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Harry Potter 2005 :: ~¤~ Londres ~¤~ :: Chemin de Traverse
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Explore le chemin de traverse
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Nela Hamilton
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Re: Explore le chemin de traverse

Message par : Nela Hamilton, Sam 07 Mai 2016, 23:07


La jeune fille était folle de rage, cela se voyer très bien sur son visage , ce qui la rendais étonnement plus jolie et mâture

"Eh toi ! Nela ! Reviens ici ! Qu'est ce que tu as dis à propos de ma mère ?"

elle se retourna immédiatement un sourire narquois aux lèvre" tu à très bien entendue AVA " dit t'elle en insistant sur son nom " navrais de t'avoir appris que ton père n'était qu'un de ses mecs de passage , j'espère que tu ne deviendra pas comme ta mère ! "

elle se regarda dans une vitrine afin de se coiffer comme si de rien était et rentra dans le Chaudron Baveur, un fort sentiment s'empara d'elle , elle ne savais pas ce qu'elle avait , un énorme mal de crâne s'ajouter à se sentiment , il fallait qu'elle se repose , ce qu'elle fut de suite

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Dernière édition par Nela Hamilton le Dim 08 Mai 2016, 00:00, édité 1 fois
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Ava Hamilton
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Re: Explore le chemin de traverse

Message par : Ava Hamilton, Sam 07 Mai 2016, 23:11


Elle se retourna et lui sourit. On pouvait lire du mépris dans ses yeux, mais tout aussi bien dans sa voix, emplie de sarcasme. Ava connaissait le sarcasme elle savait le manier et c'est pour cette raison qu'elle n'aimait pas qu'on l'utilise contre elle.

"tu à très bien entendue AVA, navrais de t'avoir appris que ton père n'était qu'un de ses mecs de passage , j'espère que tu ne deviendra pas comme ta mère ! "

Nela profita d'une vitrine pour se recoiffer, qu'elle petite princesse ! Puis entra dans le Chaudron Baveur. Elle avait vraiment du culot celle la. Elle venait l'accoster, puis lui parler comme à une moins que rien, pour enfin la laisser en plan comme une vulgaire chaussette, après l'avoir frappée et humiliée devant une foule de personne. Certes elle avait fait de même en lui tirant les cheveux mais son geste n'était pas calculé contrairement à celui de Nela. Ava était maintenant intriguée et voulait en savoir plus elle décida donc de la suivre pour en savoir plus.

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Shae L. Keats
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Re: Explore le chemin de traverse

Message par : Shae L. Keats, Lun 13 Juin 2016, 02:08


RP with Jade Wilder
Musique



Espoir, envie d'aller mieux,
Malgré ce que tu montres,
Ce que tu laisses paraître.
L'homme sombre aux passe-temps peu nets,
Que l'on trouve ivre mort à pas d'heure,
Dans les rues d'un village où il ne pleut que dans sa tête.
Ivre mort.
Danse solitaire.
D'un arrière goût amer.
Te laisser porter, par le biais d'une autre.
Pilule ou sensations,
Du pareil au même,
Toutes deux t’entraînent,
Vers le haut, l'ailleurs,
Pays doux, aux bras protecteurs,
Dans lesquels tu te laisses aller.


L'espoir,
Une envie de mieux,
Une crainte de pire.
Qui l'air de rien nous mine.
Se permettre d'être heureux,
S'autoriser à se lâcher, pour un temps, à jamais.
À être soi-même.
Aux yeux de tous, faire taire ces foutues questions,
Ces p*tains de voix qui plombent.
Parce qu'on a le droit d'être heureux.
Parce que tu as le droit d'être heureux Keats, même si tu sembles l'avoir oublié.
Maladroit comme tu es.
Tu te dois de supporter.
Ces sensations amplifiées,
Cette perte d'équilibre sur le fil de la santé.
Une main tendue dans l'ombre, il ne te suffirait pourtant pas de grand chose.
Qui tire à la lumière,
Balaye le bordel de ta tête,
Rééquilibre le tout d'une phrase, une image.
Une main semblable, et pourtant si opposée.
Voltige.
Sans filet pour toi.
Si ce n'est une,
Les pilules, qui te foutent en l'air,
Plutôt que sous terre.

Même aujourd'hui tu n'as pas su résister.
Les oiseaux chantent, le soleil brille,
Mais toi même tu n'es pas vraiment là.
Tu parcours l'allée, te posant des questions diverses,
Qui n'ont pas forcément lieu d'être.
Peut-on vivre sans amour ?
Peut-être que non, mais toi tu peux vivre sans aimer.
Ou plutôt, sans l'impression d'être aimé. Tu t’accommodes.
Mais tu t'attaches, aux gens, aux âmes.
Un tout qui s'entrelace, forme un pâle reflet du bonheur auquel tu n'as encore jamais pu t'abandonner.


Jour important pour toi, 16 ans déjà.
Retour aux sources, pas encore près à revoir ton père.
Mais tu flânes, chez les sorciers pour l'instant,
Tu verras ensuite si tu as le courage de t'en aller voguer chez les moldus.
Pour le moment tu n'es pas prêt.
Alors tu déambules, dans cette rues connue de toute, avant de tourner à un angle de rue,
T'enfoncer dans une allée, ni étroite, ni sombre.
Spacieuse et lumineuse.
Et là tu le vois,
Le banc,
La quiétude.
Tu ne fais pas bien attention au reste de la rue,
À la femme qui parait à l'autre extrémité.
Pour l'instant tu t'assoies, te laisses porter par la trace de la douce euphorie qui commence à quitter ton crâne.
Tu écoutes, tu sens, ressens, mais tu n'observes pas.
Observer c'est voir avec attention,
Se connecter à la réalité,
Et pour l'instant tu ne veux pas.
Attendre de voir ce que tu pourras observer.
Ecouter.





Dernière édition par Leo Keats le Lun 15 Aoû 2016, 00:47, édité 2 fois
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Jade Wilder
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Re: Explore le chemin de traverse

Message par : Jade Wilder, Dim 26 Juin 2016, 21:12


~ Musique


Les meilleurs moments d'une journée. Un, deux, trois.
Trois moments capturés, à se remémorer le soir venu, aideraient-ils vraiment à aller mieux ? Difficile d'y croire lorsqu'une journée n'est même pas composée de jolies scène à garder. Les journées se ressemblaient, moins qu'en hiver le temps était moins figé. L'été avait un doux parfum de renouveau et d'espoir. Jade voulait y croire. Bientôt, l'Italie serait de nouveau son berceau. Elle pourrait retrouver le véritable parfum du Sud, mélange d'agrumes plus doux les uns que les autres. Ça ne serait que temporaire. Une semaine loin de tout, de ce monde qui lui était encore tellement étranger, loin des regards, des doutes et des peurs. Tout irait mieux, une fois en Italie. Philosophie au lever du lit, pour combien de temps ?

Week-end de liberté, week-end à Londres pour chercher, une fois encore, celui qu'elle voulait à tout prix trouver. Tout était de sa faute, au clown. Il était celui qui avait taillé Jade pour devenir l'adolescente qu'elle était aujourd'hui. Finie l'enfance, adieu les jeux, les soirs au coin du feu et les rires familiers. Tout avait été brisé un soir d'automne, saison qui se rapprochait à grand pas, date fatidique qui hante tout un esprit et l'empêcher de raisonner correctement. Seulement, ses recherches s'étaient avérées vaines. Toute une journée perdue, pour rien. Cela aurait dû énerver Jade. Lui donner une raison suffisante pour piquer quelconque crise de colère sur le premier venu, son oncle si possible. Et c'était prévu. C'est comme ça que les choses auraient dû se dérouler, point. Alors pourquoi les imprévus arrivent toujours lorsqu'on s'y attends le moins ? Pourquoi quand tout semble si fixe et figé, une nouvelle dingue nous tombe dessus ? Ça n'aurait pas dû se passer comme ça, pourtant c'était arrivé.

Trois moments dans une journée. Un, deux, trois.

Un. Elle avait déjeuné chez son frère. Ça n'arrivait pas souvent, surtout depuis le cours de Divination. Depuis ce fameux cours, elle s'était renfermée sur elle-même pour ne pas avoir à leur dire ce qu'elle était devenue. Une poupée de chiffon, incapable de marcher, l'esprit presque aussi invalide que ses jambes. Mais elle était guérie désormais et tentait de revenir, d'être de nouveau une Wilder. Mais la Jade que tout le monde connaissait n'était qu'un puzzle depuis ses 7 ans. Un puzzle dont il manquait des pièces mais qui ne pouvait être reconstitué. Jake et Jade ne parlaient jamais de leurs parents, c'était encore trop difficile. Après tant d'années, la douleur n'avait pas disparu, elle était toujours là, profondément ancrée, prête à surgir dès la moindre occasion. Dès la moindre dispute. Les mots qui font mal, c'était ceux là. Attaquer avant d'être attaquée, Jade avait pris ce réflexe malgré l'attachement, l'amour, qu'elle ressentait pour son aîné. Leur relation était un yoyo qui sans cesse choisissait pour eux ce qui se produirait. S'aimer ou se déchirer, ils ne savaient plus trop. Mais pour une fois, juste une fois elle n'avait pas attaqué. Lui l'avait fait à sa place et un nom était ressortit. Un nom qui résonnait dans la tête de l'adolescente mais qui aussi, plantait des couteaux dans son coeur. Un nom qu'elle avait voulu oublier, un nom qui l'avait abandonné. Un autre nom en J. Le nom qui fait mal, mais le nom qui soulage. Une pièce de puzzle avait été ajoutée à son être entier.

La dispute s'était calmée, elles ne duraient jamais longtemps en fin de compte. Était-ce normal de se déchirer autant entre frère et soeur ? Jade voulait croire que oui, qu'ils étaient normaux. Car après tout, n'avaient-il pas le droit de souffrir, d'être marqués au fer rouge, à vie ? Il n'y avait de toute façon personne pour les juger, à quoi bon donc se poser la question ? Le repas s'était alors déroulé comme tous les autres, comme si la dispute n'avait jamais eu lieu, comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes. Même plus qu'à trois, les Wilder étaient forts et se soutenaient quoi qu'il arrive. Oubliée la dispute, oublié le nom ou du moins mis de côté. Et la journée pouvait ainsi continuer, loin de la famille et près, bien trop près des vérités qui blessent. Elle recherchait l'assassin et ne se lasserait jamais de cette recherche. Qu'importe les murs qui se présentaient devant elle, Jade était têtue et déterminée. Cela faisait bien trop longtemps qu'elle s'était réfugiée dans un cocon protecteur dans lequel elle pouvait s'évader de nombreuses heures durant. Mais ça ne durait pas éternellement, elle finissait toujours par se rappeler à quel point elle était seule. Même avec Jake, même avec Jasmine. Elle était la seule qui se rappelait de tout, des moindres détails cette nuit là. C'était elle qui avait vu le clown, qui l'avait payé de sa chair et de son sang. Et elle qui portait un poids plus lourd qu'elle sur les épaules. C'était plus difficile chaque jour et il était temps d'y mettre fin. Retrouver celui qui avait tout brisé pour qu'elle puisse enfin se venger. Idée folle qui ne faisait pas partie de ses habitudes, mais les temps changent, les gens aussi. Il était temps.

Mais comment continuer, quand toutes les pistes mènent à des culs de sac ? Comment espérer, alors que ses tentatives finissaient par échouer ? Quelques semaines auparavant, elle avait réussit à approcher quelqu'un. Quelqu'un qui aurait pu la mener au clown. Mais le Destin l'avait appelée ailleurs et depuis.. plus rien. Le noir, le vide, le néant. Rien. Juste ses recherches et ses doutes, sa détermination qui jamais ne faiblirait tant qu'elle n'aurait pas réussit.

Pour ce jour, Jade renonçait. Les examens approchaient à grands pas et malgré sa détermination, elle ne pouvait pas faire ce qu'elle voulait. Chasser le clown était une des choses les plus importantes qu'elle avait à faire. Mais si il avait brisé son avenir une fois, il était hors de question que l'assassin recommence. Indirectement, en le cherchant, Jade pouvait négliger ses études et rompre une promesse qu'elle s'était longtemps faite. Celle de réussir. De prouver à toutes les voix autour d'elle, qui ne cessaient de dire "Pauvre enfant" et "Elle n'ira pas loin sans ses parents", leur prouver qu'elles avaient tort. Et qu'elle s'en sortirait, peu importe ce qu'elle devrait faire pour ça. Elle allait y arriver. Et si cela devait retarder ses recherches.. eh bien tant pis, ça les retarderait.

Deux. Une deuxième famille, pourtant tellement étrangère aux yeux de Jade. Son oncle, sa tante, ses cousins et cousines. Un seul ennemi parmi eux mais ce seul adversaire avait toujours réussit à la faire se sentir étrangère. Pourtant l'Italienne avait promis, elle irait les voir un après-midi. Promesse tenue, puisqu'elle avait encore du temps avant de rentrer travailler. Un seul espoir, que son oncle soit absent, histoire qu'elle puisse être tranquille avec Sofia et ses cousins/cousines. Son absence était rare, mais il semblerait que ce jour là, Jade ait de la chance. Le père de famille était bel et bien absent, ce qui permit à la jeune fille de ne pas penser à l'affrontement toutes les secondes, comme c'était le cas dès que les deux étaient réunis dans une même pièce. Mieux encore, Sofia ne souhaitait pas sa présence pour rien. Les retrouvailles avec les petits avaient donné comme une bouffée d'air frais à la blondinette. Eux, étaient des Wilder. Ils en portaient non seulement le nom, mais aussi le caractère. Le temps semblait s'écouler différemment dans le manoir de Londres, comme figé par les jeux et les rires qui ici résonnaient encore, où une famille était au complet et où bientôt, un petit être les rejoindrait. C'est avec un grand sourire que la tante de Jade lui avait annoncé la bonne nouvelle. Une petite fille. Renouveau.

Quitter le manoir paraissait difficile après cette nouvelle, pourtant l'arrivée de son oncle avait changé l'ambiance. Voilà, terminé, elle était de nouveau étrangère à cette famille là aussi. Quelques mots froids échangés, qui aurait pu croire qu'ils étaient parents sans les connaitre ? Suite à cette arrivée, Jade ne tarda pas à s'enfuir comme elle aimait tant le faire. Affronter les problèmes ne valait pas le coup. Pas avec lui. Lui n'en valait pas le coup.

Trois moments dans une journée. Trois instants de pur bonheur.
Un simple déjeuner avec ceux qu'elle aimait tant, un souvenir ramené à la vie comme par enchantement qui pourtant, ne faisait plus aussi mal qu'avant. Qui au contraire, lui donnait du baume au coeur parce-que bordel, l'espoir ça existait encore n'est-ce pas ?
L'annonce d'une arrivée prochaine, d'un petit être fragile qui n'a encore aucune idée du monde qui l'attend, mais qui dans une famille aimante, vivrait heureux.

Deux moments que Jade pouvait garder, conserver dans sa mémoire et se dire "Ah, c'était une bonne journée parce-que.." jusqu'à ce que ça rentre bien dans son esprit et qu'elle puisse continuer. Le bonheur des autres était son moteur. Le sien n'était qu'optionnel. Mais lorsqu'il décidait de se manifester, par ces petits moments de bien-être.. tout semblait encore possible. Mais, minute, où est le dernier ? Trois moments, pas deux ! Cherchant vainement un troisième à garder, l'Italienne avait le sentiment que ne pas le trouver ruinerait tout le plan. Il en fallait trois, pas deux, insensé bon sang. Tant pis, plus le temps de récolter des moments. La fin d'après-midi était là, il ne lui restait plus longtemps à flâner avant de devoir rentrer. Un retour à la réalité bien difficile à accepter. Acheter des bouquins sur le Chemin de Traverse paraissait tellement dérisoire désormais.. Pourtant, penser à l'avenir était tout aussi important que fixer des moments présents. Peut-être y trouverait-elle son troisième après tout ?


****


~ Musique


Le temps passe tellement vite parfois. Jade ne s'en rendait pas toujours compte avec son train de vie qu'elle voulait chargé. Prendre du temps pour elle était une chose rare, voire quasi-inexistante. La vie est trop courte pour perdre du temps inutilement, voilà ce qu'elle se disait chaque jour et se répèterait encore et encore. Mais alors qu'elle aurait d'ores et déjà dû rentrer, elle trainait, là dans les allées du Chemin de Traverse. Une des choses qu'elle appréciait pendant l'été, c'était qu'il fasse jour jusque tard le soir. Petit détail qui s'avérait peut-être sans importance pour la plupart des gens, mais pas pour l'Italienne. Une ambiance particulière régnait à cette heure précise de la journée, comme si le temps s'était arrêté entre jour et nuit. Comme si plus rien n'existait autour et que les sensations du monde environnant étaient perçues au centuple. Un peu comme l'Aube en fait mais ça n'était pas la même ambiance. L'aube était signe de renaissance et d'éveil après des nuits parfois étranges par leur particularité. Ce moment dont elle profitait à cet instant était unique, suspendu dans un temps incertain. Des lueurs orangées parcouraient les rues, mouvaient les ombres dans une danse flamboyante. A cette heure-ci, l'adolescente n'était pratiquement jamais dehors. Alors pour cette fois, elle profitait du moment. Laissait ses pensées vagabonder dans ce monde qui semblait si détaché de ce monde cruel qu'elle avait pu connaitre.

Comme une enfant, elle écoutait les bruits qui l'entouraient, se laissait porter par leur symphonie perpétuelle. Et elle souriait. Sans raison exacte, juste parce-qu'elle en avait envie pour une fois. Plus de contrainte, juste.. elle, et tout autour un monde qui se voulait plus rassurant, cocon factice qui ne durerait pas, laissant place d'ici quelques heures à la véritable nuit noire d'été.

Dans cette atmosphère, la blondinette laissait son esprit vagabonder, relativiser. Parfois, elle avait ce genre de moment où elle se ressourçait tout simplement. Où son esprit de faire une pause et de reprendre un souffle de vie. Tout lui était apparut si noir ces derniers temps. Non, ces derniers mois. Avait-elle été véritablement heureuse depuis son départ d'Italie ? Elle n'en était même pas sûre. Joyeuse peut-être, mais véritablement heureuse, mieux valait ne pas trop s'avancer à ce propos. Même à cet instant elle ne l'était pas. En revanche, la journée lui avait fait un bien fou. Penser à ces deux choses, ces deux moments, lui donnait du baume au coeur. Bientôt, une nouvelle bouille naitrait dans ce monde. Il faudrait la protéger, lui montrer les plus belles choses et la préserver des plus horribles. Pourquoi vouloir s'attacher autant à un enfant à naitre ? Peut-être remplacerait-il le "J" manquant ? Ridicule, une personne n'en remplace pas une autre. Mais c'est le cycle de la vie. Quelqu'un meurt, mais d'autres naissent aux quatre coins du monde, apportant renouveau et espoir. Pour une fois, Jade voulait croire au renouveau. Croire en un avenir qu'elle n'arrivait plus à entrevoir depuis si longtemps.

Alors elle marchait, sans but. Laissant simplement son esprit s'imprégner d'un espoir qu'elle avait toujours tant espéré en secret. Cela ne changerait pas tout. Qu'elle le veuille ou non, l'adolescente se savait à part de tous les autres. Pas parce-qu'elle était exceptionnelle au contraire, mais parce-qu'elle finirait par affronter son passé. Et que celui-ci risquait de la tuer. De terminer le travail commencé 9 ans plus tôt. On ne peut jamais savoir à l'avance si le bonheur, le vrai, finira un jour par nous atteindre. La seule chose à faire était profiter du moment présent et faire son possible pour que l'avenir soit meilleur. Et peut-être, qui sait, attirer l'attention de ce bonheur ? Récolter au fil des jours ces petites parcelles de bonheur qui composent nos vies. Ces trois moments par jour à énumérer pour se les rappeler éternellement. Ne rien oublier de ces tous petits fragments laissés par Mr Bonheur partout dans nos vies. Et vivre avec ce que ça pouvait apporter de meilleur. Une philosophie que l'Italienne avait bien du mal à adopter. Qui sait combien de temps cela allait durer, mais pour une fois croire en l'avenir était envisageable. L'aube d'une naissance lui donnait envie d'y croire et illusion temporaire ou pas.. c'était incroyable.

Plongée dans un moment n'appartenant qu'à elle, Jade ne faisait pas attention à ses pas. Légère comme la brise qui parcourait les allées un peu plus reculées de l'endroit, elle se laissait porter par le temps, par la vie et ses moments de bonheur. Elle rentrerait oui, bien sûr. Mais seulement lorsque ses pas en auraient décidé ainsi. Ou que la nuit aurait pris la place de cette orée magique.

Rien ne pouvait y faire barrage. Aucun obstacle, mental ou physique. A part peut-être une présence, là-bas, au bout de la rue. Les lumières d'un soleil descendant faisaient paraitre une ombre humaine plutôt qu'un véritable corps à identifier, mais quelle importance ? Elle n'avait pas peur, comme si rien ne pouvait lui arriver. La quiétude qui l'habitait semblait ne plus vouloir la quitter désormais. Alors la blondinette avançait sans accélérer le pas ou faire demi-tour, ce qu'elle aurait fait habituellement. Au contraire même, elle ferma les paupières l'espace de quelques instants comme pour visualiser de nouveau ces moments. Ce n'est qu'en les rouvrant, plus près de la présence, que la demoiselle finit par reconnaitre la personne qui formait l'ombre. Visage qu'elle n'oublierait sans doute pas facilement. Leo Keats, directeur de Gryffondor et d'après ce qu'elle avait vu.. larbin de McKinley. Hm.. difficile de penser de cette manière avec son humeur doucereuse, ne laissant place qu'à l'aspect paisible des choses. Elle préférait voir le meilleur. Et justement, Keats l'avait aidée ce jour là. Il l'avait rabaissée, forcée inconsciemment à exprimer des émotions qu'elle préférait garder. Mais il avait ensuite fait en sorte qu'elle puisse rejoindre le cours à temps, puis entrer dans la salle de cours malgré les intentions du professeur de Défense contre les Forces du Mal. Malgré toute la rancoeur qu'elle pouvait parfois exprimer, Jade ne pouvait haïr cet homme. A quoi bon, désormais ? Aucune raison. Son combat contre McKinley n'avait pas à impliquer d'autres personnes. Mais que faisait-il là au juste, ce Keats ? Il semblait étrange, comme elle-même devait l'être. Était-il lui aussi transporté par cette ambiance si particulière d'une fin d'après-midi ? Peu probable, mais qui sait, on ne connait jamais réellement les gens qu'on côtoie. Et en l'occurrence, elle n'avait parlé qu'une seule fois au directeur de Gryffondor. A bas les premières impressions. Elle avait envie de prendre le temps pour chaque chose. Juste maintenant, juste pour cette heure particulière rythmée par une mélodie que peu pouvaient vraiment comprendre.

Guidée par des pas presque inconnus, contrôlant un corps qui pourtant lui appartenait, l'adolescente s'avança jusqu'au banc où le rouge était assis. Non, elle n'allait pas s'y asseoir. Du moins, pas directement. Malgré son état presque inconscient, la demoiselle n'en oubliait pas ses principes pour autant. Un léger sourire en coin adressé au Keats alors qu'elle s'adossait finalement au mur en face du banc. En face de lui. Elle aurait dû le haïr, comme elle avait l'habitude de le faire quand elle avait été blessée par quelqu'un. Pourtant, sans justification, elle n'en avait aucunement la possibilité. Peu importait, à présent.

- Je ne vous.. croyais pas du genre à profiter du pae.. paysage..

Légère ironie. En revanche, elle avait fait attention à ses mots. Son anglais s'améliorait de jour en jour, et même si elle avait décidé de laisser de côté les critiques du brun lors de leur rencontre dans la bibliothèque, la demoiselle n'oubliait jamais rien. Elle apprenait de tout, chaque chose, chaque expérience était un apprentissage de tous les jours. Y compris les dialogues qu'elle avait tant de mal à amorcer, quelle que soit la personne en face. Elle n'avait pas choisit la plus facile, soyons clairs, mais au final elle n'avait même pas choisi qui que soit.

- Un.. besoin d'air frais ?

Ça ne la regardait pas. Mais qu'importe, quitte à faire la conversation autant foncer dans le tas. Si il l'envoyait bouler elle partirait et puis c'est tout. Ce soir là, elle ne voulait pas se prendre la tête pour une chose aussi futile que le caractère imprévisible d'un gryffy. Même si il était directeur à Poudlard et qu'il pourrait lui mettre des bâtons dans les roues si il le voulait. Ce soir là, elle n'avait qu'une pensée en tête: laisser les choses venir telles qu'elles le devaient. Rien de plus, rien de moins.
Trois.
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Re: Explore le chemin de traverse

Message par : Shae L. Keats, Lun 27 Juin 2016, 03:26





Tu laisses les bruits t'emporter.
Les passants s'évader.
Comme un vieux film qui défile devant tes yeux,
Toujours les mêmes gens étranges qui se pressent,
Courant après un éphémère, qui dans tous les cas leur échappera.
Mais toi, tu n'es pas de ceux-là.
Tu as déjà compris que courir ne servirait à rien.
Tu ne pourchasses pas la vie.
Tu attends que les choses t'arrivent, dans ton ailleurs salvateur.
Tu contemples plus que tu ne vis.
Mais tu espères toujours, c'est ce qui fait ta différence.
L'autre jour, dans la forêt,
Tu l'as vue, la lumière qui continuait de brûler, coûte que coûte.
Et désormais tu sais que,
Le jour où une chose qui en vaille la peine se présentera à toi,
Tu pourras reprendre la lutte, t'accrocher, même si ce ne sera sûrement pas évident.
Tu. Ne. Veux. Plus. Perdre. Pieds.
Tu veux t'éloigner de ce que tu as vu dans cette forêt.
Tu veux écarter cet imbécile qui n'a même pas pu reconnaître son protégé tant il planait.
Tu as suffisamment d'espoir pour lutter.
Il ne te manque plus qu'une cause à laquelle t'accrocher.
Et une main pour te rattraper.
T'empêcher de danser.

Mais pour l'instant, tu n'y songes pas.
Tu te laisses aller, couler.
Dans ce court instant où les secondes s'étendent en minutes, en heures,
Ce moment hors du temps où le jour et la nuit se disputent le ciel.
Où leurs teintes tendent à n'en former plus qu'une. S'entremêlent.
Tout est comme une gorgée d'hydromel.
Une légère trace de miel, de douceur,
Qui s'éprend du monde pour un instant.
Une couleur.
Une lueur.
Un phare.
Qui guiderait ta barque,
Vers des eaux plus calmes,
Qui se pâment dans l'onde d'un reflet duveteux,
Là où ciel et mer ne font qu'un.
Où se trace timidement ton chemin.
Pour demain.


Tu dessines sur les murs de la ruelle des hommes ombragés,
Qui se meuvent dans le crépuscule,
Trace des passants de la journée,
Seul à les voir apparemment,
Présent, Passé.
T'as dû forcer cette fois.
Tu ne planes plus vraiment,
Mais tu ne sais pas si c'est l'intensité du moment,
Ou une redescente un peu plus compliquée,
Mais tu penses un peu éloigné,
Tu ne te sens pas agressé,
Comme cette fois protégé derrière ta peau.
Chaque mot n'est plus un coup de couteau.
Alors tu n'es plus dans l'attaque.
Pas pour aujourd'hui du moins.
Tu te laisses porter.
Léger.
Allégresse.

Deux, trois plop sur les pavés, tu tournes un peu la tête.
Une alouette, au pas léger,
Tu reviens un peu à la réalité.
Et alors que les gens qui continue de déambuler,
De passer,
Tu vois bien que tu n'es pas le seul à nager dans l'instant.
Parce qu'elle n'a pas l'air écrasée sous son poids contre le sol par la gravité.
Non.
Elle semble plutôt flotter,
Effleurer les pavés.
Un sourire en coin qui te semble adressé,
Tu y réponds aussi, d'un signe de tête, pas réfléchi cette fois.
Tu t'en moque de la cordialité.
Non, juste impulsif, automatique.
Et tu ne la quittes pas des yeux. C'est étrange, elle a l'air elle aussi un peu étrange,
Dans sa torpeur, surement très différente de la tienne,
Mais peut-être pas moins plaisante.
Chacun voit midi à sa porte après tout.
Un instant, un temps, de fin de journée,
À cette heure où l'on ne sait plus choisir entre Bonjour et Bonsoir,
Où les temps se mélangent,
Où on est écartelés,
Un pied de chaque côté,
Soleil ou lune.
Choisir.
Tu crains d'ordinaire cet instant,
L'arrivée de la nuit,
Qui te trouvera encore une fois seul.
Mais ce soir tu n'as pas peur.
La voix t'as quitté, tu n'as plus à la craindre.
Tout ce à quoi tu devais faire face une fois la nuit tombée,
La crainte,
Les doutes,
La bête,
La peur,
Le terreur,
La "ça",
Tout cela n'a plu lieu d'être,
Tu les as dominés une fois, tu as repris les rênes.
Alors hors de question de les laisser encore t'écraser.
Si elle repointe le bout de son museau noirceur.
Tu te réveilleras.
Plus jamais ça.

Alors tu suis la jeune femme des yeux,
Alors qu'elle s'appuie sur le mur qui te fait face.
Elle est jolie dans son rêve.
Elle semble être la seule autour de toi a avoir saisi qu'il ne servait à rien de courir.
Pas en cet instant.
Parce que le temps se dilapide pour une seconde,
Il laisse traîner des secondes, que l'on tente d'attraper du bout des doigts,
Sans jamais y arriver,
Toujours cette foutue envie d'éphémère.
Laisse toi aller,
Complètement Keats.
Les Horloges ont cessé de faire Tic-Tac.
Les oiseaux ont cessé leur croac,
Ils piaillent maintenant,
C'est beau et doux.
Et toi tu soupires,
Te glisse dans ton corps,
Même si tu planes encore un peu.
Tu reviens là,
Dans la ruelle,
Et tu observes,
Avec attention cette fois,
La jeune femme qui te fait face,
Tu cherches, doucement, où tu as pu la croiser au château, dans quel contexte.
Mais plus tu goûtes à cette évasion, plus ta mémoire a tendance à s'étioler.
Alors tu cherches, vite,
Et tu retrouves.
La bibliothèque, l'élève que martyrisait McKinley.
Sur qui tu t'es acharné, mal luné.
Tu soupires, ce que tu peux être con parfois, tu ne le reconnais pas,
Façade avant tout lorsqu'elle peut être préserver,
Mais tu te blâmes sans arrêt de ton comportement.

- Je ne vous.. croyais pas du genre à profiter du pae.. paysage..

Esquisse de sourire rapide, fugace. T'as pas envie d'être une enflure. Pas cette fois.
Parce que tu profite de cet instant d'éternité,
Et que t'as pas envie de gâcher tout cela en te blindant.
Laisse tomber la façade. Pour une seconde.
Et pourtant si, tu profites du paysage,
Tu observes les gens vivre,
Avancer,
Et t'arrêtes de tanguer,
Sur ton banc ancré dans le sol.
T'en as un peu marre de trébucher,
De t'éloigner.
Alors oui, tu profites du paysage, que ce soit ton genre ou non.
Peu importe.
À tu déjà seulement eu un genre ?
Au diable les boites.
Tu les emmerdes.
Tellement fort.

-   Un.. besoin d'air frais ?

Cette fois il est bien là,
Tu le sens étirer tes lèvres,
Presque malgré toi,
Un léger sourire, sincère.
La question t'amuse, tentative maladroite d'établir un dialogue.
Il faut dire que vu ton comportement de la dernière fois...
Tu admires déjà le courage de la jeune femme.
Tu l'as rabaissée après tout.
Mais elle vient te parler,
Comme si de rien était,
Alors que tu végètes sur un banc insignifiant.
Que la nuit amorce doucement sa chute,
Que tu planes un peu aussi.
Alors non, tu ne remets pas ta façade.
Parce que c'est l'été.
Les oiseaux chantent.
Le brise est porteuse de fraîcheur.
Tu n'enverras pas valser la jeune femme.
Tu n'en as pas l'envie.
Inexplicablement.
Souris Keats, souris.

- Ça doit sûrement être ça. Je suis peut-être humain dans le fond.  

Sourire plus appuyé,
Tu sais bien ce qui se dit sur toi parmi les élèves,
Les rumeurs qui courent,
Les mots qui se propagent.
Et ça t'atteint sûrement plus que tu ne veux bien l'admettre.
Coureur, tombeur, sans cœur.
Sadique. Celui là, tu y tiens.
Une réputation qui te plait, on te respecte déjà un minimum.
Alors oui, la fin de ta phrase pue l'ironie.
Tu ne t'en caches pas.
Sourire un peu moins franche.
Mais là tout de même.
Parce que c'est la fin de ta journée.
Et qu'enfin un élément vient l'interrompre,
Perturber son cours.

- N'hésitez pas à vous asseoir si l'envie vous prend, Miss... ? Je crains avoir oublié votre nom...

Nouveau soupir,
Il est temps que tu règles ce soucis,
Cette mémoire rongée par petite bouts.
Tu ne sais pas d'où cela vient,
Mais c'est bien là.
Alors tu continues d'observer la jeune femme.
Tu lui dois un truc.
Tu n'sais pas si c'est l'ambiance de cette instant,
Ton ego et ton orgueil qui retombent,
Ou ta pilule plus forte que d'habitude,
Mais voilà que les mots t'échappent,
Que tu te surprends toi même.

- Je profite de vous voir pour vous présenter mes excuses concernant... notre dernière entrevue.
Mon comportement était plus qu’inapproprié.


C'est l'été.
Fin de Journée.
Sur les pavés.

 
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Re: Explore le chemin de traverse

Message par : Jade Wilder, Dim 24 Juil 2016, 01:28




Une vie n'est pas qu'une simple étendue à ponctuer par nos choix, mais bien plus que cela. Une vie, c'est un show quotidien, où nos actions s'entremêlent à celles des autres, où tout peut changer d'un battement de cil ou de coeur, où chaque geste et parole doit être mûrement réfléchit pour que l'acte suivant prenne place. Et on recommence, ainsi de suite, jusqu'à sa mort.
Ce n'est pas triste. C'est beau la vie. Ce qui la compose n'est pas des plus réussis mais la vie elle-même est une chose magnifique après tout. Alors pourquoi l'ignorer sans cesse ?

Les moments comme celui que vivait Jade actuellement étaient incroyablement rares, à bien y réfléchir. Elle passait son temps, sa vie, à courir après un savoir absolu qu'elle n'aurait jamais. A espérer une vie meilleure qui ne voulait pas d'elle. Alors elle courait, ignorant les appels autour d'elle. Qu'il était difficile d'ignorer un coeur qui ne veut qu'aimer. Être autorisé à aimer. Recevoir restait encore quelque chose de bien trop étrange et inconnu pour être accepté mais.. elle s'attachait. Inexorablement, ses sentiments se développaient et ignoraient la barrière entourant un coeur trop sensible. Fragile et sans défense. Ne pas pouvoir se permettre une chose aussi naturelle était sans doute la pire des tortures pour l'Italienne.. torture qu'elle assumait sans broncher. Mais alors, pourquoi désormais, se sentait-elle si mal face ce manque. Il rongeait son masque, forgé il y a bien des années par la souffrance même. Ce douloureux sentiment de perte qu'elle refusait de connaitre de nouveau. S'attacher, c'était flirter avec la douleur.

Et lui parler, à lui, c'était pire.

S'éloigner de ce qui peut nous faire mal, voilà la bonne solution. Jade s'éloignait de chaque personne envers qui elle s'attachait. Du moins, elle essayait. Pas assez, puisque perdre celle qui lui avait tant appris avait été.. tellement douloureux. Comme un vide béant laissé là, vide qui ne voulait pas se refermer et qui fait mal, mal, mal. Alors on ignore, comme on peut et on laisse la vie s'écouler. Prendre le meilleur, même juste des instants tout simples au coeur d'une journée, pour oublier. La vie est belle. La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie.

Et malgré toutes ses bonnes intentions, Jade ne pouvait reculer, quitter cet endroit et laisser Keats à ses idées. Parce-que étrangement, elle avait l'impression de les partager. Et parce-que tout simplement, elle n'en avait pas envie. Quelque chose l'intriguait sans qu'elle ne puisse y ajouter une justification. Elle l'avait connu, cet homme, quelques années en arrière. Il n'était pas comme ça, pas comme dans cette bibliothèque. Pourtant, la demoiselle connaissait les rumeurs à son propos. Coureur de jupons, dragueur invétéré. Pourquoi ne les écoutait-elle pas, pour prendre les jambes à son coup et éviter celui dont la réputation le précédait ? Comme si écouter les rumeurs faisait partie des habitudes de la blondinette.. Ce serait mal la connaitre, après tout. Sans doute quelques rumeurs trainaient à son propos, bien qu'elle n'en entende rien. Cette fille qui changeait d'humeur plus vite que l'éclair. Qui défiait un prof en plein cours. Qui.. oh et puis zut, rien à faire.

Et même si les rumeurs à propos du directeur étaient vraies, quelle importance.. Une personne ne se résume pas une réputation. Surtout lorsque l'adolescente avait cette.. impression. La décrire était plus ou moins difficile, mais c'était principalement cette impression qui la poussait à faire la discussion. Chose pour laquelle elle n'était vraiment pas douée, mais alors pas du tout. Est-ce qu'il allait lui rire au nez ? Il aurait bien raison, tentative misérable.

Pourtant non, un sourire en retour. En temps normal, Jade serait au comble du stress, discuter n'était pas une chose des plus aisées. Pour elle, en tout cas. Mais il semblerait que cette fois, elle n'ait pas trop foiré. Moui, cela restait encore à prouver car la moquerie pouvait être cachée derrière ce sourire peu à peu étiré. Prépare toi blondie, à affronter toutes les facettes d'une personnalité inconnue. La tranquillité semblait pourtant garder son trône, autant dans l'atmosphère que dans l'esprit Italien. Pas d'anxiété, pourquoi ? Elle aurait dû stresser, craindre la réponse, la réaction. Mais non rien, tentative de foi en l'être humain. Même de sa part, à lui. Il l'avait brimée, cassée à un des pires moments qu'on puisse imaginer. Il avait vu une part d'elle qu'il ne fallait jamais montrer. Un autre possible au côté paisible. Étrange. Quoique. Les pupilles aux teintes dorées ne quittaient pas l'homme des yeux. Observant chaque détail, chaque chose qu'il était possible de retenir, parce-qu'elle agissait toujours de cette façon. Parce-que ainsi, elle se donnait l'illusion de prévoir les réactions d'autrui. Et dieu, l'avis des autres était sans doute son pire ennemi. Celui qui pouvait la propulser en avant, tout comme la rabaisser jusqu'à l'écraser. Mais pas là, là elle se sentait bien, pas en dangers, juste bien sur cette Terre aux instants figés. Et bien, même avec cette personne juste en face. En face, car elle ne pouvait s'avancer. Elle était bien, mais pas assez pour oser. Pas assez non plus, parce-que quelque chose la retenait et elle ne savait pas quoi. Sans doute pas un simple respect, ce serait trop facile. Mais quoi alors ? Aucune fichue idée.

- Ça doit sûrement être ça. Je suis peut-être humain dans le fond.

Sourire chez l'un, haussement de sourcil chez l'autre. Humain ? Bien sûr qu'il l'était. Elle n'avait jamais pensé le contraire, les monstres pour elle ne portaient qu'un masque de clown. Même McKinley n'était pas un monstre, juste un psychopathe. Ahem. Pourquoi donc alors, se qualifier tel quel ? Était-ce la façon dont il se voyait, ou la façon dont il pensait qu'elle le voyait ? Là était toute la différence, bien que dans les deux cas, cela attisait la curiosité de la blondinette. Pas de la curiosité malsaine, non, quelque chose d'autre. Ce qui la poussait, tout le temps, à vouloir aider les autres. Ou du moins, à les comprendre. Cependant cette fois, quelque chose rendait tout cela particulier. Réflexion, silence.

- N'hésitez pas à vous asseoir si l'envie vous prend, Miss... ? Je crains avoir oublié votre nom...

Regardant de nouveau le plus âgé, Jade dévia finalement son regard sur le banc. S'asseoir ? Nan, pas encore. Pas possible. Mais décliner l'invitation était plutôt impoli non ? En fait tout dépendait de la personne en face. Bref, elle se posait bien trop de questions, si bien qu'elle ne répondait même pas aux paroles de son interlocuteur. Elle réfléchissait, sans se demander si la fuite serait une bonne chose non. Mais comme si le temps n'était qu'une fine pellicule, elle avait peur de le briser. Que tout redevienne comme avant, loin de sa bulle d'éternité. Elle finirait par retomber, un jour, un instant. Il fallait s'y attendre. Tant pis, nul besoin de réfléchir à un autre monde tant qu'elle pouvait profiter de celui-là. Entrouvrant les lèvres, les paroles ne purent s'échapper à temps.

- Je profite de vous voir pour vous présenter mes excuses concernant... notre dernière entrevue.
Mon comportement était plus qu’inapproprié.


Sourcil de nouveau levé, interrogateur. Il était du genre à s'excuser lui ? Enfin, genre.. Elle utilisait trop ce terme franchement. Pourquoi donner tant d'attitude carrée à un homme qu'elle ne connaissait même pas ? Peut-être un autre réflexe de protection, elle était si bizarre parfois.. En tous les cas, la demoiselle cessa de réfléchir à une vitesse étonnante.

- Wilder. Jade Wilder, celle qui parle.. bizarrement.

Clin d'oeil presque malicieux vers le rouge. Pour une fois, ça n'était pas un reproche. Plutôt une sorte d'ironie malicieuse, si on peut dire ça comme ça. Cependant elle n'était pas du genre à laisser planer le doute, surtout lorsque excuses il y a.

- C'est oublié, sinon je ne vous aurais même pas parlé. Et puis.. vous n'aviez pas tort non plus.

Oublié oublié, c'est vite dit. Elle n'oubliait rien, rappelons le. Seulement, parfois, mettre des rancoeurs de côté s'avère plus fructueux que les remuer encore et encore. Si seulement elle était capable de faire la même chose au quotidien, pour tout problème, sa vie serait moins compliquée. Seulement voilà, elle ne pouvait nier qu'il l'ait blessée, ce jour là. Dans un état de fragilité émotionnelle, elle n'avait pu encaisser une nouvelle critique sans y réagir par les larmes et c'était presque effrayant de s'être montrée si vulnérable aux yeux d'un homme. D'une personne même, tout simplement, mais d'un homme aussi. Ses relations avec les hommes étaient si compliquées que pleurer devant l'un d'eux la ramenait à cette habitude: pleurer, c'est une preuve de faiblesse. Pour elle, en tout cas. Comme de nombreuses autres choses, l'adolescente ne se permettait pas de craquer aussi facilement en temps normal. Et là, il avait touché un point sensible, ses problèmes de langage lui pesaient beaucoup. Elle avait craqué. Et voilà, ils en étaient là. Lui, avait quelque chose contre elle. La jeune fille aurait eu toutes les raisons de fuir. Mais non, pour une fois elle affrontait le monde qui était pourtant tellement effrayant.. Levant les yeux vers le ciel, inspirant doucement cet air presque similaire aux Terres qui lui appartenaient, Jade ferma les yeux.

- Vous êtes humain. C'est le propre de l'Homme, di.. de faire des erreurs. De juger l'autre.. sans savoir.

Soupir. Yeux baissés.

- J'ose croire que nous avons tous nos bons côtés e la prov.. preuve en est.. puisque vous vous excusez.. Et d'ailleurs.. merci.

Oui, merci. Parce-que mine de rien, ça faisait plaisir, ça faisait du bien. De voir que pour une fois, elle avait fait un bon choix en s'arrêtant là, près de lui. Si elle attendait des excuses ? Absolument pas. Il y avait juste toujours ce "ça" qui conservait sa place de Roi. Elle voulait en savoir plus.

- Vous avez l'air.. différent.
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Re: Explore le chemin de traverse

Message par : Shae L. Keats, Dim 24 Juil 2016, 14:13



Un avant-arrière discret,
Presque imperceptible, personnel,
Tu te laisses bercer, par l'instant- le moment.
Parce que ce soir tout te glisse dessus,
Les soucis semblent si lointain, les propos tenus à ton égard,
La boule de douleur qu'ils ont provoqués,
Et ton acte que tu n'assumeras jamais,
Pour cet instant d'éternité aux rayons de miel,
Ils s'effacent, laisse ta tête en paix.
Parce que c'est avec la chaleur de la journée que tu retombes,
Elle te dépose délicatement sur ce banc, tout ce qu'il y a de plus banal,
Sauf qu'il ne l'est pas. Non, il ne l'est plus.
Parce que tu sens que cet instant hors du temps que tu partage avec la douce jeune femme n'est pas anodin.
Tu n'as pas l'habitude de vivre tes douces torpeurs en compagnie,
Mais étrangement, cette fois-ci cela ne te dérange pas le moins du monde.
Parce que ce soir, ce n'est pas la torpeur d'une âme en peine,
Ce n'est pas l'évasion d'un corps meurtri à coup de mots-poignards,
D'une dévalorisation permanente de ce qu'est ton être humain.
Non, en cet instant, tu goûtes juste la quiétude, t'es questions s'envolent,
Tu te surprends à espérer, quelque chose, qui te donne une raison précise de rester dans cet état, quiétude, calme, d'insouciance.
Un événement qui te donne bêtement l'envie d'être toi même.
Un homme que tu ne penses plus avoir en toi, parce que le monde "doit se contenter de toi"
Alors oui, tu es peut-être un peu humain dans le fond.
Mais tu n'y crois plus vraiment.
L'humanité s'en va, peu à peu, et tu n'as aucun argument de taille pour la retenir,
Tu as pourtant besoin d'elle, de cette lumière qui te tirerait vers le haut,
Être porté par un espoir,
Pour que la vie ne puisse plus jamais te mettre à genoux.

Tu veux un phare, que tu puisses chérir, protéger, lorsque les ombres envahissent ta chambre,
Quand tu es seul la nuit,
Une pâle silhouette de souvenir qui se suffisent à lui même,
Qui éloigne les mains tendues vers ton corps, celles qui s'agrippent, te disputent, t'écartèlent.  
Celles qui te poussent à te penser toxique,
Qui te balance droit dans les yeux que tu es pathétique.
Mais ce soir tout ceci n'est que lointain,
Une musique-ritournelle qui tourne derrière tes paupières,
Une danse sociable, pour une fois la discussion ne te pèse pas.
D'Ordinaire, lorsque tu sens ta carapace, qui s’efface pour laisser place à l'homme,
Tu prends peur, tu rejettes et t'enfuis, parce que s'ouvrir c'es ressentir tout avec une violence inouïe.
Mais ce soir, l'ambré céleste, la fraîcheur du soir qui commence à poindre son nez,
La jeune femme face à toi qui t'observe, qui est belle dans sa torpeur personnelle, qui semble n'avoir encore renoncé à rien,
Un tâche d'innocence qui te cueille doucement das le creux du ventre.
Ses yeux ambrés, ses regards, sa beauté, une petite lumière qui peu à peu écarte les ombres sur les murs de la ruelle.
Partage ton monde du soir, cet instant précieux que les gens ne savent pas apprécier.
Parce qu'ils continuent à courir alors que la poussière retombe,
Que point au loin l'hydromel,
Qui humidifie tes lèvres de la sucrée saveur du rêve.

Je laisse le vent passer, laisse courir mes yeux sur tes vaguelettes dorées,
Capturer un instant tes prunelles dorées.
Pour garder ce moment dans ma mémoire,
Que tu t'en ailles où non,
Un moment où mes monstres s'étaient effacés derrière un bonheur fugace.
Que tu partes maintenant ou non, jeune femme, tu resteras derrière mes paupières,
Tout comme cet instant partagé,
Pendant lequel j'ai arrêté de couler.
Parce que tu n'as pas l'air d'être ici pour juger,
Pour attaquer,
Prendre en compte ces mots de couloirs qui courent sur mon compte depuis des mois déjà,
Qui blessent plus qu'on ne peut l'imaginer. Parce que les gens ne comprennent pas.
Mais toi tu sembles t'en moquer,
Tu restes, malgré tout.
Parce que je me doute que tu sais.
Et étrangement, je n'ai aucune envie de fuir, alors qu'habituellement, dès qu'une femme est gentille, tente de s’intéresser à moi, et non à ce coureur stupide qui partage un bout de mon corps,
J'ai tendance à m'enfuir.
Jusqu'ici j'ai pas trouvé des tas de raisons d'exister.
Je suis juste trop lâche pour en finir.
Mais ce soir je n'en ai plus envie.
Parce que le monde ne m'a jamais paru aussi calme.
Aussi beau, pur.
Et toi, tu restes, alors que tu sais que je pourrais essayer de te prendre dans mes filets.
Sauf que ce n'est pas le cas.
Je ne suis pas quelqu'un qui ne séduit que pour coucher.
Je suis un homme seul, qui a peur de la nuit, de ce qu'elle porte en son sein,
Je ne veux qu'éviter de la passer seul.
Alors, par désespoir de cause, je me jette sur la première venue.

- Wilder. Jade Wilder, celle qui parle.. bizarrement.

Evidemment.
Comment as-tu pu seulement l'oublier ?
Victime de tes déboires,
D'un banal mouvement d'humeur.
Trop courant à ton goût.
Mais elle en semble t'en tenir rigueur, faisant même directement allusion à tes propos blessant de l'époque,
Un clin d’œil malicieux,
Qui te tire un sourire en coin,
Un léger rire plutôt tendre.

- C'est oublié, sinon je ne vous aurais même pas parlé. Et puis.. vous n'aviez pas tort non plus.

Mes yeux qui se relèvent vers les siens,
Un sourcil qui se hausse, un sourire qui s'anime.
À sa place je ne me serais même pas regardé.
J'admire ta façon de faire la part des choses Jade,
Mettre de cotés les conséquences d'un mouvement d'humeur de plus en plus fréquent.
Et si, j'avais tort.
De te reprocher tes origines,
Tes difficultés dialectiques, alors que je sais pertinemment que tu fais des efforts.
Que s'adapter à une culture qui n'est pas le sienne n'est pas de tout repos.
Par la langue, certes,
Ou encore le savoir-vivre.
J'en ai fait l'expérience récemment,
M'adapter à un milieu bourgeois qui n'est pas le mien.
Opprobre sur la famille,
Le futur héritier forcé de travailler,
De trimer,
Pour tenter de s'en sortir,
Et finalement, de se prostituer.
Et devoir laisser une par de sa vie, de son fonctionnement pour s'adapter à un autre,
Voilà qui est difficile.
T'attaquer là-dessus était mesquin, petit,
Je le sais désormais.  


- Vous êtes humain. C'est le propre de l'Homme, di.. de faire des erreurs. De juger l'autre.. sans savoir.

Un regard doux de ta part, qui se pose sur le visage de la jeune femme.
Pas forcément expressif, mais intense tout de même. Un sourire qui s'efface gentiment,
Et une joli petite boule qui reprend place das ta gorge. Alors que tu tentes par tous les moyens de la chasser.
De l'écarter.
Tu es humain.
Dans la bouche de quelqu'un d'autre, c'est étrange à entendre.
Tu as déjà etendu que tu n'étais rien,
On t'a utilisé comme un objet, un pantin,
On a pris toutes les décisions pour toi, sans se soucier de ce que toi, tu voulais.
Mais on ne t'a jamais dit que tu étais humain.
Ce n'est pourtant pas grand chose. Trois petits mots.
Elle ne connait même pas tes vices.
Mais reconnaître qu'il y ait pu avoir des erreurs de jugement...
Voilà qui fait naître en toi un sentiment étranger.
Une sorte de bouffée de tendresse.
Pour la jeune blonde que tu connais à peine.
Le léger sourire qui reprend place.
L'instant qui brûle ton être d'intensité.
Un merci presque inaudible qui t'échappe,
Dans un souffle.

- J'ose croire que nous avons tous nos bons côtés e la prov.. preuve en est.. puisque vous vous excusez.. Et d'ailleurs.. merci.

Une pointe de malice qui te vient.
Tu connais quelques mots, ton séjour à Florence,
Tourner la page de la bibliothèque,
En finissant cela dans une réplique propre à rire un peu.
Lui offrir un équivalent, à ces misères d'anglais.
Alors avec un accent britannique très prononcé:


- Prego.

Parce que ce n'est pas à toi de me remercier.
Parce que c'est la moindre des choses.

Parce que cet instant me fait me sentir plus vivant que je ne l'ai été depuis tant d'années.


- Vous avez l'air.. différent.

Tu bascules ta tête en arrière,
un instant.
C'est vrai que tu te sens différent.
Ce soir.
Parce que pour une fois, tu es en accord avec la vie, vous arrêtez de vous taper dessus l'un l'autre, de vous hurler ds vacheries.
Et pour la première fois depuis ta nuit avec Malicia.
Tu arrêtes de la fuir.
Parce que tu n'en as plus besoin.
Parce que ce soir, au lieu de délirer seul, tu te raccrocheras à l'image de cet instant.
Au visage de la blonde.
Et ça te fera du bien.
Alors oui tu es différent.
Parce que pour une fois, tu es en vie.


- C'est probablement le moment qui veut ça. Je me sens vivant.

Fichtrement vivant, des sensations bizarres, non ressenties depuis longtemps.
Des picotements, l'air contre ta peau,
Et de la douceur pour celle qui partage ce moment avec toi,
Qui reste là,
T'observe.
Alors que tu ne parviens à détacher tes yeux d'elle pour l'instant.
Que sa vision fait repartir la boule dans ta poitrine.

- Et ça fait foutrement du bien.

Beauté du soir,
Vision du monde,
Joie. Bonheur.
Rencontre.



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Re: Explore le chemin de traverse

Message par : Jade Wilder, Jeu 04 Aoû 2016, 20:10


Musique
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Le moment était étrange. Trop étrange, presque comme si absolument tout autour d'elle, autour d'eux, était différent. Ça ne durerait pas, le crépuscule efface les mauvaises choses mais la nuit les ranime ou les apaise, selon les gens. Les démons de Jade revenaient la nuit, sous forme de cauchemars souvent mais d'ombres aussi, de simples souvenirs qui décidaient soudainement de prendre place dans un présent sensé effacer le passé douloureux. Mais il y aura toujours des moments qui ranimeront les blessures, enfonceront le couteau dans une plaie à peine refermée pour la faire saigner un peu plus.

Ce jour là dans la bibliothèque, la plaie était déjà ouverte, le couteau étant représenté par la simple méchanceté d'un professeur ayant décidé de la prendre pour cible. Et puis, cet homme était arrivé, ce même homme en face d'elle désormais. Il avait porté un dernier coup fatal, celui qui blesse au point de faire craquer, celui qui aussi banal qu'il paraisse, vous ôte tout espoir d'un meilleur futur. A quoi bon penser au présent lorsque le futur parait si compromis ?

Question désormais, pourquoi Jade ne pouvait le détester ? Pourquoi est-ce qu'elle restait là, mettait ses aprioris de côté pour une simple discussion ? Eh bien comme souvent, la jeune fille n'avait pas la réponse, elle devait laisser ses choix inconscients la porter, ce qu'elle ne faisait que peu en vérité. Parce-que si elle ne réfléchissait pas à chaque chose autour d'elle, chaque élément, chaque action ou décision, cela pouvait lui coûter très cher. Mais il faut croire que ce moment, cet instant, ne laissait pas de place à la peur, au doute, aux soupçons.. Elle voulait y croire. Et garder un espoir trop souvent resté dans l'ombre des doutes. Raison ou tort, seul le futur pourrait l'en informer et la discussion semblait dirigée vers quelque chose de bien. De mieux. Elle avait même perçu un remerciement à peine visible auquel elle ne rendit qu'un signe de tête léger. L'échange se faisait sans accroc, voilà qui contrastait énormément avec l'épisode de la bibliothèque..

- Prego.

Un mot. Un simple mot à la suite duquel les yeux de Jade revinrent observer le visage du plus âgé. Quand quelqu'un lui parlait en Italien, ça avait toujours un drôle d'effet sur elle. Depuis qu'elle était arrivée à Poudlard bien entendu, auparavant c'était tout simplement naturel. Seules quelques personnes lui avaient décroché des mots de cette langue délicate et à chaque fois, cela avait un effet différent. Mais ça commençait toujours de la même façon. Un sentiment d’apaisement d'abord, ce simple rappel de sa Terre représentait une bouffée d'oxygène folle. Et puis, il y avait l'après, celui qui changeait toujours en fonction de la personne ayant prononcé ces mots. Là, en l'occurrence, ce fut de la reconnaissance. Un sourire en coin s'était immiscé sur les lèvres féminines, avant que ses prunelles ne se tournent de nouveau vers un point invisible. Elles étaient toujours dirigées vers le directeur de Gryffondor mais.. elle était ailleurs à la fois.

Avait-elle eu raison de passer outre ses appréhensions ? Il semblerait, puisque le rouge s'ouvrait, remerciait, se montrait tout à fait.. différent. Croire en l'autre était devenu tellement difficile après le clown. Et après tous ceux qui avaient suivi. L'abandon était sans doute l'une des plus grandes peurs de Jade, ce sentiment qu'elle n'était rien aux yeux de personne, qu'elle n'avait pas sa place dans ce monde.. elle ne le supportait pas. Et pourtant, il la pourchassait, souvent, tout le temps, lui enlevant à plusieurs reprises ce qu'elle avait de plus cher. Lizzie, plus récemment, ça lui avait déchiré le coeur. Elle avait de nouveau ressentit ce vide, cette descente en enfer et ne s'était accrochée qu'à quelques parcelles de vie, d'espoir. Et pourtant, Jade savait que l'attachement était un risque, quoi qu'il advienne. "Chaque personne qu'on prend le risque d'aimer, est une personne qu'on prend le risque de perdre" n'est-ce pas ? L'adolescente avait grandit avec cette phrase dans la tête, celle-ci régissant presque sa vie. Sauf qu'elle avait eu un autre effet également: ce besoin qu'aucune autre personne n'ait à le ressentir. Elle connaissait les rumeurs, mais n'en avait pas peur. Prenez ça pour un excès de zèle ou une confiance aveugle, quoi qu'il en soit la blondinette n'avait pas peur. Elle était bien, allait bien, juste pour quelques minutes ou heures.. rien ne lui enlèverait ce sentiment. Et au final, le regard de Keats ajouta un petit quelque chose à cet instant, une sorte de fierté. Ce sentiment, qu'elle n'avait rien brisé. Qu'elle avait dit ce qu'elle pensait et que c'était la bonne chose à faire. Rester et ne pas fuir, être honnête mais ne pas rejeter l'autre pour autant.. Elle avait bien fait, peut-être, pour une fois depuis longtemps.. Lui ne la connaissait qu'à peine, tout comme elle ne connaissait quasiment que des rumeurs à son propos. Et puis, cette réplique cinglante dans la bibliothèque. Fuir aurait été son réflexe premier dans une autre situation. Mais elle ne l'avait pas fait, elle ne l'avait pas.. abandonné. Et même si lui ne voyait sans doute pas les choses de cette façon, Jade elle se sentait mieux. Enfin, quelque chose de bien.

- C'est probablement le moment qui veut ça. Je me sens vivant.

Le moment.. La tombée du jour, comme chaque soir après tout, une routine pour beaucoup. Pour ceux qui s'y limitaient en tout cas. Jade elle-même ne prenait pas souvent le temps d'observer et de profiter, elle avait toujours tant de choses à faire et à penser.. Sauf certains soirs. Sauf ce soir. Et c'était tombé sur lui, cet homme qu'elle aurait pourtant évité en temps normal. Le moment qui veut ça ? Peut-être, ou peut-être pas. Croire en l'autre pouvait arriver à tout moment sans doute, mais en avoir le courage c'était une toute autre histoire.. Seulement voilà, chaque personne perçoit le monde à sa façon. Si elle le voyait comme un moment de grâce ou tout pouvait arriver, surement que l'homme à ses côtés voyait les choses sous un oeil différent. Parfois l'idée de lire dans les pensées peut faire peur, mais d'autres fois ça paraitrait presque attirant.

- Et ça fait foutrement du bien.

Le sourire de l'Italienne s'élargit doucement. Effectivement, Keats semblait différent. En bien.

- Peut-être que vous vous sentez.. tout simplement mieux, aussi. Même quand on se croit vera.. vraiment bien.. il y aura toujours du mieux, je pense.

La jeune fille avait beau ne rien savoir de sa vie, elle se doutait que quelque chose l'avait amené à ce point là. Peut-être que lui aussi avait été chamboulé et profitait des quelques rares moments de tranquillité offerts par mademoiselle la vie. Ou peut-être qu'il était simplement différent de ce qu'elle avait cru à leur première rencontre. Les aprioris ont la vie dure, mais Jade n'avait aucune envie de s'y cantonner. Après tout, les choses et les gens sont toujours tellement imprévisibles..

Elle-même n'échappait pas à la règle. Beaucoup la voyaient comme la gentille préfète sans histoire, souriante et bonne élève. Et puis au fil du temps, on avait découvert d'autres facettes d'elle, celle qui est fatiguée de cette vie si épuisante parfois, celle qui ne peut plus aller de l'avant et qui n'en a même plus envie. On a vu la protectrice, la douce, l'autoritaire, la sincère, la menteuse, celle qui tranche, celle qui blesse, celle qui rage, celle qui parfois, préfère la solitude à tous ces sentiments.. sans pour autant la supporter. Elle était une contradiction à elle toute seule, alors comment juger autrui ? Voilà qui serait bien bas, c'est certain. Un léger soupir franchit ses lèvres de nouveau, perdu dans ses pensées la demoiselle perdait notion du temps, parfois elle n'avait même pas envie de répondre quoi que ce soit. Profiter de ce moment, c'était bien aussi, sans parole aucune. Lorsqu'elle prenait le temps, elle faisait ça, s'asseoir dans un coin pour profiter d'une atmosphère nouvelle qui peu à peu s'évanouit. Comme si cette fois, le fait de profiter avec quelqu'un de ce moment hors du temps pouvait le rallonger, Jade n'avait pas envie de le laisser simplement passer. Levant doucement les yeux vers un ciel aux teintes orangées, elle haussa les épaules, réfléchissant à ses mots pour trébucher le moins possible.

- J'aime ce moment. Et l'aube, aussi. Ils sont.. particuliers, comme si ça ne faisait pas partie d'une gio.. journée classique. Et je trouve qu'on voit les choses.. autrement.

Voilà un avis qui ne justifiait pas pour autant le sentiment du plus âgé. Ou si, peut-être, tout dépendait. En tous les cas, elle continua.

- Je suppose.. qu'il y a aussi des moments où la pression retombe et où.. oui.. on se sent juste bien.. Du moins, je veux y croire..

Des moments de paix.. pour elle c'était si rare. Dans un monde où tout va bien trop vite, la Poufsouffle avait le sentiment qu'elle devait suivre la tendance à tout prix. Elle restait loin du superficiel, mais suivant le courant d'une vie faite en échiquier. Une seule erreur et vous voilà éliminé. Une seule erreur et le jeu est terminé.. La vie était un piège permanent à ses yeux. Peut-être même qu'en parlant à cet homme, elle était tombée dans un piège plus gros qu'elle dont il était impossible de sortir.. et pourtant, cette idée ne lui effleurait même pas l'esprit. Un jour peut-être, comprendrait-elle sa manière de penser, mais tout comme son attitude, ses pensées changeaient en un éclair. Il y avait de quoi s'y perdre. Une question alors, lui taraudait l'esprit.

- Joli accent, au fait.. Vous êtes.. déjà allé en Italie ?

Aborder de nouveau ce sujet.. elle en avait presque besoin, l'Italie lui manquait tellement ces derniers temps. Ses terres lui manquaient depuis un très long moment en fait, mais la perspective d'y retourner provoquait une sorte d'impatience que la blondinette ne connaissait que trop bien. Enfin, plus que quelques temps et elle pourrait profiter de l'ambiance Italienne, loin de là. L'impatience ne semblait pas présente ce soir. Juste, ce soir.
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Message par : Shae L. Keats, Ven 05 Aoû 2016, 21:40


Une caresse du regard.
C'est comme ça que tu captures les moindres aspects de ce visage angélique.
Les courbes harmonieuses de son visage,
Ses longs cheveux blonds qui retombent sur ses épaules, à qui la lumière de cet instant ne peut que rendre hommage.
Ce n'est pas cet instant ta gorgée d'hydromel.
C'est elle.
Elle, qui te fixe, te dévisage.
Mais ne juge pas. Avoue que ça te fait du bien qu'on te considère comme un être humain normal Keats.
Qu'on te regarde,
Sans y voir un alcoolique.
Sans y voir un coureur, éternel insatisfait.
Un tueur,
Un fardot.
Non, elle, elle n'a l'air de ne percevoir qu'un homme,
Qui ôte sa carapace, timidement.
Se montre vulnérable,
Ça fait un creux dans ta poitrine, rapidement rempli par la chaleur que sa présence t'apporte.
Tu l'as dit toi-même Keats,
Partager cet instant,
Avec quelqu'un...
Si seulement on t'avait dit un jour que c'était possible...
Tu n'y aurais pas cru.
Parce que tu te croyais bien trop perdu pour oser prétendre à la moindre chance.
Et voilà qu'une jeune fille sort de nul part.
Et pose sur toi un regard nouveau.
Te considérant comme son égal.
Tu les entends pourtant, les murmures, sur ton passage dans les couloirs.
Tu les sens les regard appuyés, ou parfois envieux,
Tu sens tout cela.
Mais si les gens savaient,
Si seulement ils se demandaient pourquoi...
Peut-être comprendraient-ils ?


Ou peut-être pas.
Peut-être que les gens ne veulent juste pas comprendre, parce qu'ils ont déjà leur propre vie à gérer.
C'est ce que je me plais à me répéter lorsque je lance discrètement des appels à l'aide.
Je préfère croire cela plutôt que penser que je fais trop pitié,
Pour être repêcher.
Se préserver un peu parfois,
Ça ne peut pas faire de mal.
Profiter de l'instant.
Je ne suis pourtant pas un adepte du carpe diem,
Mais aujourd'hui, il me tente,
Il m'appelle,
Et me lance.
Parce que cet instant avec toi Jade,
Ve veux en profiter.
Tu ne me connais pas plus que moi je te connais.
Deux âmes qui se rencontrent,
Pour la troisième fois.
La première est obsolète,
J'ai tant changé.
La seconde... Je préfère ne pas y penser.
Et aujourd'hui...
Aujourd'hui.
Je suis assis sur un banc.
Il y a une jeune fille devant moi.
Ça c'est ce que voit les gens.
Un homme.
C'est ce qu'elle voit elle.
Pour moi ?
Une explosion.
Comme dans les films vous voyez ?
Quand il y a un arrêt sur un image,
Un temps de décalage qui n'appartient qu'à ceux qui le voient.
Ça semble être notre cas.
Enfin, surtout le mien.
Mes yeux qui ne se détachent pas du regard de velours,
Une envie d'être tendre, avenant,
Qui jusqu'ici s'était fait la malle.
Un poignard chauffé qui quitte mes épaules alors qu'un sourire,
Doucement,
Se peint sur tes lèvres rosées.

- Peut-être que vous vous sentez.. tout simplement mieux, aussi. Même quand on se croit vera.. vraiment bien.. il y aura toujours du mieux, je pense.

Tu touches juste.
Encore une fois.
C'est peut-être ça, après tout ce ne serait pas incohérent.
Mais en même temps, je suis bas depuis tellement longtemps que j'ai arrêté d'espérer.
Alors croire que je vais mieux alors que je me laisse juste porter par l'instant...
C'est difficile à avaler tu vois ?
J'ai rencontré mon père, certes. Ça peut-être considéré comme un mieux.
Mais j'ai retrouvé ma sœur après une tentative de suicide,
Seul véritable proche qu'il me reste.
Et j'ai prié, pour ne pas la voir mourir là, devant moi, impuissant.
Une seule ça m'a suffit.
J'ai appris à voler aussi.
Grâce au Dragon, et à Silwen, l'homme-oiseau.
J'ai trouvé de la compagnie dans mes jeux nocturnes.
Alors oui, peut-être que ça va mieux.
Peut-être que, pour un moment, ça se calme, là en bas dans mon ventre.
Je ne sais pas, je n'ose pas espérer.
J'ai peur d'encore me ramasser.
M'étaler.
C'est dur de toujours jongler avec ses emmerdes,
Alors que les gens ne le voient pas.
Me trouvent étrange, taré,
Voir même déchet.
Alors quand, dans des moments comme celui-ci, je me laisse aller,
Parce que les gens, enfermés dans leurs vie ne voient rien,
Ne savent pas profiter d'un beau moment comme celui-là,
C'est un instant magique,
Comme si toute ma peine disparaissait.
Et voilà que tu arrives,
Y fais te place,
Et que ça ne me dérange même pas.
Je te laisse une partie de mon voile crépusculaire,
Se planquer des bonnes gens,
Qui ne comprendraient pas.
Mais promets-moi,
Garde-ça secret,
Tu m'as vu humain,
Dans un instant qui, étrangement, n'appartient qu'aux deux inconnus que nous sommes.
Léger soupir chez elle,
Sourire attendri chez moi.
Elle le voit, elle,
Ce moment, où les âmes perdues peuvent un peu souffler.
Et ça me touche.
La première avec qui je partage un truc sincère,
Depuis des années.
Et je ne suis  même pas sûr qu'elle en ait conscience.
Ceci dit, elle n'a pas besoin de savoir.
Ce soir, je pense à moi, je capture ton image, pour la chérir,
Quand le besoin s'en fera sentir.
Un radeau de sauvetage.
Une apparition lumineuse,
Et mes yeux ne te quittent pas.


- J'aime ce moment. Et l'aube, aussi. Ils sont.. particuliers, comme si ça ne faisait pas partie d'une gio.. journée classique. Et je trouve qu'on voit les choses.. autrement.

Intimes.
C'est ça en fait, normalement, ils sont propres à chacun.
Alors pourquoi partage-t-on le même ?
Peut-être que j'ai juste besoin de me raccrocher à quelque chose,
Et que c'est pour ça que j'ai attiré ton attention.
Je ne sais pas.
Mais tu es là,
Et ça me va.
Je n'ai pas envie que tu t'en ailles, c'est étrange dit comme ça.
D'habitude, je prie pour croiser le moins de gens possible.
J'aime pas les gens,
Ils sont hypocrites, puants,
Ils se permettent de juger autrui.
Non, les braves gens n'aiment pas que,
L'on suive une autre route qu'eux.
Ça n'a pas l'air d'être ton cas.
Tu me laisses coi,
J'ai pas l'habitude des gens comme toi.
D'où tu sors Jade ?
Qui es-tu pour me chambouler comme ça ?
On rentre pas comme ça dans les instants des gens,
Ça n'est pas très poli.
Mais comme c'est toi, ça ne me gène pas.
Tu es douce.
Tu as une bonne façon de penser.
Et toi aussi tu aimes ces moments-doliprane,
Qui calment la tête à coup de lumière de l'aube. (cf Momo)
Ou du soir.
Reste.

- Je suppose.. qu'il y a aussi des moments où la pression retombe et où.. oui.. on se sent juste bien.. Du moins, je veux y croire...

C'est exactement ça.
Le poids qui s'enlève un instant de la poitrine, arrête de la compresser.
Juste pour qu'on puisse
-Respirer.
Une fois, juste une,
Regagner la surface,
Effleurer la pellicule d'eau qui recouvre notre bouche de notre souffle,
L'exploser en inspirant,
Se brûler les poumons à vouloir inhalé tout l'air du monde,
Parce qu'on sait bien que l'on va y retourner
- Là-bas.
Que le clairon un jour sonnera.
On le sait tout ça, et je suis fatigué de tout ça, je n'ai plus rien d'un soldat.
Alors ce soir, je laisse mes poumons se calciner d'air frais.
Sans savoir quand je vais replonger,
Je m'accroche à ton image, avec tendresse,
Et détresse un peu aussi.
Je te caresse de mes prunelles,
T'appelle à l'aide sans avoir spécialement envie que tu viennes.
Juste que cet instant puisse durer très longtemps.
Qu'on puisse oublier le reste,
J'ai envie de rester avec toi ce soir,
Ici,
Sur ce banc, toi en face,
J'ai envie que rien ne rompe l'instant fragile.
De tes yeux, posés sur moi.
De mes yeux, plantés dans les tiens.

- Joli accent, au fait.. Vous êtes.. déjà allé en Italie ?

Un soupir-sourire amusé,
Tu te redresses, revient un instant à la réalité.
Te redresse un peu, alors que tu te souviens de tes douces années,
C'était encore le début de ta folie,
Elle était encore maîtrisable,
Un minimum.
Avant Florence.

- J'ai vécu cinq mois en Toscane.

Rester évasif surtout,
Ce ne sont pas les meilleurs moments de ta vie.
C'est là que tu as tout appris.
Mais tu écartes vite toutes ces pensées alors que ton regard capture de nouveau son visage,
Pourquoi tu n'arrives pas à t'en détacher ?
Tu ne la connais même pas.
Normalement, tes seuls rapport avec les femmes ne se font que lorsque tu as besoin de quelque chose.
De compagnie,
De ta came aussi.
Jamais tu ne restes,
Tu ne discutes,
Tu n' échanges.
Mais ce soir, une force étrange te force à converser.
Un truc qui te vient de la tête,
Du ventre,
Du sternum.
Qui te dit d'arrêter de fuir, que ça ne sert à rien.
Que si tu pars, tu le regretteras,
Alors tu restes,
T'écoute les palpitations de ta poitrine, étrangement rapide.
Comment ça s'appelle cet état déjà ?
Tu ne sais plus.
Tu t'en moques.
Tu murmures doucement, pour toi même:

- C'est étrange, vous êtes trop belle pour être un rêve.

Que ce soit ses yeux,
Ses mains,
Ses regards,
Sa chevelure,
la leur qui éclaire ses prunelles,
L'instant,
Elle est trop bien faite pour sortir de ta tête
-Malade.
Tu ne sais pas quoi dire,
Tu laisses passer le vent,
Alors que l'instant s’éternise.

- Vous... Vous avez sûrement raison. Je pense qu'arrive un moment ou... Et bien, ça ne peut qu'aller mieux.
Et qu'on profite de cette pression qui retombe comme vous dites. En espérant que ça dure.
-Un peu
.

Une fin d'après-midi, en apparence normale.
Une pilule un peu trop dosé,
Alors qu'un présence apaisante te ait face,
Ton regard qui s'y pose encore.
Le cœur qui rate un battement.
Mais Keats
-Que t'arrive-t-il ?

- D'où vous vient cette lumière ?










 
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Re: Explore le chemin de traverse

Message par : Jade Wilder, Dim 25 Sep 2016, 05:58


Cette soirée avait une atmosphère spéciale. Qui sait, peut-être que la méthode des trois évènements positifs d'une journée fonctionnait bel et bien, malgré que Jade ait encore beaucoup de mal à y croire. Ou peut-être qu'elle croyait en ces paroles qu'elle prononçait, paroles utilisées régulièrement pour rassurer les autres, quelles qu'elles soient, mais qu'il lui était impossible d'appliquer à elle-même. Cela lui arrivait en permanence et finalement, ça ne la dérangeait pas tant que ça. Mais non, cette fois, c'était différent. Loin de ces évènements mémorisés à jamais dans une mémoire qui faisait la part des choses en permanence. Simples parfois, mais si beaux, si précieux.

Si l'Italie lui manquait, elle n'avait pas cette sensation, là, aux côtés du Directeur de Gryffondor. Qui sait si c'était de sa faute, ou bien celle du moment qui les enveloppait, mais pour une fois l'Italie ne lui manquait pas. Cela faisait plusieurs mois qu'elle avait rejoint Poudlard et pourtant le temps semblait filer, passer entre ses doigts comme si ce n'était rien. Mais le temps était tellement précieux et si peu de gens y faisaient attention. Il suffisait de voir cet instant, cette retrouvaille entre deux êtres qui auraient très bien pu se déchirer comme les pires ennemis. Très rancunière, Jade était prête aux pires représailles lorsque cela s'avérait nécessaire. Pas là. Elle ne savait pas pourquoi, mais l'envie de laisser sa chance au rouge s'était imposée d'elle-même et bon sang qu'elle avait bien fait. Que se passait-il dans la tête de cet homme pour qu'il soit si différent, là tout de suite ? Certes elle avait progressé en anglais depuis leur première rencontre, mais ça restait quand même assez intriguant pour la curieuse qu'elle était. Mais contrairement à ses sales habitudes, ça n'était pas une curiosité maladive, celle dont elle avait besoin pour se sentir bien au quotidien, cette nécessité de tout savoir et tout prévoir pour ne pas être surprise et pouvoir anticiper. Pas cette fois. Le jeune homme sous ses yeux l'intriguait simplement, elle avait simplement envie de découvrir un peu plus celui qui se révélait, s'échappait d'une carapace qui l'avait poussée à craquer en pleine bibliothèque il y a peu.

Allié à ce moment tout particulier, ce sentiment naissant la rendait presque trop détendue par rapport à ses habitudes. Et bizarrement, ce n'était pas si désagréable.. bon d'accord, pas du tout. Comment expliquer ça réellement ? Voilà sans doute une question qui ne servait à rien et que par conséquent, la blondinette décida de ne plus se poser. A un moment donné, le soleil finirait par se coucher. Elle n'en avait pas envie, mais la vie est ainsi fête on ne choisit pas toujours ce dont on a envie. Alors, si ce sentiment partait avec le coucher du soleil, elle voulait au moins qu'il ait été correctement partagé. Oui, Jade se l'avouait: sans doute qu'elle ne se serait pas attardée trop longtemps dans ces rues, si Keats n'avait pas été là. Elle aurait simplement poursuivit son chemin, serait rentrée chez elle après une sortie plus agréable que les autres. Mais non, là c'était différent. C'était plus doux, ça avait un parfum d'été, d'agrumes et de soleil. Pour la première fois depuis longtemps, l'adolescente n'avait pas peur de parler à quelqu'un, même si cette personne l'avait blessée à un point qu'il ne pouvait sans doute pas imaginer. Elle avait préféré laisser ça de côté, sans raison particulière. Par contre, elle avait une raison bien précise de continuer, de ne pas simplement dire au revoir et partir. Leo Keats semblait se révéler, montrer une part de lui tellement refoulée qu'il ne s'en rendait peut-être pas compte lui-même. Cette lueur douce dans le regard de Keats, elle était tellement belle..

- J'ai vécu cinq mois en Toscane.

La Toscane.. Un coin que Jade ne connaissait pas tant que ça finalement. Elle y avait passé quelques jours de temps en temps mais rien de plus, elle qui était plutôt casanière ne quittait que rarement Syracuse, son petit coin de Paradis tout au Sud. Néanmoins, les personnes ayant prononcé quelques mots d'Italien étaient très rares à Poudlard, trois ou quatre tout au plus. Et bon sang que ça faisait du bien d'entendre ces paroles si légères, si douces. Ces personnes s'en rendaient-elles compte ? Sans doute pas, elle-même n'irait pas le dire à tout bout de champs, bien trop pudique dans chacun de ses sentiments. La reconnaissance était bien là pourtant et elle pouvait se lire au coeur des prunelles colorées de dizaines de nuances.

Son sourire ne quittait même plus ses lèvres alors que normalement, une expression presque blasée et nostalgique l'habitait face à de tels couchers de soleil. Mais est-ce que tout ça était normal ? Pourquoi un tel sentiment éphémère et pourtant si réel planait dans les airs ? Pourquoi n'avait-elle pas peur de ses mots face à un homme qui avait le pouvoir de la détruire s'il le souhaitait ? Eh bien pour une fois, elle avait envie de faire confiance. Ou non. C'était plus que ça. Elle avait le sentiment de pouvoir faire confiance et elle ne pensait pas pouvoir en être capable. Comment fuir quelque chose d'aussi agréable, un moment tellement savoureux qu'on a l'impression d'observer la scène plus loin, avec des étoiles dans les yeux ? Il était temps de revenir à la réalité, mais non, elle préférait continuer à le partager.

- C'est étrange, vous êtes trop belle pour être un rêve.

Voilà une phrase, à peine murmurée, qui aurait pu couper ce moment. Jade n'avait pas pour habitude d'entendre ces mots, pas le sentiment de les mériter, même. Qu'avait-elle de beau ? Elle n'avait même pas envie de se poser la question, ayant peur de la prétention. De sa prétention. Ses prunelles qui s'étaient légèrement détournées auparavant, ne purent s'empêcher de fixer cet homme, aux pensées si étranges. Ces lettres, mots associés lui paraissaient tellement irréels, comme l'instant. Nul doute que cette réflexion n'aurait pas dû arriver jusqu'à ses oreilles mais pourtant..

Fuir. C'est exactement ce qu'elle aurait fait en temps normal. La dernière personne - excluant son frère et sa soeur - ayant prononcé une phrase à peu près ressemblante avait subit une de ses claques impulsives, suivie d'une jolie engueulade ensuite. Les circonstances n'étaient pas les mêmes, défendre la bleue aux yeux purs était sa principale idée. Il y avait cependant un fossé entre les deux prononciations. Keats avait dit ces mots d'une façon que Jade ne pouvait comprendre, qu'elle n'avait jamais lu dans les livres. Une fois encore, le jeune homme l'intriguait et.. elle était touchée ? Peut-être. Ses joues rosies le disaient, son regard légèrement baissé aussi. Mais.. elle n'en savait trop rien en fait, mais recevoir des compliments n'était pas dans ses habitudes. Les accepter, encore moins. Autre forme de prétention, non ? Elle n'allait pas dire "Oui je sais, merci !" et basta. Non, bien sûr que non, elle en était incapable. Mais elle ne sut quoi répondre aux mots doux de cet homme, elle en était incapable. Du moins, trouver une réponse satisfaisante n'était pas vraiment dans ses cordes, puisqu'elle savait que sa réponse habituelle aurait cassé le moment qu'ils partageaient. Et ça bon sang, elle n'en avait aucune envie.

- La.. réalité peut être belle aussi, parfois..

C'était venu tout seul, presque murmuré à son tour, comme si la réponse s'était adaptée à la poésie des mots prononcés. Et même sans y réfléchir, elle ne voulait pas s'inclure puisque le regard qu'elle offrit au brun était sans doute bien plus significatif que tous les mots existants. Le comprendrait-il ? Aucune idée, elle qui communiquait souvent par le regard était bien souvent la seule à comprendre. Mais ces mots venaient de réveiller autre chose et elle ne savait pas quoi.

- Vous... Vous avez sûrement raison. Je pense qu'arrive un moment ou... Et bien, ça ne peut qu'aller mieux.
Et qu'on profite de cette pression qui retombe comme vous dites. En espérant que ça dure.
-Un peu.


Mots justes, mais poignards aussi. Combien de fois s'était-elle retrouvée au plus bas, remontant finalement comme un réflexe qui l'obligeait à nager. Parfois, elle avait l'impression de se noyer, d'étouffer, de battre des jambes pour remonter à la surface..

- Il n'y a rien.. de mieux que ces moments..

.. et reprendre une bouffée d'air frais avant de replonger comme si ce n'était qu'une boucle sans fin, une évidence. Cette journée, cette discussion même, ressemblait à une bouffée d'air frais. Une sensation extraordinaire puisque remonter n'était que rare. La journée avait entamé, ce moment avait illuminé.

- D'où vous vient cette lumière ?

Lumière ? Nouvelle surprise dans ces paroles si spéciales, si douces qui échappaient presque à son raisonnement habituel. Tout ce qui venait d'elle aux yeux des autres lui semblait totalement irréel, comme impossible à croire. Mais quelle lumière ? Là ce n'était même pas au stade de déni, elle n'était même pas sûre de comprendre réellement la question. Mais voilà, comment dire ça alors que.. oui, il s'agissait de quelque chose de positif, sans doute. Et puis, Jade repensa soudain à des paroles, quelques mots prononcés par l'une des premières personnes à qui elle s'était attachée dans ce nouveau monde. Une lumière, un soleil. Pourquoi ? Elle ne comprenait pas. Autant être honnête, non ?

- Je ne sais pas.. réellement ce que vous appelez lumière.. Je ne pense pas en avoir et.. enfin si il s'agit de mes mots, je crois que j'aime simplement voir les gens heureux.. j'aime vous voir sourire.

Conclusion assez étrange et trop sincère, mais pourtant incroyablement vraie. Elle ne savait pas réellement comment mettre des mots sur ses pensées mais l'essentiel était là. Jade ne connaissait absolument pas Leo Keats. Pas vraiment, en tout cas, elle avait plutôt l'impression de le percevoir. De comprendre au delà du visible et c'était poignant. Comment expliquer ça à un homme que vous ne connaissez qu'à peine, c'est impossible ! Laissant échapper un minuscule rire, un chouilla gêné, la demoiselle haussa les épaules.

- C'est sans doute bête, n'est-ce pas ? J'aime les plus beaux côtés degli.. hm, des autres, les découvrir.. Tout le monde a une lumière, non ?


Dernière édition par Jade Wilder le Lun 03 Oct 2016, 21:18, édité 1 fois
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Re: Explore le chemin de traverse

Message par : Shae L. Keats, Dim 25 Sep 2016, 07:42


C'est comme une ritournelle,
En ronde de huit,
Comme un après-midi d'un été qui prend la poussières des années
-Poussière que seul le battement d'aile d'un papillon saurait écarter.
Une petite brise d'aile de fée,
De sourire-carrousel.

C'est un moment d'enfance pluvieuse-heureuse. Un souvenir sucré, un peu marin.
Un moment doux comme l'opale océane,
C'est un rayon vert-miel.
Tout doux, un peu nostalgique aussi, parce qu'il ne peut pas s'empêcher de penser à la dernière fois qu'il s'est senti ainsi.
Et tu veux savoir Jade ?
Ce qui sert doucement sa poitrine alors que le nuage de tout-doux point sur ses lèvres,
C'est qu'il n'a pas le souvenir que ce soit déjà arrivé.
Les moments soleil-joyeux, c'est quelque chose de tellement rare dans les moments de vie des gens comme lui,
Que lorsqu'ils passent,
On a juste envie d'enfouir nos mains et nos visages dans leur coton-tendresse,
De s'y agripper,
Et de partir avec,
Pour survoler la mer, les vallées, les montagnes.
Les mêmes que celles qu'il voit dans tes yeux ambres,
Qui lui donnent envie de s'y plonger, pour visiter le monde aux odeurs d'agrumes-fruités à bord du dirigeable de cet instant.
C'est une valse langoureuse qui se joue ce soir.
Pour une fois,
Rien n'est plus légitime.
Tout s'envole, les année à se blâmer, s'oublier dans les lieux sombres, se perdre dans des paradis qui n'ont rien de naturel.
Il en est même à oublier que c'est arrivé.

C'est l'histoire d'un banc,
Qui a vu passer des milliers de gens,
Et qui en verra encore un paquet,
Se lier se quitter.
Pour lui c'est surtout l'histoire de ce banc,
Celui où il est tombé.
Pas la chute qui fait mal et écorche les genoux, ne t'inquiète pas,
Non,
Pas la désillusion non plus,
Il est tombé dans un endroit qu'il ne connaissait pas,
Il est tombé à Moureux.
Tu connais Jade ?
Moi non.
Lui non plus, il est un peu perdu,
Un peu maladroit,
Comme un enfant à bicyclette à qui on enlève les roulettes pour la première fois.
Celui qui faisait le malin avec son lance-pierre et partait à la chasse aux boutons,
Pour revenir bredouille, l’œil noir et le pantalon plein de boue.  


Keats.
Tu me surprends de jour en jour,
Toi qui échappes à mon contrôle, que je croyais perdu sur ta barque à des lieues et des lieues de la côte,
Toi qui tanguais pour donner l'impression de tenir encore droit,
Qui ne dupais personne.
Je ne te croyais pas encore capable de tout cela.
De cet instant suspendu, entre toi, elle, et le vent,
Alors que les passants continuent de circuler,
Sans vous voir.
Pas plus que tu ne les vois toi.
Rien ne compte plus que la sirène qui te fait face,
Qui t'a jeté un sort de tes yeux enchanteurs,
Qui a capturé tes ennuis pour les envoyer au bagne très très loin d'ici.
De l'autre côté de la grande étendue bleue,
Tu oses espérer que les monstres marins les empêcheront de passer.
De te retrouver.
Ce soir c'est cet instant qui aura bientôt un goût de poussière d'été-indien.
Douce langueur épicée,
Cannelle-Miel de fin de journée.

Tu sais, Petite voix,
Je ne sais pas moi-même ce qu'il m'arrive,
Pour une fois tout semble simple.
Il n'y a pas à réfléchir,
Rien ne se joue, si ce n'est le requiem du jour qu'entonnent dors et déjà les oiseaux.
Mais pour une fois je ne souffre pas de l'éphémère,
Parce que même si les secondes s'égrainent, je sais que ça ne peut pas durer,
Je tâcherai de garder ce souvenir intact,
Même si je ne dois en garder qu'un,
Tu dois le savoir, mais je n'ai pas le souvenir d'avoir un jour goûter ce doux goût du sucré-enfant mêlé au salé-marin.
Je me souviens d'un(e) dragon(ne), qui a voulu m'enlever les yeux parce que je souriais trop,
Qui m'a montrer malgré yel que le ciel de faïence se cachait derrière le ciel bleu.
Mais les carreaux brillants ont cessé de se refléter ce soir,
Ils m'ont oublié un instant et le voile a repris le dessus,
Drapant mes yeux d'un souvenir de soleil que je veux apprendre à chérir.
Petit à petit.
C'est idéaliste, je sais, je me doute bien qu'il me faudra plus d'un souvenir pour me guérir,
Des longues discussions, des révélations pas toujours faciles à offrir à la poulie-honnête qui tire les mots de la poitrine,
Les arrachent doucement, les détachent délicatement.
Les sourires pourront aider,
Mais je ne suis pas encore prêt à les adresser tu comprends ? Pas pour moi en tout cas.
Tu vois ces sourires dont je parle souvent ?
Ceux qui disent "Tout va bien" alors que les yeux hurlent à faire entrer leur poumons en éruption,
Qu'on peut y lire des messages profond,
Parce que les mots des yeux, ils viennent directement de la tête,
Ils n'ont pas à passer par les langues qui, elle, déforme tout, joue avec le sens pour que finalement ce ne soit qu'un pâle copie de ce que l'on voulait vraiment dire.
Ainsi "Je meurs" devient "Tout va bien",
"Je te hais" devient "Je t'apprécies beaucoup"
"T'es mignon mais un peu con" devient juste "T'es mignon",
Et c'est comme ça qu'on se perd dans les mots, qu'on fait du mal aux gens parce qu'on se trompe.
Alors ce soir Jade, j'essaie de te dire avec le profond de ma tête que j'aimerais que cet instant dure toujours,
Même si il deviendrait fade à force,
Je m'en moque,
Il y aura toujours cette odeur de pistaches caramélisées,
De barbapapa, d'amour aussi,
Cette insoutenable légèreté qui vient à faire penser que -peut-être- l'éléphant a quitté nos épaules pour un moment.
Même si, secrètement, on sait bien qu'il reviendra bientôt
-Écraser la poitrine, Broyer les os, arracher la trachée,
Souffler dans nos têtes que l'on est incapables.
Mais pour l'instant,
Il n'est plus là.
Alors on souffle, on sent les côtes cassées par son poids qui s'affaissent et se relèvent péniblement,
Mais on souffle tout ce qu'on a,
Tout ce qu'on ne peut pas dire,
On le souffle,
En direction de Moureux.
Même si je ne sais toujours pas ce que c'est réellement,
Ni en quoi cela me concerne moi.
Mais pour l'instant,
Il n'est plus là.

- Je ne sais pas.. réellement ce que vous appelez lumière.. Je ne pense pas en avoir et.. enfin si il s'agit de mes mots, je crois que j'aime simplement voir les gens heureux.. j'aime vous voir sourire.

Et voici qu'elle te tire un nouveau sourire,
En coin cette fois, alors que tes yeux ne sont plus là,
Ils sont partis il y a très très longtemps,
Le temps où tu savais encore sourire, pour pas grand chose,
Celui où tu ne te posais pas de questions,
Celui du Keats qui ne fait pas de vagues,
Qui rasent les murs en attendant que sa bête naisse,
Une sorte de grenade.
Trop habitué au goût de la culpabilité
Devenu incapable d'y voir clair dans sa propre tête,
Alors que les autres savent encore poser les mots sur qui il est.
"Fou".
"Pervers".
"Étrange".
"Taré".
"Rien". Voir moins.
Toujours cette langue qui râpe.
Tu aimerais inventer les mots hein Keats ?
Pour que les gens lèvent un peu les yeux,
Se parlent, même si c'est par l’œil.
Au lieu de baisser le regard par peur que tout ceci dégénère.
Un traducteur oculaire.
Elle aime te voir sourire.
Tu aimes la voir tout court.
Deux fois, il t'aura fallu deux fois pour t'excuser,
Pour ton attaque.

Et la lumière Jade. La lumière, c'est toi.
Regarde, tu me rends ivre de ce moment,
Par ton regard, et parce que je partage ce moment avec toi,
Couché du soleil,
Ambre que tes yeux partagent volontiers avec notre entourage actuel.


Tu ne l'interromps pas, car, une fois n'est pas coutume, tu n'en ressens aucunement le besoin,
L'écouter parler évite à ton cerveau de se relancer,
De recommencer à penser, à te juger, car pour l'instant,
C'est ce moment qui compte.
Le banc,
Le mur,
Et Elle.
Qui t'assène le coup de grâce.
Si tu as réussi à cacher que ses dernières vérités t'avaient grandement affectées,
Celle-ci ne sera pas facile.

- C'est sans doute bête, n'est-ce pas ? J'aime les plus beaux côtés degli.. hm, des autres, les découvrir.. Tout le monde a une lumière, non ?

L'instant est toujours là, bien présent,
Mais le goût de sucre doux de tout à l'heure s'efface un peu,
A mesure que les phrases s'enchaînent, tu te rends compte qu'elle ne semble pas te percevoir de la bonne façon,
Qu'esperais-tu, avec un instant pareil...
Terrain sensible, mais la tendresse que t'inspire la jeune blonde t'empêche de lui balancer la vérité,
De te refermer complétement,
Ton visage marque juste une expression plus sérieuse,
Et ton sourire s'efface,
La lueur cependant elle,
Ne s’éteint pas,
Bien au contraire.

- Ca n'a rien de bête. Bien au contraire. Il n'y a pas de hontes à vouloir tirer le meilleur des personnes. Loin de là.

P
etite pause alors qu'un nouveau sourire, amusé cette fois étire tes lèvres alors que la blondinette continue sa phrase, Léger rire puis:

- Je ne dois pas être assez sociable ou sensible pour percevoir ce qu'il y a de bons chez les gens... Je suis sûrement beaucoup trop cynique.

Et c'est seulement maintenant que la fin de sa tirade t'atteint.
"Tout le monde a une lumière",
Phrase que tu te tue à répéter sans arrêt sans te demander si tu y crois toi même,
Parce que tu le poses comme une affirmation,
La forme interrogative te surprend,
Tu n'as pas l'habitude qu'on te laisse le choix de penser ce que tu veux,
Le monde est fait de cases toutes faites,
Tu tues des gens, donc forcément un taré,
Tu bois, tu es pathétique,
On te l'a dit, tu n'es même pas quelqu'un,Et il faudrait que tu la rassures en lui disant que l'on a tous une lumière...
Sans y croire une seconde.
La tienne, ça fait bien longtemps que tu as arrêté d'y croire,
Tu te détestes d'avoir baisser les bras,
Mais tu as beau chercher de toutes tes forces,
Tu ne parviens pas à trouver quelque chose de bon en toi.
Ce moment pourtant, il pourrait te laisser espérer quelque chose de meilleur,
Parce que des sensations que tu croyais perdues reviennent à grands pas,
La question est de savoir si tu les laisseras te submerger.
Au risque de ne plus parvenir à lutter.
Tu ne veux plus espérer,
Et tu ne vas pas mentir.  


- Quant à la lumière en chacun de nous... Je n'y crois pas vraiment. e pense qu'on en a tous une au départ, mais qu'à force de s'évertuer à la tuer, on finit par la perdre. Et je ne pense malheureusement plus que l'on puisse la retrouver...
Mais si cela peut vous rassurer, la votre étincelle de façon fort peu commune.


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Re: Explore le chemin de traverse

Message par : Jade Wilder, Lun 03 Oct 2016, 21:14


Musique ~


- Ca n'a rien de bête. Bien au contraire. Il n'y a pas de hontes à vouloir tirer le meilleur des personnes. Loin de là...... Je ne dois pas être assez sociable ou sensible pour percevoir ce qu'il y a de bons chez les gens... Je suis sûrement beaucoup trop cynique.

Sourire d'abord, presque doucereux, paisible dans son monde qui n'était pas toujours rose. Plusieurs parts d'elle-même, laquelle écouter ? L'enfant, voulant croire au mieux, à un bel avenir, quelque chose de radieux ? L'adulte, résignée à vivre en luttant sans cesse ? Ou l'adolescente mal dans sa peau, dans sa tête, qui n'arrivera jamais à trouver sa place dans ce même monde qui avait pourtant tellement à offrir. A mi-chemin entre deux stades "classiques", la blairelle n'avait pas le droit à l'erreur. Le passé lui avait prouvé bien des vérités, certaines choses qu'on ne peut pas dire, pas faire, sans que cela finisse mal. Histoire de karma, ou n'était-elle tout simplement pas normale ? Voilà qu'elle ne pouvait répondre à cette question.

Mais alors dans ce cas, qu'est-ce que c'était qu'une lumière, selon lui, selon cet homme à quelques pas ? Juste une façon de penser, d'être ? Elle n'avait rien dans ce cas. Ou alors, elle avait bien du mal à s'en rendre compte. Peut-être qu'elle avait mal compris aussi, ça elle se l'était déjà demandé, mais étant donné la réponse du rouge, ce n'était pas possible. Alors, il parlait bien d'elle, réellement. La barrière de la langue l'empêchait de comprendre parfois, mais sa mère, autrefois, lui avait parlé de la lumière des gens. Ce qu'ils dégagent, ce qu'ils exposent sans réellement le vouloir au final. Certains émettaient une lumière pesante, à la limite de la brune, le genre de lumière qui pousse à se méfier de certaines personnes. Jade n'était pas douée pour juger de la lumière des autres. Elle voyait tant de choses, au delà du réel. Des mots, des expressions, de simples gestes parfois. Des moments, comme celui-là. Peut-être qu'elle était trop naïve, peut-être qu'elle se trompait sur chaque personne, après tout elle avait découvert une part de Lizzie qu'elle n'aurait jamais pensé voir un jour. Mais non. Malgré cette soirée terrible où son coeur s'était à nouveau brisé, la blondinette ne voyait aucun intérêt à enfoncer les autres. Juger autrui ne l'intéressait pas, il fallait réellement la mettre en colère pour que cela arrive - et malheureusement cela arrivait bien trop souvent à son goût ces derniers temps.

Ses prunelles aux teintes dorées n'avaient pas quitté le visage masculin. C'était un échange tout particulier, vocal certes, mais principalement visuel en fait. C'est avec cette pleine conscience que l'adolescente leva légèrement les yeux au ciel. Ce n'était pas méchant, comme en témoignait son sourire, mais elle ne croyait pas une seconde les paroles du plus âgé. Pas avec ce qu'elle avait vu de lui ce soir. Mais voilà que l'attitude de l'Autre avait changée, elle ne sut réellement en quoi, c'était assez indescriptible. Avait-elle dit quelque chose de mal ? Peut-être, elle était douée pour les gaffes, il ne s'agissait pas d'une nouveauté. Et puis, verdict.

- Quant à la lumière en chacun de nous... Je n'y crois pas vraiment. e pense qu'on en a tous une au départ, mais qu'à force de s'évertuer à la tuer, on finit par la perdre. Et je ne pense malheureusement plus que l'on puisse la retrouver...
Mais si cela peut vous rassurer, la votre étincelle de façon fort peu commune.

- C'est faux.

Réponse quasi immédiate, pas tranchante, mais catégorique. Ce n'était pas un secret, Jade était particulièrement têtue et campée sur ses positions. Là, en l'occurrence, elle ne pouvait laisser passer ces mots sans une réaction, ni même laisser la pensée du brun aller dans ce sens. Parce-que oui, il n'était pas très difficile de deviner à quel point cet homme avait une faible opinion de lui-même étant donné ses mots, sa réaction presque amère. Elle connaissait ça la blonde, elle avait longtemps agit de la même façon et encore aujourd'hui ça n'était pas fameux. Cependant, il ne s'agissait pas de la même chose, l'adolescente n'aurait sans doute jamais de réponse à ses doutes, mais elle pouvait au moins nier ceux de cet homme qui, malgré ce qu'il semblait penser, méritait bien mieux.

Ce fut naturel.
Pas de doutes cette fois, pas de peur d'une quelconque réflexion. Jade quitta son mur fétiche pour s'avancer vers le banc, où elle s'assied aux côtés du Directeur de Gryffondor. C'était presque étrange de se retrouver là. Elle ne se considérait pas égal à Keats, elle n'était qu'une ado, ne valait rien. Pourtant, à ses yeux, cela changeait totalement la dimension de la rencontre. Ne parlons pas de rapprochement, mais plus d'une certaine.. confiance qu'elle lui accordait sans doute qui puisse exister. Pour elle, ça signifiait beaucoup. Ce geste n'était pas prémédité, mais il avait sa place dans ce puzzle mêlant geste et parole. Seul soucis, contact visuel rompu. Du moins, jusqu'à ce que l'Italienne ne tourne la tête doucement vers l'adulte.

- Je n'ai pas la.. sensation d'avoir une.. lumière. Sop.. surtout pas ces derniers temps, j'étais plutôt.. plongée dans l'obscurité.

Regard détourné, demi-confidence, chose qu'après tout beaucoup avaient pu voir. Elle n'était plus l'Italienne paumée arrivée quelques mois auparavant à Poudlard. Certaines choses s'étaient brisées, elle ne savait pas quoi, ne savait pas exactement comment, mais c'était une réalité. Difficile à accepter d'ailleurs. Le plus étrange était sans doute que ce plongeon vers le moins bien s'accentuait à chaque fois qu'elle cédait à ses serments de sécurité. Autrement dit, la jeune fille ne savait plus du tout où elle en était. Pourtant, et c'était là où elle voulait en venir, certaines choses avaient sorti sa tête de l'eau, reprenant une bouffée d'un air pur, trop rare. Un léger soupir avant qu'elle n'ose de nouveau regarder celui assis à ses côtés.

- Non pen.. pensez pas que vous n'avez aucune lumière..

Légère pause, le temps de mesurer ses mots. Ou pas, en fait elle avait juste besoin de temps pour admettre qu'elle pouvait, parfois, ne pas compter que sur elle-même. Finalement, elle enchaina.

- Car ce jour là, dans la bibliothèque.. vous étiez la mienne, alors que je n'avais rien pour l'espérer. Ce n'est pas une question de sensibilité, c'est juste.. un fait..

Pourrait-il comprendre ce qu'elle essayait de dire ? C'était difficile bon sang, difficile de dire ce qu'on ressent lorsqu'on se force à tout garder pour soi, pour le mieux.

- Vos paroles m'ont fait mal, je sais que vous l'avez compris. Mais vous m'avez ensuite sortie d'un.. gouffre, pour lequel je n'avais aucun appui. Depuis je la vois, votre lumière. Vous en avez une, même si vous ne la voyez pas.

Elle se souvenait encore parfaitement de ces différents stades de sentiments par lesquels elle était passée. La douleur, que personne ne la comprenne. Le sentiment d'être encore et toujours seule à se battre contre un monstre d'insensibilité, de se retrouver face à un autre sans doute. Et puis, qui sait ce qu'il s'était passé dans la tête de Keats. Son attitude avait changée, lui avait redonné un espoir perdu, une quelconque possibilité d'aller mieux. Et surtout, elle s'était sentie moins seule. Tout ce qu'elle pouvait dire était inutile, jamais elle ne pourrait supporter la solitude totale. C'est pourtant ce qu'elle avait enduré pendant pas mal de temps, le chantage de McKinley l'avait enfermée dans une boucle infernale. Lui, cet homme à ses côtés, lui avait donné quelque chose de dingue, quelque chose de beau et de pur: l'espoir. Ce n'était même plus une histoire d'être têtue ou pas. Ni de "j'ai raison, tu as tort, toute façon j'ai toujours raison". Jade était sincère à ce moment précis, c'était à la fois douloureux et libérateur. Il y avait alors plusieurs possibilités, soit il comprenait, soit pas du tout. Pourtant, elle ne pouvait pas regretter ces mots. Pas si cela permettait que Keats comprenne la réalité. Sa réalité. Peu importe si d'autres ne la voyaient pas, la lumière qu'il dégageait. Elle, elle en avait pleine conscience.
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Re: Explore le chemin de traverse

Message par : Shae L. Keats, Jeu 13 Oct 2016, 02:17


- C'est faux.

Catégorique et sans appels.
Cela devrait te réconforter non ?
Te montrer que même lorsque tu te hais d'être aussi bas,
Sans pour autant réussir à remonter alors que tu luttes pour t'en sortir,
Il y a toujours des gens qui pensent que le combat n'est pas fini.
Mais étrangement, cela n'a aucun effet.
Si ce n'est celui de te faire un instant quitter ton perchoir,
Et planter un instant tes yeux dans ceux de la blondinette.
Une lueur de colère dans le regard.
Tu as envie de lui demander ce qu'elle peut bien en savoir,
Tu te sens tellement seul dans ton mal-être que tu en viens à oublier que les autres aussi ont le droit d'aller mal.
Que tu as envie de demander avec défiance où peut bien se cacher ta lumière dans l'esprit d'un alcoolique meurtrier, toxicoman, et même prostitué à ses heures.
Mais non,
Tu ne dis rien.
Le regard toujours planté dans le sien.
Les membres-masses qui pendent de chaque côté de ton corps,
Les armes toujours baissées.
Tu attends quelques mots qui pourraient suivre avant de cracher ton venin que, d'ordinaire, tu n'aurais pas su retenir.
" C'est faux"
Keats, s'il te plaît.
Réfléchis plus loin que le bout de ton nez.
Pense-y.

J'en suis incapable petite voix.
Et tu sais pourquoi ?
Parce que l'espoir tue.
Il attrape les petites miettes restantes de bonheur, et les fait paraître plus grandes.
Les transforme en idéal,
Avant de les écraser du bout de sa semelle devant les yeux apeurés d'un enfant enfermé dans un corp d'adulte.
J'ai l'impression désagréable que cette jeune femme essaie de poser sur moi un avis idéaliste appris par coeur dans ses bouquins.
Quelque chose d'universel, que l'on dit sans vraiment connaître les causes, ni même les raisons du mal-être de l'autre.
Il va falloir te montrer plus convaincante Jade si tu veux toucher mon cerveau malade,
Me sortir de ma torpeur empoisonnée,
De ce corps en cigarettes
-Consummable.
Je me sens pain-sec.
Avec l'imoression que chaque déception-échec fragilise mon amas de miettes,
Avec la conviction permanente que d'ici peu,
Il ne restera plus rien de moi.
Tu comprends Jade ?
Pourquoi tes mots glissent sur ma peau,
Coulent et attisent les brûlures.
Parce que je décèle chez toi un espoir que je ne cesse de chercher,
Sans jamais savoir si j'arriverai à le trouver.

Je ne sais si tu lis dans mes pensées,
Ou si ce sont mes yeux qui ont la langue bien déliée,
Mais tu me surprends encore une fois.
Je quitte des yeux ta silhouette qui se détache du fond, devient plus qu'une image à chérir,
Mais un souvenir à conserver précieusement.
Je continue à capturer ce moment en promenant mon regard,
Pour garder en mémoire les moindres détails de cet instant.
Je te sens prendre place à mes côtés,
Et ça me fait comme une vague-soleil assassine dans le corps.
Tu ne dégages pas cette envie de m'utiliser et de quémander ma compagnie pour une nuit.
Tu sembles rester parce que je t'intéresse.
Ce qui me semble impossible.
Mais tu rayonnes,
Soleil de ta chaleur-lumière, de ta proximité, du fait que tu n'aies ni peur, ni envie d'optenir cette fameuse chose de moi. C'est sûrement là que ta présence m'assassine,
Parce que je ne cesse de chercher à lui donner sens,
Donc notre promiscuité m'effraie.
Non pas que tu aies quoique ce soit de terrifiant, loin de là. Mais je n'ai laissé personne entrer dans ma bulle de la sorte depuis plus de sept ans,
Et je ne sais plus gérer cela.
Me laisser aller au risque de te faire peur ?
-Et de te perdre ?
De te voir partir lorsque tu t'en rendras compte d'à quel point je suis dérangé ?
Parce que oui, je le suis.
Ou au contraire, te repousser alors que je n'en ai aucune envie ?
Il est tellement plus simple de se comporter comme un conn*rd antipathique.
C'est finalement ton regard qui décide pour moi,
Quand tout doute s'évanouit.

- Je n'ai pas la... Sensation d'avoir une lumière. Sop... Surtout pas ces derniers temps. J'étais plutôt... Plongée dans l'obscurité.

Un soupir, pas agacé, non,
Mais plutôt... Peiné.
Encore quelqu'un incapable de voir à quel point il brille.
Mais toi...
Tu as l'impression qu'elle illumine la ruelle par sa seule présence,
Un diamant brut d'innocence qui semble avoir déjà trop vécu.
Que tu aurais envie de... Protéger ?
Oui c'est cela,
Protéger du monde,
Des gens,
Des mots-couteaux qui assassinent l'humain,
De la déception à lire dans le regard des autres,
De la désillusion.
Parce que tu sais ce que ça fait,
Et que tu te doutes qu'elle commence à le savoir aussi.

- Non pens... Pensez pas que vous n'avez aucune lumière.

Un autre léger sourire qui étire mes lèvres,
Encore ce doux espoir-acide,
Presque enfantin.
Regarde-moi Jade,
Pas le moi que tu crois voir,
Mais le jeune con acerbe,
Égoiste et coureur.
Ose me dire que je brille, histoire que je puisse rire un peu.
La vie a parfois beaucoup d'humour.

Attends un peu Keats,
Et si tu te lâchais un peu ?
Même si tu n'y crois pas, t'es pas obligé d'être amer tu sais ?
Elle t'offre un truc que tu croyais impossible,
Elle croit en toi,
Chose qui n'est pas arrivé depuis des années,
Tu n'as d'ailleurs jamais su le faire toi même.
Alors laisse les choses venir,
Doucement.

- Ce jour là, dans la bibliothèque, Vous étiez la mienne... Alors que je n'avais rien pour l'espérer. Ce n'est pas une question de sensibilité... C'est un fait.

Tu tournes la tête vers la blondinette, un air de ''Vraiment ?" flanqué sur le visage,
Tu ne doutes pas de sa sincérité,
T'as juste du mal à accepter que ces mots là puissent t'être déstinés,
Ils peinent à prendre leur forme.
D'ordinaire, tu as plus l'impression que ce sont les mots qui déforment la pensée,
Et non la reflexion qui kidnappe la légitimité des paroles.

J'aimerais tellement te croire,
Te signifier que tes mots me touchent
-De plein fouet.
Mais je ne peux pas.
Je n'y arrive pas.
Parce que je n'y crois pas.
Je reste assis là, à te regarder comme je n'ai jamais regardé personne.
Parce que tu sembles placer de l'espoir en moi.
Et c'est la première foid que quelqu'un le formule ainsi.
Je sais bien que je ne suis pas une flêche (ma narratrice confirmera alors que la tienne s'offusquera, je sais.)
Que je ne suis pas quelqu'un de sain.
Mais ce que tu m'offres là
Ça soigne,
Un peu.

Ce moment m'apaisera,
Et ton espoir aussi,
Ton message à la Grande-Ourse,
Et la trajectoire de la course,
Un instant-tané de velours,
Même si il ne sert à rien

-En apparence.
Le vent l'emportera,
Tout disparaîtra...

Sauf pour moi.
Je chérirai ce présent en mon fort intérieur,
J'emmène au creux de mon ombre,
Des poussières de toi.
Le vent les portera.

La douceur du fer rouge de ton âme qui marque la mienne
Je ne m'en lasserai pas.
Jamais.

- Vos paroles m'ont fait mal, je sais que vous l'avez compris. Mais vous m'avez ensuite sortie d'un gouffre pour lequel je n'avais aucun appuie... Depuis, je la vois moi, votre lumière. Vous en avez une, même si vous ne la voyez pas.

Et une nouvelle esquisse de sourire,
Et le regard qui se perd de nouveau dans les méandres de l'allée.
Je rêve de revoir les choses et les gens avec autant de bienveillance et d'innocence idéaliste que toi Jade.
Mais j'en ai trop vu qui cachait bien leur jeu dans la laideur des faubourgs.
Ton point de vue m'impressionne,
Me donne matière à
-Rêver.

Une guêpe s'envole, se pose,
Butine.
Et l'image cogne à ma rétine.
Mais déjà mon regard est loin,
Je ne sais plus voir le quotidien.
J'aimerais me réveiller sans mémoire,
Redécouvrir ce que j'peux plus voir.
Cherche regard neuf sur les choses,
Cherche iris qui n'a pas vu la rose.


Je crois qu'il s'agit de ton Iris Jade,
Encore épargnée des épines des roses,
Ta lumière,
Ta non-désillusion.

- Si j'ai pu t'aider, c'est tant mieux.

C'est d'une simplicité à vomir.
Et pourtant, c'est sûrement la chose la plus sincère que tu ais dite depuis des lustres
Tu en penses chaque syllabe,
Dans ses moindres contours.
C'est pourtant simple comme bonjour.
Pourquoi tu n'y arrives pas au quotidien ?
C'est encore cette peur de décevoir n'est-ce pas ?
De voir dans ses yeux qu'elle avait cru en toi,
Avec la crainte qu'elle finisse par avoir peur de toi en apprenant qui tu es réellement.
Alors tu hésites quant au comportement à adopter,
Profiter de l'instant, ou te refermer de nouveau,
Parce que tu en as déjà trop donné.
Mais les caresses de son regard...

- On ne perd pas sa lumière parce que notre vie nous file entre les doigts.

Cesse do'c de te livrer,
Elle risquerait de se faire une obligation de te voir toujours comme un homme normal,
Ce que tu ne veux absolument pas,
Préferant encore qu'on te craigne ou te tourne en dérision.
Mais une dernière ouverture Keats,
Pour finir de te conduire en adulte.

- On en provoque soi-même la perte, et si je peux assurer une chose en ce monde, c'est que tu n'as pas perdu la tienne.

Abandon du vouvoiement,
À quoi servirait-il ?
Elle peut d'ailleurs abandonner le sien aussi.
Même si je doute qu'elle le fasse.
Elle semble être de ces personnes qui ont toujours tendance à se sentir inférieures,
Alors qu'au contraire, elles sont de celles que l'ont devraient brandir tels des phares à la nuit,
Écartant les ombres de leur splendeur reniée.
Je déplore de ne pas plus la connaître,
Mais son attitude à se rabaisser, je ne peux la laisser passer.

- Quel âge as-tu ? Quinze ? Seize ans ? Tubes jeune encore, tu as encore toutes tes cartes en main, t'es même pas responsable de tes actes. Rien n'est encore irréparable.

Pour toi.
Moi ça semble mal parti,
Il est déjà trop tard.
Mais avant que tu te plaises à me contredire,
Je pare ta défense avec quelque chose que tu ne pourras esquiver.

- En revanche, tu as sûrement dû entendre quelques rumeurs peu flatteuses à mon sujet. Et si je te disais qu'elles sont toutes fondées ? Sans exception aucune. Vas-tu s'il te olait cesser de clamer à tout va que je suis quelqu'un de bien ?
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Re: Explore le chemin de traverse

Message par : Jade Wilder, Lun 17 Oct 2016, 01:25


Les mains de Jade, jointes sur ses genoux, s'entortillaient doucement entre elles, mêlant ses doigts fins dans une danse gênée. Elle n'avait pas l'habitude d'une quelconque proximité. Ce n'était pas dérangeant en soi, ce qui l'était en revanche c'était de ne pas savoir ce que lui pensait. Avait-elle bien fait de se rapprocher ou pas du tout ? Il était encore temps de faire marche arrière, de revenir là où elle était mais.. elle n'en avait pas envie. Et tant que Keats ne montrerait pas de véritable signe comme quoi ça le dérangeait ou mieux tant qu'il ne le lui disait pas, elle ne ferait rien. Pour peu qu'elle se trompe, nul doute que changer de place serait des plus blessant.

Et les paroles glissaient de ses lèvres, sans qu'elle n'ait à les retenir. Cependant, pas aussi facilement qu'elle l'aurait souhaité. L'Italienne croyait fortement à ce qu'elle disait, aucun doute à avoir là-dessus. Néanmoins cela touchait aussi une partie d'elle-même, rendant difficile la communication avec autrui. Pas seulement lui. Mais le monde entier.

L'espace d'un instant, Jade eut l'impression de voir un regard d'enfant se poser sur elle. Comme si ce qu'elle disait était une immense découverte encore difficile à comprendre. Alors elle avait vu juste, Keats n'avait pas une grande considération de lui-même. Malheureusement, c'était plus courant que ce qu'on pouvait croire, elle-même ne croyait pas en elle et encore moins en ce qu'elle était capable de faire. Des gens lui disaient pourtant le contraire, certains professeurs même, en étaient venus à dire qu'elle avait du potentiel. Mais pour elle, ce n'était que des sornettes, des contes pour enfants à l'allure peu idyllique. Elle ne voyait pas l'adulte à ses côtés comme un être parfait. Ce serait se mentir à elle-même, principalement après ce qu'elle avait ressentit à cause de lui ce jour là dans la bibliothèque. Il avait écrasé quelque chose, une infime partie de confiance réduite en bouillie. Le plus étonnant étant qu'il avait ensuite réussit par on ne sait quel moyen à la faire renaitre, plus forte, plus belle. Il aurait pourtant pu faire bien pire avec son copain le professeur timbré, mais non. Ce n'était bien sûr pas le seul évènement qui avait permis à la blondinette de se relever un peu, mais ça en avait fait considérablement partie. Alors dire qu'il était mauvais, elle en était incapable et d'ailleurs elle n'était pas habilitée à en juger.

Ce regard. Celui d'un homme surpris pour n'importe qui, mais Jade y voyait bien plus. Ne lui avait-on jamais dis ce genre de chose ? Cela semblait tellement exceptionnel au coeur de ces prunelles. Voilà la preuve ultime qu'il avait une lumière, une étincelle tout du moins, qui ne demandait qu'à briller. Mais était-elle bien placée pour lui en parler ? Certainement pas. Une simple élève n'ayant même pas le courage de croire en elle.. comment pouvait-elle croire qu'elle serait capable d'aider qui que ce soit.. Ridicule. Mais si au moins elle pouvait dire ce qu'elle pensait.. eh bien c'était l'occasion.

Un sourire avait pris place sur le visage de l'adulte, Jade espérait réellement qu'il comprenait ce qu'elle tentait de dire. Parce-qu'il ne savait pas, ne saurait jamais à quel point ça comptait pour elle. Tout ce qu'il pouvait y avoir derrière ses propres paroles. Lui ne savait pas à quel point elle pouvait douter d'elle, du but même de son existence. Bien souvent, elle se disait que le monde serait bien mieux sans elle et pourtant.. elle était toujours là. Sans doute parce-qu'elle n'avait jamais eu le cran d'arrêter tout ça. Qu'à chaque fois que la Mort l'avait frôlée, elle en avait réchappé comme si le Destin se moquait d'elle. Mais toujours, Jade se persuadait qu'il y avait bien pire dans la vie. Que ce qu'elle avait vécu n'était rien par rapport à bien d'autres personnes. Elle n'avait pas le droit de se plaindre, de souffrir. Alors elle avançait. Certains appelaient ça de la force. Elle, elle préférait juste dire que c'était la Vie qui voulait ça.

Parler lui faisait du bien. Jade espérait que c'était la même chose pour Keats mais elle ne pouvait en être certaine non plus. Juste parler, sans avoir besoin de se confier pour autant, parce-qu'elle n'y arrivait pas. Non, parler pour qu'il sache ce qu'elle pensait de lui. Parler pour qu'il voit qu'elle ne le craignait pas, et que plus encore, elle ne restait pas sur un passé erroné. Peut-être qu'elle se trompait, dans ce cas elle aviserait. Croire en l'autre était bien plus engageant, d'autant plus que le rouge lui avait montré qu'il pouvait être.. humain, sous cette carapace de dureté et de méchanceté. Après tout si elle portait un masque, bien d'autres en étaient également capables.

- Si j'ai pu t'aider, c'est tant mieux.

Sourire, léger, soulagement même qu'il reconnaisse au moins ça. Le pensait-il vraiment ? Elle n'était pas dans sa tête. Néanmoins, il en avait l'air et si il ne la croyait pas cette fois-ci eh bien.. peut-être plus tard. En tout cas c'était un bon début.

- On ne perd pas sa lumière parce que notre vie nous file entre les doigts. On en provoque soi-même la perte, et si je peux assurer une chose en ce monde, c'est que tu n'as pas perdu la tienne.

Lentement, les prunelles de la blairelle rejoignirent le sol de l'allée. Qu'en savait-il réellement ? Il ne connaissait quasiment rien d'elle, de ce qu'il se passait dans sa vie, des problèmes qu'elle rencontrait. Parfois en voyant son attitude, en constatant les masques qu'elle mettait chaque jour pour échapper à une éventuelle vie normale, Jade se disait qu'elle avait bel et bien perdu quelque chose des années auparavant. L'innocence peut-être. Si elle était parfois trop idéaliste, l'adolescente ne vivait plus dans un monde aussi beau que celui qu'elle avait connu avant. Avant qu'il ne vienne et qu'il brise sa vie, ses os, sa foi en l'avenir. Comment dire ça sans fondre en larmes ensuite ? Voilà bien pourquoi elle ne disait jamais rien aux autres, parce-qu'elle était trop sensible, et que ça n'apporterait que des problèmes. Hors, la blondinette ne voulait transmettre ce mal-être pour rien au monde. Et là en l'occurrence, elle tenait suffisamment au rouge pour lui épargner ça. Pas de discussion cependant. Pas de négation, pourtant la lumière était faible, très faible. Les autres pouvaient dire ce qu'ils voulaient, en vérité elle ne brillait pas comme ils le supposaient. Les jours passaient et elle s'éteignait, ne devenant bientôt plus qu'un souvenir à oublier. Cette soirée en tout cas, resterait gravée dans l'esprit de Jade, parce-qu'elle n'était pas comme les autres. Quelque chose changeait et elle ne savait pas quoi. Peut-être le découvrirait-elle avec le temps. Minute. Venait-elle de supposer qu'ils pourraient se revoir ? Sans nul doute étant donné la position qu'il avait à Poudlard. Mais il ne s'agissait pas d'un bonjour de couloir. Cet homme, elle avait envie d'en savoir plus sur lui. Pas comme la plupart des curiosités desquelles elle pouvait apprendre. Il semblait avoir une façon de penser toute particulière. Et cette lueur enfantine dans les yeux.. Non, il ne s'agirait pas de leur dernière rencontre, elle en était persuadée.

Il fallut quelques secondes pour que Jade se rende compte du tutoiement. Bizarre, sur le coup elle n'avait rien remarqué alors que ça avait toujours été un point important pour elle. Pas qu'elle n'aimait pas qu'on la tutoie. A vrai dire ça la mettait un peu plus à l'aise, d'autant que l'écart d'âge avec Keats n'était pas franchement représentatif d'un fossé générationnel. En revanche, elle vouvoyait bien souvent ceux qui étaient plus âgés qu'elle, par respect. Ne tutoyant l'autre que lorsqu'on l'y autorisait, et encore, cela prenait généralement bien plus de temps qu'un simple "Vas-y". Mais que lui la tutoie, c'était autre chose. Comme un petit réchauffement au niveau du coeur, les prunelles aux teintes dorées se relevant automatiquement vers celles du brun. Et puis, des pommettes légèrement rosées, plus par le geste changeant que par le "compliment" lui-même en lequel elle avait du mal à croire. Si il le remarquait, il le mettrait sans doute sur le compte du compliment, voilà une bonne échappatoire. Stop. On avait pas dit que les masques n'étaient pas pour ce soir ? Bien.

- Quel âge as-tu ? Quinze ? Seize ans ? Tu es jeune encore, tu as encore toutes tes cartes en main, t'es même pas responsable de tes actes. Rien n'est encore irréparable.

Entrouvrant les lèvres, Jade s'apprêtait à répondre de façon tout à fait amère. Si seulement il pouvait se rendre compte de tout ce qu'elle avait loupé. De ce décalage qu'elle ressentait avec les adolescents de son âge. Les fêtes, les sorties, elle ne connaissait pas. Son quotidien était plutôt ponctué par les ennuis, les dettes et les boulots en tous genres, plus dégradants les uns que les autres. Forcément, la demoiselle se sentait écartelée, décalée par rapport aux autres puisqu'elle avait l'expérience d'une enfant dans certains domaines et celle d'une adulte dans d'autres. Jamais elle n'était au même niveau que les autres et c'était incroyablement épuisant. Peut-être que c'était également ce qui l'interpellait dans les yeux de cet homme. Peut-être que finalement, ils n'étaient pas si différents. Mais ne pas être responsable de ses actes, c'était une autre histoire. Elle cherchait à se venger, pour elle ce n'était pas rien. Mais ça, il ne pouvait pas comprendre. Alors qu'aurait-elle répondu en fait ? Des paroles qu'elle aurait regretté. Ce n'est que plus tard qu'elle bénira Keats de l'avoir coupée à temps.

- En revanche, tu as sûrement dû entendre quelques rumeurs peu flatteuses à mon sujet. Et si je te disais qu'elles sont toutes fondées ? Sans exception aucune. Vas-tu s'il te plait cesser de clamer à tout va que je suis quelqu'un de bien ?

Un temps d'arrêt. Simples secondes s'écoulant doucement alors que l'Italienne eut un moment en suspend où elle ne sut quoi répondre véritablement. Ce n'était sans doute que la surprise car elle ne tarda pas.. à rire. Pas un rire moqueur, pas un rire ironique, non. Juste un petit éclat de rire, sincère, doux. Alors, qu'elle haussait les épaules.

- Je crois que vous ne savez pas.. à quel point je suis têtue..

Peu de personnes la connaissaient vraiment, pouvaient savoir à quel point son esprit buté ne laissait aucune chance au hasard. Lorsqu'elle était persuadée d'une chose, personne ne pouvait la contredire sans qu'elle trouve une autre défense. Au jeu du plus têtu, Keats aurait sans doute perdu. Mais il ne s'agissait pas d'un jeu, et un sourire bienveillant prit bientôt sa place.

- J'ai.. entendu certaines choses oui, ça ne veut pas.. dire pour autant que je les écoute. Je.. suppose que ces voc.. hum.. rumeurs ont changé des regards sur vous ? Eh bien moi j'appelle ces gens.. des idiots.

C'était dit avec tellement de spontanéité que ça faisait presque bizarre. C'est vrai quoi, de quoi ils se mêlaient ces gens ? Les adolescents étaient bizarres souvent, ils ne se rendaient pas toujours compte de leurs actes et de leurs paroles. Ils ne comprenaient pas à quel points les mots pouvaient marquer à jamais. Et surtout, ils ne prenaient pas en compte le fait que chaque personne autour a une vie bien à elle et des problèmes.. dont il n'est pas toujours facile de se rendre compte d'un simple coup d'oeil. Il ne méritait pas de subir ça.

- Les rumeurs ne sont rep.. répandues que par des gens qui n'osent même pas comprendre leurs propres problèmes. Ce que vous faites.. ne regarde que vous, peut-être hm.. ceux que ça touche à la limite. Mais des yeux inconnus n'ont pas à en giud.. juger et encore moins à en influencer leur comportement.. envers vous.

Le jugement, chose que Jade détestait par dessus tout. Peut-être que c'était aussi pour ça qu'elle était trop naïve, elle essayait de ne pas trop juger les autres. Et puis il y avait ces moments où elle perdait patience et où justement, juger était la solution de facilité. Fallait-il qu'elle juge, selon la question qu'il venait de poser ? Probablement. Son jugement alors, ne pourrait qu'être neutre. Elle ne pouvait pas détester cet homme, malgré qu'il l'ait ramenée plus bas que terre, parce-qu'ensuite il avait réussit à la ramener. Parce-qu'elle était persuadée qu'il valait bien mieux que de simples rumeurs. Parce-que si il ne croyait pas en lui, alors elle le ferait à sa place tant qu'elle en aurait la possibilité. Si il lui en laissait la possibilité, en fait.

- En ce qui me concerne.. je n'ai jamais dis que vous étiez quelqu'un bien. Ou de mauvais. C'est cliché, mais personne n'est.. je crois que c'est.. "fondamentalement" bon ou mauvais, on a tous nos parts et tout dépend de comment on décide de les utiliser. Je crois au Destin, mais.. certainement pas à une attitude exacte qui nous caractérise. Regardez.. si j'étais restée butée, on ne serait pas là à parler. Vous auriez pu.. dénoncer mes paroles à McKinley, ce jour là. Mais vous ne l'avez pas fait. Je ne sais pas ce qui est vrai ou faux. Et je m'en fiche, ce n'est pas ce qui m'intéresse chez vous. Je pense que vous valez mieux que ça, que des rumeurs et que.. vous seul pouvez me montrer qui vous êtes.. Ou qui vous voulez être.

Parce-qu'il y avait là une grande différence. Et que peu de personnes ne voulaient la voir.
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Re: Explore le chemin de traverse

Message par : Shae L. Keats, Ven 21 Oct 2016, 03:20


Musique
Pour les fautes, je relirais demain.
Trop de vide en moi là.


♪ I wanna be free as the winds that blow past me
Clear as the air that I breath
Young as the morning
And old as the sea ♪


I wanna fly away, across the seas and the wild irish landscape. To run away from this f*ucking madness. Loin de toutes ces rumeurs, ces horreurs, ces pressions. Ces peurs aussi. M'envoler loin de tout ceci, du son de ce silence imposant dès que ma phrase s'est terminée. Cette absence de bruit qui ronge les os, de bas en haut, et retourne les tripes avec une violence peu commune. Ce silence qui pèse tellement lourd sur les paupières que je peine à les garder ouvertes, en permanence. J'aimerais parfois m'allonger, et oublier. Rester là, sur le sol, pour un instant, voir pour toujours qu'importe. Mais toi tu me donnes envie de rester un peu sobre ce soir, de me souvenir que la vie existe, et qu'elle vaut le coup d'être vécue, de temps en temps.

♪ If I lay here,
If I just lay here,
Would you lie with me and just forget the world ♪


J'en ai marre des silences. Et des mots aussi. Ces derniers ouvrent les plaies, et les silences appuient. Remuent les doigts dans la coupure, jusqu'à ce qu'on hurle à pleins poumons qu'on en peut plus, qu'on préfère mourir plutôt que de supporter ce poids un instant de plus. Et c'est souvent là que les gens rient. "Eh regarde l'soulard là-bas qui contrôle rien du tout" ou encore "Il a du hériter des talents d'sa mère le batârd, coureur de jupon, tout comme elle". Et les gens rient, aux éclats, fiers de leurs blagues, sans se rendre compte que les mots touchent et blessent, en profondeur. L'effet de groupe qui empêchent de réfléchir. C'est un peu kafkaïen quand on y pense. Quelle absurdité de se retrouver pour en descendre d'autres sans défense... Et la poitrine qui se serre à ce souvenir. Parce que je l'ai fait moi. Je m'en suis pris à un jeune sans défense qui ne m'avait strictement rien fait... Alors que les mots glissent autour de moi véhiculant seulement des vérités. À croire que le karma existe.
J'aimerais être aussi libre et doux que le rire qui s'échappe de ta gorge, de ton monde Jade. Un air critallin et tendre qui me donne l'envie de m'envoler avec les notes que tu laisses s'échapper vers les cieux. J'aimerais être un oiseau Jade, et effleurer les nuages avec mes ailes abîmées. Chanter du matin au soir, mélodie d'une vie tant fantasmée. Au moins il y a quelque chose qui ne changerait jamais: On n'attendrait rien de moi.

No one seemed to notice me,
Being young was getting so old
Cheap beer and cigarettes
Life is like a movie set
And I seemed to be given no role.
If I'm speaking truthfully
I'm not who I used to be
And I know some people might laugh
♪  

Ton rire c'est un peu comme une feuille morte, une plme, que le vent emporte et qui tourne dans les tourbillons de poussières qu'apporte l'automne. C'est un peu comme un violon qui joue toujours la même rengaine, un morceau cyclique, qui monte petit à petit, et les émotions avec. Regarde-moi Jade, je vais exploser un jour. Exploser d'émotion et on retrouvera des petits morceaux de moi un peu partout, en chacun, et ce ne seront pas les meilleurs. J'ai peur de ça Jade, Affreusement peur. Alors continue à rire, parce que ça me fait du bien. C'est comme le bruit de la branche qui craque avec le vent, comme l'odeur de la terre et de l'herbe après la pluie. L'odeur des feuilles en décomposition en pleine forêt. L'image de l'écureuil et de la châtaigne. Ca me réchauffe moi tu comprends ? Parce que là JAde, je gèle.
Je GÈLE SUR PLACE. JE ME GLACE.
Et j'ai peur de ça Jade, de devenir un glaçon qui ne comprend plus rien du tout, qui ne sait même plus ce qu'il ressent. J'ai peur d'oublier ce que ça fait de ressentir, de vivre. Empêche moi d'oublier Jade. Empêche moi.
Parce que si j'oublie,
Je meurs.
Et j'ai peur de la mort.
Alors ne me laisse pas oublier s'il te plait.
Jamais.

Et tes épaules qui se haussent dans le plus beau mouvement du monde. Parce qu'il a une signification incroyable. Tu n'accordes aucun crédit à ces On-dit, ceux qui déchirent les os de la tête à coup d'insomnies. Qui griffent griffent GRIFFENT le cuir chevelu jusqu'à ne laisser que les os du crâne. Qui arrachent la peau partout sur le corps, pour faire mal, pour brûler au milieu de la nuit à l'heure où personne n'est là. Une bête noire qui lance tes pensées contre ton crâne, et ça tambourine, ça tam-tam, ça brûle atrocement en sortant, et je vomis mes tripes comme je vomis mes mots ce soir Jade, ces mots que tu ne peux pas entendre mais que mes yeux te lancent de toute leur force pour que tu les saisissent. Alors attrape les Jade, Attrape-les comme tu attrapais les papillons fut un temps, comme on courrait dans les champs. Attrape-les comme si ta vie en dépendait, comme si il ne fallait plus jamais les lâcher au risque de rechuter dans le gouffre. Accroche-toi à mes mots Jade, et ils essaieront de t'emmener loin d'ici, là Ils t'accorderont un sursis. Celui auquel je n'ai pas eu droit. Alors attrape-les, s'il te plait. Et garde-les précieusement entre tes deux petites mains, les mots de mes yeux, ceux que la langue ne saura jamais transmettre. Garde-les, ils sont pour toi.  Rien que pour toi. Je ne pourrais jamais les donner à quique ce soit.
Parce que je ne sais pas ce qu'il se passe dans ma tête ce soir, mais je n'arrive pas à controler tout ce qui sort de ma bouche, des doigts de celle qui tape mes pensées. Y a tout qui tourne, s'emmêle, un besoin vital de tout sortir de moi, je veux que tout soit hors de moi maintenant.?
TU M'ENTENDS LE MONSTRE ? Je veux que tu sortes, et je viendrais te chercher dans mon ventre avec mes dents et mes ongles si il faut. Mais hors de question que tu restes en moi. Finisse de me ronger, je ne veux pas finir squelette, le corps en cigarettes jeté sur le sol, à la merci de tous. je ne veux pas.
Sors de ma tête.
Je t'ai pas invité toi.

Sors.
SORS.
SORS.
DEGAGE.
MAINTENANT.

Tu veux pas me laisser un peu tranquille, une fois dans ta vie ?
Laisser mes merdes là où elles sont,
Bien enfouies sous une tonne de bon souvenirs...
Tu sais à force je commence à me demander si tu n'inventes pas,
Si tout ce que tu me racontes n'est pas faux,
Si il m'est arrivé réellement tout cela.
Mémoire traumatique de Mer**.
Je te hais autant que je peux haïr le monde.


CASSE-TOI


Les souvenirs qu'il renvoit sans arrêt, et tout ce qui me traverse la tête en quelques secondes. Les quelques secondes que dure ton rire Jade. Quelques secondes de bonheur et d'allégresse lontaine, suspendue à un fil invisible, presque mystique. Merci pour ces courtes secondes de bonheur Jade Wilder. Celle qui me ramène à la réalité alors que ce violon-poignard ne se tait jamais. Il reste toujours là, dans un coin de la tête, et fait pleurer le monde contre la paroi de mon crâne.
Il fait grandir les ombres à grands coups d'arrosoirs, et les renforce avec ses mots-couteaux balancés contre les murs. Jetés comme des ordures dans la têtes des faibles.
Merci Jade,
De mettre pause à tout ça.
Toujours les trois petites notes qui passeront en boucle,
Celles de ton rire
- Lessivables.

- Je crois que vous ne savez pas.. à quel point je suis têtue..

Non t'as raison, je ne le sais pas, en même temps, je ne sais plus grand chose tu me diras. Je crois que je suis perdu à vie, et que je ne me retrouverai jamais vraiment. Faudra que je fasse avec sûrement, vivre avec seulement une partie de moi pendant qu'il manquera l'autre. Pour toujours et à jamais, amputé d'une moitié. Un androgyne si proche et si opposé. Je le sens eulement jeter un peu d'eau quand je m'embrase, quand je prends feu en sachant que je ne reviendrais pas,
Je le sens quans je suis seul. Je le sens en permanance. Il manque quelqu'un prêt de moi. Je me retourne, tout le monde est là. Il manque un temps à ma vie, il me manque toi. Cet alter-ego. Masculin ou féminin, j'en sais rien. Parfois je me dis que je ne retrouverais jamais quelqu'un capable de balayer ce vide intersidéral. Alors je baisse les bras, je me perds. Puis tu arrives, toi, avec ta façon de penser en cette fin d'après-midi. tu arrives avec tes mots caresses, tes pansements, tes gants. Tu me prends avec des pincettes, exactement comme le faut. comment tu fais hein Jade ? Pour savoir quoi me dire, quand le dire, et surtout comment ? Comment tu fais ?
Tu crois qu'il y ades gens qui se retrouvent de vie en vie et ré-apprennent à connaître l'autre sur le bout des doigts après ? Pas des âmes soeurs, non c'est pas ça, je ne parle pas que de relation amoureuses, ni amicales d'ailleurs. Juste des gens qui se connaissent et cernent vite l'autre ?
Tu crois que tu pourrais être ma personne Jade ?Sans que ce soit forcément réciproque, je me vois mal être la personne de quelqu'un. Et pusi de toute façon, on ne sait jamais si on est aussi la personne de l'autre aussi ou non. Parce qu'on ne dit jamais au gens ce qu'on pense d'eux. Et à quels points ils comptent. Comme ils font avancer. Tu vois ce que je veux dire hein Wilder ?
Enfin non, tu ne vois pas, sauf si tu sais lire les yeux qui clignent fort fort, lançant des "Au secours " mués. Parce que de toute façon personne ne pourra les entendre. Les gens ne font plus attention à rien. C'est à cause de cela que le moinde n'est plus qu'un affreux silence dans lequel personne ne peut plus communiquer.

♪ And in the naked light I saw,
Ten thousands people, may be more
People talking whithout speaking
People hearing without listening
People writing songs that voices never share,
And no one dare disturbed the sound of silence. ♪


- J'ai.. entendu certaines choses oui, ça ne veut pas.. dire pour autant que je les écoute. Je.. suppose que ces voc.. hum.. rumeurs ont changé des regards sur vous ? Eh bien moi j'appelle ces gens.. des idiots.

Si tu savais seulement à quel point je me moque que ces fichus regards puissent changer. C'est bien le cadet de mes soucis ic, la perception des autres concernant ma perdition m'importe peu comparé à celle de mes proches. Combien m'ont déjà tourné le dos, fait des coups-bas ? Parce que je ne suis qu'une denrée manipulable Jade, je le sais, et j'ai consicence qu'ils en profitent aumaximum, et ça me blesse. Mais ils ont raison, après tout pourquoi pas, j'utilise bien certaines personne comme pantins moi aussi. Alors ne me rabache pas que j'ai une lumière s'il te plait, pas en ce moment, parce que la dernière chose dont j'ai besoin c'est qu'on me dise des choses fausses pour me rassurer. Ou pire, que l'on me prenne en pitié. Arrêtez de me plaindre, et foutez moi des coups de pieds si je ne suis pas capable de le faire seul. Je n'ai pas besoin d'entendre sans arrêt que ma vie est triste, tu comprends Jade ?
Alors je suis d'accord, ces gens sont des idiots, mais je le suis encore plus de laisser leurs mots m'atteindre. J'aimerais être comme ces gens qui volent Jade, qui ne sont à personne. J'aimerais être une chimère moi aussi, un de ces être mystérieux qui disparaissent avec l'aube et marquent la vie des gens qui les croisent. Mais non, je suis de ceux qu'on ne voit pas, qu'on bouscule, qu'on oublie. Je fais aprtie de cette catégorie de gens à éviter. Tant par mes choix que par ce que'ils ont pu m'imposer JAde. Je suis de ces gens perdus au fond d'un gouffre bien trop gran pour leur cervelle. Sans prises aucune le long des murs. Mais je suis aussi de ces gens qui ne cesseront jamais de lutter, parce qu'ils ont trop peur de finir cinglé. Dépendant. Ce ne sera pas moi ça JAde, je lutterai tant que je le pourrais, et si je ne le peux plus, je ne laisserai jamais le fond m'emporter, hors de question. Je n'ai pas beaucoup d'mour propre tu sais, mais j'en ai trop pour mourir bêtment en me laissant glisser. Je vaux mieux que ces cadavres sans âmes que l'ont croise dans les rues. Alors je me léverai tout les jours, je prendrai des pilules pour dormir, mais jamais la vie ne me fera complétement taire tu comprends. Même si cela ne se voit pas, intérieurement c'est un combat de tout les jours qui est loin d'être gagné, seul pour défendre une santé mentale qui a pourtant dors et déjà décidé de se faire la malle.  Alors oui, je suis parfois tenter d'abandonner, de laisser les neufs grandes émotions prendre le dessus dans ce seul corps. Mais je ne le ferai pas, jamais. PArce que je ne veux pas être une proie à balancer seulement aux vautours. Ca doit êytre pour ça que je cherche toujours la petite bête chez les gens, pour savoir où pouvoir appuyer, et me sentir puissant. Ca n'est pas être une bonne personnae ça Jade. Je pourrais t'en citer plein plein plein des comme celles-ci tu sais, mais je ne le ferai pas. Demande à ma narratrice, elle en a pas mal elle aussi. MAis elle "travaille là dessus "comme elle dit. Moi aussi j'aimerais bien que l'on travaille sur ma tête, qu'on y glissent des phrases-girouettes qui me remettraient les idées en place. Mais ça n'a malheureusement l'air de n'exister que chez vous tout cela. Apparemment, on appelle ça se faire suivre. Mais moi le jour où l'on me suit, je peux te jurer que c'est sa tête à lui que je vais travailler, mais sans les mots cette fois, juste les poignards.
Je suis vraiment perdu Jade.
J'ai de plus en plus peur.
Et de plus en plus froid.

- En ce qui me concerne.. je n'ai jamais dis que vous étiez quelqu'un bien. Ou de mauvais. C'est cliché, mais personne n'est.. je crois que c'est.. "fondamentalement" bon ou mauvais, on a tous nos parts et tout dépend de comment on décide de les utiliser. Je crois au Destin, mais.. certainement pas à une attitude exacte qui nous caractérise. Regardez.. si j'étais restée butée, on ne serait pas là à parler. Vous auriez pu.. dénoncer mes paroles à McKinley, ce jour là. Mais vous ne l'avez pas fait. Je ne sais pas ce qui est vrai ou faux. Et je m'en fiche, ce n'est pas ce qui m'intéresse chez vous. Je pense que vous valez mieux que ça, que des rumeurs et que.. vous seul pouvez me montrer qui vous êtes.. Ou qui vous voulez être.

C'est peut-être cliché Jade, cette notion de gens bons et mauvais, mais pour moi c'est ainsi, les lumineux d'un côté et les éteind de l'autre. Puis les borderline, perdus entre les deux qui errent encore en espérant pouvoir effleurer de nouveau cette put*ain d'idée de bien. N'oublie jamais Wilder, que je ne suis qu'un enfant coincé dans un corps beaucoup trop grand pour lui. que je vis dans un coin de sa tête, ne pouvant agir que lorsque les neuf et les monstres se taisent. Mais là j'ai entendu, que tu croyais en nous, et ça m'a fait du bien, etiérement. Ca me réchauffe un peu, ça tire un petit sourire triste de mes lèvres abimées, et un peu de lueur dans les yeux, même si je ne pense pas que la tempête soit passée.
T'es un peu une boule d'espoir JAde, un phare, une lumière dans la nuit au loin, celle qui nous rappelle sans arrêt que le monde n'est pas tout noir. C'est incoryable ce que t'arrive à suciter chez moi en dix minutes sur un banc. Regarde moi, agité par des frissons de temsp en temsp alors que les émotions redsecndent petit à petit, les traumatismes aussi. L'autre disparu, les petits flash d'enfant, et les traumatismes arrachés à leur enterrement, remontés à la surfece.
C'est brutal, ça fait mal,
Mais je préfère que ce soit fait maintenant.
Ca fera du bien à la longue.
J'en suis sûr(-e).

- Tu sais, je ne sais pas qui je suis, je ne susi pas non plus en état de me demander qui je voudrais être. Pour le moment je veux juste arrêter de survire, et commencer à vivre, pour de vrai. Ressentir de nouveaux les choses que j'avais quand j'avais ton âge, cette délicieuse façon de croire que tout est encore possible, que le monde nous a garder une place. C'est faux tout ça. J'ai vite découvert que si tu ne te fais pas ta place toi même, d'autre le feront à ta plece. Et tu seras bouffée très rapidement.
Le monde est un p*tain de conn*rd.
Il faut s'y faire.

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Re: Explore le chemin de traverse

Message par : Jade Wilder, Mer 09 Nov 2016, 22:54


Est-ce qu'un miroir avait pris place sous les yeux dorés de l'Italienne ? Cet homme, assis à ses côtés, lui renvoyait une image floue, dépassée d'elle-même. Sentiment profond d'une similarité difficile à accepter. Elle avait été comme ça, l'était encore parfois. On disait souvent à Jade qu'elle rayonnait, émettait quelque chose de beau, quelque chose de pur. Encore ce soir. Mais outre le fait qu'elle rejetait cette idée de façon déconcertante, la blondinette savait qu'elle avait subit ce genre d'état il y a bien trop peu de temps. Comme une coquille vide, un bout d'âme cherchant un point d'accroche pour ne pas sombrer définitivement. Oh elle ne prétendait pas avoir vécu les mêmes choses que son interlocuteur. Elle n'en savait rien et bien des gens répliqueraient qu'elle était trop jeune pour avoir connu la vraie souffrance. Mais à quelle échelle peut-on mesurer la souffrance au juste ? Il n'y en a pas. C'est flou, ça dépend de chaque personne. Et bon sang, Jade avait souffert à tel point qu'elle n'arrivait même pas à le dire à voix haute. Crainte que personne ne comprenne, que tout soit déformé. Parce-qu'après tout, elle n'était qu'une enfant, paumée. Les enfants, ça raconte des histoires, ça en invente. Les enfants ne peuvent pas souffrir, enveloppés dans leur innocence.

Foutaises.

Un enfant, ça ressent les choses fois mille. Une enfance, ça se déchire aussi facilement qu'un simple voile. Et puis, on essaye de recoudre, comme on peut. On se terre dans le silence et on finit par ne plus parler du tout. On reprend, petit à petit, la vie qu'on essaye de nous arracher et puis boum, pour les autres on rayonne. Nan, elle ne rayonnait pas. Elle envoyait cette vie de Mer** se faire foutre, parce-que bon sang il y avait tellement mieux à vivre. Tant de rêves à atteindre, pour lesquels elle voulait se battre quitte à se blesser jusqu'au sang. Des rêves, mais eux surtout. La blondinette avait beau avoir perdu des morceaux d'elle-même, d'autres étaient encore là. Son frère, sa soeur. Cette recherche qui jamais ne trouverait repos tant qu'elle n'aurait pas compris la totalité des évènements. Tout semble tellement plus simple quand on peut se raccrocher à quelqu'un. Alors si elle acceptait de briller, ça n'était pas pour elle, mais pour eux. Pour ces êtres qui lui donnaient simplement la force d'aller de l'avant, malgré les épreuves, malgré les critiques, malgré tout ce qu'on peut se prendre dans la gueule en une simple journée. Se couper du monde aurait peut-être été plus simple en soi, ignorer les gens et ne se concentrer que sur sa peine, égoïstement. Mais la solution de facilité n'est pas toujours la meilleure, quoi qu'on dise. Elle avait mit du temps à le réaliser, à trouver cette fameuse accroche qui à défaut de ne pas la remonter, l'empêchait d'aller plus bas. Et petit à petit, d'autres prises apparaissent. Parce-que malgré tout ce qu'elle s'était toujours promis, Jade n'avait jamais réussis à mettre ses sentiments de côté. Elle se cachait des masques, prétendait ne rien ressentir, pourtant c'était bien là, éternellement. Alors ces gens devenaient des prises, des éléments précieux venant recoller un coeur trop blessé.

Jade ne connaissait que trop bien la souffrance.
Cette souffrance, qu'elle lisait dans les yeux de Keats, là, en face d'elle.
Elle aurait aimé pouvoir y mettre fin, lui dire que tout irait bien et que c'était terminé.
Mais elle n'avait pas tous les pouvoirs, bien loin de là. Cependant, elle avait un avantage. Elle savait.

Savoir ce que c'est que de souffrir comme ça. De se sentir rien, de se sentir loin, de ne pas avoir la main sur son propre Destin. Elle qui croyait dur comme fer que connaitre son ennemi, c'était avoir plus de chances de le vaincre, cela tombait plutôt bien non ? Sauf que là, ce n'était pas son ennemi à elle. Peut-être que c'était inconscient. Peut-être que Keats n'avait pas besoin de prise, et peut-être qu'il n'avait tout simplement pas envie qu'une gamine de son genre se mêle de ses affaires. Mais si on n'essaye pas, on ne peut jamais savoir si les choses auraient pu être faites, au final. Oh elle n'était pas le remède à tout, loin de là, plus un fardeau qu'un bras. Mais en tous les cas, elle serait là. Tout ça à cause d'un regard, le sien. Comme hurlant à l'aide silencieusement. Volontaire ou non, quelle importance, le regard ne trompe pas lui. Et toujours, les orbes dorées de ses prunelles restaient accrochées aux autres, soutien muet, sourire doux. Si il n'y avait plus rien à quoi s'accrocher chez lui, alors pourquoi cette lueur existait-elle encore dans ce regard ? Trop peu de gens prenaient la peine de simplement regarder, comprendre d'un regard. Et pourtant, c'était bien souvent la clé pour découvrir une vérité que l'on souhaite cacher.

- Tu sais, je ne sais pas qui je suis, je ne suis pas non plus en état de me demander qui je voudrais être. Pour le moment je veux juste arrêter de survire, et commencer à vivre, pour de vrai. Ressentir de nouveaux les choses que j'avais quand j'avais ton âge, cette délicieuse façon de croire que tout est encore possible, que le monde nous a garder une place. C'est faux tout ça. J'ai vite découvert que si tu ne te fais pas ta place toi même, d'autre le feront à ta plece. Et tu seras bouffée très rapidement.
Le monde est un p*tain de conn*rd.
Il faut s'y faire.


Voilà, la clé, le début de tout. L'envie de s'en sortir, d'envoyer chier le mauvais sort pour écrire sa propre histoire. Il en avait la volonté, c'était bien là tout ce qui comptait. La suite du récit néanmoins était beaucoup moins positive. Effet miroir, se rabaisser, tout le temps. Parce-qu'on a jamais rien connu d'autre que ça. Parce-que c'est plus facile de se rabaisser pour ne pas se prendre une nouvelle tornade quand l'espoir semble poindre le bout de son nez. Néanmoins, cette fois, il était hors de question que l'adolescente laisse faire sans rien dire, sans rien répliquer. Elle était têtue certes, mais surtout elle croyait encore en l'autre. En l'occurrence, elle croyait en lui. Parce-qu'il avait cette attitude. Cette chose dans le regard, une étincelle que peu arrivent à comprendre et même à émettre. Quelqu'un là-dedans voulait se révéler et n'y arrivait pas. Une envie étrange avait envahit le coeur de l'Italienne alors, cette envie de le découvrir. De comprendre ce qu'il pouvait bien se passer et pourquoi cette part de lui-même ne pouvait s'exprimer. Pourquoi s'enfermer à ce point ? Elle n'aurait pas dû, ils ne se connaissaient qu'à peine. Et puis, c'était contraire à chacune de ses règles. Mais demander une logique à son esprit têtu, c'était pire que chercher une aiguille dans une botte de foin. En fait, il n'y avait tout simplement pas d'explication, voilà tout. Secouant légèrement la tête, Jade leva les yeux au ciel.

- Rhooo taisez vous un peu ! Le.. pessimisme n'est pas fait pour ce jour, ce moment. Vous ne me croyez pas ? C'est votre droit, nat.. bien sûr. Mais je ferais mon possible pour prouver que vous avez tort.

Sourire franc, assuré, plus que doux et rassurant. On aurait pu prendre ça pour un défi personnel, mais ça s'annonçait bien plus comme une promesse. Elle n'avait absolument aucune idée de comment agir. Ni si ça serait possible étant donné le contexte. Ni même si il voudrait qu'elle soit là, elle, une gamine sans aucun intérêt. Mais une chose est sûre, elle était déterminée à ne pas abandonner. Ne pas l'abandonner lui, en fait. Jade avait pour ainsi dire l'habitude de tout prendre sur ses épaules, y compris la vie de sa famille. Mais c'était différent, rien à voir avec un fardeau. Elle tendait simplement la main, comme une enfant dans une cour de récré, tout naturellement tendre la main à un homme dans cette immense cour qu'était la vie, parce-qu'après tout, n'est-ce pas plus facile quand on est plus seul ?

L'heure tourne, inlassablement. L'heure était proche, mettre fin à la rencontre s'avérait désormais nécessaire. Voilà qui ne l'arrangeait pas plus que ça, elle qui aurait préféré rester jouer au plus têtu jusqu'à ce qu'il abdique. Néanmoins, la fin de cette rencontre ne pouvait signifier la fin de cet engagement. Désormais, elle comptait bien tenir cette promesse qui peut-être, avait été comprise ? Elle le verrait bien facilement après une chose précieuse et fugace: le temps. Lentement, le corps féminin se redressa pour quitter le banc, sans quitter le sourire ni même le regard. Accroche-toi, je te tiens crois moi.

- Je dois y aller, j'aurais.. aimé pouvoir rester plus longtemps mais mio frat.. frère va s'inquiéter..

Sourire à demi-amusé, Jake avait toujours été surprotecteur. Si il savait seulement le quart de cette journée, et de cette soirée, il l'enfermerait certainement à double-clé. Mais il n'était pas là, ne savait pas, ne comprendrait pas avant qu'elle ne lui ait expliqué. Heureusement, la complicité des Wilder n'avait jamais disparu. Quelle excuse sortirait-elle une fois "à la maison" ? Eh bien, la vérité semblait être une bonne option, car la honte n'existait pas. Pas dans son monde.

- Vous savez où me trouver si vous avez besoin.. de quoi que ce soit.. Je serais là.

Elle n'avait pas peur des rumeurs, des mises en garde. Jade ne les écoutait pas, mais désormais, elle les réfuterait. Peut-être n'aurait-elle jamais de nouvelles, que leurs échanges se limiteraient aux "Bonjour" d'un détour de couloir. Mais une chose est sûre, elle tiendrait ces promesses, l'ancienne comme la nouvelle. Des promesses qui perdureront, sous l'image d'un ciel descendant, scellant ce moment dans les mémoires.
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