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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Académie de Poudlard ~¤~ :: Le Parc
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Les couleurs du crépuscule [Abandonné]
Lilith A. Strix
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Les couleurs du crépuscule [Abandonné]
Lilith A. Strix, le  Mer 8 Jan - 13:53

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Les couleurs du Crépuscule


Saison 30
Un mercredi hiver - crépuscule

PV Lizzouille


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Les chants des oiseaux se mêlaient aux rires des étudiants en magie. Il était tard, le crépuscule levait son voile. Les pierres du château revêtaient leurs tenues dorées ou rosées, et pour celles qui n'avaient pas la chance de voir le soleil embrasser le loch dans la rouge passion, prenaient un teint sinistre. C'était "l'heure dorée" comme Lilith l'appelait. L'heure ou la nature entière devint pépite dorée. L'écorce, couverture de la nature, se montrait alors sous sa vraie forme: un trésor qu'il fallait chérir. La Strix aimait bien cet endroit, en ce moment précis de la journée. Les bleus azurs de ses yeux se transformaient eux aussi en paillettes étincelantes sous ces cheveux noirs corbeaux. Mèches qui absorbaient la lumière, les couleurs du crépuscule. En attendant la venue de son professeur, la petiote avait pris un livre à la bibliothèque sur l'histoire de la magie. Elle ne connaissait que très peu ce monde, et voulait le découvrir par tous les moyens possibles. Elle espérait vraiment que, malgré sa punition, elle allait découvrir le monde comme le voyait l’œil unique de Miss Bennett, professeur de natation a ses heures perdues.

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La petiote caressa le bois de Furcifer, repensant à sa première rencontre avec elle. Celle-ci s'était montrée sous son meilleur jour, avec un joli feu d'artifice et des pétales de fleurs. Lilith espérait vraiment qu'elle en serait aussi digne que sa baguette semblait le croire. Elle qui n'avait que onze ans, n'était pas encore bien familiarisé avec nouveau monde qui lui montrait beaucoup de possibilités. C'était comme observer un prisme avec de multiples facettes. Elle s'était promis de l'observer, et d'en décrire chaque couture. Il y avait tant de choses qu'elle ne connaissait pas. Il y avait des murmures, des rumeurs parmi les élèves dont elle ne connaissait pas le sens. Des murmures sur un ordre. Les "Croquemorts" ? Elle ne savait pas. Et puis d'autres disaient en fait que c'était des Phénix. Mais un oiseau peut pas envoyer de flèches. Seuls les centaures et les amazones le pouvaient non ? C'était surement faux, sinon ses parents ne l'auraient pas autorisé à aller à Poudlard.


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Lilith se concentra à nouveau sur son livre. Rien de tel n'était indiqué dans le chapitre ouvert. Les mots ressemblaient à du vide. Des choses en surface. Le contexte, ce qui s'est passé, le concret. La miss voulait en savoir plus. Voulait découvrir le monde de l'histoire à travers ses propres yeux. Connaître les émotions, les sensations qu'on connut les ancêtres. Un livre peut-il vraiment décrire ce qui était caché ? Les réelles intentions de quelqu'un ? La Strix ne le pensait pas. Beaucoup de choses étaient des non-dits et les actions se faisaient parfois en rapport avec ces non-dits. Les livres raccrochaient seulement les dires, les actions, ce qui semblait être. D'un coup, d'un seul, la petite se tourna vers sa baguette de hêtre posé près d'elle. Et si... Si cette brindille était finalement la possibilité d'écrire l'histoire d'une personne par ses actions, mais aussi par ses émotions . La baguette imprégnait tout. C'était la seule plume capable de tout écrire...



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Dernière édition par Lilith A. Strix le Lun 23 Mar - 20:51, édité 1 fois
Lizzie Cojocaru
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Re: Les couleurs du crépuscule [Abandonné]
Lizzie Cojocaru, le  Sam 18 Jan - 11:34

Elle ne me l’aurait jamais pardonné. Je le sais. Jane la Juste n’aurait jamais fait quelque chose d’aussi intrusif : elle aurait respecté les secrets et l’espace privé d’une personne, même après sa mort. Pourtant, pourtant je n’arrive pas à lui dire adieu. Les années passent et la mort de la plus brillante sorcière de notre génération me hante toujours autant. En même temps, elle n'a jamais su être rancunière. Ce n'est pas dans son tempérament. Etait. Parfois, parfois j’envisage de passer à Sainte Mangouste, dans l’espoir que son fantôme y soit apparu.

J’ignore, pourtant, si je serai réellement capable de la regarder en face. J’ai fait tant de choses qui la dégoûtent sans doute. Peu avant sa mort, je n’en faisais pas tant, mais la perdre m’avait bouleversée. Son décès était mon épouvantard : la violence du deuil m’avait précipitée dans les bras de sorciers qu’elle craignait sûrement. J’avais plongé dans des idées qui l’auraient peut-être fait frémir - non pas sur la théorie, puisqu’elle avait révélé son sang sorcier à son amant moldu, mais pour la pratique. Je sais que ma soumission à 67 aurait pu la pousser à couper les ponts avec moi.

Ce ne sont pas des discussions que nous pouvons avoir, pas réellement, pas sans savoir le fond de sa pensée. Ce qu’elle n’avait jamais dit à voix haute. Alors samedi dernier, j’ai fondu dans la maison de mon père. Profitant de son absence et de celle de Lydia, j’ai volé. J’ai volé le journal intime de ma défunte soeur. Peut-on jamais faire pire ? Je n’ai pas osé le lire, tremblant chaque fois que je le touchais du bout des doigts, mais aujourd’hui, profitant de la lumière du crépuscule peignant les murs de ma chambre, j’en chatouille les premières pages.

Sa seule écriture suffit à couvrir mes joues d’une rosée générale, devenant promptement une pluie à mesure que je relie les lettres de sa calligraphie pour en faire des mots. Ses mots. Son histoire, son journal intime, que je dérobe sans vergogne. Oh Lizzie, tu es tombée bien bas. Crois-tu que c'est cela, lui faire honneur ?

Dimanche 24.02

Cher journal,

Pardonne-moi de ne pas t’avoir écrit plus tôt : je n’aime pas m’isoler entre tes pages lorsque je suis à la maison. Je n’ai que peu d’occasions de profiter de la présence de mes soeurs ! Lizzie est repartie à Poudlard, et notre chambre m’est froide à présent. Elle ignore combien nos séparations m’affectent, ou alors elle ne me pardonne d’en être la cause. Ah, si seulement nous avions été jumelles ! Nous aurions alors pu quitter Poudlard ensemble, sans jamais avoir à se dire au revoir.

Aurais-je dû demander une autorisation particulière pour redoubler ? Père m’avait prévenue qu’il plaçait de grands espoirs dans mes ASPIC et mes projets en médicomagie, je n’aurais guère voulu le décevoir. J’ai lancé un Calda sur son oreiller, que je garde tout chaud sur mes jambes. En fermant les yeux, je peux presque l’imaginer appuyer sa tête contre moi, et bientôt l’envie de lui faire des tresses se manifeste. Pourtant, le coussin n’a pas de cheveux. Vivement ses vacances ! Nous pourrons alors


Je referme brusquement le journal. C’est trop pour moi. C’est quoi, cette entrée ? Tu n'as pas le droit d'écrire ça. Jane, tu as toujours été la plus sentimentale de nous deux, alors pourquoi suis-je celle qui pleure aujourd’hui ? Tu devrais être celle qui pleure. Celle qui ressent. Celle qui vit. C’est si injuste… Je reste paralysée sur mon lit. Je vais être en retard pour la punition de la Poufsouffle. Le temps s'est arrêté : figée dans ma douleur, j'attends que la mort nous réunisse. Je sais que tu n'aurais pas aimé me voir ainsi.

Il faut que je me lève. Que j'accomplisse mon devoir d'enseignante, guide une nouvelle génération avec l'espoir qu'elle soit moins meurtrie que la nôtre. C'est ce que tu aurais fait, toi : ton sens du devoir est impeccable. Jane, même dans ton absence tu places la barre si haute : comment puis-je jamais être fidèle à ton modèle ? Oh, je ne suis pas le moins du monde présentable… Au moins une douche, non ? Je n’ai pas le temps. Je m’asperge d’eau, frotte une serviette d’une propreté discutable contre mes aisselles. J’ai l’impression de sentir la tristesse, et poursuis mon geste sans m’apercevoir que ma peau prend à présent un rouge vif. Heureusement que les habits d’hiver sont bien couvrants.

Revêtant une cape à la hâte, je cours parmi les couloirs et chevauche mon balai sitôt la porte principale franchie. Je ne tarde pas à reconnaitre la silhouette de la petite. Lilith me rappelle, en plus jeune, celle d’une femme qui m’a séduite il y a de cela quelques années. Elle semble avoir d’autres préoccupations que le vol : c’est dans un livre qu’elle voyage. En approchant, je reconnais même un tome d’histoire de la magie — pas le plus passionnant, mais la qualité de l’enseignement est particulièrement aléatoire dans cette matière.

Plongeant en piquet, je m’arrête quinze centimètres au dessus du visage de la Poufsouffle.
— A mon tour d’être en retard ! Au moins on est quitte.

La voix est excessivement joyeuse. J’espère qu’elle ne s’en apercevra pas : je regrette d’avoir ouvert le journal de ma soeur avant de venir retrouver Lilith. La Poufsouffle a choisi un bouquin d'une toute autre dimension : c'est dans cette direction qu'il me faut plonger. Je dois m'éloigner des émotions qui m'étreignent, de la souffrance qui noie mes poumons, de cette odeur de tristesse que mes pores paraissent encore dégager.

Le sang remonte un peu vers la tête, à rester ainsi suspendue, et je fouette l’air de mon balai pour retrouver une position plus confortable.
— As-tu une idée de ce qui t’attend aujourd’hui ? Tu peux fermer ton bouquin hein, il est pas au programme de vol.

J'ai l'oeil qui brille, et ce n'est pas d'excitation. Reprends-toi, Lizzie. Sois professionnelle. Aujourd'hui n'est pas à propos de toi : c'est l'heure de Lilith. C'est ce qu'Elle aurait voulu. Sois-lui fidèle.

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Re: Les couleurs du crépuscule [Abandonné]
Lilith A. Strix, le  Sam 18 Jan - 15:48

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C'était un petit coup de vent, comme les autres. Une de ces petites caresses tendres qui passe de la nuque à la joue. Une caresse fraîche, du dos de l'index, qui ne pouvait la sortir de ses pensées, de ses rêveries. Pourtant, c'est finalement un autre vent, naissant du premier, qui reçut son intention. Un vent, une langue, un accent un peu chantant de gaieté. Les iris de la petiote recherchèrent la source de la voix. Une voix qui l'avait un peu interpellée. Une intrusion bienvenue. Personne devant, personne sur les côtés, personne sur l'herbe... Le regard azuré  de Lilith rencontra enfin l’œil unique. Il était temps. C'était l'heure du départ. Si la jeune professeure justifia son retard par une sorte de dette égalitaire, la petiote n'en'avait cure. Il n'existait pas vraiment d'horloge dans sa tête. Son esprit était malléable, elle se voulait être à plus arrangeante possible. Les autres pouvaient venir en fonction de leurs envies, de leurs agendas. La petiote ne comprenait pas ce besoin systématique de l'heure. Peut-être qu'il a été fait pour poser un cadre sain pour vivre en communauté, ensemble. Alors elle s'y conformait. Mais actuellement, la professeure n'était nullement en retard. Alors la petiote rangea ses affaires dans son sac, s'étira les bras engourdis par une position  -qui n'était pas si confortable que ça- utilisée sur le long terme, puis haussa les épaules.

- Vous êtes arrivée à la minute ou vous étiez censé arriver.

Les imprévus, les petites choses, les discussions, ils avaient tous leur importance dans l'histoire, l'éducation, l'expérience et le ressenti d'une personne. Lilith en était persuadée. Si les personnes arrivaient en retard, c'est que, pour certains, la vie venait de commencer ou de prendre un tournant différent. L'horloge ne faisait plus partie du moment. Parfois elle avançait vers le futur, parfois elle reculait de plusieurs années. Qu'importe. "Ce qui compte n'est pas l'arrivé, mais le chemin que l'on emprunte". Elle avait lu ça quelque part. Du coup, si l'arrivée ne comptait pas, l'heure d'arrivée non plus.



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Ce qui l'attendait aujourd'hui, elle ne le savait pas. À chaque jour son histoire, comme lui aurait dit... quelqu'un. Les yeux pétillants et semi-dorés de Lith' trouvèrent encore celui de l’œil unique, du brillant, de l'humide. Était-ce la caresse du vent ? Était-ce le chemin emprunté ? Était-ce à cause de l'histoire de la journée ? La petite laissa un léger regard interrogateur. Fronçant les sourcils légèrement. Pinçant les lèvres dans une mimique bien connue des... inconnus. La petiote détestait le combat. Le combat contre soi-même, le combat pour autrui. Elle avait l'impression que son guide du jour se battait contre le vent. C'était un ressenti. Le combat n'était bon pour personne. C'était bon pour ceux qui empreignaient déjà la terre de leurs idéaux.

- Vous savez Miss... J'crois qu'il y a deux types de personnes dans ce monde. Ceux qui nous disent qu'il faut combattre pour dompter ce qu'on a ou ce qu'on est. D'autres qui disent qu'il faut apprendre à vivre avec ce qu'on possède. Je crois que j'ai trouvé mes ennemis.

Une phrase trop énigmatique pour une simple gosse de 11 ans ? Pas quand cette gosse a été adopté. Pas quand cette gosse ne connaissait rien de son passé. Pas quand cette gosse était entré dans un autre monde. Un monde qu'elle ne pouvait partager avec sa nouvelle famille, avec son monde d'adoption. C'était comme ça. Il fallait l'accepter. L'acceptation est la première des victoires sur la vie. Le premier pas vers le goût de l'amour, le goût d'une vie. Les lèvres rosées de la Strix prirent bientôt une forme grimaçante, les yeux se firent inquiets.

- Et.. j'suis pas sûre d'être capable de me lier avec le vent Miss...

Petit changement de sujet. Qui se rapportait également à la phrase énigmatique. La petiote avait fini de parler des conseils. Maintenant était l'heure de sa retenue. Et puis, il fallait qu'elle se concentre sur son propre chemin aussi. Il fallait qu'elle trouve une voie vers le monde magique. "De toute façon, c'est toujours le premier pas le plus difficile... même si... C'est très bien le sol en fait".



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Re: Les couleurs du crépuscule [Abandonné]
Lizzie Cojocaru, le  Jeu 23 Jan - 12:54

Arrivée à la minute où je devais arriver ? Essaie-t-elle de s’attirer mes bonnes grâces afin d’hériter d’une punition gentillette ? Le sourire aux lèvres, je pose pieds à terre. Puisque je suis à l’heure, reprenons un peu de contenance. Elle poursuit d’une tirade à laquelle je ne m’attendais pas plus. Cite-t-elle un livre d’un autre siècle ? Cache-t-elle derrière son visage juvénile l’expérience de décennies supplémentaires ? Après tout, il existe des potions permettant de tricher sur son apparence…

Je reste silencieuse. La sagesse de la jeune Poufsouffle me trouble. Avez-vous déjà entendu une enfant de onze ans parler ainsi ? Plus je l’écoute, et plus j’ai envie de la kidnapper. Oui. A ta mère je vais te dérober, ignorant que je ne suis que l’artisane de tes mots. Je vais subtiliser ta garde, en espérant n’être que l’exécutrice heureuse de tes voeux silencieux. Peut-on réellement devenir si sage lorsque l’on a vécu dans la candeur absolue ? Non, il faut avoir souffert pour avoir acquis une telle maturité à cet âge.

Un ordre de toi, Lilith, et je t’emmènerai. Nuances filant sur des dos de raie — même quand tes doutes existentiels me souffleront de me cacher à l’eau. La môme paraît attendre une réponse, et je redescends les pieds sur terre. Enlever une enfant, ce n’est pas très gentil. Il n’est pas nécessaire de la kidnapper pour l’instant : ses parents ne sont pas à Poudlard. Ici, je peux tout à fait devenir sa mère par substitution. Il suffit d’apprendre à mieux la connaître.

— T’es étonnante comme gamine. Mais t’as pas l’air d’être au courant, j’aime pas qu’on me vouvoie. Ça met des distances inutiles : je suis juste là pour transmettre ce que j’aime, pas pour me placer en fontaine de vérité qu’il faudrait encenser et tout le toutim. Appelle-moi Lizzie.


Et plus tard, tu pourras même dire Maman si tu le souhaites. Ça arrive non, que les élèves se trompent entre Madame et Maman ? Pourquoi pas toi ? Songeuse, je reprends le fil de tes mots, les rembobine pour revenir à la partie qui m’avait chagrinée, non sur sa forme mais sur son fond.
— T’es pas un peu jeune, Lilith, pour avoir des ennemis ? A part ta perception des distances, j’veux dire.

L'oeil unique émet une lueur espiègle.

Je n’oublie pas — presque pas — pourquoi elle est là. Outre le retard en cours, le coup de la bulle détruite par la pression des profondeurs du lac, taratata. C’est dangereux tout ça. Souffler, doucement.
— C’est pas cool l’adversité si tôt dans la vie, j’aurais préféré que tu puisses préserver ta candeur et ton insouciance… Tu as besoin d’en parler ?

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Re: Les couleurs du crépuscule [Abandonné]
Lilith A. Strix, le  Lun 27 Jan - 14:48

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Les mots de la capitaine étaient comme des éclairs de motivation. Trop jeune. Les adultes n'avaient que ce mot-là à la bouche. Depuis quand un enfant devait-il se taire pour être quelqu'un de normal ? Depuis quand devaient-ils être bridés pour convenir à être de parfaits adultes ? La petiote froncèrent de nouveau légèrement les sourcils. Et pencha un peu la tête vers la droite, avalant les mots qui s'écoulaient des lèvres de sa professeure. Espiègle l’œil, triste les mots... jouait-elle avec l'apprentie ? Un jeu de mots, jeu de réflexion ? Qu'est-ce qu'elle tentait de faire ? Faire resurgir la gosse normale de 11 ans qui devait se courber, s'incliner, se taire ou parler de manière moins mature ? Où attendait-elle d'autre de ces pseudos sagesses enfantines, avec la naïveté tranchante de l'enfance ? Une naïveté qui parfois, faisait plier en deux les adultes sans que le gosse ne comprenne pourquoi. Que veux-tu lui apprendre ? Que veux-tu connaître de Lilith ? L'azur plongea dans l'unique iris qui cachait autant de secret qu'ils existaient des trésors légendaires. L'électricité envoyée traversa son corps dans un doux tremblement, un frisson. Sombre secret on aurait dit. Marqué par la perte peut être sacrificielle d'un membre du corps. Étonnante elle avait dit . Un mot qui, sans que la Strix le veuille, la fit gonfler de curiosité piquée.


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- Nous avons tous nos ennemis, non ? Un camarade de classe. Souvenir de la bulle d'eau dans laquelle son corps avait été enfermé avant le cours de vol. Un parent. Pas de souvenir puisque oubliés. Quelqu'un qui nous a volé un objet auquel on ne tenait pas vraiment... Souvenir. Poudlard l'a arraché au monde connu.  Ou encore... une cicatrice. Pas de souvenir, elle n'en portait aucune.

La petiote regarda l'autre œil caché. Celui-qui ne voyait plus. Celui qui était peut-être remplacé par un trou béant camouflé. Un trou aussi béant que pouvait contenir un cœur humain blessé. Était-ce ça l'ennemi de son capitaine de bord ? Cette chose dévoilée /masquée, une pointe d'érotisme morbide qui pouvait fasciner autant que terrifier ? Inconsciemment, la petiote s'était avancé prudemment vers sa professeure. L’œil vif, observateur, interrogatif. Son œil, était-il une serrure vers un nouveau monde ? Vers un monde qu'elle seule pouvait voir . Comment le voyait-elle ce monde ? Était-il comme celui que voyait Automn ? Ressemblait-il au sien ? Avait-il changé au moment de la perte de l’œil ? Voyait-elle au-delà du voile existentiel ? Était-ce une serrure prise comme un don ? Un vol ? Un... ennemi ? Quelqu'un lui avait-il voler ce quelque chose qu'elle ne considérait que précieux après l'avoir perdu ?

- Il te fait mal ?

La petite leva son doigt vers le cache-œil. En parlant comme s'il existait encore, s'il était toujours là. Différent, mais là. Sa maman, qui travaillait à l’hôpital,  lui avait déjà parlé de membres-fantôme. Cela fascinait la gosse. Le psychique était un univers où les constellations n'étaient que les mondes naissants. Et elle avait bien l'impression que la jeune femme en face d'elle n'était qu'un autre de ses guides spirituels qui l'aiderait à mieux comprendre les autres mondes. Avec une sagesse que les autres n'avaient pas. La sienne. Sa propre sagesse. Celle que convoitait par-dessus tout la petiote.

- Mais dit moi... Lizzie... Quand est-ce qu'on est assez adulte pour connaître l'adversité ?

Bonne question. Les adultes croyaient toujours être les victimes d'une vie ou l’insouciance ne leur appartenait plus. Mais les enfants aussi le connaissaient. La preuve. Les adultes en étaient une pour eux. Les gosses s’entrechoquaient comme des quilles pour ressembler à la balle qui allait les faire tomber, les relever puis les faire tomber à nouveau. S'attendant à chaque fois que les quilles soient assez fortes pour faire de bons adultes. De belles boules bien lisses.


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Oui. Lilith avait envie de découvrir le monde sous toutes ses coutures, douce, violente, amère, acide, sucrée... pour mieux comprendre ce tout qu'on pouvait appeler l'équilibre. Tenter de comprendre ce qui faisait réunir tout ça. Les iris se firent plus confiants. Plus curieux. Le capitaine de bord était pas n'importe qui. Il avait une histoire à raconter. Mais pour ça, elle devait arrêter de croire qu'elle n'avait qu'un enfant devant elle. Elle avait une personne. Une personne aux yeux vifs. des sourcils froncés, cherchant des réponses. Un cœur désintéressé. Quelqu'un avec un esprit curieux et avide de liberté. Un sourire qui apparaissait et qui pouvait rappeler le sien. Et une main, sur la joue. En dessous de l’œil qui n'en était plus un. Qu'est-ce qui pouvait la fasciner cet œil. "Emmène moi voir ton monde".

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Dernière édition par Lilith A. Strix le Ven 31 Jan - 14:51, édité 1 fois
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Re: Les couleurs du crépuscule [Abandonné]
Lizzie Cojocaru, le  Lun 27 Jan - 20:13

L’enfant poursuit son argumentation, listant des types potentiels d’ennemis. Je lui adresse un sourire triste. Certains sont le fruit des luttes pour les possessions de jouet ; d’autres de questions aussi fondamentales que le désamour parental, voire les violences sous-jacentes. Lequel, lesquels la concernent ? J’en ai trop vu, du haut de mes vingt-huit ans. J’aimerais la protéger de tout cela, la mettre à l’abri de mes ailes. N’allons guère nous mentir cependant : ces dernières sont déjà bien déplumées.

Mes capacités à protéger mes proches sont assez discutables lorsque l’on connaît le taux de mortalité et disparition dans mon entourage proche. Elle devrait se choisir une autre figure maternelle à Poudlard. Emily est pas mal dans le genre, aussi douce que le chant d’une ritournelle. Même lorsque je l’avais déçue une fois, deux fois, huit fois, elle avait su m’ouvrir les bras à chaque retrouvaille. Il suffisait que je toque à sa —notre— porte pour que ses bras hésitants m’offrent une nouvelle chance. C’est ce genre d’amour maternel que je souhaite à Lilith.

Dans un moment d’absence, je ne m’aperçois pas que la jaune et noire s’approche de moi. Lorsque je cille, revenant vers un état d’éveil et de présence à moi-même, je réalise que son doigt cible mon cache-oeil. Je n’ai pas l’habitude qu’on m’en parle : cela a tendance à effrayer, malgré mes efforts pour rendre l’habillage des plaies socialement acceptables.
— Non, ne t’inquiète pas pour moi ! Je ressens plus rien.


Sa main se pose sur ma joue. Cela non plus, je n’y étais pas prête : directe et déterminée, la sorcière me prend encore de court. Je penche la tête vers sa paume, acceptant la caresse de l’enfant comme un chat se laissant apprivoiser.
— C’est une blessure vieille de cinq ans, les liaisons nerveuses ont sorti le drapeau blanc. Ne t’en fais pas. Mais du coup comme toi, cela affecte ma perception des distances. Du coup j’en connais un rayon dans les exercices à ce sujet !


La tentative de retour vers l’objet de notre rendez-vous tombe à l’eau : une autre interrogation m’attend.
— Je crains qu’on connaisse l’adversité dès la naissance. Le cri des nouveaux-nés, cette lutte contre les chairs l’emprisonnant des mois durant, n’est-ce pas le premier combat ? La mortalité infantile sort pas de nulle part... Naître est déjà lutter pour sa survie. Après, cela évolue avec l'âge. Quand j’étais élève, j’étais toujours dans la confrontation, surtout avec les figures d’autorité de Poudlard. Mais…


Je recule, loin de cette main invitant trop aux confidences.
— Avec cette interminable guerre, j’en ai trop vu. Si j’en avais le pouvoir, j’aimerais qu’on ne soit pas assez adulte avant 100, 200 ans, et qu’on puisse échapper aux gifles de l’existence ! Tu te dis sans doute que c’est ennuyeux, de vivre sa vie comme un long fleuve tranquille.

J’expire. Au fond, j’en mourrais peut-être d’ennui au bout de vingt-huit heures. Pourtant, un peu de simplicité, une vie plus lisse, je n’aurais rien contre aujourd’hui. Je ne la quitte pas du regard.

Une chanson que me chantait Jane me revient, et j’en fredonne l’air avec une mélancolie certaine. Even if you're little you can do a lot…
— Si c’est le prix à payer pour souffrir moins, c’est effectivement ce que je souhaite à celles et ceux dont les espoirs n’ont pas été teintés de haine et de peur. Tant pis si tu me prends pour une mamie déconnectée de la réalité et du besoin de ressentir tout ce dont l’être humain est capable !
Il est des erreurs que l’on doit faire personnellement pour comprendre les mises en gardes reçues des décennies auparavant.

L'oeil valide se fait plus grave. Ce n'est pas ce que j'avais prévu pour aujourd'hui, mais cette petite fait un psychomage de talent. Elle devrait y penser comme orientation professionnelle future, clairement.
Ne deviens pas comme moi, Lilith. Ne commets pas mes erreurs.
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Re: Les couleurs du crépuscule [Abandonné]
Lilith A. Strix, le  Ven 31 Jan - 14:43

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Le Capitaine-Pirate parlait de choses affreuses. D'enfants mort-nés, de lutte. De survie... À croire qu'elle pensait que seul les plus forts, pouvaient finalement, vivre à leurs convenances, sur terre comme ailleurs. Et qu'il fallait se battre pour se faire une place dans le monde de violence... et puis Lilith tiqua. De quelle guerre sa professeure parlait . Elle pencha soigneusement sa tête sur le côté, ne comprenant pas vraiment les mots de son guide. Était-ce une guerre physique ? Réelle ? Interne ? Était-ce à ce moment-là qu'elle avait perdu l'un de ses deux yeux, sphère de vision ? Elle espérait secrètement la paix, le paisible, mais semblait - et se sentait peut-être pas- assez douée pour ce genre de chose. Le nez de Lilith se fronça. Total désaccord silencieux... Bien qu'elle connût la nécessité des gens à vouloir se battre, elle ne comprenait pas pourquoi il fallait se battre. Pourquoi il y avait tant de... guerres. Internes ou externes. d'ailleurs la première raison d'une guerre en ce bas monde, c'était parce qu'il y avait toujours quelqu'un qui menait une guerre contre lui-même. La femme en face d'elle... c'était un guerrier. Un guide guerrier. Un pirate des mers qui se faisait parfois corsaire. Était-elle si libre que ça, finalement ?

- Non, moi ce que je dis c'est que l'être vivant est un survivant.  Il possède majoritairement entre trois et cinq minutes de vie, mais, à chaque respiration, ce temps repart de zéro. Il est inutile de se battre quand l'air est illimité. Nous sommes déjà dans un partage absolu, sans que l'on ne le sache vraiment.


La petite haussa les épaules. Elle ne poserait pas la question de la dite "guerre" à son professeur. Finalement, c'était encore trop tôt pour son guide d'en parler, et elle avait également le sentiment que c'était trop tôt de l'entendre. Mais ce jour-là, elle se fit une promesse. Elle promettait qu'elle ne se battrait jamais contre elle-même. Mais qu'elle vivrait avec son vécu, son expérience, quel qu'il soit. Après tout, les longs fleuves tranquilles, ils avaient aussi leur lot de petits soucis. C'était de petits tracas mais en vérité, aucun chemin n'était pas semé d'embûches. Quand on tombait, il fallait se relever. Et puis, ce n'était pas une mamie sa prof ! N'importe quoi ! Elle était jeune ! Et elle avait beaucoup de charisme avec son petit cache œil noir ténèbres, ses yeux mi-pensifs, mi-déterminés. La petiote n'avait pas eu la chance de la voir filer comme le vent sur son balai - seulement planer - mais, si la femme en face d'elle pouvait se considérait aussi boiteuse sur terre, nul doute qu'elle avait la grâce d'un rapace en plein vol. La grâce de la liberté chèrement acquise.




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Lith' se racla doucement la gorge. L’œil unique et grave de sa professeur... ça ne lui plaisait pas. Et puis, si elle la voulait comme guide, il fallait aussi qu'elle fasse un peu d’effort de son côté aussi. "Mettre.de.l'eau.dans.son.vin" comme dirait un moldu. Et la petiote avait ce qu'il fallait dans son sac pour requinquer la prof, et souffrir un peu en même temps. Bien sûr, si elle avait appris le sortilège Revigor, elle l'aurait secrètement administré à Liz, mais comme ce n'était pas le cas... Elle ouvrit et referma son livre d'un coup sec, par réflexe, inspira profondément puis expira un "Boooooon" digne des plus grands orateurs. Des orateurs comme Socrate mais qui avaient perdu leurs langues, naturellement.

- Tu m'as dit que tu t'y connaissais un rayon... "même si n'est pas un vélo". Mais... Je me sens pas très a l'aise dessus Lizzie...

La Strix pointa du doigt le magnifique balai du professeur. Magnifique. Fascinant. Outrageusement. Terrifiant. Balai. Non pas que Lith' avait peur du vide, mais il fallait l'avouer qu'en l'air, elle avait plus de chances de tomber sans réussir à se relever malgré ce que disait le proverbe. Si sa prof pouvait avoir le vol d'une chouette, d'une buse, d'un épervier, d'un aigle ou voir d'un faucon... Lith' savait qu'elle était aussi piètre pilote qu'un manchot, une autruche... un kiwi. Nul doute que la capitaine ait la pédagogie pour l'aider... nul doute que sa demande puisse raviver la joie dans l’œil, le feu dans le ventre, le vent dans les cheveux de son guide... mais tout ce qu'elle avait réussi à faire pour l'instant, c'est la création de deux grosses bulles d'air putrides : une dans son estomac, l'autre dans la gorge. Et puis fallait l'avouer, même lors du dernier cours, en plein dans le loch, son vol n'était pas franchement le plus merveilleux du monde... "Bon en soi, je risquais beaucoup moins de tomber dans l'eau que tomber en l'air." C'était une vérité.


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Re: Les couleurs du crépuscule [Abandonné]
Lizzie Cojocaru, le  Ven 31 Jan - 19:23

La jeune blairelle ne semble pas aimer la direction prise par notre échange. Ses sourcils se froncent et elle s’assure de changer de bord. Bientôt, la guerre et le cri des nouveaux-nés disparaissent : nous embarquons pour un nouvel horizon. Nous voici, envol, liberté, céleste univers et autres rêves bleus. Est-elle prête pour le grand départ ? Ses mots laissent deviner qu’elle s’est faite plus timide que lors du dernier cours. Il faut dire que ses mésaventures avec la pression des eaux ont eu de quoi refroidir sa téméraire curiosité.

— As-tu le vertige ? Je veux dire, la dernière fois, tu n’avais pas peur de monter. Est-ce parce que tu ne voyais pas le fond ? Ou c’est l’état de la bulle qui t’a fait perdre confiance ?


Selon la situation à laquelle nous faisons face, l’approche adaptée ne sera pas la même. Remonter à cheval, ce n’est pas comparable à vaincre sa peur du vide. Les exercices pouvant la tirer vers le haut dépendent naturellement des raisons de son hésitation naissante. Je ne suis pas là pour mettre du chaos dans son rapport au balai, mais bien pour l’aider à comprendre son entropie. C’est en y réfléchissant ensemble qu’elle pourra repartir de plus belle, libre comme le vent.

— Si tu trouves les mots pour me décrire ce qui te bloque, je pourrais t’aider pour les trois à cinq prochaines minutes, et même les suivantes lorsque nous auront franchi la limite respiratoire.


Le sourire aux lèvres, j’examine ce petit bout d’espoir qui veut déjà connaître le monde tout entier. Ton appétence pour le monde, ta spontanéité face à la vie, et tout ceci avec les réflexions issues d'un autre âge... Tu es troublante. Je ne penses pas être la seule à te le dire. Allez, ne te dédouane pas. Ne fuis pas le balai. Si nous sommes là pour tout partager, peut-être devrions-nous passer plus de temps à nous entraider, ne le crois-tu pas ? Tu sais, sans le vouloir, toi aussi tu m'as servi de cobaye.

Lilith, tu as pointé du doigt que la limite identifiée pour mes bulles était vraiment handicapante et risquée si les bulles étaient utilisées par des personnes inexpérimentées, aventurières, peu sensibles au sentiment de danger, curieuses, libres, etc.
A présent que c'est identifié, j'ai rendez-vous avec Rachel. Galatéa. M'y ferais-je jamais ? Les gens doivent arrêter de changer de prénom toutes les cinq minutes. Et de nom. Ou en tout cas, pas les deux à la fois, sinon je suis perdue.

J'ai appris de ce que tu avais vécu, de ton angoisse quand la pression a eu raison de ton moyen de locomotion, de ta peur face à la déchirure de la bulle, et je veux m'assurer que personne ne traverse une situation similaire par la suite. En attendant d'optimiser les propriétés de ma bulle de navigation, que puis-je faire d'autre que t'aider à être plus à l'aise sur ton balai ? Si c'est cela, survivre, je crois que la voie offerte par Poudlard est plus douce que celle dont j'avais conscience jusqu'ici.

Oui. Je veux juste me mettre des oeillères, oublier tout le reste, et me concentrer sur ce moment de pédagogie et d'humain, d'entraide sans prétention, d'écoute de chaque perception. Tu vois sans doute ça comme une punition, mais en vérité... ce moment avec toi est déjà ma récompense.

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Re: Les couleurs du crépuscule [Abandonné]
Lilith A. Strix, le  Ven 31 Jan - 22:16

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Qu'est-ce qui la terrifiait autant ? Le balai en lui-même n'était qu'un simple manche de bois verni, munit de superbes brindilles cisaillées au préalable pour leur donner toute l'adhérence nécessaire et la qualité indispensable pour un vol parfait ! Du moins, pour ceux qui savaient le piloter. Des sortes de tiges poussaient du tronc de l'engin pour y glisser les pieds... c'était pour la propulsion ? Pour éviter que les jambes ne se baladent . Lilith observait cet objet avec intérêt. Si elle n'aimait pas l'enfourcher, elle avait au moins le mérite d'essayer de comprendre son mécanisme. Pourquoi était-il taillé de cette manière ? Et puis... comment on avait pu enchanter un truc pareil ? En tout cas, ce n'était nullement l'objet qui la terrifiait, c'était clair. Mais alors quoi ? Le vertige ? Elle ne l'avait jamais vraiment ressenti. En même temps, elle n'avait jamais vraiment eu l'occasion de décoller du sol de cette manière... que ce soit sur un balai, en avion, en hélicoptère ou avec un autre type de bien volant. La bulle ? Non. Non ce qu'elle avait développé à ce moment, ce n'était pas lié avec le balai. Les souvenirs s’entremêlaient... s'entrechoquaient. Les iris azurés se dirigèrent vers le loch... qui prit les couleurs sanglantes, les couleurs du crépuscule.


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La bulle. Les dix mètres. Le noir profond des abîmes... l'eau qui s'égouttaient comme des billes sur ton front, ta tête, tes lèvres. La surface qui était trop haute. Beaucoup trop. La panique. Les strates qui fallait respecter. Strates sinon tu allais y passer plus vite. Une strate. Deux strates. Doucement. Plic. Ploc. Ploc. Les gouttes. Bam. Bam. Bam. Le coeur. Ton esprit restait concentré, il n'écoutait pas ton cœur, ta peur. Il était froid. Automatique. Les oreilles, tes oreilles bourdonnaient, rouges. Tes yeux sur tes mains blanchies, cramponné, tremblantes. L'arrivée du pirate. Les yeux du pirate. Peur. Angoisse. Détermination. Même lueur que les tiens. Coup de hanche. Encore une strate. Plus haut. Le saphir au-dessus, encore trop haut. La bulle. Déformée. Déformation. Mutation. Naufrage. L'eau s'engouffrait. L'eau. L'eau. L'EAU. "C'est l'eau". Les iris se cachèrent derrière les paupières de la Strix. Une seconde. Peut-être deux, et la tête revient en direction de son capitaine. Non. Elle n'avait pas peur du balai à cause de l'accident. Elle avait engendré une autre peur. La même peur qui l'avait forcé à rester à un mètre, au maxima, en dessous de la surface de l'eau pour la seconde partie du cours. Pas trop loin de la berge.



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Ses premières interrogations lui revinrent en mémoire. Si ce n'était ni le balai, ni le loch, ni le vertige... C'était seulement une histoire de sécurité. En vérité, elle le savait. Elle avait toujours eu un problème au niveau de la sécurité. Elle ne se sentait jamais réellement en confiance quand ce n'était pas elle qui prenait les commandes ou simplement quand elle faisait quelque chose qu'elle ne maîtrisait pas bien. Il était là le problème. C'est pour ça que, peut-être, elle voulait tout connaître, tout voir, tout comprendre. C'était parce qu'elle ne se sentait pas encore chez elle à Poudlard, parce que le monde des sorciers était encore beaucoup trop grand pour elle, cette petite gamine de 11 ans. Parce qu'elle avait peur d'être trop naïve quand ses camarades lui disaient que les vampires existaient. Peur d'être moquée par son ignorance. Mais tout ça, elle ne pouvait pas encore le dire. Il fallait qu'elle s'en occupe par elle-même. Du moins, d'abord essayer, avant d'en parler réellement. Il fallait qu'elle soit forte pour rassurer ses parents qui n'y comprenait pas grand chose non plus. Et se rassurer en même temps... Parce qu'elle n'avait pas vraiment de modèle, quelqu'un qui lui ressemblait et l'aidait. Elle n'avait pas vraiment de repère, de référence, d'exemple à suivre. "Respire...". L'introspection était terminée.



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- Je crois... que c'est juste par peur de tomber. Dans l'eau on ne tombe pas. Même si l'eau est profonde.

C'était en grande partie vrai. En ce qui concernait seulement le balai. Ce besoin de sécurité. Cette peur de ne pas faire assez bien. De se mettre en danger. De mettre quelqu'un, autre que soi-même, en danger. Comme elle avait failli mettre en danger son capitaine lors de son cours. Mais l'encouragement dans le regard de Lizzie. Son envie de comprendre ce qui faisait peu à la gamine. Tout ça trottait aussi dans sa petite tête qui pesait le pour et le contre... "Je veux... un guide. J'ai besoin d'un guide. Emmène moi.". Petite tête qui gardait le même sang froid que lors de l'accident. Automatisme lié à la curiosité, au besoin de sécurité, au désir de se dépasser, de connaître encore autre chose pour mieux l'accepter, et vivre avec. Le dos de son index tapota le bout de son nez.

- Je suis prête. Apprends-moi Lizzie.

Froncement de sourcil. Encore. Mais avec une toute autre lueur dans les yeux. La lueur dorée. La pointe de vert dans l'azur. La détermination. Tu vois ? La. Même. Que . La. Sienne.



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Re: Les couleurs du crépuscule [Abandonné]
Lizzie Cojocaru, le  Mer 5 Fév - 23:34

Un temps s’écoule sans que la Poufsouffle ne pipe mot. L’enseignante la contemple longtemps, incertaine des mots qu’elle pourrait, devrait, ajouter. D’autres professeurs s’en sortent mieux avec les élèves : elle cherche encore sa place à leur côté. Etablir un rapport d’égalité et de confiance lui parait être essentiel, mais après cela, au lieu de s’en contenter, les gamins ont tendance à en vouloir plus. Ils attendent des conseils, des avis : ils veulent qu’on les oriente et les guide. Ce n’est pas sa vocation. Lizzie est un albatros sur le radeau de l’enseignement : ce n’est que dans les airs qu’elle peut leur transmettre quelque chose d’honnête et de vrai.

Lizzie veut leur apprendre à voler, et leur laisser la plus grande liberté quant à la direction prise… Les échanges qu’elle a avec certains élèves lui font vite toucher les limites de sa pédagogie. Une professeure de sport ne peut être seulement une professeur de sport : les élèves ont besoin de plus. Et lorsque les questions concernent les appréhensions, doutes et peurs, ce n’est plus l’enseignante qui prend la parole. C’est la Mangemort, comme si elle se trouvait face à un partisan en pleine crise existentielle.

La Mangemort peine cependant à sortir devant des enfants si jeunes : elle sait ce qu’est Azkaban et ne compte absolument pas y envoyer un sorcier n’ayant pas un recul idéologique suffisant pour prendre une décision pouvant l’envoyer en prison à perpétuité. Par chance, la peur avouée par Lilith ne concerne pas un élément relatif au secret : c’est la crainte de la chute qui l’immobilise aujourd’hui. Aussitôt, le poids qui retenait les ailes de la professeure disparaît : la peur de chuter, elle sait comment y faire face. D’un #Molliare, elle ramollit le sol.

— Je suis sûre que tu es prête. Pour commencer, lorsque tu t'entraines, assure-toi de lancer un sortilège du coussinage sur la surface que tu vas survoler. C’est très utile pour ne pas te blesser en cas de chute, cela retire donc une partie de l’angoisse !

Leçon n°1. Avant même le Debout, consolider nos appuis. S'assurer que le sol ne nous trahira pas. Lui faire confiance pour se faire confiance. Des mots qu'elle ne sait pas formuler en tant que tels, mais qu'elle éprouve profondément.
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Re: Les couleurs du crépuscule [Abandonné]
Lilith A. Strix, le  Mar 25 Fév - 23:02

Tu le sens n'est ce pas ? Ce petit coeur battant à tout rompre. Le cerveau lui a montré des images. Des images du vol. Fabuleux vol. Au-dessus des nuages, merveilleux nuages. Blanc cotonneux. Ciel azuré de nuance saphir, parsemées d'orange sanguine et de pourpre impérial. Les oiseaux aussi étaient là. Magnifiques corneilles, majestueux rapaces, dansant, volant, faisant une ronde, deça-delà les grands vents et les douces brises. Là, tu crois voir, observer l'un des circaètes jean-le-blanc posséder un cache-œil. Lui aussi, pirate du ciel, albatros des cieux, aventurier libre. Et toi, sur un balai, balai magique aux brindilles claires et à la chair polie. Et puis plus tard l'atroce, l'horreur, la chute. Les fracas des branches, douleur des pins lorsque ton lourds corps arrache leurs membres trop fragiles. Jusqu'au crac final. Mais il n'y a pas de crac final... puisque le circaète était là pour s'occuper du sol pour le transformer en lichens et mousse. L'odeur des champignons, ton rire qui vient couper cours au silence auprès l'orage et la désolation. Voilà ce que le petit cœur voyait. Et voilà qu'il commençait à ce calmer, aidé des longues inspirations. Respirer, respirer l'air, l'aube, le crépuscule, la vie. Tu ,e risquais rien Lilith. Tu étais avec elle. Cette femme qui en avait surement connue de belles, et qui allait en connaître davantage. Mais toi tu espérais lui rendre la donne au quotidien. Ton petit corps porteur d'armure d'épine. Rien ne pourrais t'abîmer si l'aide était mutuel.

Molliare, et le sol s'était adoucit, comme ta peur Lilith. Comme cette fichue peur qui te serrait un peu les entrailles. Si tu n'avais pas le contrôle des cieux, tu savais, que maintenant, la terre était ton alliée. Tes quenottes sorties, tes iris pétillants entrait dans le sien. Reconnaissance, admiration, détermination, ou peut-être un peu de tout ça. Tu ne perds pas une miette de ses mots. c'était comme si tu étais magnétiquement accrochés à eux. Que tu les volais dans tes petites mains, et serrais entre tes petits doigts pour les glisser dans ce petit coffre de bois simple qui te servait de cœur. Les mots se firent braises, et la chaleur vint parcourir ton corps. Tu avais confiance. Enfin confiance. Tu avais toujours eu confiance, étrangement. Et pourtant, tu avais comme l'impression qu'une pâle fraîcheur t'avertissait dans la nuque, te donnant un peu la chair de poule. Mais tu ne l'écouta pas, parce que tu étais bien.

- Merci.

Tu caressas le manche a balai de ton professeur. Ton amie du soir. Il était temps de voir ce que tu valais. Il était lisse, poli, comme les autres. Tu étais presque étonnée. Il avait l'air plus récent que ceux empruntés de l'école. Montait-elle souvent ? Ta question brûla tes petites lèvres. Tes yeux passèrent de Lizzie à son fidèle compagnon. Avait-il un nom comme ta baguette ? Tu secouas la tête. Il n'était pas temps. Les questions viendraient plus tard. Ta mains gauche vint à la rencontre de ta poche arrière, cherchant un de tes nombreux élastiques, et tu t'attachas les mèches. Il valait mieux voir ou l'on se dirigeait. Tu enfourchas le balai, et te propulsa doucement du sol. Tu avais l'impression d'être un peu trop en avant ou en arrière sur le manche. Mais tu ne bougea pas. Si Lizzie voyait que la position était mauvaise, elle le dirait non ? Tes pieds quittèrent doucement le sol, et le balais flotta à hauteur de la hanche de ta capitaine. Il fallait pas pousser mémé dans les orties de suite. C'est sûr que tu n'avais ni la grâce, ni la rapidité des joueurs de Quidditch, mais en vérité, ton petit cœur commençait à battre plus vite.. et cette fois ci, non pas de panique, mais d'excitation.

- Est ce que les balais ont un cœur aussi ?

Pourquoi pas ? Furcifer était bien faire avec une tige de dictame. Pourquoi ce balai n'aurait-il pas le droit à une jolie plume de Chouette Lapone ? Et puis, avoir un balais avec un caractère compatible, pouvais paraître moins effrayant aussi !
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