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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Académie de Poudlard ~¤~ :: Les couloirs
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Sonne le Clairon [En cours]
Jade Wilder
Jade Wilder
Poufsouffle
Poufsouffle
Année à Poudlard : Aucune année renseignée

Matière optionnelle : Pas encore disponible

Spécialité(s) : Aucune spécialité enregistrée actuellement.


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Sonne le Clairon [En cours]
Jade Wilder, le  Sam 11 Jan 2020, 00:16

Avertissement

Ce RP mentionne du contenu sensible :

Autodestruction,  Décès,  Insultes/Vulgarité,  Violence (psychologique).
Il s'agit d'un suicide, ne lisez pas si c'est un sujet sensible pour vous.







Sonne le clairon
RP libre, après la réponse d'Emily Lynch.


Saison 30, Hiver
LA autorisé pour les personnages de Azénor Philaester, Cara de Lanxorre, Emily Lynch, Kathleen Gold, Robert Gold et Lizzie Bennet.
P.S: Toutes les personnes proches de Jade avant sa mort ont une lettre à leur nom, si les concernés veulent lire la leur, vous savez où me trouver.
P.S.2: Oui la majorité du RP se déroule dans le dortoir, néanmoins certaines personnes souhaitant y participer n'y auront pas accès si je le laisse en partie Poufsouffle, aussi je vous remercierai de le laisser en partie accessible à tous, si possible.


~

Sonne le clairon
Pour moi s'il te plait
Au fil des saisons, n'oublie jamais comment j'étais
Pour moi c'est la fin
Je suis fatiguée
Je ne suis plus rien, rien qu'un cœur blessé
Rien qu'un soldat, qui a livré son ultime combat
Jusqu'au dernier soupir, emmène moi
Et laisse moi mourir.

Jade revenait de la volière, d'où son hibou était parti quelques minutes auparavant. Elle aurait dû presser le pas, ne pas prendre son temps histoire d'être sûre de pouvoir achever sa dernière lettre, celle qui était en soi, la plus importante pour la suite. Mais elle ne pouvait s'empêcher de ralentir, profitant du silence des couloirs à cette heure. Il n'y avait quasiment plus personne, la plupart étaient en cours. Elle aurait dû y être également, mais un autre Destin l'attendait. C'était la dernière fois qu'elle verrait ces couloirs, sentirait la pierre froide sous ses doigts, observerait les tableaux qui ne manquaient pas de lui faire remarquer à quel point sécher était une mauvaise chose. La blonde s'en fichait. Plus rien n'avait guère d'importance, à part cette mission. Cette ultime tâche à réaliser avant de partir, la seule chose qu'elle se sentait encore capable de faire. La meilleure, il fallait l'espérer. Alors, après avoir jeté un dernier coup d'oeil à cette parcelle du château qu'elle avait parcouru des dizaines de fois, l'ancienne préfète franchit la porte du dortoir des Poufsouffles, le coeur plein de regrets.

~

Comment cela avait-il bien pu se passer ? Comment les choses avaient-elles pu basculer d'une façon aussi désastreuse en si peu de temps ? C'était à n'y rien comprendre. Jade elle-même, avait peine à organiser ses idées en laissant glisser la plume sur le papier. Son esprit était plus confus qu'organisé, alors que pourtant, il y avait tant de choses à penser. Tant à prévoir. Même pour ses dernières heures, l'Italienne se devait de faire au mieux.

Ses mains tremblaient. Les larmes coulaient. Le contrôle n'était alors destiné qu'au bien-être des autres, le sien n'avait plus d'importance. Plus de valeur. Le peu d'estime qu'elle pouvait se porter auparavant avait disparu, brisé par les attaques incessantes d'une vie qui n'avait jamais voulu d'elle. C'est lorsqu'on croit qu'il peut y avoir une accalmie que la tempête frappe et blesse. Quelques jours déjà, qu'une demande de la directrice avait mené les pas de l'adolescente dans le bureau prestigieux, rarement synonyme de bonnes nouvelles. Le couperet était tombé, plus tranchant que jamais. Jade n'avait pas demandé pourquoi, après tout elle s'en doutait bien. De Lanxorre étant toujours à son poste malgré les supplications, il n'était pas difficile de comprendre ce qui avait pu faire pencher la balance. Malgré que la jeune fille soit persuadée de la bonne foi de la directrice... elle lui en voulait. Terriblement. En fait, elle en voulait au Monde entier, mais surtout à elle-même.

Rendre son badge n'avait été que le début. Une humiliation, une déception qui ne pourra jamais disparaitre du cœur. Un couteau dans le dos qui finalement, avait rompu la barrière protégeant des blessures. Avoir cette responsabilité, cette raison d'être, c'était si précieux. Sans l'avoir, il était si facile de l'atteindre alors. Marcher simplement dans les couloirs de l'école était devenu une douleur. Quoi qu'elle fasse, où qu'elle regarde, l'adolescente avait cette désagréable sensation qu'on la regardait. Qu'on la jugeait. Que tout le monde savait à quel point elle avait été incapable de faire les choses bien. Il aurait pourtant été facile de garder une certaine dignité. Tête haute, affirmer que ça n'était rien, qu'elle s'en fichait. C'était au dessus de ses forces. Incapable de garder ces fameux masques qui l'avaient longtemps accompagnée, sauvée. Plus rien pour la protéger du monde, des gens et surtout, des ses propres peurs. Plus rien pour l'empêcher de sombrer, de plus en plus.

Les mots s'égrainaient, n'avaient plus de sens dans son esprit. Elle qui avait fait si attention, voilà que l'eau salée décorait finalement le papier. Si en temps normal, la perfectionniste qu'elle était aurait tout jeté pour recommencer, elle n'en prit cette fois même pas la peine. Cette lettre était un énième appel à l'aide. Quelles qu'en soient les conséquences, ça ne la sauverait pas elle. Mais d'autres, peut-être. C'était alors le seul espoir qu'il lui restait. Pour cette simple raison, il fallait bien faire. Que ses derniers mots ne soient pas que de simples mots. Et malgré qu'exprimer les choses à l'écrit soit dans ses capacités... un doute restait. Car après tout, comment croire encore qu'on a des capacités alors qu'on nous prouve chaque jour à quel point on en est dépourvu. C'était peut-être idiot alors, mais dans sa tête embrumée, les larmes seraient preuves elles-mêmes de sincérité.

Il y avait tant à dire. Autre chose que la tristesse alors, qui refait surface. De la colère, non, de la rage envers celle qui avait tout fait s'écrouler. De Lanxorre. Si Jade n'avait pas voulu cette lettre courte, elle aurait pu écrire des pages entières pour conter les méfaits de cette mégère. Malgré cette idée tentante, certaines choses ne pouvaient être dites. Elle en était incapable.

Incapable de décrire sa fureur lorsqu'elles s'étaient croisées "par hasard" dans un couloir, après qu'on lui ait arraché le badge. Son incompréhension lorsque les mots échangés s'étaient faits plus doucereux que tranchants. Pire, à quel point elle avait déchanté en comprenant que la directrice adjointe avait parfaitement compris comment l'atteindre. Elle avait toutes les armes pour cela. Des secrets, que l'Italienne avait découverts par les mots de celle qu'elle haïssait. Sans doute la pire façon de les apprendre. Cette idiote le savait parfaitement, en avait joué à sa façon, blessant un peu plus sa confiance en elle-même. Comment imaginer une seule seconde qu'elle avait pu coucher avec Ulysse. Ou plutôt, que lui avait pu le faire, concernant De Lanxorre, ce n'était sans doute qu'une personne de plus sur sa liste. Ou bien l'avait-elle fait pour l'atteindre elle ? Dans tous les cas, cela revenait au même. Encore une fois, elle gagnait, prenait un terrain considérable, anéantissait un nouvel Espoir.

Ulysse... Là dans ce dortoir, encore à cet instant, Jade ne pouvait ignorer cette petite chaleur au coin d'un coeur gelé. Il avait représenté un espoir, après tout. Que quelqu'un pouvait la voir autrement que comme une fille banale, qu'elle pourrait... être aimée ? Aimer en retour. Qui sait ce que cela aurait pu donner. Au moment où la plume allait finir sa course, la rêveuse qu'elle était auprès de lui s'éteindrait. En attendant, elle pouvait essayer de se l'imaginer. Se dire que peut-être, elle aurait pu être vraiment heureuse. Jamais elle n'avait ressentit ce que son sourire lui procurait, après tout. En se remémorant tous les moments où il l'avait défendue, réconfortée face à la cruauté de Cara... la blairelle avait peine à comprendre. A concevoir ce qu'il avait bien pu se passer pour que ces deux là fassent autre chose que se mépriser. Sans doute une énième chose qu'elle était incapable de comprendre, de concevoir. Après tout, ce n'était pas la première fois. Rien de ce qui l'avait entraînée vers le fond du gouffre ne trouvait réellement sens dans son esprit.

La pire des incompréhensions concernait son frère. Jake. Jade savait que son aîné ne prendrait pas bien le fait qu'elle ait fuit l'école, ses responsabilités et même sa famille. Elle n'avait prévenu personne, donné aucune nouvelle, bien sûr que c'était compréhensible. Mais les mots-explosions, ça non. Impossible de compter le nombre de fois où ils s'étaient disputés. Entre frère et sœur, c'est normal non ? Pas cette fois. Ça n'avait rien de normal. Jamais le ton n'avait prit une telle ampleur. Jamais ils ne s'étaient poussés à bout au point d'en arriver à des cris, des larmes et des vérités qui font mal. Comment une famille si soudée, si fraternelle, en était arrivée là... C'était impossible. La scène était passée des dizaines de fois dans l'esprit de l'adolescente sans qu'elle n'arrive à en comprendre les trames. A chaque critique, une autre était lancée, comme si la seule manière de se défendre était d'attaquer. Justifier ses actes en accusant l'autre, incessamment. Parce-qu'il est toujours plus simple d'accuser quand on a merdé. Quand on a été, une fois de plus, une incapable.

Cette histoire était la seule dans laquelle Jade ne pouvait que se blâmer. De Lanxorre n'avait rien à voir là-dedans, du moins pas directement. Pas comme avec Ulysse. Ou encore avec Robert. Jade connaissait la famille Gold depuis peu de temps, mais suffisamment pour s'attacher à eux. Suffisamment pour que son instinct de protection se réveille furieusement en apprenant que la démone faisait aussi partie de la vie de cet homme auquel elle s'était attachée. Bien sûr qu'elle ne pouvait rester sans rien dire. Bien sûr qu'elle avait essayé de lutter, de toutes ses forces, de faire comprendre à quel point cette femme était dangereuse et cruelle. Il ne l'avait pas crue. Ce n'était pas ses affaires, selon ses mots. Il n'avait pas tord, pourtant l'amertume et la déception n'avaient pu s'évaporer. Tu vois, Jade. C'est ça, de s'attacher. Tu finis toujours par tout gâcher.

Comme avec Lizzie. Le coeur de l'ex-préfère s'était fermé face à la professeure de Vol. Incapable de concevoir que, malgré son mea culpa par hibou, celle qu'elle estimait tant avait refusé de la croire, de l'aider, face à une Cara tant aimée. Pourquoi fallait-il toujours qu'elle-même passe en dernier ? Et dire qu'elle était persuadée d'avoir une place spéciale dans la vie de sa mentor, quelle erreur. Une place bien vite effacée par une vipère qui, c'était certain, n'était capable que de faire du mal autour d'elle. Lizzie n'avait pas voulu la croire. Elle n'avait rien voulu faire, son seul conseil était de "monter un dossier". Jamais Jade n'oublierait ces mots. C'était son cours que l'adolescente manquait ce matin là. Ce n'était pas volontaire, pourtant difficile de ne pas y penser. Peut-être que c'était un peu inconscient dans son esprit. Mais ce jour, cette heure, elle n'avait rien choisi. Il fallait le faire. Cette insomnie mêlée à une panique incontrôlable avait fini par la décider. Le dortoir s'était vidé au petit matin, la laissant seule, parfait terrain pour faire ce qu'elle avait à faire.

Cette idée, Jade l'avait longtemps repoussée. Elle n'avait pas le droit d'y penser, il fallait se battre. Prouver au reste du Monde qu'elle était capable d'avancer. De faire mieux, d'aller loin. Et puis avant, il y avait des raisons. L'espoir avait disparu depuis. Ses soutiens n'étaient plus, ou bien elle n'y croyait plus. Les rares restants avaient une lumière bien lointaine alors. Plus de nouvelles de Shela, ou Harmony. Douloureux sentiment que toutes étaient parties, ou partiraient de toute façon. Même d'Emily, elle s'était éloignée. C'était pourtant alors la plus proche. Elle jouerait un rôle dans cet acte final ce matin là. C'était la seule qui pouvait le porter, qui pourrait l'assumer. La seule en qui l'adolescente pouvait pleinement avoir confiance. Elle transmettrait sa lettre. Se battrait pour les dernières volontés de celle qu'elle avait choisie pour marraine. Évoquer cette promesse pinça le cœur meurtrit. Encore quelque chose qu'elle n'accomplirait jamais. Honnêtement, c'était sans doute mieux pour le bien de cette enfant. Faire porter le fardeau d'un corps découvert à la nouvelle directrice de Poufsouffle n'était pas un choix aisé. Mais c'était alors le seul qui s'imposait.

Point final apposé sur le papier. Tout était dit. Du moins, tout ce qu'elle pouvait dire. Il y avait tant de choses qu'elle avait dû taire, souvent pour protéger les personnes concernées. Malgré son amertume ou sa peine, la jeune fille ne voulait faire de mal à personne. Personne, à part De Lanxorre. Au fond d'elle, une petite voix lui murmurait que c'était inutile, que cette mégère trouverait toujours quelqu'un à séduire pour se sortir de tous les ennuis. Mais si Jade quittait ce Monde, il fallait au moins que ça soit pour quelque chose de bien. Se libérer de cette vie trop lourde n'était pas suffisant. Prier alors, pour que la voix d'une morte soit plus puissante que de son vivant.

Coins rejoints, lettre précieusement pliée. Jusqu'au bout, tout devait être parfait. Cette lettre rejoignait un petit tas d'autres, des mots plus personnels, adressés aux rares personnes qui ne l'avaient pas blessée, mais aussi à celles qui l'avaient fait... et qui malgré tout, gardaient une place.

Jade ne faisait aucun effort et pourtant, sa respiration ne pouvait être plus désordonnée. Elle ne pouvait plus reculer désormais. Emily avait certainement déjà reçu la lettre lui demandant de venir au dortoir rapidement. Elle ne tarderait plus. Si tout se passait bien, elle pourrait intervenir avant que d'autres élèves ne retournent dans le dortoir. Mais surtout, récupérer la lettre et en faire bon usage. Il fallait à tout prix que cette lettre soit lue et comprise. Qu'il y ait des conséquences. Qu'elle ne soit pas partie en vain. Le papier entre les doigts, la blondinette rejoignit son lit avant de le poser près de son oreiller, bien visible. Une liste dans la tête, elle pu enfin cocher mentalement l'avant-dernier élément. Il ne restait plus qu'une chose à faire. La plus difficile, n'est-ce pas ?

De longues minutes s'écoulaient, sans que la jeune fille ne bouge. La magie avait servit une dernière fois, pour lui procurer ce dont elle avait besoin. Pour ça aussi, il avait été dur de se décider. C'était au final ce qu'elle avait trouvé de plus simple à se procurer. Le temps passait, encore. Trop. Les bras entourant des jambes ramenées contre la poitrine, les pupilles elles ne fixaient que le vide. Il était encore temps de tout laisser tomber. Mais elle n'en avait plus envie. Se battre était devenu trop fatiguant, elle n'en pouvait plus. Le corps humain est si fort pour supporter des années de culpabilité et de tristesse. Si robuste face aux coups portés par la vie. Si résistant pour combler les blessures et autres trahisons. Même le coeur peut se réparer parfois. Cette fois, elle avait été incapable de tout réparer. Elle ne pouvait plus, n'avait plus le courage. Mais face à une lame réelle, le corps n'est rien. Quand on n'a plus aucun espoir, plus aucune accroche, c'est facile. Physiquement. Il n'y eut plus qu'à couper et se laisser porter. Les minutes finirent par se confondre, peut-être n'étaient-ce que des secondes. Les couleurs sur les joues partaient mais jusqu'au bout, les regrets persistaient. Ce Monde n'était pas fait pour elle. Promesse, elle aura essayé jusqu'au bout. Jusqu'à son dernier souffle, emprunt d'un seul espoir: que tout cela n'ait pas servi à rien.






Je ne pensais pas que ça serait aussi difficile. A vrai dire, je ne sais pas trop à quoi je pensais. Sans doute qu'à force de temps, qu'à force de me battre, ça irait forcément mieux. Que je ne devrais pas renoncer sans doute, qu'il y avait trop à perdre. Trop de gens, à perdre. Au final, ça a marché, un temps. Par moments j'ai même eu l'impression que se battre ne servait pas à rien. Que ça pouvait payer. Et que les bonnes choses seraient toujours faites, pour le mieux. J'avais tort, pour tout ça. Je n'ai plus la force de me battre contre ce qui sera toujours plus puissant que moi. Contre celle qui aura toujours le soutien de chacun, au détriment de tout ce que je pourrais bien subir. Je suis désolée, vraiment. Mais j'espère que mes derniers mots seront plus puissants que ce qui ne l'a pas été ces derniers mois.

N'en déplaise à ceux qui veulent le cacher, Poudlard n'est plus un endroit sûr depuis longtemps. Les mauvaises personnes y ont paradé, et jusque là je pensais vraiment que les bonnes décisions avaient été prises et que ces personnes étaient toutes parties. Qu'enfin, cette école puisse être le havre qu'elle promet. On m'a menti. On a menti à tous ceux qui ont le moindre espoir d'une vie meilleure, d'un avenir.

Je me fiche qu'on me prenne pour une dingue ou non. Mais j'espère que des mesures seront prises contre cette personne à cause de qui, finalement, c'est devenu trop dur. Le pire, c'est que la plupart des gens dans l'école savent déjà de qui je veux parler. La plupart ont déjà vu Cara De Lanxorre à l'oeuvre. Les sanctions injustes, le favoritisme qu'elle ne voilait même pas. Apparemment, ça n'a jamais dérangé personne. Ni même le fait qu'elle couche avec des élèves sans que ça n'alarme personne. Ou mieux, ce qui m'a menée ici, le harcèlement permanent dont elle fait preuve sur ceux qu'elle ne tolère pas dans son espace vital. J'aurais fais partie de ceux là. Je l'aurais subit, j'aurais essayé de me battre, jusqu'au bout. J'ai essayé d'alerter des professeurs, c'était plus facile de cacher les choses derrière un dossier à envoyer à la direction. De parler aux élèves, bien trop effrayés à l'idée de se mettre la sous-directrice à dos. De convaincre ceux que j'aimais, pour qui j'exagérais ou qui me répondaient que ça ne me regardait pas. Vous pouvez l'applaudir. Celle que vous aimez tant, a gagné. Et je sais qu'elle jubilera si elle vient à lire cette lettre, parce-que c'est tout ce qu'elle souhaite, avoir ce qu'elle veut, peu importe qui se trouve sur son chemin.

J'ai préféré ne rien dire pendant longtemps, parce-qu'au fond de moi, je savais que ça se passerait comme ça. C'est toujours comme ça. J'aurais tellement préféré avoir tort. Que pour une fois, quelqu'un accepte de croire en moi plutôt qu'en ce qu'il voit. Je pensais que l'affection que j'avais pour certains suffirait à ce qu'ils me croient. Ou au moins, comprennent à quel point ça fait mal.  Ça fait trop mal. Je n'en peux plus de souffrir en permanence, de me sentir insignifiante comme cette femme l'a si bien souligné et de ne pouvoir rien y faire. J'angoisse à l'idée que d'autres puissent subir, ressentir la même chose. Mon seul espoir maintenant, c'est que ces mots fassent réaliser à ceux qui les liront à quel point cette femme est dangereuse. Jusqu'où mènent ses amusements quotidiens. Pour elle, ce n'est qu'un jeu, de quoi tester ceux qu'elle ne juge pas à la hauteur. Pour moi, c'était un jeu mortel. Par pitié, faites que personne d'autre n'ait à subir ça. Faites quelque chose, n'importe quoi. Moi j'ai tout essayé. Et j'ai échoué.

Ne laissez pas ça arriver à quelqu'un d'autre. C'est la seule chose que je demande.

Jade
Emily Lynch
Emily Lynch
DirectionPoufsouffle
Direction
Poufsouffle
Année à Poudlard : Diplômé(e)

Matière optionnelle : Arithmancie

Spécialité(s) : Permis de Transplanage
Occlumens


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Re: Sonne le Clairon [En cours]
Emily Lynch, le  Sam 11 Jan 2020, 00:22

Avertissement

Ce RP mentionne du contenu sensible :

Décès,  Insultes/Vulgarité,  Violence (psychologique)






Musicalité

Trouver des mots, ça semble évident, ça semble logique et on pourrait croire qu’il suffit de se mettre devant une page blanche stylo à la main pour que ça vienne comme par magie. Pourtant, trouver les mots ça n’est pas toujours simple, prenez l’exemple de l’écrivain, incapable de trouver suite à son histoire, confronter au syndrome de la page blanche… Mais que faire quand cette page blanche n’existe même pas ? Comment faire pour écrire des mots sur rien, trouver un autre support n’est pas non plus chose aisée et pourtant pour coucher les mots il nous faut bien quelque chose… Mais ne faut-il pas d’abord avoir les mots avant de trouver un quelconque support pour les transmettre ? Cela fait maintenant des heures, que dis-je des jours que je cherche les mots, que je cherche une manière d’exprimer ce qui me passe par la tête, de faire sortir tout cela d’une manière ou d’une autre, mais je n’y arrive pas, pourtant j’ai essayé, mais impossible ou plutôt trop complexe, peut-être est-ce trop tôt pour évoquer tout cela, y arriverais-je un jour ? Qu’en sais-je aujourd’hui, ça n’est pas le bon moment, ça ne le sera peut-être jamais. Alors je passe des nuits blanches à trouver un moyen d’évacuer ses sentiments croisés, ces choses dont je me passerais… Si seulement l’histoire avait été tout autre, je n’en serais probablement pas là à me demander comment faire pour trouver des mots. Pourtant des mots viennent quand j’écris ces lignes, mais ça ne sont pas ceux que j’aurais voulu, j’évite la chose, je tourne autour du pot, préférant alors évoquer mes soucis à trouver des mots que de m’exorciser de tout cela. J’aimerais me lever un jour et trouver la solution, pouvoir dire que j’ai tourné la page, pourtant non ça n’est pas encore le moment. Je garde tout cela pour moi, c’est sans doute bien trop personnel pour que ça puisse être partagé, peut-être devrais-je arriver à faire la part des choses pour que je puisse en parler, pour que je puisse enfin trouver une solution à mon problème, pour je puisse me libérer et trouver ces mots, résoudre cette obsession, j’ai besoin de trouver les mots, décrire ça sur un bout de papier pour ensuite le bruler, pour l’oublier à jamais… Mais après tout, peut-être que si je n’arrive pas, c’est peut-être qu’au fond de moi je ne veux pas oublier, je veux pour toujours garder cela en moi, quelque part dans ma mémoire pour que le moment venu je puisse enfin partir en ayant le sentiment d’avoir porté se souvenir en moi jusqu’au bout. Mais quel souvenir, cette image dans ma tête, j’aimerais tellement pouvoir l’effacer même si j’en sais l’importance, je ne veux pas me souvenir d’elle comme ça même si ça fait partir intégrante d’elle à présent… Je n’arrive plus à la nommer tellement son souvenir m’est douloureux, si seulement tout c’était passé autrement, si seulement j’avais pu voir les choses arrivées, si seulement elle n’avait pas réagi de la sorte. On aurait pu tellement faire mieux, on aurait pu se donner le temps de voir les choses d’un autre point de vue et trouver ensemble la meilleure option. Mais non, je n’ai pas été là lorsqu’il l’aurait fallu et elle a choisi de s’entêter dans sa vision. Non ça n’est pas le moment des reproches, mais pourquoi en sommes-nous arrivé là ? On pourrait rejeter la faute sur les autres, mais est-ce vraiment utile de sa battre contre d’autres alors que le souci vient peut-être de nous ? Qui a raison, qui a tort ? Aurons-nous un jour la vérité, aurons-nous un jour le courage d’admettre les choses et auront-ils un jour le courage eux aussi de reconnaitre qu’ils sont tout aussi fautif que nous ? Nous sommes tous coupables, nous sommes tous responsables de tout ce qui gravite autour de nous, tel un papillon battant des ailles, déhanchant le plus violent des ouragans à l’autre bout du monde. Oui tout ceci est très cliché, mais nous n’avons jamais réellement conscience de nos actes et lorsque l’on s’en rend compte, il est bien trop souvent trop tard pour faire marche arrière. Dans le meilleur des cas on arrive à guérir mais dans le cas contraire, nous devons observer pieds et poings liées notre œuvre… Alors je digresse, je m’en vais à des réflexion d’éthiques, à m’imaginer ce que nous aurions pu faire pour que cela n’arrive pas, prendre acte et éviter que cela se reproduise, mais est-ce réellement possible ? On a beau essayé, ce genre de choses arrivent encore et encore sans que nous puissions y faire quoi que ce soit, on tente en vain, pourtant on continue, on s’obstine. Bien évidemment il faut admettre que parfois ça fonctionne, qu’on arrive à éviter le pire et qu’on apprend de ses leçons, mais comment apprendre quand nous n’avons pas encore reçu la leçon ? On essaye de s’y préparer, mais comment s’y préparer justement quand on ne sait pas à quoi s’attendre ?

Et si seulement cette lettre était arrivée dix secondes plus tôt et si j’avais tout de suite senti ce qu’il se passait, peut-être aurais-je pu arriver à temps et éviter le pire, peut-être serait-elle encore là, peut-être que… Que quoi, après tout c’est trop tard à présent, je me revois encore arriver dans le dortoir, découvrir le corps sans vie d’une blonde au regard vide annonçant de la vie avait quitté ce corps et qu’il était trop tard et que même la plus puissante des magies ne pourrait plus rien y faire. Se retrouver confronté à la mort d’un être proche, je connaissais, mais être témoin, être la première personne à découvrir qu’un être cher n’était plus de ce monde, c’était une première. Je ressens encore au moment où j’écris ces mot le même froid qui s’est emparé de moi lorsque j’ai réalisé ce qu’il venait de se produire, le souffle coupé, je cru un court instant que nous serions deux à quitter ce monde. Pourtant on espère encore durant un instant que l’on peut faire marcher arrière, on inspire un grand coup et on laisse l’adrénaline envahir notre corps, on analyse, on cherche un moyen d’inverser le processus alors qu’au fond de nous, on sait ! On sait que c’est trop tard, qu’on ne peut plus rien y faire et que le monde sera à présent différent, que tout ce sera plus pareil… Mais on essaye de rester optimiste, on se prend alors durant un court instant pour Dieu le créateur, on se sent capable de tout, d’inverser les choses, on se bat de tout son être pour cette vie qui nous tient tant à cœur. Puis on réalise doucement après de longues minutes à essayer de la faire revenir que nous en sommes incapables, on se prend cette gifle dans le visage et on admet enfin qu’on ne peut plus rien y faire, mais on n’abandonne pas pour autant tout espoir, on se met alors à implorer tous les dieux existants sur cette terre, on joue la carte du miracle… Mais le miracle n’arrive pas, les dieux ont bien mieux à faire que de s’occuper de nous, alors on accepte notre impuissance à changer les choses, on accepter que les dieux soient sur répondeur… Mais on n’accepte pas d’avoir manqué les signes annonciateurs, on refuse d’avoir échoué, alors on se met toute la responsabilité sur le dos et on pense alors qu’elle avait peut-être raison après tout… On tente de garder la tête haute même si on n’a pas envie et au bout de quinze secondes on craque, on se laisse abattre par la triste réalité et on reste là… Figée devant se corps sans vie, devant cette personne qui nous tenait tant à cœur… On culpabilise et on finit par laisser notre corps s’exprimer, les larmes coulant le long de nos joues, on s’essuie les yeux à l’aide de notre manche déjà trempée. On ne sait plus quoi faire, on ne sait pas ce qu’il faut faire ! Alors la colère s’empare de nous, la colère contre elle, contre nous, contre le monde ! On n’a pas envie de laisser cette colère en nous, alors elle s’exprime, on explose tout autour de nous et on s’en prend à soi-même en fracassant notre poing contre le premier mur venu… Puis épuisé d’avoir tout cassé, la main en sang, on se laisse à nouveau emparé par la tristesse, on essaye de mettre de l’ordre dans sa tête, de comprendre comment on en est arrivé là, de comprendre ce qu’on aurait dû faire pour qu’elle soit toujours en vie.

Assise face à elle, je réalise alors qu’elle tient quelque chose entre ses mains, un bout de papier, un dernier message pour le monde des vivants avant qu’elle ne parte rejoindre celui des morts. Peut-être une lettre d’adieu, d’explications… je n’en sais rien, je ne veux pas le savoir maintenant, mais je ne veux pas que ça tombe entre de mauvaises mains, je veux que ses derniers mots soient adressés à leurs dentinaires pour peu qu’il y en ait, alors je m’empare du bout de papier et le pousse dans ma poche et puis je me souviens, je repasse dans ma tête les moments passés ensemble, les bons comme les mauvais et je continue à chercher là où ça a merdé, là où j’aurais dû comprendre, là où j’aurais dû agir au lieu de penser que tout allait bien, mais qu’est-ce qu’était bien enfin de compte ? Résignée de devoir admettre que je n’y pourrais plus rien dès à présent, je la serre une dernière fois contre moi, puisse-t-elle emporter cette dernière étreinte avec elle là où elle se trouve à présent, pour peu qu’il y ait un endroit après cette vie. Je ne sais pas combien de temps je reste ainsi, mais j’entends soudainement des bruits de pas dans les environs, les élèves reviennent et je ne peux pas leur laisser voir cette scène, oh bien évidemment ils seront très vite au courant, mais je ne veux pas qu’ils gardent ce souvenir de Jade, celui de la fille morte dans le dortoir… Je quitte alors la pièce, calmement et la referme derrière moi en prenant soin de la verrouiller et la protéger de toute tentative d’intrusion, personne n’y aura accès jusqu’à nouvel ordre… En quittant la salle commune, je croise quelques élèves, je ne sais pas si je dois leur dire quelque chose, non, c’est probablement trop tôt… Bien que ça ne m’enchante guère, je dois prévenir la direction, les élèves devront attendre…
Ulysse Daiklan
Ulysse Daiklan
DirectionGryffondor
Direction
Gryffondor
Année à Poudlard : Diplômé(e)

Matière optionnelle : Médicomagie

Spécialité(s) : - Permis de Transplanage
- Animagus : Panthère de Chine


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Re: Sonne le Clairon [En cours]
Ulysse Daiklan, le  Jeu 05 Mar 2020, 13:04

Avertissement

Ce RP mentionne du contenu sensible :

Décès





Suite d'ici

Au rythme des bruits et des flashbacks, mes griffes frappaient le sol du château. Son visage m’apparaissait, puis le doute. L’espoir quelque part, que la cruauté de l’autre vipère soit allée trop loin. Qu’elle avait menti. Pour blesser. C’est possible n’est-ce pas ? Oui ça devait être ça. J’oubliais tous les autres détails confirmant sa version des faits. Je ne pouvais y croire. Le sol est froid sous mes pattes, et pourtant je le sentais à peine. Passer à côté des élèves, maintenant habitués à voir une panthère de temps en temps dans les couloirs. Je pourrais les ignorer, mais je la cherche parmi eux comme si elle allait apparaître et m’engueuler. Je fais tout mon possible pour ne pas perdre la trace, et d’un côté j’avais envie de la perdre, de peur qu’elle mène à une réalité que je ne veuille affronter. Ce n’est pas vrai, elle ne pouvait être morte. J’étais plus un automate qu’un animal. J’actionnais mes pattes comme on actionne un levier.

Jade.

Tout ceci n’était pas possible, je refuse. Je ‘étais à l’écoute de tous les bruits, à la recherche inconsciente de son accent italien. Celui-là même qui faisait chavirer mon cœur en l’entendant, quand bien même elle pouvait être énervée où juste timide. Je ne sais pas si c’est ça qui m’avait attiré en premier chez elle. La parfaite préfète, toujours studieuse et attachée au règlement. Celle sur qui j’essayais de prendre modèle lors dans mes fonctions.

Celle que je m’amusais à distraire, comme cette fois-là au lac. Mon cœur se réchauffais et se comprime un peu plus. Que j’aurais aimé aller au parc et la revoir étudier comme elle savait le faire. Ou retourner à nos années de cours. Revoir encore ses cheveux blonds sur son visage d’ange. Ou ses petits rougissements, bien que j’en ai jamais vraiment compris l’origine. Mais c’était impossible, le temps avait tout changé. Pourtant, le souvenir de ce jours-là activait mon cerveau comme rarement.

J’avais avoué mes sentiments à Jade, de ce que je me souviens. Et je lui avais dit pour Lhiya également. Et si tout c’était vrai… Étais-ce là ma faute ? Lui avoir dit être aussi amoureux de Lhiya ? C’était il y a des années et mon cœur devient lourd quand je réalise que mes souvenirs avec elle remontent à il y a si longtemps. Je les vis comme s’ils avaient dix ans, mais pour elle cela devait sembler bien plus récent. Je l’avais embrassé en plein cours, et sans regretter l’acte, je regrettais la façon dont je l’avais fait. Elle aurait mérité plus. Elle ne méritait pas de souffrir de mes actes manqués.

Parce que j’étais partit. J’avais quasiment disparut d’un jour à l’autre. J’avais bien conscience d’avoir mal agit. Partir, et revenir un an après avec sept années de plus qu’elle. J’avais changé durant ce temps. Et j’avais été lâche. Encore et encore. J’avais bien essayé, à un moment de reprendre un contact, en lui demandant d’acheter mes animaux. Mais rien n’avait été fait. J’aurais dû aller lui parler ? Aller la voir ? J’avais eu si peur de la décevoir. Est-ce que ce scénario avait une chance au moins ? Arriver, avec un amour impossible à tenir sans aller en prison, un rapport hiérarchique qui ne pouvait que rendre ça plus malsain, et que tout se passe bien ? Puis elle avait fugué, et j’étais partie la chercher. Sans grand succès de ma part, juste un autre échec que je pouvais ajouter à mon palmarès. J’aurais surement dû, à ce moment-là, connecter le peu de neurones en ma possession pour me dire que non, tout n’allait pas bien dans la vie de Jade quand je n’y suis pas. Et j’aurais dû aller lui parler. Mais étais-ce là ma place ?

Je me disais, que la seule personne avec qui mon avenir était possible était Elhiya, délaissant mes sentiments de Jade. Que l’Italienne avait encore tout l’avenir devant ses yeux, et qu’il aurait été égoïste de l’encombrer d’un homme cassé, brisé. Sans douter qu’elle soit assez forte pour le supporter, ceci, plus la différence d’âge, plus le rapport d’élève à professeur… Tout cumulé, cela faisait trop. J’aurais dû lui expliquer. J’aimais Jade, vraiment. J’aimais Lhiya, tout autant, mais nous avions vécu plus de choses. C’est peut-être ça l’ironie de l’histoire, il nous avait manqué ce que j’avais eu en trop durant sept années : du temps. Et là, tous mes organes étaient contractés sur le sentier d’effluves de larmes, craignant que la harpie ait dit vrai et que ma lâcheté avait été fatale.

J’étais presque arrivé jusqu’au dortoirs. La dernière tête blonde que j’aperçois, réduit à néant mes espoirs de voir Jade sur la route se trouve être ma sœur. Peut-être la première fois que je ne prêtais pas attention à elle, la laissant me suivre : j’avais mieux à faire de toute façon. Il fallait que je m’assure que Cara était allé trop loin dans sa bêtise. C’était forcément ça, je ne voyais pas comment cela aurait pu être autrement. Parce que si ce n’était pas ça, je ne me le pardonnerais jamais.

J’arrive au bout d’un trajet interminable devant l’ouverture des dortoirs Poufsouffle. Évidemment, je connais la combinaison. Tout le personnel de Poudlard la connait. Au cas où il y ait un souci. Comme aujourd’hui en somme. Une fois à l’intérieur je faisais fit des élèves offusqués ou intrigués de me voir par ici. Plus rien n’a d’importance à part cette porte. Celle des dortoirs. Celle sur laquelle je fonce.

J’actionne la poignée. Un soupir retenu, pour essayer de me calmer. Pourquoi est-elle fermée ? Les élèves ne peuvent pas s’enfermer à clef les seuls qui peuvent les fermer sont.

Le Personnel.

Les Directeurs.

Les Directrices.

L’image bien récente d’Emily en larmes me frappe en plein cœur et une odeur que je n’avais pas remarqué me prends au trippes. Mon corps tremble, quand il n’est pas supposé le faire. Mon instinct de préservation continues de s’agiter en moi. Techniquement, si je ne rentre pas, rien ne me prouve quoi que ce soit. D’ailleurs prouver quoi à part que Cara devrait arrêter de mentir ? Absolument rien. Est-ce que j’ai du temps à perdre avec ses piques ? Absolument pas. Essayer d’échapper à toute raison c’est compliqué, parce que j’ai cette petite voix dans ma tête qui me rappel tout ce qui peut concorder avec...bref.

J’ai du mal à déverrouiller la porte, mon corps de ne me réponds plus correctement. On dirait qu’il refuse. Je lutte, contre moi, contre mes espoirs, contre l’idée que tout ceci soit vrai et maintenant, contre un foutu morceau de bois. Puis enfin, après une ou deux minutes qui me paraissent interminables, le grincement sordide de la porte me répond.

Un pas, puis deux. L’odeur pour une fois, ne dilatait pas mes pupilles mais les entourais de larmes. J’avançais doucement, refusant toujours d’y croire, malgré ce que je voyais. Les clefs sur la porte ouverte avaient perdu toute mon attention, la pièce s’écroulait autour de moi. Je ne voyais plus qu’elle.

Impossible de prononcer un mot, ma gorge était trop nouée. J’approchais, toujours plus, avant de m’effondrer à côté d’elle, les genoux dans le peu de sang tombé au sol. Impossible de retenir l’eau sur mes joues, la bouche entrouverte. Mon cœur semblait hésiter entre fondre et exploser. Les entrailles douloureuses et le corps endoloris. Il restait une possibilité, celle que je sois dans un cauchemars. Mais mes terreurs nocturnes n’avaient rien de semblables à ce que je vis. Quelque part, elles sont moins terribles.

Je ne savais où poser les yeux. La lame qui me faisait détester la couleur de ma maison ? Ses bras, qui à l’instar de mon âme étaient déchirés ? Insupportable vision. Ma bouche entrouverte tremblait, seul le choc m’empêchais de fondre. J’avais envie d’hurler, de crier, d’attaquer tout ce qui pouvait être à ma portée. Mais je me sentais comme, immobilisé, par des chaînes attachées à ses yeux rougit de larmes. Par la chaleur de son corps qui semblait la quitter chaque seconde. Fondu au sol, lié par les traces rougeâtres de mon pantalon. La méduse avait mis du temps, mais j’étais finalement transformé en pierre.

Mon cerveau fonctionnait à toute vitesse, mais dans le vide. Impossible de se focaliser sur une seule chose. Comment cela a pu aller aussi vite ? Hier je donnais cours, aujourd’hui… Impossible de le prononcer, même en pensée. Je n’y arrivais tout simplement pas. Les évènements des derniers jours tournaient dans mon esprit sans que je puisse les arrêter. Qu’est-ce que j’avais fait ? Comment j’aurais dû faire ?

Impossible.

C’est le seul mot qui apparaissait. Impossible de réagir, impossible de réfléchir, impossible que ce soit arrivé, impossible que ce soit réel. Je n’arrivais pas à m’y faire. Elle était supposée m’engueuler d’avoir cru l’autre. Et là je devais réaliser que je n’entendrais plus jamais le son de sa voix. Les intonations particulières de son accent. Impossible.

Mon prénom prononcé doucement par ma sœur sembla me faire reprendre contact avec la réalité. C’est pire. Mon cœur s’exprimait enfin lorsque j’éclata en sanglot auprès du corps sans vie de l’adolescente que j’avais aimé. Ma main rejoignit la sienne sur les draps imbibés de… d’elle... Peu importe si je me tâchais. Quelques minutes durant lesquelles la douleur de l’âme s’exprimait comme jamais auparavant. La réalisation était violente.

Mon instinct me suppliait de ne plus ressentir ça. Remarquer sa pâleur me retourne encore plus les entrailles. L’odeur devient insupportable. L’esprit n’arrive plus à tenir le choc. Je voulais partir, n’arrivant plus à tenir face à ça. Comment faire disparaître cette douleur ? Comment m’en séparer ? Je ne souhaite plus sentir quoi que ce soit. Je me relève et prends la seule solution que j’ai pour me débarrasser de ça immédiatement.

Le bruit du sang sur mes genoux se séparant du sol finis de m’achever. Je tombe au sol, pattes les premières. Le chemin est flou, long et interminable. Je veux juste partir, je ne fais même plus attention à ce qui m’entoure. J’avais lu que les animaux ne pouvaient pas pleurer, alors je suppose que les larmes qui coulaient n’étaient que le résultat de celles qu’il restait à l’humain que j’abandonnais.

Encore quelques minutes de contrôle. Jusqu’à la Forêt. Le Léopard de l’Amour venait de perdre l’un des siens. La vie animale lui ferait oublier ça. Je délaissais mon humanité, l’animal prenait contrôle. Peu importe les créatures à proximité, la fureur féline se défoulait. La peine humaine disparaissait. L’humain tout court disparaissait.

Et il en resterait ainsi, autant de temps que nécessaire.

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Point de vue : Calypso Daiklan, 12ans. Maison : Inconnue

Je l’avais suivi jusque dans le dortoir lui emboitant le pas sans laisser le temps aux portes de se refermer. Mais y’en avait-il besoin ? Il n’avait même pas pu fermer la porte. Je ne comprenais pas ce qu’il se passais. Tout ce que je sais, c’est qu’il fallait empêcher les gens d’entrer, ce que je fis. Au bout de plusieurs minutes, j’ai prononcé son prénom. Il réagit. Pas comme je l’aurait voulu, avant de disparaître. J’aurais voulu aider grand-frère, mais impossible.

Je ferme la porte, me disant que si elle était fermée ce n’est pas pour rien. Aller à son appartement – dont j’avais les clefs -  et les déposer. Je n’avais pas bien compris ce qu’il venait de se passer. Peut-être, que quand grand frère reviendra il m’expliquera. Je l’espère en tout cas.

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