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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Londres ~¤~ :: Rues de Londres
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Divertissements londoniens
Kohane W. Underlinden
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Divertissements londoniens

Message par : Kohane W. Underlinden, Mar 15 Mai - 18:16



   
 Rp avec Aysha ♥
Autorisa d'Elhiya pour l'ouverture du sujet


 

Londres s'agite sous ses lueurs artificielles qui défient le soir grossissant. Les attractions touristiques se parent de leurs plus beaux attraits : sons et lumières au rendez-vous, de quoi donner l'eau à la bouche aux oiseaux égarés dans la capitale anglaise. Les gens passent, traversent les ponts, se perdent sur les quais, cherchent bars et restaurants à leur goût.
Tout paraît tranquille et simple, ce soir.
Du banal de métropole internationale.
Des langues qui s'échangent, des dialectes que j'entends sans comprendre. Et puis ceux qui s'essaient à l'anglais et dont l'accent est à croquer. Les bus rouges qui filent sur les routes, jusqu'aux ralentissements, impatience de fin de journée ou début de soirée, on trépigne, maugrée, ronchonne alors que le trafic avance tout doucement.
Du Londres moldu, quoi.
Les activités de jour ont cessé ou cessent progressivement. Pour laisser place au nocturne. Le rythme est différent ; les attentes aussi.

Je ne sais pas bien auquel des deux mondes j'appartiens. Sans doute un peu les deux. Un pied dans l'un, un pied dans l'autre, borderline à danser d'une case à l'autre.
Et aujourd'hui, je fais, comme souvent, une halte dans la capitale anglaise avant de rentrer. Parce que Londres, ça reste une part de chez moi. Mon enfance. Une partie de mon adolescence. Et de mes perditions.
J'ai eu tant et tant l'occasion d'explorer la ville !
Parfois, il m'arrive de me sentir démunie comme si je connaissais tout par cœur, depuis les années. D'autres fois, je découvre, redécouvre. J'arrive, je surprends des coins que je ne connaissais pas ou auxquels je n'avais pas fait attention.
Ce soir, je suis en quête de ces lieux-là. Tournant au hasard dans des petites rues dont je ne retiens pas le nom. Marcher, aller. Regarder le bâti et le dallage désert. Ce ne sont pas les lieux des grands bars, des grandes avenues, de la foule et du bruit. Parfois, de discrets restaurants tranquilles, où quelques personnes sont déjà installées pour dîner.
Oui, ça va bientôt être l'heure. Je pense. Je n'ai pas de montre pour vérifier. Mais vu le nombre de gens qui s'arrêtent devant les menus des différents établissements j'en déduis que le moment approche. Pourtant, pas encore envie de rentrer. Je pourrais rester sur Londres, trouver un coin tranquille où manger. Puis je me dis que, si ça se trouve, Asclépius sera à  Thermidor. D'ailleurs même quand il n'y est pas, il laisse souvent un repas soigneusement préparé. Petite once de culpabilité ce soir : ce serait moche de ne pas honorer son dîner.



 

Bon, je continue encore un peu mon tour. Il ne doit pas être si tard.
Les rues montent et descendent, c'est amusant. Croiser parfois quelques habitants qui rentrent chez eux. D'autres qui sortent. Et des fenêtres ouvertes qui laissent venir une musique affreusement forte ; ça promet une nuit sans sommeil, là-bas.
Tout à coup, alors que je marche, une porte à demi-ouverte attire mon attention. Une large porte basse, en faux bois. Quelques papiers sont affichés dessus, protégés des intempéries par du plastique. L'un d'eux indique qu'il s'agit d'un théâtre, l'autre donne les programmations du mois et un troisième est en fait un affiche pour un certain spectacle.
Curieuse, j'ouvre un peu plus la porte, pour voir à l'intérieur.
C'est vide. Assez petit. Le genre de théâtre qui doit être fréquenté par un cercle assez restreint de personnes. Des sièges rouges qui attendent sagement. Une scène plongée dans la pénombre. Et pas de trace de présence humaine. Soit on a oublié de refermer. Soit quelqu'un s'est absenté juste pour quelques instants et doit revenir.
Je n'ai peut-être rien à faire là. Mais...
Haussement d'épaules.
Y'a pas écrit entrée interdite et la porte était ouverte alors... !
Petite souris dans le noir, je me faufile à l'intérieur. Ca me fait drôle, un théâtre vide. Sans présence, sans action, sans belles paroles ni public.
Je regarde la scène avec attention. Je ne suis jamais montée sur une scène. C'est l'occasion. Toute contente de moi, je me précipite sur les quelques marches et grimpe. Je fais face à une salle vide et plongée dans le noir. Etant, moi-même, perdue dans la pénombre. Je ne sais pas où sont les lumières, ici. Mais la lueur de l'extérieur, entre fin de jour et lampes artificielles suffisent à distinguer un minimum les choses dans ce petit théâtre.
Et, alors que je profite en silence d'avoir pris de la hauteur et de me trouver face à un public invisible, mes yeux accrochent une feuille laissée en bord de scène.
Je me penche pour la ramasser.
Par la maigre lueur venant de la porte, j'essaie de déchiffrer les lettres imprimées.



 

je suis celle qui ne veut plus comprendre
parce que comprendre c'est déjà accepter
oui je venais pour comprendre
et j'ai compris que comprendre c'était trahir*


J'interromps pas lecture un instant.
Un bout de papier laissé tomberr.
Une scène.
Un texte.
Un public muet, en attente.
Je souris, dans le noir.
Souris devant le fil suspendu. Avant de baisser de nouveau les yeux sur la feuille. Lire. La suite. Et vouloir la clamer. Comment ce texte aurait-il été mis en scène ? Je l'ignore. Je le découvre à mesure que je le lis. Et voilà que, déjà, je me plante devant mon public invisible, partition en main. Prête à lui parler. Lui offrir ma voix et mon cœur.

-je venais pour t'implorer
homme qui fait la guerre comme
le pommier fait ses pommes*


La voix se gonfle dans la poitrine et le regard se perd. Loin dans l'obscurité. S'imprégner du texte. Le sentir vibrer dans les veines.
Implorer.
Et refuser d'implorer.
Tout en même temps

-et j'ai compris que t'implorer
c'était me soumettre à tes raisons
c'était me mettre à genoux et ramasser les pommes
de l'arbre de la guerre
furieuse je suis*


Et les gestes se mettent de la partie.
Une fureur froide dans les poings et les bras qui s'agitent.
Fureur de vivre et de mourir. De vivre, surtout, en fait. J'ai l'impression, à mesure que je lis, que j'envoie les mots valser dans la salle, l'impression de me retrouver dans ce petit bout de texte sans contexte. Un feuille laissée. Volante. Que j'ai ramassée.

-furieuse mère
furieuse fille
furieuse soeur*


*Stabat Mater Furiosa, JP Simeon

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Aysha Brayd
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Re: Divertissements londoniens

Message par : Aysha Brayd, Mer 16 Mai - 8:45


Dehors l'air est frais. Les gens marchent, sourire accroché aux lèvres. Les étoiles font leur petit bonomme de chemin, s'éclairant peu à peu comme des petites lucioles, couvrant la toile noire du ciel de leur lumière. Pourtant il ne fait pas si sombre. Mais ce sont les premières étoiles naissantes, celles qui ouvrent la voie à la nuit parcourant son chemin, courant après la lune. Les passants profitent de l'effervescence de cette soirée urbaine, et Aysha en fait de même. Elle parcourt les rues comme on parcourt un intinéraire du bout du doigts, sur une carte un peu froissée. Elle marche sans se presser mais elle sait où elle va. Les nocturnes des musées londoniens sont toujours de bonnes occasions pour dessiner. Aysha aime y passer des soirées, crayonnant ainsi assise sur son petit banc molletonné. Ce soir, elle va découvrir un nouveau musée qu'elle ne connait pas. On y trouve des sculptures grecques, modèles parfaits pour s'exercer.

Aysha marche donc ainsi, calepin sous le bras, nez en l'air. Elle manque de se cogner des les passants plus d'une fois mais elle ne peut détacher son regard des contours des immeubles et du ciel à la nuit naissante. Cette ville est belle et elle ne finit jamais de la connaître. Chaque jour elle porte un regard nouveau sur la capitale anglaise, majestueuse. Elle admire ses courbes droites et ses ponts. Elle invente ses ruelles et ses histoires, imagine les intérieurs, derrière les fenêtres. Et tous ces recoins lui échappent encore, avec joie, car le lendemain alors elle pourra découvrir de nouveaux aspects de la belle.

Aysha laisse glisser son regard sur l'arrête d'un immeuble gris, et le pose sur une porte entrouverte. Il y a quelque chose dans cette porte, quelque chose qui l'attire. Plus encore que la nocturne du musée. Alors elle s'approche, contemple les affiches sans vraiment les voir car ce qui l'intéresse se trouve derrière la porte.  Cette aura inexplicable. Il lui semble entendre quelque chose, des mots, une voix. Solitaire. Elle hésite, entrouvre à la porte et se glisse à l'intérieur sans pouvoir supporter l'idée d'être entre les deux, un pied dehors et un pied dedans. Il y a quelque chose dans ce lieu mystérieux qui ne la laisse pas tranquille. Elle découvre un théâtre, après avoir passé une petite épaisseur de voile noir servant de coulisses peut être. La voix s'est fait plus nette et elle déclame quelques mots avec cette puissance propre au théâtre. Mais le public est invisible et la scène est comme une offrande sublime à laquelle on ne peut résister. Sur ses épaules une jeune femme. Elle joue, feuille en main, quelques mots que l'on peut voir d'ici. Elle est jolie et son visage est habité de ce qui semble être une soudaine passion. Ses yeux reflètent l'illusion et l'imaginaire, la pièce qui se joue dans son esprit. Et Aysha elle aussi, a envie de jouer. Elle a toujours aimé le théâtre, l'un des nombreux arts qu'elle garde sous sa manche. Elle s'y est exercée plusieurs fois, et cette fois encore elle en a furieusement envie. Mais ça n'est pas comme ça que l'on aborde les gens, n'est-ce pas ? Non, elle préfère s'avancer pour saluer l'inconnue, d'abord. S'assurer de ne pas trop la déranger dans l' exercice théâtral. Se présenter, peut-être. Aysha entrouvre les lèvres et sa poitrine se soulève, elle s'apprête à révéler la sa présence. Mais soudain il y a ces répliques, ces répliques qui collent trop bien aux précédentes, ces répliques qu'elle connait par cœur et qui n'ont que faire des présentations. Elles se bousculent dans sa mâchoire, furieuse de s'échapper et de résonner dans le théâtre entier. Et ces mots ont la victoire, Aysha s'avance et dit :

- Qu'importe ta colère.

Elle rejoint la jeune femme sur la scène. Il lui semble l'avoir déjà vue mais elle ne se laisse pas distraire. Elle est quelqu'un d'autre le temps de quelques mots, et ceux ci viennent à elle d'une façon étonnement naturelle. Son imagination est fertile ce jour là. Et elle se permet d'être cet homme mauvais et haineux, un instant seulement, et d'incarner tout ce qu'elle se doit de mépriser quand elle est elle, Aysha.

- La mort n'est pas ce monstre sanguinaire qui détruit des innocents.
La mort punit, et elle te punira, toi,
Comme elle punit tous mes ennemis.


Elle s'avance encore, elle a le visage de cet homme épris de guerre et de sang, la lèvre fine, le regard dur. Et un sentiment d'exaltation qui bat dans sa poitrine. Elle fait face à celle qui joue la femme furieuse. Il se joue, dans ce petit théâtre, le duel du couple imaginaire. Et chacun croit en son personnage plus qu'il n'en faut mais Aysha s'amuse comme rarement. La scène est le terrain de son extraspection.
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Kohane W. Underlinden
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Re: Divertissements londoniens

Message par : Kohane W. Underlinden, Lun 18 Juin - 23:27




J'ai du retard disoulée :x

Les mots se tracent,
se forment,
au bout du pinceau,
légère touche de peinture sur toile blanche
et voilà une lettre une autre
pour une bulle de mots, finalement
des mots qui virevoltent tournent et visent
-flèches-
des mots, créés, agencés, ces mots qu'on use pour
dire
ces mots qu'on utilise pour
décrire
et surtout, ces mots qui nous sont si précieux pour
exprimer
ce qu'il y a en dedans

colère – refus de plier – détermination – rage – force – fierté – volonté – vie – vie
vie


c'est ça qu'elle est, cette femme de spectacle,
cette femme qui prononce ces mots
cette femme qui refuse d'implorer, refuse de ployer,
c'est ça qu'elle est, cette dame de papier,
furieuse mère, furieuse fille, furieuse sœur,
furieux être qui laisse sa fureur couler comme l'eau dans le torrent
c'est ainsi que je la vois, tandis que les mots -ses mots- se forment devant mes paupières, dans l'obscurité de la salle laissée vide, abandonnée, quelques feuilles jetée, rien, plus rien jusqu'à

La voix.
Et les mots, autres, les mots qui se forment par d'autres -une autre- des mots que je ne vois pas danser devant mes paupières mais dansent devant celles d'une autre personne. Une personne qui m'a entendue, entendue sur ma scène
Celle qui a entendu le cri de ma fille de spectacle, ce cri de colère froide et de détermination.
Elle arrive, vers la scène, son pas devient autre, comme s'il n'était pas le sien, je pourrais la reconnaître comme la Citrouille des docks mais ne vérité, ce n'est pas elle que je vois.
C'est son masque-personnage
ce sont ses phrases froides et violentes
alors qu'elle jaillit sur scène, elle, lui, la femme ou l'homme de guerre et de mort qui s'interpose à la femme colère qui hurle à la vie
elle, lui, la femme ou l'homme de haine qui conduit à la mort
ses traits se ferment s'incarnent en cet être abject et son aura me pousse me tire sortir de sa coquille, revêtir une nouvelle veste un nouveau masque
celui de la faiblesse à genoux que j'exècre tant lorsque je suis moi

faiblesse et soumission à la tempête à l'orage aux éclairs et à la colère et à la peur terreur faiblesse et soumission au visage dur de l'autre comme si se soumettre allait épargner la vie, plus que la rébellion, parce que les bourreaux aiment les faibles soumis.e.s parce qu'ils peuvent les cajoler comme des poupées en se croyant forts, en se cachant à eux-même leurs faiblesses

la faiblesse à genoux et
tomber, ainsi, tomber sur la scène, l'axe droit et fier qui se brise, disparaît la femme fureur la femme colère furieuse mère fille sœur épouse amante nièce muse amie alliée
elle disparaît et à se place
c'est le masque de l'apeurée à genoux qui tremble et ne prie que pour voir le jour se lever le lendemain

-non non s'il-vous-plaît vous ne pouvez pas

la poésie du texte et des mots balayée, remplacée par le banal, banales phrases car il n'y a qu'elles qui sortent lorsque la peur congestionne l'estomac et que le cri de vie reste coincé en travers de la gorge, face à la silhouette menaçante de l'homme ou de la femme haine et colère

-je veux... vivre

et la voix est faible, si faible, bien plus faible que tout à l'heure
sans doute trop basse pour que le public au fond de la salle entende les mots mais je sais que l'autre, partenaire de scène et personnage ennemi, entendra

-s'il-vous-plaît

murmure implorant
et le masque de l'apeurée est si bien vissée à l'âme que les larmes viendraient presque compléter le tableau
le rôle de la suppliante qui picote les ongles,
les mains, posées sur le bois de la scène alors que le dos se courbe en avant, position d'humilité, les mains se crispent en poings serrés, presque tremblants

-pitié

un mot que je n'aurais jamais pensé sortir en étant moi, je ne veux pas de la pitié des gens ni dans leurs gestes ni dans leurs regards, je préfère encore l'indifférence même si je cherche leur affection
mais là, ce n'est plus moi qui parle
et le mot est sorti
tout seul trop vite
pourtant, il est le mot le plus adéquat et le plus cohérent venant de cet être de peur et de fragilités ouvertes.

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Aysha Brayd
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Re: Divertissements londoniens

Message par : Aysha Brayd, Mar 19 Juin - 14:59


Aysha s'est emparée de cet être dur et froid, féroce et hargneux, l'arme au poing, le cœur criblé de balles. Balles nichées dans les veines, cristaux de poudre dans le sang, ce sont là les reste de la guerre, des combats. Combats menés, il y en a cent, mille. Elle est un être nouveau. Elle n'a jamais habité ce corps et pour la première fois, elle se sent frémir d'un colère sourde et d'une cruauté sans nom. Elle a le poing serré, envie de frapper. Cet homme qu'elle incarne n'aurait pas attendu. Il a déjà les jointures des mains abimées. Des traces fines et blanches contournant les os là où, maintes fois la peau s'est ouverte pour cogner contre une mâchoire, pour s'emparer d'un sabre ou d'un fusil et tirer sans compter. La guerre est son breuvage sacré, son quotidien.

La femme forte a levé les yeux vers son bourreau. Elle n'a pas esquissé un sourire, ne s'est pas libérée de son rôle, l'actrice transparaît à peine derrière le visage du personnage. Là sur cette scène l'on ne voit plus que deux êtres animés d'une passion furieuse. Mais les défenses craquent, fragiles. Nul ne peut surpasser la résistance de cet homme coléreux alors la femme s'effondre soudain. Il n'y a plus une once de détermination dans ses yeux. Au sol, courbée, implorante. Quelques mots lâchés mais dans l'indifférence. Aysha reste de marbre. Elle a durci ses traits. Elle veut cracher son venin, faire transpirer sa pitié amère et son envie de violence. Dure, immobile et solide comme un roc, elle regarde. La silhouette frêle de cette femme qui s'est dressée contre elle : comment a-t-elle pu imaginer y arriver ? Elle n'est que faible et fragile. Une fine dentelle d'os si faciles à briser. C'est une image si dégradante.

Pendant une seconde Aysha croit s'échapper de son personnage. Elle remarque la facilité avec laquelle sa partenaire de jeu incarne cette femme complexe. Elle remarque son visage implorant et son talent manifeste. Mais l'échappée n'est que très courte. Et vite, vite elle est de nouveau cet homme.

- Tu es misérable.

Elle crache ces mots d'une voix puissante contrastant avec la faiblesse de son interlocutrice. Elle n'a pas peur, elle n'est pas faible. Elle ne craint rien ni personne d'autre qu'elle même. Elle voudrait se jeter sur l'autre et la tirer par la manche, elle qui se traîne à terre comme un pantin désarticulé. Son regard est empreint de pitié et de dégout. Cette femme attise sa colère par sa faiblesse.

- Lève toi.

Et elle ne lui laisse pas le temps d'esquisser un geste, le moindre, elle n'est pas patiente. La fureur tambourine dans sa poitrine comme une symphonie furieuse, grosse caisse et violons. Le tension dramatique s'est nouée dans l'air et Aysha s'est prise au jeu plus qu'elle ne l'aurait cru.

- Debout, debout ! elle hurle.

Elle ne s'appartient plus. L'impatience la fait trembler, elle se sent incapable d'attendre et son sang bouillonne, ses veines claquent sur ses tempes elle les sent, furieuse valse. Elle n'est plus maîtresse d'elle même et elle la sent cette fureur, elle la connaît. Celle de la guerre et son sang. Celle de la tempête. Si différente de l'état d'esprit de l'actrice, le personnage est son opposé, cela le renforce. Le regard est dur.

Si tu veux vivre alors lève toi.
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Kohane W. Underlinden
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Re: Divertissements londoniens

Message par : Kohane W. Underlinden, Mer 11 Juil - 17:32



   
/Contenu sensible\

   

Le temps s’est arrêté, le souffle suspendu, au-dessus de cette scène dont les rideaux ont été tirés, trois coups frappés, un dialogue commencé. Le jeu prend le dessus, avale les secondes en monstre vorace ; il n’y a plus de montre, plus d’horloge, plus de pendule ou de réveil. Il n’existe plus de tic tac tandis que deux être s’affrontent dans leurs corps et leurs mots, leurs masques qui s’entremêlent en une impro des plus étonnantes.
Mais ni l’une ni l’autre n’avons l’impression de faire une improvisation sur les planches d’un théâtre. Je crois qu’elle ressent la même chose que moi : ce sentiment d’être habitée par l’autre. Par l’être auquel elle donne chair et mots. Cet être dont elle sort les phrases, les unes après les autres, qui continuent de claquer telles un fouet dans les airs.
Elle est lui, complètement, c’est pour ça qu’on s’y croirait.
Elle est lui, elle reste ancrée en lui.
Et elle me fait face, criant de se lever.
En miroir, je suis celle qui s’est écroulée, cette femme dont je ne connais pas l’histoire mais qui a tout laissé tomber, qui s’est laissée tomber, en espérant survivre.
Pour une fois, je suis cette femme qui ploie et,
magie du théâtre,
je m’y crois presque -sans être moi.
Cette femme n’est pas moi, pourtant, je partage ses émotions. Je ressens ce qu’elle ressent, cette peur et ce cri de vie au fond de la gorge, au fond de la poitrine.
Je compatis avec elle mais
je la regarde d’un œil extérieur : je sais que je ne suis pas comme elle ; je sais que je n’aurais jamais réagi ainsi.
Pourtant, je, s’efface.
Je, n’est plus.
Spectatrice, sur ces sièges vides plongés dans l’obscurité.
Spectatrice silencieuse et toute absorbée par les êtres qui se meuvent sur la scène.

Ce n’est plus je qui se redresse doucement, tremblante, n’osant désobéir. C’est elle. Et moi, je la regarde, le cœur battant. A se demander quelle sera la suite. Qui donc a écrit le scénario ? Quelle sera la fin ?
Les lèvres entrouvertes face à la scène, regarder les deux personnages, oublier de respirer
L’homme fait peur, il a l’air cruel, il a l’air loin, loin de toute pitié, un homme de guerre qui a pris goût au sang, aux armes, aux lames qui tranchent la chair et aux balles qui la perforent. Ou peut-être un homme de guerre sorcier ? Qu’importe, le résultat est le même : le goût du corps disloqué, pantin désarticulé, au milieu du feu et des larmes.
La femme, me paraît misérable, tremblante, peut-être qu’il a raison, en fait : elle est misérable. Ses mains se crispent entre elles, elle ne regarde pas devant elle, préférant la vision de ses pieds, du sol -quel genre de sol visualise-t-elle ? Nous ne sommes plus au théâtre : nous sommes ailleurs, peut-être dans une neige d’hiver, peut-être sur un champ de ruine de guerre, peut-être dans une maison où se sont éteints les rires sincères. Je ne sais pas bien.
Elle bafouille quelques mots incompréhensibles. Ma respiration se fait lourde en même temps que la sienne. Sentir ses membres s’engourdir sous les mots sans queue ni tête du personnage quand

Elle revêt un nouveau masque.
Elle, ou je ?
Je ne sais plus. Je ne sais plus si celle qui se met, doucement, à afficher un ironique sourire est elle ou je. Puis, ça n’a pas d’importance. Qui qu’elle soit. Qui que je sois.
L’important, c’est le personnage.
Alors je vais dire elle.
Elle sourit ; ironie, folie, un rire venu des tréfonds de la gorge se répercute dans tout le théâtre. Un rire nullement amusé, un rire mécanique alors que son visage de déploie, son dos se redresse, le menton aussi, elle lève la tête, reprend de son aplomb, les bafouillements ne sont plus. Ils ont été remplacés par le rire saccadé qui respire une douce folie.
Et elle commence à bouger, d’un pas ferme, la scène, arpentée, regarder, l’homme d’en face, et rire, encore et rire parce que, Merlin, c’est bon, se sentir rire à en avoir les entrailles qui se crispent, rire sans joie et sans humour, froid et mécanique

-Tu croyais me mettre à terre ?

Les dents grincent et crissent et face à l’homme de guerre, ce nouvel être ne se démonte pas. Cependant, elle n’a plus rien à voir avec la femme forte de tout à l’heure. Non. Elle est la femme perdue qui dérive, les yeux exorbités, le rire continu alors qu’elle s’approche de l’autre.
Mon cœur fait un sursaut lorsqu’elle se saisit de ses poignets, se retrouve en direct face à face avec l’adversaire :

-T’es foutu. Foutu. Bientôt, ils viendront, quand les ombres surgiront des pierres, que leurs armes se pointeront vers toi, tu sauras : t’es foutu. T’as jamais eu aucune chance.

Elle regarde l’autre avec une intensité de flamme, dans ses propos mystérieux. Son rire ses arrêté, elle se contente de fixer, yeux grands ouverts, air légèrement apeuré au visage -mais non plus peur de l’autre ; peur de ce qu’on ne voit pas encore, ce qu’elle se raconte, peut-être, elle dérive, elle délire, elle lâche les poignets, repart dans ses cents pas en bord de scène, des gestes grands, qui occupent l’espace :

-Vous vous êtes tous crus imprenables et intouchables ! Mais, je le sais, vous serez consumés par les  flammes et rien ni personne ne vous sauvera de votre Destin.

Que raconte-t-elle ? Je l’ignore. Peut-être que ses mots sortent de ma bouche. Mais c’est elle, qui parle. Non moi. Je sens sa dérive interne vers des continents que tous ignorent, que tous veulent ignorer et préfèrent appeler ça folie. Pourtant, elle porte également en elle une détermination sans faille et une croyance sans doute en ses propos prophétiques.
Ce soir, nous ne sommes plus dans un théâtre.
Ce soir, nous sommes dans notre univers.
Où les rôles s’endossent. Les uns après les autres. Sans arrêt.

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Aysha Brayd
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Re: Divertissements londoniens

Message par : Aysha Brayd, Dim 5 Aoû - 14:31


TW : Violence

Aysha marche sur un fil, et la frontière est mince, de plus en plus. Ce qui était un mur n'est plus qu'une ficelle fragile et instable, une ficelle qui oscille et supporte mal le poids de l'équilibriste. Il suffirait de quelques pas maladroits, encore, avancer quelque peu, et tomber dans le gouffre, se perdre n'être plus que lui, et personne d'autre. Déjà il s'est emparé de sa tête et de ses mots, bientôt son coeur battra dans sa poitrine à la place du sien, bientôt son sang coulera dans ses veines et alors elle se sera perdue dans le tourbillon qui tourne autour d'elle, balayant la scène.

Mais il n'y a plus de scène.

Les rideaux se sont enflammés, Aysha, l'autre, légume un jour rencontré n'est plus rien que cette femme, et la préfète est cet homme, et tout le reste est parti en fumée. Un nouveau décor se calque sur le vieux théâtre qui s'est peu à peu effacé. Aysha se consume pour laisser place à ce personnage qui n'en est plus un. Elle se sent glisser dans cet abyme. Elle est une autre qu'elle même. Elle est lui. Elle se laisse porter sans plus avoir de repère, plus aucun. Et elle serre les poings de plus belle. Elle ne dissocie plus rien. Et tout s'accélère.

La femme s'est relevée et son rire emplit l'espace, grinçant, glaçant. L'homme ne bouge plus, il écoute, la colère cognant contre ses tempes avec violence, embourbé dans cette rage si familière, celle dont il ne peut plus s'échapper, celle qui a emplit sa vie toute entière et depuis si longtemps. Il la regarde et sa mâchoire grince, tandis qu'il constate sa folie, lui qui n'a jamais constaté la sienne propre. Elle est folle, elle est folle. Sa brutalité a déjà envahi l'espace, marche inexorable, inarrêtable, incontrôlable. Et c'est comme chaque fois, cette descente aux enfers qu'il connaît bien, ce glissement de terrain où plus rien n'a de sens, plus que d'autre que la violence, où sa vue se ternit, son sang palpite, ses dents se serrent et soudain il ne maîtrise plus rien. Et c'est l'explosion. Et elle, elle profère des paroles sans nom et sans fondement, des paroles qui glacent le sang car, qui sait... Peut-être qu'elles sont vraies ? Le masque de sa folie, de sa faiblesse pourrait cacher la connaissance, mais lui ne veut pas y croire, il est invincible et surtout incapable de ressentir désormais, depuis tant d'années. Le sang a entaché sa poitrine et ses mains, souillé son esprit et détruit son âme. La guerre a retourné le sol, et son estomac, et elle, elle... Elle est folle.

Il ne veut pas écouter ce qu'elle déclare. Il ne veut pas sentir son regard grand et fou sur lui, qui l'observe, sûre de ce qui lui arrivera, sûre de son heure et de sa vengeance. Il n'y a plus rien, ce sont deux silhouettes brisées, rongées par une folie, l'une meurtrière, l'autre faible et mensongère. Et ils ne peuvent en sortir indemnes. Ils en sont habités.

- Ne parle pas de Destin ! Tu n'en as aucun. Toute en âme est gangrénée par cette folie et tu ne sais même plus ce que tu dis. Tu mérites de mourir !

Aysha s'est consumée toute entière. Elle a basculé dans ce gouffre béant, et sauté du fil, et plongé tout au fond. Elle s'est perdue en route, a quitté cette réalité pour une autre, bien différente. Elle n'est plus là et seul cet homme, violent, sanguinaire et fou, se tient sur le sol, et emplit tout l'espace, et toute sa tête. Et ses mots ne sont plus les siens. Pas plus que ses gestes quand il se met à sa poursuite, à grands pas, avec cette folle envie de la pousser, de la voir faible, au sol. Il ne supporte pas de la voir marcher ainsi, vive. Il veut qu'elle l'écoute, qu'elle n'écoute que lui, qu'elle hurle de terreur et qu'elle disparaisse, qu'elle s'envole. Il ne veut que de la pitié pour cette femme. La rage est une vague qui se forme au centre de cette mer et la déchaîne, prête à tout emporter sur son passage.
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Kohane W. Underlinden
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Re: Divertissements londoniens

Message par : Kohane W. Underlinden, Mer 3 Oct - 16:44



    /Contenu sensible - propos violents, violence psychologique\

   

La marche haletante exacerbe la folie qui la guette et la gagne. Elle veut courir, sauter, rugir, arracher
à l’homme la violence de ses mains,
être aussi violente que lui pour faire taire ses pulsions meurtrières.
Elle ne sait plus ce qu’elle est, où elle en est. Il y a la prophétie qu’elle se plaît à partager dans son rire grinçant et il y a un bout de rage destructrice qui grandit au fond de son ventre.
Son vis-à-vis perd son sang-froid, il paraît ne pas aimer la voir bouger ainsi, la voir s’agiter ainsi, presque libre. Peut-être a-t-il peur ?
Peur qu’elle prenne le dessus,
Peur qu’elle soit désormais lui ou même
pire que lui.
Elle le pourrait ?
Elle ne sait pas.
Elle ne sait pas ce qu’elle est, au fond d’elle.
Mais elle sent que la carapace de l’autre tremble. L’homme de guerre a, lui aussi, ses failles. Et la folie permet de les révéler, bien plus encore que la force de ne pas plier. Elle continue de marcher, sent son exaspération, il y a l’angoisse qui monte, le fil qui se tend, prêt à casser, se rompre.
L’homme crie, l’homme a peur, l’homme veut la voir mourir parce qu’il ne veut pas mourir lui-même. Parce qu’il craint ses paroles, parce qu’il craint que ce qu’elle a pu dire soit vrai. Que sa prophétie, aussi folle soit-elle, se réalise.

Mon souffle se coupe quand elle arrête ses cent pas, quand elle fait un brusque volte-face et fixe intensément l’homme dans le noir de la scène.
Je crois presque reconnaître Citrouille, derrière le masque du guerrier sanguinaire.
Mais elle, la femme sans nom, ne connaît pas Citrouille. Elle ne voit que l’être qu’elle exècre et qu’elle maudit du plus profond de ses entrailles.
Quelles blessures ont ainsi conduit à sa folie ? Quelles failles ont ainsi créé ce vide en elle, vide qu’elle a comblé de mille paroles absurdes, comme si elle croyait qu’ainsi, elle serait de nouveau complète.
Je me perds en elle, m’oublie, oublie que c’est mon corps qui est sur cette scène. Elle ne sait plus qui elle est et, moi-même derrière elle, j’oublie qui est Kohane.
Tourbillon sans fin, je ne suis plus.
Il n’y a plus que ses yeux à elle, qui cherchent à transpercer l’homme. Sa voix grince, sa mâchoire se crispe lorsqu’elle répond, arrière-fond de dégoût dans la voix :

-Tu ne pourras éternellement échapper à ton Destin. Ce n’est pas ta peur qui te sauvera. CESSE D’AVOIR PEUR ! reprend-elle d’un ton fort, faisant vibrer l’invisible public.

Elle agrippe les épaules de l’autre, ses ongles s’enfoncent dans le vêtement, elle halète, elle veut hurler, elle ne sait quoi hurler, elle veut le secouer, elle aimerait presque
presque
le tuer
la femme folle, emplie de colère
mais si elle le tuait, que serait-elle ? Elle ne vaudrait pas mieux que lui.

-Jamais tu n’as sauvé ceux qui avaient peur
Ceux qui te suppliaient du regard
Ceux qui pleuraient et criaient pour leur vie
Jamais tu ne les as épargnés
Et aujourd’hui, enfin, la roue tourne, elle tourne et tu n’y peux rien,
Elle tourne et ce n’est que justice.
Maudit. Sois maudit. Pour l’éternité.


Elle lit la rage en l’autre.
Elle partage cette rage mais sans doute pas pour les mêmes raisons.
Néanmoins, elle sent la vague qui anime l’homme. Derrière elle, moi aussi je sens ces sentiments contraires qui glissent dans le théâtre.
Je respire comme elle respire : lourdement, saccadé.
Et elle serre les dents, elle lance :

-Frappe moi, tue-moi si tu le veux, tu n’échapperas pas à ce qui t’attend. Tu es condamné.
Enfin, tu sauras ce que c’est.
Que de se courber sous la lame et crier pour vouloir voir le jour se lever encore une fois
.

Dans ses yeux, il y a l’exaltation folle de l’attente de la mort.
Elle veut, elle trépigne que les choses changent. Que les bourreaux deviennent victimes et elle se fout de mourir maintenant, elle sait que l’autre la suivra dans la tombe.
Impatiente, cœur battant, elle s’est résignée face au Destin.
Parce qu’elle sait que l’homme est aussi condamné qu’elle.
Elle sait que ce spectacle ne pourra avoir une belle fin. C’est une tragédie sanglante qui se joue. Peut-être s’entretueront-ils ? Ce qu’elle sait, c’est que ni elle, ni lui ne peuvent être sauvés.
Ils tomberont.
Dans l’abîme.
Elle voit le gouffre. Elle oscille, vacille. Elle devrait reculer. Mais

elle aimait trop l’abîme pour n’y pas venir se pencher (Aragon)

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