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[Concours RPG] Il était une fois - Neyla Sol
Neyla Sol
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Serdaigle
Serdaigle
Année à Poudlard : Sixième année

Spécialité(s) : Aucune spécialité enregistrée actuellement.


[Concours RPG] Il était une fois - Neyla Sol

Message par : Neyla Sol, Ven 17 Aoû 2018, 20:08


Une odeur de poudre, de métal, de brûlé et surtout de souffre. Des hurlements, des pleurs, des bruits de botte, de coups, de pluie, de craquement. La douleur, intense, comme un poignard chauffé à blanc plongé dans le cœur, comme se noyer dans une cage de verre remplie d'eau, comme chercher de l'air dans un endroit où il n'y en a plus depuis longtemps, comme être aspergé d'eau brûlante et glacée en même temps. C'était tout cela, dans un ordre différent, dont se rappelait Gun lorsqu'il ouvrit les yeux. Autour de lui, tout était blanc, immaculé et il se demanda un instant si il ne se trouvait pas dans l'antichambre de la mort, ce qui lui aurait parut une fin enviable vu le calme et la sérénité qui l'envahissaient. En avisant la perfusion reliée à son bras, il réalisa que c'était probablement les calmants contenus dans la poche de liquide salin qui produisaient cet effet de relaxation intense dans tout son corps. Cependant, si la médication apaisait effectivement son physique, les blessures de l'âme et de l'esprit, elles, étaient encore bien vivaces dans sa mémoire. Il ne pourrait probablement jamais oublier ce qui s'était passé. Mécaniquement, il porta la main à son oreille gauche et effleura le tatouage qui s'y trouvait. Des larmes coulèrent silencieusement sur ses joues. Il avait tout perdu, il n'avait plus rien désormais. Sa famille avait disparue bien longtemps auparavant, ses amis avaient tous été tués et son pays...Son pays n'était plus que cendres et désolation. Il se rappelait comment, lors de sa dernière mission, son esprit avait basculé. Il se rappelait de la petite fille, de son livre, de ses grands yeux bleus et des ses boucles blondes, de son regard accusateur et de l'éclair vert qui avait aspiré la vie hors de son corps. Ce n'était pas lui qui l'avait tuée, mais quelle différence ? Il avait regardé ses compagnons le faire. Il avait participé à ce massacre, à cette violence, en croyant faire le bien. Le meurtre de la fillette achevé, son camarade avait émit un ricanement sinistre, sa capuche noire couvrant ses yeux, mais pas son sourire de dément. Il avait saisit le livre de l'enfant et, sous les yeux de Gun, comme au ralenti, y avait mis le feu. L'ouvrage était tombé au sol, sa couverture léchée par les flammes, s'écrasant sur le pavé encore mouillé par l'averse récente. Les flammes magiques ne s'étaient pas éteintes, témoins ineffaçables de l'horreur qui s'était produite, et elles avaient rongées une par une les pages du livre, détruit à jamais un objet de savoir et en même temps, brisé pour de bon l'esprit de Gun. Après cela, il avait lui même assassiné son comparse, afin de venger l'enfant, mais aussi venger ses parents et le peuple, qui n'avait pas choisi cette purification. Ce peuple qui, auparavant, n'avait jamais caché que les nés-moldus et les moldus étaient des êtres inférieurs qui ne méritaient pas de connaître le grand secret de la magie. Ce peuple qui, pendant des siècles, avait caché son existence. Ce peuple qui, pourtant, n'avait jamais voulu qu'on en arrive à de telles extrémités. Son office achevée, Gun avait été pris en chasse par ses anciens compagnons d'arme. Presque mort, il avait réussi à transplaner et c'était un souvenir d'un été en France qui lui avait sauvé la vie. Il avait erré pendant des semaines dans ce pays, cherchant les réseaux résistants, se cachant et parfois, devant tuer parce qu'il était l'homme à abattre par l'ennemi et était poursuivi de tous côtés. C'était un traître, mais plus que cela, il avait, selon ceux qui le poursuivaient, trahi son sang et son maître. Ceci, était la plus impardonnable de ses fautes. Il avait continué à cheminer vers le sud, puisque cette part de la France n'était pas occupée et il avait finalement entendu parler d'un château résistant à la frontière entre la zone occupée et la zone libre sur lequelle personne n'arrivait à mettre la main. Apparemment, c'était là que se trouvait le quartier général de sorciers résistants de France et Gun comptait bien y entrer, de gré ou de force. Il le fallait. Malheureusement pour lui, arrivé sur le lieu dit, il était tombé dans une embuscade de la garde noire. Une dizaine de fidèles lui étaient tombés dessus et la bataille avait fait rage pendant des heures, sans que personne ne vienne lui prêter main forte. Il avait cru mourir plusieurs fois, il avait perdu beaucoup de sang, mais à la nuit tombée, le dernier de ses assaillants avait finalement rejoint les limbes. Les traits tirés, le visage blafard, Gun s'était traîné jusqu'à un arbre, sa jambe et son bras droit dans un triste état. Sa chemise avait été déchirée à de multiples endroits et sa cape était en lambeaux. Il s'était assis, avait regardé le ciel au dessus de lui et avait pensé que si il mourrait aujourd'hui, c'était une belle journée pour rendre l'âme. Il avait fermé les yeux et quand il les avaient rouvert, il était dans ce lit. En plus d'une perfusion, ses sauveurs avaient eu la générosité de le sangler et de lui prendre sa baguette. Il ne bougea pas. De toutes façons, c'était totalement inutile: quelqu'un viendrait bien relever ses niveaux vitaux et éventuellement changer sa poche, qui commençait à se vider pour de bon. Il contempla le plafond, inconscient de se qui se passait autour de lui. Toutes ces années de guerre, pour quoi au juste ? Se retrouver ici, prisonnier. Au moins était-il en possession de secret concernant le camp ennemi, ce qui lui donnait de la valeur. Un mouvement sur son lit lui fit baisser le regard. Un chat noir avait bondit sur le matelas et le fixait de ses grands yeux verts. C'était un magnifique animal au poil soyeux et à la courbe athlétique, aux longues moustaches grises et aux oreilles dressées sur sa tête. Gun tenta de tendre la main vers lui, mais fut bloqué par une de sangles qui le tenait attaché au lit. Le félin sembla cependant comprendre son intention et, lui marchant ostensiblement sur les jambes, lui arrachant quelques grognement de douleur, vint s'asseoir sur son ventre. Il sembla remarquer que le garçon en face de lui avait pleuré, car il se pencha et de sa tête, caressa doucement sa joue. La culpabilité dans le cœur de Gun était toujours là et elle le serait probablement pour toujours, mais cette caresse, aussi infime soit-elle, avait réchauffé son cœur. Il laissa de nouveau ses larmes couler sur ses joues. Il était si soulagé d'avoir réussi à fuir, d'avoir réussi à survivre jusqu'à maintenant et d'être, enfin, en sécurité. Tout le stress, l'angoisse et la peur qu'il avait accumulé durant ces mois où il était chassé l'avait profondément affaiblis et de pouvoir dormir dans un vrai lit, la tête reposant sur un oreiller en plumes d'oie et recouvert par un édredon, c'était un luxe dont il n'avait pas pu profiter depuis longtemps. Surtout, cela faisait des années qu'il n'avait pas reçu de geste de sympathie ou d'amour de la part de qui que ce soit. Même de la part d'un animal, cette caresse infime sur la joue était pour lui comme une vague fraîche venant apaiser la brûlure de son âme. Il essuya son visage sur son bras comme il put, puis redressa la tête. Le chat s'était roulé en boule sur son abdomen et ronronnait. Gun ferma les yeux quelques instants pour se reposer aussi, mais il fut bien vite sortit de ses cauchemars par la voix d'un homme. Quand il ouvrit les yeux, il découvrit en face de lui un sorcier âgé, possédant une longue barbe grise et de petits yeux rieurs. L'homme ne portait pas une robe, mais une chemise noire, ainsi qu'un pantalon gris foncé. A ces pieds, des chaussures de bonne facture, lustrées. Sur son dos, cependant, reposée une cape maronnasse, mangée par les mites et couverte de poils. Gun haussa un sourcil. Pourquoi cet homme, qui apparemment était bien habillé, portait-il quelque chose d'aussi abîmé et digne du plus pouilleux des va-nu-pieds ? En voyant son expression, un sourire doux se peignit sur la figure du vieil homme et il déposa sa cape sur la chaise adjacente au lit.

- Je vois que tu es réveillé jeune homme, dit l'inconnu. Tu m'en fois ravi, cela fait une semaine que tu es plongé dans le coma et nous n'espérions plus vraiment que tu en sortes...
- Je dors... Aussi longtemps ?  Murmura Gun.
- Eh bien, je dois te confier que tu étais en bien mauvais état. Heureusement, nous possédons la meilleure médicomage et maîtresse des potions du pays. C'est-à-elle que tu dois cette guérison totale. Tu n'auras pas de séquelles et tu seras sur pied dans environ deux ou trois jours. Par ailleurs, tes constantes sont stables, ce qui signifie que tout danger est écarté pour le moment.
- Pour le moment ?
- Je suppose que tu n'es pas venu ici pour une promenade de santé. Nous sommes toujours en guerre après tout, souligna l'homme.
- Je préfére l'oublier, avoua Gun, un petit sourire triste sur les lèvres.
- Tu sais mon garçon, dit le vieil homme en se penchant vers lui, même si tout espoir semble perdu, parfois, il faut simplement se rappeler que nous possédons de la lumière en chacun de nous.
- Je perd cette lumière il y a longtemps...Je suis vide maintenant...
- Ne laisse pas le tatouage sur ton oreille te définir ou guider tes pas. Tu as fait une erreur, tu étais jeune et surtout, tu étais une cible facile. Ta présence ici prouve que tu possèdes toi aussi cette lumière. Oh, toutes mes excuses je ne me suis pas présenté, je me nomme Albert De la Baume sur Or. Ce château appartenait à mes ancêtres et aujourd'hui, je suis le maître de ces lieux. Je suis également un des meneurs résistant. Mais tu auras le temps de découvrir tout cela plus tard, ne t'en fais pas.
- Je m'appelle Gunther Stern, dit Gun avec un petit accent allemand prononcé. Puis-je savoir ce que...ce qu'est devenu mon uniforme ?
- Nous avons convenu, avec les autres membres du conseil, qu'il n'était pas utile que les personnes qui vivent au Créneau avec la résistance te vois te promener habillé en ennemi, aussi avons nous pris l'initiative de le brûler. Des vêtements propres et adaptés apparaîtront sur cette chaise quand je l'aurais quittée.
- Le Créneau ?
- C'est le nom du château où nous nous trouvons en ce moment.
- Ma baguette ?
- Comprends nous, nous ne te connaissons pas et tu es peut-être un espion. Bien sûr, nous avons entendu parler de toi par nos informateurs, mais les fausses informations circulent dans les rangs de l'ennemi autant que chez nous. Nous sommes méfiants, tout simplement.
- Je comprend. Par preuve de mon honnêteté, je vous dis mon secret : je suis manumage, annonça Gun en regardant Albert droit dans les yeux.
- Ça aussi nous le savons garçon, s'esclaffa l'homme. C'est pourquoi tu es attaché avec des sangles magiques qui t'empêche de leur jeter un sort ! Je te reconnaît quand même ton choix de me parler de cela par toi même et j'en informerai les autres, même si au Créneau aussi nous avons nos oreilles un peu partout dans les murs.

Albert afficha un petit sourire mystérieux que Gun ne comprit pas vraiment. Après lui avoir expliqué le fonctionnement du château, sans lui donner la localisation exacte, Albert expliqua à Gun qu'il passerait encore deux jours dans cette pièce, sanglé et que si il se comportait bien, on le laisserait sortir. Gun acquiéça et l'homme partit. Il n'avait pas voulu lui dire que de toutes façons, vu son état de fatigue avancé et les douleurs qu'il ressentait dans ses muscles, il n'irait pas bien loin. En plus, le chat étant toujours couché sur son ventre et n'ayant pas décidé de bouger, il n'allait pas aller gambader de sitôt. Malgré tout, Gun ferma les yeux en toute quiétude, plongeant cette fois ci dans des rêves plus doux et certainement moins terrifiants que ceux qu'il avait fait jusqu'à maintenant.

/////////////////

Lorsque Gun ouvrit les yeux, il ne se trouvait plus dans la chambre blanche et froide de l'infirmerie, mais dans une pièce simple et en pierre, dans un lit à baldaquin aux tentures rouges bordeaux retenues par des cordés dorés. L'infirmière et Albert, après deux jours à le soigner encore un peu, l'avait autorisé à rejoindre une des nombreuses chambres du château, puisqu'il était désormais capable de se déplacer, lentement. Il n'avait rejoint cette chambre qu'hier soir et un peu dans les vapes, de fait, le jeune homme n'avait pas eu le temps de faire le tour du propriétaire. Les draps étaient en soie prune et sa tête reposait sur deux oreillers, plus confortables que tout ce qu'avait connu Gun jusqu'à présent. Il n'était pas issu d'une famille fortunée, aussi un décors aussi luxueux n'avait-il jamais été à sa portée. Il porta un regard sur la petite chambre. Dans un coin, un bureau en ébène où était posée une lampe ainsi qu'un encrier et un porte plume. A côté, une étagère remplie de livres et d'objets en tout genre, comme cette reproduction d'ours en peluche, mais en métal et avec une mécanique d'horlogerie à l'intérieur. L'ourson était de couleur acier et bronze et Gun, si il ne le trouva pas magnifique, trouva le travail particulièrement méticuleux et bien réalisé. Ses yeux se posèrent ensuite sur une vitrine qui contenait tout un tas de fioles, qui contenait probablement diverses potions magiques ou peut-être des souvenirs vu les notes très longues inscrites dessus. Avisant une pensine dans un tiroir de verre situé en bas de la vitrine, Gun confirma l'hypothèse des souvenirs. Quelle étrange idée de l'avoir placée ici. Enfin surtout, quelle étrange idée de l'avoir placé lui, ici. Doucement et douloureusement, il repoussa les draps qui reposaient sur lui et se leva. Il découvrit, près de sa couche, un chaise où étaient posés des vêtements qui lui étaient destinés. Il y avait un pantalon noir en tissu, une chemise rouge et une veste de costume noire, tandis qu'au pied de la chaise étaient posés de beaux souliers vernis. Des sous-vêtements étaient placés pudiquement sur le pantalon et deux serviettes éponges attendaient qu'on les utilisent. Se demandant si il n'y avait pas une salle de bain à proximité, Gun avisa une porte dérobée, habilement dissimulée dans le mur et couverte de papier peint. «Une salle de bain secrète ! » pensa t-il amusé. Il remarqua également, posée près de son lit, une canne. Elle possédait un pommeau de bois poli et était très simple. Gun en était soulagé, il n'aurait pas supporté, après le costume, de devoir se promener avec quelque chose de tape à l'oeil. C'était déjà un peu trop pour lui, habitué aux pantalons reprisés, aux godillots troués et aux chemises en coton. Quittant finalement l'antre rassurante de sa plume, il se dirigea vers la porte cachée, s'appuyant sur sa canne d'une main, les serviettes éponges dans l'autre. Ce ne fut pas si difficile de marcher finalement. Un pied après l'autre, petit à petit et ça marchait. Il devait traîner un peu la jambe, mais ça se passait bien. Il entra en claudiquant dans une petite salle de bain au carrelage bleu clair, qui possédait non seulement une douche, mais également une baignoire qui possédait en guise de pieds des pattes de lion en or. Les lavabos étaient en marbre, tout brillait, bref, Gun ne s'y sentait absolument pas à sa place. Il entra dans la douche et fit couler une eau brûlante sur sa peau, qui détendit ses muscles mais réveilla un peu la douleur des nombreuses coupures encore présentes sur son corps. Son bras avait très vite récupéré avec les potions de restructuration et de réparation osseuse, mais pour les jambes, le processus était un peu plus compliqué. Bien sûr, son os était réparé, mais il fallait qu'il habitue ses nouveaux muscles et os à fonctionner. Il avait besoin d'un peu de rééducation, une ou deux semaines d'après Albert. A ce moment là, Gun réalisa qu'il n'avait toujours pas rencontré celle qui lui avait sauvé la vie, la fameuse maîtresse des potions de la résistance. Bah, il la rencontrerait bien assez tôt de toutes façons. Il termina de se laver, retourna dans la chambre, enfila les vêtements qui se trouvaient là et armé de sa canne, enfin propre, sortit. Il se retrouva dans un long couloir donnant sur d'autres portes, qu'il décida de suivre. Il y avait de grands tableaux sur les murs, probablement les ancêtres d'Albert. Au sol, évidemment, un tapis ayant l'air précieux. Gun déboucha d'abord sur une grande salle de balle, puis rebroussant chemin, ouvrit plusieurs portes qui ne donnaient que sur des chambres. Elles étaient toutes apparemment occupées, mais aucun de leurs occupants ne s'y trouvait. Alors qu'il tournait en rond depuis une bonne heure, Gun entendit un miaulement. Il fut très surpris de revoir le chat noir, mais ne le montra pas. Si cet animal était là, c'était pour une raison et, il aurait pût le jurer, l'animal s'était adressé à lui. Il le suivit machinalement et se retrouva dans une grande pièce qui contenait trois gigantesques tables où étaient attablées une trentaine de personnes à chaque fois. Sur la table centrale, il y avait Albert, apparemment pris dans une discussion passionnée. Il se tût cependant, comme tout le reste des personnes présentes, ayant remarqué l'arrivée impromptue de leur nouvel invité. Personne ne parlait, quand une voix claire et chantante s'éleva derrière Gun, le faisant se retourner :

- Vous savez, ce n'est pas la peine de le fixer comme ça, il ne va pas vous manger.

Les conversations reprirent aussitôt et la jeune femme qui avait parlé s'avança. Elle avait des cheveux lui arrivant au milieu du dos, légèrement bouclés et noirs. Ses yeux en amande, bleus, le fixait et elle avait croisé ses bras. Elle portait une cape de sorcière bleue marine et dessous, une longue robe noire. Gun n'en détacha son regard que lorsqu'elle se racla la gorge, haussant un sourcil.

- Enfin finalement, peut-être que si...
- Tu es médicomage.
- Bonne déduction ! S'exclama t-elle un sourire goguenard sur le visage. Enchantée, je m'appelle Lina Solis, maîtresse des potions du Créneau et, comme tu l'as dit, médicomage en chef de la résistance. Et toi tu es...Gunther. Le traître à son sang qui a trahi Grindelwald. C'est ça ?
- Je n'ai plus rien à t'apprendre on dirait, souffla Gun, la regardant droit dans les yeux.
- En fait si. La chose que tu peux me dire, c'est ce que tu fais là.
- Allons, allons ! Intervint Albert, venant se placer entre eux. Si tu le laissais s'asseoir et manger un bon repas Lina. Nous aurons tout le temps de parler avec notre nouvelle recrue. Pour le moment, le repos est de mise.

Lina ne détourna pas le regard tout de suite, mais face aux yeux insistant d'Albert, elle capitula et guida poliment Gun jusqu'à une place, où on le servit copieusement. Lorsqu'il s'assit, il ne put s'empêcher de remarquer que les gens s'étaient écartés de là où il se trouvait et qu'ils fixaient tous son oreille. Celle-ci se mit à lui brûler légèrement et il ne sut pas si c'était la honte d'être marqué de cette façon ou l'énervement qui le mettait dans cet état. Il picora, l'appétit coupé par cette ambiance à couper au couteau et se leva bien vite, pour s'éclipser. Il réussit à trouver une sortie qui le conduisit dehors et il se dirigea vers un petit arbre. Il ne faisait pas très beau dehors, une fine pluie tombait, mais Gun n'en avait que faire. La magie lui manquait, il avait besoin de la retrouver. Il posa sa canne au sol, près de l'arbre, leva doucement les mains de part et d'autre de son corps et laissa l'énergie magique déferler en lui. Les perles de pluies commencèrent par l'éviter, puis se mirent à tournoyer autour de lui, créant une spirale au dessus de sa tête. Il porta les gouttes en suspension, puis les projeta au loin. Il répéta l'opération une ou deux fois, s'amusant à plier les éléments à sa volonté, puis finalement, épuisé, il se laissa tomber sur le sol. Il leva ses mains vers le ciel, replia doucement ses doigts puis serra les poings. Les gouttes de pluie se figèrent juste au dessus de lui, comme en suspension. Il regarda tout autour de lui. Il aimait utiliser ce pouvoir là. Il avait figé le temps. C'était un pouvoir spécial qu'il possédait, un pouvoir ancien de manipulation du temps, qui lui avait été enseigné par son père. Ceux qui manipulaient le temps étaient rares, c'était pour cette raison que Grindelwald s'était intéressé à lui et qu'il n'autorisait pas ce revirement. Qu'il voulait absolument le récupérer ou le tuer, pour qu'il ne tombe pas aux mains de ses ennemis. Que le mage noir possède ce pouvoir était un atout, mais que la résistance le possède était un danger terrible. Gun relâcha doucement sa magie, laissa le temps reprendre son cours, laissant la pluie s'écraser de nouveau sur son visage. Il se releva, découvrant hébétés Albert et Lina qui le regardait.

- Tu...Tu peux...Tu peux contrôler le temps, balbutia le vieil homme. Incroyable...j'avais entendu des rumeurs sur ton compte mais...C'est la première fois que je vois ça...En vrai.
- C'est terrifiant, murmura Lina, légèrement effrayée. Gun pouvait le lire dans ses yeux.
- Surprise, marmonna t-il en se relevant doucement, s'appuyant sur sa canne.
- Tu aurais dût nous le dire, dit Albert, pourquoi avoir gardé cela secret ?
- Parce que je ne veux pas qu'on me regarde avec cette expression de peur qu'affiche votre médicomage, dit simplement Gun. Je crois que les gens ont assez peur de moi comme ça non ?
- Ce n'est pas faux..., lui concéda l'autre homme.
- Tu aurais dût nous en informer ! S'écria Lina en venant se planter devant lui et pointant sur doigt sur son torse. Comment te faire confiance alors que tu dissimules des informations de cette importance !
- Tu ne peux pas, dit Gun, un sourire narquois se peignant sur sa bouche. Il ne savait pas pourquoi, il avait envie de taquiner la guérisseuse. Elle était jolie en colère, les joues rouges, contrariée. Il devait l'avouer, ça l'amusait un peu.
- Que..., hoqueta t-elle en sortant sa baguette, petit cancrelat ! Flipendo !
- Protego, souffla Gun en tendant la main en avant.
- Foutu manumage ! Hurla la sorcière. Stupéfix !
- Protego, dit Gun de nouveau.
- Lina ! S'écria Albert, cesses tout de suite ces enfantillages !
- Mais...Il...
- Dois-je te rappeler qu'il est venu de lui même ici, se rendre à nous, pour nous aider. Et puis à quoi servait de lui sauver la vie si c'est pour lui ôter maintenant ?

La jeune femme tourna son visage vers Gun, celui-ci haussa les épaules, il partageait l'opinion d'Albert, mais en même temps, il comprenait pourquoi elle l'attaquait. Son statut dans cet endroit n'était pas sûre et il avait peut-être poussé le bouchon un peu loin. Il s'approcha doucement d'eux en boitant.

- Ecoutes, je suis désolé, dit-il, son accent allemand modulant ses phrases, je t'ai provoquée, c'est idiot. Je ne suis pas ennemi.
- Comment te faire confiance, dit-elle. Comment te croire, quand je sais que tes mains son couverte de sang.
- Hum...C'est juste. Donnes ta main.

Lina n'avait pas vraiment confiance, mais malgré tout, elle tendit le bras vers lui. Il saisit son poignet et lui demanda de faire de même. Il vint placer son autre main au dessus et murmura des paroles inaudibles. Un fil doré vint s'enrouler autours.

- Je fais, dit Gun, le serment de ne pas te mentir, de ne pas te trahir, de toujours défendre tes intérêts.

Lorsque Lina comprit ce qui était en train de se passer, elle tenta de se dégager, mais il était trop tard. Le lien était scellé et le serment inviolable venait de s'incruster sur leur peau. Elle retira sa main, comme si elle s'était brûlée.

- Tu veux que je prouve que je suis de bonne foi, voilà.
- En te collant un sortilège de magie noire sur la main ! Non mais, ça va pas ?
- Ah ? S'étonna Gun en se grattant la tête. Ce n'est pas une bonne idée ?
- Ce...Ce n'est pas ça...marmonna Lina un peu gênée. Tu n'étais pas...obligé de faire ça.
- Eh bien, tu as sauvé ma vie. Il est juste que je te rembourse avec la mienne non ? Et puis comme ça, avec ce serment, peut-être que les autres membres de la résistance me feront confiance aussi. Je n'ai pas peur d'utiliser la magie noire, ni de mettre ma vie en danger. Ich bin schon tot in diesem Leben*...
Il baissa les yeux sur la pelouse, puis les releva et croisa de nouveau son regard. Elle semblait perdue. Peu importe. Il rentra au château.

////////////////

Allongé sur son lit, Gun était de nouveau perdu dans ses pensées. Il était définitivement sûr d'avoir pris la bonne décision, mais persuader toutes ces personnes du bien fondé de sa présence ici serait difficile. En particuliers la médicomage. Elle était...Elle était une...Hexe**. Il ferma les yeux. Dès qu'il l'avait vu, il s'était senti irrémédiablement attiré par elle, c'était horrible. Il pensait avoir suffisamment brûlé comme ça dans les flammes de l'enfer, il fallait en plus qu'on lui envoi une succube dans une costume de bibliothécaire gothique. Il n'avait aucune idée de ce qui l'attirait à ce point chez elle. Ses cheveux bouclés ? Son nez aquilin ? Ses yeux en amande, ses longs doigts fins ? Il n'aurait su le dire, parce que quand il la regardait, il ne voyait rien de particuliers, pas de beauté particulière et certainement pas quelque chose d'avenant sur le visage. En revanche, elle dégageait quelque chose de touchant. Il n'aurait sût expliquer exactement de quoi il s'agissait. Elle était loin d'être fragile, elle dégageait une force indéniable et elle était une sorcière prodigieusement douée. Il avait eu beaucoup de mal à repousser ses sorts lors de leur petit affrontement, elle était très puissante. Un grattement sur sa porte le sortit de ses pensées et il se leva pour aller ouvrir. Encore ce chat ! Décidément, il allait le suivre partout. Ça ne lui déplaisait pas cela dit. Il s'était toujours sentit plus à l'aise avec les animaux qu'avec les humains. Il avait beaucoup de mal à s'ouvrir et à parler de ce qu'il avait au fond de lui. Peut-être parce que c'était trop noir, trop cruel, trop rempli de colère, de haine, de rancoeur. Les animaux, eux, aimaient, peu importe la forme qu'on pouvait prendre, peu importe nos actions, peu importe ce qu'on pouvait ressentir. Leur amour était inconditionnel et permanent et pour cela, Gun les appréciait. Il retourna s'allonger et le chat, comme à son habitude, vint se blottir entre son bras gauche et sa hanche, se mettant à ronronner. Machinalement, Gun se mit  le caresser. D'abord la tête, puis entre les oreilles, là où la peau est plus douce et les poils plus fins. Sous le menton, sur le dos, puis sur l'arête du nez. Le chat s'amusait à saisir son doigt entre ses dents, délicatement, pour jouer. Cela faisait rire Gun. Il se redressa légèrement, joua un peu avec l'animal puis, épuisé, déjà, se laissa retomber en position allongée. Sa condition physique était déplorable ! Si il ne pouvait même pas se tenir debout plus d'une heure et être fatigué, comment allait-il tenir sur le champ de bataille ? Il n'en avait aucune idée. C'était peut-être trop tôt pour penser à ça. Il préférait rêver aux yeux noirs de Lina, si envoûtants, si profonds, si changeants aussi.

///////////

Cela faisait maintenant trois semaines que Gun avait rejoint le château français de la résistance. Il s'était totalement rétabli et, même si il aimait beaucoup sa canne, avait remisé celle-ci dans une armoire. Tous les jours, il passait à l'infirmerie pour que Lina puisse vérifier ses constantes et continue de lui donner un bloqueur de magie. Depuis qu'il avait fait montre de ses talents de manipulateur de temps et de manumage expérimenté, Albert avait jugé plus sage et surtout, pour apaiser les esprits, plus sécurisé, de supprimer sa magie, au moins pour quelques temps. Gun s'était plié, de mauvaise grâce, à ce qui était pour lui un supplice, parce qu'il voulait absolument gagner la confiance de ces gens et être intégré dans leur groupe. Il en avait vraiment assez d'être seul, assez de n'avoir de liens avec personnes, assez de craindre les relations avec les autres, assez d'être toujours sur ses gardes lorsqu'il ouvrait ne serait-ce que légèrement la porte de son cœur à quelqu'un. Et puis la maîtresse des potions l'intriguait beaucoup, voire lui plaisait. Pendant ces trois semaines, il avait pu découvrir pleins de détails charmants sur elle. Par exemple, quand elle lisait et qu'elle se concentrait, elle fronçait toujours les sourcils comme si elle était en colère, alors même qu'il s'agissait de quelque chose de très serein. Elle prenait toujours son thé avec trois gouttes de lait et un demi sucre. Elle se parfumait avec de l'essence de rose et ses cheveux sentaient toujours bon. Elle portait exclusivement deux couleurs dans sa garde robe: le noir et le bleu foncé. Les seules exceptions étaient sa blouse blanche de médicomage et une longue cape bordeaux qu'il l'avait vue porter une seule fois. Elle pouvait passer des heures à lire, mais ne supportait pas d'attendre que son thé refroidisse. L'infirmerie était rangée au millimètre, mais son bureau était un vrai capharnaüm. Ces petites contradictions lui avaient beaucoup plu d'ailleurs.  Aujourd'hui, il pleuvait encore, mais Gun se sentait apaisé. La pluie avait toujours eu le don de le calmer, de le reposer et par ces temps de guerre, il avait également l'impression qu'une force naturelle tentait de purifier le monde dans lequel ils vivaient tous, comme pour leur montrer la marche à suivre. «Purification». Gun trouvait ce mot très beau avant et sa signification divine lui plaisait, mais après avoir rejoint Grindelwald, il s'était rendu compte que cela pouvait relever d'une signification beaucoup plus sombre et surtout, beaucoup plus triste. « Purger le pays », « purifier la race », « nettoyer ces parasites de la surface de la terre ». Gun aurait bien voulu savoir comment des enfants pouvaient représenter le moindre mal ou être une erreur de la nature. Il se mordit la lèvre violemment. Il tenait ce genre de discours maintenant, mais six mois en arrière, lui aussi tuait des innocents pour la pureté de leur sang, lui aussi pensait que certains sorciers étaient plus dignes que d'autres, que certains être humains étaient plus méritants que d'autres. Qu'une catégorie spécifique était responsable de leurs problèmes et qu'il s'agissait des moldus et de leur descendance, magique ou non. Il avait d'ailleurs constaté que les né-moldus déchaînaient beaucoup plus la haine que ceux qui n'avaient aucun pouvoir magiques. Comme si ceux là même qui étaient censés naître sans aucuns pouvoirs avaient bénéficié de quelque chose qui aurait dût leur être interdit. Ils semblaient être une insulte aux sang-purs. Des erreurs, qu'il fallait absolument éradiquer. Cette éradication était passé par beaucoup de phase et Gun savait qu'actuellement, en Allemagne, un dirigeant moldu suivait le même chemin que Grindelwald. Seulement, au lieu de baser ce rejet sur la potentialité magique, cet homme s'était basé sur la religion de ses victimes, leur couleur de peau, leur orientation sexuelle ou encore leur mode de vie ou leur nationalité. Il avait honte, quand il pensait que les citoyens de son pays avaient élus un homme pareil pour les diriger. Enfin, il avait honte maintenant. Sur le coup, il n'y avait pas prêté grande attention, déjà très occupé par ce qui se passait dans l'ordre noir. A l'époque, Grindelwald n'était cependant pas aussi extrême qu'il l'était aujourd'hui. Il prônait la liberté sorcière, la dignité du sang et la classification magique, pas l'éradication systématique des moldus. Gun ne le rejoignait pas forcément sur le point du classement des sorciers selon leur potentiel magique, mais il était d'accord pour dire que cacher l'existence des sorciers aux moldus était absurde étant donné qu'ils leur étaient inférieurs. Il avait commencé à s'éloigner des idées de son dirigeant lorsqu'il avait réalisé que l'ordre noir ne se battait pas seulement contre le ministère, mais que les troupes étaient également envoyées dans les villages pour massacrer tout ceux qui n'était pas sorciers de sang-pur. Il se rappelait avoir, par hasard, découvert un de ces endroits. Par erreur d'information, il avait été envoyé là-bas. Il avait découvert les restes fumants des maisons, les corps éparpillés sur le sol, les yeux écarquillés, figés dans la mort et la terreur. Il avait vomi quand il avait vu les enfants. Quand il avait vu les bébés dans les bras de leurs mères. Quand il avait vu les vieillards. Quand il avait vu un jeune couple enlacé pour toujours. Il avait pris énormément de temps, mais il les avaient tous enterrés. Après cet événement, Gun s'était mis à espionner Grindelwald et l'ordre noir. Il n'était pas encore dans la résistance à ce moment là. Quelques jours après, l'accident avec la fillette avait eu lieu, il avait tué son leader et s'était enfui.

- Tu rêves soldat ? Murmura une voix le sortant de ses pensées.

Il tourna la tête et se rendit compte qu'il s'agissait de Lina. Elle s'était assise près de lui. Son visage était pâle, ses traits tirés et de gros cernes venaient dévorer ses yeux. Elle était épuisée et il n'était pas étonné : il y avait eu de grosses attaques ces derniers jours.

- Je pense à quelqu'un qui est mort, répondit-il.
- Je vois..., comme nous tous alors...
- Qui vois-tu ? Demanda t-il.
- Je te demande pardon ?
- Qui tu vois quand tu penses aux morts ? Qui tu vois lorsque tu doutes ?
- Je..., elle resta silencieuse de longues minutes, scrutant ses yeux à lui, essayant de déchiffrer quelque chose qu'il ignorait. Je pense à mon frère. Mon petit frère, précisa t-elle.
- Qu'est-il arrivé ?
- Nous nous battions, il a été tué, quelle importance ? Il est mort, tué l'ordre noir.
- Je suis désolé.
- Merci..., elle se tût encore pendant un moment, puis brisa de nouveau le silence. Et toi ? Qui est mort ?
- Une enfant, dit Gun en plantant ses yeux dans les siens. Petite fille. Elle est tuée devant moi, par mon supérieur. Je le tue, juste après je viens ici.
- Pourquoi être parti ? Pourquoi maintenant ?
- Avant, je ne réalise pas ce qui se passe, confia t-il. Je me bat pour mes idées, mais je n'ai pas conscience de ce qui se passe vraiment autour de moi. Je suis en colère, je souffre et j'ai trouvé un groupe qui m'accepte et qui me soutient. Mais je n'ai jamais voulu tuer des innocents. Quand je me rend compte de ce qui se passe, c'est trop tard. Beaucoup de mal a été déjà fait. La petite fille était la goutte en trop dans le vase. J'ai explosé de rage, mais je regrette de tuer cet homme. Je ne prend aucun plaisir à tuer l'autre.
- Tu ne penses pas que c'était nécessaire ? Après tous les gens de notre côté à qui tu as ôté la vie ?
- Je ne pense pas que le meurtre soit obligé, mais nous sommes en guerre et l'ennemi veut me tuer. Que faire alors ?  
- Eh bien c'est … c'est … je ne sais pas.
- Je ne sais pas non plus, mais je crois que ne pas avoir la réponse à cette question, c'est quelque chose que je regrette toute ma vie.

Après cette dernière phrase, un silence s'installa entre les deux jeunes gens, mais il n'était pas lourd ou inconfortable. Au contraire, ils avaient partagés leurs pensées sans jugement et, pour une fois, sans agressivité. Elle ne l'avait pas jugé. Gun n'était pas vraiment habitué à cela, mais il était reconnaissant. Il était heureux aussi, d'avoir réussi à atteindre cet endroit de l'avoir rencontrée. C'était une femme brillante et qu'il respectait beaucoup. Il n'ignorait pas qu'elle était née-moldue, mais à présent, ses idées sur la question avaient changées. D'ailleurs, Lina était la preuve vivante que l'ascendance ne représentait pas la capacité à être bon en magie : elle était une des sorcières les plus douées qu'il ait eu la chance de rencontrer et ce n'était pas peu dire puisqu'il avait notamment côtoyé Grindelwald, qui malgré son côté démoniaque était un sorcier prodigieusement talentueux dans les arts magiques. Il la regarda longuement et se dit que finalement, sa rédemption était peut-être là, à ses côtés. Le soleil se leva, réchauffant de ses rayons les deux sorciers.

FIN

*Ich bin schon tot in diesem Leben :  Je suis déjà mort dans cette vie
**Hexe : Sorcière
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 [Concours RPG] Il était une fois - Neyla Sol


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