroit par Mered et je serais heureuse de pouvoir rendre service. Déglutition au gout caféiné, si vous voulez de moi évidemment.
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Re: [Privée] La salle du personnel

Message par : Invité, Ven 06 Juil 2018, 17:57




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Pas de contact, il ne s’en offusque pas. Après tout, il n’était pas friand. Simplement une question de convention. D’ancrer l’instant présent dans celui des convenances, des obligations. D’un schéma sociologique prédéfini, sans surprises, accrocs ou place à l’émotivité. Voire à l’émotion. On ne demandait que la répétition d’une pièce. Quelque chose d’impersonnel, qui lui convenait tout à fait et semblait aussi être de l’avis de la jeune fille encore tremblante. Le buste est incliné avec une certaine raideur tremblante, tandis que sa main retourne près de sa cuisse, dans une figure calme, détendue, presque assurée de propriétaire d’établissement.
Il soutient le regard bouffi et brillant de cet oisillon, rapporté dans la gueule de félin roux de Mered. Quelque chose à gratter, sous la surface, sous le masque confortable des convenances. Comme une certaine paralysie qui lui prend les muscles faciaux, figeant les expressions dans de l’argile mortuaire tandis qu’un « - Enchanté » mimétique s’échappe, docile.

Un instant, avec une observation presque chirurgical, où il détaille la jeune fille. Sa fragilité, son aspect frêle, craquelé. Qui pourrait se briser ou être réduit en poudre d’un simple mouvement de doigts. Neuf ou dix, qu’importe : sous des gants, l’on ne distingue pas vraiment.
Quelque chose comme du sentiment, échappant au rationnel, qui vient se mêler à l’observation minutieuse. Un sentiment étrange, presque étranger. Pourtant connu et reconnu.

Son autre bras, indolent sur le rebord du siège, tapote légèrement le tissu, tandis que ses yeux d’orage se détachent finalement de la demoiselle, pour partir en observation de Mered. Clairvoyance implicite.

« - Beaucoup de bien ? Vous m’en voyez ravi. »

Quelque chose comme un sourire, un peu absent, avant de revenir, de nouveau, sur ce morceau d’être brisé. Pour qui le prenait-on ? Un St Bernard ? Un bon Samaritain ? Il n’était pas là pour recueillir les peines et les malheurs du monde, cristallisés dans les personnes. Ça le mettait extrêmement mal à l’aise, l’écoulement des émotions et des humeurs.

« - Votre volonté fait plaisir à voir, Miss. Ton, toujours professionnel. Tapotement au bout du gant, comme une attente. Sentir l’étincelle. Il sent les attentes sans les comprendre et c’est cela, qui manque. Quel âge avez-vous ? Quelles sont vos compétences ? Pour quel travail postulez-vous ? »

Se redresser, quitter l’indolence. Davantage de sérieux dans la posture rigide alors que petit à petit, un sourire ravi, vient trancher avec l’attitude. « - Vous savez, ici, c’est davantage une question de style, de tenue, de paraître. Mais avec plus de raffinement que nulle part ailleurs. Et Gérard a l’air de bien vous aimer. Humer quelque chose, se redresser brusquement afin d’ouvrir en grand un placard contenant de la vaisselle : tasses, assiettes et plateaux sont rapidement répartis au nombre de trois, un pour chacun. Demande implicite à ce que les deux jeunes femmes les prennent en main, pour suivre le mouvement. Voyons voir comment vous vous débrouillez. Mered, il s’agit de l’entraînement spécial. Suivez le rythme, d’accord ? Et tout en humant, le regard perdu dans un horizon musical, chantonner un rythme de service, une main dans le dos et l’autre tenant le plateau. Et un, deux, trois… »

Et on n'oublie pas de sourire !
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Re: [Privée] La salle du personnel

Message par : Ashton Parker, Ven 16 Nov 2018, 14:32


PV Shae L. Keats - LA accordé

L'automne commençait déjà à toucher à sa fin et le froid c'était installé une bonne fois pour toute au Royaume-Uni et à Londres. Les habitants de la ville avaient ressorti leurs manteau, écharpes et gants afin de braver les températures en baisse. Le point positif c'était que l'une des sorties favorites des londoniens, qui était déjà de boire, avait été renforcée par le temps qu'il faisait à l'extérieur. Quoi de mieux pour les sorciers que de se rendre dans l'un des bars les plus historiques du monde magique britannique afin de se réchauffer autour d'une Bièraubeurre ?

Cependant, malgré le fonctionnement correct du Chaudron Baveur, notamment grâce à sa soeur et aux stagiaires qu'il employait, Ashton n'avait toujours pas trouvé de gérant à employer. Cela ne lui posait pas forcément de gros problèmes mais en temps que propriétaire il aurait parfois eu envie d'avoir un peu plus de flexibilité qu'en ce moment, où il avait vraiment l'impression d'être scotché au bar.

En ce vendredi après-midi, alors qu'il se trouvait derrière le comptoir à servir les quelques clients qui arrivaient déjà, une tête familière était entrée dans l'établissement. Il s'agissait de Shae, qu'il connaissait depuis plusieurs années et qu'il avait retrouvé il y a peu dans des circonstances plus qu'improbables. Malgré cela, les deux sorciers n'avaient pas particulièrement repris le contact, cette dernière ayant soudainement arrêté de donner des signes de vie pendant quelques mois. Saisissant l'occasion d'une pause, Parker avait fait signe à Ashley de s'occuper des deux femmes installées dans une table sur le côté avant de faire signe à Shae de le suivre.

Le sang-mêlé descendit les escaliers puis ouvrit la porte secrète menant à la salle du personnelle en s'assurant que la sorcière le suivait. La salle n'était pas la plus jolie du bar mais elle n'en demeurait pas moins confortable pour l'usage qu'ils en avaient et lorsque les températures étaient basses cela faisait plaisir de pouvoir prendre une pause sans avoir à aller dehors. Ashton s'assit dans un fauteuil puis alluma une cigarette en faisant signe à son invitée de prendre place où elle souhaitait.

- Alors, qu'est-ce qui t'amène ici ?
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Shae L. Keats
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Re: [Privée] La salle du personnel

Message par : Shae L. Keats, Ven 16 Nov 2018, 22:17


J'sais pas trop ce qui avait pu me pousser à me traîner jusque ici, j'en sais rien. Peut-être une intuition, j'en sais rien. Ou la certitude qui serait le seul à ne pas poser de question si j'avais pas envie de lui donner réponse. On se connait pas plus que ça, mais j'ai bon espoir que tu comprennes. T'as l'air d'avoir tes propres galères, mais t'as connu certaines des miennes. Alors la fierté reléguée à l'arrière plan, j'viens oublier toute réserve.
Parce que rien à été reconstruit, et plus rien n'est à perdre.

C'est ironique quand j'y pense, de vouloir bosser encore dans un bar après le fiaco des Trois Balais, mais c'est quelque chose que je sais faire. Et j'ai besoin de sous. Vite. Deux bouches et demi à nourrir. Redonner de la vie à la crèche. Reconstruire une vie à base de cendres.  Alors j'pousse une porte restée clause depuis qu'un tiers de la maison arpentait cette salle. J'ai peur du choc, les bars évoluent avec les gens. Peut de voir le temps écoulé depuis le départ, les disparitions en série, la mort du matricule.
Il y a irrémédiablement envie de croire que lorsque la vie s’éclipse
le monde ne tourne plus rond.
Mais l'effacement de soi reste en toute circonstance insipide.

J'glisse jusqu'au bar. Les rumeurs n'ont pas menti, t'es bien là. Toujours aussi toi, majestueux dans la confiance dégagée. Et ce quelque chose qui met en confiance sans attentes. Alors je te suis, aveuglément. La peur n'est plus un luxe possible. Je me glisse derrière toi et succombe à l'effet domino, faisant luire la braise à mon tour dans la pièce.  La question tombe et la réponse se tait. Y a le besoin de réfléchir aux mots qui vont suivre. J'ai besoin d'un travail. Simple, droit au but, les détours oubliés à l'arrière de l'auto devant l"urgence des lèvres à communiquer. Oublier les trois ans d'exil volontaire, et revenir, comme si rien n'avait changer.
Le risque d'y rester en moins.

J'ai deux gosses de 5 et 6 ans. Adorable, lumière de mes nuits et tout le bordel. Mais les faits sont les faits. Les gosses ça bouffe. Dans tous les sens du terme. J'en parle pas souvent, j'ai pas envie de les faire connaître. Ils sont pas encore prêt pour le monde, mais j'doute qu'on l'ait jamais été. Alors je jette les cartes vers toi. J'ai un avenir à leur construire.
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Ashton Parker
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Re: [Privée] La salle du personnel

Message par : Ashton Parker, Mar 27 Nov 2018, 19:38


La raison de la présence de Shae au bar ce jour-là n'était pas vraiment une surprise. A partir du moment où Parker avait compris qu'elle n'était pas venue ici pour boire et qu'elle avait demandé à lui parler, une hypothèse s'était formée dans son esprit. Cette hypothèse était à présent confirmé, elle souhaitait trouver du travail et venait donc lui demander. La suite, en revanche, était un peu plus surprenant. Elle avait donc apparemment deux enfants assez jeunes d'à peu près l'âge des jumeaux. Certes, mis à part leur rencontre inattendue de l'autre fois, ils ne s'étaient pas vus depuis bien longtemps mais Ashton ne la visualisait pas vraiment comme le genre parental.

Le sang-mêlé reprit une bouffée tandis que la fumée s'éloignait dans la pièce jusqu'à disparaître. La sorcière avait besoin d'argent et elle venait visiblement ici pour se reprendre en main, du moins sur le plan financier, afin de permettre à ses enfants d'avoir le meilleur avenir possible. Rien que ça cela prouvait que Keats était plus mature qu'avant, et lui-même devait bien avouer que ses enfants étaient une grande motivation lorsqu'il allait travailler au Chaudron Baveur.

- Je comprends, répondit-il avec un léger sourire. Avant tu bossais aux Trois Balais non ?

Le jeune homme se souvenait d'être passé plusieurs fois dans l'établissement de Pré-au-Lard quelques années auparavant et que Shae y travaillait. Si ses souvenirs étaient bons cela lui ferait du soucis en moins puisqu'il pourrait engager quelqu'un avec un minimum d'expérience. Or, la sorcière tombait bien puisqu'il avait désespérément besoin d'un gérant fiable ces temps-ci. Ashley avait fait du bon boulot ces derniers mois pour l'aider mais elle était de moins en moins disponible en ce moment et lui avait fait part de son envie de faire autre chose.
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